Chapitre 12
la Mort
Le grésillement des sabres lasers résonna dans le silence soudain du camp Tusken, comme si le temps s'était arrêté lors Obi-Wan avait fait son apparition pour sauver la mère et l'enfant. Ces derniers réalisant qu'un autre étranger venait de les sauver, profitèrent pour s'enfuir, sans se retourner.
Leur fuite réveilla alors Anakin qui avait gardé les yeux fixés sur le Sénateur. Il fronça les sourcils et il tendit la main vers les deux Tuskens, pour utiliser la Force.
« Non, laisse-les ! S'écria Obi-Wan en le repoussant violemment par le biais de son sabre.
Anakin tituba vers l'arrière.
- Tu es un Jedi, Ani, tu ne peux pas les condamner à mort ! Continua Obi-Wan en se plaçant devant le chemin qu'avaient emprunté les fuyards.
- Ma mère…est morte par leur faute ! Hurla le Padawan enragé.
- Les tuer ne la ramènera pas, tu porteras un fardeau toute ta vie…
- Ils méritent de mourir.
- Non, personne ne mérite de mourir, personne ne doit juger si l'on doit vivre ou mourir. »
Les sabres lasers étaient toujours actifs, Obi-Wan l'avait gardé devant lui dans le cas où il devrait à nouveau combattre le jeune apprenti dans sa folie.
« Elle ne devait pas mourir ! Ma mère aurait dû vivre et c'est à cause d'eux qu'elle est morte ! »
S'élança-t-il en l'attaquant.
Le sénateur para avec difficulté la slave d'Anakin. Il n'avait plus pratiqué depuis des années et ses bras s'étaient affaiblis durant les 10 ans. Il savait qu'un combat au sabre contre Anakin serait perdu d'avance, mais il était prêt à tout pour l'arrêter et le remettre dans le droit chemin. Son amant n'était pas quelqu'un de mauvais, il l'en était persuadé et il n'accepterait jamais qu'il sombre dans le côté obscur. Même s'il avait abandonné l'Ordre Jedi, il pouvait reconnaître quelqu'un qui touchait à l'Obscurité et Anakin était sur le point de le frôler.
« Tu ne sais pas ce que cela fait de perdre sa mère ! »
A ce moment-là, Obi-Wan trébucha mais réussit à se défendre, bloquant le sabre d'Anakin, bien que l'immobilisant au sol. En entendant cette phrase, un sentiment de culpabilité l'envahit et il ne put s'empêcher de s'exclamer dans la douleur et le remord.
« Mais je sais ce que ça fait de tuer un enfant ! »
A ces mots, Anakin frémit, clignant des paupières, digérant ses mots qu'il crut pendant un instant mal comprendre. Obi-Wan profita alors de sa réaction pour le pousser à terre grâce à la force, le désarmant, envoyant son sabre laser sur le côté et pointant le sien vers la poitrine en signe de menace. Les traits du Padawan n'étaient plus contrôlés par la rage ou bien la colère, mais pas de la confusion, de l'incompréhension et un soupçon de regret.
« J'ai tué…un enfant, Anakin, et crois-moi, même aujourd'hui, je suis hanté par cela, c'est un fardeau lourd à porter et je ne pourrai jamais me pardonner pour cela. » continua-t-il révélant alors le secret qu'il gardait enfoui dans son corps.
Sa confession avait pour but de choquer Anakin et cela semblait marcher, car le regard sauvage du jeune homme se transforma et il retrouva ces yeux si tendres et si doux qu'il reconnaissait de son amant. Pourtant la peur le saisit craignant que sa révélation le fasse rejeter de ce dernier.
La Force autour de lui était redevenue très calme, apaisant alors son cœur. Anakin avait repris ses esprits, baissant la tête, ne sachant quoi dire. Obi-Wan soupira et désactiva son sabre et lévita celui d'Anakin.
