Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.


L'ange qui naîtra de nous deux


Chapitre 2- Premier soupir

Hermione fut la première à se réveiller, ce matin-là. Il lui fallut quelques minutes pour comprendre où elle était et se rappeler tous les événements de la veille. Une larme coula sur sa joue, puis une seconde, puis un sentiment de rage! Elle en avait assez de pleurer! Elle devait se reprendre et surmonter tout ça. Sauf que voilà, c'était plus facile à dire qu'à faire. Elle gémit de tant de faiblesse de sa part.

Ron ouvrit difficilement les yeux. Il avait senti Hermione bouger à ses côtés. « Hey. »

« Oh, salut, Ron. » Elle se retourna vers lui et ils furent tous deux face à face, couchés sur le côté.

« Comment ça va? » Demanda-t-il en passant une main dans les cheveux de son amie.

Hermione haussa les épaules. « Ça ira mieux, » dit-elle, tentant d'y croire.

Ron sourit doucement. « J'aimerais tellement pouvoir faire quelque chose. »

Touchée, Hermione enlaça son ami. Pendant ce temps, Harry se réveilla à son tour. Il se redressa et tourna la tête vers ses amis enlacés. Il bâilla, cherchant ses lunettes à tâtons, attirant ainsi l'attention d'Hermione qui se retourna vers lui.

« Harry, comment vas-tu? »

« Mieux que toi, à ce que je vois. » Il se releva et vint s'asseoir à ses côtés. Comme pour donner un sens à ses mots, il essuya de son pouce la dernière larme qui demeurait sur la joue d'Hermione.

« Hermione… »

Hermione arrêta Ron avant qu'il ne lui pose la question. Elle savait que trop bien ce qu'il allait lui demander. Elle savait également qu'elle ne pourrait pas passer une minute de plus sans tout leur avouer. Alors, ainsi installée, entre les deux garçons qu'elle considérait comme de vrais frères, elle raconta toute l'histoire.

Elle parla d'abord de la dispute qu'elle avait eue avec son père, mais ne disant rien sur son état. Pourtant, elle comprit vite que ce détail était crucial et elle avoua tout lorsque Ron posa la question.

« Mais Hermione, enfin, je ne comprends pas. Qu'est-ce qui a pu mettre ton père dans une telle colère? Qu'as-tu fait qui ne lui a pas plu à un point tel qu'il refuse que tu retournes dans notre monde? »

Les lèvres d'Hermione tremblèrent. « Oh, Ron. Je suis enceinte! » Hermione ferma les yeux le plus fort qu'elle le pût, ne voulant pas voir la réaction de ses amis. Pourtant, lorsqu'elle n'entendit rien et ne sentit aucun mouvement, sa curiosité l'emporta et elle ouvrit les yeux.

Harry et Ron la regardaient, les yeux bien ronds. Harry allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose lorsque Molly entra dans la chambre.

« Bonjour, mes trésors! Oh, Hermione, chérie, comment vas-tu? »

Hermione regarda tour à tour Harry et Ron avant de répondre. « Pour être franche, je ne sais pas trop. »

Molle sourit tendrement. « Allez, venez déjeuner, tous les trois. »

Le trio se leva et se dirigea vers la cuisine. Celle-ci était beaucoup moins pleine qu'hier, ne comptant que Mr. et Mrs. Weasley, Fred, George et Ginny.

Leurs assiettes étant déjà servies, ils s'assirent sans dire un mot et commencèrent à manger. Mr. Weasley lisait son journal, Fred et George parlaient 'affaires' et Molly parlait doucement avec sa cadette. Hermione écouta quelques mots de leur conversation. Ginny parlait de son nouveau petit ami à sa mère, tout en échangeant plusieurs regards avec Harry. Surprise, Hermione lança un regard interrogateur à Ron. Celui-ci sourit en levant les yeux au ciel et bougea ses lèvres de façon à prononcer les mots 'longue histoire'.

« Alors, Hermione, » dit soudain Mr. Weasley. « Comment te sens-tu, ce matin? »

« Mhmm… »

« Oui, Hermione. Raconte-nous ce qui t'est arrivé, nous étions si inquiets pour toi, » enchaîna Ginny.

