Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.


L'ange qui naîtra de nous deux


Chapitre 8- Naissance

Poudlard était magnifique en cette nuit du 29 février. Tout le château était au repos. Dans la tour des Gryffondor, il n'y avait pas un seul bruit et tout le monde dormait.

Tous? Non. Quelque part, dans le dortoir des filles de sixième année, Hermione Granger avait les deux yeux grands ouverts et angoissait. Il était désormais 4h du matin et ça faisait maintenant deux bonnes heures que la jeune femme s'était réveillée suite à une profonde douleur au niveau du ventre et au bas du dos. Depuis, les douleurs revenaient à grands intervalles. Pourtant, elles ne cessaient pas.

« Oh, mon ange! Pas tout de suite! Je ne suis pas prête! » Murmura-t-elle.

Hermione avait peur. Être enceinte à 17 ans, c'était une chose, mais être mère à 17 ans en était une toute autre. Oh, bien sûr, elle avait vraiment hâte d'enfin voir la frimousse de la petite vie qu'elle portait en elle, de pouvoir enfin la serrer contre elle et tout, mais il n'en restait pas moins qu'elle ne se sentait pas prête. Et puis, pour être parfaitement honnête avec elle-même, elle avait une peur terrible de l'accouchement.

« Oh, maman », pleura-t-elle doucement. « Comme j'aimerais que tu sois là. »

La jeune fille n'avait plus eu de nouvelles de ses parents depuis l'été passé, et malgré ce qui s'était passé, elle s'ennuyait atrocement d'eux.

Une nouvelle douleur la traversa et elle gémit.

Après deux autres heures de douleurs alternées, la jeune fille se leva enfin et décida d'aller prendre un bon bain dans la salle des préfets réservée à cet effet. Une fois dans l'eau chaude, un soulagement s'empara d'elle et elle y resta quelques bonnes minutes… en fait, près de deux heures. Ce fut le refroidissement de l'eau qui l'a décida à regarder l'heure.

Oh, seigneur! Il ne lui restait plus que 10 minutes pour sortit, se sécher, s'habiller, aller manger et se rendre à son cours de potions.

Lorsqu'elle arriva dans la grande salle, elle croisa Harry et Ron qui en sortaient.

« Hermione! » S'exclama Ron. « Mais où étais-tu? »

Hermione voulut leur en parler, leur expliquer son angoisse et ses craintes, puis elle se reprit. Elle s'inquiétait probablement pour rien! D'ailleurs, ses douleurs avaient pratiquement cessé lorsqu'elle était dans le bain. Ce n'était sans doute qu'une fausse alerte. C'était fréquent pour une première grossesse, à ce qu'on disait. Et puis, le bébé n'était pas censé arriver avant deux autres semaines encore; il était censé naître le 11 mars prochain, et non en cette journée maudite qui ne revenait qu'aux quatre ans seulement.

« Je suis allée prendre un bain. Mais je vais bien! On va en cours? »

Les deux garçons la dévisagèrent.

« Tu es toute pâle », constata Harry. « Tu as mangé quelque chose ce matin? »

« Euh… »

« Attends! » dit Ron avant de se diriger vers la table des Gryffondor. Il prit une pomme dans le bol de fruits et lui emmena. « Tiens, prends ça! On n'a plus beaucoup de temps avant le début du cours. »

« Merci. »

« Laisse-moi porter tes livres, » lui dit Harry alors qu'il prenait les affaires scolaires des bras d'Hermione.

« Merci, » répéta-t-elle, portant la pomme à ses lèvres.

Alors que les trois amis se dirigeaient vers l'escalier qui descendait aux cachots, une nouvelle douleur s'empara d'Hermione et elle s'accrocha à la rampe d'escalier.

« Ahh! »

« Hermione! » S'exclamèrent les deux garçons en s'emparant des bras d'Hermione afin qu'elle ne trébuche pas.

« Tu es sûre que ça va? » La voix d'Harry était très inquiète et Ron blêmit. La jeune fille leur sourit et reprit contenance.

« Oui. Ne vous inquiétez pas pour moi, je… Aahh! Ugh! » Hermione ne put finir sa phrase, une douleur aiguë s'empara à nouveau d'elle au niveau du bas ventre. Elle se courba un peu et pressa son bébé.

« Tu devrais aller à l'infirmerie », dit Ron d'une voix légèrement trop aiguë pour lui.

