Chapitre 5 :
Révélations
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« Jango Fett ? Ce nom ne me dit rien, murmura Qui-Gon en fronçant les sourcils.
- Il est normal, il avait réussi à rester discret pendant longtemps avant que je le rencontre, trois mois avant ma nomination au poste de Sénateur.
- Trois mois… ?
- Oui, je l'ai rencontré sur une planète nommée Kamino, j'étais à ce moment-là, ambassadeur et je devais me rendre sur Geonosis afin de discuter d'un traité avec la fédération du commerce. »
Qui-Gon et Anakin s'échangèrent un regard en entendant leurs anciens ennemis.
« Au lieu de cela, j'ai été conduit bien malgré moi sur Kamino…Poursuivit Obi-Wan.
- Cette planète ne m'est inconnu…
- Elle me l'était aussi. Mon vaisseau est tombé en panne et je suis tombée sur Kamino. J'ai été accueilli par les Kaminoans qui ont gentiment accepté de réparer mon vaisseau. Etant donné que je suis quelqu'un de curieux, je me suis permis de visiter le complexe sur lequel je me trouvais et j'ai découvert…l'impensable. »
Le Sénateur se tut, observant ses compagnons, qui attendirent qu'il termine. Son hésitation fut remarquée par le maître Jedi.
« Obi-Wan qu'as-tu découvert ?
- Une armée. Une armée de Clones. »
Il retint sa souffle, assimilant l'information bouleversante que son ancien Padawan venait de dévoiler.
« J'ai pu rencontrer l'original, continua le politicien, qui n'est que Jango Fett. Il m'a percé à jour et j'ai tenté de fuir, fort heureusement il ignorait qui j'étais à ce moment-là et j'ai pu quitter Kamino, pour retourner sur Naboo. »
Le récit pour Obi-Wan était terminé, mais Qui-Gon savait qu'il n'avait pas tout dit.
« Pourquoi n'avoir pas prévenu la République ?
- Parce que la République s'apprête à voter pour la création d'une armée et que je suis contre cela, répondit froidement le sénateur.
- Pourquoi cela pourrait arrêter la guerre, s'étonna Anakin.
- Il y a une guerre parce que les deux partis sont responsables, il y a une guerre parce que les dirigeants veulent qu'il y en a une, il y a une guerre parce que personne ne fait d'efforts pour convenir d'un moyen pacifique, répliqua Obi-Wan, vous, les Jedis, êtes des chevaliers de Paix, pas des soldats. Aucun de vous ne devrait participer à une guerre.
- Ce n'était pas du tout ton discours, auparavant, intervint Qui-Gon sceptique.
- C'est pour cela que j'ai quitté l'ordre, Maître, rétorqua Obi-Wan, il y a des choses que nous ne pouvons faire parce que ce n'est pas notre rôle. Mon rôle est de maintenir la paix, que mon peuple vive correctement dans un système de paix, si nous amenons la guerre, alors…nous perdons tous. »
Discuter de ce genre de chose n'était pas du tout dans le but de la mission des Jedis et Qui-Gon le savait très bien. Il préféra ne pas s'étendre sur le sujet.
« Rien n'explique pourquoi Fett veut vous tuer, Sénateur.
- J'ai appris qu'il a été embauché par les séparatistes, fit –il, non seulement, je suis au courant de son implication dans la création de ses clones mais qu'en plus, il joue jeu double avec les séparatistes.
- Alors les Clones, sont pour les séparatistes ? S'écria Anakin sous le choc.
- Non, les clones ne sont pas eux, quand j'étais sur Kamino, j'ai réussi à pirater leur système et j'ai appris que c'était une commande du maître Jedi Syfo-Dias. »
Qui-Gon tressaillit en entendant le nom de son confrère.
« C'est impossible, il est…
- Oui, mort depuis une dizaine d'année maintenant, mais c'est bien de lui que provient la commande, elle date d'il y a 10 ans.