Hermione prit une belle teinte rouge et baissa les yeux.

« Laissez-la, elle ne veut pas en parler, » intervint Ron.

« Mais nous voulons juste l'aider, » se justifia Mrs. Weasley. « Nous sommes tous préoccupés par le sort d'Hermione, et avec la guerre qui se déroule dehors, quand nous l'avons vu arriver hier, dans l'état qu'elle était… »

« Oh, non! Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais bien, » dit Hermione. « Mes problèmes n'ont réellement aucun rapport avec Voldemort. »

La tension dans la pièce sembla baisser d'intensité. Hermione le remarqua et elle se dit qu'elle leur devait la vérité. Ne serait-ce que pour tout ce qu'ils avaient fait pour elle. Et puis, ils pourraient sans doute l'aider. De plus, Harry et Ron ne semblèrent pas vouloir la renier pour autant… quoiqu'ils ne savaient pas encore tout. Mais comment amener le sujet ?

« Hermione, ma chérie, peut-on savoir ce qui te rend si malheureuse? » Demanda alors Molly, lui offrant la parfaite opportunité.

Hermione commença à conter son histoire, utilisant comme point de départ la dispute qu'elle avait eue avec ses parents, mais bien vite elle en vint à expliquer la cause.

« Voilà, c'est parce que j'ai appris hier que… enfin… » Hermione soupira, reprenant son courage. Elle était une Gryffondor, après tout; elle y arriverait! « J'attends un enfant. »

Comme pour les deux fois précédentes, il n'y eut que le silence qui suivit cette déclaration. Quelques larmes roulèrent sur ses joues. Jamais elle ne se ferait à l'idée qu'elle allait être mère. C'était tellement irréel. Hermione avait baissé la tête et fixait ses mains. Jusqu'à ce qu'une autre main vint se placer sur elles. Elle releva la tête et croisa le regard compatissant de Ron.

Aussitôt, le doute s'insinua dans l'esprit des parents du jeune homme.

« Ron?! »

« Quoi? Quoi! » Demanda-t-il, mais lorsqu'il réalisa l'implication derrière l'exclamation horrifiée de sa mère, il lâcha aussitôt la main d'Hermione, son visage virant au rouge jusqu'à la pointe des oreilles. « Il n'est pas de moi! » Clarifia-t-il, avec véhémence.

Hermione sourit tristement. Tout aurait tellement été plus simple si ça avait été lui. Mais Ron n'était pas le père. Il était son meilleur ami et beaucoup plus que ça encore. Elle l'adorait! Mais jamais ils ne pourraient sauter le cap et devenir amants, tous les deux. Leur amitié était trop forte pour qu'ils prennent le risque de tout gâcher.

« Hermione, » tenta Harry, « si ce n'est pas trop indiscret, pourrait-on savoir qui est le père? »

Hermione comprit que c'était d'abord et avant tout pour enlever tous les doutes qui restaient dans l'air concernant Ron et elle. Pauvre Ron, elle lui devait bien ça.

Elle acquiesça, mais répondit d'une petite voix. « C'est, euh… le professeur Rogue. »

Aussitôt, les réactions apparurent de tous les côtés. Molly et Arthur échangèrent un regard. Ginny plaqua sa main sur sa bouche. Ron et Harry restèrent totalement abasourdis et muets, et Fred et George lancèrent quelques remarques que leur mère fit taire immédiatement.

« Hermione? » Osa enfin demandé Arthur Weasley, avec un timbre de voix sérieux et paternel, quoique légèrement mal à l'aise « Il ne t'a pas, enfin, comment dire? Est-ce que Severus Rogue t'a 'forcée' à faire quoi que ce soit avec lui? »

« Oh! » S'exclama Hermione, comprenant enfin le sens de la question. « Non! Le professeur Rogue ne m'a pas violée, si c'est ce que vous voulez savoir. » Tous les regards étaient fixés sur elle, et alors que certains semblaient soulagés, d'autres apparurent confus.

« Mais alors, pourquoi? » Demanda Ginny, une moue de dégoût sur ses traits.

