Hello!
Nouveau chapitre qui va nous en apprendre d'avantage sur Alec et son passé!
Merci à maia0067 et Severusa pour vos reviews qui m'ont fait très chaut au coeur et m'ont donné envie de me remettre à l'écriture de la seconde partie!
J'espère que ce chapitre vous plaira, je vous laisse le découvrir et j'attends vos retours :)
Il était étendu sur un lit paré de draps en satin rouge, l'air était chargé de désir, et son corps nu frémissait sous les caresses délicieuses de son compagnon qui l'embrassait dans la gorge. Il plongeait dans le regard d'ambre de Magnus dans lequel il pouvait lire tendresse et amour. Il glissait les doigts dans les cheveux méchés de son amant, sur son visage, sur sa gorge, sur ses épaules finement musclées. Il l'attirait à lui pour l'embrasser délicatement. Son cœur s'emballait tandis qu'un flot d'émotions passait dans ce doux contact. Puis soudain les lèvres de son compagnon se faisaient plus pressantes, plus dures et ses mains plus brusques. Rompant le baiser, il découvrait que l'homme devant lui avait changé, il avait une peau pâle, des cheveux blonds presque blancs, ses yeux verts le scrutaient avec convoitise, et un sourire carnassier étirait ses lèvres. Une main de fer se refermait sur son cœur tandis qu'une peur sourde l'étreignait. Sans qu'il comprenne comment, ses poignets se retrouvaient entravés au dessus de sa tête, et l'empêchaient de bouger. L'homme agissait avec lui comme un prédateur jouant avec sa proie, s'amusant de ses vaines tentatives pour s'enfuir. Des mains rudes se refermaient brutalement sur son bas-ventre lui tirant un cri de douleur. Il voulait parler, supplier son tortionnaire de le libérer, demander de l'aide, mais les mots restaient coincés dans sa gorge, et il restait muet tandis que le prédateur le retournait sur le ventre.
— Tu es un morceau de choix, Alec, je vais me faire un plaisir de te faire crier ... disait le blond à son oreille en se frottant contre lui.
Alec se réveilla en sursaut, le corps couvert de sueur, la respiration saccadée. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, la tête lui tournait et la nausée lui nouait les tripes. Il avait peur, son cauchemar lui avait semblé tellement réel... Une main glissa sur son bras et il sauta du lit avec un gémissement effrayé pour se soustraire à ce contact et se recroquevilla dans un coin de la pièce.
— Alexander? Mon ange qu'y a t'il? demanda Magnus déboussolé par la réaction de son compagnon.
Il se leva doucement et s'approcha du corps tremblant du jeune homme. Il n'osait le toucher, de peur d'attiser davantage la frayeur qui voilait son regard. Il ne comprenait ce qui avait causé cette réaction violente, et surtout, il ne comprenait pas pourquoi son compagnon le fuyait.
— Alexander, c'est moi, parles-moi mon amour, murmura t'il d'une voix apaisante.
Le jeune homme leva son regard hanté vers son amant et un éclair de soulagement traversa ses yeux.
— Mag's ... souffla Alec avant de venir se blottir dans les bras de l'indonésien et d'éclater en sanglots.
Les pleurs du jeune homme brisaient le cœur de Magnus, il semblait tellement vulnérable en cet instant, presque comme un enfant. Il referma ses bras sur lui et le serra contre lui en silence, ne sachant que dire pour le réconforter. Il ne savait toujours pas ce qui avait tant bouleversé son compagnon, et cela l'effrayait un peu. Il voulait l'aider à surmonter tout ça, encore aurait-il fallut qu'il sache ce qu'était "ça".
— Alexander, tu me fais peur, avoua t'il.
Le jeune homme dont les larmes s'étaient calmées se redressa.
— Je ... J'ai seulement fait un cauchemar, expliqua t'il avant de se lever et de se rasseoir sur le lit.
Seulement un cauchemar? Son amant ne lui disait pas toute la vérité, et Magnus le savait bien. Une pareille réaction ne pouvait pas s'expliquer par un simple mauvais rêve. Il rejoignit son compagnon sur le lit et prit délicatement ses mains.
— Il se passait quoi dans ce cauchemar? demanda l'asiatique d'une voix douce.
Le jeune homme pâlit et son regard se fit fuyant. Magnus posa la main sur sa joue et le força à tourner la tête pour le regarder.
— Dis-moi, parle-moi, ne me met pas à l'écart, Alexander, je peux tout entendre, je t'aime et jamais je ne te jugerais.
