J'aime beaucoup ce couple, du coup me voici rajoutant mon petit grain de sel dans le fandom. La, la, la, la...ça c'est moi qui chante et qui attend impatiemment vos réactions ! ;)

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Eclat de rire

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Première partie

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Labrinth - The Best Part of Being in a Hospital (Euphoria Version)

Forever – labrinth ( slowed)

I Found Amber Run Cover by Alice Kristiansen LYRICS

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Temari

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« Tu vas y aller ? »

Temari faisait minutieusement tourner sa paille en bambou dans le milk-shake oreo qu'elle avait commandé chez Starbucks. Elle était totalement hypnotisée par le liquide épais. La couleur lui rappelait la neige boueuse dans laquelle elle détestait marcher l'hiver de peur de se mouiller les pieds. Temari détestait, plus que les haricots verts, plus que les évadés de prison, plus que les petits-amis collants, avoir les pieds mouillés. Ça ne devrait pas exister. Juste beurk.

« Temari, ici la terre ! » insista Matsuri en agitant vivement la main devant son visage.

Elle sursauta et regarda son amie qui la dévisageait d'un air exaspéré.

« J'aime pas le nouveau clip de The Weeknd, » dit-elle en espérant qu'il s'agissait de la bonne réponse. Son amie vénérée, adulée, non, son amie était en totale extase devant ce chanteur, elle avait séché plusieurs fois les cours et avait même fait un voyager exprès aux États-Unis pour aller à l'un de ses concerts.

C'était ce qu'on appelait une véritable groupie.

Matsuri pencha la tête vers la jeune femme et articula lentement et d'une voix claire «Alors premièrement c'était pas ma question, deuxièmement, » rajouta t-elle d'un ton révolté « pardon ? C'est de la pure bombe, comment tu peux oser dire un truc pareil !? » Elle inspira profondément et lui dit en expirant d'un air totalement exagéré « Et troisièmement est-ce que tu vas y aller un jour ou bien tu comptes prendre racine ici? »

« Où ça ? » demanda Temari faussement perplexe.

« Sur Mars, » répliqua aussitôt Matsuri en levant les yeux au ciel « A ton boulot banane ! Il est 15h25, t'as genre,» elle fit un grand mouvement de bras pour dégager sa montre de la manche de son manteau et tapota le cadran de son ongle rongé « une heure et vingt cinq minutes de retard ! »

« Mmh, » fit Temari en aspirant le liquide glacé. C'était ridicule de boire un milk-shake alors que le climat ambiant environnait les moins 5 degrés. Elle sentait son corps se glacer de l'intérieur au fur et à mesure qu'elle aspirait sa boisson froide. Ces lèvres s'étirèrent dans une grimace alors qu'elle avalait une énième gorgée.

Note à elle-même : ne plus jamais acheter de milk-shake oreo, ça vaut définitivement pas le coup.

« Nan, j'ai décidé de démissionner, » fit-elle en haussant les épaules.

Matsuri ouvrit les yeux en grand avant de se frapper le front. Temari, quand à elle, vivait un véritable supplice en aspirant jusqu'à la dernière goutte le milk-shake qui remportait selon elle, la palme d'or de la boisson la plus dégueulasse du monde.

« Purée Temari ! C'est le troisième boulot que tu quittes en l'espace de deux mois ! »

« Et alors ? » dit-elle en jetant son gobelet dans une poubelle du centre commercial.

« Et alors ? » répéta Matsuri ahurie tout en s'empressant de suivre son amie qui s'éloignait d'elle pour aller regarder les vitrines des magasins.

« J'adore ces chaussures, » souffla Temari d'un air émerveillé. Elle contemplait une paire de converse bleus nuits. Chaussures ultra confortables ! Couleur ultra parfaite ! Prix ultra exorbitant !

« Et alors ?! » siffla pour la énième fois son amie prêt de son oreille « Ca fait que je m'inquiète pour toi ! Ça veut dire que tu vas encore te priver de manger, que tu vas aller à pied à la fac et arriver super en retard, ça.. »

Blah, blah, blah...

Temari posa ses deux mains sur la vitrine, provoquant l'air offusquée de la vendeuse qui la regardait les yeux ronds depuis l'intérieur du magasin. Il. lui. fallait. ces. chaussures. C'était super vital. L'oxygène lui manquait déjà. Elle allait mourir, d'ici, trois, deux, un...

« J'ai besoin d'un nouveau taff, » souffla t-elle en reculant enfin de la vitrine au plus grand soulagement de la vendeuse.

« Oui, ça c'est sûr, » grommela Matsuri « t'as surtout besoin d'être stable ! »

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Temari fixait le plafond depuis une bonne minute, ou peut-être deux, elle ne savait plus trop, bref, elle regardait le plafond, attendant patiemment que son petit-ami finisse enfin de faire ce qu'il était entrain de faire. C'est à dire, la ken.

