Note de l'auteur : Bonjour tout le monde ! me revoilà avec une nouvelle fiction, toujours sur le même petit couple. Alors je tiens à préciser que ce n'est pas une suite au récit précédent, c'est juste un One-Shot qui me trottait dans la tête, mais qui a pris du temps à sortir. J'espère que l'idée vous plaira. Je tiens à remercier Shinori et Suu-kuni pour leurs commentaires sur mon autre fiction, qui m'ont fait chaud au cœur et qui me motivent à chaque fois que j'ai un coup de mou. Alors j'espère vraiment que celle-ci vous plaira aussi.
Comme toujours, n'hésitez pas à laisser un commentaire car je suis plutôt curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.
Rating : on va dire M parce qu'il y a un passage violent et un peu de contenu suggestif.
Disclaimer : les personnages et l'univers de One Piece reviennent à leur auteur à l'imagination incroyable, Eiichiro Oda.
Je n'ai toujours pas de beta-reader mais j'ai essayé au mieux de traquer les fautes, mais il est possible que certaines aient pu m'échapper, du coup tout ce que j'espère, c'est qu'elles ne vous feront pas saigner les yeux.
Sur ce, très bonne lecture à tous !
Ton point faible
L'air était chargé d'ozone, comme après le passage d'un violent orage, ne laissant plus que la pluie pour apaiser les cicatrices provoquées par la foudre. Foudre qu'elle avait invoqué volontairement avec son climat-tact pour décimer les ennemis qui l'encerclaient. Nami lança un regard circulaire et constata avec une certaine angoisse qu'il en arrivait toujours, comme un flot incessant qu'elle était seule à endiguer du mieux qu'elle pouvait. Elle ignorait totalement où se trouvait le reste de ses camarades, ni même s'ils s'en sortaient, et elle luta contre le sentiment de désespoir qui était sur le point de la submerger. Bien évidemment, elle ne lâcherait rien et se battrait jusqu'au bout mais la possibilité d'une victoire s'amenuisait au et à mesure que de nouveaux assaillants arrivaient. Son cœur battait à tout rompre, faisant pulser le sang dans ses oreilles jusqu'à la rendre quasiment sourde. Toutefois l'excès d'adrénaline compensait cet effet et exacerbait ses sens pour la maintenir sur le qui-vive. La jeune femme se démenait pour esquiver les salves ennemis et répliquer tout aussi férocement. Cependant, l'un d'eux réussi à la contourner et ce n'est que trop tard qu'elle se rendit compte qu'il s'était jeté sur elle, un sabre à la main prêt à la fendre en deux. Elle observa la lame étincelante se rapprocher dangereusement de son visage alors que son corps refusait de bouger. Et lorsqu'elle crut que son heure était venue, un flash vert apparut dans son champ de vision, suivit de près par le crissement strident de l'acier qui s'entrechoque.
Une vague de soulagement déferla dans tout son être lorsqu'elle reconnue cette fameuse touffe de cheveux verts et ses trois petites boucles d'oreilles dorées étincelantes, si bien que ses jambes se mirent à flageoler comme si elles s'étaient soudainement transformées en guimauve.
- Nami ! bouge de là ! lui ordonna-t-il d'une voix grave et impérieuse.
La rouquine sortit subitement de sa transe et ne chercha même pas à le contredire. Elle s'écarta pour lui permettre de se battre sans le gêner tandis qu'elle s'empressait d'esquiver à nouveau d'autres attaques. Elle réitéra une attaque de zone en créant un gros nuage noir orageux qui déchargea des dizaines d'éclairs sur leurs opposants. Zoro de son côté affrontait l'homme au sabre qui l'avait attaqué par surprise et ne tarda pas à l'éliminer avant de s'élancer dans un autre combat. Ils se battaient côte à côte et Nami sentait l'espoir s'insuffler à nouveau en elle. Elle n'était plus seule, Zoro était là et tant qu'il le resterait, elle ne craignait rien car il était imbattable.
Au bout d'un certain temps, la pluie avait cessé et il n'y avait plus aucun ennemi à affronter mais seulement des dizaines et des dizaines de corps gisants inconscients ou morts. Elle se retourna pour voir son nakama avec ses trois sabres encore dégainés. Il était dos à elle, torse nu comme à son habitude, avec son yukata vert accroché à sa taille et son bandana vissé sur le crâne. Elle ne se souvenait pas l'avoir vu le mettre, sans doute l'avait-il fait lorsqu'elle était trop absorbée par son propre combat. Cependant, elle ne comprenait pas pourquoi il était toujours en mode défensif, après tout, il n'y avait plus aucun ennemi en vue.
- Zoro ? qu'est-ce que tu fais ? on a gagné… tu peux ranger tes…
Elle n'eut pas le temps de finir qu'elle le vit parer un coup invisible. Son cœur fit un bond. Il en restait encore un ! elle regarda tout autour d'elle sans voir d'où le coup était venu. Mais comment cela se faisait-il ? Zoro esquiva sur le côté et bloqua un coup et elle entendit clairement le tintement des sabres qui se croisent. Pourtant il n'y avait rien devant lui, alors comment… ? Elle comprit finalement que celui qu'il affrontait avait la capacité de se rendre invisible. Était-ce Absalom ? pourtant elle ne souvenait pas qu'il se battait avec une épée ou un sabre.
Le combat qui faisait rage devant ses yeux était des plus étrange. Zoro s'agitait seul comme un dément, mais l'opposant semblait lui donnait du fil à retordre. Elle ne savait pas quoi faire pour l'aide à part rester hors de son chemin pour ne pas le gêner. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était serrer son climat-tact de toutes ses forces contre sa poitrine et encourager silencieusement son partenaire. Finalement, le bretteur parut avoir fait mouche car sa lame se tinta de rouge et quelques secondes plus tard, une silhouette apparut. Il s'agissait d'un homme vêtu d'une cape similaire à celle de la marine par-dessus d'un uniforme bleu sombre. Il portait une casquette sur son large visage dont la visière lui cachait en partie ses petits yeux sombres. Mais ce qui fit frissonner Nami se fut son sourire malveillant auquel était accroché un énorme cigare fumant. Il porta la main à son épaule puis la retira pour observer le sang qui venait de la maculer.
- Tu es un redoutable adversaire mais le capitaine m'a ordonné de t'éliminer, Roronoa Zoro, annonça sombrement le nouveau venu.
- Amusant… le mien aussi, rétorqua Zoro d'une voix grondante et presque animale.
Elle n'aimait vraiment pas ce type, il y avait une aura de mort tout autour de lui, bien plus assoiffée que celle de son compagnon. Ils reprirent à s'affronter mais ce façon plus directe cette fois-ci. L'homme ne prenait plus la peine de se cacher derrière son invisibilité et attaquait brutalement le bretteur aux cheveux verts.
- Tu es très fort mais tu vas perdre.
- Tu es bien trop sûr de toi, si tu crois que je vais te laisser me tuer, répliqua le pirate des Chapeaux de Paille.
L'homme à la cape et à la casquette eut un rire rauque qui glaça le sang de la jeune femme.
- Je suis certain que tu penses ce que tu dis, mais malheureusement tu as un point faible.
- Je n'ai aucun point faible, siffla Zoro entre ses dents.
- Tu en es sûr ?
Il disparut subitement et son nakama parut déstabilisé le temps d'une seconde. Nami ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Qu'avait-il pu vouloir dire ? Elle ne voyait aucun point faible chez son ami, il était l'un des hommes les plus fort qu'elle connaissait. Soudain, il eut une expression qu'elle ne lui voyait quasiment jamais alors qu'il se tournait dans sa direction. Elle vit la panique et l'inquiétude dans son regard, et c'est là qu'elle comprit, tout comme il venait de le faire. Elle était le point faible. La navigatrice sentit une présence sur sa droite et elle tourna la tête à temps pour voir l'homme réapparaitre. Ses yeux étroits et acérés étaient fixés sur elle, et elle eut l'impression d'être la proie d'un monstre sanguinaire. Pour la deuxième fois dans la journée, elle était sur le point de mourir. Le temps sembla ralentir lorsqu'elle vit la pointe de la lame rougeoyante se diriger vers sa poitrine. Elle était sur le point de la transpercer quand elle fut violemment éjectée sur le côté. Son corps heurta lourdement le sol mais ses yeux restèrent rivés sur son agresseur et celui qui venait de la pousser. Toujours au ralentit, elle regarda impuissante, la lame qui lui était destinée s'enfoncer jusqu'à la garde dans le torse découvert son partenaire puis ressortir dans son dos, couverte de sang. Les yeux de Nami s'écarquillèrent alors que l'horreur de la vision imprégnait sa rétine. Zoro parut encaisser le coup, tout en gardant ses katanas fermement loger entre ses mains et ses dents, mais la grimace qu'il afficha témoigna de la douleur qu'il ressentait. Il leva les bras pour envoyer une nouvelle attaque mais l'homme fut plus rapide et la lame rougeoya dangereusement. Il fit un mouvement du poignet et Zoro émit un gargouillement lugubre. Nami sentit ses larmes dévaler ses joues alors qu'elle vit les trois katanas tomber au sol dans un fracas assourdissant. L'homme dont elle ignorait l'identité se pencha vers lui jusqu'à ce qu'il soit à quelques centimètres de son visage.