Ses yeux mordorés brillaient de sincérité et d'amour, Alec les fixa un moment, puis prenant une grande inspiration il se lança:
— Je ne t'ai pas dit toute la vérité quand je t'ai avoué ma virginité. Il y a quelques années j'ai fréquenté un homme plus âgé que moi, il s'appelait Sébastien. J'étais encore mineur, lui était majeur. On s'est rencontrés au cirque, il avait été engagé par mon père pour un numéro d'équilibrisme. On a appris à se connaître, on est même devenus amis. A l'époque je me cherchais encore, je ne savais pas que j'étais attiré par les hommes jusqu'à ce que mon amitié pour lui évolue vers des sentiments plus qu'amicaux. Lui aussi était homosexuel, alors quand il a vu qu'il m'attirait, il a commencé à me séduire jusqu'à ce qu'on finisse par se mettre en couple. Notre relation était simple mais fonctionnait bien, et ça a duré ainsi durant quelques mois. Jusqu'au jour où on a décidé de passer à l'étape suivante. C'est là que les choses ont dégénéré. Il avait toujours été d'une nature possessive, il était jaloux dès que je passait trop de temps avec Jace qui était pourtant mon frère. Mais je n'y ai jamais prêté attention, je me disais que quand on est amoureux, il était normal de vouloir l'autre uniquement pour soi. Seulement sa possessivité n'a pas été le seul problème, dans l'intimité il a commencé a se montrer odieux, il me rabaissait sans cesse, me faisant croire que je n'étais pas talentueux dans mon travail, qu'il pouvait trouver bien meilleur amant que moi. Or j'étais très attaché à lui et j'avais peur qu'il me quitte, alors j'ai accepté de lui faire tout ce qu'il me demandait. Puis un jour ça ne lui a plus suffit, a commencé a me toucher intimement et de façon très brutale. Il prenait son pied a me voir souffrir. Je n'avais pas envie de coucher avec lui, il commençait a me faire peur. Et quand il a voulu m'y forcer, j'ai réussi à trouver l'énergie nécessaire pour le repousser et je me suis enfui chez ma sœur. Après ça, elle m'a accompagné pour aller porter plainte et il a été incarcéré pour tentative de viol sur mineur. A ma connaissance il est toujours en prison a l'heure actuelle, mais de revenir dans cette ville ça fait remonter toute cette merde a la surface. Et même si je sais que là où il est il ne peut plus m'atteindre, il me terrifie encore...
Magnus était resté silencieux durant tout le temps où Alec avait raconté son histoire. Il avait encaissé chaque mot tour a tour comme autant de coups de poing dans l'estomac. Il serrait les dents à s'en faire mal, et les jointures de sa main restée sur ses genoux avaient blanchi à force de serrer le poing. Il se sentait dévasté qu'Alec ait eu à vivre quelque chose d'aussi sordide si jeune. Il éprouvait une haine brûlante pour cet homme qui avait osé abuser de lui, qui avait tenté de le violer. Et d'ailleurs s'il s'était trouvé en face de lui en cet instant il l'aurait massacré. Il comprenait enfin pourquoi son compagnon avait refusé qu'il le touche sous la taille, pourquoi il était toujours vierge à vingt-deux ans, pourquoi il avait réfréné ses ardeurs. Ce qu'il ne s'expliquait pas c'est pourquoi il lui avait fait confiance à lui. Pourquoi alors qu'il débarquait de nulle part et qu'il ne se connaissaient pas, Alec n'avait pas eu peur de lui? Il aurait dû se montrer méfiant d'autant que Magnus avait été plus qu'entreprenant avec lui. Au lieu de ça, il s'était jeté a corps perdu dans leur relation, passant cap après cap à une vitesse folle.
— Mag's? Tu m'en veux de t'avoir menti? demanda le jeune homme d'un air penaud.
— T'en vouloir? Mon dieu Alec, pourquoi est-ce que je t'en voudrais? S'il y a bien quelqu'un à qui j'en veux c'est bien ce salaud qui t'a fait ça. Il a bien de la chance d'être hors de ma portée, sans quoi, je te jure que je lui aurais fait regretter d'être né, répondit Magnus les yeux flamboyant de colère.
Alec pâlit en entendant les paroles de l'indonésien. Ce dernier le remarqua et s'adoucit immédiatement. Il ne voulait pas attiser la peur de son compagnon.
