... Leur histoire ...
Rhadamanthe travaillait dans son bureau comme tous les jours depuis le jour où il reçut son diplôme. Avec ses deux frères, il avait repris depuis quelques mois le cabinet crée par son père.
C'était un jeune homme blond, sportif, bien bâti mais au caractère bien trempé, fier et borné. Trop même.
Minos était différent. Aîné de la fraterie, il était plus sage et reflechit mais aussi plus dur que ses cadets. Sa longue toison argentée et son regard cruel le rendaient reconnaissable partout il allait.
Le troisième de la fratrie, Eaque, était souvent en déplacement pour le compte du cabinet. Il aimait bouger et cela lui convenait très bien.
Attablé à son bureau, Minos attendait patiemment la fin de la journée.
- Bon sang ... Cette maudite journée n 'en finit pas, dit Minos en s' étirant longuement.
Puis il se tourna vers son jeune frère, Rhadamanthe, qui était une nouvelle fois plongé dans ses pensées.
- Un sou pour tes pensées petit frère? Demanda-t-il en posant une tasse de café devant lui.
Rhadamanthe ne releva même pas la tête mais il prit la tasse, plongeant son regard dedans tout en soupirant.
- Devine ...
- Huummm, fit-il en poser son doigt sur sa bouche, voyons voir, je dirais un mètre quatre vingt, dans les soixante dix kilos, de grands yeux ambres, de longs cheveux pâles et une chute de rein ...
- MINOS!
L 'argenté se mit à rire.
- Je plaisante, Rhad, voyons. Et quand vas-tu te décider à lui parler aussi?
- Quand? Bonne question, soupira une nouvelle fois Rhad.
L 'argenté posa sa main sur la tête du jeune homme et les ébouriffa.
- Tu sais Rhad, si tu mettais un peu ta fierté de côté, ça irait beaucoup mieux. Tu ne crois pas?
Pour toute réponse, ce dernier poussa un léger grognement de mécontentement, puis se leva.
- Et lui alors? atténue- il froidement tout en regardant son aîné.
- Lui? Bon sang que tu es borné! Tu penses vraiment que vue la façon dont tu te comporte avec lui, que cela lui donne envie de faire un pas vers toi? Fit remarquer très justement Minos.
Rhadamanthe tourna la tête en direction du bureau où Valentine se tenait habituellement. Bureau vide depuis une semaine car son ami était parti précipitamment, après avoir reçu un courrier.
Le bureau commun des trois juges était entouré de vitrages et pouvait très bien voir les bureaux de Val et de Rune.
A la différence du bureau des juges qui était assez stricte et pompeux, les bureaux de Val et Rune étaient plus simplistes, surtout celui de Val bien que l'on pouvait distinguer des photos personnelles où on le voyait avec sa famille adoptive mais également une photo de lui et Rhad plus jeunes.
- Je...je ne sais pas quoi faire Minos. On s' était engueulé, encore une fois. Oui je sais, ajouta Rhad, tout en levant la main devant son frère pour le faire taire. C' était de ma faute. Il a reçu une lettre juste après notre dispute qu' il m' a donnée avant de partir. Je n' ai même pas pu lui parler ! MERDE ! s'écria Rhad en se passant une main sur le visage.
Le blond tendit la lettre à son frère afin qu' il la lise. La missive annonçait à Valentine que sa mère adoptive était au plus mal et sa famille lui demandait de venir au plus vite.
- Rhadamanthe, murmura l' argenté, tu n' es pas responsable de ce qui se passe dans sa vie privée.
- Quoi ? fit sceptique le blond.
- Tu as très bien compris ce que je voulais dire. Mais tu l' es de ce qu' il se passera ensuite. Qu' est-ce que tu fais encore là ? Ne laisse pas quelqu' un d' autre être là pour lui. C'est à toi de le soutenir, ou bien tu risques de le perdre.
Comme toujours, Rhad se renferma sur lui-même, tout en bougonnant.
- Bon sang Rhad, celle qui s' est occupée de lui étant enfant se meurt. Il est seul. Encore une fois...Va le rejoindre. Je m' occuperai du bureau avec Rune, lui suggéra Minos.
Rhadamanthe n' eut pas le temps de répondre que son téléphone de mit à sonner.
-Valentine ? Répondit surpris Rhad, tout en fronçant légèrement le sourcil.
La seule chose que le blond entendit fut les sanglots de son ami, le faisant devenir blême d un coup.
- Val ? Qu' est- ce qui se passe ? l' interrogea Rhad.
- Je...elle est morte Rhad... elle est morte...
- Je...je suis désolé, reprit le blond qui ne savait pas vraiment quoi dire de plus. Attends moi, j' arrive.
Minos, qui avait suivi un peu la conversation, posa simplement une main sur l' épaule de son frère puis pianota sur son ordinateur.
- Tu as un vol Londres-Nicosie dans deux heures. Dépêche toi ! Je te réserve une place.
Rhadamanthe remercia son frère puis partit chez lui préparer quelques affaires dans un sac. Avoir entendu Valentine pleurer ainsi au téléphone avait chamboulé le blond bien plus qu' il ne l' aurait pensé.
Bien que Valentine était toujours souriant, discret, travailleur, il ne pouvait s' empêcher de le rabaisser aussi bien professionnellement que moralement juste parce qu' il était incapable de lui avouer ses sentiments et sa jalousie prenait parfois de trop grande proportion.
Rhadamanthe appela un taxi pour se rendre à l' aéroport de Londres, grâce à Minos, il ne lui restait plus qu' à récupérer son billet et à embarquer.
Le vol dura quatre heures trente. Une éternité pour Rhad qui se noyait dans ses pensées.
Combien de fois s' étaient- ils disputés tous les deux ces dérniers mois ? Rhad ne les comptait même plus car elles étaient trop nombreuses. Le jeune blond s' en voulait énormémént. Il pourrait le perdre si il continuait ainsi et il en avait grandement conscience.
Quand l' hôtesse annonça enfin l' atterrissage, Rhad ne put empêcher une certaine appréhension l' envahir. Comment gérer cela ? Lui qui est habituellement si froid, si distant, si solitaire, si... stupide.
- Oui complètement stupide, murmura le blond pour lui- même.
Après avoir récupéré son sac, Rhadamanthe appela un taxi et donna l' adresse de Valentine au chauffeur.
Pendant la durée du trajet, il regardait le paysage défiler devant lui. Val lui avait un peu parlé de son île, mais comme toujours il n' avait pas beaucoup porté attention à ce que son ami lui disait.
A cause de cela, le chypriote se renfermait peu à peu. et se murait dans un silence de plus en plus pesant, ce qui agaçait le blond. Cette situation engendrait de plus en plus de disputes entre eux, surtout à l' initiative de Rhad. Val, qui refusait de rentrer dans son jeu, ne tentait même plus de répliquer quoi que ce soit, sachant très bien comment cela finirait. Il souffrait encore plus à chaque disputes mais ne disait plus rien.
Le taxi s' arrêta devant une maison, assez jolie d'ailleurs. Le blond prit son sac et resta immobile quelques minutes devant la porte. Comment Val allait- il réagir ? Comment allait- il réagir lui ? Gros boulet qu' il était niveau compassion. Il fut interrompu dans ses pensées quand la- dite porte s' ouvrit devant lui.
Un homme d' une cinquantaine d' années se trouvait devant lui. Il était assez grand, brun aux cheveux courts, les yeux bleus au regard triste.
- Je peux vous aider ? Demanda l' homme à la voix douce.
- Je..suis navré ...de vous déranger...surtout à un tel moment..., bafouilla le juge. Je m' appelle Rhadamanthe Walden..et...je...
- Oh ! Vous êtes l' ami de Val, dit-il en souriant tristement . Je suis Alexis, le père de Val.
- Je vous présente toutes mes condoléances, Monsieur. Valentine m' a téléphoné et vu son état, je me suis permis...Rhadamanthe bafouillait devant le père de Valentine qui le rassura d' un geste.
- Vous avez très bien fait., dit Alexis en soupirant. Valentine est sur la plage, il a du mal à supporter. Il aimait beaucoup ma femme, ajouta-t' il tendrement.
Comme pour tenter d' éffacer sa douleur, l' homme se passa une main sur le visage et, d' un geste, lui indiqua où se trouvait son fils.
-Je pense que votre présence lui fera le plus grand bien.
Rhadamanthe hocha simplement la tête puis prit la diréction indiquée par Alexis.
Tout en marchant, Rhad distingua la silhouette de Valentine. Ses longs cheveux pâles étaient détachés et légèrement soufflés par le vent. Il était debout et fixait la mer. Il prit quelques secondes pour pouvoir l' observer tout son soul.
Rhadamanthe avança jusqu' à ce que Valentine se retourne, fixant le blond de ses grands yeux ambres, fronçant légèrement les sourcils. Ses larmes se mirent à couler en reconnaissant Rhadamanthe, qui, une fois arrivé devant lui, le prit doucement dans ses bras. Son ami avait fait le déplacement, rien que pour lui.
- Je suis désolé Val, lui murmura- t' il, ne sachant pas trop quoi dire d' autre.
Bien que surpris par la tendresse inhabituelle du blond, Val posa sa tête contre l' épaule de celui ci, passant ses deux bras autour de lui.
- Tu...tu es venu, murmura le jeune homme avant de pleurer contre lui.
Rhad ressera alors son étreinte autour de son ami. Il lui caressa tendrement ses longs cheveux, le laissant pleurer .
Val s' accrochait à lui désespérément. Il avait mal, si mal...
Au bout de quelques minutes, peut-être dù à l' émotion et la fatigue, Rhad sentit le corps de Valentine glisser légèrement le long du sien, sentant ses bras se défaire également.
- Valentine...Valentine..., appela doucement Rhad.
Le jeune homme se retrouva à genoux dans le sable, le corps de son ami dans ses bras. Juste quelques tremblements dû à ses sanglots et une main qui s' accrochait faiblement à la chemise du blond prouvaient qu' il était encore conscient.
Le coeur de Rhadamanthe se serra de le voir ainsi. Il s' asseya sur le sable et le garda serrer contre lui.
Val frissonna légèrement, il était si fatigué. Rhad ôta sa veste et la déposa sur ses épaules.
Val resta un long moment ainsi, juste sa main agrippant toujours la chemise de son ami. Puis, doucement, murmura un merci à l' intention de Rhadamanthe qui ressera plus son étreinte autour de lui.
Le jeune homme finit par se redresser, regardant Rhadamanthe, ce dernier le tenant toujours contre lui.
- On devrait rentrer, tu dois être fatigué par ton vol.
Rhad ne pu s' empêcher de sourire légèrement. Malgrès tout ce qui lui arrivait, Val s' inquiétait encore pour lui.
Ce dernier passa une main sur la joue de Val et lui éssuya les restes de larmes.
- On rentre, lui dit- il doucement.
Il aida Val à se relever et passa un bras autour de ses épaules, ce qui fit rougir Valentine.
Reprenant la diréction de la maison de Val, ce dernier aperçu Alexis qui les attendait dehors.
Rhad lâcha à contre coeur son ami et les laissa tous les deux.
- Je vais rentrer. Ta soeur m' attend et puis...je vois que tu es entre de bonnes mains, sourit légèrement Alexis.
Valentine ne put s' empêcher de rougir à nouveau puis serra son père contre lui.
- Fais attention à toi, puis se sépara de lui.
Alexis ébouriffa les cheveux du jeune homme puis partit vers sa voiture, lui faisant un signe de la main.
Pendant ce temps, Rhad était juste rentré dans le salon et était debout devant une fenêtre, regardant le paysage, perdu une nouvelle fois dans ses pensées.
- Je peux savoir à quoi tu penses ? Entendit- il murmurer à son oreille ce qui le fit sursauter.
- Bon sang, Val. Tu m' as foutu la trouille, bougonna le blond.
- Je sais, sourit Val. C' était fait pour. Un café ?
- Hhummm, je ne vois pas ce qu' il y a de drôle, mais je veux bien.
Val soupira légèrement et va dans la cuisine.
- Je plaisantais Rhad.
Rhad soupira une nouvelle fois et le rejoignit, s'appuyant au plan de travail.
- Je sais. Desolé, j' ai encore mal dormi cette nuit.
Val se retourne et lui tend sa tasse, arquant un sourcil .
- Encore mal dormi ? Ca veut dire que ce n 'est pas la première fois ? Qu-est- ce qui ne va pas ?
- Rien.