Harry, lui, mordait nerveusement ses lèvres. Hermione ferma les yeux, respira un bon coup, puis, quand la douleur passa, sourit à ses deux amis. « Non, ça va, je vous dis. Allons en cours plutôt, le professeur Rogue n'aime pas qu'on arrive en retard. »

« Et moi, je te parie qu'il sera compréhensif! Hermione, s'il te plaît, va à l'infirmerie, » la supplia Ron.

« Non, » répliqua Hermione, catégorique. La jeune femme s'empara de ses livres et se dirigea vers les locaux de Rogue. Ses deux amis, aucunement rassurés, la suivirent avec deux vraies têtes d'enterrement.

Ils étaient les derniers arrivés. Et ils étaient en retard.

« Tiens, le fameux trio a enfin daigné se montrer en classe, » dit Rogue d'une voix empreinte de dégoût et de sarcasme. « Vous nous voyez honorés. Trente points en moins pour Gryffondor. Prenez vos places et cessez de déranger ma classe! »

« C'est Hermione, monsieur, » expliqua Harry à la grande horreur de la jeune fille. « Elle ne va pas très bien. Il faudrait l'amener à l'infirmerie! »

Rogue, surpris de la déclaration du survivant, lança un regard en direction d'Hermione.

« Non! » S'exclama aussitôt celle-ci.

Pourtant, Rogue la trouva particulièrement blême et en sueur. Aucun élève de la classe ne passa de commentaire, mais tous dévisageaient la presque mère. Allait-elle accoucher aujourd'hui?

« Je vais bien, professeur… s'il vous plaît, continuez votre cours. »

Rogue fronça des sourcils. Hermione lui envoya un regard suppliant.

« Très bien. »

Il se retourna et continua à énumérer quelques points importants de la potion qu'ils allaient devoir fabriquer. Alors que tous les regards étaient dirigés vers elle, Hermione sortit un bout de parchemin et sa plume et prit des notes. Peu à peu, les autres élèves l'imitèrent.

Plusieurs minutes passèrent sans rien d'inhabituel, puis tout dégénéra. Hermione poussa un véritable cri de douleur et tomba pratiquement en bas de son tabouret. Ce furent Harry et Seamus, qui se trouvait sur sa droite, qui la rattrapèrent afin de l'empêcher de s'effondrer au sol.

Alors que quelques larmes coulaient sur les joues d'Hermione, Severus blêmit à son tour. Tous les regards étaient dirigés vers la jeune fille. Harry la remit debout et Hermione s'accrocha à son cou comme à une bouée de sauvetage. Elle tremblait atrocement.

« Hermione, je t'en prie, va à l'infirmerie, » supplia une fois de plus Ron alors qu'il caressait le bas du dos de la jeune fille.

« Non, » pleura Hermione dans le cou d'Harry. « J'ai peur. »

Les élèves se rapprochèrent, formant un cercle autour du trio. Rogue se créa un chemin et s'approcha.

« Hermione, » murmura-t-il. « Hermione, regarde-moi. »

Ron et Harry échangèrent un regard surpris. Alors c'était ça, l'autre Rogue dont Hermione parlait quelques fois. Qui l'aurait cru? Plusieurs élèves eurent la même réaction qu'eux en voyant leur cruel professeur aussi doux et compréhensif.

Hermione, pour sa part, ne fut pas particulièrement surprise. Elle leva le regard et plongea dans les iris noirs de Severus.

« C'est passé, » articula-t-elle avec difficulté.

Doucement, elle se recula des bras protecteurs d'Harry. Severus lui tendit une main et elle la prit. Aussitôt, l'homme l'approcha de lui-même. D'un geste rempli de tendresse, qui surprit la totalité des élèves (et pour cause!) il prit le visage d'Hermione entre ses mains et lui releva la tête afin qu'elle le regarde.

« Je veux que tu te rendes à l'infirmerie, Hermione. Tout de suite. »

Il avait parlé d'une voix douce, mais ferme. De ses pouces, il essuya les joues trempées de la jeune femme.

« Non. »

« Hermione. »

« Sev… Professeur, s'il vous plaît. »

« Hermione, » tenta alors Ron. « Tu ne dois pas avoir peur d'accoucher. Vas-y. Va à l'infirmerie. »

Hermione regarda son ami dont les yeux la suppliaient. Elle soupira, vaincue. Elle allait accoucher d'ici quelques heures, elle le savait bien désormais.

« Ce n'est rien, je vous assure. »

« Tu souffres! » Contra Harry.

