Chapitre 2

Entre fantôme et masque


Faisant mine d'avoir de l'assurance, tout en renouant sa cape turquoise autour du cou, il se décida enfin à interroger les soldats du château, à la suite d'une grande réflexion qu'il a eue au préalable. Il était vrai qu'il voulait partir à l'aventure, mais il n'avait actuellement aucun point de départ. Il avait beau chercher où et avec quoi partir seul, néanmoins, la sureté n'était pas de mise. Il fallait qu'il range sa timidité de côté, et qu'il aille se renseigner pour son aventure.

Il prit une profonde inspiration, gonflant ses poumons au maximum, puis chercha des yeux une personne apte à répondre à ses interrogations, et si possible ; qui n'avait pas l'air d'être trop occupé. Malheureusement pour lui, il vit surtout plusieurs groupes de personnes, sans grandes certitudes qu'ils soient ou non membres des soldats du royaume. Le problème était tel que, lorsqu'une personne se dressait face à lui, il perdait tous ses moyens. Il avait comme l'impression que l'idée qu'il avait eue de partir et créer sa propre aventure était ridicule. Il craignait le regard des autres, et les affronter était assez compliqué pour lui. Il se montait de nombreux films dans sa tête, pensant qu'une fois qu'il allait poser des questions à un soldat, celui-ci allait systématiquement se moquer de lui. Cette frayeur le freina plusieurs fois, n'étant jamais réellement sûr de ce qu'il voulait faire. Quitte à se demander si partir était, finalement, une bonne idée.

Au bout d'un certain temps de recherches, et de remises en question pour le moins intense, Kaoryl finit par trouver une personne à qui parler. Il lui aura fallu beaucoup de courage, mais seul le début aura été difficile, car par chance il était tombé sur un Goomba bavard, qui à la moindre question — aussi minime soit-elle — se couvrait de mérites qu'il aurait obtenus. Enfin, au bout d'un certain temps de discussions, une demi-heure précisément, le Koopa Troopa se demandait toujours si c'était une chance d'avoir trouvé ce soldat avec qui discuter.

Alors qu'au début, la conversation semblait intéressante, et que Kaoryl avait pris soin de sortir un carnet et un stylo de sa cape pour noter les propos du Goomba, il lui avait servi en réalité moins d'une dizaine de minutes. Au fur et à mesure du temps, Kaoryl s'était désintéressé des propos du soldat qu'il avait trouvé. Par respect, il faisait mine de l'écouter, hochant la tête par moment maladroitement pour acquiescer au propos de son interlocuteur. Il se « forçait », car en réalité, selon Kaoryl, c'est lui qui avait dérangé le soldat avec ses questions. Enfin, encore faudrait-il dire « sa » question, car concrètement, il ne lui en avait posé qu'une. La tortue triturait alors nerveusement son stylo dans sa main, tout en se demandant pourquoi il avait fallu qu'il tombe sur un cas comme celui-ci.

Le banc, sur lequel les deux personnes étaient assises, était de plus en plus inconfortable pour Kaoryl, et il se dandinait discrètement dessus afin d'essayer de trouver une position qui le dérangeait beaucoup moins. Or, rien n'y faisait ; rester assis ici plus de quelques dizaines de minutes, pour écouter cet individu, était aussi désagréable moralement que physiquement. Jamais Kaoryl ne se serait imaginé que la question : « Êtes-vous déjà partis à l'aventure, si oui, comment vous y êtes pris ? » aurait eu comme réponse un long et ennuyeux monologue sur des combats inintéressants contre un fameux plombier moustachu. Il n'était pas sûr réellement de saisir le rapport, mais, il se devait rester courtois et polis, telle était sa devise à l'instant même.

« J'te jure gamin ! Quand je l'ai vu lui… Si j'avais porté un slip ce jour-là, j'me s'rais fait d'ssus ! »

Kaoryl ne put avoir d'autres choix que d'arquer un sourcil et d'entrouvrir la bouche aux mots que venait de prononcer le soldat. Il faisait une mine de questionnement, n'étant pas réellement sûr et certain de ce que le soldat lui avait répondu. Mais le silence qui s'était initié entre les deux ne put donner aucun doute à la tortue, qui avait, malheureusement, bien compris ladite phrase qui avait été prononcée à cet instant même.

« Ben quoi ? M'regarde pas comme ça !, s'enquit le Goomba en fronçant ses épais sourcils, C'pas comme si on pouvait porter des pantalons quand on a d'aussi p'tites jambes, comme nous les Goombas. Et hors de question d'porter des couches comme des toads !

Hum, oui pardon… Je réfléchissais juste…

Hé, ça va pas gamin ? J'veux dire, d'puis t'à l'heure t'as rien écrit dans ton journal intime.

