Bonjour à tous !

Merci à tous pour vos commentaires, vous êtes les meilleurs (en plus vous me donner de l'énergie pour écrire, c'est cool ça :p) !

Je vous souhaite une bonne lecture !

PS: MHA et ses personnages ne m'appartiennent en aucun cas.


Chapitre 9 : Fugitif


- Il le fallait, il le fallait, il le fallait…

Deku ne pouvait s'empêcher de se répéter à lui-même encore et encore ses mots emplis de sens et de douleur personnelle alors qu'il dévalait à vive allure la colline où surplombait l'académie Yuei. Ses pas étaient rapides et silencieux, mais lourds du poids de sa culpabilité. Machinalement, il cherchait à éviter d'attirer l'attention des riverains et de qui que ce soit qui pourrait lui porter préjudice, comme un prisonnier en fuite, comme un fugitif filant à travers les lumières troubles de la ville.

Les larmes coulaient à flot de ses iris émeraude, la tristesse de la perte d'un être cher le touchant plus profondément qu'il ne l'aurait souhaité.

Son bras droit étant la marque de son action, il ne pouvait s'empêcher de le fixer. Il était engourdi et inutilisable, il venait d'utiliser son pouvoir au maximum. Il avait mal, mais la douleur n'était rien à côté de sa souffrance psychique.

Il n'oubliera jamais le regard de Katsuki, ce regard déchirant alors qu'il lui donnait le coup fatal. Il avait eu envie de le faire souffrir, de lui faire subir milles tourments. Il avait eu envie de le tuer, aussi froidement qu'il venait de le faire.

Et pourtant, ce sentiment de haine pure, cet acte de grande cruauté ne lui procurait pas la délivrance si douce qu'il souhaitait. La colère le guidait toujours, elle était insatiable et demandait encore plus, toujours plus. Elle prenait même le pas sur sa culpabilité, une culpabilité qui se reflétait de moins en moins à mesure que ses larmes ne s'estompaient de plus en plus.

Finalement, il n'en pouvait plus de contenir tout en lui. C'était impossible à gérer, c'était trop difficile.

Il serra son poing gauche de toutes ses forces avant de hurler avec toute la rage qu'il disposait encore en lui, dans une tentative futile de faire disparaître ce sentiment d'inachevé.

- AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! s'époumona-t-il tandis que sa voix stridente résonnait encore et encore autour de lui, finissant par s'étouffer dans le lointain du centre-ville de Musutafu.

Comme prévu, cela n'avait rien changé. Il bouillonnait toujours autant à l'intérieur. Il passa longuement son bras gauche devant ses yeux pour essuyer les quelques gouttes humides qui y résidaient encore afin d'avoir une vision plus claire dans cette pénombre dominée par une nuit sans lune.

Comment faire disparaître une telle colère ? Telle était la question que Deku se posait.

C'est alors que plusieurs sirènes se firent entendre, se rapprochant de sa position actuelle sur le bord de la route. Par réflexe, Deku se camoufla dans une ruelle sombre sur sa gauche en attendant que les véhicules ne passent finalement à toute allure pour se diriger vers Yuei.

- Des ambulances…, se murmura-t-il à lui-même en passant sa main gauche dans ses cheveux bouclés.

Il savait ce que cela signifiait et pourtant il ne ressentait rien. Son monde venait de s'écrouler cette nuit et cela ne le perturbait pas le moins du monde. Sa vie avait été un mensonge, ses espoirs avaient été fourvoyés, sa confiance dans le système des héros avait été ébranlée.

Alors que faire ? Il n'avait nulle part où aller et il ne souhaitait pas rentrer chez lui, il ne voulait pas mettre sa mère dans une situation délicate. Non, Il n'y avait qu'une seule personne capable de le comprendre, une seule personne qui l'avait averti de ce qui se produirait : Shigaraki Tomura.

L'héritier d'All Might n'avait pas pour objectif de rejoindre l'alliance des vilains, bien loin de là. Et pourtant, il devait bien reconnaître que Tomura avait l'esprit bien plus éclairé que ce qu'il pensait depuis tout ce temps. Il méritait son attention… pour l'instant du moins.