- Rhadamanthe, soupira Valentine.
- C' est moi qui suis sensé m' inquieter pour toi et non le contraire, marmonna le blond.
- Ça, c' est un peu trop tard mon cher Rhad.
Relevant d' un coup la tête, Rhadamanthe fixa le jeune homme.
- Comment ça trop tard ?
- Cela fait déjà bien longtemps que c' est le cas tu sais, lui sourit légèrement le jeune homme.
Le jeune blond replongea son regard dans sa tasse rapidement.
- Je..je pense à trop de choses, enfin surtout à une chose.
- Je peux peut- être t' aider ?
Rhad rit doucement.
- Tu ne changeras pas , murmura-t' il.
- Pourquoi dis- tu cela ?
- Tu viens de vivre l' un des pires moments de ta vie et tu es là, à t' inquieter pour moi.
Pour toute réponse, Valentine haussa légèrement les épaules, fixant à son tour sa tasse.
Rhad en profita pour le détailler à nouveau.
Val était un très beau jeune homme. Grand, élancé , des yeux ambres, de long cheveux pâles...
- Tu as fini ton inspection ?
Surpris, le jeune blond rougit violement et detourna la tête .
- De..désolé
- Pourquoi l' être ? Je ne me gène pas moi, lui sourit Valentine.
Se retournant vivement, Rhad cligna plusieurs fois des yeux.
- Comment ça ?
- Tu es un trés bel homme Rhad alors je te regarde. Mais si cela te dérange, je ne le ferais plus.
- Non non, bougonna Rhadamanthe, rougissant toujours.
Val s' approcha de lui et lui passa une main dans les cheveux.
- Encore plus quand tu rougis, puis se reculant, je te laisse ma chambre et la salle d eau est juste là, si tu veux prendre une douche. En attendant, je vais préparer le diner.
Val se retourna, commançant à préparer le repas, laissant un Rhadamanthe rouge pivoine derrièrre lui.
- Je..je vais prendre une douche. Le jeune blond prit son sac et fila dans la salle d' eau.
Val ne peut s' empecher de rire doucement. Il était content qu' il soit venu. Cela l' avait plus que surprit, il faut bien l' avouer. Surtout que Rhad avait encore une fois laisser son caractère s' emporter juste avant son départ et n' avait pas été des plus tendre dans ses propos.
Val soupira à ce souvenir et finit de tout préparer et laissa le repas cuire doucement avant d' aller se placer devant la fenêtre, regardant au loin.
Dix minutes plus tard, Rhad sortit de la douche, encore plus pensif qu' au départ. Déjà qu' il était paumé mais là, il ne savait plus trop quoi penser. Ni quoi faire d' ailleurs.
Soupirant, il enfila un jean et un tee-shirt et va rejoindre Valentine qu' il trouva devant la fenêtre, deux grandes larmes coulaient le long de ses joues.
Doucement le jeune blond s' approcha de lui et passa une main sur sa joue, ce qui fit retourner Valentine qui le fixa puis posa à nouveau sa tête contre l' épaule du jeune blond qui le serra contre lui.
De voir Valentine ainsi était si étrange et lui faisait mal.
Au bout de quelques minutes, Val se redressa, se passant une main sur le visage pour éssuyer ses larmes.
- Désolé, murmura-t' il à nouveau.
- Tu n' as pas à l' être Val.
Rhad passa doucement sa main sur la joue du jeune homme une nouvelle fois.
- Tu as fait le déplacement jusqu' ici , ce n' est pour me voir pleurer constament, murmura le jeune homme.
- De toute façon, ma place est ici, non ? Je ne laisserais à personne le droit de t' éssuyer tes larmes, lui murmura le juge.
Cette fois, ce fut au tour de Val de sentir son coeur se serrer.
- Je ...vais mettre la table. Val se sépara à contre coeur de lui mais c' était préférable.
Rhad le suivit un instant du regard puis va le rejoindre et lui donna un coup de main en silence.
Val posa le plat sur la table et commença à le servir avant de se servir lui-même et de s' assoir face à lui.
Rhad commença à manger.
- Tu es vraiment doué en cuisine Val.
- Merci, j'aime bien et ça occupe mais c'est plus agréable quand je cuisine pour quelqu'un d'autre que moi.
- Moi j' en suis incapable, sourit le jeune blond..
- Ca je le sais, j' ai un vague souvenir d' un repas que tu as éssayé de faire, rit Val.
Rhad ne put s' empecher de rire également.
- C' était ignoble.
Le repas se déroula dans la bonne humeur. Val se sentait un peu mieux, dû à la présence de son ami.
- Merci Rhad. Merci d' être venu, murmura Valentine, un léger sourire triste sur le visage.
- Je te l' ai dit, ma place est ici.
Val repoussa légerement son assiette à peine entamée, se leva et partit chercher le dessert de son ami, lui déposant devant lui et lui murmurant à l'oreille.
- Je n' ai pas oublié.
Le souffle de Valentine sur lui le fit légèrement frissonner puis regardant la coupe devant lui ne pu qu' ésquisser un sourire.
- Oui, je vois ça.
Le jeune blond mangea son dessert avec plaisir, ce qui fit à nouveau sourire son ami.
A la fin du repas, Rhadamanthe étouffa un baillement, ce que Valentine vit de suite .
- Tu devrais aller dormir un peu, se lève et débarrasse la table, je ferais ça demain.
Val va se chercher un oreiller et une couverture pour lui qu' il mit sur le canapé.
- Je pouvais très bien dormir sur le canapé tu sais, lui dit Rhad.
- Tu es mon invité alors non, lui sourit- il.
- Ok, puis s' approchant de Valentine, Rhad l' embrassa sur le front, ce qui fit violement rougir le jeune homme. Bonne nuit Valentine, murmura le blond avant de partir dans la chambre.
Val avait le coeur qui battait la chamade et posa doucement sa main sur son front. C' était bien la première fois qu' il avait de tel geste de tendresse vis-à-vis de lui .
Rhad, lui même, ne se reconnaissait pas. Fermant la porte de la chambre, il se coucha dans le lit de Valentine, attrapant un oreiller et respirant l' odeur qui s' y trouvait. De toute façon, toute la chambre portait son odeur. Inspirant profondément, le jeune blond ferma les yeux et finit par s' endormir ainsi, serrant toujours l' oreiller contre lui.
Val s' était changé et doucement ouvrit la porte de sa chambre et sourit en voyant son ami endormit ainsi.
Il prit une autre couette dans l' armoire et le recouvrit doucement, puis, replaçant légèrement quelques mèches rebelles du blondinet, lui embrassa le front également.
- Comment vais- je faire après tout cela, murmura Valentine. C' était déjà dur avant, mais là...
Se redressant, il ressortit de la chambre, refermant doucement la porte et parti se coucher dans le salon.
Val mit longtemps avant d' arriver à trouver le sommeil. La mort de Sophia en était une grande partie résponsable de ce fait, certe, mais aussi la présence plus que déstabilisante de son ami, lui qui d' habitude se fout de tout. Le voir si prévenant avec lui le troublait au plus haut point. Val cogita longuement sur tout cela et ce n' est qu' à l' aube qu' il réussit enfin a s' endormir.
Rhadamanthe, de son côté, avait assez bien dormit et se leva sans faire de bruit puis s' approcha du canapé où Val dormait. Le tour de ses yeux était rouge. Il avait encore dû pleurer cette nuit. Et vu les cernes noires, il ne devait plus beaucoup dormir non plus.
Passant doucement le dos de sa main sur sa joue, Rhad le regarda quelques instants et repartit vers la cuisine où il fit couler un café. Appuyé contre le plan de travail, il pensait au jeune homme endormi plus loin. La vie n'avait pas été tendre avec lui. Lui non plus en y repensant bien, il n'était pas tendre avec lui ces derniers temps. Rhad soupira longuement, posant sa main sur son visage.
- Bien dormi ? dit une voix douce près de lui.
Rhad sursauta à nouveau.
- Val ! Bon sang !
Valentine lui sourit innocement.
- Oui ?
- Arrête de me foutre la trouille comme ça, bougonna le blond.
- Suis-je si laid que cela pour te faire peur ainsi ? Rit le jeune homme.
- Pfff ne racontes pas de conneries Val, tu n' es pas laid, bien au contraire.
- Merci du compliment, sourit Valentine qui va se faire couler un café. Tu n' es pas mal non plus mais ça je te l' ai déjà dit.
Rhad piqua un nouveau phare.
Val lui remplit également sa tasse et s' assoit sur son plan de travail.
- Que désires-tu faire aujourd' hui ? Lui demande- t' il.
- Tu me fais visiter ?
- Ma petite vie t' interesserait-elle ? Demanda Valentine en plissant ses beaux yeux ambres.
- Bien sûr voyons, marmonna le blond.
- Hmmm, ce n' est pas vraiment l' impréssion que j' avais, mais bon.
- Et bien si. Je ne le montre peut être pas c 'est vrai...
- Tu m' étonnes, ricanna Val.
- C' est ma fête ? grogna le blond.
- Ouais, sourit Val, on peut dire ça, le fixant toujours.
- C'est bon, le blond leva les mains, je m' éxcuse, ça te va ?
- Devant tant de remord et de sincérité je ne peux que te pardonner, rit le jeune homme, mais bon, déscendant de sa place, Val va lui ébouriffer ses mèches blondes, je t' aime comme ça alors tu sais très bien que je ne t' en veux jamais bien longtemps. Aller, je vais prendre ma douche.
Val sortit de la cuisine sous le regard du jeune blond.
- Il..il m' aime..comme ca , bafouilla- t' il.
Valentine, sous la douche, se surprenait tout seul. Il fallait qu' il se calme sinon il ferait fuire Rhadamanthe.
Val sort de la salle d' eau, se séchant les cheveux avec une serviette.
- La place est libre, dit- il au jeune blond toujours dans la cuisine.
- Ok. Rhad sort de la cuisine et va dans la salle d 'eau puis ressort dix bonnes minutes après, passant juste ses doigts dans sa touffe blonde. De toute façon il était inutile de perdre son temps à les coiffer, ils reprendraient leur place après.
Val était entrain de faire couler à nouveau un café, lui tournant le dos.
Rhad, un léger sourire en coin, s' avança doucement derrière lui...
- Pas la peine, je t 'ai entendu, sourit ce dernier.
- Ppppffff, t' as des yeux dans le dos ou quoi ?
- Nan, juste de bonnes oreilles, lui sourit-il en se retournant et lui tend une tasse de café.
- En gros, je peux toujours courir avant d' arriver à te surprendre c' est ça ?
Val plongea son regard dans celui doré du jeune blond.
- Tu n' oses même pas imaginer combien de fois tu y es parvenu depuis hier Rhadamanthe, lui dit- il doucement.
-Hein ? Comment-ça ?
- Rien, laisse tomber, soupira Valentine.
- Valentine...
- Rien je t' ai dit, si tu ne t' en es pas rendu compte, ce n' est pas moi qui vais te le dire. Allez, on y va. J' ai aussi deux trois trucs à acheter pour ce soir.
Val enfila son blouson et attendit Rhadamanthe. Ce dernier soupira et enfila le sien puis passa devant lui , ce dernier refermant la porte.
- Aller, ne fais pas la tête, lui dit Val .
- Hmm, repondit le juge.
Levant les yeux aux ciel , Val monta dans sa voiture et mit le contact, attendant que Rhad s' installe.
- Je t' emmène déjeuner quelque part ou bien veux tu revenir ici ?
- Comme tu veux. Rhad haussa les épaules.
- Ok, soupira Valentine qui prit la route.
Au bout de quelques minutes, Val jeta un coup d' oeil à son passager . Rhad regardait par la vitre et avait les bras croisés sur sa poitrine.
- Tu fais la gueule ? Demanda Val.
- Non
- Ca se voit, marmonna Val.
- Lâche- moi, grogna le blond.
- QUOI ? Val se gara en deux coups de volant et pila d' un coup.
- Non mais t' es dingue ou quoi, cria le blond qui se retourna vers Val mais qui se la ferma tres vite en voyant le visage de celui- ci.
- Que je te lâche ? QUE JE TE LACHE ? Tu te fous pas un peu de moi là ? Valentine fulminait. Qui me prends la tête depuis des mois ? Qui passe ses nerfs à tout bout de champs sur moi ? C' est toi je te signale et c' est à moi de te lâcher ? Tu n' en as pas un peu marre là ? C' est quoi ton problème avec moi ?
