Edit du 07/06/2020: Je n'aurais pas pensé que terminer cette fic, comme je l'avais promis, impliquerait une réécriture. Pourtant, plus j'y réfléchissais, plus cela s'est imposé comme la meilleure solution.

Tout d'abord parce que cette fanfic est la toute première fic à chapitre dans laquelle je me suis lancée, et comme toute première fanfic d'un auteur, elle comporte un certain nombre de choses qui ne me plaisent plus et que je vais profiter pour changer.

Et ensuite parce que passer tout le texte à la 3e personne permet d'installer un peu plus de distance, ce qui permet une reprise de l'écriture beaucoup plus simple si je la laisse de côté quelques semaines. Et donc, j'ai plus de chance d'arriver à terme de cette histoire.

Il n'y aura pas de changements majeurs, le fond de l'histoire et les personnages resterons les mêmes, mais j'espère pouvoir vous proposer une version un peu améliorée (et surtout réussir à la finir!)

Pour la petite histoire, cette fanfiction est née d'un jeu sur un forum (''continue la phrase'' pour ceux qui connaissent ), je n'ai donc pas de mérite pour le début de l'histoire même si je l'ai approfondie ainsi que les personnages par la suite. Je tiens donc à remercier Flamme, Tris, ThéoAddict, patoche23, Marieamelie, QueenyDoll, Eowyn, Anaïs Eaton, Princess of Love, Angie, Liliie sans qui cette fanfic n'aurait jamais vu le jour !

Pour expliquer un peu mieux le contexte, l'histoire commence 1 an/ 1 an et demi environ avant la trilogie sur Tris. Elle va suivre son propre déroulement puis à partir de l'attaque des altruistes va se dérouler en parallèle de l'histoire de Tris. Il n'y aura pas vraiment de changements dans les événements qui vont arriver, justes quelques petites modifications par-ci par-là pour pouvoir caser les nouveaux personnages. Je ne toucherai pas au couple Tris/Tobias et la fin aussi restera la même.

Bien évidement l'univers de Divergente et les personnages crées par Véronica Roth ne m'appartiennent pas.


Chapitre 1

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Elle ouvrit les yeux dans son lit, le soleil l'éblouissant à travers les stores. Aujourd'hui était un grand jour : celui du choix. À cette pensée, son estomac se noua. Cet après-midi, elle allait devoir prendre la décision la plus importante de toute sa vie.

La seule certitude qu'elle avait pu tirer de son test d'aptitude, c'était qu'elle ne pouvait pas rester dans sa faction. Tromper sa famille et ses amis tous les jours devenait trop difficile, malgré tout cela lui coûtait de décider de les quitter. Ils avaient toujours été là pour elle, pour l'encourager, la soutenir, l'aimer... Mais elle ne pouvait pas penser qu'à eux, elle devait faire un choix qui lui convenait. Se montrer égoïste pour s'assurer un avenir où elle pourrait être elle-même. Il le fallait.

Une question continuait de la tracasser : partir oui, mais pour quelle faction ?

Les Altruistes ? C'était cuit, elle pensait bien trop à elle selon leurs critères. Audacieux ? Il aurait fallu qu'elle se trouve courageuse pour cela, et escalader des immeubles et sauter des trains en marche, non merci.

Renonçant à y réfléchir davantage, elle décida de se lever et d'enfiler une tenue noir et blanc, si caractéristique de la mentalité des Sincères. Après tout, il lui restait encore quelques heures de répit. Son regard divagua et atterrit sur le grand miroir dans un coin de sa chambre. Elle toisa son reflet avec interrogation. Elle portait une blouse blanche toute simple, avec son pantalon noir favoris. Ses cheveux bruns-roux flottaient sur ses épaules, contrastant avec l'absence de couleur de ses vêtements.

Elle avait déjà éliminé trois factions, alors elle s'imagina endossant le bleu des Érudits ou le rouge des Fraternels. Au point où elle en était, toutes les techniques étaient bonnes à prendre pour ses décider.

- Eva, dépêche-toi ! On va être en retard à la cérémonie, lui cria sa mère de l'autre bout de l'appartement.

- Mieux vaut être en retard que se retrouver sans-faction, rétorqua la jeune fille à voix basse.

Sur ces paroles, elle jeta un dernier regard à sa chambre avant de se diriger vers la porte. C'était la dernière fois qu'elle la franchissait.

- J'arrive tout de suite ! articula finalement Eva d'une voix tendue à l'adresse de sa mère.

Quand elle s'assit à table, Eva ne put s'empêcher de jeter des coups d'œils furtifs à ses parents. Elle s'avait qu'ils redoutaient qu'elle parte, et elle se sentait honteuse sachant ce qu'elle s'apprêtait à faire. Viendraient-ils quand même la voir si elle quittait la faction ? Ou bien, elle les aurait tellement déçu qu'ils ne voudraient plus jamais entendre parler d'elle ? Est-ce qu'au moins ils lui pardonneraient un jour ? Ces questions n'arrêtaient pas de se bousculer dans son esprit.

Qu'ils te pardonnent ou pas, c'est ton choix, lui murmura une voix dans sa tête. Elle avait beau essayer de se convaincre de toutes les façons possibles, elle n'avala pas une seule bouchée de son petit-déjeuner. Ses parents essayaient de faire la conversation pour meubler le silence, sans grand succès. Entre la culpabilité de les trahir, et la peur de se retrouver sans-faction si elle ne se décidait pas rapidement, Eva était paralysée. Il lui restait un choix à faire, et vite. Fraternels ou Érudits ?