Sans l'ombre d'une hésitation, Deku se rua à nouveau à travers les sentiers déserts de la ville avec en tête un nouvel objectif bien précis : trouver le chef de l'alliance des vilains, coûte que coûte.


Shoto le savait. Deku n'était pas dans son état normal, quelque chose ou plutôt quelqu'un était en train de le manipuler. Il ne savait pas réellement pourquoi, mais il en était sûr et certain. Il avait comme une intuition, une petite voix en lui qui lui disait que l'homme qu'il connaissait depuis maintenant très longtemps ne pourrait réagir ainsi. C'était impossible et contraire à tout ce qu'il croyait, à tout ce qu'il chérissait.

Et pourtant, il était tout de même difficile pour Shoto de ne pas ressentir de la colère à son égard en sachant qu'il venait de mortellement toucher son rival. Il tentait de faire abstraction de tout ce qu'il pouvait ressentir envers lui, que ce soit de la colère ou de l'empathie, afin d'avoir un jugement sur lui qui soit le plus juste possible.

C'était pour cela que, dans le feu de l'action tout à l'heure, il avait décidé de le suivre alors qu'il s'enfuyait. Malheureusement, alors que son attention était tournée vers le corps sans vie de Katsuki, Shoto avait perdu le contact visuel qu'il avait sur l'héritier d'All Might.

Cela faisait maintenant plusieurs minutes que le jeune aux pouvoirs de feu et de glace le recherchait dans la ville, sans succès jusqu'à présent. Son téléphone portable sonnait à plusieurs reprises mais il ne s'en souciait pas, ses pensées étaient toutes centrées sur une seule et même personne : Izuku Midoriya.

Il fallait qu'il le retrouve avant qu'il ne cause encore plus de mal. Il fallait qu'il le retrouve avant que des personnes malintentionnées ne cherchent à le corrompre davantage. Il fallait qu'il le retrouve afin de comprendre ce qui se tramait derrière tout ça.

Bien qu'on puisse penser le contraire, Shoto éprouvait une grande affection pour Deku. Depuis tout ce temps, il avait toujours été là pour lui, pour le soutenir face à son père comme pour l'aider à progresser et à devenir un meilleur héros. Il avait une dette d'honneur envers lui, et il comptait bien lui rendre la pareille en le sauvant de lui-même.

Et puis… même s'il ne l'avouerait jamais, les touchers que Deku avait pu avoir sur lui dans les vestiaires avaient réveillé quelque chose en lui, quelque chose qu'il n'avait jamais ressenti auparavant. C'était très troublant pour lui, l'inconnu n'étant pas sa tasse de thé.

Le vent doux de la nuit ramena le jeune homme à la réalité alors qu'il traversa une allée qu'il reconnaissait étrangement alors qu'il n'était jamais venu auparavant. C'était là où se trouvait la demeure des Midoriya, Izuku lui avait montré une fois une photo de son immeuble.

Il prit un moment pour observer le grand immeuble qui se trouvait devant lui. Il semblait usé par le temps, la peinture s'effritant par endroits tandis que certaines palissades appartenant aux locataires des lieux étaient clairement délabrées.

Les lumières de rues vacillaient de façon constante, donnant un certain sentiment d'insécurité et de pauvreté. Un territoire abandonné par la ville, un territoire qui avait été depuis sa tendre enfance le lieu de vie d'Izuku.

'Il est peut-être allé chez lui ?' se demanda Shoto en avançant avec prudence et discrétion jusqu'à l'entrée de l'appartement.

Au moment où il s'apprêtait à empoigner la porte d'entrée de l'immeuble, son téléphone sonna à nouveau. Agacé par sa sonnerie et soucieux de rester discret, il observa qui était en train de l'appeler. Il ne fut pas surpris de voir que c'était son professeur et qu'il lui avait laissé une bonne dizaine de message téléphonique. Il y en avait pas mal de ses camarades aussi, de Momo, de Denki et même d'Eijiro. En y pensant, le pauvre semblait anéanti juste avant que Shoto ne parte de la scène de crime.