- Tu t'es bien battu mais je t'avais dit que tu étais condamné. Adieu Roronoa Zoro.
Il lui envoya la fumée de son cigare sur la figure et lui arracha le bandana qui lui couvrait les cheveux avant de s'éloigne, retirant lentement son sabre ensanglanté. Zoro tomba à genoux puis s'écroula sur le côté. La jeune femme était pétrifiée par l'horreur tandis qu'il se tournait vers elle l'air menaçant en tenant le bout de tissu vert dans sa main. Elle le regarda avec toute la haine dont elle était capable alors que ses yeux étaient inondés de larmes. Elle avait peur, mais sa rage était plus forte et elle chercha son climat-tact à tâtons, même si elle n'avait aucune chance contre lui. Il la jaugea de haut en bas et elle crut qu'il allait l'achever mais au lieu de quoi, il tourna les talons et disparut. Le bandana tomba au sol, dans une flaque d'eau et de boue. Un sentiment très contradictoire l'envahit, à la fois elle était soulagée de son départ mais en même temps elle ressentait une vive frustration. Il ne l'avait même pas jugé digne d'être exécutée. Insignifiante, voilà tout ce qu'elle était pour lui. Nami relâcha la respiration qu'elle retenait depuis trop longtemps et se précipita à quatre pattes, vers le corps inanimé de son compagnon.
- Zoro !
Elle se pencha au-dessus de lui. Son visage était anormalement pâle et du sang coulait au coin de sa bouche alors que le trou béant au niveau de son cœur déversait un flot de liquide rouge sombre. Elle posa ses deux mains à plat sur la plaie pour tenter d'arrêter l'hémorragie mais le sang jaillissait tout de même désespérément entre ses doigts. Un sanglot lui échappa alors qu'elle voyait la vie quitter le regard de son compagnon.
- Zoro ! Reste avec moi ! Je t'interdis de m'abandonner !
- Ça va aller Nami, souffla-t-il difficilement.
- NON ! Tu n'as pas le droit d'abandonner ! Bats-toi bordel ! Tu es Roronoa Zoro, l'homme qui deviendra le meilleur sabreur du monde ! hors de question que tu meurs aujourd'hui !
Un faible sourire étira ses lèvres avant qu'une quinte de toux ne le transforme en grimace douloureuse. Un gargouillis remonta de sa gorge et le sang inonda sa bouche.
- CHOPPER ! hurla-t-elle de toutes ses forces. LUFFY ! QUE QUELQU'UN VIENNE M'AIDER !
Mais personne ne répondit à son appel désespéré. Nami lâcha sa compression et attrapa le visage de Zoro entre ses mains, lui tintant les joues de son propre sang.
- Je suis désolé Zoro, tellement, tellement désolé, pleura-t-elle. S'il te plait ne meurs pas…
Elle sentit une main lui saisir faiblement le poignet et caresser l'intérieur avec le pouce.
- Pas moi. Je le referais Nami.
- Ne dis pas n'importe quoi, abrutit ! si je n'avais pas été là…
- Arrête ça, ordonna le bretteur d'une voix à peine audible.
De grosses gouttes s'écrasèrent sur son visage blafard alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de pleurer et de renifler bruyamment. La jeune femme colla son front au sien tout en tenant sa tête entre ses mains.
- Je t'aime, alors ne me quitte pas, l'implora Nami.
- Je t'aime aussi Nami.
Sa voix s'éteignit avec son prénom accroché à ses lèvres, son emprise sur son poignet se relâcha et sa main retomba mollement. Une partie d'elle sembla s'arracher en même temps que la vie qui quittait son regard, et son souffle se bloqua dans sa poitrine tandis que cette dernière se comprimait douloureusement. La pluie se remit à tomber comme si le ciel aussi pleurait la perte d'un être cher.
- Zoro…, appela-t-elle faiblement.
Il demeura immobile, la bouche légèrement entrouverte, l'œil vitreux et ironiquement, le sang s'était arrêté de couler. Nami eut l'impression d'étouffer alors que les larmes mêlées à la pluie ravageaient son visage et inondait celui inerte de l'homme qu'elle aimait. Puis quelque chose remonta au fond d'elle, comme une bouffée qui manqua de l'étranglée… elle pencha la tête en arrière et hurla de toute ses forces :
- ZOROOOOOOOO !
Nami se réveilla en sursaut, haletant difficilement et couverte de sueur. Son cœur tambourinait sauvagement dans sa poitrine comme s'il voulait s'échapper de sa cage thoracique. Elle inspira de grande goulée d'air et se passa une main se le visage pour constater que celui-ci était humide. Le sang battait dans sa tête et ses oreilles tandis qu'elle cherchait du regard où elle se trouvait. Après quelques secondes de panique, la jeune femme réalisa qu'elle était dans la chambre qu'elle partageait avec Robin à bord du Sunny. Celle-ci n'était pas présente et Nami eut une pointe d'inquiétude avant de se rappeler qu'elle de garde cette nuit. Un rêve… Tout cela n'était qu'un cauchemar. Un effroyable cauchemar des plus réaliste. Trop réaliste. Une violente nausée lui souleva l'estomac alors qu'elle pouvait encore sentir l'odeur métallique du sang tout comme sa texture poisseuse sur ses mains. Elle la ravala difficilement après avoir pris une profonde inspiration pour calmer son cœur anarchique. Les images revinrent dans sa mémoire, la lame qui transperce Zoro, le regard glacial de l'homme inconnu, Zoro qui lâche ses armes, tout le sang qui coule… la vie qui quitte son œil… Nami bondit de son lit et se rua vers la porte.
- Zoro pov -
Quelque chose lui tomba sur le front et le tira doucement de la profonde torpeur dans laquelle il était plongé. Toutefois, il resombra presque aussitôt en pensant l'avoir imaginé, jusqu'à ce que cela recommence. C'était léger et froid, ce qui l'intrigua et le ramena vers la conscience. La même chose se reproduit mais cette fois-ci sur sa joue, et on aurait dit une goutte d'eau. Il ne pleuvait pas l'intérieur de la cabine du navire alors… Zoro ouvrit l'œil brusquement et sentit une présence au-dessus de lui. Il tendit instinctivement la main vers ses katanas qui reposaient à côté de son lit, mais se ravisa lorsqu'il sentit le parfum familier de l'agrume légèrement épicée mélangée à une pointe de vanille. Sa vision s'adapta à l'obscurité de la pièce et il discerna le visage auréolé de longues mèches flamboyantes. Il réalisa soudainement que la jeune femme se trouvait dans les quartiers des garçons, penchée au-dessus de son lit, à une distance trop intimiste pour ne pas paraître suspicieuse. Aucun de leurs amis n'étaient au courant qu'ils entretenaient une relation amoureuse depuis quelques temps, et il n'avait pas vraiment envie qu'ils l'apprennent ainsi.
- Nami ? qu'est-ce que…, s'exclama-t-il à voix basse avant d'être coupé par une main sur sa bouche.
Il haussa un sourcil même s'il doutait qu'elle puisse le voir. Il sentit à nouveau une goutte lui tomber sur sa paupière constamment close, puis une autre sur sa joue. Quelque chose n'allait pas. Elle avait le souffle bien trop court et ses battements de cœurs étaient beaucoup trop rapides. Cependant, il n'eut pas le temps de lui poser la moindre question qu'elle le repoussa d'une main sur l'épaule et grimpa dans le baquet suspendu qui lui servait de couchette. Le lit tangua maladroitement et il l'attrapa par le bras pour la maintenir contre lui afin d'éviter de les faire basculer tous les deux et de réveiller le reste de l'équipage qui ronflait bruyamment. Nami passa une jambe de chaque côté de son corps allongé et se pressa contre lui, logeant sa tête dans le creux de son cou. C'est là qu'il sentit d'où venaient les gouttes qui lui étaient tombées dessus précédemment. Son t-shirt se retrouva très vite complètement trempé au niveau du col jusqu'à l'épaule. Son petit corps frêle tremblotait et était secoué par des spasmes provoqués par des sanglots silencieux. L'esprit du jeune homme carbura à toute vitesse pour tenter de comprendre ce qu'il se passait. Pourquoi Nami venait le voir en pleurs au beau milieu de la nuit, au risque de se faire griller par les autres, pour se coller à lui ? est-ce qu'elle s'était prise la tête avec Robin ? Cela lui semblait très peu probable, car les deux femmes s'entendaient parfaitement et ne se disputaient pour ainsi dire jamais. Alors qui avait pu la mettre dans cet état ? Un intrus sur le bateau ? Non, il ne détectait aucune présence hormis celle de ses camarades. Un truc qu'elle avait pu lire ? Une carte qu'elle avait foiré ?
- Ne te pose pas de questions et sers-moi dans tes bras.