Les larmes de Val s' étaient remises à couler.
- Je viens de perdre la seule personne qui a toujours été là pour moi, qui m' écoutait , qui me parlait, et j' éssaye de prendre sur moi car je suis encore assez con pour penser que ma peine pourrais t' affécter. Mais est-ce que seulement quelque chose affecte le grand Rhadamanthe Walden hein ? Et non je te lacherais pas ok ? MERDE !
Rhadamanthe l' écoutait sans piper mot. Entendre Valentine s' emporter ainsi avait de quoi le surprendre, même si cela était tout à fait justifié. Encore une fois, son caractère avait prit le dessus. Alors doucement, il posa sa main sur la joue du jeune homme et lui essuya ses larmes.
- Je sais, je suis borné, stupide et très con et ...je te demande pardon , murmura- t' il.
- Tu me soules, murmura Valentine.
- Je sais, lui sourit le blond.
- Pourquoi es-tu venu Rhad ? Pourquoi ? Murmura Valentine, des sanglots pleins la voix. Je ne supporterais pas une nouvelle engueulade. C' est trop dur. J' en peux plus de tout cela.
Le voyant ainsi, Rhad détacha sa ceinture et celle de Val et malgrés le peu de place, réussi à attraper Val et va le serrer contre lui.
-Je te l' ai déjà dit hier crétin. Ma place est ici, avec toi et avec personnes d'autres.
Val fut surprit une nouvelle fois du geste du blondinet.
- Et après tu te demandes comment tu peux faire pour me surprendre? Murmura- t' il.
Rouge, Rhad comprit enfin ce que Val lui avait dit et va cacher son visage dans le cou de ce dernier, le serrant plus contre lui.
-Hmm, fut sa seule réponse, ce qui fit sourire Valentine malgrès ses larmes qui coulaient toujours.
Après quelques minutes, Rhad lâcha légerement Val, lui essuyant une nouvelle fois le visage.
- C'est moi qui t' invite pour déjeuner, lui dit-il doucement. En effet le blond n' était vraiment pas doué et essayait de se faire pardonner ainsi.
Val se recula et se remit sur son siège et hocha la tête puis remit le contact et reprit la route.
De son côté, Rhad se maudissait. Il agissait comme... comme un con avec Val alors que c' est tout le contraire qu' il voulait faire. Il fixa le jeune homme qui conduisait, détaillant une nouvelle fois son visage où il vit se dessiner un léger sourire.
Il comprit que Val s' était rendu compte qu' il le détaillait à nouveau mais cette fois-ci ne détourna pas le regard et sourit à son tour.
Au bout d' un bon quart-d'heure, ils arrivèrent enfin en ville et se garèrent sur un parking.
- Tu veux venir avec moi ou tu m' attends ici ? J'ai juste deux trois courses à faire pour ce soir.
Rhad grimaça légèrement, ce qui fit sourire val.
- J' en ai pas pour longtemps.
Il sortit de la voiture et se dirigea vers la superette à coté et éffectivement revint très vite.
- Je t' offre un café ? Lui demande-t' il en déposant ses courses dérrière.
- Ca marche. Rhad sortit de la voiture, réajustant son manteau et attendit Val.
Ils entrèrent tous les deux dans un café où le patron salua Valentine en lui faisant un signe de main.
Beaucoup de clients regardaient d' un oeil gourmand Valentine, ce que le blond remarqua directement et instinctivement il se colla légèrement à lui.
Val commanda deux cafés et s' installa avec le jeune blond au fond de la salle, n' ayant pas vraiment fait attention à tout cela puis voyant le regard de Rhad.
- Un soucis ?
- Hein ? Non, pas vraiment.
- Qu' est- ce qu' il y a ? Insista le jeune homme.
- Que tu apprecies à regarder une belle personne est une chose mais que l' on te dévisage comme si tu étais un vulgaire bout de viande cela me met hors de moi, grogna le blond.
Clignant plusieurs fois des yeux, Val se mit a rougir très légèrement.
- Heu... c' est de moi que tu parles là ?
- Oui, de qui d' autre veux- tu que je parle ?
- C' est gentil de dire cela, sourit Valentine. Puis regardant le blond dans les yeux, pourquoi cela te met-il en colère ?...Jaloux ?
Malgrès les rougeurs qui apparurent sur le visage de Rhadamanthe, celui-ci soutint son regard.
- Très même, lui répondit- il.
- Je vois, sourit Val. Je m' en souviendrais. Tu sais peu m' importe le regard des autres... seul le tient compte pour moi, pensa le jeune homme en soupirant légerement.
La patron apporta leurs cafés et parla quelques minutes avec Val qui lui présenta Rhadamanthe puis repartit à son comptoir.
Ils réstèrent dans le café une petite heure, toujours sous le regard de certains clients.
Lorsque Val se leva pour sortir, le blond vint directement se mettre à ses côtés, posant une main sur la taille de celui- ci, ce qui fit se tourner ce dérnier qui le regarda, l' interrogeant du regard.
Doucement le blond le poussa à l' éxtèrieur du bar, sa main toujours sur lui.
Val ne put s' empecher de sourire devant le comportement de Rhadamanthe.
- Pourquoi fais-tu ça ? lui demanda- t' il une fois dehors.
- Cela te gène ? lui répondit le blond , le fixant.
Val s' arreta au milieu de la rue, regardant toujours le blond. " si tu savais depuis combien de temps j' attends ces simples gestes venant de toi , pensa Valentine, le coeur légerement serré "
- Bien au contraire, murmura- t' il.
Le blond ésquissa un léger sourire et tira légerement Val contre lui.
- Tu m' en vois ravi, lui murmura-t' il à son tour.
Hochant simplement la tête, Val se remit en route, dirigeant Rhadamanthe et le conduisit dans une petite auberge qu' il connaissait bien, ce dérnier ne l' ayant pas laché une seule fois.
- On va s' installer là- bas, Val lui montra une table un peu plus en retrait, on sera tranquille.
Les deux jeunes gens s' installèrent à la table et passèrent commande.
Le déjeuner se passa agréablement. Sur la demande de Rhadamanthe, ce qui le surprit, Valentine parla un peu de lui, de son enfance, de sa vie en dehors du travail. Le blond l' écoutait parler, lui posant des questions.
Val plissa une nouvelle fois ses yeux ambres, ce qui avait le don de faire craquer Rhad.
- Pourquoi tant d' intérêt à mon égard Rhad ?
- Je me suis toujours intéréssé à toi , s' offusqua le jeune blond.
- Et bien, on peut dire que tu le cachais bien, sourit le jeune homme. Je ne mords pas tu sais, si tu veux savoir des choses, je te les dirai. Surtout à toi.
- Surtout à moi ? repris le blond.
Rougissant vivement, Val secoua la main.
- Oui, enfin... tu m' as compris.
- Non justement. Pourquoi à moi ?
- Parcequ' il n' y a qu' à toi que j' ai envie de parler de moi, murmura Valentine, baissant sa tête.
- Pourquoi ? redemanda Rhadamanthe d' une voix douce.
- Ho pitié, Val cacha son visage dans ses mains.
- C' est bon, sourit Rhad tout en abaissant les mains de Val, je ne t' embêtes plus.
Val avait toujours la tête baissée, puis il se rendit compte que le juge avait gardé une de ses mains dans la sienne, la caressant de son pouce, ce qui le fit vivement redresser la tête, le regardant.
Tout en finissant son café, Rhad , en effet, avait gardé sa main.
- Ce n' est pas vraiment le bon moment pour parler de tout cela tu ne crois pas ? murmura d' une voix triste Valentine, tout en serrant légerement la main du blond dans la sienne.
Pourtant Val en mourrait d' envie de tout lui dire, ce qu' il avait sur le coeur, toutes ces années à le voir accumler conquêtes sur conquêtes, et lui souffrir en silence.
- Qui d' autres a besoin de savoir des choses sur moi hein ?
- Ton ou ta petite amie, soupira le jeune blond.
- Oui certes, mais le seul hic, c' est que je n' en ai pas.
- Alors tant mieux, ne put s' empecher de dire le blond, soulagé.
- Tant mieux ?
- Oui.
Décidement, le jeune blond n' en finissait pas de surprendre Valentine, ou l' inquiétait même.
Se levant légèrement de sa chaise, Val se pencha vers le juge et lui posa sa main sur le front.
Rhadamanthe, surpris par son geste, fronça son sourcil.
- Pourquoi fais-tu cela ? Je vais très bien.
- Simple vérification, sourit Val qui se rassoit.
- Ppfffff, le juge croisa à nouveau ses bras sur sa poitrine en fixant Valentine.
A ce moment, le serveur vint pour leur apporter l' addition que Rhadamanthe s' empressa de recuper. Valentine secoua la tête tout en souriant.
Une fois le repas payé, Valentine et Rhadamanthe sortirent de l' auberge et firent un petit tour sur le port qui se situait en face.
Appuyé sur la ballustrade, Valentine regardait une nouvelle fois au loin, plongé dans ses pensées. Rhadamanthe le fixa à nouveau, ne pouvant detacher son regard du visage de son ami. Le vent jouait avec les longs cheveux de celui-ci.
- Comment est-ce que je vais faire maintenant ? murmura Valentine.
- Comment ça ? répondit surpris le juge.
Valentine tourna son visage en face de celui de Rhadamanthe.
- Je lui disais tout, elle savait tout. Val posa sa tête sur ses bras croisés. Lorsque l' on se disputait toi et moi et que cela allait trop loin, elle était là.
- Tu lui parlais de ça ? le blond fronça son sourcil.
- Oui. Valentine soupira. Comment crois-tu que j' arrivais a supporter toutes nos engueulades sans t' en coller une ou sans avoir donné ma démission ?
- Tu voulais demissonner ? Juste pour quelques disputes ?
- T' es-tu déjà entendu ? As-tu seulement réfléchit parfois aux paroles dures que tu me mets en pleine face ? Sais-tu le mal que cela me faisait parfois Rhadamanthe ? murmura Valentine.
- Alors, pourquoi es-tu resté, si cela était aussi insuportable hein ? Le blond regardait Valentine.
- A ton avis, soupira le jeune homme. Puis se redressa, allez on rentre. Il commence à faire froid.
Lui saisissant le bras, Rhadamanthe retourna doucement Valentine face à lui.
- Pourquoi es-tu resté ? Lui redemanda-t' il .
Valentine baissa sa tête, puis attrappa doucement un des pans du manteau de Rhadamanthe.
- Malgrés ton charmant caractère, je tiens à toi. Et si j' étais parti je t' aurais perdu et ça je n' aurais pas pu.
Rhadamanthe fut troublé et touché par les paroles de Valentine. Il aurait aimé lui dire que lui aussi il tenait à lui. Mais bien sûr, il en fut incapable. Alors il le tira juste contre lui.
- Crétin, lui murmura-t' il.
- Tu sais que nous sommes dehors et que tout le monde nous regarde, murmura Valentine.
- Et alors ? Je m' en fou royalement.
Val ressera légèment le juge contre lui.
- On devrait rentrer. Les joues du jeune homme avaient pris une légère teinte rose.
Le juge passa rapidement le dos de sa main dessus.
- Très bien. Le blond passa une nouvelle fois son bras autour de Valentine puis se dirigea avec celui-ci jusqu' à la voiture.
Le retour se fit dans un silence apaisant pour Valentine. Il avait passé un bon moment avec le juge et cela lui avait fait du bien.
Arrivé chez lui, Val prit les sacs qu' il avait posé à l' arrière et tendit les clefs à Rhadamanthe qui ouvrit la porte.
Après avoir rangé ses achats, Val alluma la cheminée et va leur faire couler un café. Rhadamanthe s' installa dans un fauteuil en face du feu et fixa les flammes.
- Toujours dans tes pensées, murmura Valentine en lui tendant une tasse de café.
- Merci. Pas vraiment non. Puis le juge regarda Valentine s' assoir par terre, en face de la cheminée et cela le fit sourire. Alors, il se leva à son tour, sous le regad un peu surpris de Val, puis poussa légèrement le fauteuil et va s' assoir à coté de lui. J' avoue que cela me manque, murmura le juge.
- De quoi ? l 'interrogea Valentine.
- Tout cela, un feu de cheminée, du calme, toi.
- Moi ? Là, Valentine ne comprenait vraiment pas.
- Je ne saurais pas l' éxpliquer mais oui. Ta présence me manque..