— Excuses moi, je me suis laissé emporter ... Je ne suis pas quelqu'un de violent en temps normal, seulement ce que tu as vécu me révolte ... Mon ange, tu es l'être le plus pur que la vie ait mit sur ma route, tu es quelqu'un d'infiniment bon, et tu ne mérites pas d'avoir subi tant de violence. dit Magnus en caressant tendrement son bras.
— Je ne suis pas sur de mériter autant d'éloges, murmura le jeune homme, j'ai été stupide de m'accrocher à lui alors qu'il était clairement toxique pour moi.
— Alexander, je t'interdit ne serait-ce que d'imaginer que tu as mérité ce qu'il t'a infligé, dit Magnus en prenant son visage en coupe pour plonger son regard dans le sien. C'est lui le fautif de cette histoire, tu n'étais qu'un adolescent, c'est lui qui a abusé de toi, lui savait ce qu'il faisait, tu n'as pas à t'en vouloir pour quoi que ce soit, c'est bien clair?
— Tu recommences à me crier dessus, marmonna Alec l'ombre du sourire passant sur ses lèvres.
Magnus lui sourit tendrement.
— Pardon mon ange, je n'ai jamais eu de sentiments aussi forts pour quelqu'un d'autre, et rien que d'imaginer que l'on puisse faire du mal à l'amour de ma vie me rend malade ...
— L'amour de ta vie? demanda le jeune homme d'une petite voix.
Un petit rire échappa à l'indonésien.
— Alexander, je suis tien depuis que tu as sauté de ton mât pour venir à ma rencontre, et peu importe ce que l'avenir nous réserve, je resterais tien jusqu'à mon dernier souffle. Tu es le centre de mon univers, le ciel étoilé de mes nuits, le soleil qui illumine mes jours, la lumière qui me guide dans l'obscurité. Bref, je t'aime à en crever... termina Magnus en déposant un chaste baiser sur les lèvres de son compagnon.
La tension dans les épaules d'Alec se résorba peu à peu. Il se sentait en sécurité dans les bras de Magnus et en cet instant il n'avait besoin de rien d'autre que de se savoir aimé par cet homme. L'indonésien se rallongea dans les draps et entraîna je jeune homme avec lui. Ce dernier vint se blottir contre son torse, le visage enfoui dans sa gorge, respirant à plein poumons l'odeur de bois de santal de Magnus.
— Alec?
— Mh? marmonna ce dernier d'une voix ensommeillée.
— Pourquoi moi? Pourquoi ne pas t'être méfié de moi quand je suis arrivé à Alicante?
— Parce que tu es mon âme sœur, je t'aime Mag's ... murmura le jeune homme avant de sombrer dans le sommeil.
Magnus resserra son étreinte sur Alec, le cœur débordant d'amour, avant de fermer les yeux et de s'endormir à son tour.
Alec fut réveillé par une douce odeur de pancakes qui filtrait à travers la porte de la chambre. Magnus avait déserté le lit et était probablement à la cuisine en train de préparer le petit déjeuner en écoutant de la musique, comme chaque matin.
Trois mois étaient passés depuis que la crise de panique l'avait pris en pleine nuit. Alors ils venaient d'arriver à New York, la ville d'où étaient originaires les Lightwood, et comble de la coïncidence, Magnus également. Leur arrivée dans la ville avait marqué la période de vacances pour la troupe qui cessait les représentations de mi-septembre à mi-mars. L'occasion pour tous de se reposer, ou de développer de nouveaux numéros. Robert et Maryse, comme chaque année à cette période, étaient partis pour le canada, à la recherche de nouveaux équipements pour le cirque. Jace, Clary, Simon et Isabelle s'étaient installés dans le manoir Lightwood, Alec et Magnus quant à eux avaient emménagé ensemble dans le grand loft de Brooklyn de l'indonésien. Ce dernier avait acheté cet appartement à son arrivée aux états unis, afin d'avoir un pied à terre, et n'ayant pas eu le temps de le louer, il était disponible à leur arrivée à New York.
Le couple avait ainsi pu passer le plus clair de leur temps ensemble. Magnus s'était employé à apprendre la méditation à son compagnon afin qu'il puisse contrôler ses angoisses. Il arrivait encore que le jeune homme se réveille en sursaut en pleine nuit, heureusement, Magnus était toujours là pour le calmer et l'aider à retrouver le sommeil.