« T'es tellement bonne, bébé, » lui soufflait t-il dans le creux de l'oreille alors qu'il augmentait la vitesse de ses coups de rein.

Il la fit retourner d'un mouvement bref pour qu'elle se mette à quatre patte et lui empoigna fermement le bassin avec ses deux grosses mains. De cette position, elle avait une vue imprenable sur la fenêtre qui donnait sur la rue. Elle fronça les sourcils en voyant qu'il s'était mis à neiger. Il allait faire encore plus froid cette nuit, et vu qu'elle évitait de mettre le chauffage pour ne pas avoir une facture trop chère à la fin du mois, elle avait intérêt à s'emmitoufler sous des tonnes et des tonnes de plaide. Ça lui allait, elle adorait les couvertures douces et chaudes.

« Temari, » l'appela son mec totalement essoufflé en lui touchant l'épaule.

Elle tourna la tête, et vit qu'il s'était retiré d'elle, le préservatif toujours sur la bite, il semblait avoir fini. Enfin !

« T'as aimé ? »

Elle détourna le regard, et descendit du lit pour se rendre dans la salle de bain. Elle avait trop envie de faire pipi. Assise sur la cuvette des toilettes, elle vit son copain passer la tête par l'embrasure de la porte, un sourire gourmand au lèvre.

« On remet ça dans une demi-heure ? »

Temari tira sur le rouleau de PQ et sans le regarder lui lança « En fait, je pense qu'on devrait rompre. »

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Elle s'était évanouie en plein cours. Dans l'amphithéâtre précisément. Attirant ainsi sans le vouloir, la curiosité maladive d'une centaine d'étudiant. Elle s'était réveillée quelques minutes après dans le lit de l'infirmerie. Au première loge son amie Matsuri, assise sur une chaise, attendait patiemment qu'elle se réveille.

« T'as encore sauté le déjeuner, hein ? » lui reprocha celle-ci alors qu'elle clignait à peine des paupières pour s'habituer à la lumière blanche des néons.

En fait, elle ne se rappelait plus...vraiment de son dernier, vrai, repas. Il lui semblait avoir avalé un muffin au chocolat blanc, mais c'était y'a genre un jour, ou deux. Bref c'était pas si grave, elle compensait en buvant des litres, et des litres de soda, de thé, de coca, d'infusion, de jus de pamplemousse.

Elle avait toujours préféré boire que manger de toute façon, et ça depuis qu'elle était toute petite.

« Si c'est une question d'argent, je peux.. »

« Nan, » la coupa aussitôt Temari.

Hors de question de quémander quoique se soit, elle était bien trop fière pour ça.

« Dans tout les cas, ce soir je t'invite à manger chez moi, » intima tout de même Matsuri « je préparerais des sushis... »

« J'aime pas. »

« ..frites.. »

« Eurk. »

« ...ramens... »

« J'vais gerber. »

« ...îles flottantes, on se fait une soirée dessert ! »

Suspense.

Temari accepta en rajoutant qu'elle voulait des copeaux de chocolat sur ses iles flottantes même si c'était un blasphème et Matsura expira victorieuse.

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« Je suis ta personne préféré ! » clama Matsuri en s'agitant vivement sur le canapé.

Temari suçait méticuleusement sa cuillère recouverte de crème anglaise tout en regardant une émission de téléréalité. Elle trouvait ces personnes à la fois si bêtes et si fascinantes. Elle pourrait passer des heures à les regarder se prendre la tête et dire des idioties plus stupides les unes que les autres.

« Je suis définitivement la personne que tu préfères au monde, » rajouta Matsuri avec un sourire béant « et tu sais pourquoi ? »

Temari eut toutes les peines du monde à décoller ses yeux de l'écran de la télévision pour les porter sur son amie qui gesticulait un peu trop à son goût à ses cotés. Sérieusement, elle faisait trembler tout le canapé, si elle ne s'arrêtait pas, elle allait finir par avoir le mal de mer.

« Je viens de te trouver l'emploi le plus parfait de l'univers ! »

Tss, ça n'existait pas.

« Dis toujours, » fit Temari tout de même intriguée.

« Ma tante a une amie qui possède une librairie, elle est genre super vielle, genre super proche de la retraite tu vois, » expliqua Matsuri « elle recherche une assistante pour l'aider. »

« J'aime pas les livres. »

« Mais on s'en fout ! C'est à temps partiel, bien payé, y'aura aucun collègue pour te mettre la main au cul, et comme c'est une toute petite librairie tu n'auras presque pas de client ! Ose me dire en face que c'est pas une opportunité en or ! »

Temari plongea sa cuillère dans la crème jaune et l'amena à sa bouche avec gourmandise.

« Temari No Sabaku ! C'est oui ou c'est non ? » insista Matsuri qui avait rapproché son visage du sien dans la plus grande indélicatesse.

Elle avala d'un coup le liquide épais et sucré, avant de plonger son regard dans celui de son amie.

