Bonjour à tous!

Je vous propose de découvrir ma première fic sur le couple Malec. Nos chouchous évoluent ici dans un univers alternatif donc pas de magie, hormis celle du cirque! Il s'agit ici de la première partie de cette histoire, je travaille encore sur la seconde partie, mais j'avoue être en panne d'inspiration... Vos reviews me redonneront peut être ce qui me manque! :)

J'espère que ce premier chapitre vous plaira, je pense en publier plus ou moins un par semaine, selon vos retours.


Le chapiteau se dressait, majestueux, le rouge de la toile tendue tranchait avec le ciel bleu. Installé dans une grande prairie, on pouvait apercevoir des caravanes; probablement les logements des artistes; ainsi qu'un enclos accueillant de superbes chevaux à la robe d'un noir de jais, de part et d'autre de la gigantesque tente. Le cirque Alicante était le plus réputé du pays, faisant salle comble à chacune de ses représentations. Spécialisé dans la voltige aérienne et les acrobaties, Alicante tranchait avec la tradition des cirques avec dressage de fauves et autres clowns, et proposait des numéros à couper le souffle.

Le soleil était déjà haut dans le ciel, et jetant un œil à sa montre à gousset, Magnus Bane remonta le col de son manteau en brocard pour se protéger de la brise marine et avança d'un pas décidé vers le chapiteau, bien qu'un peu stressé de ce qui l'attendait à l'intérieur.

Le jeune homme de vingt-cinq ans était artiste, et plus particulièrement artiste de cirque. Il avait quitté l'Indonésie 5 ans auparavant pour rejoindre les États Unis suite au décès de ses parents, et cherchait à se faire engager dans une troupe de cirque depuis. En effet il était acrobate depuis sa jeunesse et en était tellement passionné qu'il avait fait le choix d'en faire son gagne pain. Quelques semaines plus tôt, il avait eu la bonne surprise d'être contacté par le propriétaire du cirque Alicante qui souhaitait le rencontrer en vue d'une embauche.

Franchissant l'entrée du chapiteau, Magnus aperçut la vaste piste en son centre. Deux artistes répétaient un numéro de main à main, un jeune homme blond portait à bout de bras sa partenaire en équilibre sur un pied, le corps gainé en un parfait arabesque.

Magnus approcha doucement, fasciné par la maîtrise des deux artistes, il pouvait voir la confiance absolue que se portaient ces deux-là. Le blond donnant une impulsion fit virevolter la jeune femme rousse avant de la rattraper délicatement dans ses bras. L'asiatique applaudit doucement faisant se retourner les artistes qui l'observèrent surpris de voir un inconnu ici.

— Hem... Salut, qui est-tu? demanda le blond en posant sa compagne au sol.

— Désolé, je ne voulais pas vous déranger, je...

— Magnus Bane? l'interrompit une voix dans son dos.

L'asiatique se retourna et vit un homme de haute stature s'avancer vers lui. Il portait un costume noir sur une chemise tout aussi sombre, un tatouage dépassait du tissus dans son cou, une barbe courte ornait son visage et son crâne était rasé. Ses yeux sombres peu amène se posèrent sur le jeune homme devant lui.

— Oui, c'est moi, répondit Magnus.

— Je suis Robert Lightwood, le propriétaire de ce cirque, suivez-moi, dit l'homme en s'éloignant déjà, au travail vous autres, ajouta t'il à l'adresse des acrobates.

Robert entraîna le jeune homme dans son bureau où il s'installa dans son grand fauteuil laissant la chaise en face de lui libre pour Magnus. Il observa l'asiatique en silence tandis que celui-ci prenait place devant lui. Il portait un long manteau en brocart grenat par dessus un pantalon noir moulant, un enchevêtrement de colliers en tout genres pendait sur sa poitrine et ses mains aux doigts manucurés de noir portaient de nombreuses bagues et chevalières. Il était coiffé en épis, des mèches colorées parsemaient sa chevelure brune, ses yeux mordorés étaient ombrés de noir et un fin cercle de barbe courte encadrait la bouche et le menton du jeune homme. Le propriétaire se dit que le style vestimentaire de Bane laissait à désirer, mais après tout si il était aussi talentueux que sa réputation le disait, il pouvait bien porter un tutu qu'il s'en moquerait comme de sa première chemise.