« Rappelle-toi, tu es un Jedi, un gardien de la paix et non, un bourreau de la mort. »
Il tendit sa main, l'aidant à se lever, puis présenta son arme. Toujours muet, Anakin hésita alors à le prendre. Il avait failli commettre un génocide, son sabre laser a failli exécuter des innocents.
« Prends le, Anakin, il faut qu'on rentre, nous devons ramener ta mère chez elle. » Dit Obi-Wan simplement en remettant le sabre dans sa main.
Il se détourna de lui, se dirigeant vers la hutte où se trouvait le corps de Shmi. Anakin resta longuement immobile, aux milieux de ces quelques cadavres de Tuskens, constitués majoritairement de combattants qui avaient été le premier à se précipiter vers lui. Si Obi-Wan n'était pas intervenu, les cadavres de femmes et d'enfants auraient rejoints les morts.
Sa paume resserra la poignée de son sabre laser. Il avait évité le pire, il avait évité l'irréparable. Sombrer dans le côté obscur après la mort de sa mère ? C'était impensable et pourtant, il était au bord de le faire.
Lentement, alors que des larmes glissaient sur ses joues, il rejoignit Obi-Wan dans la hutte où sa mère était morte. Oui, il devait la ramener chez elle et l'enterrer dignement, sans que le sang d'innocents ne soit versé sur sa tombe.
Quand il pénétra à nouveau dans la hutte, il retrouva Obi-Wan à terre, assis une expression de douleur sur son visage, une de ses mains tenait sa cuisse.
« Obi-Wan ? S'inquiéta Anakin en s'agenouillant.
Il craignait d'avoir blessé inconsciemment son amant lors de leur petite altercation.
- Ça va, j'ai…mes jambes sont fatigués et douloureuses…marmonna-t-il, s'il te plait, occupe-toi de ta mère et partons d'ici. »
Le regard du Padawan tomba alors sur le corps de sa défunte mère, puis revint vers Obi-Wan, les larmes glissant de ses joues.
« Je…te demande pardon, c'est ma faute…je n'aurai pas du… »
Des mains froides se posèrent sur ses joues humides, il fut contraint de fixer Obi-Wan dans ses yeux.
« Tu n'as rien fait du tout, tu n'es coupable de rien, tu es en deuil, tu dois contrôler tes émotions avant qu'elles ne te contrôlent toi. Je t'aime, Ani, et je ne ferai tout pour que tu continues à avancer. Tu es devenu un jeune homme fort et courageux, ta mère est fière de toi, elle te l'a dit, alors honore la. Maintenant, rentrons et organisons pour elle, un enterrement digne de son vivant. »
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Le trajet du retour fut triste et très silencieux. Aucun des deux ne parlait. Anakin était beaucoup trop dans son chagrin et sous le choc d'avoir été proche de sombrer, quant à Obi-Wan, il ne savait quoi penser, il partageait la douleur d'Anakin, mais voir son amant dans sa folie meurtrière l'avait beaucoup plus ébranlé qu'il ne pensait, de plus, dévoiler son secret dans ces circonstances ne serait pas sans conséquence. Tôt ou tard, il devra affronter les questions d'Anakin à ce sujet, lorsque celui-ci sera libérer de son deuil.
Lorsqu'ils arrivèrent chez les Lars au petit matin, Cliegg fut le premier à les accueillir et à remarquer le corps dans le linceul de fortune. Il ne put cacher ses émotions et pleura de désespoir face à la mort de son épouse, tout en remerciant Anakin et Obi-Wan de l'avoir ramené. Owen et Beru les rejoignirent peu après et pleurèrent aussi accompagnant le père dans son chagrin.
Aujourd'hui, les Lars étaient en deuil, perdant un être de la famille qu'ils aimaient profondément. Cela réchauffa le cœur d'Anakin qui était heureux que sa mère ait pu connaître ses trois êtres bienveillants et aimants.