« C'est non. »

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En fait, après plusieurs jours d'intense réflexion, finalement, et parce qu'elle avait vraiment, vraiment, vraiment envie de ces converses bleus nuits, Temari avait dit oui. À contre cœur.

Parce que s'il y avait bien quelque chose qu'elle n'avait jamais aimé faire dans sa vie, c'était lire. So borring.

No

fucking

way.

Elle n'aimait pas ça. Ce n'était pas pour rien qu'elle étudiait la physique chimie. Elle aimait le concret, le vrai. Pas les mots étalés sur des pages et des pages, qu'il fallait tourner en plus, oh la la, qu'elle perte d'énergie.

Cependant Temari était têtue et lorsqu'elle voulait quelque chose elle l'obtenait toujours. La priorité ce n'était pas de payer son loyer, ce n'était pas de faire les courses, c'était d'acheter des converses pour enfin se les sortir de la tête et passer à autre chose, jusqu'à sa prochaine obsession.

Postée depuis plus d'une minute devant la librairie, Temari inspira l'air glacé par ses narines qui étaient aussi rouge que les premières cerises du printemps.

Elle espéra que sa patronne Chiyo n'allait pas lui poser une question sur son livre ou son édition préféré, parce qu'elle serait juste incapable d'en citer un seul.

Elle ignora son téléphone vibrer dans la poche de son manteau, ça devait sans doute être son ex qui avait décidé de l'harceler trois fois par semaine, le mardi vers 15 heure, le jeudi vers trois heures du mat' et le dimanche soit très tôt, soit très tard.

Bref, elle poussa la porte de la librairie et observa avec appréhension l'espace recouvert d'une monticule de livre. Il y en avait partout, aucun espace n'était vide, le moindre trou était rempli par un bouquin. Elle referma la porte derrière elle et avança entre les rayons pour pouvoir atteindre le comptoir où était censé se trouver la propriétaire du lieu. Sauf qu'il n'y avait personne. Temari tourna sur elle-même, et se pencha même en avant sur le comptoir en bois, manquant de faire tomber au passage une pile de magasine consacré au jardinage, mais ne trouva personne caché derrière.

C'était peut-être un signe ! Le signe qui lui disait de déguerpir une bonne fois pour toute avant qu'il ne soit trop tard ? Elle s'apprêtait à faire demi-tour, lorsqu'elle buta subitement contre quelque chose, enfin quelqu'un, enfin un torse. Elle releva la tête et croisa le regard brun d'un homme qui devait faire une tête de plus qu'elle. Le visage impassible, il la regarda un moment avant de lui demander d'une voix atone « Temari No Sabaku, c'est ça ? »

« Euh ouais, c'est moi. »

Il plissa les yeux, prit la pile de magasine sur le comptoir et la lui fourra dans les mains, tout ça en l'espace d'une seule seconde.

« Vous êtes en retard. »

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Akasuna Sasori était le petit-fils de Chiyo, et selon Temari, l'homme le plus introverti qu'elle connaisse. Elle travaillait ici depuis un mois, ce qui était un véritable record pour elle, et à chaque fois qu'il s'adressait à elle, c'était uniquement pour lui dire « Vous êtes en retard. » ou bien « Vous avez oublié d'enregistrer la commande. » ou alors « Vous n'êtes pas concentré. » ou encore « Vous devez être plus souriante avec les clients. »

D'ailleurs, elle aurait très bien pu lui dire que son dernier conseil s'appliquait à lui aussi, car elle ne l'avait jamais vu décroché ne serait-ce qu'une seule fois un sourire. C'était à croire qu'il avait le visage figé en permanence.

« Vous n'êtes pas concentré, » lui lança t-il depuis le bout du magasin où il rangeait méticuleusement des polars.

Elle détourna le regard et roula les yeux. À quoi bon vouloir être à cent pour cent dans son travail, il n'y avait personne dans le magasin. Elle se demandait comment d'ailleurs Chiyo n'avait toujours pas mis la clé sous la porte et pouvait en plus se permettre de s'offrir des vacances aux Philippines. C'était un mystère que Temari avait littéralement la flemme de résoudre.

Cette vielle dame était cependant une personne très intéressante, Temari ne l'avait croisé qu'une seule fois, et elle l'avait tout de suite adoré. Contrairement à son petit-fils, elle parlait mais sans dire des choses inutiles, juste ce qu'il fallait et en plus elle était super sarcastique. Un trait de caractère que Temari adorait.

Elle aurait mille fois préféré côtoyait Chiyo toute la journée que Mr j'ai-un-énorme-balais-en-bois-dans-le-cul. Elle fit glisser la page en papier glacé d'un magasine de yoga et se pressa un peu plus contre le comptoir alors que Sasori passait derrière elle pour prendre un carton. Ils s'effleuraient sans cesse, pas parce qu'ils le voulaient, mais parce qu'ils n'avaient pas le choix. L'espace était si exiguë, que Temari ne comptait plus les fois où elle avait frôlé son épaule, son dos, son torse, ses mains. Elle respirait son odeur tous les jours aussi, c'était un mélange de cigarette, de cannelle et d'orange épicée. C'était fou comme tout chez lui rappelait la chaleur, ses cheveux étaient rouge feux, ses yeux bruns chocolats et même son odeur était chaude. C'était totalement fou, parce que dès qu'il ouvrait la bouche il givrait la pièce toute entière de ses remarques inutiles.