- Il faut qu'on en parle au conseil, déclara Qui-Gon, je pense que nous avons à faire à…
- Le Conseil est au courant, coupa Obi-Wan, je leur ai envoyé un message juste après mon attentat…je suppose que c'est en partie pour cela qu'ils m'ont obligé à être sous votre protection.
- Quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi le Conseil n'a rien sur cela ? Interrompit Anakin irrité, pourquoi on nous a rien dit.
- C'est moi qui leur ai demandé à ce que l'information ne sorte pas du Conseil, donc peu importe qui devait me protéger, personne ne devrait le savoir, dit Obi-Wan sèchement.
Dans leur lien, Qui-Gon sentit une certaine frustration. Il ne pouvait que comprendre cela, son ancien Padawan leur avait caché une information essentielle. Cela prouvait à quel point, son ex-apprenti avait changé et voyait les choses différemment. Il n'était plus question d'un Code Jedi, d'une mission, de la Force, non, il devait se soucier de toute une planète, de toute une Galaxie. Son rôle de Sénateur semblait à ce moment-là plus important que jamais.
« Quoiqu'il en soit, je vais devoir faire un rapport au conseil, concernant l'attentat de ce soir… » Annonça le maître Jedi.
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« Quinlan Vos et maître Yoda sont allés sur Kamino et effectivement, nous y avons trouvé une armée de clones prêtes à l'emploi, lui annonça Mace, mais nous ne pouvons rien faire sans le vote de la République. Nous comptons sur votre discrétion pour garder cela pour vous.»
Qui-Gon était à nouveau dans la salle du Conseil, mais cette fois-ci quelques maîtres manquaient à l'appel. Il se doutait bien que Mace ne prendrait pas de décision risquer. Il fallait donc s'en contenter.
« Ce chasseur de prime, Jango Fett, semblait vouloir éliminer Obi-Wan pour cette information, il sera sans doute au courant que nous le sommes désormais, dit-il.
- Et tu y as cru ? lança Mace alors que quelques maîtres s'agitaient.
Qui-Gon fronça les sourcils, ne comprenant pas du tout leurs réactions.
- Quoi ? Je ne comprends pas…
- Obi-Wan nous cache aussi des choses, il nous a dit la même chose, mais ce Jango Fett n'aurait pas tué Obi-Wan en sachant que cette armée était destinée à la République.
- Il est vrai…je n'y ai pas réfléchi, murmura Qui-Gon.
Il y avait donc une ombre qui planait sur le discours d'Obi-Wan, il se demandait bien ce qui avait causé cela.
- Quoiqu'il en soit, nous devons protéger Obi-Wan jusqu'à que le Sénat approuve la création d'une armée, poursuivit Plo Koon.
- Et quant à la capture de Jango Fett ? Nous ne pouvons le laisser en liberté.
- C'est pour cela, que nous avions décidé de cacher le Sénateur Kenobi, jusqu'à la capture de ce chasseur de prime. Il retournera sur Naboo avec ton padawan.
- Oh…Force, il ne sera pas ravi d'être absent lors du vote, se rappela Qui-Gon lorsqu'il avait vu la passion avec lequel son ancien apprenti était contre ce vote.
- Quant à toi, tu iras enquêter sur ce chasseur de prime. Tu as pour cela accès à tous les registres d'information.
- Merci, maîtres.
- Que la Force soit avec toi.
- A vous aussi. »
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Sérieusement, quitter Coruscant alors qu'il y avait un vote important au Sénat ? Obi-Wan était énervé au plus haut point, le conseil n'avait rien voulu entendre et le Chancelier l'avait littéralement supplié de les écouter, il lui avait même promis de repousser le vote le temps que Jango Fett soit arrêter. A la place, il avait demandé Jar Jar de le représenter en cas d'urgence, il se doutait que le Gungan devrait faire cela, mais sait-on jamais. Le plus frustrant encore, c'était que la Force était soudainement devenue muette, alors que cette dernière l'avait incité à venir à Coruscant, son instinct lui disait que c'était sans doute la meilleure chose à faire pour le moment pour préserver sa vie. La Force même n'était pas contre cela, finalement. Alors pourquoi l'avoir fait venir ici ?