Que.. QUOI ? Un journal intime ? Absolument pas ! »

Kaoryl avait cédé à la panique, et avait maintenant les joues qui le brûlaient. Notamment dû au fait que le champignon regardait avec insistance son carnet qui était posé sur ses genoux depuis un certain moment. Comment ce sbire a pu penser, une seule seconde, que son carnet « fourre-tout » était un journal intime ? Puis, de toute façon, qui écrirait dans un journal intime en public, devant plusieurs personnes ? C'était ridicule… et vraiment très embarrassant. Cependant, Kaoryl tenta tout de même de se calmer, en tentant de relativiser, sa réaction était peut-être exagérée ? C'est les joues toujours rouges qu'il décida de détourner le regard pour ne pas avoir à supporter les yeux de son interlocuteur.

« Quoi qu'il arrive, j'ai répondu à ta question ! T'aurais pu noter ma réponse quand même., grommela de nouveau le soldat, Ah, j'ai perdu trop d'temps avec toi, c'malin ! Faut qu'j'aille r'joindre ma troupe ! »

Sans prendre le temps de dire un mot de plus, même pour formuler une marque de politesse, le petit champignon avait fait un bond pour descendre du banc et s'était précipité vers une bande de soldats tous aussi différents les uns que les autres. Les paupières de Kaoryl se plissèrent dans une semi-incompréhension.

« Mais, vous n'avez même pas répondu à ma question…, souffla-t-il après un certain temps »

En réalité, le Goomba n'avait pas pu entendre cette réponse, et Kaoryl se maudit mentalement pour ne pas avoir eu le réflexe de la citer beaucoup plus tôt. Pourtant, cette question n'est tout de même pas si compliquée. N'est-ce pas ?

Il était hors de question pour le Koopa de perdre espoir… Il était sûrement tombé sur la mauvaise personne. Il a encore plein de créatures à qui demander des informations, non ? Il essayait de se convaincre lui-même, alors qu'il se leva du banc. Il tournait la tête de gauche à droite, scrutant les horizons afin de trouver un autre soldat. Ce qu'il réussit à faire.


Les heures passaient rapidement, mais sa question restait toujours sans réponse. Il avait parlé à plusieurs soldats, même en ayant du mal à s'adresser à eux, il essayait du mieux qu'il pouvait. Mais soit ces personnes répondaient à côté de la plaque, soit ils lui racontaient des choses beaucoup trop farfelues pour être réelles, ou encore, on l'envoyait balader. L'optimisme que Kaoryl avait réussi à se redonner plutôt avait soudainement disparu, et il se remit à se remettre en question. Peut-être que c'était lui qui se faisait des idées après tout, et que partir à l'aventure n'était pas comme il se l'imaginait. Voir même que ce n'était pas fait pour lui…

Cela semblait si facile et naturel pour tous les autres, mais ça n'avait pas l'air d'être le cas pour lui. Il remit sa cape en place, puis la renoua au niveau du cou, tout en se mettant à marcher sans savoir où aller, dans le seul but de se dégourdir les jambes. Il essayait tant bien que mal de se souvenir des paroles des soldats qu'il avait interrogés, essayant de trouver ne serait-ce que le moindre indice, mais rien n'y faisait : ce n'était d'aucune utilité. Rien ne lui indiquait comment partir à l'aventure. Il ne savait vraiment pas comment s'y prendre, il avait tellement été habitué à rester seul chez lui, que même sortir n'était pas comparable. Pourtant, vu l'absence répétée de son père, il avait été habitué à se débrouiller seul, mais ce n'était en rien comparable à une vraie aventure.

Ses pas devenaient de plus en plus lents, alors que la tristesse l'envahit. Il avait l'impression qu'il n'arrivera jamais à faire ce qu'il voulait. Il était bloqué. L'autorisation que lui avait donnée son père n'était pas suffisante… Si au moins il avait pu lui parler un peu plus pour lui poser des questions et surtout savoir comment faire. Mais le souci était là ; il ne pouvait pas se résoudre à déranger Mark pour une chose aussi insignifiante. Du moins… insignifiante pour d'autres personnes que pour Kaoryl. Car pour lui, c'était beaucoup plus qu'important.

Un filet d'air inaudible sortit de sa bouche, alors qu'il se trouvait à présent face à un cul-de-sac, à force d'avoir marché tout le long. Un mur immense s'était dressé face à lui. Il posa doucement sa main sur une brique grisâtre, fermant quelques instants les yeux et en savourant le vent qui frottait sur son visage. Un instant lui suffit pour se remettre en accord avec lui-même, il ne fallait pas qu'il perde sa motivation. S'il devait partir sans rien, car il n'avait toujours aucune réponse concrète, c'est ce qu'il ferait ! Il ne pouvait pas se permettre de laisser couler sa chance. Il sourit paisiblement et ses yeux se rouvrirent dans une lueur d'espoir.