Valentine sourit légerement et reporta son regard sur le feu. Les flammes ravivait encore plus la couleur de ses yeux, ce que remarqua le juge bien vite.
Repliant ses jambes contre lui, Val posa sa tête sur ses genoux.
- Demain, il y a l' enterrement, murmura-t' il.
- Je vois.
- Tu..., Val hésita quelques secondes avant de demander d' une petite voix, tu seras là ?
- Je dois vraiment répondre à des quéstions aussi stupides ? Marmonna le blond.
- Merci. Val cacha son visage contre ses genoux, laissant à nouveau ses larmes couler.
Rhadamanthe le regarda quelques secondes. Puis se raprocha de Valentine et posa sa main sur son épaule en l' attirant contre lui. Il n' avait pas les mots pour le réconforter alors il opta pour cette solution, le gardant juste contre lui sans rien dire.
Le jeune blond garda son ami ainsi un moment avant de sentitr le corps de celui ci s' appuyer un peu plus. Valentine s' était endormi. Alors Rhadamanthe attrapa la couverture sur le canapé et s' allongea en faisant attention de ne pas le reveiller, le gardant contre lui, les recouvrant tous les deux. Il le regarda un long moment avant de finir par s' endormir lui même.
Ce ne fut qu' au bout d'un long moment que Valentine se réveilla. Sa tête était encore posée contre la poitrine du juge qui, lui, dormait toujours.
Doucement, Val se redressa, regardant le blond dormir. D' une main, il replaça une mèche de cheveux, continuant toujours de le regarder. Il semblait si paisible lorsqu' il dormait, n' arborant plus cet air impassible et hautain que tout le monde connaissait. Là, il était juste magnifique aux yeux de Valentine. Alors profitant toujours du sommeil du blond, il se pencha légèrement et éffleura ses lèvres avec les siennes. Puis se releva, replaçant la couverture sur lui, il le regarda encore quelques secondes avant de filer dans la cuisine.
Son coeur battait la chamade. Cela devenait de plus en plus dur. Il s' attaqua au dîner afin de s' occuper la tête, du moins, l' ésperait-il car le blond était toujours dans ses pensées. Si bien que cette fois-ci, il n' entendit pas Rhadamanthe qui s' était réveillé et se trouvait juste dérrière lui.
- Ca va mieux ? Lui souffla-t' il à l'oreille, le faisant sursauter.
- RHAD...
- Oui, fit innocement le juge.
- Ne me fais pas des peurs comme ça, rouspeta Valentine. Le jeune blond se mit a rire, posant sa tête sur l'épaule du jeune homme pour regarder ce qu' il faisait.
- Chacun son tour, ricanna-t' il
Sentir Rhadamanthe ainsi contre lui fit rougir violement Valentine, qui n' osa plus trop bouger. Ce dont le juge profita, se collant plus à lui.
- Tu vois, j' ai réussi à te surprendre.
- Cela t' amuse je suppose.
- Beaucoup, souffla le blond contre le cou de Val.
Valentine ne put retenir un frisson, ce qui fit empirer ses rougeurs, déjà très présentes sur son visage.
- Tu n' as pas répondu à ma quéstion, demanda le juge sans pour autant bouger.
- Oui, Val avait du mal, de plus en plus de mal. Je suis désolé de m' être endormi ainsi.
- Tu n' as pas à l' être. Tu étais épuisé et puis...
- Quoi ?
- C' était très agréable, murmura le jeune blond avant d' avoir pitié de Valentine et de se mettre à coté, lui faisant face et s' amusant des rougeurs de celui-ci.
- Je ne dirai pas le contraire, murmura le jeune homme. Pour une première fois.
- Pardon ? Première fois ? S' étonna le blond.
- Exactement. C' est la première fois que je dors avec un homme. Pourquoi as-tu l' air si surpris ? Demanda Valentine.
- Femme ?
- Non plus, soupira le jeune homme.
- Donc, je suis le premier, sourit le juge.
- Oui. Valentine se sentait de plus en plus embarassé. On peut parler d 'autre chose ?
Là, ce fut au juge de plisser ses yeux tout en fixant Valentine.
- Tu m' as dit que je pouvais te poser toutes les questions que je voulais toute à l'heure.
- Très bien. Val arrêta ce qu' il faisait et, même si cela lui coutait beaucoup, plongea son regard dans celui du juge. Je t' écoute.
- Tu as quand même déjà eu quelqu' un dans ta vie ? Lui demanda-t' il.
- Non. Quéstion suivante.
Le juge cligna plusieurs fois des yeux.
- Tu te fous de moi là !
- Ecoute, soupira Valentine, on va abréger la chose d'accord ? Non je n' ai pas de petit ami et je n' en ai jamais eu, cela te va ?
- Jamais ? Ce n' est pas possible.
- Rhadamanthe, soupira Valentine en croisant ses bras sur sa poitrine.
Le juge se gratta l' arrière de la tête, un peu perplexe quand même. Valentine était un très bel homme pourtant. Il attirait très souvent les regards au bureau et dans la rue. Ce qui rendait le juge fou de jalousie et qui le poussait bien souvent à s' engueuler avec le jeune homme.
- Pourquoi ? Demanda le juge
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi n' as-tu personne ? Tu as bien déjà été amoureux quand même ?
- Et je le suis toujours, murmura Valentine en se retournant et prenant ce qu' il faut pour dresser la table.
Voyant l' embaras de Valentine, le juge préféra changer de sujet, même si il brulait d' envie de savoir ou peut-être confirmer qui était cette personne qui avait volé le coeur de celui-ci.
- Tu nous as fait quoi comme menu ce soir ? Allant lui donner un coup de main .
- Spaghettis bolognaise. Ca te va ? Demanda le jeune homme tout en continuant à dresser la table
- Parfait.
Finissant de mettre la table, le juge regarda une nouvelle fois Valentine qui était parti chercher le plat.
- Valentine...
- Quoi ? Répondit le jeune homme en le regardant.
- Je ne voulais pas te géner.
Valentine haussa les épaules.
- Je t' ai dit que tu pouvais me poser les questions que tu voulais, je n' ai rien à cacher. Enfin, à toi...
Val s' assoit et commence à servir le juge et se sert ensuite.
- Cela fait des années que je te connais mais je me rends compte que je ne sais pratiquement rien de toi , murmura le juge.
- On va dire que je suis pas très causant, sourit le jeune homme
- On va dire aussi que je n' ai jamais pris le temps de t' écouter quand tu voulais me parler, rétorqua le juge.
- C'est vrai aussi. Mais bon, il faut dire que ma vie n' est peut être pas aussi intéressante que la tienne.
- Pourquoi dis-tu ça ? Demanda le blond
- Tu es Rhadamanthe Walden, fils d'un des plus grand juge du pays, frère cadet de deux autres brillants juges, toi même fait partie de l' hélite du barreau.
- Et ? En quoi ma vie est-elle plus intéressante que la tienne ?
- Tu as raison, je n' ai aucun droit de dire cela. Val se leva, débarassa la table et fit couler un café.
- Val, le juge vint se placer à nouveau derrière lui, parle- moi de toi, lui demanda-t' il d' une voix douce.
- Qu' est- ce que tu veux savoir ? Soupira Valentine.
- Tout, murmura Rhadamanthe. Valentine leur servit une tasse de café et s' écarta doucement du juge. Puis va s' installer en face de la cheminée. Le juge le suivit et s' assoit près de lui.
- Comme tu as pu le voir, j' ai été adopté aprés la mort de ma mère. Je n' ai jamais connu mon père, je ne porte même pas son nom. C' est celui de ma mère. Aléxis et Sophia ont toujours été bon envers moi et ils n' ont jamais fait de différences avec leur fille et moi . Comme tu as pu le constater, j' aime faire la cuisine, je suis maniaque, j' aime les animaux, la mer, je pratique les arts martiaux et j' aime la musique, je joue d' ailleurs de plusieurs instruments. Cela permet de me détendre et d' oublier certaines choses. Enfin, du moins essayer. Voilà, je crois qu' on a fait le tour. Tu veux savoir autre chose ? Se tournant vers le juge qui ne l' avait pas une seul fois quitté des yeux.
- En effet, je ne connaissais pas tout cela de toi, répondit le juge. Et je suis sûr qu' il y a encore d' autres choses à savoir sur toi, dit-il en s' allongeant devant la cheminée.
- J' ai le droit d'avoir mon petit jardin secret, non ? Sourit Valentine.
- Hhmm, répondit le juge en regardant les flammes.
- Ca veut dire quoi ça ? S' allongeant à son tour près du juge.
- Rien, je suppose que l' on doit tous en avoir un, enfin je pense, dit le juge en se mettant sur le côté et regardant Valentine.
- Je pense aussi, lui sourit doucement Valentine.
Les deux jeunes hommes passèrent leur soirée à parler de choses et d' autres, ce qui permit à Valentine de penser à autre chose.
Puis regardant l' heure, Valentine se retourna vers le juge.
- Tu devrais aller te coucher. Il est tard et l' enterrement à lieu de bonne heure demain matin. Val soupira en prononçant ces quelques mots. Il savait déjà qu' il allait passer une nuit blanche et appréhendait la journée qui arrivait.
Rhadamanthe regarda le visage de Valentine, puis se leva et lui tendit la main pour l' aider à se relever. Val attrappa la main du juge et se retrouva coller contre lui.
- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser ruminer toute la nuit, tout seul dans ton coin.
Tout en parlant, Rhadamanthe avait passé une main dans le dos de Val et une autre sous ses genoux. Valentine se retrouva porté dans les bras du juge, rouge pivoine.
- Mais...
- Pas de mais. Et ce n' est pas négociable.
Le juge emmena Valentine jusque dans la chambre et le déposa en douceur sur le lit.
- Ne t' inquiète pas , je sais me tenir, rit le jeune blond.
- Et tu te crois drôle peut-être ?
- Beaucoup même. Aller hop, au dodo, tout en parlant le juge alla furtivement déposer un baiser sur la joue de Valentine qui vira au rouge cramoisie.
Le juge, pour ne pas gêner plus Valentine, resta habillé, tout comme Val. Puis, tendant son bras, il le reprit contre lui.
- Essaye au moins de te reposer un peu. Tu vas finir par tomber à ne pas dormir ainsi, murmura le juge.
- Tu t 'inquietes pour moi ? Naann, pas possible, le taquina Valentine tout en éssayant de cacher sa gène.
- Absolument pas, tu devrais le savoir pourtant, rit le juge.
- Rhad ?
- Hmm ?
- Merci, dit le jeune homme en se blotissant contre lui.
Pour toute réponse, le blond se contenta de le serrer un peu plus contre lui.
Comme Rhadamanthe l' avait supposé, Valentine ne ferma pas les yeux de la nuit, mais au moins il n' avait pas été seul, écoutant le juge dormir, l' observant parfois.
C' est au petit matin que Val se leva sans faire de bruit, laissant encore le juge dormir un peu. Il entra dans la cuisine faire couler le café et ensuite fila prendre sa douche.
Le juge se réveilla peu de temps après, entendant l' eau couler dans la salle de bain. Il se passa une main sur le visage et se leva.
Il croisa Valentine qui sortait de la salle de bain, enfilant sa veste de costume.
- Je sais que ce n' est peut-être pas le bon moment mais cela te va bien, lui dit-il en réajustant la cravate de ce dernier.
- Merci, répondit simplement le jeune homme.
En effet, Valentine était toujours en jean, même au travail, Minos lui ayant fait comprendre que peu lui importait sa tenue vue que son travail était irréprochable.
Rhad fila prendre sa douche et se prépara aussi.
Il appréhendait un peu, car il se doutait bien que, plus les heures passaient, plus cela devenait dur pour Valentine et ne savait pas trop si il allait pouvoir gérer ce genres de choses.
Se reprenant, il rejoignit Valentine qui l' attendait déjà dehors à côté de la voiture.
Ils montérent dans le véhicule et firent le trajet dans un silence total.
Arrivés devant l' église, Valentine gara la voiture et sortit avec Rhadamanthe.
Une jeune femme blonde vint à leur rencontre et serra Valentine dans ses bras, ce qui fit légèrement tiquer le juge. Puis la jeune fille se tourna vers Rhadamanthe et lui tendit la main.
- Je pense que vous devez être Rhadamanthe, l' ami de Val ?
- Tout à fait, le juge serra la main tendue de la jeune femme. Et vous êtes ?
- Je suis Chris, répondit-elle au juge.
