Bonsoir à toutes et à tous, j'espère que vous allez bien ?

Eh oui, me revoilà ! Pas avec une nouvelle fiction (pas encore ;)), mais avec l'OS de Noël que je vous avais promis et que je n'avais pas eu le temps d'écrire (les cours, mon job étudiant, Ascendant... beaucoup à gérer avant Noël). Le temps a passé et j'ai enfin eu le temps de le finir, donc le voici le voilà ! Mieux vaut tard que jamais, non ?

Pour faciliter votre lecture, sachez que les textes en italique correspondent à des Flashback, et le texte normal au présent.

J'espère qu'il vous plaira... On se retrouve en bas ?


LA BOULE A NEIGE

« La magie de Noël est silencieuse. Vous ne l'entendez pas – vous la sentez. Tu le sais. Tu y crois. »

24 décembre 2006

La musique nous berce, nous enveloppant dans une bulle cotonneuse dans laquelle rien ne peut nous arriver. Autour de nous, d'autres couples dansent, enlacés et amoureux. A travers les baies vitrées, nous pouvons voir les flocons tomber du ciel pour se déposer silencieusement sur le sol enneigé, accentuant la magie du moment.

Reposant mes yeux sur lui, mon cœur bat plus vite, comme à chaque fois que je croise son regard émeraude qui m'a tant charmée.

« Je t'aime » lui murmuré-je doucement tandis que ses mains caressent ma taille.

Un sourire prend place sur son visage avant qu'il ne pose ses lèvres sur les miennes, les yeux brillant de joie et d'amour.

Lorsque le manque d'air se fait ressentir, nous nous décollons mais mon compagnon attrape ma main gauche et la porte à sa bouche. Ses yeux brillent, mais un nouvel éclat les illumine lorsqu'il embrasse tendrement l'alliance qu'il m'a passée quelques heures auparavant, me faisant monter les larmes aux yeux.

« Je t'aime aussi. »


24 décembre 2010

Les flocons virevoltent doucement dans la nuit, tels de douces taches blanches sur le ciel chargé de lourds nuages, seulement éclairés par les lumières provenant du bâtiment. Le froid est saisissant, me piquant les joues et le nez, mais je ne bouge pas, complètement absorbée par le spectacle nocturne qui m'est offert.

Autour de moi, de nombreuses personnes vont et viennent, ne se souciant guère de moi. Certains courent, tandis que d'autres marchent tranquillement. Face au banc sur lequel je suis assise se dressent de hauts buildings qui me donnent l'impression d'être minuscule.

« Bella ? » m'interpelle une voix douce.

Jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule, je découvre Rosalie qui avance vers moi. Une fois à mon niveau, elle soupire en voyant ce que j'ai en main.

« Tu ne devrais pas fumer ça » me sermonne-t-elle tout en s'asseyant à mes côtés, remontant le col de son manteau rouge pour couvrir sa nuque.

« Je sais » je réponds avant de porter la cigarette à ma bouche.

Sentir la fumée descendre le long de ma gorge puis entrer dans mes poumons me fait un bien fou. J'ai attendu ce moment toute la journée. Lorsque j'expire, j'admire avec intérêt la fumée qui tranche sur l'obscurité du ciel.

« Il n'aimerait pas que tu fasses ça » reprit-elle, son regard perdu devant elle.

« Je sais » je répète en chuchotant, la gorge soudain nouée.

Nous restons silencieuses, chacune perdue dans ses pensées. Lorsque la cigarette s'est entièrement consumée, je me lève pour aller la jeter dans le cendrier face au banc, avant de retourner à ma place.

« Comment tu vas ? »

La voix de Rose est empreinte d'empathie. Ses yeux bleus me scrutent avec attention, et je ne peux m'empêcher de constater une fois de plus à quel point elle est belle. Ses longs cheveux dorés descendent en de magnifiques boucles jusqu'au milieu de son dos

« Je… »

Les mots me manquent et j'hausse les épaules dans le vain espoir de me faire comprendre. Rose me regarde attentivement avant de se rapprocher de moi et de me prendre dans ses bras.

« Cette période est toujours difficile » j'explique doucement contre l'épaule de mon amie, les yeux fermés pour me couper du monde qui nous entoure.

« Je comprends. »

Au loin, le son des cloches d'une église carillonne et se répercute entre les différents buildings qui composent la rue.

« Rentrons nous mettre au chaud » m'invite-t-elle en se dégageant doucement de mon étreint.

Elle se redresse et me tend les mains pour m'aider à me lever. Une fois de bout, elle ne lâche pas ma main jusqu'à ce que nous arrivions dans le hall. Au centre de ce dernier se dresse un grand sapin lumineux, spécialement décoré pour les fêtes de fin d'année.

Cette vision me ramène instantanément quelques années plus tôt.


24 décembre 2008

« Chérie ? » m'appelle une voix depuis l'entrée de l'appartement.

« Dans la cuisine ! »

Les pas se rapprochent rapidement et je sens ses bras entourant ma taille tandis qu'il pose son menton contre mon épaule.

« Bonsoir » murmure-t-il à mon oreille avant d'embrasser la peau tendre de mon cou.

« Bonsoir. »

Mes mains continuent de couper les légumes devant moi, mais mon esprit divague vers l'homme incroyablement tentateur qui se trouve derrière moi. Sentir son torse se soulever et se coller à mon dos à chacune de ses respirations fait accélérer mon cœur. Cesserai-je un jour de le désirer à ce point ?

« Tu as bientôt fini ? » me demande-t-il d'un ton taquin, légèrement marqué par son impatience. « J'ai quelque chose à te montrer. »

J'hausse un sourcil tout en le regardant par-dessus mon épaule.

« Une surprise ? Tu sais que je déteste ça… »

« Tu vas aimer celle-là, crois-moi. »

Soupirant, je lâche le couteau que je tiens en main et décide de suivre mon mari dans le salon. Lorsque j'entre dans la pièce, je m'immobilise, complètement figée par ce qui s'y trouve.

Là, emmailloté dans un filet qui permet de le transporter plus facilement, se tient un sapin. Sa tête touche presque le plafond de notre appartement et son odeur emplit déjà la pièce.

« Tu… Tu détestes les sapins » je murmure, stupéfaite.

Mon mari n'a jamais apprécié les conifères, même pour les fêtes de fin d'année. Sûrement parce que ces derniers perdent des aiguilles et salissent le sol, devenant ainsi le pire cauchemar des maniaques.

« Ca fait six ans que tu acceptes de fêter Noël avec un faux sapin » m'explique-t-il tout en se rapprochant de moi.