Sa voix n'était qu'un chuchotement et son souffle réverbérait contre sa peau, mais il avait très nettement perçu le vacillement dans son intonation. Il obtempéra sans sourciller, enroulant un bras autour de ses épaules et l'autre autour de sa taille. Elle s'agrippa fermement à son pauvre t-shirt et il lui laissa le temps dont elle avait besoin pour se calmer. Finalement, après plusieurs minutes, les pleurs de la navigatrice finirent par se tarir et les battements de son cœur par retrouver un rythme normal, mais Zoro continua de la tenir étroitement contre lui. Il ne lui avouerait pas mais l'entendre sangloter l'avait affecté d'une façon qu'il n'aurait jamais cru possible. Il se sentait perdu, impuissant et inutile, mais par-dessus tout, il détestait l'entendre pleurer car c'était comme si on lui déchiquetait une partie de son cœur. Pourtant il ne dit rien et accepta toutes les larmes qu'elle avait à verser, sans le moindre mot. Sa respiration se fit plus calme et posée, et il crut même qu'elle s'était endormie.
- Est-ce que je suis un point faible ? demanda-t-elle d'une petite voix encore chevrotante.
- Hein ? D'où est-ce que ça sort ça ? rétorqua-t-il à voix basse.
- Est-ce que oui ou non, je suis un point faible pour toi ?
- Ne raconte pas n'importe quoi, grogna-t-il visiblement contrarié. Tu n'es en aucun cas un point faible… c'est même tout le contraire, déclara-t-il plus calmement.
Elle renifla et s'essuya le nez sur son t-shirt.
- Hey ! je ne suis pas un mouchoir ! siffla le bretteur en essayant de ne pas trop élevé la voix.
Nami émit un petit gloussement, un son qu'il préférait de très loin à ses sanglots, et se redressa pour croiser son regard. Malgré l'obscurité, il pouvait voir ses yeux légèrement gonflés encore animé par une lueur de tristesse et son petit nez était rougis mais au moins elle le gratifia d'un petit sourire. Elle leva une main et la posa sur sa joue gauche pour caresser sa pommette de son pouce d'un geste tendre. Elle retraça sa cicatrice sur son œil avant de redescendre vers ses lèvres. Une ombre passa sur son visage lorsqu'elle fixa sa bouche, comme si elle avait vu un fantôme. Elle replongea son regard un peu perdu dans le sien et il comprit, ou du moins il se douta de ce qu'il s'était passé. Nami avait fait un cauchemar, où elle devait être témoin de quelque chose qui lui était arrivé, quelque chose de grave. Il supposa qu'il ne devait pas très bien finir, peut-être même qu'elle avait rêvé de sa mort, ce qui le vexa un peu. Avait-elle si peu confiance en lui pour croire qu'il succomberait à quelqu'un ou quelque chose ?
- Nami, tu me fais confiance ?
- Bien sûr que oui…
- Alors tout ira bien, assura-t-il avec fermeté. Promets-moi de ne plus douter.
Elle sembla hésiter avant d'hocher la tête affirmativement. Elle se pencha et l'embrassa tendrement tandis que sa main caressait sa joue avec douceur. Zoro desserra son étreinte et fit glisser ses doigts dans ses cheveux détachés. Très vite le baiser s'intensifia alors que Nami s'attaquait à ses lèvres de manière un peu plus avide. Elle les titilla avec la pointe de sa langue et il concéda à les entrouvrir pour lui autoriser le passage. Elle envahit sa bouche de sa saveur unique, à la recherche de sa langue pour la mêler à la sienne dans un ballet sensuel. La main qui était sur sa joue se perdit dans ses mèches vertes et pointues alors que sa jumelle se faufilait sous son t-shirt pour caresser son torse. De son côté, lui aussi avait glisser sa main sous son petit top et la faisait courir sur la peau délicieusement douce de son dos. Elle ne portait pas de soutien-gorge ce qui rendait la manœuvre bien plus aisée. Nami s'écarta brusquement et tira sur le bas du vêtement du bretteur pour lui faire signe de l'enlever.
- Nami, on n'est pas seule je te rappelle…
- Je sais mais tu préfères dormir avec un t-shirt qui a de la morve dessus ?
Il fit une mine de dégout et se redressa en position assise avant d'attraper les bords du vêtement pour le passer au-dessus de sa tête. Il le fit tomber par terre et se rallongea en entrainant la jeune femme qui renouvelait son assaut sur ses lèvres. Nami plaqua ses deux mains sur ses pectoraux qu'elle caressa sensuellement, redessinant les courbes de ses muscles saillants de ses doigts graciles, puis remonta sur ses épaules avant de redescendre le long de ses bras pour palper ses biceps. De son côté, Zoro faisait courir ses doigts sur la surface de ses cuisses dénudées et remontait au fur et à mesure comme s'il cartographiait le corps parfaitement tailler de la navigatrice. Arrivé au niveau de sa taille de guêpe, ses mains prirent un chemin différent l'une de l'autre. La gauche remonta directement pour s'enfouir dans la chevelure rousse et ondoyante afin d'approfondir leur baiser tandis que son homologue s'immisçait sous l'élastique du petit short satiné qui la couvrait à peine. Il échappa un grognement lorsqu'il se rendit compte qu'elle ne portait pas de sous vêtement. Comment osait-elle sortir ainsi ? surtout pour venir s'enfermer dans une pièce emplie d'hommes. Heureusement qu'ils ronflaient tous et, malgré le fait qu'il ne croyait en aucun dieu, il pria mentalement pour qu'aucun de ses camarades ne se réveillent.
Il sentait la tension monter entre eux alors que leur échange se faisait de plus en plus passionné, et il se força à refréner ses ardeurs. Cependant ce n'était pas chose aisée, surtout avec une Nami de plus en plus entreprenante. Ses petites mains étaient revenues sur son torse et l'une d'elle descendait dangereusement, s'attardant un petit moment sur ses abdos, avant de poursuivre sa route. Il aspira bruyamment de l'air entre ses dents lorsqu'elle fit glisser ses doigts sous la ceinture de son pantalon pour caresser la peau de juste au-dessus l'élastique de son boxer. Il gronda juste assez fort pour qu'elle entende alors qu'il lui retenait légèrement la tête afin de faire une pause dans leur baiser. L'un comme l'autre, ils devaient absolument ralentir ou sinon les choses allaient très vite déraper, du moins pour lui car sa limite n'était plus très loin. Si seulement ils étaient seuls, déplora le bretteur. Cependant, Nami ne semblait pas avoir réalisé ou bien elle choisit d'ignorer royalement les locomotives qui carburaient autour d'eux, mais elle repoussa avec force la main qui lui tenait les cheveux et attrapa son compagnon par la nuque pour l'attirer brutalement à elle. Leurs bouches s'écrasèrent l'une contre l'autre alors qu'il écarquillait l'œil qui lui restait face à cette soudaine violence de la part de la jeune femme. C'était rarement elle qui tenait se rôle dans leurs entrevues intimes et il fut un peu déstabilisé de ce revirement de situation. La rouquine profita de cette distraction pour se presser contre lui et frotter son bassin de façon suggestive au-dessus du sien. Le cœur de Zoro loupa un battement tandis qu'un petit gémissement incontrôlé passait la barrière de ses lèvres qu'elle s'empressa d'avaler de sa bouche. Son œil se ferma pour rouler sous sa paupière alors que le désir déferlait dans ses veines et affluait en un point stratégique. Elle consentit à enfin lâcher ses lèvres qui devaient surement être gonflées et rougies, mais ce n'était que partie remise car elle s'attaqua rapidement à son cou. Zoro lutta intérieurement pour ne pas céder à la douce torture qu'elle lui infligeait et qu'il ne se jette sur elle afin de la satisfaire. Cependant, son point de non-retour n'était pas encore atteint, même s'il n'était plus très loin, et trop occupé par son conflit interne, Nami poursuivait son supplice.
- Nami, souffla-t-il faiblement comme une supplique.
Elle l'ignora et déposa un sillon de baiser humide le long de sa carotide jusque dans le creux de son épaule. Malheureusement pour lui, elle connaissait aussi les points sensibles qui pouvaient lui faire perdre la tête, et le haut de sa cicatrice qui débutait juste en-dessous de la clavicule en était un. Elle s'empressa de le titiller de la pointe de sa langue avant de l'érafler soigneusement de ses dents tandis que ses mains de voleuse s'afféraient à déboutonner son pantalon. S'en fut trop pour le pirate dont le cœur tambourinait désormais dans sa poitrine afin de faire converger son sang vers une seule et même zone.
Dans un geste un peu brusque, il la saisit par les bras et la força à se décoller de lui. Elle eut un petit gémissement plaintif alors qu'il pouvait voir l'étincelle dévorante du désir briller dans ses prunelles opaques. Il lui adressa son regard le plus noir et le plus dissuasif qu'il avait en réserve tandis qu'il tentait de retrouver une respiration normale.
- Nami ! Pas ici ! siffla le bretteur entre ses dents.