« Ce n'est rien d'anormal, » répliqua-t-elle. « Ce ne sont que des contractions mineures, j'en ai encore pour un bon moment! »

Severus n'avait pas aimé lorsqu'elle avait parlé de contractions. Ça rendait la chose encore plus 'officielle'. Pas qu'il n'était pas prêt à devenir père; il attendait ce jour depuis sept mois déjà! Seulement voilà, il n'avait jamais réellement réfléchi à tout ce que cela impliquait pour Hermione. Il était inquiet de la voir autant souffrir.

« Hermione… » Commença-t-il.

« Je t'assure, » lui dit-elle. « Crois-moi! »

Ils échangèrent un regard et Severus approuva.

« Tout le monde à vos places, on reprend le cours! J'enlève dix points au dernier qui sera encore debout. »

Aussitôt, tous les élèves rejoignirent leur siège en courant. Hermione reprit sa place également, s'assurant d'être la dernière à s'asseoir afin que Rogue n'ait pas à mettre sa menace à exécution, et recommença à prendre des notes sous les regards inquiets de ses amis qui désapprouvaient totalement sa décision.

Le cours sembla se dérouler normalement. Severus gardait un œil vigilant sur son élève, sous le regard étonné de plusieurs autres. Souvent il la voyait grimacer puis elle fermait les yeux et tentait de respirer normalement.

Sans qu'elle ne puisse les retenir, de nouvelles larmes tombèrent sur ses joues. Plus les douleurs étaient fortes et plus elles étaient rapprochées. Un petit gémissement sortit de sa bouche sans qu'elle ne puisse l'empêcher. De nouveau, tous les regards de la classe convergèrent vers elle.

« Hermione, » lui dit gentiment Parvati. « Tu ne pourras pas l'empêcher de sortir, tu sais. »

Malgré la douleur, Hermione sourit. Quelques élèves rirent également.

« Ce n'est pas ce que j'essaie de faire, » dit Hermione.

« C'est pourtant l'impression que ça donne, » lui fit remarquer Ron.

« Non, c'est juste que… »

Hermione ne put finir son explication. Ses yeux devinrent bien ronds et elle blêmit davantage.

« Ça va, Hermione? »

« Non. »

« Qu'est-ce qui se passe? » C'était la voix de Severus. Il avait bien remarqué, comme tout le monde autour, le changement d'Hermione. Mais au contraire des autres, il s'en inquiétait grandement.

Hermione le regarda et sa lèvre inférieure trembla. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Seamus signala le problème.

« Wouha! Mais qu'est-ce que…! »

Il ne finit pas sa phrase, se leva et s'éloigna. Severus, ainsi que tous les autres, remarqua alors l'état d'Hermione. Ses jambes étaient toutes mouillées et une légère marre d'eau s'étalait sous son siège. En fait, elle venait de perdre ses eaux.

« C'est décidé! » S'exclama Severus. « Je t'amène moi-même à l'infirmerie. »

À la grande surprise de tous, sauf de certains privilégiés, il semblait très concerné par ce qui arrivait à la Gryffondor. Doucement, il prit Hermione par le bras et l'aida à se mettre debout. Aussitôt, celle-ci poussa un cri aigu et s'effondra dans les bras de Severus en tenant son ventre. Les douleurs n'avaient plus rien à voir avec ce qu'elle avait ressenti le matin même. C'était tellement plus… intense. Elle manquait quasiment d'air.

Sans hésiter, Severus se pencha, passa un bras derrière les jambes d'Hermione et la souleva.

« Ça va aller, ma belle. Je suis là. Respire. »

« J'ai mal, » gémit-elle en pleurs.

« Je sais, oui. Ne t'inquiète pas, ça va bien aller. »

Puis, les élèves ne purent entendre le reste de la conversation, car Severus sortit en vitesse de la salle de classe. Tous étaient stupéfiés. L'avait-il réellement appelée 'ma belle'?

Ron fut le premier à prendre sur lui et à réagir. Il ramassa ses effets personnels et sortit en courant du cours de Rogue pour aller vers l'infirmerie. Aussitôt que Ron franchit la porte, Harry fit la même chose. Curieux, les élèves restants, autant les Gryffondor que les Serpentard, firent le même trajet.

oOo

Deux heures étaient passées. Deux longues heures où Harry, Ron, plusieurs Gryffondor et quelques Serpentard, étaient restés assis dans le couloir, face aux grosses portes closes de l'infirmerie. Dans quelques minutes, le cours de potions prendrait fin et ils devraient aller manger. Pourtant, Harry et Ron n'avaient pas faim. Non, même pas Ron!