« C'est compliqué, » commença Hermione. « C'est ce que je ne voulais pas avoir à expliquer à mes parents, car ils auraient sans aucun doute rien compris à la situation, et le professeur Rogue aurait risqué gros. Tout comme moi. »

De nouveau, Hermione se mit à pleurer, enfouissant son visage dans ses mains. Personne ne savait comment réagir. Finalement, Molly se leva et étreignit la jeune Gryffondor en détresse.

« Je ne… je ne veux pas être… renvoyée! » Réussis à articuler Hermione entre deux sanglots.

« Tu ne le seras pas, ma chérie, » la consola Mrs. Weasley. « Tu ne le seras pas. » Mais au fond d'elle, elle n'en était pas si sûre.

« Hermione, » continua Mr. Weasley. « Raconte-nous ce qui s'est passé exactement. Tu étais consentante? »

Hermione prit sur elle et essuya ses larmes. « Je n'étais pas dans mon état normal, » avoua-t-elle.

« Il t'avait droguée? » S'exclama un jumeau.

« Quoi? Non! Lui non plus n'était pas dans son état normal. Je vous l'ai dit, c'est compliqué. »

« Nous avons toute la journée, » l'encouragea Arthur. « Prends ton temps. »

Hermione soupira et se lança. « C'était à la fin du mois de juin. Après la bataille au Ministère… » Elle tenta un regard vers Harry au souvenir de cet affreux événement, mais celui-ci ne sembla pas le relever et écouta son histoire avec intérêt. « Quand je suis sortie de l'infirmerie, j'en voulais à la terre entière! Je trouvais tellement tout cela injuste pour Harry… pour Sirius. Puis, je me suis rappelé les cours d'Occlumencie. Tout aurait pu être différent si Rogue ne les avait pas arrêtés. »

« Hermione, » commença Harry.

« Laisse-moi finir, Harry. Je sais que j'ai eu tort, mais cette journée-là, je voyais la chose différemment. Bref, je suis allée voir le professeur Rogue et je l'ai carrément insulté, lui criant des bêtises et l'accusant. »

« J'aurais voulu voir ça! » S'exclama Fred.

« En fait, » répondit Hermione, « c'était plutôt pathétique. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est de faire perdre 50 points à Gryffondor et à écoper d'une retenue pour le soir suivant. »

« C'était durant la retenue? » Demanda Ron.

« Oui, » confirma Hermione. « Il m'a fait nettoyer son armoire, là où la plupart de ses produits se trouvent. J'ai fait tomber une fiole au sol. C'était de la poudre d'attirance. Nous en avons respiré tous les deux, sans le vouloir. Après ça, on ne se contrôlait plus du tout… et… et bien, vous devinez la suite… » Hermione rougit considérablement et personne ne demanda de détail.

« Et tu es tombée enceinte, » Mrs. Weasley acheva le récit d'Hermione.

« Oui, » acquiesça la brunette. « Normalement, on s'était promis de ne jamais en parler à personne, ou même de s'en reparler mutuellement, car il ne voulait pas perdre son emploi et moi je ne voulais pas être renvoyée. Mais maintenant, tout va être différent… » Ella cacha une fois de plus son visage entre ses mains.

« Je vais en parler à Dumbledore, Hermione, » la rassura Arthur. « Nous trouverons bien un moyen. »

Hermione sourit pour unique merci, les yeux encore pleins de larmes, incapable de trouver sa voix.

« Cependant, Hermione, ma chérie, » intervint Molly. « Si tu penses garder le bébé, je crois qu'il serait préférable que tu en parles à Severus. »

« Quoi? » Cette fois, la jeune fille blêmit.

« Il a le droit de savoir qu'il va devenir père, Hermione. »

Un frisson traversa Hermione. Elle n'avait pas pensé à ça! Elle devait aller reparler de sa soirée avec Rogue. C'est elle-même qui avait eu l'idée de ne rien dire et de ne plus jamais en reparler, et c'était elle qui allait rompre sa promesse la première.

Mais avait-elle le choix?