Il prépara ses bagages avec rage, utilisant ses capacités de lévitation pour ranger ses affaires.
« Ce n'est pas du tout une manière Jedi de faire cela, lança une voix amusée.
Obi-Wan sursauta et tourna son hoverchair vers la personne qui venait de rentrer dans sa chambre.
- Anakin…marmonna-t-il, je ne suis plus un Jedi.
- Je le sais bien. »
Il s'avança un peu plus dans la chambre, pour jouer un peu avec les fleurs qui se trouvaient sur une commode. Obi-Wan se rappela alors que c'était un cadeau de Bail Organa, l'amenant à se souvenir qu'il devait envoyer un message pour le remercier.
« Je suis heureux que l'on m'ait choisi pour vous accompagner, avoua Anakin embarrassé.
Obi-Wan se figea et faillit faire tomber quelques chemises s'il n'était pas un ancien Jedi.
- Eh bien, je suis heureux aussi que ce soit toi qui m'escorte.
- Par contre ce sera votre siège sera terriblement encombrant pendant notre voyage, nota Anakin.
- Qui t'as dit que je l'emmènerai ?
- Quoi mais…
- Approche et aide-moi à me mettre debout. » Ordonna Obi-Wan avec un sourire.
Anakin hésita puis finalement s'approcha de lui, lui tendant le bras. Le Sénateur l'attrapa et tenta de poser un pied au sol. Sa jambe était toute tremblante mais il se force à trouver un point stable pour faire suivre sa deuxième jambe.
« Obi-Wan …Je ne crois pas que….ce soit une bonne idée, paniqua Anakin alors qu'il sentait tout le poids du sénateur sur lui.
- Laisse-moi me concentrer, veux-tu ? »
Tandis qu'il essaya vainement de se mettre debout, le jeune Padawan posa ses yeux sur l'homme accrochait à son bras. C'est alors qu'il remarqua un collier étrange autour de son cou : un extrait de jappor. Le cadeau qu'il lui avait offert avant que l'ancien Padawan ne le quitte. Anakin déglutit, ravalant ses larmes de joie.
Obi-Wan ne remarqua l'immense sourire sur le visage du jeune homme, se battant pour se maintenir debout. Après quelques tentatives hésitantes, il finit par ne plus avoir besoin d'aide du bras d'Anakin, utilisant une canne qu'il avait acheté pour ce moment où il quitterait son siège flottant.
« Tu vois, j'ai réu…Anakin ? »
Ce dernier l'observait comme s'il était la chose la plus précieuse de l'Univers, des étoiles brillaient dans les yeux bleus d'Anakin et pendant un moment, Obi-Wan se demanda s'il devait fuir face à cela. Il n'appréciait guère cela bien que son estomac lui donnait des frissons agréables.
Sans prévenir, Anakin l'enlaça alors dans ses bras oubliant que le Sénateur n'était pas encore tout à fait stable sur ses jambes. Ils tombèrent tous les deux dans le lit, qui fort heureusement se trouvait là.
« Anakin ! S'écria Obi-Wan scandalisé.
- Tu l'as gardé ! Tu as gardé mon porte-bonheur. »
Oh.
L'ancien Jedi porta sa main au collier accroché autour de son cou, puis soupira, appréciant ce calin chaleureux.
« Oui, je l'ai gardé, que croyais-tu ?
- Je pensais que tu m'aurais oublié, que tu l'aurais …jeté…bredouilla Anakin en se redressant sur ses coudes emprisonnant le sénateur entre ses bras.
Obi-Wan trouvait leur position embarrassante mais c'était Anakin, l'ancien petit garçon de Tatooine qui retrouvait son ami, donc il essaya de ne pas y penser.
- Je ne t'ai jamais oublié, Ani…je te l'avais promis, j'ai pensé à toi tous les jours…Alors maintenant, s'il te plait, peux-tu te pousser, nous avons un voyage à préparer !
- Oui, d'accord, Monsieur le Sénateur ! » Rit Anakin qui était sans doute l'homme le plus heureux de l'univers.