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Obi-Wan était fatigué, il n'avait guère dormi depuis la veille, la nuit avait été mouvementé. Cependant, il s'inquiétait de l'état mental et psychique d'Anakin et, emportant un plateau repas, il ne tarda pas à le retrouver à l'heure du déjeuner, dans le garage, s'affairant à réparer une pièce de motojet. Le Padawan remarqua son entrée mais ne dit pas un mot, se focalisant sur son travail. Obi-Wan déposa le plateau sur un des plans de travail.
« Mange un peu, Anakin, je ne veux pas que Qui-Gon me reproche de te laisser mourir de faim. » Dit-il avec une tentative d'humour.
« Je n'ai pas faim, répondit-il.
- Je suis désolé. »
Il ignorait pourquoi il s'excusait. Pour la mort de Shmi ? Pour la situation actuelle ? Pour son secret douloureux ? Pour avoir quitté l'ordre ? Il n'en savait rien.
« Je n'ai pu la sauver, je n'ai pu la venger, lâcha Anakin dans un souffle se figeant alors, stoppant son activité, je pensais…que tuer ces…monstres pourraient être un soulagement…
- Anakin…
- Mais elle ne serait pas d'accord avec ça, coupa-t-il, elle ne voudrait pas que des meurtres suivent son décès. »
Anakin eut un rire nerveux, puis enfin croisa le regard d'Obi-Wan, déposant ses outils, s'approchant de lui et l'enlaça tendrement.
« Merci…de m'avoir empêché de faire cela, murmura-t-il dans son oreille sanglotant doucement.
- Je t'en prie. »
Ils restèrent ainsi sans un mot, partageant ce moment d'intimité où leurs Forces s'entrelacèrent dans leurs liens, les isolant dans une bulle où chacun avait accès aux émotions de l'autre. Ainsi Anakin pouvait ressentir la culpabilité, la solitude, l'anxiété et le doute provenant de son amant, lui rappelant alors l'aveux qu'il avait fait lorsqu'il l'avait empêché de commettre le meurtre massif. Obi-Wan parvint alors à capter l'interrogation sourde du plus jeune.
« Obi, qu'est-ce que tu as voulu dire tout à l'heure ? Tu…as tué…un enfant ? » interrogea Anakin d'un ton qui se voulait rassurant.
Le sénateur s'écarta de lui, s'éloignant, hésitant à répondre, il n'osa même pas regarder dans les yeux du jeune apprenti, par peur de son jugement.
« Je…C'est un fardeau que je dois porter seul, tu n'as pas besoin de connaître les détails, dit-il alors.
- Non, dis le moi, insista Anakin, tu m'as empêché de sombrer dans le coté obscur, tu m'as sauvé, tu connais ma face cachée, tu l'as vu, je…voudrais porter ton fardeau, je t'en prie, ne garde pas cela pour toi…
- Ani, sais-tu pourquoi j'étais tellement en colère contre toi quand tu m'as volé ma bague anti-force ?
- Non, répondit –il en se demandant quel lien cela avait avoir.
- Eh bien, au début, alors que mon inhibiteur me servait pour me couper de la Force, ces derniers mois, cela me servait parce que j'avais peur.
- Peur de quoi ?
- Peur de tomber dans le côté obscur. C'est pour cela que quand tu as voulu tuer cette mère et son enfant, je me devais d'intervenir, quitte à ce que tu me blesses involontairement. Je ne voulais pas que tu deviennes comme...moi.
- Tu ne peux pas tomber dans le coté obscur, tu es…trop ancré dans la lumière.
- J'ai tué un enfant, déglutit Obi-Wan, je l'ai tué. »
Les traits du sénateur se crispèrent, ses yeux s'humidifièrent et ses bras s'enroulèrent autour de lui, comme un bouclier le protégeant d'un froid inexistant.
« Raconte-moi, Obi, je t'en prie… »
Le roux ferma les yeux et inspira, les lèvres tremblantes.
« Si Jango Fett veut tellement m'assassiner...C'est parce que j'ai tué son fils. »