'J'espère qu'il tient le coup…' songea-t-il brièvement, les yeux toujours rivés sur son téléphone portable.

Il n'attendit pas plus longtemps, il répondit à l'appel.

- Professeur…, commença-t-il sur un ton plutôt neutre en restant immobile devant l'entrée de l'appartement.

- Todoroki ?! Qu'est-ce qui te passe par la tête de partir de l'enceinte de l'école en pleine nuit ?! Où es-tu ?! lui hurla presque son professeur dans les oreilles, avec une pointe de préoccupation dans sa voix.

- Je suis à la recherche d'Izuku, il est parti quelque part dans la ville et je compte bien le retrouver !

La voix de Shoto était assurée et emplie de détermination. Pas question de lâcher l'affaire, il allait retrouver son ami et camarade de classe pour le ramener bien comme il faut à Yuei !

- C'est hors de question ! Tu ne saisis pas bien dans quel pétrin tu es en train de te fourrer. Ce qui s'est passé avec Midoriya est tragique, certes, mais je ne peux pas te laisser te mettre en danger pour le retrouver. Il faut laisser cette mission pour les héros professionnelles.

Quelque chose fit déclic à l'intérieur du fils d'Endeavor en écoutant les propos de son professeur.

- Une mission ?! Izuku est une mission pour vous ?! Vous n'étiez même pas là quand ça s'est passé alors comment osez-vous me dire de l'abandonner ! Je sais qui il est et la personne qui a agi ce soir n'était pas Izuku ! Quelqu'un se sert de lui !

Le jeune homme n'avait pas pour habitude de s'emporter de cette façon, pourtant cela le rendait malade d'entendre son propre professeur parler de son camarade comme s'il était déjà peine perdue. Il y avait encore de l'espoir, il en était convaincu.

- Tu sais très bien que ce n'est pas ce que j'ai voulu dire… Moi aussi j'ai envie de sauver Midoriya, mais la réalité c'est que personne ne sait où il est allé, ni ce qu'il fait actuellement. Il faut qu'on établisse une stratégie et un plan pour pouvoir nous assurer de le ramener indemne à Yuei.

Aizawa n'avait pas tout à fait tort. Shoto se trouvait devant l'appartement d'Izuku, mais aucune idée de savoir s'il est vraiment passé par ici. La vérité était que le jeune aux pouvoirs bipolaires s'en voulait particulièrement pour la tournure des évènements d'un peu plus tôt. Il s'était fâché avec Izuku et cela n'avait dû qu'engranger son sentiment de rejet. C'était de sa faute si Izuku était parti, c'était de sa faute si Katsuki avait trépassé, tout était de sa faute.

- Je suis devant l'immeuble des Midoriya, je pensais qu'Izuku aurait pu venir chez lui mais finalement, je ne suis plus si sûr de ça…

Shota nota le changement de ton de son élève. Il venait enfin de prendre conscience que cela ne mènerait à rien d'y aller seul en pleine nuit.

Pourtant, il devait bien admettre que l'idée de Shoto n'était pas si mauvaise que cela. S'il y avait bien un endroit où il aurait pu se réfugier, c'était bien chez lui !

- Ne bouge pas de ta position, je te rejoins immédiatement, lui répondit-il sérieusement avant de couper l'appel téléphonique.

Par chance, il n'était pas très loin de chez les Midoriya. Le super héros des bas-fonds se rua de toits en toits sous le clair de lune qui venait d'enfin faire son apparition dans le ciel nuageux.

Shoto, quant à lui, se posa sur les marches devant l'immeuble en attendant avec impatience l'arrivée de son professeur. Le regard dans le lointain, Izuku était le centre de ses préoccupations.


À suivre dans le prochain chapitre...


J'espère que le chapitre vous aura plut !

À la prochaine pour le Chapitre 10: L'affrontement.