« Et ça me convient très… »

« Ne me mens pas, Bella » sourit-il. « Je vois bien comment tu aimes sentir l'odeur du sapin lorsqu'on va chez ton père. »

Je ne sais que répondre, submergée d'amour pour mon mari et l'effort qu'il fait pour me faire plaisir. Je sais combien les prochains jours vont être difficiles pour lui, combien la vision des aiguilles mortes va l'obséder jusqu'à ce qu'on s'en débarrasse.

« Je… Merci » dis-je avant de l'embrasser passionnément.

Nous avons passé la soirée à nous disputer quant à la décoration de notre nouveau « vrai » sapin, qui est bien plus grand que le faux qu'Edward avait insisté pour acheter leur de notre premier Noël ensemble.

Admirant le sapin qui éclaire doucement notre salon de sa lumière chaleureuse, tableau parfaitement complété par les flocons de neige qui recouvrent le toit des immeubles de Seattle, nos corps finirent par se retrouver. Nos mains courent sur le corps de l'autre, le connaissant parfaitement, avant que tous deux ne s'emboitent pour entamer la danse qui nous mènera aux portes du paradis.

Essoufflés mais comblés, nous tombons sur le canapé, restant néanmoins collés l'un à l'autre.

« Tu te souviens quand tu me parlais d'enfants ? » je lui demande soudainement, rompant le silence qui s'est installé dans la pièce.

« Hum ? »

« Je t'avais dit que je n'étais pas prête. »

Mon mari hoche la tête et ses sourcils se froncent légèrement. Ses yeux me fixent longuement, comme s'il essayait de lire en moi.

Inspirant profondément, je prononce les mots qui changeront notre vie à tout jamais.

« Je suis prête maintenant. Je veux avoir un enfant avec toi. »

Ses yeux s'illuminent tandis qu'il se penche pour m'embrasser passionnément.

« Je… Tu es sérieuse ? »

J'hoche la tête, submergée par l'émotion que je ressens face à son expression de pure joie. Sa bouche retrouve la mienne et son corps s'unit une fois de plus au moins, m'emportant dans les méandres du plaisir.

Ce Noël est un des meilleurs moments de ma vie.


La main de Rosalie presse la mienne tandis que nous traversons différents couloirs. Au détour de l'un d'eux, nous tombons sur Jasper.

« Mesdemoiselles » nous salue-t-il avec un sourire. « Comment allez-vous ? »

« C'est plutôt à nous de te poser la question » répond Rosalie, fixant les cernes qui errent sous les yeux de son frère jumeau. « Tu devrais penser à te reposer, de temps en temps. »

Jasper hausse les épaules, avant de ranger le stylo qu'il tient à la main dans la poche de sa blouse de médecin. Lorsqu'il relève les yeux, son regard bleu azur croise le mien et il m'adresse un doux sourire.

« Il dort encore. Les autres sont avec lui. »

J'hoche la tête, remerciant rapidement Jasper avant de prendre le chemin que je connais désormais par cœur. Traverser ses longs couloirs immaculés, passer devant plusieurs portes closes, d'autres légèrement entrouvertes alors qu'une infirmière distribue les plateaux-repas… Tout ceci est mon environnement quotidien depuis presque un an.

Baissant la tête, j'accélère le pas jusqu'à la porte recherchée. Numéro 1901.

Poussant doucement le battant, je vois d'abord Esmée assise dans un fauteuil, Carlisle derrière elle, une main sur son épaule. A côté d'eux, Emmett tourne le dos à la porte et regarde le ciel nocturne par la fenêtre.

Lorsqu'ils entendent la porte se refermer derrière moi, chacun d'eux m'adresse un petit sourire.

« Bella » m'accueille Esmée en se levant pour me serrer dans ses bras. « Nous allions partir, mais nous voulions te souhaiter bonne nuit. »

Derrière moi, la porte s'ouvre une nouvelle fois pour laisser apparaître Rosalie. A peine est-elle entrée dans la pièce qu'Emmett se dirige vers elle et l'embrasse sur le front.

« Alice a déjà ramené Abbey » l'informe-t-il. « Elle ne tenait plus debout. »

Je vois un éclat illuminer les yeux de Rose à l'évocation d'Abbey. Leur fille est une véritable petite poupée, le teint pâle et les cheveux sombres comme ceux d'Emmett, tandis qu'elle a hérité des magnifiques yeux bleus de sa mère.

Cette dernière se tourne vers moi, l'inquiétude plissant son front.

« Ca va aller ? » me demande-t-elle tandis qu'Emmett pose un bras sur ses épaules.

Inspirant profondément, j'hoche la tête dans un signe affirmatif.

« Oui, rentrez vous reposer. »

Chacun d'eux me serre dans ses bras tout en me souhaitant bonne nuit, rituel que nous exécutons chaque jour sans exception. Lorsqu'Esmée ferme la porte derrière eux, le silence envahit la pièce, seulement troublé par le bruit des moniteurs.

Le cœur battant, j'ose enfin poser mes yeux sur la personne allongée dans le lit. La personne que je connais par cœur. La personne qui sait exactement comment me faire vibrer. La personne que j'aime de tout mon cœur.

Edward.


13 décembre 2009

« Comment est-il possible de confondre l'Etat de Washington et la ville de Washington ? » je grogne en barrant d'un geste sec la réponse sur la copie d'un de mes élèves.

Rosalie, qui est institutrice dans la même école que moi, est venue corriger des copies à l'appartement parce que « c'est plus drôle de corriger les copies ensemble », selon elle. Je l'entends pouffer à ma remarque avant qu'elle ne revienne de la cuisine avec deux thés.

Au même moment, le téléphone fixe sonne, m'agaçant encore plus. Rapidement, je me lève et attrape le combiné.

Numéro inconnu.

Haussant les épaules, je porte l'appareil à mon oreille tout en décrochant.

« Allo ? »

« Puis-je parler à Isabella Cullen ? »

« C'est elle-même » je réponds, surprise par le formalisme et la voix grave de mon interlocuteur.

« Je vous appelle au sujet de votre mari, Edward Cullen. »

Ma respiration se coupe alors que mille scénarios envahissent mon esprit.

« Je suis désolé Madame, mais votre mari a eu un accident de voiture. Il a été transporté à l'hôpital de Seattle. »

Je ne comprends plus rien. J'ai l'impression de vivre dans un cauchemar. J'entends vaguement Rosalie me demander ce qu'il se passe, avant qu'elle ne m'arrache le combiné de la main. Mes oreilles bourdonnent et ma tête me parait lourde.

Je sens ses mains me tirer vers la porte, puis je comprends qu'elle m'installe dans sa voiture. Le trajet est un véritable calvaire. Mon cerveau fume, ne sachant pas quoi penser de la nouvelle que je viens d'apprendre. Il tourne dans tous les sens, créant des scénarios tous plus horribles les uns que les autres.

Est-il mort ? A-t-il survécu ? Gardera-t-il des séquelles ? Dans quel état vais-je le retrouver ?