Oh, comme elle souhaitait ne jamais avoir échappé ce fichu flacon! Ou n'être jamais allée à cette fichue retenue!

oOo

Hermione regarda le flocon qui était dans sa main. L'étiquette indiquait 'Poudre d'attirance' et pourtant, la jeune Gryffondor était persuadée que cette texture n'était pas de la poudre d'attirance, élément principal d'un philtre d'amour. Oh, non, cette poudre ressemblait plutôt à de petites pierres moussues et non pas à quelque chose de délicat et de rose. Elle leva les yeux. Dans le haut de l'étagère, un contenant de verre était rempli d'une substance poudreuse qui correspondait davantage à cette description. Elle pouvait y lire sur l'étiquette 'Roches des Marais'. Les identifications avaient seulement dû être inversées.

Étirant son bras, elle essaya d'atteindre le pot. Elle y parvint du bout des doigts, mais elle l'échappa aussitôt sur le sol de pierre. Le verre se brisa instantanément. La poudre se répandit au sol, laissant échapper un nuage rose de particules volatiles.

À l'autre bout de la pièce, Rogue releva rageusement le regard de sur ses corrections.

« Non, mais quelle incapable! » Rugit-il. « Granger, qu'est-ce que vous fabriquez, encore? »

Hermione, qui était déjà scandalisée de son geste maladroit, devint aussitôt rouge de honte.

« Je suis désolée, professeur, c'était un accident, je vais tout nettoyer! » Aussitôt, elle se pencha et commença à ramasser les morceaux de verre. « Aïe! »

Rogue, qui s'était remis à ses corrections, releva la tête, plus exaspéré que jamais. Cette petite idiote de Gryffondor avait réussi à se couper par-dessus le marché. Quelle poisse.

« Honnêtement, Granger, vous n'êtes vraiment qu'une incompétente! »

Malgré ses paroles plus que froides et haineuses, il se leva et s'approcha de la jeune fille. Celle-ci n'avait rien répliqué à ses insultes, mais on voyait, sur son visage, que ce n'était pas l'envie qui manquait. De sa main valide, elle tenait sur sa poitrine son autre main, celle qui avait été coupée par un éclat de verre. Ses yeux marron reflétaient toute la haine qu'elle ressentait pour cet homme exécrable qui avançait vers elle.

« Montrez-moi votre main, » ordonna-t-il en tendant la sienne vers son étudiante.

Hésitante, Hermione finit par accepter. Elle n'avait pas sa baguette et seul Rogue pouvait l'aider à retirer le morceau de verre qui s'était logé bien profondément dans sa paume. Elle donna sa main au sinistre Maître des potions qui, étonnamment, la prit dans la sienne avec une délicatesse non feinte.

« C'est une bien mauvaise coupure que vous avez là… »

« Le morceau y est encore, » l'informa Hermione.

De son pouce, Rogue caressa la paume de la jeune fille. Aussitôt, celle-ci réagit et voulut retirer sa main dans un élan de douleur. Rogue lui en empêcha pourtant.

« Restez calme, je vais vous arranger ça. »

« C'est vraiment douloureux, » expliqua la Gryffondor.

Rogue prit sa baguette et jeta le sort. Deux secondes plus tard, le morceau s'était retiré de lui-même et la main d'Hermione se cicatrisait déjà.

« Merci. »

Rogue ne répliqua pas. Il regardait les yeux marron d'Hermione et se demandait pourquoi il n'avait jamais remarqué à quel point ils étaient merveilleusement beaux. Avec la lumière tamisée de sa sombre salle de classe, seules quelques torches créaient des reflets dans les yeux sombres de la jeune fille. Elle était là, devant lui, le regardant avec… désir?

Non! C'était impossible. Jamais Hermione Granger, meilleure élève de Poudlard, la Miss-je-sais-tout de Gryffondor, le regarderait, lui, avec du désir dans les yeux. Et pourtant, c'était bien ce qu'elle faisait en ce moment même.

À cet instant, Rogue se rendit compte qu'il faisait pratiquement la même chose. Il ne pouvait plus détacher ses yeux de son étudiante. Il l'étudiait déjà depuis un moment, ses yeux brillants, ses lèvres appétissantes, ses cheveux soyeux, son doux visage de jeune femme, son cou élancé, ses seins si…

Par Merlin! Mais à quoi pensait-il donc? C'était son élève, nom d'une vieille marmite! Une Gryffondor! La meilleure amie de Potter, qui plus est! Comment pouvait-il la trouver désirable?