L'heure de partir arriva, et la famille se mit en route, quittant le Marché des Médisants pour rejoindre l'arrêt de bus. Eva y vit plusieurs têtes connues, des personnes qu'elle fréquentait au lycée, mais le trajet se fit dans un silence de mort. Du moins c'est l'impression qu'elle en eu. Parfois, elle jetait un regard à ses parents, et ils se souriaient. C'était peut-être la dernière fois qu'elle les voyait, elle pouvait bien faire ça pour eux.

Quelques murmures percèrent quand ils arrivèrent à la Ruche, des au revoir surtout. Seuls les Fraternels semblaient heureux, affichant comme d'habitude un air insouciant, comme s'ils n'avaient jamais de problèmes. Eva trouvait cela parfois agaçant, mais songea qu'elle devrait arrêter de les juger de la sorte. Ils seraient peut-être de la même faction tout à l'heure.
Enfin, ils arrivèrent dans le hall d'entrée de l'immense immeuble. Eva laissa ses parents se perdre dans la foule devant les ascenseurs, et s'enfonça plus loin dans le bâtiment. Elle ne pouvait pas prendre cette décision sur un coup de tête, et la cérémonie n'avait pas encore commencé, elle avait encore le temps de s'isoler un moment.

La jeune Sincère arpenta les couloirs jusqu'à trouver les toilettes. Le carrelage y était défraîchi, et les portes taguées d'innombrables messages, mais au moins ici elle pouvait réfléchir seule. Elle s'adossa contre le carrelage froid, faisant son possible pour se décider, mais la seule chose dont elle était capable était de fixer le plafond pendant de longues minutes, en attendant désespérément un signe.

Soudain, des acclamations retentirent, et le cœur d'Eva bondit dans sa poitrine : la cérémonie allait commencer. « Non, j'ai encore besoin de temps ! » paniqua-t-elle.

Elle sortit en grimaçant, se pressant vers les ascenseurs.
Il était l'heure.

Eva entra dans la salle juste avant que l'on ne referme les portes, et se faufila jusqu'aux autres novices. Elle les observa tous à tour de rôle, se demandant si elle était la seule à être aussi incertaine. Elle avait eu tant d'années pour y réfléchir, ou elle n'avait fait que remettre à plus tard cette réflexion. À chaque fois elle avait pensé qu'il lui restait encore du temps pour se décider, et maintenant, il ne lui restait que quelques minutes.

Johanna Reyes, le leader des Fraternels fini son discours avec un grand sourire, et commença à appeler les novices. Eva l'avait déjà vu quelques fois, mais toujours de loin. Elle aurait pu faire peur avec sa grande cicatrice en travers du visage, mais Eva avait toujours entendu dire qu'elle faisait son possible pour mettre les autres à l'aise. De la sorte, elle imposait une sorte de respect naturel.

La jeune Sincère arrêta de divaguer, pesant le pour et le contre de chaque faction dans sa tête. D'un côté les Fraternels, aimants, paisibles, gentils, peut-être même un peu trop. Mais ce genre de changement ne lui ferait pas de mal, songea-t-elle. D'un autre côté les Érudits, curieux, mystérieux, toujours à vouloir comprendre le fonctionnement de ce qui les entoure, mais vaniteux.
Eva continua de gigoter sur sa chaise, ce qui agaça sa voisine. C'était Anna, l'une de ses amies et une Sincères pure souche. Eva n'avait aucun doute quant à la faction que son amie allait choisir aujourd'hui.
Elle au moins, elle sait quoi faire, pensa-t-elle avec une pointe de jalousie.

La liste des noms s'égrena à la vitesse du vent. Plus qu'une dizaine personnes, non plus que deux. Ce n'était pas possible, le temps ne pouvait pas filer aussi rapidement, elle n'était pas encore prête. Puis le nom de Eva Gray résonna dans la salle, et elle se crispa. Elle s'avança avec précaution jusqu'au centre de la pièce, lançant un dernier regard à ses parents et à Anna.
Elle s'installa devant les cinq coupes et les fixa à tour de rôle, toujours incapable de se décider. Fraternels? Érudits? Fraternels? Érudits? Elle repassait en vitesse dans son esprit les avantages et les désavantages de chaque faction. Elle était consciente que toute la salle la fixait, attendant impatiemment sa décision. Cela n'avait pour effet que d'accélérer les battements de son coeur et de resserrer le noeud dans son ventre. Des bouffées de chaleur avaient même commencé à apparaître pour compléter le tableau de ce stress intense.
Dans sa main droite, la lame du couteau semblait la narguer, lui rappelant que, quoi qu'elle fasse, elle ne pourrait jamais revenir en arrière.

Ses yeux passèrent de l'eau claire des Erudits, à la terre sombre des Fraternels. Elle s'était souvent réfugiée dans les livres de classe pour être tranquille, mais l'insouciance des Fraternels pourrait lui faire du bien. Elle n'aurait plus à mentir tous les jours. Les regards de la foule continuaient de la stresser, et elle entendit même Johanna se racler la gorge, signe que cela devenait trop long. Eva sentit à peine la morsure de la lame, ses pensées étaient ailleurs.

Elle devait faire un choix, là! Maintenant!

Elle avait déjà trop attendu. Elle ferma les yeux et lança sa main en avant, laissant son corps décider à la place de son esprit tourmenté.