Cependant, à l'instant où il reprit un peu confiance et que la motivation avait retiré toutes les ondes négatives, il se ressaisit en se rendant compte qu'il était toujours face au mur de briques. Il rougit légèrement… si ça se trouve, quelqu'un était en train de se moquer de lui, là, juste derrière. Il se retourna donc brusquement, tout en scrutant les horizons. Il n'y avait personne qui le regardait, heureusement. Mais lors de son inspection, sa vue se figea sur un groupe de trois Paratroopas à plusieurs dizaines de mètres de lui, sans qu'il sache réellement pourquoi.

Le soleil avait beau faire étinceler le reste du royaume, l'endroit où se trouvait le groupe de tortues était beaucoup plus assombri que le reste, dû à une colossale porte située juste derrière eux. La porte était peinte d'un rouge foncé, avec des ornements jaunes représentant des ailes attachées à des carapaces. Dû à cela, Kaoryl n'eut aucun doute sur ce qu'il se trouvait derrière : l'école de pilote. Ses yeux se reposèrent machinalement sur le groupe de tortues.

Pris d'une curiosité habituelle, Kaoryl s'était légèrement approché des tortues ailées… Il y avait quelque chose qui n'allait pas, il le pressentait. C'est en apercevant que chaque personne du groupe ouvrait en grand leur bouche pour parler, qu'il se demandait s'ils n'étaient pas en train de se crier dessus. Pourtant, d'où il était, il n'entendait rien d'autre que les bruits des passants et le crépitement de la lave. Il s'approchait toujours plus de façon machinale. Lorsqu'il parvint enfin à entendre leur voix, il s'arrêta de marcher. Il ne comprenait pas ce qu'ils se disaient, mais cette fois-ci il en était sûr : ils étaient bien en train de se disputer. Quelques personnes étaient devant lui, curieuses de savoir ce qu'il se passait, tout autant que lui… Même si au fond, personne ne comprenait réellement quelque chose à ce qui arrivait.

« Tu dégages ! On ne veut pas de toi ! C'est quand que tu le comprendras !? »

C'était la seule phrase que Kaoryl avait réussi à entendre distinctement. Et c'était également le cas d'autres personnes présentes, car certaines s'étaient retournées pour voir ce qui arrivait. N'osant pas se rapprocher davantage, Kaoryl tenta désespérément d'analyser la situation, commençant par le physique des trois personnes concernées par cette querelle. L'un d'entre eux était largement plus petit… S'il devait lui donner un âge, il dirait approximativement le sien, voir plus jeune. Il semblait être le plus furieux d'entre tous, bien que ce ne soit pas lui qui ait prononcé la dernière phrase audible. Devant ce Paratroopa, deux autres Koopas ailés colossaux avec des lunettes de soleil plantées sur leur museau ainsi qu'une veste en cuir retroussée aux avant-bras. Aucun doute, il devait s'agir de moniteurs, ceux de l'école située derrière eux.

Alors qu'il venait de comprendre que le jeune Paratroopa était seul face aux deux adultes, il n'eut le temps de réagir que le plus grand des deux moniteurs avait donné un coup de poing contre le ventre à celui qui leur faisait face, le propulsant au même instant à quelques mètres plus loin. Quelques personnes s'étaient précipitées pour rejoindre le Paratroopa à terre, tandis que la bouche de Kaoryl était restée ouverte et ses sourcils commençaient à se froncer de plus en plus. Il serra les poings, et sans réfléchir totalement, se mit à marcher furieusement vers les deux monstres qui avaient décidé de s'en prendre à un « enfant » sans défense. Mais quelque chose le tira par le poignet, l'obligeant à reculer de quelques pas.

« Il n'en vaut pas la peine, je t'assure. »

Cette voix — située derrière lui — le fit frémir pour deux raisons spécifiques : la première était qu'il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un se mette subitement à parler à quelques centimètres de sa nuque ; la seconde raison était que ce n'était pas la première fois qu'il entendait cette voix… Une voix douce et posée, mais qui se laissait tout de même bercer par une touche de sarcasme. Non rassuré par la suite des évènements, et oubliant subitement la raison pour laquelle il voulait aller dans telle direction, Kaoryl prit son courage à deux mains pour se retourner et faire volteface à son pseudo-interlocuteur, tombant nez à nez avec des yeux d'un rouge profond situés derrière des lunettes bleues. Il faillit perdre l'équilibre en le reconnaissant : c'était le Boo qui s'était confronté au roi ce matin même.

« Ce n'est qu'un gosse de riche qui croit pouvoir entrer dans l'école de pilote… Probablement avec une liasse de billets., reprit le fantôme tout en roulant des yeux, confronter ces deux costauds se seraient prendre le risque de finir comme lui. »

Il avait prononcé ses mots en relâchant le bras de la tortue et en pointant le Paratroopa précédemment à terre, d'un mouvement de tête, qui revenait à la charge vers l'école de pilotes, tout en volant et en étant toujours énervé. La gêne envahit Kaoryl alors qu'il se demandait pourquoi il avait voulu voir les moniteurs. Car même s'il y était allé, une fois devant eux… qu'aurait-il pu faire ? Voir même dire ? Heureusement que ce Boo avait été là pour l'empêcher d'aller les voir. Il se mit à la regarder en y repensant, et il eut des images de ce matin, et de l'altercation qu'il avait pu avoir avec le roi Bowser.