Rosalie zigzague rapidement entre les voitures, pestant contre ceux qui n'avancent pas assez vite à son goût. Le regard perdu dans le vague, je n'arrive pas à me concentrer sur le moindre élément qui m'entoure.

Je vois des lumières, que ce soit celles des buildings, celles des décorations de Noël installées dans les rues de Seattle, ou encore celles des véhicules qui nous entourent.

Je vois les flocons qui s'écrasent sur le pare-brise de la voiture de Rosalie, alors même que les essuie-glaces s'agitent dans tous les sens pour les enlever.

Soudain, une vision me percute plus que tout ce que j'ai vu jusqu'à maintenant. A peine la voiture est-elle arrêtée que je m'en extirpe et cours vers les portes coulissantes menant à l'entrée de l'hôpital.

« Je suis Isabella Cullen. Mon mari Edward Cullen a été admis ici ! » je m'exclame, sans même prendre la peine de saluer la pauvre secrétaire.

Cette dernière me regarde d'un mauvais œil avant de regarder dans ses fichiers.

« Effectivement, nous avons un Edward Cullen. Il vient de sortir de la salle d'opération. Etage numéro 2. »

Sans attendre, je cours en direction des escaliers, ne voulant pas perdre de temps à attendre l'ascenseur, et courre dans la direction qui m'a été indiquée.

Lorsque j'arrive dans la section désirée, je tombe face à Jasper. Ce dernier a une mine grave qui ne m'inspire rien de bon. Lorsqu'il m'aperçoit face à lui, mon cœur tombe dans mes chaussettes en voyant ses yeux se remplir de larmes.

« Bella, je… »

« Non… » soufflé-je, refusant de croire l'horrible sentiment qui s'impose à moi.

« Edward n'est pas mort ! » s'exclame-t-il immédiatement, comprenant où mon imagination m'avait menée. « Mais il est dans le coma… »

Si aucune larme n'est apparue depuis le coup de fil, mon visage en devient immédiatement trempé alors que la réalité me frappe violemment, comme si je venais de foncer dans un mur.

« D'après ce qu'on sait, un camion a glissé sur une plaque de verglas peu avant un croisement et n'a pas réussi à freiner… »

Je ferme les yeux, refusant d'en écouter plus. Mon mari a eu un accident et il est dans le coma.

« Quand va-t-il se réveiller ? » je demande, la voix hachurée par les sanglots, le cœur brisé en mille morceaux. « Je peux le voir ? »

« Il faut que tu saches… Il a une jambe cassée et les médecins ont dû lui retirer des éclats de verre sur tout le côté gauche de son corps. »

Ma respiration se coupe à mesure que Jasper énumère les blessures de mon mari. J'ai l'impression que je vais m'effondrer.

« On le maintient dans un coma artificiel le temps que son corps se remette de ses blessures… Ca risque de prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines. »

« Je peux le voir ? » je répète impatiemment, souhaitant voir de mes propres yeux mon mari.

Je veux m'assurer qu'il n'est pas mort.

Jasper soupire avant de poser une main dans mon dos, me guidant à travers les couloirs jusqu'à la chambre 2006. Lorsque nous arrivons devant la porte, je ne peux m'empêcher d'inspirer un bon coup, espérant que cela me donnera la force suffisante pour affronter l'horrible réalité.

D'un geste nerveux, j'essuie les larmes de mes joues d'un revers de manche, puis regarde Jasper ouvrir la porte et me précéder dans la pièce. Lentement, j'entre à mon tour dans la chambre, posant immédiatement mes yeux sur le lit blanc.

Edward y est allongé, relié à une quantité infernale de machines qui bipent à chacun des battements de son cœur, signe qu'il est en vie. Son visage et son corps entier semblent recouverts de bandages, tandis qu'une de ses jambes est plâtrée. Ses yeux sont fermés, me privant de leur parfaite couleur verte, et leurs contours est bleui.

Un sanglot m'échappe alors que je m'approche du lit. Lorsque mes doigts frôlent les siens, mon cœur émet un léger soubresaut, comme si mon corps reconnaissait le corps qu'il touche.

« Je vais vous laisser » souffle Jasper, me pressant l'épaule avant de quitter la pièce.

« Oh Edward… » je murmure une fois seule dans la pièce. « Reviens-moi… »

Les heures passent, mais je ne bouge pas de ma chaise. La joue appuyée sur le matelas, le visage tourné vers lui, je ne peux détacher mon regard de son visage paisible. Ma main tient la sienne, profitant de son inconscience pour le faire.

On dirait un ange. Les traits de son visage ne sont pas froncés et sa bouche s'étire en un mince sourire, contrastant avec la douleur et l'incompréhension qui marquent son visage lorsqu'il est réveillé.

Le voir ainsi apaise mes tourments mais me brise le cœur en même temps. Pourquoi n'arrive-t-il pas à être ainsi détendu et heureux lorsqu'il est conscient ?

Au moins il se réveille, me dit une petite voix dans ma tête.

C'est vrai, pensé-je. Rien n'était pire que les semaines qui ont suivi son accident. Le voir ici, étendu, plâtré, avec des pansements et des hématomes sur tout le corps… A chaque fois je ferme les yeux, cette vision d'horreur revient me hanter et m'empêche de me rendormir.

Malheureusement, si je pensais que ces semaines à attendre son réveil étaient dures, ce n'était rien en comparaison au jour où Edward s'est enfin réveillé.


24 décembre 2009

« Cela fait plusieurs jours que nous avons arrêté de lui donner des sédatifs » m'explique le médecin en charge de son dossier. « Il ne devrait plus tarder à se réveiller pour de bon. »

« D'accord… »

Après plusieurs fausses alertes, Edward ne s'est toujours pas réveillé, amplifiant de manière exponentielle mon angoisse. Lorsque les médecins m'ont annoncé qu'ils l'avaient placé dans un coma artificiel pour permettre à son corps de récupérer plus facilement, j'ai cru que mon monde s'écroulait.

Ne voulant pas quitter ses côtés, j'en suis même venue à demander à ce qu'on mette un lit de camp dans sa chambre, afin de pouvoir être à ses côtés nuit et jour. Les médecins se sont montrés réticents, et il fallu le soutien de Carlisle et Jasper pour qu'ils acceptent enfin de me laisser rester.

C'est donc ici, dans cette chambre blanche et inhospitalière, que j'ai passé les dernières semaines de ma vie, attendant avec impatience que mon mari ouvre les yeux pour rejoindre le monde des vivants. Les journées me paraissent interminables, rythmées par les allers venues du corps médical.

Soudain, alors que je tourne la page de mon livre, un gémissement provenant du lit me fait me figer. Lentement, osant à peine y croise, je relève le visage vers le lit et mon cœur s'arrête instantanément à la vue des paupières d'Edward qui papillonnent rapidement face à la lumière de la chambre.