La jeune femme cligna des yeux et elle sembla enfin réaliser ce qu'elle était sur le point de faire. Elle se mordit la lèvre dans une moue boudeuse et ses épaules s'affaissèrent, signe qu'elle venait de capituler face à la voix de la raison. La navigatrice hocha la tête preuve qu'elle avait compris et Zoro adoucit sa prise sur ses bras qu'il tenait avec un peu trop de fermeté. Elle se laissa retomber sur lui mais cette fois-ci pour se lover, la tête dans son cou, comme lors de son arrivé. Le bretteur soupira de résignation et l'entoura de ses bras. Avoir la navigatrice couchée sur lui n'était pas la solution la plus rapide pour calmer son excitation mais il savourait tout même sa présence, et tant qu'elle restait sage, il pouvait la tolérer. D'ailleurs, sans s'en rendre compte, sa main s'était mise à caresser les longs cheveux orangés et de temps à autre, il lui arrivait de jouer distraitement avec une mèche et de l'enrouler autour de ses doigts. Bizarrement, cela avait un effet apaisant sur lui, mais aussi sur Nami, qui ronronnait de façon appréciative alors que la tension entre eux était finalement redescendue et que leur respiration avait retrouvé un rythme plus posé. Zoro repensa à ce qui avait pu causer cette intrusion inhabituelle et l'état dans lequel cela avait mis la jeune femme. Le cauchemar avait dû être sacrément sévère pour qu'elle se comporte de manière aussi désespérée et imprudente.
- Comment vous faites pour dormir dans une pièce qui sent aussi mauvais ?
Zoro roula des yeux et lâcha un petit « tss » agacé alors que le mot « chochotte » s'illustrait dans son esprit. Nami la harpie était enfin de retour, et même s'il était soulagé qu'elle se comporte à nouveau normalement, il aurait tout de même préféré qu'elle garde ses critiques pour plus tard. Lui ne sentait rien de particulier car il s'était habitué aux odeurs de mâles de ses nakamas mais il concédait que par moment, l'un d'entre eux, ou même plusieurs d'entre eux, avait tendance à se relâcher un peu trop dans leur sommeil. Comme pour illustrer son propos mental, un bruit vibrant et mal odorant résonna dans la pièce, ce qu'il identifia aussitôt comme provenant de Franky. Nami grogna de dégout et enfouie son nez un peu plus dans son cou. Un petit rire qui tenait plus d'un grommellement, lui échappa face au comportement enfantin de son amante. Il nota, tout de même, avec une certaine fierté que son odeur corporelle ne la gênait pas et qu'au contraire, elle la préférait au reste de la pièce.
- De toute façon tu ne vas pas passer la nuit ici.
- Déjà pressé de te débarrasser de moi ? remarqua-t-elle un peu vexée.
- Tu sais bien que non, gronda le bretteur. Mais si tu tiens à conserver le secret de notre relation, pour le moment, il vaudrait mieux que tu regagnes ta chambre.
Cependant, il ne desserra pas les bras d'un iota car même s'il pensait ce qu'il venait de dire, il voulait la garder le plus longtemps possible contre lui. Il l'entendit soupirer avant qu'elle ne se mette à remuer et il la libéra de son étreinte. Zoro crut à regret qu'elle allait suivre son conseil et laisser un vide dans son lit mais au lieu de quoi, la rouquine réajusta sa position en descendant sa tête pour la poser au-dessus de son cœur avec sa main placée juste à côté.
- J'y retournerais dans quelques minutes, laisse-moi encore un peu de temps, chuchota-t-elle d'une voix fébrile.
Du fait de leur proximité, il avait pu sentir l'embardé qu'avait fait le cœur de son amante à l'idée de retourner dans sa chambre. Il se rappela aussi que Robin était de surveillance et que donc Nami serait seule, ce qui ne devait pas l'enchanter. Après réflexion, ce n'étaient pas ces quelques minutes supplémentaires qui allaient mettre en danger leur petit secret, et puis comme ça il en profitait un peu plus lui aussi. Sa main retrouva sa place sur la chevelure de la navigatrice pour la tenir dans un geste protecteur et il se surprit même à déposer un baiser sur le sommet de son crâne. Il la sentit sourire contre sa peau dénudée et elle lui retourna son baiser mais sur son cœur. Le doux parfum sucré de son shampoing aux agrumes qui enveloppait ses narines, associé à la douceur de sa peau sous ses doigts le bercèrent petit-à-petit, si bien que son œil commença à papillonner. Le sommeil le faisait sûrement délirer en le rendant un peu niai mais à cet instant il aurait voulu que toutes ces nuits et toutes les fois où il commençait à s'endormir, que Nami soit à ses côtés. Dans son état léthargique, il dirait même que la présence de la navigatrice était devenue presque vitale. Elle avait la surprenante faculté de lui faire ressentir des choses dont il n'aurait jamais cru être capable, comme si elle avait fait fondre sa carapace d'acier, pour le réchauffer de l'intérieur… Oula, la fatigue le faisait vraiment délirer, il en était rendu à penser comme le cuistot… beurk. Sa paupière ensommeillée battit lourdement une dernière fois avant de se fermer alors que les battements du cœur de Nami s'accordaient au siens. Dommage qu'elle ne puisse pas rester.
- Sanji pov -
L'aube pointait à peine le bout de son nez lorsque son horloge interne le réveilla, conditionnée après des années de préparation de petits-déjeuners. Sanji émergea doucement de sa léthargie, enveloppé par la sensation plaisante que lui laissait son rêve encore frais. Son inconscient se détachait progressivement comme des filaments vivants autour de son esprit pour laisser place à sa partie consciente. Quel doux rêve… Tel un ange sortit d'un paradis d'éther, Nami était venue lui rendre visite dans leur chambrée, vêtue d'une longue robe blanche vaporeuse et transparente qui laissait suggérée qu'elle ne portait rien en-dessous. Elle s'était penchée au-dessus de lui, transportant avec elle son parfum si délicieux jusqu'à ses narines, puis elle s'était coulée contre son corps en lui susurrant de sa voix cristalline « Je suis toute à toi, mon doux Prince », avant d'approcher son visage pour l'embrasser. Malheureusement comme à chaque fois, il se réveillait toujours à ce moment-là et les lèvres divines de sa déesse s'éloignaient tristement pour regagner le pays des songes. Sanji soupira, malgré tout, cela restait un rêve formidable. Il pouvait même encore sentir son parfum si délicat comme si elle était présente à ses côtés.
C'est avec un grand sourire que le cuisinier ouvrit les yeux dans une douce sensation de béatitude. La journée s'annonçait magnifique et il avait hâte d'accueillir les deux précieuses créatures de ce navire pour le petit-déjeuner. Sanji passa ses jambes par-dessus le rebord de son lit et sauta sur ses pieds. Il s'étira en levant les bras au ciel et entendit Ussop remuer derrière lui, dans le lit du dessous. Les autres ne semblaient pas être encore réveillés, ce qui était préférable, car en tant que cuisinier du bateau, Sanji mettait un point d'honneur à être le premier débout pour pouvoir offrir le premier repas de la journée. Luffy dormait comme une souche, les fesses en l'air et la tête collé sur l'oreiller, à baver copieusement. Juste en dessous, Chopper dormait lui aussi paisiblement, son chapeau posé à côté de son lit. En face, Franky débordait du petit cadre en bois que formait la couchette et ronflait bruyamment, tandis qu'en dessous Brook semblait définitivement mort, si ce n'était que pour la bulle qui sortait de son nez qui gonflait et dégonflait au rythme de sa respiration. Pas la peine de vérifier si le gros balourd à tête d'algue dormait, comme à son habitude, ce gros fainéant était toujours le dernier à se lever. Pour son petit rituel du matin, Sanji sortit son paquet de sa poche avec son briquet et tira une cigarette qu'il porta à sa bouche. D'un coup précis du pouce pour soulever le capuchon du briquet, il alluma le petit stick et tira sa première taffe de la journée. La fumée enroba délicieusement sa bouche et le gout du tabac s'agrippa à ses papilles avant qu'il n'inspire profondément afin d'envoyer la bouffée nicotinée dans ses poumons. Elle s'insinua doucement dans son corps et provoqua cette sensation fabuleuse de légèreté. Oui la journée commençait très bien. Il s'apprêta à se diriger vers la sortit en pensant à sa chère Nami-Swan et sa chère Robin-Chwan qu'il allait voir d'ici peu lorsqu'un bruit attira son attention. On aurait dit un soupire féminin qui provenait de l'intérieur de leurs quartiers. Il s'arrêta, pas très sûr de la réalité ou non de ce qu'il avait entendu, après tout, ses pensées étaient tellement accaparées par les deux jeunes femmes qu'il avait tendance à se perdre un peu dans ses fantasmes. Il tendit l'oreille pour voir si le bruit recommençait même si cela serait grandement improbable qu'une de ces délicates créatures puisse se retrouver dans un taudis pareil. Le cuisinier en chef tira une autre taffe de sa cigarette et fit un pas, pensant définitivement avoir imaginé la présence d'une femme lorsqu'un petit grognement pas du tout masculin s'éleva dans son dos. Sanji se figea instantanément manquant d'échapper sa clope de son bec. Il y avait bien une femme dans le quartier des hommes ! Il se détourna lentement alors que son esprit carburait à toute vitesse pour élaborer des scénarios qui expliquerait une telle présence. Ses fantasmes devenaient-ils enfin réalité ? une de ses précieuses créatures divines était-elle venue pour lui ? Ce serait tellement merveilleux…
Le blond en bavait presque que quand son regard tomba dans le néant de la pièce il fut un peu déstabilisé. Il parcourut du regard toute la chambre sans trouver la moindre trace du sexe opposé. Puis soudain, c'est avec un frisson glacé qui lui descendit l'échine qu'il entendit à nouveau un soupir mais provenant d'un des lits suspendus. Dans un état second, il s'avança vers les couchettes en vérifiant l'identité de tous les occupants : Luffy, Chopper, Ussop, Franky, Brook…et la salade verte. Son cœur loupa un battement tandis que son souffle se bloquait dans sa poitrine. Ses yeux s'écarquillèrent au ralentit, sa cigarette rougeoyante tomba au sol alors que mâchoire semblait s'être décrochée. Sa main tremblotante se leva devant lui en direction du lit avant que son esprit ne court-circuite.