Chaud et froid, Temari décida que Sasori était un véritable paradoxe.

Un oxymore en chair et en os.

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Ses frères ont essayé plusieurs fois de l'appeler. Kankuro c'était parce qu'il était vraiment inquiet, Gaara c'était plus par politesse, mais Temari appréciait quand même le geste. Prise d'une motivation qui ne lui ressemblait pas, elle décida de prendre contact avec sa famille.

Son premier appel fut sur Skype. Kankuro répondit dans la minute qui suivit. Il était allongé sur une serviette brune, bronzant sur les plages du Brésil.

« Alors ton érasmus ? » lui demanda Temari emmitouflé dans ses plaides tel un burrito.

« C'est grave cool, mais on s'en fout de moi, c'est surtout toi qui me tracasse? Comment tu te sens ? »

« Bien, » assura t-elle.

« T'en es sûre ? Si tu veux que je rentre plus tôt... »

« Mais pourquoi faire ? » le coupa Temari « profite de ton semestre, je serai encore là quand tu rentreras. »

Kankura acquiesça. Ils parlèrent pendant un bon quart d'heure . Enfin son frère surtout parla de lui, de son mec Kiba, de ses nouveaux potes brésiliens, bref...

Son deuxième appel vidéo fut sur WhatsApp. Gaara ne répondit pas tout de suite. Elle relança l'appel une deuxième fois. Une troisième. La quatrième fut la bonne.

« Pitié dis-moi que t'étais pas entrain de baiser, » grommela Temari en apercevant son petit-frère torse nu, les cheveux totalement ébouriffés.

Gaara haussa les épaules et déplaça un peu son portable pour qu'elle puisse voir Lee se brosser les dents. Dès qu'il la vit à travers l'écran celui-ci lui fit un grand geste de la main.

« T'as l'air d'aller bien, » constata Gaara qui la regardait à travers l'écran.

« Ben oui, » fit Temari en fronçant les sourcils « évidemment. »

Elle commençait à en avoir un peu marre de leur réaction, finalement elle n'aurait pas dû leur dire, ils l'auraient laissé tranquille comme avant, comme juste avant qu'elle ne l'apprenne. Ils la prenaient pour une meuf fragile et elle avait horreur de ça.

Merde.

Elle n'était pas un vase en cristal.

Elle était juste Temari No Sabaku.

Elle était encore Temari.

Encore un peu.

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« Pourquoi vous faites ce boulot ? »

Temari fronça les sourcils et resserra un peu plus ses doigts autour de la tasse de café chaude que Sasori lui offrait à chaque pause clope. Sans qu'elle ne sache pourquoi, et elle se demandait si lui-même le savait, Sasori lui offrait tous le temps des boissons chaudes, chocolats chauds, thés, cappuccinos et puis après ils restaient dans la ruelle derrière la boutique. Ça mon cher Sherlock, c'était encore un mystère qu'elle n'avait pas la volonté de résoudre. Elle se contentait juste d'apprécier le geste.

Il fumait, elle buvait.

« Parce que j'ai besoin d'argent, » répondit-elle platement. D'ailleurs, dès que ça paye tomberait à la fin du mois elle allait directement s'acheter ses converses, elle en avait encore rêvé cette nuit.

Il tira sur sa cigarette et expulsa la fumée dans un souffle long.

« Vous détestez être ici. »

Elle but une gorgée de la boisson amer mais délicieusement chaude et croisa son regard. Il paraissait agacé.

« Vous aussi, » dit-elle en insistant bien sur le dernier mot.

Et là, il la regarda, pour la première fois en deux semaines, réellement. Il paraissait surpris, qu'elle ait compris ou qu'elle ait osé lui répondre étant donné qu'elle n'était qu'une employée.

« Vous donnez toujours l'impression de vous foutre de tout, vous êtes tout le temps ailleurs, vous n'arrivez jamais à l'heure, vous êtes la pire employée que j'ai jamais vu. »

Wow, elle ne l'avait jamais entendu parler autant, ça lui fit presque bizarre. Est-ce qu'il y allait avoir un séisme ? Probablement ils vivaient au Japon après tout.

« Si je suis si terrible que ça, pourquoi vous ne m'avez pas déjà renvoyé alors ? » demanda t-elle curieusement.

Sasori écrasa sa clope avec le talon de sa chaussure et lui lança un dernier regard noir avant de retourner dans la librairie. Temari esquissa un sourire. Elle aurait été étonné qu'il lui réponde, il avait certainement dû épuiser son stock de mot pour la journée.