Alec s'étira longuement, faisant rouler sa tête et ses épaules, puis il se leva pour rejoindre la cuisine. Comme il s'y était attendu, il y trouva son compagnon qui préparait des pancakes. Il portait un peignoir satiné rouge largement ouvert sur son torse nu, accompagné d'un ample pantalon de yoga noir. Il se balançait doucement au rythme de la musique que diffusait l'enceinte portable posée sur le passe plat. Alec alla enlacer la taille de son compagnon tout en déposant de doux baisers sans sa gorge.
— Bonjour mon amour, murmura le jeune homme.
— Bonjour mon ange, bien dormi? demanda Magnus en se retournant pour déposer un baiser sur ses lèvres.
— Comme un bébé, je suis en pleine forme pour la journée qui m'attend, répondit Alec avec un sourire.
Magnus fronça les sourcils.
— Comment? Aurais-tu des projets sans moi? questionna t'il l'air faussement vexé.
— Je vais faire les boutiques avec Izzy, soupira le jeune homme en allant s'installer à la table de la cuisine.
— Oh oui quelle torture! plaisanta l'indonésien en faisant mine de trembler.
Alec lui répondit par un grognement. De la torture, c'est plus ou moins ce à quoi ressemblait une journée shopping avec sa sœur dans son esprit. Néanmoins la jeune femme l'avait supplié de venir faire les boutiques avec elle, afin de partager un moment seulement entre jumeaux, et il n'avait pu refuser.
— Allez manges quelques pancakes ça te donnera des forces, dit Magnus en tendant le plat à son amant.
— Et toi que vas-tu faire de ta journée? demanda Alec en se servant.
Magnus poussa un soupir théâtral.
— Oh, probablement errer comme une âme en peine dans mon grand appartement en me languissant de ton retour, ou bien me vautrer dans le canapé et regarder Netflix toute la journée, je ne sais pas encore quelle option a ma préférence...
Le jeune homme pouffa. Il ne pouvait imaginer son compagnon dans l'une ou l'autre des propositions. Magnus était un homme plein de vie qui aimait prendre soin de lui, Alec le voyait donc davantage occuper son temps libre à refaire sa manucure, faire du sport, ou encore à lire un bon livre sur la terrasse en profitant du soleil.
— Bon, je vais me doucher, je vais finir par être en retard, dit Alec en se levant.
— Tu veux de la compagnie? demanda Magnus ouvertement séducteur.
— Pourquoi pas? répondit le jeune homme en entraînant l'indonésien dans la salle de bain tout en l'embrassant.
— Tu es en retard, une fois de plus, j'aurais du m'y attendre remarque, râla Isabelle en se levant du banc où elle était installée pour attendre son frère.
— Comment ça une fois de plus ? Je suis toujours très ponctuel, s'indigna Alec.
— Alec depuis que tu as rencontré Magnus tu n'as d'yeux que pour lui, tu l'as dans la peau et ça fait du bien de te voir aussi épanoui. Donc si tu dois être en retard à tes rendez-vous parce qu'il te rejoint sous la douche, ma foi ça me va! Répondit la brune en lui tapotant l'épaule.
Le jeune homme ferma les yeux et se pinça l'arête du nez en rougissant.
— Magnus te l'a dit?
— Ouaip, il m'a envoyé un message pour s'excuser dès que tu es parti de chez lui, sourit Isabelle, allez assez parlé de tout ça, on a une journée shopping qui nous attend!
La jeune femme était redevenue la pile électrique qu'elle était a chaque fois qu'elle allait faire les magasins. Alec se demanda si sa jumelle n'avait pas hérité de toute leur énergie, en effet lui était plutôt d'un naturel très calme, soit totalement l'opposé de sa sœur. Alec leva les yeux au ciel en inspirant profondément et se laissa entraîner par Isabelle.
Les jumeaux Lightwood passèrent de longues heures à parcourir les magasins, Alec passant le plus clair de son temps à patienter tandis que la jeune femme essayait nombre de tenues, chaussures ou sacs à main, lui donnant son avis sur chacun. Ils avaient presque achevé leurs emplettes quand ils s'accordèrent une pause dans un café. Isabelle observa son frère et le trouva mal à l'aise, ou en tout cas plus mal à l'aise que d'habitude quand elle le traînait dans les boutiques. Le jeune homme se tordait les doigts et se plongeait dans la contemplation de son cappuccino comme s'il pouvait y trouver la solution à ses problèmes.
— Alec qu'est ce qu'il y a? demanda la jeune femme en le regardant par dessus sa tisane.
Il haussa les épaules.
— Rien.
Isabelle leva un sourcil, ce seul mot prononcé par son jumeau en disait bien plus long qu'il ne voulait l'admettre.