- Ussop pov -
Ussop rêvait qu'il contait ses exploits épiques de grand guerrier des mers à sa grande armada de valeureux et fiers soldats lorsqu'un fracas le réveilla en sursaut. Dans son élan, le sniper se cogna le nez dans la couchette du dessus et laissa échapper un grognement tout en se tenant le museau. Ses yeux clignèrent à maintes reprises avant de s'adapter à l'obscurité et il chercha l'origine de ce qui avait bien pu le réveiller. Son regard tomba sur la masse sombre au sol qu'il identifia par la suite comme étant Sanji. Ce dernier avait le visage blanc comme un linge, figé dans une expression d'horreur, la bouche écumante de bave, la main tendue en l'air et il marmonnait des incohérences dans une langue obscure.
- Sanji ? appela le sniper inquiet.
Mais l'interpeller l'ignora comme si… il était possédé. Ussop pâlit à cette idée alors que de grosses gouttes de sueurs perlaient sur son visage. Un esprit maléfique avait pris possession du corps de son ami ! il fallait qu'il prévienne les autres en urgence… mais et si jamais l'esprit le possédait à son tour ?! Il frissonna violemment et ramena la couverture sous son nez dans le vain espoir que cela le protégerait. Où était sa croix et son collier de têtes d'ail quand il en avait besoin ?! Il chercha frénétiquement du regard une issue pour s'enfuir. S'il était assez rapide, il pouvait atteindre la porte en quelques secondes et… Mais qu'est-ce qu'il racontait ?! Et ses nakamas ? il n'allait tout de même pas les abandonner avec un esprit maléfique alors qu'ils dormaient tous à point fermé !
Il fallait qu'il les prévienne ! le plus proche était Zoro, il pouvait facilement l'appeler de là où il était. Le sniper s'apprêta à réveiller le bretteur quand son regard se posa sur la couchette et au lieu de voire la silhouette habituelle de son ami, avec une touffe de cheveux vert, il tomba sur une masse orangée qui dépassait du baquet. Ussop cligna des yeux plusieurs fois avant de se les frotter énergiquement pour être bien sûr de ce qu'il voyait et que ce n'était pas dû à l'obscurité. Il resta interdit quelques instants après avoir très clairement identifié la chevelure de leur navigatrice. Oubliant le potentiel danger d'un esprit maléfique ainsi que le cuisinier qui gisait à terre, le sniper se leva pour s'approcher tout doucement du lit de Zoro. Dire qu'il était surpris était un euphémisme, en fait c'était bien au-delà de ça. Jamais de toute sa vie il n'aurait cru être témoin d'une chose pareille. Là devant ses yeux, se tenait bel et bien son camarade mais à ses côtés se trouvait aussi la jeune femme rousse. Tous deux dormaient paisiblement, serrés l'un contre l'autre, ou plutôt, il dirait que Nami était à moitié affalée sur Zoro avec sa tête reposant sur sa poitrine juste en-dessous de son menton. Le bretteur avait passé un bras autour de sa taille et la tenait étroitement contre lui, dans un geste protecteur ou possessif (il ne saurait trop dire) alors que son autre bras pendait mollement sur le côté du lit. Passer outre la surprise de voir ces deux-là ensembles, Ussop les trouva mignons même s'il n'avait jamais pensé utiliser ce mot pour quelque chose qui concernait Zoro. Puis il se souvint d'une chose, certes il ne l'avait pas vu venir mais ce n'avait pas été le cas de Franky avec qui il avait fait un pari. A croire que le cyborg avait une meilleure analyse des gens que lui. Il se sentait un peu vexé de ne pas avoir su voir le rapprochement entre ses deux amis comme l'avait fait le charpentier. Il fallait qu'il le réveille pour qu'il constate sa victoire. De ce fait, Ussop se dirigea sur la pointe des pieds vers la couchette du cyborg au corps démesuré qui dépassait allègrement de chaque côté du cadre, en passant à nouveau devant un Sanji toujours inconscient. Il élucida rapidement les causes de son état et fut rassuré qu'il n'y ait aucune menace à bord du navire. Il tapota légèrement sur l'épaule ronde et métallique du charpentier qui ronflait autant que la locomotive Rocket-Man.
- Franky ! chuchota-t-il.
Cependant, ce dernier continuait de dormir profondément. Ussop insista en tapant plus fermement sur son bras synthétique.
- Franky !
Le charpentier aux cheveux bleus grogna et finalement ouvrit un œil.
- Hein ? Ussop ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Viens voir ça !
Franky parut sceptique mais le sniper ne lui laissa pas le temps pour une explication qu'il repartait déjà auprès du couchage du bretteur. Le cyborg s'extirpa de son lit et rejoignit son camarade en se frottant les yeux encore lourdement ensommeillés.
- Qu'est-ce qu'il y a de si important pour…
Il s'interrompit lorsque son regard tomba par terre sur la forme inerte.
- Pourquoi est-ce que Sanji est inconscient sur le sol ? Et pourquoi tu regardes Zo… Ooooh !
Toutes ses questions furent solutionnées au moment où ses yeux se posèrent sur le couple enlacé. Même s'il fut surpris comme l'avait été Ussop, Franky s'en remit bien plus vite et un grand sourire fendit son visage anguleux.
- C'est SUPER mignon ! s'enthousiasma à voix basse l'homme aux cheveux bleus. Tu vois, je t'avais dit que ces deux-là finiraient ensembles !
Le sniper soupira face à sa défaite, qui au final n'en était pas vraiment un car il était heureux pour ses amis, mais il s'en voulait tout de même de n'avoir rien vu venir.
- Tiens voilà tes 20 berrys, dit-il en tendant l'argent au cyborg.
Ce dernier les attrapa dans sa grosse main et les plaça dans son slip.
- N'empêche, ça fait bizarre de les voir comme ça, commenta Ussop. On est plutôt habitué aux disputes ou à leur totale indifférence…
- A mon avis, ça lui a fait plus bizarre qu'à nous, déclara Franky en désignant le cuisinier du pouce.
- C'est vrai… le pauvre, ç'a dû être un choc…
- Qu'est-ce qui a été un choc ? S'enquit soudainement une voix juste à côté du sniper.
L'homme au long nez fit un bond alors que son cœur frôla la crise cardiaque. Brook les avait apparemment rejoint, sans faire le moindre bruit, tout squelette qu'il était.
- Oh comme s'est romantique !
Ce dernier tenait ses deux mains jointes contre son visage osseux dans une mimique attendrit et complètement sous le charme.
- Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose entre ces deux-là.
- Hein ? toi aussi ?! mais… comment ? s'exclama Ussop à voix basse.
Oh, lorsqu'on était à Punk Hazard, Zoro-san, Sanji-san qui avait le corps de Nami-san, ainsi que moi-même, nous étions à la recherche de Kin'emon dans l'étendue glacée, et comme à leur habitude, ils n'arrêtaient pas de se disputer. Puis soudain, Sanji-san a glissé sur une plaque de verglas et Zoro-san a attrapé la main de Nami-san par reflex. Ils étaient tellement mignons… cependant Zoro-san s'est rendu compte qu'il ne s'agissait pas vraiment de Nami-san et l'a relâché aussitôt. Toutefois, ce simple geste m'a laissé entrevoir la possibilité que ces deux-là avaient un attachement bien plus profond qu'ils ne voulaient bien le montrer.
Ussop était médusé, même s'il avait pu voir la scène de ses propres yeux, il n'aurait jamais soupçonné quelque chose de la sorte. Après tout, Nami avait juste exigé que Zoro surveille les agissements de Sanji avec son corps car elle avait une confiance aveugle envers le bretteur qui n'avait jamais témoigné de pensées obscènes… Mais aujourd'hui, la scène apparaissait sous un autre jour.
- Qui d'autre dans l'équipage avait remarqué quelque chose ? déplora le sniper.
- Remarqué quoi ? demanda une petite voix endormie.
Les trois hommes se tournèrent vers le petit renne qui venait de se lever et qui se frottait un œil tout en se dirigeant vers eux. Un de ses sabots tapa dans la jambe inanimée de Sanji et Chopper marqua un temps d'arrêt avant qu'une expression paniquée ne déforme ses traits enfantins.
- Sanji ! Un docteur vite ! Un docteur !
Le petit renne commença à s'agiter dans tous les sens en secouant frénétiquement les bras.