— Monsieur Bane, bienvenue au cirque Alicante, je vous ai fait venir car nous avons besoin de nouveau dans nos numéros, vos spécialités son la roue cyr et les sangles aériennes il me semble? questionna l'homme en jetant un œil aux documents sur son bureau.

— Tout à fait, Monsieur Lightwood, je serais honoré de rejoindre votre troupe, acquiesça Magnus avec un sourire.

— Bien, vous êtes engagé, votre réputation vous précède Mr Bane, je suis convaincu que vous serez un vrai atout pour ce cirque, fit l'homme avec un sourire en se levant et ouvrant la porte du bureau.

Un jeune homme apparut derrière, visiblement il s'apprêtait à frapper à la porte et suspendit son geste.

— Bonjour Mr Lightwood, les nouvelles caravanes viennent d'arriver, le livreur attend votre contrôle.

— Très bien, j'y vais, répondit Robert, et se tournant vers sa nouvelle recrue, il lui dit: Simon va vous faire visiter les lieux et vous présenter la troupe, vous prendrez vos appartements dans l'une des nouvelles caravanes dès ce soir, en attendant mettez-vous au travail, nous avons une représentation dans deux jours, je veux que vous en fassiez partie.

A ces mots, le propriétaire partit, laissant en plan l'asiatique et son guide improvisé. Ce dernier s'avança et tendit la main vers Magnus avec un sourire.

— Simon Lewis, pour te servir.

— Magnus Bane, répondit le jeune homme en serrant la main tendue.

Simon fit visiter le cirque à Magnus, lui montrant les coulisses et les divers agrès qu'ils pratiquaient. Il lui appris que lui même était spécialisé dans la corde lisse, mais faisait également un numéro de cadre russe avec sa compagne Isabelle. De plus, il pratiquait le trapèze volant avec le reste de la troupe pour le final du spectacle.

— Tu verras, d'ici quelques temps tu pourras nous rejoindre au trapèze! dit Simon alors qu'il arrivaient dans une clairière derrière le chapiteau.

Magnus marqua un arrêt lorsque ses yeux se posèrent sur mât chinois dressé devant lui. Un jeune homme torse nu y était accroché à l'horizontal, son corps puissant gainé à l'extrême pour maintenir la position. L'asiatique distinguait une chevelure noir corbeau et des tatouages sur la peau pâle de l'acrobate lui conférant une beauté angélique. Apercevant les visiteurs, l'équilibriste sauta au sol, attrapa une serviette et approcha en s'essuyant la nuque. Les yeux de Magnus ne l'avaient pas trompé, de près cet homme était tout simplement à tomber, un torse puissant à la peau claire, de beaux tatouages abstraits éparpillés sur le ventre, les bars ou les épaules, le plus beau étant sans nul doute celui courant dans le cou de l'apollon, et qui suivait les muscles de sa gorge. Ses cheveux noirs tombaient sur son front, encadrant un visage lisse d'une grande beauté, et pour parfaire le tableau, d'extraordinaires yeux bleu cobalt qui l'observaient avec une curiosité non feinte.

— Simon, qui est-ce? questionna l'adonis.

L'asiatique sortit de sa transe en clignant des yeux et rougissant légèrement murmura:

— Magnus Bane.

— C'est notre nouvelle recrue, ton père l'a engagé pour son numéro de roue cyr et de sangles aériennes, fit Simon.

— Super, j'ai hâte de voir ça, dit le brun avec un sourire charmeur en tendant la main vers le nouveau, au fait, je m'appelle Alexander Lightwood ... mais appelle-moi Alec comme tout le monde ici.

Magnus serra la main tendue avec un sourire et sentit une douce chaleur se répandre dans son ventre à ce contact. Et ces yeux bleus qui ne le quittaient pas semblaient l'ensorcelaient. Ce beau jeune homme semblait plein de surprises, et il avait hâte de faire plus ample connaissance avec lui.