- C' est ma soeur, Rhad.
Val ne put s' empecher de sourire devant la réaction du juge.
- Enchanté, marmonna le juge.
- Vraiment jaloux hein ? Lui murmura Valentine en passant à côté de lui.
Pour toute réponse le juge leva les yeux au ciel en le suivant.
La céromonie commença, et sur l' insistance du père et de la soeur de Val, le juge, qui voulait se mettre en retrait, fut placé juste dérrière Valentine.
Le jeune blond observa son ami. Valentine se contenait, pour son père et sa soeur mais ses larmes coulaient, silencieuses, douloureuses. Alors le juge, discrètement, attrappa la main de Val et la serra doucement dans la sienne, montrant par ce geste qu' il était là et ne la lâcha pas tout le temps que dura la cérémonie.
Lors de l' inhumation, Valentine du prendre encore plus sur lui car cette fois le juge se mit à l' écart, laissant les proches de la défunte ensembles.
Même lui, Rhadamanthe, si impassible et si froid en général, fut touché, surtout par la tristesse de Valentine, qui soutenait sa soeur qui pleurait dans ses bras.
Une fois que tout fut terminé, le juge rejoignit son ami qui avait raccompagné son père et sa soeur à leur voiture. Val les regarda s' éloigner. Il devait les rejoindre après. Il soupira et se passa une main sur le visage.
- Tout va bien ? Demanda le juge doucement.
- Non, mais je fais avec, murmura Valentine. Aller, on y va.
Ils montèrent en voiture et roulèrent jusqu' à la maison d'Alexis. Le silence dans la voiture était pesant. Le juge lançait de temps en temps des coups d'oeil à Valentine.
Lorsque Val gara la voiture, il ne déscendit pas tout de suite. Il soupira légèrement puis tourna la tête vers le juge, le fixant.
- Un soucis ? Demanda le blond.
- Qu'est-ce qui va se passer ensuite Rhad ? Dis- le moi, murmura Valentine.
- Comment ça ?
- Cela fait des mois que l' on se bouffe tous les deux. Il y a une semaine, on s' était encore pris la tête. Et aujourd' hui, tu es là, me soutenant, me prenant dans tes bras. Alors je te demande pourquoi et qu' est-ce qui va se passer lorsque je rentrerais ?
- Malgrès nos engueulades, il est normal que je sois là.
Et comme d' habitude, le blond fut incapable de dire le pourquoi de sa présence auprès de Valentine et lui sortit la pire des éxcuses.
- Tu es mon collègue et mon ami, alors oui c' est normal.
Son collègue ? Son ami ? Ces paroles firent tellement mal à Valentine que ce dernier eu un pauvre sourire face à cela et détourna son regard du juge. A quoi s' attendait-il franchement ? Collègue... Ami...Il se sentait si stupide à cet instant qu' il ne savait même plus comment réagir. A part baisser la tête et regardant bêtement sa main, celle que le juge avait tenue il y avait encore quelques minutes.
Le blond réalisa, un peu tard, à quel point il avait encore une fois été trop loin dans ses paroles.
- Valentine, je veux dire..., enfin..., bégaya le juge.
- Il n' y a plus rien à dire, répondit Val qui sortit de la voiture.
Le juge en fit tout autant et voulut rejoindre le jeune homme mais s' arréta net en voyant le visage baigné de larmes de celui-ci.
Le juge tendit un bras vers lui pour au moins essuyer ses larmes mais Valentine le repoussa cette fois-ci.
- Laisse tomber Rhad. Mon père nous attend. Vas-y et dis-lui que j' arrive. La voix du jeune homme était comme éteinte. Comme si chaque mot était dur à sortir.
- Valentine...
- S' il te plait Rhad.
Rhadamanthe n' insista pas et rentra prévenir le père de celui ci.
Valentine le regarda s' éloigner et fit demi-tour, remontant dans sa voiture mais ne démarra pas, même si l' envie de partir loin le démengeait. Il ne pouvait pas, son père et sa soeur étaient déjà au plus mal, il ne servait à rien d' en rajouter et ils avaient besoin de lui. Alors il inclina juste son siège au maximum et résta ainsi, les mains sur son visage, déversant toute sa tristesse et sa décéption à travers ses larmes.
A quoi jouait le blond avec lui ? Il se montre jaloux, lui insinue certaines choses, lui fait croire qu 'il compte à ses yeux pour ensuite lui dire qu' il n'est qu' un collègue, au mieux un ami ? Est-ce donc devenu un passe-temps pour lui de le faire souffrir ainsi ?
Dépité, Valentine finit par sortir de la voiture et s' asseya cette fois-ci sur le trottoir et s' alluma une cigarette se maudissant d' y avoir cru.
- Je croyais que tu avais arrété, murmura Alexis en venant s' assoir à coté de lui.
- Moi aussi, sourit tristement le jeune homme. J' allais venir après tu sais.
- Je sais, ton ami me l' a dit.
- Mon ami, ricanna Valentine, oui on va dire cela.
- Tu sais Val, je crois qu' il est aussi paûmé que toi, lui- dit gentiment son père.
- Pitié, lui paumé ? Pour m' en foutre plein la tronche il ne l' est pas, paumé, marmonna Valentine.
- Alors fais le premier pas mon grand.
Son père passa son bras autour de ses épaules.
- Ho oui, super simple à faire, surtout entre deux hommes, ironisa tristement Valentine. Surtout avec celui là. Il est borné et fier comme personne.
- Alors si c' est compliqué pour toi, ça l' est tout autant pour lui, peut-être même plus dur.
- J 'ai déjà éssayé figure toi, soupira Valentine, et ça finit toujours de la même manière. Et j' en ai marre d' avoir mal comme ça.
Aléxis se releva et passa sa main dans les cheveux de son fils.
- Depuis tout à l' heure, il est collé à la fenêtre et essaye de trouver une excuse pour te voir, lui sourit son père. Je sais que cela est dur Val mais laisse lui sa chance. Je pense que cela en vaut le coup, tu ne crois pas ?
Valentine soupira et se passa une main sur le visage.
- Quel abruti je te jure.
- Peut-être, mais tu l' aimes.
A ces mots, Valentine rougit fortement en regardant son père.
- ALEXIS...
- Je me trompe ? Lui sourit-il.
- Non, dit le jeune homme d' une petite voix. Et c' est bien là le problème. Moi je l' aime...Mais lui...
- D' ailleurs, en parlant du loup, rit doucement Aléxis.
Valentine releva la tête et vit en éffet Rhadamanthe arriver devant eux, tenant deux bières dans ses mains.
- Aller, je vais rejoindre Chris. Pas de bétises tous les deux, dit-il en s' éloignant et en donnant une légère tape sur l' épaule du blond.
- C' est pas vrai, tu peux pas t' en empecher Alexis, rougit une nouvelle fois Valentine en s' allumant une autre cigarette.
Le blond sourit légèrement à la remarque de son père puis vint se mettre à côté de Val.
- Je peux ?
Pour toute réponse Valentine haussa les épaules tout en tirant sur sa cigarette.
Le juge lui tendit une bière et lui prit doucement la cigarette posée entre ses levres.
- Je ne savais pas que tu avais repris, lui dit-il en tirant à son tour sur la cigarette.
- On va dire que j' ai une bonne éxcuse non ? Dit Val en soupirant. Si tu en voulais une, tu n' avais qu' à te servir, lui dit- il en lui tendant son paquet.
Valentine bu sa bière en silence puis récupéra sa cigarette.
- Tu m' en veux ? Interrogea d' une voix douce le juge.
- Tu mériterais que je t' en colle une, que je t'envoie balader une bonne fois pour toute et que je te chasse de ma vie Rhadamanthe.
Valentine regardait le blond, plongeant son regard dans le sien.
- Je prends ça pour un oui, marmonna le juge.
- Je suis en colère contre toi, tu m' énèrves au plus haut point et tes paroles m' ont fait mal, encore une fois mais je n' arrive même pas à t' en vouloir et ça me gave encore plus, soupira le jeune homme. Et le pire c' est que tu le sais très bien. Bon sang Rhad, on va continuer combien de temps encore comme ça hein ?
Rhadamanthe ne sut pas trop quoi répondre alors il passa son bras autour des épaules du jeune homme et posa juste sa tête contre la sienne.
- Ne joues pas avec moi, c' est tout ce que je te demande Rhad, murmura le jeune homme. Ca fait trop mal.
Le juge hocha simplement la tête, resserant son bras autour de lui.
- Tu veux que je rentre ? Murmura le blond.
- Rhad, tu me saoules.
Valentine se releva en repoussant le juge. Il chercha une nouvelle cigarette et l' alluma avec des mains tremblantes. Il pleurait à nouveau.
- Tu t' entends des fois ou pas ? Bien sûr que non je ne veux pas que tu rentres éspèce d' abruti. J' en ai marre. Tu peux comprendre ou pas ? C'est quoi ton problème ? Merde ! Je te sers de défouloir ou quoi ? Je suis quoi moi au juste ? Ton ami, ton collègue ? Autre chose ?
Le juge se releva et laissa Valentine parler. Puis après quelques minutes d' un silence pesant, il passa une main sur la joue du jeune homme pour essuyer ses larmes et il prit à nouveau la cigarette de Val qui le fusilla du regard.
- Tu sais ce que ça veut dire, de se partager une cigarette ainsi ? Lui demanda-t' il.
- Que tu as la flemme de t' en prendre une ou que tu as décidé de me gaver jusqu'au bout ? Bougonna Valentine.
- Idiot, rit doucement le juge. Tu sais pourtant très bien que je déteste faire ça, sauf avec toi, dit-il en tirant une nouvelle fois sur la cigarette. Un baiser indirect.
Dire que Valentine s' attendait à tout sauf à ça était un euphémisme et se mit à rougir fortement.
- Tu n' as pas d'autres conneries à sortir ? Bafouiila-t' il.
- Pour une fois que je suis sérieux, fit-il faussement véxé, enfin .
- Ne joues pas à ça avec moi Rhadamanthe, le côté victime ça ne te va pas du tout. Ne joues pas tout court, cela m' arrangerait grandement. Et.. arrêtes de me regarder comme ça.
- Pourquoi ? Demanda le blond en continuant de le fixer.
- Pour rien. Valentine poussa un soupir. On devrait rentrer, ils vont commencer à se demander ce qu 'il se passe.
- Je te fais peur au moins ? Taquina le blond.
- Ben voyons. Et puis quoi encore.
Le regard appuyé et la proximité du juge genaient un peu Valentine. Lui qui n' attendait que cela se trouvait bien bête à présent. Il fallait avouer aussi que les paroles du juge résonnaient encore dans sa tête. Si Radh se moquait de lui, il ne s' en remettrait jamais.
Valentine baissa la tête et tritura quelques secondes sa bouteille vide.
Il repensait aussi aux paroles de son père. Faire le premier pas. Avec Rhadamanthe. Super simple. Vraiment.
- Tu vas rester longtemps dans tes pensées ? Souffla le blond à l' oreille de Valentine qui sursauta, ce qui le fit sourire.
- N-non, on y va, bafouilla Val qui commença à avancer mais le juge lui attrappa le bras tout en le tirant contre lui.
Valentine voulut protester mais aucun son ne sortit de sa bouche car le blond avait posé la sienne dessus, en un chaste mais doux baiser. Le jeune homme écarquilla les yeux, incapable de faire quoi que se soit.
- Je préfère quand même ainsi que par le biais d' une cigarette, souffla le blond en se séparant très légèrement des lèvres de Valentine.
- Tu sais que mon père et ma soeur sont en train de nous regarder là ? Ce fut les seuls mots que Valentine trouva à dire tout en rougissant.
- Et ? Cela te gène ? Murmura le blond sans pour autant le lâcher.
- Non, dit Val qui, prenant son courage à deux mains, déposa à son tour ses lèvres sur celles du juge, posant ses mains sur sa taille.
Rhadamanthe le serra plus fort contre lui, l' entourant de ses deux bras.
Le baiser prit fin et Val cacha son visage dans le cou du juge.
- Je te détèste, murmura Valentine.
- Je sais, sourit le juge.
- Et ben ce n' est pas trop tôt, soupira Chris en les regardant par la fenêtre.
- Tu sais comment est ton frêre, rien n' est simple pour lui. Et j' ai l' impréssion que pour son ami rien ne l' est non plus, rit légèrement Alexis. Aller on va arrêter de les éspionner comme çà, dit-il en poussant légèrement sa fille.