« C'était quoi, ce bocal que vous avez brisé? » Demanda-t-il avec une voix qui se voulait menaçante, mais où la froideur habituelle n'y était plus.

« Euh… » Essaya de se rappeler Hermione, les yeux dans le vague. « Je ne sais plus… de la poudre? D'attirance, je crois. »

Oh, non, pas ça! Pensa Severus. « Miss Granger, allez-vous-en! » Lui dit-il dans un murmure.

Celle-ci l'entendit très bien. En effet, le professeur Rogue n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle. Pourtant, elle n'était ni effrayée, ni mal à l'aise. Et surtout, elle n'avait aucunement l'envie de s'en aller. C'était bizarre ce qu'elle ressentait dans l'immédiat. Elle détestait Rogue, et pourtant, à cet instant, elle ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Ses yeux noirs, et si durs habituellement, semblaient brûler d'un feu impossible à décrire. Sa bouche fine était plus qu'attirante et Hermione avait juste l'envie de se perdre dans ses bras et de caresser ses longs cheveux d'ébène.

« Partez… » Souffla-t-il en lui enlaçant la taille.

« Non, » répondit-elle juste avant qu'il ne pose ses lèvres sur les siennes.

Même si jusque-là, Severus avait essayé de résister, malgré le fait que son corps faisait exactement le contraire de ce que son esprit lui dictait, il se laissa totalement aller à cette étreinte, sans aucun remords.

Hermione était sans aucun doute la plus heureuse des femmes à ce moment-là. Elle avait enfin goûté aux lèvres de Severus et c'est avec plaisir qu'elle avait enfoui ses mains dans sa chevelure, qui au contraire des apparences, n'était pas incroyablement grasse. Elle était appuyée contre le torse de son Maître des potions et l'embrassait à pleine bouche.

C'était son premier baiser… et c'était très loin d'être un chaste baiser. Et s'il n'y avait pas d'amour dans leur échange, il y avait au moins de la passion et du désir en grande quantité. Elle pouvait sentir les mains fortes et entreprenantes de son enseignant sur tout son corps. Il la caressait avec violence et douceur à la fois et il semblait aussi affamé qu'elle.

« Il ne faut pas, » l'entendit-elle susurrer à son oreille juste avant qu'il ne lui mordille le lobe.

Hermione laissa échapper un soupir de plaisir et, prenant le visage de son professeur entre ses deux mains, elle l'embrassa presque sauvagement.

« Je m'en moque, » dit-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser de nouveau avec autant de fougue.

Severus n'y tint plus et, entourant la taille d'Hermione, il la suréleva afin qu'elle soit à son niveau de grandeur. La jeune fille sourit dans le baiser et elle entoura ses jambes autour de la taille de l'homme. Celui-ci fit quelques pas et finit par déposer Hermione sur le coin d'un des bureaux d'élève. Restant dans la même position, il commença à lui retirer sa robe de sorcière.

Aussitôt, Hermione en fit de même avec les habits de Severus. La lourde robe noire du professeur tomba rapidement au sol. Hermione entreprit de déboutonner la chemise de son amant, mais lorsque celui-ci lui retira la sienne en premier et qu'il déposa des baisers enflammés sur son cou, ses épaules et le haut de sa poitrine, elle perdit quelque peu ses moyens.

Pourtant, elle revint rapidement à elle, voulant elle aussi toucher la peau si prometteuse de son professeur. Dès que la chemise noire de l'homme se retrouva sur le sol, les yeux d'Hermione se mirent à briller beaucoup plus. D'abord, Severus Rogue était loin d'être aussi chétif que certains pouvaient le croire. En fait, son torse était parfaitement découpé et particulièrement attrayant. La marque des Ténèbres, présente sur l'avant-bras du sombre professeur, n'étonna pas Hermione. Elle l'ignora et se mit plutôt à embrasser chaque partie de la peau pâle, mais si douce de Severus. Ses mains se posèrent sur son bas ventre et suivirent le chemin déjà tracé et soyeux qui descendait plus bas encore. Elles s'attaquèrent immédiatement à la fermeture éclair des pantalons de l'homme.

De son côté, celui-ci était plus qu'heureux de la laisser faire. C'est qu'elle était très entreprenante, la petite Miss-parfaite de Gryffondor. Il avait facilement dégrafé la dernière barrière entre sa peau si agréable et lui, et sentir ses deux seins nus contre son torse lui faisait un effet plus qu'excitant.