— Lightwood... comme Robert Lightwood, le propriétaire du cirque? questionna l'asiatique.

— Oui, c'est mon père, répondit Alec.

— J'allais montrer l'espace commun à Magnus, tu te joins à nous Alec? C'est bientôt l'heure du repas, fit Simon les sortant tout deux de leurs pensées.

Les trois jeunes gens entrèrent dans une grande tente tendue au centre de l'espace occupé par les caravanes, dans un coin se trouvait une cuisine rudimentaire, mais fonctionnelle, à l'opposé un salon composé de grands fauteuils et d'énormes poufs était installé, et au centre de la tente, on trouvait une grande table à laquelle étaient installés quatre personnes. Magnus reconnut le blond et la rousse qu'il avait aperçu à son arrivée, ils étaient accompagnés de deux femmes brunes très semblables, l'une d'une vingtaine d'années arborait une longue chevelure d'un noir de jais et parlait joyeusement avec les autres. L'autre quant à elle était une femme d'âge mûr, elle avait les cheveux aussi noirs que la jeune fille à son côté, coupés en carré long, elle affichait un sourire, et une bienveillance maternelle émanait d'elle. Simon, Alec et Magnus vinrent s'installer à table.

— Salut, je m'appelle Jace, dit le blond en tendant la main vers Magnus, et voici Clary, ma compagne, Isabelle ma sœur, et Maryse notre mère.

L'asiatique serra la main du jeune homme aux yeux vairons.

— Waouh vous êtes tous de la même famille! Je suis ravi d'être parmi vous, je m'appelle Magnus Bane, répondit t-il tout sourire.

— Ce cirque est une grande famille Mr Bane, dit Maryse en posant la main sur son bras, nous comptons les uns sur les autres, bienvenue parmi nous.

Magnus sourit à la femme à ses côtés, elle était aussi belle que ses enfants, sa bonté filtrait à travers son sourire et son regard bienveillant.

— Alors tu fais quoi? demanda Isabelle curieuse, laisse-moi deviner, acrobaties au sol? Ou non plutôt voltige! Oh! De l'équilibrisme! enchaîna t'elle à toute vitesse les yeux pétillants.

— Izzy, laisse lui le temps de souffler, tu l'assommes avec toutes tes questions! répliqua Alec.

— Oh non laisse, j'aime parler de ma passion, surtout si c'est avec quelqu'un d'aussi passionné que moi, dit Magnus avant de se tourner vers la brune, je suis spécialisé dans la roue cyr, et je développe un numéro de sangles aériennes. Et vous? quels sont vos agrès?

— Eh bien tu connais déjà ma spécialité ainsi que celle d'Alec, répondit Simon, Izzy fait de la voltige à cheval, les pur sangs que tu as vu dehors sont les siens, Clary ensorcelle le public avec son numéro de tissus aérien, et Jace pratique la slack line.

— Et en plus de tout ça, on a développé des numéros communs, renchérit le blond, comme tu l'as vu, Clary et moi travaillons sur un numéro de main à main, il désigna Alec, je fais aussi de la planche sautoire avec l'oiseau que tu vois là, ainsi que de la barre russe avec mes frère et sœur.

Magnus était impressionné par la polyvalence de ses compagnons, et il avait hâte de découvrir leurs talents.

— Jace oublie le plus important, nous avons un numéro qui réunit toute la troupe, il est présenté en fin de show, dit Alec en captant le regard ambré de l'asiatique.

— Ah oui, votre numéro de trapèze volant est sublime! s'extasia Maryse faisant rire les artistes.

Le reste du repas se déroula dans la bonne humeur, les jeune gens échangèrent sur leur passion commune, et apprirent à se découvrir. L'asiatique apprit que Alec et Isabelle étaient jumeaux, ce dont il aurait pu se douter au vu de leur ressemblance. Jace était leur frère adoptif, il avait rejoint la famille à ses neuf ans suite au décès de son père au cours d'un numéro de voltige, malgré ce drame le jeune homme avait fait de la voltige son métier, et il vivait chaque jour pour sa passion. Clary et Simon étaient meilleurs amis depuis toujours, ils avaient rejoint la troupe six ans auparavant, et avaient tout deux trouvé l'amour en la personne de Jace et Isabelle, d'ailleurs Simon et la jolie brune étaient fiancés. Magnus ravi de découvrir ses compagnons se sentait bien parmi eux, et il se dit qu'il avait peut-être enfin trouvé sa place.

