Note de l'autrice : Bien le bonjour, voyageur du net, n'hésite pas à passer ton chemin devant cette vieille, très vieille, trop vieille fanfiction, qui aurait besoin d'un gros retapage pour tenir la route. La bise.


Aux alentours de trois heures du matin, Draco la trouva dans la cuisine, installée à la petite table en bois. Les jambes ramenées en tailleur sur une chaise, la jeune femme dévorait, comme si sa vie en dépendait, une casserole de lentilles à l'aide d'une cuillère à soupe. Il observa en retrait cet étrange spectacle, se demandant combien de repas négligés compensait cette frénésie.

« Une petite faim, Granger ? »

Le visage de la concernée s'éleva brusquement. Dès qu'elle le reconnut, un mélange d'ennui et d'irritation balaya son expression de surprise.

« Très drôle, Malfoy », répondit-elle d'une voix lasse.

Tandis qu'elle replongeait sa cuillère dans le récipient, il avança jusqu'aux placards derrière elle pour en sortir une boîte de thé en vrac. Il remplit une casserole d'eau et la déposa sur le feu. Jetant un coup d'œil à la chevelure volumineuse et désordonnée, il répliqua :

« Tu fais bien de reprendre des forces : ta répartie manque de ferveur. Ma victoire en est bien moins savoureuse. »

Il vint s'asseoir en face d'elle.

« Puisque mon existence ne se résume qu'à rendre palpitant le séjour de Draco Malfoy dans le QG de l'Ordre, grogna-t-elle, lui lançant un regard noir.

- Je trouve ce but plutôt noble, répondit-il, en s'étirant nonchalamment sur sa chaise.

- J'imagine. »

Elle soupira.

« La nuit devrait pourtant être suffisamment longue pour n'avoir à croiser personne, reprit-elle, agacée.

- Ce genre d'infortunes n'arriveraient pas si tu la passais à dormir dans ton lit.

- Ou si tu en faisais de même.

- Je pense que c'est ce maudit lieu qui est le problème.

- Ce lieu vous protège, toi, ta mère et tes amis, rappela-t-elle d'un ton sec.

- Ce lieu est trop étroit pour le nombre de gens qu'il protège.

- Le manoir Malfoy est certainement plus spacieux, mais que veux-tu ? Il est déjà occupé », répliqua-t-elle sur un ton vicieux.

Hermione regretta immédiatement ses propos. Le visage de Draco demeura impassible.

« Conclusion : ne me blâme pas moi pour ton manque de tranquillité, Granger, blâme la guerre. »

Les deux sorciers se turent. Draco se leva pour retirer l'eau frémissante du feu. Hermione avala les lentilles qui restaient dans la casserole en deux cuillerées.

« Je m'en vais aller blâmer la guerre ailleurs, annonça-t-elle.

- Tu m'en vois ravi », assura-t-il avec une politesse ironique.