Le professeur Rogue n'était toujours pas ressorti de l'infirmerie, au grand étonnement des Serpentard. Ils avaient vu Dumbledore y pénétrer il y avait déjà une heure de cela, ainsi qu'une sage-femme de Ste-Mangouste.

Lorsque la cloche annonçant la fin des cours sonna, plusieurs Serpentard allèrent manger. Cela ne prit pas de temps avant que la nouvelle concernant l'accouchement d'Hermione ne fasse le tour de l'école et quelques minutes plus tard, Harry et Ron virent Ginny arriver en courant.

« Comment va-t-elle? »

Harry se contenta de hausser les épaules, lui faisant ainsi comprendre leur ignorance. La rouquine se contenta de s'asseoir à leurs côtés.

oOo

Pendant ce temps, de l'autre côté des portes, Hermione était debout et marchait près de son lit d'infirmerie. La sage-femme, prénommée Magali, lui avait dit que cela l'aiderait sans doute. Severus se tenait toujours à ses côtés, l'agrippant lorsqu'une vague de douleur la traversait. Mrs. Pomfresh lui avait bel et bien donné une potion antidouleur, mais Hermione ressentait encore grandement les contractions. Dumbledore, pour sa part, détendait l'air avec ses nombreuses blagues.

« Est-ce que vous avez pensé à un prénom? » Demanda alors Magali.

Hermione regarda la femme. Elle était jeune, mais semblait bien connaître son métier. Elle avait de beaux longs cheveux bruns et ses magnifiques yeux rieurs étaient cachés derrière ses lunettes.

« Eh bien, » répondit Severus, « on en a quelques-uns, mais on attendait l'accouchement pour le choix final. »

Magali se contenta de leur sourire. Hermione –qui n'avait pas eu de contractions depuis quand? Un beau gros trois minutes– s'accrocha aux épaules de Severus alors qu'une nouvelle douleur la traversa.

« Aaahh ugh! Pourquoi est-ce qu'il faut que ça soit si douloureux? » Se plaignit Hermione.

Magali rit doucement, compréhensive. « Il faut bien que le petit bout de chou fasse son chemin et trouve la porte de sortie. Étends-toi, nous allons voir où est-ce que tu en es rendue. »

Hermione, vêtue uniquement d'une robe blanche de l'infirmerie, s'allongea sur le lit. Severus resta à ses côtés alors que la sage-femme entra quelques doigts dans le vagin d'Hermione.

« Sept centimètres. La dilatation avance bien! On n'en a plus pour longtemps à attendre. »

« Combien de temps? » Demanda Severus, quelque peu impatient alors qu'Hermione lui cassait pratiquement les os de la main sous l'impulsion d'une nouvelle douleur.

« Environ une heure. Ça peut varier. »

« Une heure? » S'exclama Hermione. « Dites-moi, combien y a-t-il de femmes qui survivent à ça!? »

« Ah, mais, » rit Magali, « compte-toi chanceuse, Hermione, un accouchement de cinq-six heures est un luxe pour un premier enfant. En moyenne les femmes mettent au moins dix heures lors du premier accouchement. »

Les yeux d'Hermione devinrent bien ronds. « Comment peut-on en vouloir plus d'un, après ça? » Demanda-t-elle en songeant à la mère de Ron et Ginny.

« Rappelle-moi de te reposer cette question lorsque tu tiendras ton bébé dans tes bras, » sourit malicieusement la sage-femme.

oOo

« Mais qu'est-ce qu'ils font pour que ce soit si long? » demanda Ron, impatient.

« Laisse-leur le temps, » soupira Ginny.

Harry et Ron étaient impossibles! Ils ne cessaient de se lever, de tourner en rond et de se rasseoir. Puis, après deux minutes, ils recommençaient le même manège. Ginny était exaspérée.

Les trois amis avaient décidé de manquer leurs cours de l'après-midi. Ils savaient bien que les profs ne leur en tiendraient pas rigueur. Ginny avait Soins aux Créatures magiques, avec leur bon ami Hagrid, et les garçons, ainsi qu'Hermione, avaient Défense contre les Forces du Mal avec Drusilla. Celle-ci, comme tout le monde dans le château, était au courant de la condition d'Hermione et elle savait bien qu'Harry et Ron étaient ses meilleurs amis. Les autres Gryffondor lui expliqueraient la situation.