Ne perdant pas une seconde, je fonce à la fenêtre pour fermer les stores, plongeant la pièce dans une obscurité qui sera plus agréable pour ses yeux. En m'approchant du lit, j'appuie au passage sur le bouton pour appeler une infirmière, avant de me pencher sur le lit.

Edward remue faiblement et ses yeux ont du mal à s'ouvrir. Mon cœur bat frénétiquement dans ma poitrine, avide de croiser enfin les yeux émeraudes de celui dont je suis tombée amoureuse.

N'y tenant plus, je prends sa main gauche dans les miennes, la pressant doucement, comme pour le ramener à moi plus rapidement. Le contact de son alliance sur ma peau me fait frissonner, mais je ne détache pas mes yeux de son visage tordu par les efforts.

« Madame ? » m'appelle l'infirmière depuis la porte.

« Il se réveille ! » je m'exclame en chuchotant, ne souhaitant pas effrayer Edward. « Il se réveille ! »

L'infirmière s'approche du lit, avant qu'un sourire n'éclaire son visage.

« Effectivement. Je vais chercher le médecin. »

Aussitôt, elle quitte la pièce, me laissant seule avec mon mari. Ce dernier continue d'essayer d'ouvrir les paupières, et ses doigts commencent à presser les miens à mesure qu'il reprend pied dans la réalité.

« Edward ? » je murmure, pressée de le revoir éveillé. « Tu m'entends ? »

Ses paupières continuent de battre pendant quelques secondes, avant de se lever lentement. Très lentement. Le suspens me paraît insoutenable, me tordant l'estomac à chaque seconde qui passe.

Lorsque les yeux d'Edward se posent sur moi, un sanglot s'échappe de ma poitrine, me secouant toute entière. Le bruit qui passe mes lèvres est un étrange mélange entre le sanglot et le rire, le soulagement s'abattant sur moi tel un tsunami.

« Edward… » je répète, n'arrivant pas à croire que ce moment tant attendu est enfin arrivé.

« Soif… » balbutie-t-il d'une voix rauque, certainement due au fait qu'il n'a pas prononcé un mot depuis plusieurs semaines.

A peine a-t-il fini sa phrase que je me précipite dans la salle de bain attenante à sa chambre pour remplir un verre d'eau. Faisant attention à ne pas le renverser dans la précipitation et l'excitation, je reviens rapidement vers le lit. Passant une main derrière sa nuque, je l'aide à se redresser suffisamment pour qu'il puisse boire plus facilement.

Je le regarde boire, gorgée après gorgée, l'empêchant de vider le verre trop rapidement. Je n'arrive toujours pas à croire qu'il s'est enfin réveillé !

Dans le couloir, j'entends des pas mais personne ne rentre dans la chambre, ce qui nous laisse encore quelques instants seuls.

Lorsqu'Edward a fini son verre, je le pose sur la tablette à côté du lit et le regarde à travers les larmes qui emplissent mes yeux. Ces dernières coulent abondamment sur mes joues, emportant avec elles toute la frustration, la colère et l'inquiétude qui ont marqué ces derniers jours.

« Je suis tellement soulagée que tu sois réveillé… »

N'y tenant plus, je me penche lentement vers lui pour poser mes lèvres sur les siennes, avide de son contact. Et mon cœur s'arrête.

Seulement, ce n'est pas lié au bonheur ou à l'intensité du moment. Non. C'est bien plus douloureux que ça.

Parce que lorsque je me penche pour l'embrasser, Edward se recule avec un air choqué, les yeux écarquillés par la surprise.

« Excusez-moi mais… On se connaît ? »


Je me souviens de la sensation horrible que j'avais éprouvée à ce moment-là. L'impression que mon cœur se déchirait morceau par morceau et qu'il serait impossible de le réparer. Rien n'a jamais été plus douloureux que ça.

Etre oubliée par son propre mari.

Les médecins m'avaient trouvée en larmes, assise dos contre le mur du couloir, la respiration incontrôlable. Ils m'avaient demandé de leur expliquer la situation, mais les sanglots m'empêchaient de prononcer le moindre mot, me donnant l'impression de suffoquer.

Il m'avait fallu plusieurs longues minutes pour réussir à me calmer et pouvoir enfin expliquer ce qui était arrivé quelques instants plus tôt. Aussitôt, les médecins me rassurèrent, affirmant que les troubles de mémoire étaient fréquents suite à un traumatisme crânien, mais qu'ils n'étaient que temporaires.

Il fallut du temps pour qu'il se souvienne de ses propres parents, faisant pleurer Esmée à chaque fois qu'elle venait le voir et qu'il ne la reconnaissait pas. Mais au bout de plusieurs visites, cette dernière vint avec un album photo qui retraçait l'enfance d'Edward, Emmett et Alice. A force de le feuilleter, Edward retrouva des brides de souvenirs. Lorsqu'il réussit à parler de certaines anecdotes de son enfance, nous y vîmes tous une lueur d'espoir, heureux de constater que son amnésie n'était pas irréversible.

Malheureusement, Edward ne se souvient toujours pas de moi. Les médecins n'ont aucune explication, ce qui me frustre encore plus. Constater que mon mari arrive à se souvenir de chacun des membres de sa famille mais qu'il n'arrive pas à se remémorer qui je suis m'engloutit dans un tourbillon de sentiments contradictoires.

J'ai d'abord éprouvé de la compassion pour Edward, essayant de me mettre à sa place, comprenant que ne plus se souvenir de rien devait être frustrant. Après plusieurs jours à lui parler de nous, de notre quotidien, de nos voyages, aucun souvenir ne lui était revenu, me plongeant dans une colère noire.

J'en ai voulu au monde entier, maudissant le chauffard qui n'avait pas réussi à s'arrêter et qui avait percuté la voiture de mon mari. J'en ai voulu aux médecins, les injuriant lorsqu'ils m'affirmaient ne pas savoir d'où venait ce blocage. J'en ai voulu à la famille d'Edward, parce que ce dernier se souvenait d'eux mais pas de moi. Et j'en ai voulu à Edward pour ne pas se souvenir de moi.

Puis la colère a laissé place à une profonde tristesse. Je ne compte plus les nuits que j'ai passées à me morfondre, pleurant, m'imaginant que plus jamais je ne retrouverai mon mari. Je ne compte plus le nombre de fois où les larmes me sont montées aux yeux en constatant qu'Edward me considérait comme une simple connaissance assez gentille pour lui rendre visite à l'hôpital.