« Tu vas bien ? On dirait que tu as vu un mort., sourit le Boo en se retenant de rire à ce qu'il venait de dire, OK, ce n'était pas vraiment malin venant de la bouche d'un spectre. Mais sérieusement, fais plus trop attention à ce mec.

Ce n'est pas ça… »

Soufflant vaguement, Kaoryl avait du mal à faire un tri dans les informations qu'il venait d'avoir. Déjà, il y avait ce Boo qui venait lui parler comme ça, sans même le connaître. Pourtant, avec le comportement qu'il avait eu ce matin, jamais le Koopa n'aurait pensé qu'il viendrait le voir. Il ne savait pas si c'était à cause de sa timidité ou le fait que les probabilités étaient fines, mais il ne pensait plus jamais revoir le fantôme. Ensuite, il y avait ce Paratroopa que le fantôme semblait connaître. Il connaissait assez bien son comportement ainsi que celui de Bowser pour pouvoir rebondir dessus. Cela étant, il y avait cette « blague » qu'il n'était pas sûr de comprendre. En était-ce une finalement ?

Se reprenant légèrement, le Koopa ferma la bouche qu'il avait laissée ouverte depuis un certain temps, puis plongea son regard dans celui de son interlocuteur, tentant de le soutenir. Mais il n'eut pas à le faire, car c'est le fantôme qui détourna discrètement les yeux pour regarder par-dessus l'épaule de Kaoryl. Mais pas assez discrètement pour que la tortue ne le remarque pas.

« Je…, tenta de reprendre Kaoryl en se frottant la nuque, Je t'ai vu ce matin…, enfin… Je veux dire… »

Plissant les yeux dans l'incompréhension, le spectre se mit à regarder le jeune Koopa. Cette fois-ci, c'était qui avait le regard un peu ailleurs, et qui faisait une moue dans la gêne, ne trouvant pas ses mots.

« Tu m'as vu ce matin ?, répéta-t-il en ne voyant pas où le Koopa voulait en venir

O-oui. Tu parlais au roi.

Ah ! Oui, ça. Désolé, ça m'était sorti de la tête. T'étais accompagné d'un Maskass, non ? »

La surprise se fit voir sur le visage de Kaoryl qui avait les yeux grands ouverts et la bouche en forme de « o ». Il ne s'attendait absolument pas à ce que le fantôme l'ait vu… Il y avait tellement d'enfants qui s'étaient regroupés que c'était impensable qu'on ait pu distinguer une personne parmi tant d'autres.

« Je ne pensais pas que tu m'avais vu., sourit doucement Kaoryl un peu plus détendu

Disons qu'un Maskass avec des fissures et des vêtements recousus ça ne court pas les rues. Qu'est-ce qu'il lui ait arrivé ? »

Tout semblait beaucoup plus clair à présent. C'était l'enfant masqué qui avait attiré l'œil du fantôme, et par pur hasard, Kaoryl se situait juste à côté à ce moment-là. À cet instant, le Koopa se souvint du comportement du Maskass, il ne disait strictement rien, mimant simplement ce qu'il pensait. Pour autant, quelqu'un comme lui aurait effrayé n'importe qui, mais, c'était tout l'inverse quand on se situait à côté de lui. Il avait comme une aura réconfortante, et on s'y sentait bien.

« Je ne le connais pas., souffla-t-il dans la tristesse, On s'est croisé au même moment où on t'a vu. Et il ne parlait pas, alors je n'ai pas cherché à lui poser des questions personnelles.

J'aurais dû m'en douter. En général, les enfants des soldats ne se connaissent pas entre eux puisqu'ils viennent de partout.

Enfants de soldat ?

Bah, les enfants qui sont ici c'est bien parce que l'un de leurs parents travaille pour le château. Enfin bref. Je pense qu'il serait nécessaire de le trouver. Je n'aurais pas la conscience tranquille en ne sachant pas ce qui lui arrive. Tu m'aides à le chercher ? Tu sais mieux que moi à quoi il ressemble. »

Kaoryl hocha vivement la tête. Décidément… Ce fantôme était rempli de surprise.


La tortue marchait doucement derrière le Boo, scrutant l'horizon pour trouver le jeune masqué. Le château était un peu plus vide qu'auparavant, les habitants du royaume étant retournés chez eux, il était alors beaucoup plus facile de distinguer le visage des personnes. Mais pour l'instant, impossible de trouver le Maskass fissuré.