Lorsque le pantalon du Maître des potions tomba au sol, révélant toute sa virilité derrière le fin tissu de ses boxers, Hermione fut prise d'un doute. Elle se recula un peu, offrant à Severus une vue des plus aguichante. Pourtant, celui-ci remarqua ses yeux. Elle semblait troublée, voire mal à l'aise.

Il comprit aussitôt.

Il aurait dû s'arrêter là, il le savait, mais il ne pouvait pas. Doucement, presque avec tendresse, il releva le menton d'Hermione afin que ses yeux rencontrent les siens. Il l'embrassa avec passion, mais avec une douceur infinie. Lorsque, après, il replongea ses yeux dans ceux de la belle brune, il y vit le désir y revenir au grand galop. Il lui sourit et se plaça à genou devant elle.

« Qu'est-ce que…? »

« Chut, laissez-moi faire, » dit-il d'une voix rassurante qu'Hermione ne lui connaissait pas.

Il lui sourit et posa ses mains sur les cuisses de la jeune fille. Il les caressa un moment et, tout en descendant sensuellement ses mains pour lui retirer sa petite culotte, ses bas et ses souliers, il déposa plusieurs baisers entre celles-ci. Instinctivement, Hermione entrouvrit davantage ses cuisses, invitant Severus à monter plus haut, vers un lieu où il savait qu'il avait l'exclusivité.

Hermione ne put retenir un gémissement lorsqu'elle sentit la bouche chaude de son professeur à cet endroit. Elle ferma les yeux et caressa les cheveux de son amant. Severus lui faisait découvrir des sensations encore inconnues. Oh, bien sûr, elle avait déjà lu sur le sujet, mais rien n'était comparable à… à… ça!

« Oh, professeur! » cria-t-elle au bout d'un moment.

Severus sourit. Elle venait d'avoir son premier orgasme, il en était sûr. Il adorait l'entendre gémir sous ses caresses et ses baisers, il aimait plus que tout le goût délicieux qu'elle avait. Il raffolait de son innocence, de sa pureté qu'elle était prête à sacrifier pour lui…

Un déclic se fit dans sa tête. Il n'avait pas le droit! Il ne pouvait pas faire ça! Pourtant, son entrejambe lui disait bien le contraire. Hermione aussi semblait en vouloir plus, beaucoup plus.

« Professeur? »

Severus leva les yeux vers elle. Qu'est-ce qu'elle était belle, là, comme ça, toute prête à s'offrir, les yeux voilés de désir. Il se releva et Hermione, qui était à moitié couchée, les coudes derrière elle sur le bureau, se redressa pour venir l'embrasser. Les bras de Severus l'entourèrent aussitôt alors que les mains de la jeune fille descendaient une fois de plus vers le bas de son ventre. Doucement, mais avec envie, elle retira le dernier morceau de tissu qui les séparait. Elle en profita pour caresser les fesses musclées de son enseignant et l'approcha encore plus vers elle.

Les mains de Severus descendirent à leur tour. Il souleva Hermione, ainsi que sa jupe d'écolière et vint se placer à l'entrée de son sexe.

« Hermione… » Murmura-t-il, la voix voilée par le désir.

La Gryffondor, qui avait la tête appuyée sur l'épaule de Severus, les yeux mi-clos, se redressa. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.

Elle plongea ses yeux dans ceux de l'homme avec qui elle partageait ce moment unique. Ses deux iris noirs étaient dilatés et cela donnait de la brillance, de l'éclat et de la chaleur à son regard habituellement si froid.

« Severus… » Osa-t-elle, et lorsqu'il ne la rabroua pas, elle lui sourit et l'embrassa. Ce fut un baiser tendre et doux.

Au même moment, Severus entra délicatement en elle. Hermione sentit l'intrusion et se crispa un peu, anxieuse. Comme elle s'y attendait, cela ne fut pas des plus agréables, mais Severus fit preuve de patience et Hermione s'habitua rapidement à le sentir en elle. Après quelques secondes, il commença un léger mouvement de va-et-vient. Et ça n'avait plus rien à voir avec le Wingardium Leviosa, croyez-le!