— Tu as toujours des crises d'angoisse? Je croyais que Magnus t'avait aidé avec la méditation?
— Non Izzy ça va, ça doit faire plus de trois semaines que je n'ai pas eu de crise. Je poursuis la médiation avec Mag's chaque soir, ça m'aide beaucoup, répondit le jeune homme en levant les yeux.
— Alors qu'est-ce qui te préoccupe? Et n'essaie même pas de me dire le contraire, je te connais par cœur je te rappelle, je sais quand il y a quelque chose qui ne va pas, fit Isabelle en saisissant sa main, tu peux tout me dire Alec.
Le jeune homme sembla hésiter quelques secondes, puis prenant une grande inspiration il plongea son regard dans les yeux noirs de sa sœur.
— Tu sais s'il y a une bijouterie dans le coin?
La brune fronça les sourcils.
— Si ... il y a une bijouterie dans le coin? répéta t'elle, oui je crois qu'il y en a une a quelques rues d'ici, mais pourquoi faire?
— Je ... Je voudrais acheter une bague ... Pour ... Pour Magnus ... Je vais lui demander de m'épouser ... bégaya Alec en rougissant.
Isabelle fixa longuement son frère sans rien dire, la bouche légèrement entrouverte, les yeux écarquillés. Le jeune homme se demandait si elle n'avait pas fait une attaque quand elle se leva brusquement et se mit à sautiller sur place, un grand sourire accroché aux lèvres et les joues inondées de larmes de joie.
— Alec! Mais c'est super! s'écria t'elle avant de le serrer dans ses bras à l'en étouffer.
La joie de la jeune femme était contagieuse, Alec sourit en rendant son étreinte à sa jumelle. Il était soulagé qu'elle ne le juge pas. Il était vrai qu'elle avait toujours été très tolérante, surtout quand il lui avait fait comprendre son attirance pour les hommes. Il adorait sa sœur pour ça, elle lui restait fidèle quoi qu'il choisisse, quoi qu'il fasse, et même si cela impliquait de demander en mariage un homme qu'il ne connaissait que depuis quelques mois.
Ils finirent leurs boissons chaudes et partirent en quête de la bijouterie. Une clochette tinta lorsqu'ils entrèrent dans la boutique, et une jeune femme blonde vint les accueillir avec un grand sourire.
— Bonjour Messieurs, Dame, que puis-je faire pour vous? demanda la blonde d'un ton chantant.
— Nous voudrions acheter une bague de fiançailles pour un homme, répondit Isabelle.
— Ce n'est pas courant comme demande, d'habitude ce sont plutôt les messieurs qui font leur demande, mais je vous félicite, c'est une très belle initiative! s'exclama la vendeuse en fixant la brune.
Alec leva les yeux au ciel, ce que les gens pouvaient être bloqués dans leur carcan de coutumes et de préjugés.
— En fait, c'est moi qui dois faire ma demande, annonça t'il tout à trac faisant se retourner les deux femmes.
Il adressa un sourire poli à la blonde sous l'œil amusé d'Isabelle.
— Oh excusez-moi, je vous en prie suivez-moi, je vais vous montrer nos bagues de fiançailles, dit-elle en rougissant légèrement.
Elle entraîna les jumeaux vers l'une des vitrines dans laquelle étaient présentés de nombreux anneaux et chevalières dans divers matériaux, allant de l'or à l'acier. Alec parcourut les bagues et son regard fut attiré par un anneau noir mat assez large, arborant une fine bande bleue cobalt en son centre. Il demanda à la voir de plus près, et la vendeuse s'exécuta lui présentant l'anneau sur un plateau de velours. Il saisit délicatement la bague et l'observa, la retournant entre ses doigts, perdu dans ses pensées.
Un jour, Magnus lui avait avoué à quel point il aimait ses yeux bleus, comment ils l'avaient fait tomber amoureux, comment il aimait s'y perdre lorsqu'ils faisaient l'amour. Alec avait été touché par cet aveu, d'autant que lui même ressentait la même chose à chaque fois qu'il voyait les prunelles mordorées de son amant, et il avait depuis conservé cette révélation dans un coin de sa mémoire. Le bleu de cet anneau avait la teinte exacte de ses yeux, il était parfait. En offrant cette bague à Magnus, Alec voulait non seulement lui demander sa main, mais également lui offrir quelque chose qui lui rappellerait ce qu'il aimait le plus dans sa personne, comme un part de lui même qu'il aurait toujours avec lui. Il leva les yeux vers sa sœur qui lui sourit, elle avait comprit tout comme lui que cet anneau était le bon, celui qu'il offrirait à l'amour de sa vie pour lui demander de lier son destin au sien.