Il se mit à regarder un instant le Boo qui planait devant lui, des mèches de cheveux dépassaient sur le côté alors qu'il était de dos. C'était curieux pour un Boo d'avoir des cheveux. Mais après un certain temps, Kaoryl se frappa mentalement la tête. Ça faisait maintenant quelques minutes qu'ils étaient en vadrouilles tous les deux, et il ne lui avait même pas demandé comment il s'appelait. Il avança un peu plus vite pour se mettre à la même hauteur que le fantôme, cherchant ses mots pour lui demander son nom. Il ne pouvait tout bonnement pas lui dire « Hey, moi c'est Kaoryl au fait. Et toi c'est quoi ton nom ? »…

« Euh… Dis-moi je voulais savoir… un truc., finit-il par dire sans réellement réfléchir

Je n'ai pas de nom. Mais tu peux m'appeler Boo. Toi c'est Kaoryl si je ne me trompe pas. »

Comment ? Comment avait-il pu savoir ?

« Tu as fait tomber ton carnet et t'as oublié de le ramasser. Je me suis permis de le feuilleter. »

Il avait fermé ledit carnet en même temps d'avoir prononcé ses mots. Déboussolé, Kaoryl était assez stupéfait. Il ne s'était pas rendu compte qu'il ne portait plus son livre, et par-dessus tout, il ne s'était pas rendu compte que le fantôme avait quelque chose dans les mains. Il lui tendit le carnet et la tortue se mit à le ranger dans une poche intérieure de sa cape.

« Comment tu savais que j'allais te demander ça ?, sourit tranquillement, Kaoryl

— Bof. Je savais depuis le début que tu allais me le demander. La prochaine question allait sûrement être celle-ci.

— Merci pour mon carnet.

— Je pense qu'il n'aurait pas été une grande perte. Avec ses réponses stupides de ces soldats sans cervelle. Si tu veux vraiment partir à l'aventure, fais-le par toi-même, ne t'attends pas à ce qu'une personne tierce te montre une direction. Les caractéristiques d'une aventure c'est justement qu'il n'y a pas forcément de buts ni de chemin à emprunter. Fais les choses comme bon te semble. »

Il s'arrêta d'avancer un instant, et se décida enfin à se tourner légèrement pour regarder Kaoryl.

« Le plus important reste de ne pas les laisser te faire croire que si on devient soldat c'est pour détruire le Royaume Champignon. On devient soldat pour soutenir une cause et affronter ceux qui ont une façon de penser absurde. »

Les yeux de Kaoryl s'ouvrèrent en grand et s'illuminèrent. Depuis quelque temps, personne ne lui avait dit quelque chose d'aussi sensé… Ce matin encore, jamais il ne se serait dit que la seule personne qui répondrait de façon honnête à sa question serait ce fantôme-là.

« Merci Boo., prononça-t-il doucement, je pense que j'avais besoin d'entendre quelque chose dans ce style.

— T'es le genre de personnes à jongler entre la motivation et le questionnement, non ? »

Sans même attendre une réponse de son interlocuteur, le fantôme s'était déjà remis à avancer. Kaoryl ne comprit pas où il voulait en venir, mais il dut trottiner pour rattraper sa connaissance avant qu'elle ne parte trop loin.

« Je… Je voulais simplement être sûr de prendre la bonne direction., bafouilla Kaoryl, Mais tu as raison. Une fois que nous aurons trouvé ce Maskass, je partirais.

— Tu sais… J'ai bien peur que notre "ami" soit sorti du château. Et puis, toi, tu as mieux à faire, comme préparez tes affaires pour ton aventure. »

Le fantôme avait soupiré en prononçant ces mots, tandis que Kaoryl baissait la tête dans la tristesse. Et pour être tout à fait honnête avec lui-même, il se sentait coupable d'avoir laissé le Shy Guy s'en aller sans même se demander s'il allait bien ou non. Si ça se trouve, il était en danger, et ils ne sauront probablement jamais à présent… Si seulement il pouvait remonter le temps, ne serait-ce que de quelques heures et s'assurer que tout aille bien pour la personne qu'il avait vue. Il prit l'attache de sa cape dans sa main, et la serra contre son cœur, les yeux clos. Pourquoi n'avait-il pas fait plus attention ?

« Kaoryl ? Tu vas bien ? »

Il rouvrit les yeux pour regarder le fantôme, qui le regardait avec insistance et questionnement. Il détacha sa main de son attache, avant de ne serrer le poing dans un soupir las. Il fallait qu'il soit honnête. Il ne connaissait pas Boo, mais il fallait tout de même qu'il lui dise la vérité, il s'était intéressé à lui après tout. Et puis, comme son père lui disait toujours : « la franchise c'est la solution pour trouver des amis fidèles ». Il paniqua légèrement en se demandant s'il allait être ami avec le fantôme, ou s'il n'allait tout simplement plus se parler après tout cela, mais il se reprit rapidement.