- C'est toi le docteur ! s'exclamèrent les trois hommes à l'unisson.
- Oh… Ah oui ! réalisa-t-il avec un sourire gêné.
- Et ne t'en fais pas pour lui, il va s'en remettre, lança Franky avec désinvolture.
- Comment tu peux dire ça ?!
- Parce que c'est à cause de ça, indiqua Ussop en montrant du doigt le lit du bretteur.
Chopper s'approcha l'air intrigué et à la fois perplexe. Il prit sa forme Heavy Point pour avoir une meilleure vue car trop petit dans sa forme habituelle pour atteindre la couchette suspendue. Cependant, l'expression perplexe du petit renne s'intensifia et il inclina la tête sur le côté avant de se tourner vers ses amis.
- Pourquoi Nami dort avec Zoro ?
- A ton avis ?
- Euh… parce qu'elle avait froid ? suggéra-t-il naïvement.
- Non ! parce qu'ils sont « un peu plus » qu'amis, expliqua Ussop en mimant les guillemets de ses doigts.
Le petit renne hocha la tête pour marquer sa compréhension avant de se figer.
- HEIN ?! s'écria-t-il sous le choc.
Le sniper fut rassuré par la réaction du docteur, car lui non plus ne semblait pas avoir envisagé cette hypothèse.
- Zoro pov -
L'espèce de fond sonore qui ressemblait à un brouhaha, ainsi que la désagréable sensation d'être observé, le tirèrent de son sommeil malgré l'heure très matinale. Plus il reprenait conscience plus le brouhaha s'éclaircissait jusqu'à ce qu'il identifie la voix de plusieurs protagonistes qui semblaient se chamailler. Sa paupière se décolla lentement alors que son œil se plongeait dans la pénombre. Les voix se firent plus clairs et il reconnut très nettement celles de ses nakamas qui tentaient, tant bien que mal, de chuchoter entre eux. Soudain les voix se turent et lorsque sa pupille fut habituée à l'obscurité, Zoro tomba sur ses camarades qui le fixaient étrangement. Ussop et Chopper en Heavy Point l'observaient avec une expression effarée, comme pris sur le fait, Brook le regardait avec un air attendrit franchement glauque, et Franky avait un large sourire en coin presque complice, puis chose encore plus flippante, il le gratifia d'un clin d'œil. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale alors que son instinct lui criait que quelque chose n'allait pas. Zoro n'était pas du genre à succomber à la panique, même s'il devait bien avouer qu'il ne se sentait pas tout à fait rassuré, ce qu'il cacha sous son air ronchon habituel.
- Je peux savoir ce que vous foutez ? gronda-t-il de mauvaise humeur d'avoir été réveillé si tôt.
Le sniper commençait à suer à grosse goutte cherchant une réponse adéquate lorsque surgit brusquement dans son champ de vision, et un peu trop près à son goût, le cuistot visiblement en colère.
- Toi ! siffla-t-il entre ses dents. Comment as-tu pu faire une chose pareille ?!
Zoro n'avait aucune idée de ce-dont il parlait mais même si l'idée d'avoir pu offenser d'une quelconque manière l'abrutit aux sourcils en vrille était assez plaisante, il ne se sentait pas l'envie de gérer ses sautes d'humeurs pour l'instant. Les autres s'écartèrent discrètement et observèrent la scène avec intérêt. Mais qu'est-ce qu'ils leur prenaient ce matin ?! et l'autre blondinet qui fulminait au-dessus de son lit… décidément, la journée commençait mal. Le bretteur sentait son irritabilité s'accroitre à vitesse grand v et il voulut se redresser pour rabattre le caquet du cuistot de malheur lorsqu'il sentit quelque chose faire appuie sur son torse. Il fronça les sourcils d'incompréhension et encore plus quand ladite chose grogna de mécontentement. Il baissa les yeux et son visage se décomposa petit-à-petit alors qu'il réalisait avec horreur que la chose en question avait une chevelure orangée et qu'il pouvait sentir ses formes généreuses pressées contre lui, ou plutôt sur lui. En effet, plus de la moitié du corps de la jeune femme était affalé sur le sien, elle avait même une jambe qui passait en travers de sa taille, et il remarqua avec stupéfaction qu'il la tenait dans ses bras et que sa main reposait à l'extrême limite de ses fesses. Zoro cessa de respirer alors que la gravité de la situation lui apparaissait très clairement. Nami, cette maudite sorcière, n'était pas partie dans la nuit comme elle l'avait laissé entendre, mais s'était endormie, tout comme lui, dans le quartier des hommes, alors qu'ils étaient censés garder leur liaison secrète. Enfin c'était surtout elle qui y tenait, mais Zoro n'avait spécialement envie que les autres les voient se câliner. Alors qu'ils l'apprennent de cette façon… c'était l'option qu'il avait voulu à tout prix éviter. Et à cause d'elle et de son fichu cauchemar, il se retrouvait à devoir s'expliquer face à ses camarades sur le pourquoi du comment Nami dormait sur lui. Maudite soit-elle ! pesta-t-il intérieurement.
Son esprit carbura à toute vitesse pour tenter de trouver une explication plausible autre que celle qui semblait évidente… en plus il n'avait plus son t-shirt ! La poisse… Les autres allaient de toute évidence croire qu'ils avaient fait des trucs juste à côté d'eux. Le bretteur sentit de grosses gouttes de sueurs perler sur son front alors que la criticité de la situation devenait difficilement gérable. Il les voyait attendre plus ou moins patiemment, cela dépendait de la personne, son explication, qu'il avait beaucoup de mal à trouver. Après tout, ce n'était pas lui roi du mensonge, mais il y en avait une qui maitrisait cet art, et il était hors de question qu'il soit le seul à subir ce procès.
- Nami ! l'appela-t-il d'une voix grondante.
Toutefois, la navigatrice paraissait avoir un sommeil de plomb et il tenta de lui secouer l'épaule mais tout ce qu'il réussit à obtenir ce fut un grognement.
-Hum… laisse-moi dormir Zoro... Si tu veux le faire vas-y mais je ne bougerais pas…, maugréa-t-elle en se retournant.
Zoro eut l'impression qu'on venait de le vider de tout son sang. Non… elle ne venait pas de dire ce qu'il croyait qu'elle avait dit, hein ? Elle n'avait suggéré qu'il… enfin de lui faire… alors qu'elle dormait, si ? et ça, devant les autres… ? Il détourna lentement son regard vers ses nakamas. Brook, Ussop et Sanji avaient le nez qui ruisselait d'un liquide rouge, tandis que Franky souriait allègrement et levait le pouce vers lui. Seul Chopper avec son innocence enfantine ne semblait pas avoir saisi l'allusion. Zoro sentit subitement ses joues s'empourprer furieusement et, sans réfléchir car il voulait absolument dissoudre cette situation hautement gênante, il fit une chose qu'il allait s'en doute regretter par la suite. En effet, avant qu'elle ne puisse ajouter autre chose, Zoro éjecta sans ménagement sa compagne du lit, qui atterrit au sol dans un grand boum, sous le regard ébahi de ses compagnons. Sanji fut le premier à réagir et voulu sauter sur lui tout en hurlant de ne pas maltraiter sa Nami-Swan. Il fut cependant stoppé en plein élan par l'offensée qui se releva brusquement et le heurta au menton par mégarde tandis que les autres faisaient un pas en arrière. Le choc assomma instantanément le blond qui retomba à la renverse pour la deuxième. Zoro s'en serait réjoui s'il n'y avait pas eu une sorcière irradiante de rage face à lui. Il était très mal.
- ZORO ! s'écria-t-elle d'une voix à vous faire vriller les tympans. Je rêve ou tu viens de me jeter de mon lit ?!
- Je…
Il marqua un temps d'hésitation avant de se rendre compte qu'elle venait de dire « mon lit ». Apparemment dans sa colère elle ne semblait pas avoir réalisé où elle se trouvait, ni même qu'elle venait d'assommer un de ses camarades, et comme d'habitude elle considérait qu'il était en tort. Zoro sentit la colère prendre le pas sur sa gêne précédente. C'était à cause d'elle qu'ils étaient dans cette situation et elle, elle s'en prenait à lui ?! Ce qu'elle pouvait être garce parfois ! Il descendit de sa couchette et vint faire face à la jeune femme furibonde.
- TON LIT? Je te signale que tu étais dans MON lit ! en train de me baver dessus alors que JE te servais de matelas !
- JE ne BAVE absolument PAS ! Et ça ne change rien au fait que TU m'as jeté du lit ! GROS SAUVAGE !
- JE t'ais jeté du lit parce que TU ne voulais pas te réveiller et que tu commençais à raconter n'importe quoi devant les autres !
- C'est totalement faux ! Je… attend… QUOI ?!
Il tendit le bras, le doigt pointé derrière elle, et la jeune femme perdit toute couleur lorsqu'elle réalisa l'implication de ce qu'il venait de dire.
- Tu t'es endormie, tu te rappelles ?
- Pourquoi vous faites autant de bruit ? C'est déjà l'heure de manger ? interrompit la voix somnolente de leur capitaine.