Hermione n'était plus capable de penser à quoi que ce soit d'autre qu'à cet homme qui lui donnait un plaisir jusqu'alors inconnu pour elle. Elle aimait son odeur, sa chaleur, son corps. C'était comme si elle le découvrait pour la toute première fois. Il n'était plus l'immonde professeur Rogue, mais seulement Severus. Par-dessus tout, elle aimait l'entendre gémir et savoir qu'elle en était la cause.

Elle avait entouré ses jambes autour de la taille de son professeur, approfondissant ainsi leur proximité. Elle l'embrassait goulûment dans le cou alors que Severus se faisait de plus en plus fougueux. Encore quelques coups de reins et elle n'en put plus. Elle ferma les yeux, enfonçant ses ongles dans le dos de son amant.

Severus gémit de sentir tant de réactions de la part de la jeune fille. Il lui empoigna énergiquement les fesses et la repositionna plus loin sur la table. D'un geste naturel, Hermione s'allongea et Severus s'installa sur elle. Tout se fit encore plus intense. Hermione cria plusieurs fois le nom de son professeur, ce qui était loin de déplaire à l'homme en question; Severus n'y tint plus et se déversa en elle.

Il s'écroula sur elle, haletant. Elle n'en menait pas large non plus, essoufflée de tant d'ardeur. Elle sentait encore le désir poindre en elle, mais Severus était comblé et se retira calmement. Il se redressa et aida Hermione à se rasseoir.

Ils se regardèrent dans les yeux quelques minutes et soudain, les deux semblèrent enfin réaliser ce qu'ils avaient fait.

« Par la barbe de Merlin, » murmura Severus, ne voulant y croire. « Mais qu'est-ce qu'on a fait? »

Il passa nerveusement une main dans ses cheveux, les retirant de son visage.

« Professeur? »

Hermione était redevenue beaucoup plus lucide qu'auparavant, même si elle restait avec une certaine chaleur entre les jambes et un fond de désir dans les yeux.

Severus ramassa violemment son pantalon et l'enfila avec hâte. Il se mit dos à son élève et regarda sa salle de classe. Ses yeux se balancèrent de gauche à droite, jusqu'à ce qu'ils tombent sur la délicate poudre étendue au sol. Il jura.

Hermione en avait profité pour se lever. Elle avait replacé sa jupe un peu plus décemment et enfilé sa chemise blanche. Elle finissait de la boutonner lorsqu'elle arriva au côté de son amant.

« Qu'est-ce que c'était? »

Severus la regarda sans lui répondre, puis il se pencha et toucha la poudre rose du bout des doigts; ayant déjà été victimes, la substance ne provoquait plus d'effet sur eux. « Savez-vous exactement ce qu'est ceci, Miss Granger? »

Hermione regarda la poudre rose et se mordit les lèvres. « C'est de la poudre d'attirance, non? »

« Exact, » confirma Rogue. « Savez-vous dans quoi elle est utilisée et pourquoi? »

« Dans les philtres d'am— Oh! Professeur, c'est à cause de ça si… eh, bien, si nous…? »

« Oui. » Il la regarda quelque instant, puis finit par se relever. Il attrapa sa baguette et fit tout disparaître, poudre et éclats de verre confondus.

« À l'état pur, cette poudre est très puissante, » expliqua-t-il. « Normalement, elle sert juste à rapprocher les deux individus visés par le philtre d'amour, pour qu'ils soient attirés l'un par l'autre, mais l'inhaler provoque des réactions assez… ardentes, immédiates et incontrôlables. » Il jura de nouveau, faisant sursauter la jeune fille. « C'est que je risque mon emploi, moi! »

Il se parlait davantage à lui-même qu'à Hermione. Celle-ci d'ailleurs ne l'écoutait plus vraiment : s'il risquait de perdre son emploi, elle risquait, de son côté, d'être renvoyée. Peu importerait qu'ils aient été des victimes. Peu importerait qu'elle soit majeure. Il était son professeur et elle était son élève : seuls les côtés illégal et inexcusable de la chose seraient jugés.

Non! Cela ne pouvait pas arriver… cela ne devait pas arriver. Personne ne devait savoir, jamais. Et puis, ce n'est pas comme si l'un des deux n'avait pas été consentant.