« Je me sens coupable., fit-il en regardant le ciel un instant, J'aurais dû faire quelque chose quand j'ai vu son état ! Lui demander au moins s'il avait besoin d'aide, même si ça ne me concerne pas. Je veux dire… ça m'aurait coûté quoi ? Même si sa réponse était négative ! J'aurais dû le faire. »

Boo cacha sa bouche un instant avec sa patte intangible, et Kaoryl put apercevoir un sourire se dessiner au coin de ses lèvres, et il entendu un soufflement de rire traverser la main du fantôme.

« Je ne vois pas ce qui est drôle !, paniqua légèrement Kaoryl en faisait une moue triste

Ton caractère est juste particulier. Il y a quelques minutes à peine, tu avais du mal à aligner deux mots consécutifs, et maintenant, tu te mets à me déblatérer rapidement de ce que tu aurais pu faire. Je n'avais jamais vu quelqu'un réagir de la sorte ! »

Particulier ? Le Koopa ne savait pas comment il devait le prendre. Mal ? Bien ? Mais il se calma en voyant que le fantôme faisait un sourire réconfortant… Ce n'était peut-être ni un compliment, ni quelque chose de mal après tout.

« Ce n'est pas ta faute ! Et ressasser ce qui aurait pu se passer, ça ne te créera que des soucis mentaux. Tu as fait ce que tu as pu, on n'y peut rien maintenant. On a fait tout le tour du château, n'y pense plus.

… Mais bien sûr ! Les tours du château !

C'est pas exactement ce que j'ai dit… Mais attends, c'est vrai qu'on n'a pas fait les tours de contrôle. »

Les deux se regardèrent avec un espoir dans le regard. Ils étaient en accord sur la suite des évènements qu'ils marchèrent en direction de la tour la plus proche sans même s'adresser un mot de plus. Cependant, pendant leur marche, Kaoryl tenta tout de même de garder son sang-froid : il ne fallait aucunement se faire de faux espoirs, si ça se trouve, il était réellement parti du château, et ils ne pourraient pas le retrouver. Mais il fallait quand même vérifier pour se rattraper de ce matin, où un petit truc qui n'avait pas été fait aurait pu tout changer. Mais il réussit tout de même à s'apaiser en se disant qu'il aurait quand même tout essayé pour retrouver l'enfant masqué.

Kaoryl venait de se rendre compte que cette fois-ci il marchait aux côtés du fantôme et non derrière. Il réfléchit une nouvelle fois sur ce que le fantôme avait pu lui dire. Un caractère particulier ? C'est vrai qu'il avait du mal à sociabiliser dû au fait qu'il était timide, mais pour autant, il n'avait pas l'impression d'être renfermé sur soi. Au contraire, il avait même l'impression d'être le genre de personnes à raconter un peu trop ce qu'il ressentait, rendant les choses beaucoup trop gnangnans. En y réfléchissant, Kaoryl ne se souvint pas réellement d'une quelconque interaction sociale sauf par obligation ou par apport à sa famille. Et pour le coup, il n'était pas sûr que demander du pain à la boulangère était réellement une interaction sociale notable.

Les mots du fantôme lui trottèrent dans la tête le long de la route. Pas qu'il est été touché par les paroles, mais disons plutôt qu'on ne lui avait jamais fait une remarque comme celle-là. Après tout, pour lui, c'était le caractère du fantôme qui n'était pas commun. Il pensait qu'il allait se prendre des remarques sarcastiques comme il avait été le cas pour le roi, mais ça n'a pas du tout été comme ça avec lui. Ne pas juger à la première impression était véridique visiblement.

Alors qu'ils s'approchèrent tous les deux d'une échelle qui menait à l'une des tours du château, c'est en voulant prendre sa respiration pour adresser des paroles à Boo que Kaoryl sentit quelque chose cogner violemment contre lui, le faisant tomber à la renverse. Dû au choc, il avait fermé les yeux, et sentait sa tête lui faire mal. Son nez commençait à lui piquer, tandis qu'il ouvrit les yeux en regardant le ciel pour s'empêcher de verser une larme due aux contrecoups. Il était en public, il ne pouvait pas se résoudre à pleurer… Il descendit le regard et vit apparaître une main avec une mitaine en cuire fourrée de moumoute orangée. Il l'a pris pour s'en appuyer et se relever, et son museau tomba nez à nez dans un regard d'un bleu perçant.

« T'étais au mauvais endroit, tu devrais faire attention., rouspéta celui qui l'avait aidé

— J-je pardon…

— Tu te fiches de qui là ? C'est toi qui lui as foncé dedans. »

La personne avait lâché la main de Kaoryl pour se retourner face au fantôme qui avait dit ses dernières paroles. Le Koopa se frotta la tête, tentant de reprendre ses esprits.

« Oh ! J'te reconnais toi ! Le Boo qui a parlé mal au roi ce matin.

— C'est drôle, moi je te reconnais pour t'être fait envoyer valser de l'école de pilote.

— Ce-C'est pas tes affaires !