De l' autre côté, le blond tenait toujours Valentine contre lui, caressant doucement son dos, le sentant trembler légèrement.
- On rentre, lui dit-il doucement.
Valentine hocha la tête et se détacha du juge. Il avait froid, il était fatigué. Tout ce qui c' était passé ces derniers temps commençait à avoir raison du jeune homme.
Doucement, Rhadamanthe passa son bras autour de Valentine et ils rentrèrent dans la partit se mettre dans un fauteuil, s' appuyant sur l'accoudoir et fermant les yeux. Il n' arrivait pas encore à réaliser ce qu' il venait de se passer.
Le blond vint vers lui et et s' agenouilla devant lui, attrappant une de ses mains.
- Tu es gelé, dit-il en fronçant son sourcil et otant sa veste qu' il mit sur Valentine.
Le blond se redressa et parla quelques secondes avec Chris et revint vers lui avec deux tasses fumantes et lui en tendit une.
- Ca te fera du bien. Ca te réchauffera un peu. Puis se baissant légerement afin que seul Val l' entende, je l' aurais bien fait moi-même mais nous ne sommes pas seul, lui dit-il, un léger sourire en coin.
- Q-QUOI ? Val rougit violement.
- Et oui, lui sourit le blond ce qui fit rougir encore plus Valentine.
Ce dernier marmonna tout en buvant son café. Le blond le faisait devenir dingue.
Rhad prit une chaise et vint s' assoir près de Val tout en discutant avec le père de celui-ci.
Remontant la veste du blond jusque sous son nez, Valentine respirait l'odeur de celui-ci posée sur le vêtement puis doucement , la conversation devint de plus en plus lointaine, de plus en plus flou, jusqu' à ce qu' il finisse par ne plus rien entendre du tout. Valentine s' était endormie.
Alexis fit un signe de tête au blond qui regarda Val, un petit sourire tendre sur le visage.
- Son ancienne chambre est juste là. Il sera bien mieux pour dormir, lui indiqua Alexis en chuchotant. Il est épuisé. On le réveillera pour dejeuner. Puis en soupirant légèrement, je crois qu' un peu de repos nous fera à tous le plus grand bien.
Hochant simplement la tête, Rhadamanthe passa ses bras sous le corps de Valentine et l' emmena dans la-dite chambre. Ce dérnier ne se réveilla même pas, posant seulement sa tête contre la poitrine du blond. Chris ouvrit juste le lit et les laissa tous les deux, refermant la porte dérrière elle.
Le juge coucha Valentine en lui enlevant juste ses chaussures puis ôta les siennes et s' allongea près de celui-ci, les recouvrant tous les deux et le serra contre lui.
Pendant un long moment, Rhad carréssa les cheveux de Valentine tout en l' observant puis finit par s' endormir lui aussi.
Ce ne fut qu' au bout d' une bonne heure que le blond ouvrit les yeux et ressera ses bras autour de Valentine qui dormait toujours, la tête nichée dans son cou.
Rhadamanthe recommença doucement ses caresses dans les cheveux du jeune homme dans ses bras, repensant au baiser qu' il lui avait donné, ce qu' il lui avait dit. Allait-il encore commettre des bévues ? Allait- il encore lui faire du mal sans le vouloir ?
En pensant à tout cela, le juge poussa un long soupire.
- Quelque chose ne va pas ? Murmura Valentine, se redressant légèrement.
- Je ne voulais pas te réveiller, désolé.
- Tu ne réponds pas à ma quéstion, lui dit Val en le regardant.
Le blond ne lui répondant toujours pas, Val s' assoit sur le lit en le fixant toujours.
- Est-ce que tu...regrettes ? Que ces quelques mots furent douloureux à sortir pour Valentine.
Le juge se redréssa également en voyant le visage du jeune homme et lui passa une main sur sa joue.
- Je n' ai aucun regret. C' est juste que..., le juge éssayait de peser ses mots.
- Je vois, murmura Valentine d' une petite voix.
- Non non ,tu n' as pas compris, paniqua le juge. Ho bon sang, pourquoi est-ce si compliqué ? J' ai... J' ai peur de ne pas t' offrir ce que tu attends de moi. Tu sais comment je suis. Je vais tout foutre en l' air encore une fois et je ne le veux pas. Je ne veux plus te faire de mal.
Se passant une main sur le visage, le blond soupira
- Je ne suis pas doué pour les grandes déclarations ni les belles paroles.
Valentine écoutait le blond s' enméler dans ses éxplications.
- Tu viens pourtant de m' en faire une, murmura Valentine.
Rhad rougit d' un coup en regardant le jeune homme et en se rappelant ses paroles.
Val s' approcha doucement du visage de Rhadamanthe, lui souriant .
- Rhadamanthe.
- Oui ?
- S' agapo, lui murmura-t' il avant de lui donner un rapide baiser.
Le blond le retint en posant sa main sur sa nuque, sentant le souffle de Valentine.
- Traduction ? Murmura-t' il.
- A toi de deviner, lui répondit Valentine.
- Je peux toujours demander à ta soeur ou à ton père tu sais
Valentine ne put que rire doucement.
- Tu peux.
Rhad ne put s' empecher de voler à son tour un baiser à Valentine.
A contre-coeur, le jeune homme se sépara du blond.
- Je vais préparer le déjeuner, lui dit-il en se levant du lit.
Valentine sortit de la chambre suivit de Rhad qui se dirigea vers Chris et lui parla à l' oreille. Celle-ci sourit en regarant son frère et répondit de la même manière au juge qui devint rouge écarlate.
De légères rougeurs apparurent aussi sur les joues de Val ainsi qu' un léger sourire. Si Sophia avait été là.. A cette pensée le coeur de Valentine se serra légerement et il perdit son sourire.
Voyant cela, le blond vint le rejoindre.
- Tout va bien, Val ? Lui demand-t' il doucement.
- Oui oui, je pensais juste à Sophia c' est tout.
- Ok, fit le juge en prenant les assiettes pour dresser la table. Ah au fait, j' ai demandé à ta soeur.
- Oui, j'ai vu ça.
Le juge posa les assiettes sur la table et se plaça juste derrière Valentine.
- Je crois qu' il va falloir que je me mette au grec, lui souffla-t' il à l' oreille avant de partir finir de dresser la table.
Ce fut à Valentine d' avoir une jolie couleur pivoine sur son visage. Mais il ne savait pas si le juge pensait la même chose. Il préféra ne rien dire à ce sujet et apporta le plat sur la table.
Le déjeuné se passa bien et Chris embarqua le juge pour l' aider à faire la vaisselle.
Valentine en profita pour sortir un peu dehors avec son père et s' alluma une cigarette.
- Tu parais bien pensif Val, remarqua Aléxis.
Pour toute réponse, le jeune homme haussa les épaules.
- Es-tu sur que tout va bien ? S' inquieta un peu son père.
- Oui oui, ca va. Ne t'inquiètes pas, sourit tristement le jeune homme. Enfin, j' en sais rien , soupira Val.
Aléxis posa son regard sur le juge qui finissait d' aider Chris et qui préparait le café.
- Vous n' avez toujours pas mis les choses au clair, c' est ça ? Lui demanda-t' il d'une voix douce en s' asseyant près de lui.
- Moi oui, mais, pour lui, je ne sais pas, murmura Valentine.
- Laisse-lui un peu de temps Val.
- Je sais, mais pourquoi ça me fait toujours mal là-dedans, demanda-t' il en posant une main sur sa poitrine. Pourquoi j' ai toujours cette peur qui me bouffe ? Que va-t' il se passer quand il va devoir rentrer ? Est-ce qu' il va m' attendre ou bien va-t' il passer à autre chose ? Qu' est-ce-que je suis pour lui ? Une conquête de plus ?
Le jeune homme se passa une main sur le visage, chassant les larmes qui recommençaient à couler.
- Pourquoi ne rentres-tu pas avec lui ? Lui dit tendrement son père.
- Tu plaisantes j' éspère, dit Val en redréssant la tête. Ma place est ici, avec vous deux. Je n' ai plus que vous deux. Je ne vous laisserais pas. Hors de quéstion.
Malgrés tout, Aléxis ne put s' empécher de sourire. Tendant sa main, il essuya les larmes de son fils.
- Ta place est ici, certe, mais tu as aussi ta vie à faire tu ne crois pas ? Maman te dirais la même chose.
Juste à l'évocation de Sophia, les larmes du jeune homme redoublèrent.
- Comment est-ce-que je vais faire sans elle ? Murmura Valentine.
Ce fut à ce moment que le juge arriva avec un plateau et les cafés. En voyant les larmes de Valentine, Rhad passa juste sa main sur la joue du jeune homme et prit place à côté de lui.
Aléxis les observa le temps de boire son café puis les laissa seuls, allant rejoindre sa fille dans le salon.
- Tu dois rentrer quand ? Demanda finalement Val après un long silence.
- Quand Minos aura besoin de moi, ce qui n' est pas pour tout de suite. Eaque est rentré et Rune et Sylphide sont là eux aussi pour lui donner un coup de main.
Valentine hocha juste la tête.
- Tu en as déjà marre de moi ? Plaisanta le juge. Tu veux que je rentre ?
- Ne dis pas n' importe quoi, bougonna le jeune homme.
Doucement, le juge attrappa la main de Val et la serra dans la sienne, la caressant avec son pouce.
- Je plaisante Val.
- Ca ne me fait pas rire, souffla Valentine. Ses larmes coulaient encore plus. Pas du tout même.
- Val , voyons, dit le blond en le regardant.
Il hésita quelques secondes puis tira Valentine jusqu' à l' avoir sur ses genoux et le serra contre lui, le berçant doucement.
Même si Val fut surpris du geste du juge et malgrès la légère gène du fait de la proximité de son père, il enfouit son visage dans le cou du juge et passa un bras autour de celui -ci, pleurant longtemps, s' accrochant au blond.
- Ne me laisse pas, murmura-t' il entre deux sanglots. S' il te plait.
- Je ne te laisserai pas, lui promit le juge en le serrant plus contre lui.
Ce ne fut qu'au bout d' un long moment que les larmes du jeune homme se tarirent et il finit par s' endormir contre le blond qui ne bougea pas, le laissant contre lui.
Aléxis arriva juste avec une couverture et les recouvrit tous les deux puis regarda le juge.
- Il tient vraiment à vous. Ne le faites pas souffrir, lui murmura-t' il. Dites-lui ce que vous ressentez pour lui. Appaisez ses craintes et cette douleur.
Aléxis lui sourit légèrement et lui tapota l' épaule.
Rhadamanthe le regarda partir puis détourna son regard sur le jeune homme qu' il tenait dans ses bras.
Doucement, il replaça une des mèches pâles qui était tombée sur son visage, l' admirant. Valentine était vraiment un très bel homme et il l' aimait lui, Rhadamanthe Walden.
Bon sang, que tout ça était compliqué pour le blond. Comment faire pour dire tout ce qu' il ressentait sans faire encore de bévues ?
Doucement, le blond se leva et emmena Valentine une nouvelle fois dans sa chambre et le coucha mais cette fois-ci ne resta pas avec lui. Il le recouvrit et déposa un baiser sur les levres du jeune homme qui dormait. Il semblait à bout. Rhad sortit de la chambre et referma doucement la porte, soupira un bon coup et se dirigea vers la cuisine où il se servit à nouveau un café.
- Ce n'est pas simple, n'est-ce pas ?
Le blond sursauta et se retourna pour voir Chris qui lui souriait doucement puis se servit également une tasse de café. Il se passa une main sur le visage.
- De quoi avez-vous peur ? D' une relation entre deux hommes ? Que cela jase autour de vous ? Vous avez honte ?
- Honte ? Non pas du tout ! Le blond haussa légerement le ton sans s'en rendre compte.
Le bruit que fit le juge réveilla Valentine qui se leva et doucement, ouvrit la porte et se mit à écouter discretement ce que disait Rhadamanthe.
- Alors pourquoi faites-vous cette tête ? demanda doucement Chris.
- Je..., le blond soupira une nouvelle fois, je ne sais pas.
Le coeur de Valentine battait à tout rompre dans sa poitrine, lui faisant mal.
- Cela vous éffraie à ce point ? Chris posa doucement sa main sur celle du juge.
- L' aimez-vous ? Lui demanda-t' elle toujours d' une voix douce.
- Pourquoi me poser cette question ? Demanda Rhad en rougissant légerement.