Nami devint livide sous ses yeux et tous deux se tournèrent lentement vers Luffy qui bâillait à s'en décrocher la mâchoire tout en se frottant le ventre. Il se gratta le coin de la tête quand il vit quasiment tout son équipage au complet dans le dortoir.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Et pourquoi Sanji dort par terre ?
- Sanji a été assommé par Nami qui s'est relevé trop rapidement parce qu'elle a été éjectée du lit par Zoro, parce qu'ils dormaient tous les deux ensembles et qu'on les a surpris, expliqua Ussop de façon très naturelle.
- Oh… mais… CA VEUT DIRE QU'ON N'A PAS DE PETIT-DEJEUNER ! s'affola le Chapeau de Paille.
- C'EST TOUT CE QUE TU RETIENS ?! s'exclamèrent-ils tous en cœur.
- On te dit que Zoro et Nami ont dormi dans le même lit ! s'exclama le sniper avec effarement.
- Oui et même qu'ils étaient enlacés amoureusement, ajouta Brook de manière plus placide.
- Oh et même que notre Nami a suggéré une chose SUUUPER intéressante à notre ami Zoro, renchérit le cyborg avec un clin d'œil malicieux.
Le bretteur le fusilla du regard. Il était incroyablement gêné et il détestait cette sensation, alors que ses amis renchérissent sur le sujet, ça devenait difficilement gérable. Pourquoi avait-il fallu qu'elle s'endorme dans son lit ? Contrairement à lui, la jeune femme paraissait plus agacée que gênée, ce qui l'énervait d'autant plus.
- Hey ! On est là je vous signale ! argua Nami. ALORS ARRETEZ DE PARLER DE CE QUE VOUS AVEZ CRU VOIRE ! Ce n'est pas ce que vous croyez…
- Ah bon ?! s'étonnèrent les hommes de l'équipage (Sanji y compris qui venait de se réveiller)
De son côté, Zoro était sincèrement curieux de savoir ce qu'elle allait pouvoir inventer pour justifier le fait qu'elle était dans ses bras et tout le reste, même si une partie de lui était un peu vexée qu'elle tienne absolument à nier leur relation devant leurs amis. Il l'observa chercher une explication toute en se grattant nerveusement le bras et en se mâchouillant la lèvre. Elle allait devoir faire mieux que ça pour se montrer convaincante.
- Dieu soit loué Nami-Swan. Tout cela n'était qu'une hallucination… un vulgaire malentendu, n'est-ce pas ? s'enquit le cuistot avec les yeux pleins d'espoir.
- Et bien…, balbutia la jeune femme.
- Alors vous n'êtes pas amoureux ? demanda Chopper dans toute son innocence, visiblement déçu.
Zoro allait ouvrir la bouche pour mettre fin à cette discussion embarrassante et aussi mettre fin à tout malentendu mais Luffy le devança.
- Bah bien sûr que si, ils sont amoureux. Ça fait un bail !
- HEIN ?!
Alors celle-là, Zoro, ni aucun autres d'ailleurs, ne l'avaient vu venir. Depuis quand est-ce que Luffy était au courant ? Pire, comment se faisait-il que leur capitaine ait gardé cette information pour lui ?! alors qu'il était incapable de garder le moindre secret ! Zoro s'en voulu subitement de lui avoir caché cela, c'était un manque d'honneur de sa part.
- Comment tu as su ? demanda Nami sous le choc avec une moue coupable.
- Alors c'est donc vrai ?! pleura le blond aux sourcils en vrille. Pourquoi Nami-Swan ? Pourquoi lui ?
- La ferme, crétin ! siffla le bretteur passablement agacé par les pleurnicheries de son camarade.
- Ne me dit pas de la fermer espèce de gros rustre qui a osé voler la vertu de ma douce Nami-Swan !
Sanji s'approcha de lui et ils se retrouvèrent front collé contre front à gronder et à montrer les dents comme deux bêtes sauvages prêtes à s'entre-dévorer. Enfin cela aurait été le cas si la navigatrice ne les avait pas stoppés en leur assénant un de ses coups de poings fétiches. Pendant ce temps, Luffy se grattait la tête tout en réfléchissant.
- Je l'ai su quand je vous ai vu vous embrasser, mais c'était il y a quelques temps de ça.
- Mais pourquoi n'avoir rien dit ? questionna-t-elle la voix chargée de remords.
- Ba parce que je me suis dit que si vous n'en parliez pas, c'était que vous vouliez garder ça pour vous mais que vous en parleriez dès que vous seriez prêts.
Zoro se releva en se massant la bosse qui apparaissait sur le dessus de son crâne mais la douleur n'était rien comparé à la surprise que la révélation de leur capitaine avait suscitée. Et il n'était pas le seul, car les autres aussi étaient en état de choc et avaient leur mâchoire sur le point de se détacher.
- Luffy je suis…, commença Zoro
- Pas la peine de t'excuser Zoro, assura franchement le capitaine en posant une main sur l'épaule de son ami.
- Mais Luffy ! chouina Sanji. Comment tu peux accepter que cette tronche de laitue soit avec un ange comme ma Nami-Swan ?
- Tu sais ce qu'elle te dit la tronche de laitue, face d'escargot ? rétorqua Zoro avec véhémence.
- Nami a toujours son sourire, interjeta le Chapeau de paille. Je n'ai aucune raison de m'opposer à leur relation, surtout s'ils sont heureux.
Zoro se calma aussitôt et esquissa un sourire reconnaissant alors qu'il échangeait un regard complice avec son capitaine. Oui il était heureux avec Nami, même si elle avait tendance à le rendre dingue, et il espérait ne pas se tromper en supposant qu'elle aussi était heureuse avec lui. Comme pour le rassurer elle se jeta au cou de Luffy et il l'entendit dire d'une voix tremblotante :
- Oui je suis très heureuse. Merci Luffy.
Leurs camarades s'extasièrent de joie et les félicitèrent (même s'il ne comprenait pas vraiment pourquoi), et Franky y alla même de sa petite larme en adoptant sa pose « SUPER ». Seul le cuisinier boudait dans son coin, pleurant à genoux son amour perdu.
- Ça me soulage que vous sachiez tous, déclara la jeune femme.
- Ouais, ça sera plus simple, acquiesça Zoro.
Soudain, le capitaine fit une tête étrange, avec une expression de profonde réflexion.
- Pendant que j'y pense… lorsque vous vous embrassiez, pourquoi est-ce que vous étiez nu ? Et pourquoi Nami arrêtait pas de répéter ton nom, Zoro, alors qu'elle sautait sur tes genoux ? Demanda innocemment Luffy.
Zoro manqua de s'étouffer en déglutissant de travers, et sentit la pointe de ses oreilles chauffer de façon virulente. Lui qui pensait que sa gêne de tout à l'heure ne pouvait pas être pire… et apparemment le reste de ses compagnons ne paraissait pas plus à l'aise avec l'image que leur avait décrite leur capitaine. Le blond frôla même la crise cardiaque. Quant à Nami, elle relâcha son étreinte autour du cou de Luffy et adopta une posture rigide, d'où il pouvait voir la veine colérique battre sous sa tempe.
- Bien, maintenant que vous savez tout…, commença-t-elle avec un sourire doucereux et une voix mielleuse qui n'auguraient rien de bon, DEGAGEZ TOUS D'ICI !
Mêlant le geste à la parole, elle flanqua presque tous les hommes dehors, assénant au passage un violent coup de poing au Chapeau de Paille, avant de leurs claquer la porte au nez.
- Robin pov -
Les premiers rayons du soleil la forcèrent à décrocher les yeux de son livre pour les diriger vers l'horizon rectiligne qui s'étendait à perte de vue depuis les fenêtres à 360 degrés de la vigie. Le lever du soleil était l'un de ses moments favoris car il était source d'espoir et de renouveau. Robin ferma le roman qu'elle avait presque terminé et admira le spectacle naturel en posant son menton dans la paume de sa main, accoudée au dossier de la banquette murale. Les membres de l'équipage ne tarderaient pas à se lever et une nouvelle journée riche en rebondissements était surement à prévoir. L'archéologue esquissa un sourire en pensant à la chance qu'elle avait de faire partie d'une famille pareille, où l'ennuie n'existait quasiment jamais. Elle s'attendait à entendre Sanji déambuler sur le pont et commencer à préparer le petit-déjeuner, mais au lieu de quoi, ce fut le silence total. Par acquis de conscience, l'utilisatrice du Hana Hana no Mi croisa les bras devant sa poitrine et se concentra pour faire éclore un bras avec un œil en son centre dans la cuisine. Comme elle s'en doutait, il n'y avait personne ce qui était étonnant car inhabituel. Le bras disparu et la jeune femme décida d'attendre un peu avant de redescendre. Toutefois, quelques minutes plus tard, il sembla y avoir de l'animation dans le dortoir des hommes. Encore une chamaillerie entre garçons qui avait dû éclater, cela pouvait arriver même au réveil, mais Robin avait une petite idée de ce qui pouvait en être la cause. Lors de son tour de garde, elle avait aperçu la rouquine se glisser hors de leur chambre pour filer en toute discrétion vers les quartiers des hommes. Même si elle ne lui en avait jamais fait mention, Robin avait vu le rapprochement entre le bretteur et la navigatrice, d'ailleurs leurs escapades nocturnes n'étaient pas aussi discrètes qu'ils le pensaient, mais elle respectait le silence de son amie en attendant patiemment que cette dernière aborde le sujet en premier. Toutefois, quelque chose lui disait qu'elle n'allait plus avoir à attendre très longtemps, car elle ne l'avait pas vu ressortir.