— Je pourrais en dire autant. »

Après un temps, Kaoryl réussit à voir plus clair, et il vit un Paratroopa dressé devant le fantôme. Il le reconnut que maintenant, c'était la tortue qui était par terre tantôt. Il réussit difficilement à analyser les paroles que les deux s'étaient échangées il y a quelques secondes, puis tenta de se rapprocher d'eux timidement.

« C'est notre roi, donc ce sont mes affaires techniquement. T'en penses quoi, toi ?, grommela le Paratroopa en lançant un regard à Kaoryl

Je ne suis pas sûr… »

Du coin du regard, il le vit rouler des yeux. Kaoryl se sentit petit à côté de lui, et regarda le sol. Il ne savait pas si c'était dû au fait que la tortue ailée volait près de lui, faisant en sorte d'être plus grande que lui, ou si c'était son caractère qui le mettait mal à l'aise. Il ne se sentit pas de taille fasse à l'aura de cette personne. Pourtant il semblait un peu plus jeune que lui à peine.

« Tu parles mal à mon roi. Quoi que tu en dises, ça me concerne., répéta-t-il avec un regard accusateur

Je suis sûr que tu ne te souviens même pas des propos qui ont été tenus. Tu ne peux même pas plaider en sa défense, donc pourquoi tu viens me parler de ça ?

On s'en fiche des propos tenus ! Y a des façons de traiter ses supérieurs !

Ce n'est pas ce que j'ai vu face à ses deux moniteurs pourtant. »

Un grognement exagéré sortit de la bouche du Koopa Paratroopa qui serra les poings d'énervements. Kaoryl le dévisagea quelques instants sans s'en rendre compte, et retomba sur les yeux bleu ciel de la tortue, il détourna immédiatement le regard.

« Y a une différence entre le roi et ces deux bouffons qui sont pas capables de voir mon talent, bordel !

— Et ça t'arrive de te remettre en question ?

— Excusez-moi, mais vous vous connaissez ?, tenta de glisser Kaoryl

Non !, s'exclamèrent les deux en cœur

Tiens, c'est vrai. D'où tu te permets de me juger alors que tu ne me connais pas !, renchérit la tortue

— Je peux en dire autant de toi.

— RAH! T'as que ces mots-là à la bouche ou quoi !? »

Kaoryl ne savait plus où donner de la tête. Les deux se disputaient comme s'ils se connaissaient depuis toujours, et pourtant d'après eux, ils ne se connaissent pas. C'était beaucoup trop étrange pour lui, mais il tenta de penser à autre chose en s'efforçant de ne pas trop écouter leur querelle.

« Écoute, concernant ses deux moniteurs, j'ai juste à leur prouver ma valeur et j'y rentrerai dans cette foutue école !

— J'aimerais aussi prouver ma valeur… C'est pour ça que je pars à l'aventure…, grommela timidement Kaoryl le regard fuyant

— Je te demande pardon ?

— Je pars demain matin… Je veux dire, on a les mêmes ambitions. Peut-être que l'on pourrait y aller ensemble ?

— Les mêmes ambitions ah ! Je te laisse partir faire le gamin dans tes aventures farfelues, moi j'ai des moniteurs à convaincre ! Ce n'est qu'une perte de temps ce que tu veux faire. D'ailleurs, j'ai pas le temps de me prendre la tête avec vous deux plus longtemps. J'ai à montrer de quoi je me chauffe. »

Il partit comme une fusée en volant dans une direction opposée. Les sourcils relevés dans la tristesse, Kaoryl souffla doucement. La façon dont lui avait parlé le Paratroopa… il s'attendait à tout sauf à ça. Ce serait mentir de dire qu'il ne s'était pas senti blessé.

« Il n'en vaut toujours pas la peine, hein. Et puis, on a des choses plus importantes à faire que de se préoccuper de ce type. »

Il avait accentué ses propos en se retournant vers l'échelle. Kaoryl n'eut le temps d'acquiescer, qu'il sentit quelque chose se poser sur son épaule. Il se retourna brusquement pour voir un Hammer Bro.

« Et les gosses, dégagez, faut qu'on passe ! J'espère que votre ami va avoir la raclée de sa vie.

Notre ami ?, répéta Boo avec suspicion

Ne faites pas les innocents. Votre ami le Maskass qui fourre son nez là où il ne devrait pas ! Bref, hors de mon chemin les minus. »

Il poussa Kaoryl et se mit à monter à l'échelle qui était face à eux.

Le Koopa n'était pas sûr de comprendre où le Hammer Bro voulait en venir, mais il se retourna vers Boo qui regardait avec insistance le soldat jusqu'à ce qu'il disparût de son champ de vision.