Elle prit tout son temps pour rentrer. Janvier était le mois le plus froid, et elle allait certainement ne plus en connaître beaucoup des hivers comme celui-ci, alors elle décida d'en profiter. Jusqu'à ce qu'elle ait le bout des doigts glacé, jusqu'à ce que la porte s'ouvre en grand et que Sasori ne lui hurle « La pause est terminé depuis dix minutes, vous êtes en retard. »

Oh.

Il y avait du progrès.

Il faisait des phrases de plus en plus longue.

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« Dans dix ans, promets moi que quoiqu'il arrive et ça même si on sera prisonnière dans une routine monotone mais rassurante, qu'on aura plein d'enfant et des maris ou femmes attentionné.e.s mais chiant.e.s à en mourir, qu'on s'enfuira chaque hiver dans un pays chaud ? Hein ? »

Matsuri n'aimait pas l'hiver et elle le lui rappelait à chaque fois qu'elle en avait l'occasion. Dans ses ces moments-là, Temari s'amusait à lui baisser son bonnet jusqu'au nez et s'enfuyait dans un fou rire, Matsuri à ses trousses.

Elle n'avait toujours pas eu le courage de lui dire que dans dix ans,

elle ne serait certainement plus là.

Alors elle ne lui promit rien du tout.

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« Pourquoi est-ce que si vous détestez autant cet endroit, vous restez ici quand même ? » lui demanda un jour Temari à la pause déjeuner.

Elle croquait dans un cookie au trois chocolat et mâchait lentement, savourant méticuleusement son biscuit.

Sasori leva les yeux de son bol de riz et la fixa d'un air à la fois ennuyé et agacé.

« Parce que j'ai besoin d'argent, » souffla t-il.

Temari écarquilla les yeux et pouffa.

« Hey, ça c'est ma réponse ! »

« C'est la réponse de beaucoup de monde, » fit-il en haussant les épaules.

Elle croqua un autre morceau et lui lança un regard inquisiteur alors qu'il la fixait depuis tout à l'heure.

« Vous ne mangez que des desserts, » observa t-il ahuri.

« J'aime pas le salé, » expliqua Temari tout simplement.

Elle esquissa un sourire alors qu'il fronçait de plus en plus les sourcils. Finalement, il était capable d'avoir des expressions autre que l'impassibilité sur son visage. Ça la rassurait un peu, elle avait eu vraiment peur qu'il soit un robot déguisé en humain. Elle avait une peur bleu des cyborgs depuis qu'elle avait vu I,robot.

« Ce n'est pas très sain, » fit-il remarquer et elle se demanda vraiment pourquoi il se donnait la peine d'argumenter.

« Trop tard, j'ai décidé que je ne mangerai que des desserts, jusqu'à mon dernier jour, » elle croqua à nouveau dans son cookie sous le regard médusé de Sasori, « de vie. »

Sasori la dévisagea un moment d'un air blasé, comme si elle débarquait d'une autre planète, il secoua doucement la tête de gauche à droite comme pour se remettre les esprits en place et termina de manger son riz. Temari tourna les pages d'un magasine de mode qui trônait sur ses genoux. Elle avait pris l'habitude de bouquiner des magasines sans même s'en apercevoir. Cependant, les regards en coin qu'il lui lança pendant le reste du repas, et pendant tous les autres repas qu'ils prirent ensemble, elle les remarqua.

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Lee lui tenait les cheveux alors qu'elle vomissait la tête penchée dans la cuvette des toilettes.

« T'inquiète le plus gros est déjà sorti, » la rassure t-il tout en lui passant doucement une main dans le dos.

Temari ne le croyait pas, parce qu'elle avait tellement mal au ventre qu'elle savait qu'il lui restait encore beaucoup d'alcool à évacuer. Encore une fois, elle avait mal évalué sa capacité à tenir l'alcool. Elle s'était laissé prendre au jeu.

« Mmh, » marmonner Gaara accoudé à l'embrasure de la porte, une bière à la main « prochaine fois, bois plus d'eau. »

Temari lança un regard sidéré à son petit frère. Évidement qu'elle savait qu'elle devait boire de l'eau. C'est ce qu'elle avait fait d'ailleurs au tout début de la soirée. Un shoot de vodka. Un verre d'eau. Une bière. Un verre d'eau. Un sex on the beach. Un verre d'eau.

Et puis quelqu'un lui avait filé une bouteille de whisky entre les mains, et elle avait goutté, détesté, puis re-gouté, puis re-détesté, et re-re-gouté, et re-re-re-détesté, et la bouteille s'était retrouvée presque vide.

Elle se laissa tomber sur le carrelage, mais fut vite rattrapé par Lee qui la retint contre son torse. Les paillettes qu'elle avait sur le visage tâchèrent son tee-shirt, mais elle s'en ficha. Elle ferma les yeux et se laissa porter par les bras musclés du petit-ami de son frère.