Parce que oui. Malgré le fait qu'Edward ne se souvient pas de moi, j'ai insisté auprès de sa famille pour pouvoir continuer à rester auprès de lui. Lorsque je lui ai annoncé que je n'avais pas quitté son chevet depuis son arrivée dans cette chambre, il m'a d'abord regardée d'un air surpris, avant de finalement hausser les épaules et de me dire que je n'avais qu'à faire comme bon me semblait.

Toutefois, à force de passer nos journées ensemble, j'ai réussi à nouer une nouvelle relation avec lui. A défaut d'avoir une relation de couple, nous avons fini par devenir amis, jouant à des jeux de société ensemble, regardant la télé, critiquant les personnalités publiques qui apparaissaient dans les magazines people fournis par Alice.

Et cette nouvelle relation me donne de l'espoir.

De temps en temps, je retourne à notre appartement pour laver mes vêtements des deniers jours et en prendre de nouveaux. J'en profite toujours pour ramener quelque chose qui nous a appartenu à Edward et moi. Parfois, c'est une simple babiole ramenée d'un de nos voyages. D'autres fois, ce sont des photos.

Aujourd'hui, j'ai ramené la boule à neige qu'Edward m'avait offerte alors que nous étions au pays du Père-Noël. J'espère qu'elle lui permettra de débloquer ses souvenirs…


24 décembre 2005

Les flocons de neige virevoltent autour de nous, rendant la scène encore plus magique. Main dans la main, nous déambulons au travers les rues du village du Père-Noël jusqu'à atteindre la patinoire géante qui se situe au centre du village.

Chaque maison et boutique est décorée pour l'occasion, permettant aux visiteurs de s'immerger totalement dans l'ambiance festive des fêtes de fin d'année. Les lumières brillent de milles feus, éclairant les rues pavées recouvertes de neige, égayant le ciel nocturne duquel tombe des milliers de flocons.

« Tu n'as pas froid ? »

La voix tendre de mon compagnon me tire de ma contemplation. Lorsque je pose mes yeux sur lui, je suis immédiatement saisie par la profondeur de son regard émeraude, qui me donne toujours l'impression de compter parmi les merveilles du monde.

Un doux sourire étire mes lèvres alors que je presse sa main gantée de la mienne.

« Du tout » je l'assure. « Dépêchons-nous, j'ai envie de patiner ! »

Edward rit avant de lâcher ma main pour passer son bras autour de mes épaules afin de me serrer davantage contre lui. Lorsque nous arrivons à la place centrale, cette dernière est occupée par de nombreuses personnes, que ce soit des couples ou des familles. Des rires jaillissent d'ici et là, donnant une atmosphère chaleureuse et réconfortante, à l'instar de tout le reste du village.

« Attends-moi là, je vais chercher nos patins » me dit Edward lorsque nous arrivons devant un banc qui borde la patinoire.

J'hoche la tête et il m'embrasse sur le front avant de se diriger le stand de location de patins. Détachant mon regard de lui, je me concentre sur le paysage qui m'entoure.

Les maisons qui encadrent la place ressemblent davantage à des chalets, toutes faites de rondins de bois. Décorées pour l'occasion, il n'y en a pas deux qui se ressemblent. Des enfants courent à travers la place, s'envoyant des boules de neige sans se soucier de bousculer les passants autour d'eux, perdus dans leur jeu. Sur la glace, de nombreuses personnes patinent en rythme avec les musiques de Noël qui sortent des haut-parleurs, un immense sourire plaqué sur leur visage.

La joie semble être omniprésente ici.

Plusieurs minutes s'écoulent tandis que j'attends Edward, mais je ne bouge pas, profitant de l'ambiance festive qui règne en cet instant. J'ai toujours rêvé de visiter la Laponie, et plus précisément le village du Père-Noël, et Edward m'a fait la surprise de réserver une semaine de vacances ici, juste avant Noël.

Notre séjour touche à sa fin, me serrant le cœur, mais les moments que nous avons passés ici resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Les balades en traîneau, les promenades en raquette, nos nuits d'amour devant la cheminée du chalet que nous avons loué…

Je frissonne en repensant à ces bons moments, mais je reprends pied avec la réalité lorsqu'Edward s'accroupit devant moi, deux paires de patins à la main.

« Si Madame veut bien se donner la peine… » me charrie-t-il en défaisant les lacets d'un patin, son éternel sourire en coin sur le visage.

Rigolant, je retire ma botte et glisse mon pied dans le patin. Alors que je me penche pour le lasser, Edward repousse mes mains d'un geste doux avant de poser ma jambe sur les siennes. Tendrement, ses mains s'attèlent à lacer le premier patin.

Même si Edward a toujours fait preuve d'une grande tendresse à mon égard, je ne peux empêcher mon cœur d'accélérer. L'amour qu'il me porte est sensiblement le même que celui que je lui porte, me confirmant qu'il est bien l'homme que j'ai attendu toute ma vie. Il est mon âme-sœur.

Edward répète les mêmes gestes avec ma seconde jambe avant de rapidement chausser ses propres patins. Mon cœur palpite plus fort dans ma poitrine tandis que je l'observe s'activer, des flocons de neige se déposant dans ses mèches cuivrées.

Lorsqu'il relève les yeux vers moi, un doux sourire apparaît sur son visage. Sans que je ne m'y attende, il se penche vers moi et dépose ses lèvres sur les miennes, m'embrassant tendrement. Je réponds avidement à son baiser, ravie de le sentir contre moi.

Je n'en aurai jamais assez de lui.

Alors que nos lèvres se décollent pour nous permettre de reprendre notre respiration, je le sens fouiller dans son sac à dos à ses côtés. Fronçant les sourcils, je me détache rapidement pour regarder ce qu'il fabrique.

Ses longs doigts fins disparaissent dans la pochette de son sac, d'où il en extrait un paquet cadeau joliment emballé. L'incompréhension doit se lire sur mon visage, entraînant le rire d'Edward tandis qu'il me tend le paquet.

Ce dernier est de taille moyenne mais assez lourd, ce qui me surprend et me fait davantage froncer les sourcils.

« Ouvre » me presse Edward, le regard aussi joyeux que celui d'un enfant qui offre un cadeau à ses parents le jour de leur fête.

« Tu sais ce que je pense des surprises… » je marmonne, glissant tout de même mes doigts sous le scotch pour défaire l'emballage.

Lorsque le papier révèle une boîte carrée, je lève les yeux sur le visage impatient d'Edward. La curiosité prend le dessus et je me dépêche de lui obéir, glissant mes doigts autour de la boîte afin d'en défaire le couvercle, me révélant une magnifique boule à neige.

Cette dernière représente un sapin enneigé, autour duquel sont dispersés plusieurs chalets. Des personnages patinent autour du sapin et des maisons, représentant magnifiquement la scène qui se joue devant nous actuellement.