L'après-midi, la troupe retourna aux répétitions, les deux couples se concentrèrent sur leurs duos, laissant Magnus et Alec seuls sur la piste du cirque.

— Alors...Tu me montres ce que tu sais faire? questionna Alec en saisissant le grand anneau de travail de l'asiatique.

Magnus esquissa un sourire avant de retirer sa chemise dévoilant un torse finement ciselé à la peau caramel. Alec observa les muscles se l'asiatique rouler sous sa peau tandis qu'il se saisissait du cerceau et le faisait tourner doucement sur la piste. Il vint se placer en son centre, les bras et jambes en croix formant une roue, puis donnant une impulsion, il se mit à tournoyer avec grâce en un ballet enchanteur qui ne manqua pas d'impressionner Alec, soufflé par la beauté de cet homme qui ondulait avec passion sous ses yeux. Magnus enchaînait des figures complexes les yeux fermés, totalement abandonné à son art. Son spectateur avait l'impression que l'anneau était une extension du corps de l'asiatique tellement les mouvements étaient précis. Une sorte de pureté se dégageait de cette danse qui s'acheva trop tôt au goût d'Alec. Il observa Magnus se relever, le corps luisant de sueur et le souffle légèrement haletant et sentit son cœur s'emballer lorsque leurs regards s'accrochèrent. Alec plongea dans les yeux mordorés de l'indonésien et malgré lui fit un pas dans sa direction.

— Ce...C'était superbe, bafouilla le jeune homme d'une voix rauque.

— Merci Alec, heureux que ça te plaise, répondit Magnus avec un sourire, et si à ton tour tu me montrais comment tu maîtrises ton mât?

Le cœur d'Alec rata un battement, les mots de l'asiatique soigneusement choisis donnaient à ses paroles une signification très sensuelle. A moins que son esprit ne lui joue des tours, oui cela ne pouvait être que ça, Magnus voulait seulement voir son numéro, rien de plus. Se reprenant le jeune homme l'entraîna au dehors vers son lieu d'entraînement.

Magnus observa son compagnon ôter son t-shirt dévoilant une nouvelle fois sa peau pâle marquée de tatouages, remarquant une fois de plus à quel point cet homme avait un corps à faire damner tous les saints du paradis. Alec grimpa lestement au mât et une fois au sommet, il bascula la tête en bas, coinça la barre entre son épaule et son cou et tout en retenant son poids en se cramponnant à l'agrès laissa doucement son corps basculer vers le bas, les yeux fixés sur le ciel. Il maintint la position quelques secondes avant de se redresser, puis descendant quelque peu sur la barre, il gaina son corps en faisant face à la barre, une main maintenait son poids en haut tandis que l'autre le soutenait plus bas, puis il bascula son corps à l'horizontale avec agilité. Magnus avait l'impression de voir un ange accroché à ce mât, l'aisance de ce jeune homme sur l'agrès était d'une beauté à couper le souffle. Le numéro couplait la grâce et la puissance à la perfection. Enfin, l'indonésien ne put retenir une exclamation de frayeur lorsque Alec, après être remonté au plus haut de la barre esquissa un mouvement rappelant un battement d'ailes, les jambes solidement fixées à l'agrès, et se laissa glisser vivement vers le sol tête la première, s'arrêtant à quelques centimètres de la terre.

Le cœur de Magnus tambourinait dans sa poitrine, il avait vraiment eu peur pour Alec, et ne se l'expliquait pas. En effet il connaissait cet agrès, il en avait déjà vu plusieurs représentations, et cette dernière figure était un classique, cependant le jeune homme avait repoussé les limites de l'incroyable en se rattrapant à quelques centimètres du sol, là où d'autres s'arrêtaient à un mètre. Il commençait à comprendre à quel point cet homme était exceptionnel, et était heureux que le destin l'ait mit sur son chemin, ne désirant en cet instant rien d'autre que le découvrir d'avantage.