- Lui vous l' a dit, n' est-ce pas. A moins que cela soit ça qui vous gène, je me trompe ?
Rhadamanthe se passa une nouvelle fois la main sur le visage et mit quelques instants avant de répondre.
Ce silence brisa le coeur de Valentine, qui laissa ses larmes couler le long de ses joues, silencieusement. Pourquoi n' arrivait-il pas à le dire ? Peut-être parce qu' il ne l' aimait pas tout simplement.
- Je n' ai jamais aimé personne, murmura le juge.
- Val non plus ? Redemanda Chris .
- Je sais que je tiens à lui. J' ai aimé l' embrasser, le prendre dans mes bras. Mais...
Val posa sa main devant sa bouche, étouffant un sanglot, fermant douloureusement les yeux, attendant la suite.
Chris se retourna et vit son frère. Rhad tourna sa tête et vit le visage décomposé de Valentine.
- Val, murmura celui ci en s' approchant de lui.
Valentine tendit son bras et sa main devant lui, l' empechant d'avancer plus.
- Je t' ai juste demandé de ne pas jouer avec moi Rhadamanthe. Je ne t' oblige à rien. Je, je veux juste savoir.
Les larmes du jeune homme coulaient sans s' arrêter, mais il fixait le blond, attendant sa réponse.
Autant dire que le juge se sentait vraiment mal à l' aise. Il se sentait au dessous de tout, regardant la détresse et la douleur de Valentine. Alors il se lança, tant pis si il se rendait ridicule.
- A ton avis pourquoi ai-je fait le déplacement jusqu' ici si je ne tenais pas à toi, hein ? Je...je sais je ne suis pas doué, je peux même être completement stupide par moment et ce que je dis parfois n' est pas forcement ce que je voulais dire...ni ce que je pense.
Doucement Chris reposa sa tasse et s' approcha du juge , lui chuchotant à l' oreille :
- Ce que l' on ne peut pas dire, on peut le montrer tu sais. Puis lui sourit. Le juge rougit violement à ces quelques mots. Ensuite, elle se dirigea vers son frère et lui éssuya doucement le visage, lui murmurant quelques paroles à lui aussi, le faisant ésquisser un léger sourire malgrès tout. Elle l' embrassa sur le front et sortit de la pièce, les laissant tous les deux.
Doucement, Valentine baissa son bras, tout en continuant de regarder le juge.
- Je ne te demande pas de grande déclaration. Je te demande juste d' être honnête avec moi. Je ne veux pas être juste une éxpèrience pour toi, une conquête de plus. La voix de Valentine était basse et triste.
- Je suis fatigué de tout cela Rhad, nos engueulades me soulent et ton incertitude me fait mal. J' en ai marre. Tu dis que tu tiens à moi ? Ok .. Mais pourquoi justement hein ?
Valentine inspira un bon coup en s' éssuyant le visage.
- Je t' aime Rhadamanthe.
Voyant le manque de réaction du juge, Valentine baissa légerement la tête un sourire amer aux levres.
Le juge regarda Valentine. S' avança doucement et le pris contre lui. Il sentit le jeune homme sangloter. Il lui caressa doucement le dos, attendant qu' il se calme.
Val se détacha du juge et plongea son regard dans le sien, attendant une réponse, un geste de la part de celui-ci.
Alors le juge appliqua le conseil de la soeur de Val et s' empara avec douceur de ses lèvres, faisant sursauter légerement ce dernier. Il le serra un peu plus contre lui, approfondissant le baiser.
Val passa ses deux bras autour du blond, le serrant également.
Doucement, le juge passa sa langue sur les levres du jeune homme qui les entrouvrit légerement. Ce baiser plus que sensuel fit frissonner Valentine qui se laissa completement aller dans les bras du blond.
Mettant doucement fin au baiser, le juge resta pourtant trés près des lèvres du jeune homme, lui carressant doucement la nuque.
- Est-ce que cette réponse te suffit pour le moment ? Lui murmura-t' il.
Ne pouvant articuler un seul mot, Val se contenta de hocher la tête puis la posa contre le juge, ses deux bras le serrant toujours contre lui. Bon sang, il l' avait attendu si longtemps.
Le juge continua de lui caresser doucement le dos. Il se douttait bien que cette situation avait du être un calvaire pour Valentine et s' en voulait beaucoup. Même si il n' était pas doué, il n' avait pas le droit de lui faire du mal ainsi. Alors réspirant un bon coup et rougissant légerement le juge lui murmura juste quatre petits mots.
- Je t' aime Valentine.
Juste en entendant cela, Val serra plus fort le juge contre lui, laissant des larmes de joies, cette fois- ci, couler.
Après quelques instants, il se détacha du juge, lui souriant légerement.
Ce dérnier passa sa main sur le visage de Val, lui essuyant doucement ses larmes. Il ne pouvait detacher son regard de celui de Val. Il y lisait tellement de choses.
- On rentre ? Finit-il par demander à Val qui se contenta de hocher la tête. Tout cela avait profondément chamboulé le jeune homme. Je vais prévenir ton père ok ?
Le juge alla rejoindre Chris et son père pour les prevenir qu'ils rentraient. Cette dernière fit un clin d' oeil au juge qui rougit violement.
Val l' attendait dehors, fumant une cigarette, appuyé contre sa voiture. Voyant le juge revenir, il lui tendit les clefs, se sentant incapable de conduire.
Le blond les prit et fronça légerement les sourcils. Il fallait avouer que Val etait vraiment blanc. Il le fit monter dans la voiture et s' installa ensuite au volant.
- Ca va aller ? s' inquiéta le juge en le regardant.
- Oui, murmura Valentine avant de poser sa tête contre la vitre. Tu te souviens de la route ?
- Oui , ce n' est pas loin. Le juga passa sa main sur la joue de Valentine.
Val ferma les yeux et se laissa bercer par le bruit de la voiture jusqu' à chez lui.
Coupant le moteur, le juge se tourna vers lui, le dévisageant, puis lui posa doucement une main sur sa cuisse.
- Val, on est arrivé.
- Je sais, sourit le jeune homme. Il posa sa main sur celle du juge, la caressant de son pouce.
Valentine soupira doucement et ouvrit les yeux.
- Allez on ne va pas rester toute la soirée dans la voiture, murmura-t' il.
Il lâcha la main du juge et sortit de la voiture. Le blond se mit a ses côtés et passa son bras autour de ses épaules et tous les deux rentrèrent chez Valentine.
Ce dernier ôta sa veste et sa cravate qu' il jeta sur le fauteuil et fila dans la cuisine faire couler un café.
Une fois s' être lui aussi débarasser de sa veste, Rhad vint naturellement derrière Valentine et le serra doucement contre lui, passant ses deux bras autour de lui, ce qui fit légerement rougir le jeune homme.
-Si c' est un rêve que je ne me reveille pas, pensa le jeune homme.
Val s' appuya légerement contre le juge et ferma ses yeux, le temps que le cafè coule.
Le juge, lui, avait posé sa tête contre celle du jeune homme, respirant l' odeur de celui-ci.
- Comment te sens-tu ? Lui demanda -t'il d'une voix douce.
Valentine haussa les épaules. Non, il ne sentait pas bien. Il était faigué et triste à la fois, mais en même temps, un peu heureux mais à cause de tout ce qui c'était passé, n' arrivait pas à apprecier justement cela. Et il s' en voulait.
Rhad retourna doucement le jeune homme afin de le regarder en face et posa ses deux mains sur les joues de Val. Il les carressa de ses pouces quelques secondes en silence puis se pencha légerement et embrassa avec tendresse Valentine. Il sentit alors sous ses doigts des larmes couler. Val se lachait enfin et d' un coup éxplosa en sanglot en se cachant contre le juge. Ce dernier le serra contre lui et les fit s' assoir au sol et le garda contre lui, le temps que ses pleurs se calment.
La détresse de Valentine lui faisait mal. Il le sentait trembler contre lui, les mains du jeune homme s' aggripant presque avec désespoir à lui. Il n' avait jamais vu Valentine pleurer autant.
Il le garda ainsi un long moment, caressant les longs cheveux du jeune homme, le resserant un peu plus contre lui. Quand il ne sentit plus que de trés léger tremblements, il l' aida à se relever et le porta jusque dans la chambre et l' allongea avec douceur.
- Je.. je suis désolé, murmura le jeune homme.
-Ne dis pas de sottises Val, répondit le blond en lui passant une nouvelle fois sa main sur son visage. Essaye de te reposer maintenant.
Rhad enleva ses chaussures et s' installa à ses côtés, le reprenant contre lui.
Val enfouit son visage contre lui et le serra également d' un bras et ferma ses yeux.
Il finit par s' endormir ainsi, dans les bras de l' homme qu' il aimait depuis si longtemps, se sentant un peu apaisé.
Une nouvelle fois, Rhadamanthe profita de ce moment pour regarder le jeune homme dans ses bras. Il l' avait toujours trouvé bel homme, mais se voilait la face. Il replaça doucement une mèche de cheveux pâles du visage de Val et soupira doucement. Sa fièrté avait bien faillit lui faire perdre Valentine et il s' en voulait beaucoup du comportement qu' il avait eu avec lui. Sa fièrté...mais aussi sa jalousie. Val étant un trés bel homme, faisait bien des ravages autour de lui, même si il ne s' en rendait pas compte. Et cela avait le don d' énerver le juge qui finissait toujours par s' en prendre à Valentine. En y refléchissant bien, Val avait vraiment beaucoup de patience et devait vraiment tenir à lui pour avoir supporté tout cela.
- Comment as-tu fait pour me supporter ainsi ? lui murmura le juge tout bas. Pourquoi ne m' as-tu pas laissé tomber ?
Val remua légèrement, le serrant un peu plus.
- Tu te poses encore la question ? murmura le jeune homme d' une voix douce, ce qui fit violement rougir le juge qui pensait que Valentine dormait.
- Je..ne voulais pas te reveiller, désolé.
- Je tiens trop à toi gros nigaud. Même si tu étais odieux, insuportable avec moi. Je ne pouvais pas .. ne voulais pas te laisser. Val cacha complétement son visage dans le cou du juge, faisant frissonner ce dernier. Je ..je t 'aime trop pour ça, murmura encore plus bas Valentine.
Il est vrai que souvent le juge l' avait poussé à bout et l' avait fait pleurer. Trop souvent même. Et Val ne comprenait pas pourquoi il agissait si durement parfois avec lui.
- Merci d' être resté. Le juge ressera doucement son étreinte et lui embrassa doucement le haut de la tête.
Il sentit les bras de Val se relacher doucement et le sentit s' endormir de nouveau. Il enfouit son visage dans les cheveux du jeune homme, respira son odeur et lui murmura doucement "je t'aime Val" et s'endormit à son tour.
Ce n' est qu' en début de soirée que le juge se réveilla, sentant trés vite la place vide à ses côtés. Il n' avait pas sentit Val se lever. Il entendit cependant du bruit dans la cuisine et se leva.
Valentine était occupé à préparer le diner et n' entendit pas le juge arriver dérrière lui.
- Tu aurais dû me reveiller, lui murmura le juge en l' enlaçant.
Val sursauta légerement et sourit.
- Je t' ai laissé te reposer. Tu en avais besoin. Val s' appuya contre le juge tout en continuant de cuisiner.
Rhad ésquissa un sourire et déposa un léger baiser dans la nuque du jeune homme qui frissonna fortement. Le juge sourit à nouveau et recommença son geste et sentit le corps de Val réagir une nouvelle fois. Il le vit rougir.
- Tu veux que j' arrète ? Demanda le blond, se reculant légerement.
Val lui attrappa ses deux mains et le tira à nouveau contre lui.
- Non, murmura-t' il, rouge.
Ce simple geste fit sourire le juge qui le serra plus contre lui et lui embrassa une nouvelle fois le cou.
- Tu sens bon, murmura le blond qui, cette fois-ci, lui mordilla doucement la nuque.
Val, surpris, lacha un petit cri et posa rapidement une main devant sa bouche, de plus en plus rouge.
- Je t' ai fait mal ? Lui souffla le juge.
Val secoua la tête.
- Je .. on ne m' a jamais touché ainsi, murmura le jeune homme, ni même touché tout court.
- Je suis le premier ? Puis pércutant à la réponse de Val. Tu es toujours...
- Oui, souffla Valentine devenue rouge pivoine. Il s' écarta doucement du juge et voulut se décaler mais le juge lui prit doucement la main et le retourna vers lui. Valentine avait baissé la tête et n' osait plus regarder le blond.