Enfin, s'ils se disputaient c'était qu'ils étaient réveillés, du coup elle pouvait délaisser son poste de surveillance pour aller les attendre en cuisine, et puis Nami ne devrait pas tarder non plus. Passant son livre sous son bras, elle se leva et se dirigea vers la trappe d'accès avant d'entamer sa descente. Elle était presque en bas lorsqu'elle entendit la porte du dortoir des garçons s'ouvrir brusquement suivit de près par l'expulsion de ses occupants. Son pied toucha le sol boisé et la porte claqua sèchement laissant Brook, Franky, Ussop, Sanji, Chopper et Luffy à terre, complètement médusés. Robin laissa échapper un petit rire en constatant que seul Zoro manquait à l'appel parmi les garçons, et l'expression profondément attristée du cuisinier ne fit que la conforter dans son idée que le secret était enfin éventé.
- Tout va bien capitaine ? Le réveil avait l'air mouvementé.
L'interpelé, qui était étendu au sol et dont la tête arrivait à ses pieds, leva les yeux vers elle avant de bondir sur ses jambes. Une belle bosse bien rose gonflait sur le haut de son front mais cela ne l'empêchait pas d'avoir un grand sourire joyeux qui lui remontait jusqu'aux oreilles.
- Tout va pour le mieux ! et maintenant… A MANGER ! Sanji j'ai faim !
Pour toute réponse, le pauvre cuisinier dépressif, affalé face contre le planché, émit un gémissement plaintif qu'elle décrypta comme étant « Nami-Swan ». L'archéologue posa son regard sur la porte qui venait de claquer et sentit son sourire s'élargir.
- Je ne pense pas qu'il soit utile que l'on attende Nami et Zoro, tu ne crois pas Sanji ? suggéra gentiment la jolie brune. Et pour ma part, je commence à avoir un peu faim.
Le détournement d'attention sembla fonctionner car ni une ni deux, le blond bondit sur ses jambes pour se précipiter vers elle. Il lui saisit la main avec délicatesse en s'inclinant respectueusement afin de lui déposer un baiser sur le dos de la main.
- J'y vais de ce pas ma douce et tendre Robin-Chwan ! roucoula-t-il comme à son habitude.
Sanji s'éclipsa aussitôt dans la cuisine, avec Luffy sur les talons.
- Dit Sanji, pourquoi Nami a réagi comme ça ? Est-ce qu'il faut se mettre à poil pour s'embrasser ?
- LA FERME STUPIDE CAP'TAINE ! NE PARLES PLUS JAMAIS DE CA !
La porte de la cuisine claqua derrière les deux hommes et Robin leva un sourcil intrigué. Voilà qui s'avérait très intéressant, il semblerait que le capitaine ait aperçu quelque chose. Pendant ce temps, les autres s'étaient relevés avec moins d'agilité… enfin presque tous. Brook était resté les fesses en l'air et la tête collée au sol avec ses orbites creusent rivées sous la jupe de la jeune femme.
- Je suis sûre que tu dois avoir faim aussi Monsieur le musicien, déclara-t-elle d'une voix douce.
Aussitôt, des bras fleurirent sur le pont et aidèrent le squelette à se relever. Ce dernier ne broncha pas, et au contraire, il la remercia en s'inclinant respectueusement ainsi qu'en soulevant son chapeau de dessus sa tête.
- Alors toi aussi tu savais Robin ? s'enquit le petit médecin.
- Oui.
- Je n'arrive pas à croire qu'on est les deux seuls à n'avoir rien remarqué, déplora Ussop. Ça m'a quand même coûté 20 berrys.
Le cyborg pavana fièrement devant elle, le torse bombé et les épaules en arrières. 20 berrys ? alors comme ça ils avaient parié sur le couple. La brunette eut un sourire en coin. Franky se dirigeait vers la cuisine lorsqu'il s'arrêta subitement. Une main venait de fleurir sur le bas de son ventre et plongea aussitôt sous l'élastique du sous-vêtement rouge avant d'en ressortir un billet. L'argent se retrouva en une fraction de seconde entre les vraies mains de l'archéologue sous le regard abasourdi de ses camarades.
- Je crois que cet argent me revient. A votre avis, qui est-ce qui suggéré cette issue à notre cher charpentier ? demanda malicieusement Robin en leur lançant un clin d'œil avant de rejoindre la cuisine.
- Nami pov -
La porte claqua violemment et la jeune femme se tourna dans une envolée de cheveux flamboyant vers le bretteur qui se tenait tout penaud devant son lit, torse nu. Il la regardait avec un sourcil levé et le dessus des pommettes encore un peu rougies par la gêne. N'empêche, quel abrutit ce Luffy ! rien que de se dire qu'il les avait vu en train de faire l'amour elle en avait des frissons… heureusement qu'il était encore trop naïf pour ce genre de chose.
- Je peux savoir ce que tu fais ? ronchonna Zoro. On devrait rejoindre les autres pour aller manger.
- Oh mais ne t'inquiète pas, on les rejoindra, assura-t-elle de sa voix douce.
Elle le vit froncer les sourcils, se doutant qu'elle préparait quelque chose. Nami s'avança lentement, dans une démarche féline, les yeux rivés sur sa proie, avec un petit sourire en coin. Il resta immobile et l'observa attentivement avec une certaine méfiance. Elle se tint juste devant lui, à quelques centimètres seulement.
- Avant ça…, susurra-t-elle sensuellement
Elle laissa courir ses doigts le long de ses bras musclés pour remonter jusqu'à ses épaules alors qu'elle se dressait sur la pointe de ses pieds pour effleurer les lèvres de son amant. Au moment où il commença à succomber à ses charmes, ses doigts se replièrent dans le creux de sa main et elle donna un nouveau coup de poing sur la touffe verte qui lui servait de tête.
- NE T'AVISES PLUS DE ME FAIRE TOMBER DU LIT !
Il s'écroula à ses pieds alors qu'elle le toisait du regard, une main posée sur la hanche. Cependant, Zoro ne mit qu'un quart de seconde avant de se relever en arborant un regard pis que noir.
- Non mais ça va pas ! espèce de sorcière folle din…
Elle s'empressa de retirer son petit haut à bretelles d'un geste vif ce qui eut l'effet escompté, il cessa automatiquement son esclandre sous le coup de la surprise, et lorsqu'il ouvrit la bouche pour continuer de râler, elle ôta rapidement son short. Nami se tint fièrement devant lui, complètement nue, et elle le vit ouvrir puis fermer la bouche plusieurs fois de suite sans émettre le moindre son. Il était loin le Zoro impassible face aux charmes féminins, du moins tant qu'il s'agissait des siens, qu'on soit bien d'accord. Finalement, il retrouva son expression habituelle renfrognée derrière laquelle il aimait bien se retrancher lorsqu'il était mal à l'aise. Cela fit sourire la jeune femme qui avança d'un pas pour se coller contre lui sans pour autant l'enlacer.
- Tu comptes aller prendre ton petit-déjeuner comme ça ? bougonna le pirate.
Elle hocha lentement la tête en se mordant la lèvre de façon aguicheuse. Nami leva la main et planta son doigt sur le torse ferme de son amant puis exerça une pression qui l'incita à reculer. Zoro suivit le mouvement sans rechigner jusqu'à ce que l'arrière de ses jambes tapent dans le cadre du lit. Elle le poussa d'une légère impulsion et le bretteur se retrouva assis sur son matelas sans jamais la lâcher du regard.
- Je vais le prendre juste ici, car je suis plutôt frustrée de ne pas avoir eu mon encas cette nuit, souffla la rouquine d'une voix suave en se penchant vers lui.
L'ombre de son cauchemar lui traversa brièvement l'esprit mais elle le chassa aussi vite car il ne s'agissait que du fruit de son imagination combiné à la peur de perdre celui qu'elle aimait. Zoro était bien vivant et d'ailleurs, elle comptait bien en profiter librement maintenant qu'ils avaient la bénédiction de leur capitaine.
FIN
Merci pour votre lecture ! j'espère que la mort de Zoro n'a pas paru trop absurde (même s'il s'agissait au final que d'un rêve), le personnage n'est pas évident à faire mourir car il est quand même BADASS ! J'espère aussi avoir été assez précise dans la description de son adversaire et que vous l'aurez reconnu : il s'agit de Shiryu de la Pluie. C'est volontaire de ne pas avoir cité son nom, car étant du point de vue de Nami, elle n'a pas connaissance de son identité, et je voulais aussi laisser planer le doute entre un rêve et une possible vision prémonitoire. Dites-moi si vous avez tout de même cru à la mort de Zoro, et si la suite un peu plus légère avec les différents points de vue des membres de l'équipage vous a plu.
Je vous dis à bientôt pour une nouvelle fiction.