« Je sais que tu collectionnes les boules à neige » m'explique Edward, son regard brûlant mon profil. « Je voulais que tu aies un souvenir de ce voyage à ramener à Seattle… »

Je ne le laisse pas finir, entourant son cou de mes bras pour le serrer contre moi. Mon cœur se serre face à l'attention d'Edward, me faisant tomber encore plus amoureuse de lui. Comment est-il possible qu'à chaque fois que je pense ne pas pouvoir l'aimer plus que je ne le fais déjà, il arrive à me démontrer le contraire ? Cet homme est incroyable. Et cet homme est à moi.

« Merci, merci, merci » je soupire en déposant une myriade de baiser sur son visage, embrassant tour à tour ses joues, son nez et sa bouche.

« Heureux que ça te plaise » murmure-t-il avant d'encadrer mon visage de ses mains pour me maintenir en place et coller ses lèvres aux miennes.

« Je t'aime » je souffle contre ses lèvres.

« Je t'aime aussi. »


Je jette un coup d'œil vers mon sac, dans lequel j'ai glissé la boule à neige avant de revenir à l'hôpital. Dans le lit, Edward commence à remuer, signe de son réveil imminent.

Patiemment, je le regarde remuer de plus en plus, se tournant et se retournant dans les draps, jusqu'à ce que ses yeux s'ouvrent doucement. La petite lampe de chevet à côté de son lit projette une lumière tamisée dans la pièce, évitant ainsi qu'il ne soit ébloui en se réveillant.

Lorsque ses yeux verts que j'aime tant se posent sur moi, un petit sourire étire ses lèvres.

« Salut » me dit-il tout en se redressant dans le lit. « Ca va ? »

J'hoche la tête, le regard toujours posé sur lui. Le voir ici me donne la sensation qu'on me torture l'estomac, le tordant à mains nues.

Nous ne devrions pas être ici.

Nous devrions être dans notre appartement spécialement décoré pour l'occasion, entourés de notre famille pour manger la traditionnelle dinde de Noël. Le sapin devrait illuminer la pièce, faisant pester Edward contre les aiguilles qu'il perdrait, son côté maniaque le forçant à nettoyer le sol tous les jours pour ne pas faire une crise. Nous devrions déballer nos cadeaux, rire et chanter des chants de Noël.

Nous ne devrions pas être ici, dans cette chambre froide et impersonnelle d'hôpital. Edward devrait porter une magnifique chemise qui le mettrait en valeur, et non pas un de ces hideux pyjamas qu'il ne quitte pas depuis son arrivée ici.

Nous devrions nous blottir l'un contre l'autre, heureux de passer un Noël de plus ensemble, toujours aussi amoureux. Nous ne devrions pas être ici, séparés par l'amnésie d'Edward, nous comportant comme de simples amis.

Rien de tout ça n'était juste.

D'un commun accord, les Cullen et moi avions convenu il y a quelques jours que nous ne fêterions pas Noël cette année. Premièrement, aucun de nous n'a la tête à faire la fête. Deuxièmement, fêter Noël sans Edward ne rime à rien.

Cela fait un an qu'Edward s'est réveillé de son coma, mais les médecins refusent de le laisser quitter l'hôpital. Son amnésie et les dégâts qu'il a subis lors de l'accident lui demandent beaucoup de rééducation, de séances chez le psychologue et chez le kiné. Même si sa santé physique s'améliore, les médecins se penchent avec intérêt sur le cas de son amnésie, étonnés qu'il se souvienne de presque tout sauf des souvenirs qui me sont liés. Impossible pour lui de quitter l'hôpital dans cet état.

Cette année sera donc une année sans Noël, ce qui me serre le cœur.

Edward m'arrache à mes pensées en se penchant pour attraper la télécommande de la télévision. Sans un mot, il navigue à travers les chaînes jusqu'à tomber sur une qui passe des musiques de Noël, me plongeant un peu plus dans la mélancolie de ne pouvoir fêter cette soirée comme je l'aurai souhaité.

Edward écoute avec intérêt les chants de Noël, et ce pendant ce qui me semble des heures. Soudain, je ne supporte plus de le voir aussi indifférent à mon égard. Je ne supporte plus que mon mari ne me reconnaisse plus. Je ne supporte plus de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras comme j'en aurais envie, de ne pas pouvoir l'embrasser avec tout l'amour que je ressens pour lui.

N'y tenant plus, je me lève et attrape la hanse de mon sac.

« J'ai quelque chose à te montrer » dis-je à Edward tout en ouvrant la fermeture éclair du sac.

Fouillant dans la pochette, mes doigts frôlent le verre froid de la boule à neige, cachée au milieu de mes vêtements pour amortir les éventuels chocs. Lorsque je l'extraie du sac, je remarque le regard attentif qu'Edward me porte.

« Qu'est-ce que c'est ? » me demande-t-il avec un intérêt non feint.

Lentement, les yeux fixés sur l'objet entre mes mains, je vais m'assoir sur le lit à côté d'Edward. Dans ma vision périphérique, je le vois pousser ses jambes pour que je puisse m'assoir, avant de se redresser un peu plus dans le lit.

Je ne sais pas du tout comment procéder. Devrais-je y aller en douceur ? Devrais-je tout lui dire d'emblée ? Quelle technique marcherait le mieux ? Quelle solution me permettrait de me ramener mon mari ?

« Je ne sais pas exactement de quoi tu te souviens… » je commence doucement, n'osant pas lever les yeux vers lui. « Mais regarde. »

Je secoue doucement mes mains avant d'ouvrir mes doigts, laissant apparaître la boule à neige. A l'intérieur du verre, les flocons artificiels flottent et semblent danser autour du sapin, des maisons et des patineurs.

Cette vision me fait monter les larmes aux yeux, me rappelant avec émotions le moment où Edward me l'a offerte. Mon cœur se serre en se souvenant du regard amoureux qu'il a posé sur moi en me tendant son présent.

Je cligne des yeux, espérant que ce simple geste me permettrait de chasser les larmes. A mes côtés, Edward ne bouge pas, le regard fixé sur la boule à neige.

Lentement, il tend la main vers les miennes et s'empare de l'objet. Ses longs doigts fins tournent et retournent la boule entre eux, ses yeux l'examinant sous toutes les coutures, comme s'il essayait de percer le mystère l'entourant.

Soudain, alors que les derniers flocons se déposent sur le toit des chalets, sa respiration devient hachurée.

« Edward ? » je m'inquiète, posant une main sur les siennes, qui tiennent toujours la boule à neige. « Tu vas bien ? »

Plusieurs secondes passent et le silence s'installe entre nous, semblant s'étirer pendant des heures, accentuant la pression qui m'engloutit.

« Edward ? » je répète, n'aimant pas son mutisme.

Il cligne des yeux, puis son regard pénétrant croise le mien, arrêtant mon cœur.