« Tu crois que c'est sain pour elle, de se mettre dans un état pareil ? Surtout que enfin..tu sais, » entendit-elle d'une oreille.

« Toute façon, qu'est-ce qu'elle à perdre ? » écouta t-elle de l'autre oreille.

Lee fut étrangement silencieux.

Elle était d'accord avec son frère.

Elle n'avait plus rien à perdre.

Alors autant en profiter.

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« C'est vraiment trop la merde ! »

Temari fronça les sourcils alors que Sasori rageait tout en faisant les cents pas dans la librairie. Il se passa tellement les mains dans les cheveux que ses mèches rouges étaient dans tous les sens. Elle lança un regard vers la fenêtre. Dehors le monde était venteux et blanc. Une tempête de neige avait surprise tout le monde et ils avaient pour consigne de rester là où ils étaient sous peine de se faire piéger. Mmmh. Ouep, en effet comme l'avait si bien dit Sasori, c'était vraiment trop la merde.

« Je comprends pas comment vous faites pour rester aussi calme ?! »

« Ben, c'est pas comme si m'énerver ou paniquer aller arranger quoique se soit à la situation, » fit Temari en haussant les épaules et en balançant ses jambes depuis le comptoir où elle était assise. Exhibant par la même occasion ses magnifiques nouvelles converses bleues nuit.

Il s'arrêta soudainement de marcher et la regarda avec attention, les sourcils haussé, le visage étonnement impressionné par sa remarque, pour une fois, censée.

« Pas faux, » expira t-il au bout d'un moment.

« N'empêche que j'ai un peu froid, est-ce qu'on peut augmenter le chauffage ? » demanda t-elle avec espoir.

Il soupira d'un air exténué « Il est déjà poussé à fond. »

Oh. Ça, ça craignait de ouf.

Elle resserra ses bras contre sa poitrine et jeta un coup d'œil à l'heure qu'affichait son téléphone. En temps normal, elle aurait déjà dû être chez elle entrain de siroter une boisson super chaude, des milliers de plaide tout autour d'elle, tout en matant une série HBO.

« On en a pour toute la nuit, » grinça t-il entre ses dents et en disparaissant dans l'arrière boutique.

Elle entendit un bruit de carton atterrir lourdement sur le sol. Puis un autre, et encore un autre. Elle tourna le cou autant qu'elle le put pour voir ce qu'il fabriquait. Mais de là où elle se situait, elle ne voyait absolument rien du tout. Curieuse, elle sauta d'un bond souple sur le sol, et alla voir ce qu'il faisait.

A quatre patte, il tirait des cartons coincés sous des meubles, les éventraient sans scrupule et les refermaient aussi sec d'un air dépité. Visiblement, il ne trouvait pas ce qu'il semblait chercher.

« Qu'est-ce que vous faites ? » finit-elle par demander bouillonnante de curiosité.

Il ne répondit pas et continuait de s'affairer sans lui porter aucune once d'attention. Son ignorance ne plut pas à Temari, qui décida de venir s'asseoir sur le carton qu'il venait tout juste de tirer vers lui.

« Mais, qu'est-ce que vous faites ? » demandé t-il effaré.

« Ben, j'essaye d'attirer votre attention, » fit-elle en faisant la moue « c'est pas évident. »

Elle prit plaisir à lire les divers émotions qui s'affichaient sur son visage. La surprise, la colère, et un truc bizarre qu'elle ne sut pas nommer.

« Vous êtes impossible, levez-vous ! »

« Pourquoi ? »

« On va devoir passer la nuit ici, j'essaye de trouver de quoi rendre cette nuit confortable, c'est tout, » avoua t-il finalement « donc si vous voulez bien... » et il fit un geste de la main, comme s'il balayait une poussière imaginaire.

« Qu'est-ce que vous chercher dans ces cartons ? »

« Des couvertures, des sacs de couchages, n'importe quoi ferait l'affaire pour dormir, » dit-il sans la regarder.

« Et vous allez trouver tout ça ici ? »

« Ma grand-mère est dingue de randonnée, de campement, de voyage, je sais qu'elle stocke toujours des affaires ici, au cas où l'envie soudaine de fermer la boutique lui prendrai pour aller à l'aventure, » raconta t-il tout en ouvrant un carton qui était remplie à rabord.

Temari s'assit en tailleur et l'observa faire. Au bout d'un moment, Sasori mit la main sur trois sacs de couchage, une couverture, des bocaux en verre, des cartes de tarots, et...

« Quoi ? Et quoi ? » demanda t-elle alors qu'il cachait ce qu'il venait tout juste de trouver dans le fond du carton.

Il avait les joues si rouge qu'elle crut qu'il allait se transformer en tomate d'une minute à l'autre. Elle se releva un peu pour pouvoir mieux regarder et ses lèvres s'étirèrent doucement.

« Eh ben, elle sait s'amuser votre grand-mère, » constata t-elle tout en opinant de la tête.