« Avec une élève! Comment as-tu pu te laisser aller avec une de tes élèves? Merde, je suis le roi des imbéciles, » grognait Rogue pour lui-même.

« Euh, professeur? » Tenta Hermione.

« Quoi ? » Cria-t-il, énervé.

Hermione resta figée par le son de sa voix. L'homme devant elle était réellement redevenu Rogue, le Maître des potions tant détesté de Poudlard. Il n'avait plus rien à voir avec l'homme qui lui faisait si bien l'amour il y avait à peine quelques minutes.

Severus remarqua aussitôt la réaction d'Hermione et il s'en voulut… enfin presque. Il voulut se reprendre, mais Hermione le coupa. « Miss Gr— »

« Professeur, personne ne le saura! »

« Pardon? » Rogue semblait incrédule.

« Eh, bien, » commença Hermione, « je ne vois pas pourquoi on en parlerait? Personne n'a besoin d'être au courant… Je veux dire, personnellement, je ne regrette pas… Je veux dire, je mentirais en disant que ça ne m'a pas plu. » Hermione rougit de ses propres mots et ferma les yeux, gênée : elle n'arrivait pas à croire qu'elle lui disait tout ça! « Vous ne voulez pas perdre votre emploi, et moi, je ne souhaite pas être renvoyée. En plus de tout, il y a la guerre au-dehors! Nous sommes tous les deux gagnants en ne disant rien à personne, vous ne pensez pas? »

Severus regarda son élève, surpris. C'était impensable de croire qu'elle acceptait aussi facilement le fait d'avoir passé une soirée aussi torride avec lui. Et en plus, elle lui avouait qu'elle avait aimé et qu'elle ne regrettait rien. Il dut prendre sur lui avant de poursuivre la conversation.

« Vous voulez dire que vous êtes d'accord pour faire comme si cette soirée n'avait jamais eu lieu et de continuer comme si de rien n'était? »

« Exactement, » répondit Hermione après un temps de réflexion.

Elle n'avait jamais parlé d'effacer le souvenir de cette soirée, mais ça, Rogue n'était pas obligé de le savoir.

« Très bien, » répondit Rogue avec un sourcil levé, mi-perplexe, mi-étonné.

Hermione sourit à son expression. « Marché conclu? »

« Marché conclu. »

Ils se serrèrent la main, jurant qu'ils ne se mettraient pas dans le trouble mutuellement.

« Bien. Euh… dite professeur, ma retenue est-elle terminée? »

Rogue cligna des yeux, abasourdis. Quelle retenue?

« Oui! Oui, bien sûr. Fichez-moi le camp d'ici! »

Hermione ne put s'empêcher de sourire, amusée. Elle ramassa rapidement ses affaires et s'éclipsa vite fait. Plus rien, après cette soirée, n'aurait pu prouver qu'elle avait bel et bien eu lieu.

Enfin, c'est ce qu'ils croyaient...

oOo

Dans le fin fond de l'Écosse, dans une magnifique école de magie, Severus se réveilla en sueur. Encore ce rêve! Depuis le début de l'été, il faisait toujours ce même rêve… souvenir d'une réalité des plus troublantes. Severus ne pouvait pas oublier son élève. Il redoutait tant la rentrée et le jour où il devrait la revoir.

Elle n'avait jamais cessé de hanter ses pensées et ses rêves depuis ce fameux soir où elle s'était offerte à lui. Il ne cessait de se répéter qu'elle n'était pas dans son état normal et que jamais cela ne se reproduirait, et pourtant, il ne pouvait se résigner à oublier sa peau, sa chaleur, son odeur, ses gestes, son regard. Bref, il l'avait dans la peau.

Elle avait été tellement passionnée. Il n'avait jamais connu d'autre femme aussi enflammée que cette petite Gryffondor. Oui, il y avait eu la poudre, mais même si elle ne contrôlait plus ses gestes, la poudre n'avait aucune influence sur la manière d'agir. Hermione Granger était réellement une femme passionnée en amour, et il pouvait se vanter d'être le seul à connaître cette facette.


À suivre…

Chanson:
Que je t'aime de Johnny Holiday.