« Je… »


24 décembre 2005 – PDV Edward

Le rire de Bella est la plus douce mélodie que je n'ai jamais entendue. Mes oreilles apprécient cette chanson, la chérissant et l'imprimant dans ma mémoire. Ses yeux brillant me fixent, remplis d'amour et de joie, tandis qu'elle patine gracieusement autour de moi, me faisant tomber un peu plus amoureux d'elle.

Cette fille m'a complètement ensorcelé. Depuis le premier jour.

Son regard lorsqu'elle a découvert la boule à neige que j'ai achetée quelques jours plus tôt me revient en mémoire, faisant accélérer les battements de mon cœur.

Je suis complètement amoureux d'elle.

Emmett se moquerait sûrement de moi et mes sentiments de « tapette ». D'après lui, un homme se doit d'être « un gros dur » et pas « une lavette sentimentale ». Ce sont ses mots, pas les miens.

Mais avec Bella, difficile de rester insensible. Cette fille maladroite et timide s'est révélée être la personne que j'aime le plus au monde. Je donnerai tout pour elle, pour qu'elle soit heureuse. Et je bénis chaque jour passé à ses côtés.

La poche de ma veste se fait soudainement lourde, comme pour me rappeler mon prochain objectif. Il est temps.

Alors que Bella passe une nouvelle fois devant moi en riant, je l'attrape par le bras et la colle contre mon torse. Son rire résonne à mes oreilles tandis qu'elle embrasse mon cou, laissant son nez froid glisser le long de ma jugulaire, me faisant frissonner.

Encadrant son visage de mes mains, je repousse les mèches folles qui s'échappent de son bonnet et admire les rougeurs qui couvrent ses joues. Le bout de son nez est rouge et chacune de nos respirations provoquent un nuage de fumée, témoignant du froid glacial qui règne dans la région.

Malgré ça, elle reste magnifique. Parfaite. Pour moi.

« Je t'aime » je murmure contre ses lèvres, sentant qu'un doux sourire étire les siennes.

« Je t'aime aussi. »

Sa bouche se colle à la mienne et nos langues se mêlent, se retrouvant puis se bagarrant tendrement, jusqu'à ce que nous soyons obligés de nous décoller pour reprendre notre respiration.

« Merci pour ce voyage » chuchote-t-elle, les yeux toujours fermés, tandis que nos fronts se collent l'un à l'autre. « Il était incroyable. Je ne l'oublierai jamais. »

Mon cœur s'accélère à ses paroles. C'est le moment.

« Et encore… » commencé-je. « Tu n'as pas tout vu. »

Bella décolle son front du mien et recule de quelques centimètres, observant avec attention mon visage. Sachant pertinemment qu'elle peut voir que quelque chose m'occupe l'esprit, je ne lui laisse pas le temps de se poser davantage de question.

Inspirant profondément, je glisse une main dans ma poche tout en posant un genou sur la glace, prenant garde à ne pas tomber.

« Qu'est-ce que… »

La voix de Bella n'est qu'un murmure, mais ses yeux suivent le moindre de mes mouvements, s'écarquillant à mesure qu'elle semble prendre conscience de la situation.

Dans ma poche, mes doigts attrapent enfin l'objet recherché. Je laisse mes doigts le caresser une dernière fois, sachant que dans une seconde il ne serait plus un secret. Autour de nous, les patineurs se sont arrêtés, semblant attendre avec impatience la suite des évènements.

« Bella… »

Mon estomac se tord alors que les mots restent bloqués dans ma gorge. Je me suis répété le discours une centaine de fois et ne pas réussir à lui dire m'énerve prodigieusement.

Ses yeux chocolat fixent mon visage avec intensité. L'émotion y transparait, ainsi que l'amour. C'est cette vision qui me donne la force de continuer.

« Bella, j'ai toujours rêvé de te faire la demande parfaite. J'ai même appris par cœur un discours que j'ai répété des dizaines et des dizaines de fois, voulant que tout soit absolument parfait. J'ai trouvé le lieu parfait, le moment parfait, la fille parfaite… Je vais essayer d'être à la hauteur. »

Bella lâche un son qui se situe entre le rire et le sanglot. Ses yeux pétillant de joie ne quittent pas les miens.

« Depuis le premier jour… Je… Tu… Tu m'as tout de suite attiré, et depuis je n'arrive pas à imaginer ma vie sans toi. Et je ne veux pas avoir à le faire. »

Autour de nous, le silence règne, chacun attendant la suite.

« Je ne veux pas vivre sans toi, Bella. Je veux dire… Tu supportes mes caprices de maniaque ! Tu dois sacrément m'aimer pour réussir à le faire ! »

Cette fois, Bella rigole franchement, les larmes roulant doucement le long de ses joues rouges.

« Et je remercie tous les jours le destin de t'avoir mise sur ma route. Tu es la personne avec qui je veux faire ma vie, me marier, avoir des enfants. »

Lentement, j'ouvre l'écrin de velours et le présente à Bella, espérant de tout cœur que la suite ne serait que bonheur pour nous. Inspirant profondément, j'ose enfin prononcer les mots qui m'ont tant fait peur.

« Je t'aime, Bella. Comme je n'ai jamais aimé personne et comme je n'aimerai jamais plus. Acceptes-tu de m'épouser ? »

A peine ai-je fini ma phrase qu'un petit corps s'abat sur moi, me renversant en arrière sur la glace. Des rires lointains me parviennent, mais je n'arrive pas à détacher mon regard de la personne qui m'a foncé dessus, à présent allongée sur moi.

Ma Bella.

Ses larmes dévalent ses joues et éclaboussent mon visage, emportant son maquillage par la même occasion. Mais même là, elle est magnifique.

Lorsqu'elle se penche vers moi, son parfum si familier m'emplit les narines et je savoure cette odeur. Ses lèvres frôlent mon oreille, puis son souffle me chatouille la joue quand elle murmure.

« Oui. »

Mon cœur s'arrête instantanément à ce mot. Un mot unique. Mais un mot qui chamboule nos vies à tout jamais.

« Oui ? » je demande, voulant être certain que je n'ai pas rêvé.

Bella se redresse légèrement et frôle mon nez du sien dans un geste tendre.

« Oui » murmure-t-elle une seconde fois contre mes lèvres, m'engloutissant dans un tourbillon de joie et d'amour.

Il est temps de commencer un nouveau chapitre de notre histoire.


PDV Bella

Les yeux d'Edward sont toujours dans les miens, faisant accélérer dangereusement les battements de mon cœur, me donnant l'impression qu'il pourrait jaillir de ma poitrine pour rejoindre celui d'Edward.

Alors que le silence s'étire et que j'ai l'impression que je vais exploser, la bouche d'Edward s'ouvre une fois. Puis se referme. Puis s'ouvre à nouveau. Ses yeux continuent de fouiller les miens avec intensité, me retournant l'estomac.