Alec se redressa et s'approcha de Magnus un sourire aux lèvres, son final avait visiblement eu l'effet escompté.

— Vraiment impressionnant, souffla l'asiatique.

— Merci, heureux que ça te plaise, répondit Alec faisant écho aux paroles de son camarade, j'ai beaucoup travaillé pour que ça soit parfait. Mon père n'a pas lésiné sur mon entraînement, il me faisait bosser parfois plus de quinze heures par jour, mais je suis fier d'être arrivé à ce résultat.

— Tu peux être fier! Ton travail est exceptionnel Alec! Tu as ça dans le sang, ça se voit, dit Magnus avec ferveur.

Le jeune homme rougit légèrement sous ces compliments.

— Tout comme toi. Et qui sait, un peut-être qu'un jour on aura l'occasion de monter un numéro ensemble?

Un large sourire s'épanouit sur le visage de l'indonésien à cette idée. Travailler sur un duo avec Alec signifiait passer d'avantage de temps en sa compagnie qui ; il devait bien se l'avouer; était très agréable. Il s'imaginait déjà volant dans les bras de l'apollon, se serrant contre son corps puissant, goûtant à ses lèvres... Il se donna une claque mentale pour se réveiller de sa rêverie, certes Alec lui plaisait plus qu'un peu, mais ce n'était pas le moment de divaguer, lui sauter dessus était à coup sur le meilleur moyen de le faire fuir, d'autant qu'il ne s'intéressait probablement pas aux hommes. Pourtant Magnus se souvenait des regards profonds qu'ils avaient échangés au cours des dernières heures, se pouvait-il qu'Alec partage son trouble?

La voix d'Alec le sortit de sa réflexion, mais n'ayant pas écouté, il bafouilla:

— Mmh?... Pardon, tu... tu disais?

— Je te proposais d'aller boire un coup, répondit le jeune homme avec un sourire.

— Excellente idée! Mais je prendrais bien une douche avant, tu sais où je pourrais en trouver une? Je crois que mon logement n'est pas encore disponible...

— Viens chez moi, il faut que j'y passe aussi de toute façon, on ira picoler après.

Picoler? Alec voulait le saouler? Trouvant l'idée intéressante, Magnus rendit son sourire au jeune homme et le suivit vers les caravanes.

Magnus sortit de la douche en enfilant les vêtements qu'Alec lui avait prêté, ses propres affaires ne devant arriver que le lendemain. Le jeune homme se leva en l'apercevant.

— A mon tout, fais comme chez toi en attendant, j'en ai pas pour longtemps, dit-il avant de disparaître dans la salle de bain.

L'indonésien observa le logement d'Alec, c'était petit mais fonctionnel, on trouvait une cuisine avec une petite table, dans l'une des extrémités se trouvait la salle de bain, tandis qu'à son opposé, une porte s'ouvrait sur une chambre. La pièce était assez épurée, l'essentiel de la décoration se résumait à une photo aimantée sur le frigo. Magnus décrocha délicatement la photo et l'observa en silence. On y voyait la troupe accompagnée des parents Lightwood posant devant le chapiteau, les visages étaient souriants, et l'on devinait sans peine les liens les unissant. Pensant à sa propre famille, l'asiatique eut un pincement au cœur, la douleur de leur perte était encore très présente, ses parents lui manquaient terriblement.

Lorsqu'il émergea de la salle de bain, Alec trouva Magnus assis sur le lit, la photo à la main, la tristesse se lisait sur ses traits délicats. S'approchant doucement, il s'appuya contre le chambranle et observa l'homme perdu dans ses pensées. Sa mélancolie était palpable, cette photo avait vraisemblablement déclenché un profond trouble en lui. Alec sentit son cœur se serrer à cette image, voir souffrir cet homme lui était difficile, il ne souhaitait qu'une chose en cet instant, le prendre dans ses bras, le réconforter et lui faire oublier ses démons. Il alla s'asseoir aux côtés de l'indonésien et sa main se posa sur son genou en un geste qui lui apparut comme une évidence.