- Val, murmura le juge en lui relevant doucement le visage. Je ne voulais pas t' embarasser. Le blond lui caressa doucement la joue et posa son front contre le sien.
Val ferma légerement les yeux, puis sentit le juge l' embrasser avec une infinie tendresse, le serrant contre lui. Val répondit à ce baiser avec autant de douceur que le juge puis se lova contre lui, cachant son visage rouge dans son cou. Rhad le serra un peu plus contre lui.
- Je dois bien t' avouer que je préfère, lui murmura- t' il.
Val redressa la tête et le fixa un instant.
- Pourquoi ?
- Et bien parce qu' il n' y aura eu que moi, lui sourit le blond ce qui fit rougir encore plus Valentine.
- Sauf si tu ne veux pas de moi bien sûr, ironisa le blond.
- Mais non enfin, je veux dire si...rrraahhh , bafouilla Valentine ce qui fit rire le juge. Tu m' as compris. Et arrête de te foutre de moi hein !
Le juge ne pu que craquer devant la mine rouge et à la limite boudeuse de Valentine. Il l' attrapa par les hanches et le posa sur le plan de travail et posa une main de chaque côte du corps du jeune homme surpris par le geste de celui-ci. Il était si près du visage de Valentine que celui-ci pouvait sentir son souffle sur son visage. Rhad plongea son regard doré dans celui de Val. Il aimait ses yeux ambres qui reflettaient tellement de chose.
- Crois moi , je m' en sens honoré Val, lui murmura le blond. Il vit de nouveau des rougeurs s' installer sur le visage du jeune homme ainsi qu' un doux sourire. Il aimait son sourire.
Alors, doucement, Val entoura le cou du juge de ses deux bras.
- Je t' aime Rhadamanthe.
Le jeune blond se colla entre les jambes de Val, tout contre lui, resserant ses mains sur ses hanches.
- Je t' aime Valentine.
Que ces simples mots étaient doux à entendre pour Valentine. Il rapprocha plus son visage du juge et lui offrit un baiser des plus sensuels auquel le juge s' empressa de répondre avec autant de fougue, passant juste ses mains sous la chemise de Valentine, le sentant trembler légerement à ce contact. La peau du jeune homme était douce sous ses mains et lui carressa doucement le bas du dos. Il sentit légerement Val se raidir et resserer ses bras autour de lui.
- Je veux juste sentir ta peau, mais si cela te gène...
- Non, le coupa le jeune homme, continu...
Rhad lui sourit. Puis l' embrassa sur le front, le serrant contre lui et posant sa tete sur son épaule, il continua ses caresses le long du dos de Val, le sentant frissonner.
Hésitant quelques secondes, Val en fit de même au juge, posant ses mains tremblantes dans son dos, sa tête toujours contre le cou de celui-ci. Le juge sourit tendrement avant de relever la tête .
- Je ne voudrais pas casser l' ambiance, mais je crois que ça sent le bruler, murmura-t' il.
- LE DINER, cria Val en descendant du plan de travail et sortant le plat du four, le sauvant inextremis sous les rires du juge.
Le juge embrassa la tempe de Val et mit la table. Il lui laisserai le temps qu' il faudrait. Il se surprenait tout seul d'ailleurs. Lui qui n' avait aucune patience, en montrait beaucoup à l' égard de Valentine.
Il regarda le jeune homme s' affairer dans la cuisine. Il remarqua le léger sourire qu' il avait et les pommettes toujours un peu rouge.
Val déposa le plat sur la table et les servit, puis s' installa en face du blond.
Le repas se passa agréablement, même si Val avait une nouvelle fois repoussé son assiette à peine entamée.
- Tu ne manges pas beaucoup, lui dit le blond.
- Ce n' est pas grave. Je n' ai pas faim de toute façon. Val se leva et fit couler un café sous le regard inquiet du juge.
Ce dernier débarassa la table et prit les deux tasses de café des mains de Val et s' installa sur le canapé en face de la cheminée, invitant le jeune homme à le rejoindre.
Ils restèrent ainsi, en buvant leur café, silencieux, regardant juste les flammes danser dans l' âtre.
Reposant leurs deux tasses sur la table basse, Rhadamanthe ouvrit son bras et Valentine vint se lover contre le blond, passant un bras autour de lui. Qui aurait dit que cela se passerait ainsi il y a quelques jours, surtout après leur dérnière engueulade ?
- Rhad...
- Hmmm
- Tu.. m' attendras ? Murmura le jeune homme d'une petite voix.
Rhad se décala légèrement et regarda Valentine.
- Comment ça ?
- Rien. Val regarda à nouveau les flammes.
Le juge prit le menton du jeune homme et le tourna vers lui. Val ne put faire autrement que de regarder le juge.
- Parce que tu crois, peut être, que je vais rentrer sans toi ? Tu ne te débarasseras pas de moi aussi facilement , lui sourit le juge tout en lui caressant doucement la joue.
Val ne pu que sourire face aux paroles du blond et, tout en s' allongeant sur le canapé, tira le juge contre lui, le serrant dans ses bras.
Rhad sourit et se laissa aller contre Val, posa sa tête sur sa poitrine et passa une nouvelle fois sa main sous la chemise de Valentine, la déboutonnant doucement. Se redressant légerement, Rhad écarta les pans de la chemise de celui- ci, admirant ce dernier.
Valentine avait une belle teinte rouge sur son visage et le regard brillant. Avec des mains tremblantes, il fit de même avec la chemise du blond, la lui ôtant complétement et posa ses mains sur lui.
Rhadamanthe se baissa et s' empara tout d 'abord avec douceur des lèvres de Val puis avec plus de sensualité, passant sa langue sur ses lèvres, en demandant le passage qui lui fit vite accordé par le jeune homme qui le tira plus contre lui, et ne pu reprimer un léger gemissement contre les lèvres du juge en sentant sa peau sur la sienne.
Val, par le biais de ce baiser, pouvait ressentir la sincerité du juge ainsi que son désir. Ils sentit ses mains glisser le long de son corps, lui déclanchant de nombreux frissons.
Rhadamanthe redressa légerement la tête, mettant fin à son baiser, tout en réstant pourtant très proche, de telle sorte que, lorsqu' il lui parla, ses lèvres frolaient encore celles de Val.
- Désires- tu que j' arrête ? Lui murmura-t' il.
- Non... , lui répondit le jeune homme tout en le fixant.
Le blond lui sourit et l' embrassa à nouveau, avec plus de fougue. Puis, se redressant, il passa ses mains sous le posterieur de Val et se leva. Ce dernier, un peu surpris, s' accrocha au cou du juge et entoura la taille de celui-ci avec ses jambes.
Le juge se dirigea tant bien que mal jusque dans la chambre, ne voulant pas s' arrêter d' embrasser Valentine qui s' accrochait à lui. En douceur , il déposa le jeune homme sur le sol et lui ôta complétement sa chemise, la faisant glisser le long des bras du jeune homme. Il le poussa en douceur jusqu' au lit où il le fit basculer avec lui , le recouvrant de son corps. Il passa sa main sur le visage de Val, l' interrogeant une nouvelle fois du regard. Il n' était pas sûr de pouvoir s' arrêter ensuite. Val lui sourit tendrement, lui donnant ainsi son accord, même si, il appréhendait un peu.
- Je t' aime, murmura le juge avant de doucement lui embrasser la gorge, tout recommençant à lui caresser le corps de ses mains. Il ne voulait pas être brusque, sachant que c' était la première fois pour le jeune homme. Même si il ne pouvait pas empêcher une certaine douleur, il ferait tout pour la minimiser et faire en sorte que Val ressente surtout du plaisir.
Il sentait le jeune homme frissonner et se tendre légerement sous lui, faisant se coller leur bassins, sentant ainsi le désir de Val contre le sien.
A ce contact, Valentine gémit en se cambrant encore plus, rougissant en même temps. Il posa à son tour ses mains dans le dos du juge, le caressant du bout des doigts, déscendant le long de sa colone. Sa peau était douce sous les mains du jeune homme.
Radh entreprit de finir de le déshabiller avec tendresse et se redressa pour admirer le corps nu du jeune homme allongé devant lui et ne put retenir un léger sourire en voyant ce dernier rougir encore plus. Il termina de se dévétir également et recolla son corps contre celui de Val, le sentant frissonner sous lui. Il recommença à carresser le corps de Valentine tout en l' embrassant, sentant se dernier réagir au contact de ses mains.
Ses caresses se firent plus précises et Valentine se tendit sous la sensation quelque peu désagréable des doigts du juge qui le préparait en douceur afin de lui éviter de trop ressentir la douleur qui serait inévitable. Puis, une fois habitué, le basin de Val vint se calquer au mouvement de la main du juge, cachant ses gémissements derrière sa main.
Après l' avoir préparé un long moment, Rhad retira ses doigts et se pencha pour attrapper son sac et en sortir un preservatif sous le regard brillant de Valentine. Il releva ensuite légerement le bassin du jeune homme, l' interogeant une dernière fois du regard puis doucement commença à le penetrer.
Val, malgrés toute la douceur du juge, ressentit une cuisante douleur , lui faisant enfoncer ses ongles dans le dos du blond et ferma ses yeux d' où s' échappèrent deux grandes larmes et se tendit.
Rhad, une fois en Valentine, ne bougea plus, lui donnant de légers baisers sur ses joues, lui éssuyant ainsi ses larmes.
- Val, lui murmura le juge, on peut s' arreter là. Ne te force pas.
Le juge voulut se retirer mais Val ressera ses jambes autour de lui et secoua la tête. Il le désirait tant. Il bougea légerement son bassin, faisant frissonner le blond qui commença doucement ses coups de rein, sentant Val se détendre progressivement.
La douleur laissa place au plaisir pour Valentine qui ne put retenir ses gemissements, se cambrant sous le juge. rejetant sa tête en arrière. Il avait tant désiré le blond que, même dans ses fantasmes les plus fous, il n' aurait jamais cru ressentir tout cela.
Rhad carressa Valentine au meme rythme que ses coups de reins. Sentir le corps de Val régir ainsi et l' entendre gemir mettait le juge dans tous ses états. Jamais il n' avait ressentit cela.
- Rhadamanthe..., gemit Valentine. Je...vais...
Val se cambra une dernière fois, s' accrochant aux épaules du blond, avant de se répandre entre leur deux corps, poussant un long gémissement, se resserant autour du juge qui le suivit dans la jouissance dans un long râle, se retenant sur ses avant bras afin de ne pas se laisser tomber sur Val. Il pouvait le sentir trembler contre son corps. Doucement, il se retira du corps de Val, le sentant frissonner encore plus, puis le regarda. Val avait les yeux fermés, reprenant doucement sa réspiration. Rhad lui passa la main sur sa joue et le vit rouvrir ses beaux yeux ambres et voir un magnifique sourire se dessiner sur son visage auquel il répondit avec tendresse.
- Je t' aime Rhadamanthe, murmura le jeune homme.
- Je t' aime Valentine. Le coeur du juge faisait des bonds dans sa poitrine juste de prononcer ces quelques mots et doucement s' allongea sur le corps de Val tout en plongeant sa tête dans le cou de celui- ci. Valentine lui carressa doucement les cheveux.
- Tout va bien ? Lui murmua- t' il.
Rhad hocha doucement la tête et serra un peu plus le corps de Val contre lui.
- Pardon Val, pour tout...
- Hein ? Val repoussa doucement le juge et le regarda. Pourquoi dis- tu ça ?
Val releva doucement le visage du juge et vit les yeux de ce dernier remplit de larmes que cette maudite fierté empechait de couler. Alors le jeune homme passa avec tendresse ses pouces sous ses yeux, faisant ainsi craquer le juge, qui se laissa aller silencieusement contre lui, Val le serra contre son corps.
- Jamais je ne t 'en ai voulu Rhad, je te l' ai déjà dit, car je t 'aime trop pour cela. Lui même avait du mal à se retenir de pleurer. Voir son juge se lacher ainsi était si ... boulversant pour lui.
Après quelques minutes, le juge se redréssa et essuya rapidement ses larmes pour ensuite capturer une nouvelle fois les lèvres de Valentine.
Plus jamais, il ne le ferait souffrir. Plus jamais, il ne le laisserait.
Un nouvele vie s 'offrait a eux, juste heureux, ensemble, pas besoin de plus.
AILETTE