Le jeune homme rendit la bague à la vendeuse en lui disant qu'il la prenait. Elle la lui emballa soigneusement dans un écrin blanc, Alec paya et remerciant leur hôtesse, il sortit de la boutique sa jumelle accrochée à son bras.
— Alec je suis si heureuse pour toi, tu le mérites tellement après tout ce que tu as vécu, Magnus est ton âme sœur et vous allez avoir une belle vie ensemble, dit Isabelle en serrant les mains de son frère les larmes aux yeux.
— Hey Izzy ne te mets pas dans cet état, c'est beau l'amour, il n'y a pas de quoi pleurer, fit Alec en la serrant contre lui.
— Désolée, je suis à fleur de peau en ce moment, probablement l'approche des fêtes de Noël et les préparatifs du mariage qui se précisent, dit la jeune femme en essuyant ses yeux, puis regardant sa montre, elle poursuivit : Oulà il se fait tard, j'avais oublié un rendez-vous cet après-midi, je vais devoir te laisser frangin.
Puis elle déposa un baiser sur sa joue et s'éclipsa sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Alec haussa les épaules, les comportements bizarres étaient monnaie courante pour Isabelle. Il sortit son téléphone et jeta un œil à l'heure. En réalité il était encore tôt, il se réjouit donc de pouvoir passer la fin de la journée avec Magnus. Il se mit donc en route vers la bouche de métro la plus proche.
En chemin son regard fut attiré par un salon de tatouage, il s'arrêta devant et machinalement sa main se posa sur sa gorge ornée de la rune de déviation. Une idée lui vint subitement, et il dégaina son téléphone et envoya un message à Magnus pour lui demander de le rejoindre en lui indiquant l'adresse où il se trouvait. Son compagnon lui répondit dans la seconde lui annonçant qu'il serait là un quart d'heure plus tard. Il alla s'installer sur un banc à quelques mètre de là et sortit l'écrin blanc du petit sac de la bijouterie. Il l'ouvrit pour admirer une fois de plus l'anneau, un sourire attendri sur les lèvres, puis referma finalement la boite et la glissa dans la poche intérieure de son blouson de cuir.
Magnus arriva quelques minutes plus tard, un grand sourire accroché aux lèvres. Il portait un pantalon couleur sable, ainsi qu'un manteau long en brocard bleu marine, une écharpe vaporeuse blanche s'échappait de son col. Ses yeux ambrés étaient comme à son habitude ombrés de noir et de fines mèches bleues parcouraient sa chevelure coiffée en épis désordonnés. Alec sourit en constatant que son amant arborait de plus en plus de bleu à son contact, puis se leva pour l'embrasser, nouant ses doigts aux siens.
— Je ne pensais pas te revoir si tôt, et encore moins que tu me donnes rendez-vous ... où sommes-nous d'ailleurs? demanda Magnus en fronçant les sourcils et en regardant autours de lui.
— J'allais rentrer après qu'Izzy m'ait planté et je suis tombé sur ce salon, expliqua Alec en désignant le tatoueur.
— Une nouvelle rune en préparation? demanda l'indonésien curieux de savoir ce que comptait se faire tatouer son compagnon.
— Oui, on peut dire ça, répondit le jeune homme en sortant son téléphone pour montrer une illustration à son amant.
Magnus observa la rune dont les courbes exprimaient beaucoup de douceur, il la trouvait très belle et avait hâte de la découvrir sur le corps de son amant.
— C'est une rune d'amour, elle va par paire, une sur l'intérieur du poignet, l'autre sur le cœur. Et d'après la légende, seuls deux personnes s'aimant profondément peuvent se marquer de cette rune, liant ainsi leurs âmes, murmura le jeune homme.
Magnus releva les yeux et fixa les prunelles cobalt de son amant, ces dernières exprimaient toute sa sincérité et tout son amour. Alec venait de lui proposer de les lier par une rune d'amour, suivant les traditions de ses ancêtres. Le cœur de l'indonésien explosa de bonheur, et il embrassa le jeune homme avec passion.
— Dois-je comprendre que c'est un oui? demanda Alec tout contre les lèvres de son compagnon.
— Oui Alexander, je t'aime et j'accepte de me faire tatouer cette rune avec toi, répondit Magnus avant de l'embrasser à nouveau.