« Je préfère même pas y penser, » dit-il en refermant vivement le carton.

« Ben tant qu'elle se protège, » fit Temari en haussant les épaules.

Elle sursauta quand elle sentit l'un des doigts de Sasori se poser sur ses lèvres. Il avait les doigts étonnement chaud. Comme des petits churros.

« Pas de commentaire, plus rien à propos de ma grand-mère, d'accord. »

Elle acquiesça et il retira son doigt. Puis il commença à arranger les sacs de couchage et les couvertures, créant de rien du tout, un petit lit. Une fois qu'il eut terminé, il afficha un sourire satisfait et se leva pour mieux apprécier son travail d'un point de vue plus haut. Temari leva la main et tira sur le pan de son pantalon. Il croisa son regard.

« Que les choses soient bien claires, je ne coucherai pas avec vous ! »

« Pardon ?! »

« Oui, vous avez bien entendu, il en est hors de question, premièrement parce que ça fait super cliché et je suis ne suis pas une romance de fanfiction, » renifla Temari « et deuxièmes il fait trop froid pour que je dévêtisse mes parties génitales ! »

Sa bouche était tellement ouverte qu'on aurait dit qu'il avait la mâchoire disloquée. Elle s'installa confortablement sur leur petit lit de fortune et le regarda attentivement avant d'exploser de rire.

« Je plaisantais, enfin, vous ne pensez tout de même pas que j'étais sérieuse ! »

Il resta silencieux, la mâchoire crispée. Elle sentait qu'elle était entrain de le rendre dingue. Il détourna le regard et éteint finalement la lumière. Il se plaça à coté d'elle, et s'allongea en prenant bien soin de ne pas la toucher. Elle leva les yeux au ciel, et se pelotonna tout contre lui.

« Qu..Qu'est-ce que vous faites ? »

« Je pense qu'on aurait plus chaud de cette manière là, c'est tout. »

Elle l'entendit soupirer, mais il ne fit aucune objection. Elle le sentit même se détendre au fur et à mesure.

« T'es chiante. »

« Oh, on est passé au tutoiement maintenant, » minauda t-elle amusée.

« Au point où on en est, » grommela Sasori tout en se passant une main derrière la nuque, pour mieux reposer sa tête.

Elle ferma les yeux et s'installa un peu plus confortablement contre lui. Il dégageait une chaleur si agréable, elle avait l'impression de retourner en enfance dans son village natale. Suna se situait dans la région la plus chaude du Japon, cela faisait des années qu'elle n'y était pas retournée.

« Tu devrais proposer ton odeur corporel à Lancôme, je suis sûre qu'ils en vendraient des tonnes de flacon. »

« Q..quoi ? »

Temari gloussa. Elle avait trouvé un nouveau jeu, mettre Sasori le plus mal à l'aise possible. C'était si drôle.

« Je trouve que tu sens bon, c'est tout. »

Les joues de Sasori s'empourprèrent imperceptiblement et il détourna le regard, préférant fixer le plafond. Elle gloussa de plus belle.

« J'ai une faveur à te demander, » susurra t-elle dans le creux de son oreille.

« Dis toujours, » souffla celui-ci en mettant un point d'honneur à ne pas la regarder dans les yeux.

« J'aimerai travailler à temps plein. »

« Oh, hum, ça peut se faire, » dit-il « je pensais que t'étais étudiante et que t'aurais pas le temps. »

« J'arrête la fac, » expliqua t-elle « j'en vois plus l'intérêt, je préfère me faire de l'argent pour m'acheter tout ce que je veux. »

Sasori resta silencieux un moment. « Je peux comprendre. »

« Et puis comme ça on pourra passer encore plus de temps ensemble! »

Elle ne pouvait pas voir l'expression de son visage mais l'imagina rouler bien fort des yeux. Elle rigola doucement, et décida qu'elle l'avait assez embêté pour aujourd'hui.

Quand elle se réveilla le lendemain, il avait ses bras tout autour d'elle, et elle pouvait sentir son front contre son omoplate. Elle se dégagea doucement de l'étreinte pour pouvoir se mettre en position, sauf qu'elle eut à peine le temps de relever son dos, qu'elle se retrouva tirer vers l'arrière.

« Tu restes, j'ai froid. »

Elle cligna des yeux. Il la serrait tout contre lui. Elle gigota pour pouvoir lui faire face et s'attisa de sa part un regard noir.

« Bonjour patron, » souffla t-elle en souriant.

Il ferma les paupières, le visage crispé. Visiblement, il ne la trouvait pas drôle au réveil. Alors comme ça, il n'était pas du matin, dommage.

« Est-ce que cela fait partie de ses nuits où au réveil, on fait comme s'il ne s'était rien passé et on oublie tout ? »

Il ouvrit de nouveau les paupières.

« Il ne s'est rien passé, » appuya t-il.