Soudain, alors que la pression menace de me faire exploser, la voix d'Edward résonne dans la pièce, atteignant mes oreilles. Mon cœur s'arrête à ses mots, tandis que mon cerveau tente de traiter l'information.

Lorsqu'il le fait, mon cœur reprend ses battements de manière encore plus frénétique et les larmes me montent aux yeux, débordant et roulant sur mes joues sans que je ne puisse les en empêcher.

Ces mots sont ceux dont j'ai rêvé depuis un an. Et il les a enfin dits.

« Je me souviens de tout. »


Un an plus tard... 24 décembre 2011

« Bella ? »

« Dans la cuisine ! »

La minuterie du four enclenchée, je retourne dans la salle à manger pour vérifier que rien ne manque à table. Au même moment, Edward sort de notre chambre, la tête baissée vers le nœud de cravate qu'il essaie de nouer. Sa chemise noire le met sublimement en valeur, faisant accélérer les battements de mon cœur.

Il s'arrête au milieu de la pièce, les sourcils froncés sous la concentration. Rigolant, je m'approche de lui et chasse ses mains de la cravate.

« Je m'en occupe » ris-je en attrapant le tissu pour le nouer.

« D'habitude j'y arrive » marmonne Edward d'un ton boudeur.

Mes doigts travaillent habilement sur sa cravate, terminant rapidement le nœud.

« Tu es magnifique » me complimente-t-il avant d'embrasser mon front.

« Tu n'es pas mal non plus » je lui réponds en tapotant son torse de ma main.

Edward passe ses bras autour de moi, me serrant tendrement contre lui. Lorsque ses lèvres saisissent les miennes, mon estomac tressaute et mon cœur se gonfle de bonheur. Jamais je ne me lasserai de lui.

Ses mains courent le long de ma taille, allant jusque dans mon dos. Je souris lorsque je sens la respiration d'Edward se couper alors qu'il atteint la peau découverte de mon dos.

« Comment vais-je pouvoir résister jusqu'à ce soir ? » demande-t-il d'une voix torturée.

« Patience, Monsieur Cullen. »

« Ma famille arrive dans combien de temps ? »

« Dans un peu plus de dix minutes » dis-je après avoir jeté un coup d'œil à l'horloge du salon.

« Ca nous laisse le temps de… »

Ses sourcils se haussent de manière suggestive, ce qui me fait rire.

« Hors de question ! »

« Mais Bella… » râle-t-il.

« J'ai quelque chose pour toi » dis-je immédiatement, l'interrompant dans ses jérémiades.

« Les cadeaux doivent être distribués à minuit » se moque-t-il d'un air narquois.

« Je sais, mais je suis trop impatiente. »

Arrivant devant le sapin, je retire du tas de cadeaux un petit paquet rectangulaire. Lorsque je me retourne, je constate qu'Edward paraît perplexe.

« Ouvre. »

Ses yeux émeraudes fixent mon visage, fouillant mes yeux comme s'ils essayaient de découvrir la vérité. J'essaie de toutes mes forces de ne rien laisser paraître, même si intérieurement j'ai envie d'exploser.

Lentement, Edward défait l'emballage, puis ses doigts attrapent le couvercle de la boîte et le soulèvent. Mon cœur bat puissamment à mes oreilles, mais mes yeux restent fixés sur le visage de mon mari.

Lorsque son regard se pose sur le contenu de la boîte, je vois d'abord une lueur d'incompréhension apparaître sur son visage, avant qu'il ne se fige. Ses yeux s'écarquillent sous l'effet de la surprise et sa bouche s'entrouvre.

« Bella… » souffle-t-il en relevant le regard vers moi.

Je peux y lire toute l'émotion qu'il ressent. J'y vois de la surprise, de la joie, mais surtout de l'amour. Ce même amour qui lui a donné le courage de m'inviter à sortir la première fois. Ce même amour qui lui a donné l'envie de me demander en mariage. Ce même amour qui m'a donné l'envie d'avoir un enfant avec lui.

« Tu… Tu… »

Il bafouille sous l'émotion, comme s'il peinait à reprendre pied avec la réalité. Sa surprise me fait sourire, et je me rapproche de lui jusqu'à poser mes mains sur ses joues.

« Je… Je vais… Je vais devenir papa ? »

Sa voix est nouée par l'émotion, et une boule se forme dans ma gorge. Les larmes me montent aux yeux et mon cœur se serre devant tant d'émotions.

« Oui » dis-je simplement.

A peine ai-je fini ma phrase que les bras d'Edward entourent ma taille et me soulèvent dans les airs, nous faisant tournoyer sous ses rires.

« Je vais être papa ! » hurle-t-il avant de me reposer par terre.

Ses mains entourent mes joues et ses lèvres se plaquent aux miennes, nous entraînant dans un baiser passionné.

« Merci, merci » murmure-t-il contre ma bouche, avant de parsemer mon visage de baisers.

Tendrement, comme s'il ne voulait pas me briser, il laisse ses mains errer le long de mon corps. Sa bouche descend le long de mon cou, embrassa mon épaule droite, remonte à mes lèvres. Ses mains sur ma taille se font douces, y traçant des cercles d'un geste lent.

Ses yeux plongés dans les miens, Edward se met à genoux devant moi et approche son visage de mon ventre.

« Je n'arrive pas à y croire » souffle-t-il, la voix rauque.

« Pourtant, tu seras bien obligé d'y croire quand je serai grosse comme une baleine » ris-je.

« Tu seras toujours aussi belle » murmure-t-il en embrassant mon ventre encore plat. « Je t'aime tellement. »

Mon cœur s'arrête puis repart plus puissamment, complètement retourné devant tant d'amour.

« Je t'aime aussi. »

Nos mots résonnent comme la promesse d'un avenir heureux. Malgré les difficultés que nous avions eues à traverser, nous nous étions relevés, plus unis et amoureux que jamais. Et nous allions devenir une famille.

La route a été longue et difficile, mais nous avons réussi à avancer. Et le futur promet d'être encore plus beau.

Lorsqu'Edward se relève pour poser une fois de plus ses lèvres sur les miennes, je ressens tout l'amour qu'il a pour moi, et l'amour que j'ai pour lui me submerge instantanément.

Oui, nous allions être heureux. Et ce pour toujours.


J'espère que cet OS vous a plu et que je ne vous ai pas perdu avec tous ces flashback à répétition ? Dites-le moi en commentaire ! J'ai hâte de vous lire à nouveau :)

J'espère vous retrouver bientôt pour ma nouvelle fanfiction, qui est actuellement en préparation... ;)

En attendant, prenez soin de vous.

A très bientôt !

Girlonfire