— Magnus... tu vas bien?

Celui-ci releva la tête, une larme roulait sur sa joue.

— Je suis tombé sur cette photo de vous. Elle... elle m'a rappelé ma propre famille, murmura Magnus la gorge serrée, ils sont morts il y a cinq ans dans un accident de voiture. Leur véhicule a dévalé dans un ravin.

Alec sentit son cœur se serrer, cet homme en apparence si enjoué cachait une profonde blessure, et il ne pouvait qu'admirer la force qu'il avait du déployer pour passer au dessus de ce drame. Sans un mot, le jeune homme entoura l'asiatique de ses bras et lui caressa tendrement les cheveux tandis que ce dernier sanglotait doucement, le visage enfoui contre son torse.

Ils restèrent ainsi un long moment, même après que les larmes de Magnus se furent taries. Les bras d'Alec le rassuraient, il s'y sentait bien, comme si sa place avait toujours été à cet endroit. Se redressant avec regret, il regarda les prunelles cobalt du jeune homme et esquissa un mince sourire.

— Merci... et désolé pour le coup de déprime, dit l'asiatique soudain embarrassé par son comportement.

— Pas de problème, répondit Alec en essuyant d'un pouce le maquillage qui avait coulé sous les yeux de l'asiatique, tu en avait besoin.

Puis se levant, il tendit la main vers Magnus.

— Où va t'on? questionna l'indonésien en glissant ses doigts dans la paume tendue.

— Je te dois un verre, tu te souviens? sourit le jeune homme.

Ils sortirent devant la caravane, chacun avec une bière dans la main, s'installèrent dans des chaises longues, et discutèrent de leurs vies respectives en regardant les étoiles. Magnus parla de sa vie en Indonésie, de sa passion dévorante pour l'acrobatie, des raisons qui l'avaient poussé à venir aux États-Unis, Alec lui parla de sa vie au cirque où il avait grandi et apprit l'art de la voltige dès son plus jeune âge.

Quelques heures, et quelques verres plus tard, les deux hommes se levèrent décidant qu'il était temps d'aller dormir. Alec accompagna Magnus jusqu'à sa caravane, souhaitant prolonger ce moment avec lui.

— Merci Alexander pour cette belle soirée, dit l'indonésien en se tournant vers le jeune homme.

Alec releva la tendresse avec laquelle il avait prononcé son prénom, ne pensant même pas à le corriger. En temps normal il préférait qu'on le nomme par son diminutif, seul son père l'appelait Alexander. Mais dans la bouche de Magnus, son prénom semblait tout simplement beau. Cet homme était intriguant, mais également d'une grande sensibilité et Alec sentait son cœur s'emballer en sa présence, son souffle devenir court en le voyant, sa peau s'embraser à son contact. Alors n'écoutant que ses sentiments et l'alcool aidant, il franchit l'espace les séparant d'un pas et vint déposer un baiser sur les lèvres de Magnus.

D'abord surprit par le geste du jeune homme, l'indonésien se laissa finalement aller en sentant une nuée de papillons s'envoler dans son vente, et il répondit au baiser de façon plus appuyée, les mains dans les cheveux d'Alec. Ce dernier mit doucement fin à leur étreinte, les joues rouges.

— Bonne nuit Magnus, murmura t'il avant de tourner les talons.

— Bonne nuit Alexander, souffla l'asiatique en le regardant s'éloigner avec un sourire.

Il rentra dans son nouveau logement, retira ses chaussures et son pantalon avant de se jeter sur le lit. Il remonta le col du t-shirt d'Alec sur son nez et inspira profondément son odeur de patchouli et fleur de lotus avec un sourire. Cette première journée avait été extraordinaire, non seulement il avait intégré le cirque de ses rêves, rencontré une troupe géniale, mais surtout le bel Alexander Lightwood venait de l'embrasser.