« On vient de passer la nuit ensemble, » insista Temari « visiblement si, il s'est passé quelque chose, jamais je n'oublierai ce moment d'intimité ! »

Il fronçait les sourcils si fort, que son air grognon fit rire Temari. Elle ria, encore et encore, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'elle se moquait encore de lui. Son visage s'adoucit et il se réinstalla confortablement, le bras toujours autour de la taille de la jeune femme.

« Tu ris tout le temps, » fit-il le constat au bout d'un moment.

« Mmh, ça te déplais ? »

Elle observa son visage avec attention et ne put s'empêcher de frissonner lorsqu'elle sentit l'une de ces mains se glisser sous son pull pour capturer la chaleur de sa peau. Épiderme contre épiderme.

« Non, j'aime bien. »

Uh.

Oh.

.

.

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A partir de ce jour là, tout changea.

.

.

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« Temari, tu me fais peur ! »

Matsuri figée comme une statue, fixait son amie perchée sur le rebord du toit de l'immeuble. Celle-ci avait eu la brillante idée de vouloir prendre en photo la ville recouverte de neige. C'était si rare, c'était un phénomène à immortaliser. Tu peux comprendre, ça non ? La beauté surréelle d'un instant éphémère.

« Descends, je t'en prie, » lui implora t-elle « tu peux très bien prendre une photo d'où je suis ! »

« Nope, ça n'aurait rien à voir ! » la contredit Temari.

Elle se mit sur la pointe des pieds. Matsuri plaqua ses mains sur ses yeux totalement mortifiée. De son coté Temari jubilait. Ça y'est, dans son téléphone la photo ressemblait exactement comme le voulait. C'était Par – fait.

Matsuri décolla un doigt de ses paupières, ouvrit un œil. Temari était descendue de son perchoir. Elle souffla si fort qu'une buée blanche se forma tout autour de ses lèvres.

« Pitié ne refais plus jamais ça ! J'ai pas envie de te perdre d'une manière aussi puéril ! »

Temari releva les yeux de son téléphone et plongea son regard dans celui de son amie.

« A ce propos Matsuri, il faut... » elle s'humecta les lèvres et rangea son téléphone dans la poche de son manteau « ...que je te dise quelque chose d'important. »

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.

.

Deux mois, deux mois qu'ils travaillaient tous les deux, cinq jours par semaine. Chiyo n'était pas revenu de ses vacances, elle se trouvait maintenant au Quebec, et alimentait régulièrement son compte Instagram.

Cette femme était géniale. Elle avait Inta ! Toute personne ayant Instagram aux yeux de Temari était digne du plus grand intérêt.

Temari esquissait un sourire tout en faisant défiler les photos de sa patronne, qui au final, n'avait jamais vraiment fait son rôle de cheffe.

« Elle s'éclate, on dirait, » fit Sasori qui s'était penché vers elle, pour regarder son téléphone.

Elle tourna la tête et constata que leur visage étaient un peu trop prêt. Il le remarqua et s'éloigna.

« Ouais, elle s'éclate à mort, » approuva Temari tout en lui lançant un regard en coin. Il faisait mine de vérifier les bons de commande d'une livraison.

Il était plus doux avec elle, dans ses regards, dans sa façon de lui parler. Elle détestait l'admettre, mais ça lui plaisait. Elle aimait ce nouveau Sasori. Bien qu'elle savait qu'elle ne devrait pas. Bientôt, bientôt, elle le sentait, elle allait devoir partir, démissionner. Elle ne voulait surtout pas qu'il s'attache à elle, et puis, pour être honnête, elle se surprenait de plus en plus à penser à lui à des moments totalement randoms, quand elle faisait la vaisselle, ou qu'elle attendait le bus ou quand elle se brossait les dents.

Ça commençait à dégénérer dans sa tête.

« Tu fais quelque chose ce soir ? »

Elle fut surprise qu'il lui pose cette question. Vraiment.

« Voyons voir, » dit-elle en faisant mine de réfléchir « Manger et dormir, je crois? »

« Du coup t'es libre ? » fit-il en esquissant un sourire en coin.

Temari ferma les yeux. Merde, merde, merde. Il s'était approché de nouveau et lui avait effleuré l'épaule. Volontairement.

« J'ai..euh, je me disais qu'on pourrait... »

« Je vais mourir, » le coupa t-elle.

Il cligna des paupières et fronça les sourcils. Temari avala difficilement sa salive et recula d'un pas.

« Je suis malade, il me reste un an, max deux. »

Sasori écarquilla les yeux « Tu déconnes. »

« J'aurai bien aimé. »

Puis elle ria aux éclats « Ca va, fais pas cette tête, je l'ai bien pris, tu sais. »

Elle détourna le regard, parce qu'elle avait vraiment horreur qu'on la regarde comme si elle allait disparaître à tout moment.

Elle était encore vivante, ça va, soufflez les gens. Vous pleurerez quand elle sera morte. Pour l'instant autant en rire.

Ouais, franchement, autant en rire.