« Tu penses que celui dont il parle c'est…

Y a qu'une façon de la savoir. Tu restes là, je reviens. »

Boo commença à s'envoler vers la tour, mais à mi-hauteur, il se rendit intangible ce qui étonna le Koopa qui fit de gros yeux. Il n'en revenait pas de la disparition soudaine du fantôme ! Bien sûr qu'il était au courant que les Boo pouvaient se rendre invisibles d'un coup, mais il n'avait vu ça qu'à la télé, et le voir en vrai lui fit un frisson dans le dos. Il avait bien déjà parlé à quelques fantômes, mais jusqu'à présent, ils n'avaient jamais eu la nécessité de se cacher.

« Allez descends plus vite, là nom d'un chien ! »

Ce hurlement fit sortir Kaoryl de ses pensées, et il regarda le soldat de tout à l'heure redescendre de l'échelle avec un Maskass, et il le reconnut instantanément, c'était bien le Maskass de ce matin. Il ressentit de nouveau un frisson dans le dos, comme si une présence venait de s'installer juste à côté de lui, il regarda discrètement et non rassuré du coin de l'œil, mais il fût soulagé de voir que ce n'était que Boo qui s'était de nouveau rendu tangible. Cependant, vu l'expression faciale du Boo, l'inquiétude le reprit rapidement. Il semblait à la fois énervé et hors de lui. Il se rapprocha de l'échelle assez furtivement, et avant que Kaoryl s'en rende compte, il était déjà en bas de cette dernière. C'est à cet instant que le Maskass manqua une un rondin de l'échelle, et tomba à mi-hauteur de la tour, ce qui fit paniquer Kaoryl qui n'était pas en position pour l'aider. Mais il vit l'enfant masqué tomber dans les bras de Boo qui s'était positionné au bon endroit au bon moment. Il souffla, rassuré, et le fantôme posa le Maskass à terre, ce dernier semblait le regarder avec insistance.

« Vous pouvez faire attention non ? Il aurait pu se blesser, voire pire., grogna le Boo de colère

Il n'avait pas qu'à être dans des endroits interdits. Et tu vas me parler autrement gamin !

— On parle de la vie d'une personne là. Une infraction n'est en rien comparable.

— Qu'est-ce que t'en sais de la mort, d'abord ! »

Alors que le soldat venait enfin de descendre de l'échelle, il se retourna brusquement vers le fantôme, puis on pouvait voir l'effroi dans son regard. Il ne devait pas s'attendre à parler à un spectre. Le cœur de Kaoryl faillit manquer un battement en voyant cette scène aux propos sinistres.

« Je pense être le mieux placé pour savoir ça., souffla après un instant Boo en reprenant son calme petit à petit, Vous lui devez des excuses de l'avoir brusqué.

— Je suis désolé petit, je ne voulais vraiment pas te blesser., céda le Hammer bros en marmonnant, Mais ne vas plus dans les tours, c'est dangereux là-haut. »

Le soldat partit sans dire un mot de plus, et les trois enfants le regardèrent partir jusqu'à ce qu'il sorte de leurs champs de vision. Kaoryl n'en revenait toujours pas de ce qu'il venait de se passer. Cette journée était riche en émotion, et avec la rencontre de ce fantôme, tout a été beaucoup plus mouvementé… Toutes les choses qui s'étaient passées étaient en principe lié aux actions du fantôme. Puis ce…

« Ce sauvetage in extrémis ! C'était impressionnant !, s'exclama Kaoryl en se rapprochant de Boo

— Oh, je l'avais vu arrivé. Faut dire qu'avec ses petites jambes… »

Comme un éclair de lucidité, le fantôme se retourna pour faire face au Maskass.

« Tu vas bien ? J'ai vu comment il t'avait parlé là-haut et poussé aussi. »

Le Maskass hocha la tête comme réponse et sembla se gratter la tête dans la gêne.

« Je dois t'avouer… C'est ma curiosité malsaine qui m'a poussée à venir à ta rencontre… Je t'ai vu ce matin avec ses fissures, et je me suis demandé ce qui t'était arrivé. Ce n'est sûrement pas mes affaires, mais j'espère qu'il ne t'arrive rien de grave. »

Comme il s'attendait, Boo ne reçut aucune réponse et se retourna vers Kaoryl.

« Il commence à se faire tard. Je te raccompagne au pont-levis ?

— Oui, tu as raison. »

Alors qu'il s'apprêtait à partir, le Maskass retenu le Boo par le bras, ce qui étonna le fantôme. Mais il finit par suivre les deux connaissances jusqu'à l'entrée du château. Le chemin avait été fait dans un grand silence, mais qui n'était pas pour autant gênant. Au contraire même, Kaoryl se sentait plutôt bien avec tout ce qui s'était passé dans la journée. Il se sentait juste fatigué, mais il était l'heure de rentrée.

Arrivés au pont-levis, le fantôme et le Maskass dirent au revoir de la main à Kaoryl qui s'en allait dans une direction, mais avant qu'il ne soit perdu de vu, le fantôme s'écria :

« Tu pars à quelle heure demain !?

— Dès l'aube, je suppose, pourquoi ?

— Je t'accompagnerai dans ton aventure. »