« AAAaahh! »

Le cri d'Hermione fut tellement fort qu'il traversa les portes et parvint aux oreilles des trois amis. Aussitôt, Ginny se leva et s'approcha des garçons, puis comme plus un seul son ne se fit entendre, elle commença la même démarche qu'eux. Debout, tourne en rond, assis!

oOo

Hermione était en sueur. Elle était à présent couchée sur le lit, les jambes relevées et écartées. Severus était près d'elle, à genoux à côté du lit, et de sa main valide il dégageait ses cheveux de son visage en sueur. Son autre main, Hermione refusait de la lui rendre.

« Ça va très bien, Hermione, respire. C'est ça! » Lui dit Mrs. Pomfresh qui était de l'autre côté du lit.

Dumbledore était un peu plus retiré du petit groupe. Hermione avait la nette impression qu'il était là en particulier pour Severus.

« Très bien, Hermione, » dit alors Magali. « Tu fais ça comme une vraie pro! Maintenant, quand je te le dirai, tu vas pousser. Il est temps de le sortir de là, ce petit ange. »

Un ange! Ce n'est pas vraiment la description qu'Hermione lui aurait donnée à ce moment précis.

« Ça va aller, ma belle, » lui dit doucement Severus pour l'encourager, mais la réaction d'Hermione fut influencée par une vague de douleur.

« Oh toi, la ferme! C'est de ta faute tout ça! »

« … »

Severus était bouche bée. Bien sûr, elle avait en partie raison, c'était de sa faute si elle était présentement en train de subir le martyre alors qu'elle mettait leur enfant au monde, mais quand même…

« Ne vous inquiétez pas, » intervint Magali. « C'est familier comme réaction; certaines femmes demandent même le divorce lorsqu'elles accouchent! »

Severus lui sourit, quand même peu rassuré.

« Maintenant, Hermione; à la prochaine contraction, je veux que tu pousses! »

Alors qu'Hermione passa les quinze minutes qui s'ensuivirent à pousser, Severus crut qu'il ne récupérerait jamais sa main dans l'état d'origine. Surtout lorsque Hermione la porta jusqu'à sa bouche et qu'elle le mordit. Il ne put retenir un cri de douleur qui fit rire Magali, Hermione et Mrs. Pomfresh.

« Parce que vous trouvez ça drôle? Je saigne! »

En effet, Hermione ne l'avait pas épargné, mais c'était tellement minime comparé à la douleur qu'elle ressentait présentement. C'est pour cette raison qu'elle ne redonna pas la main de Severus à son propriétaire et continua de la serrer.

« Encore un peu Hermione, ça y est presque! » L'encouragea Magali.

Hermione poussa encore une fois… une toute dernière fois! En effet, son effort se termina dans un autre cri. Le cri de son bébé. Il était là! Enfin là!

La jeune maman, qui était pratiquement assise à force de pousser, se laissa retomber sur les coussins et lâcha, par le fait même, la main de Severus. Magali s'occupa du reste du travail. Elle tourna les épaules du bébé et le sortit entièrement, le posant sur le ventre encore bien rond d'Hermione.

« Félicitations, Hermione, Severus! Vous avez un magnifique petit garçon! »

Émue, Hermione essaya de se redresser, mais elle parvint à peine à entrevoir le visage de son fils.

Son fils!

Severus, pour sa part, était pâle, enfin, plus qu'à son habitude, et tremblant. Doucement, il se releva et s'approcha du petit corps fragile de son enfant… son fils!

« Voulez-vous couper le cordon ombilical, Severus? » Demanda gentiment Magali.

« Euh, oui, d'accord… Bien sûr! »

« Bien! »

Magali lui dit rapidement comment faire et Severus s'exécuta. D'un seul coup de baguette magique, le cordon fut coupé. Ensuite, Magali enveloppa l'enfant ensanglanté d'un bout de tissu et l'amena enfin à la hauteur d'Hermione. Celle-ci le prit dans ses bras avec amour. Peu de temps après, le petit avait cessé de pleurer et était déjà en train de téter sa mère. Attendrie, Hermione versa quelques larmes de joie.

« Alors? » Demanda Magali. « D'après toi, pourquoi est-ce que les femmes en veulent plus d'un? »

Hermione se contenta d'un sourire larmoyant. L'amour et la fierté qu'elle ressentait soudain pour son enfant, ce petit être si parfait, débordaient d'elle en vagues puissantes d'émotions. Elle embrassa le fin duvet noir du nourrisson.

Magali laissa le bébé avec la maman pendant environ 25 minutes, une demi-heure. Pendant ce temps, la sage-femme s'occupa de faire la délivrance et de recoudre Hermione. Le bébé n'était pas bien gros, mais Hermione était très délicate.

Mrs. Pomfresh pansa la blessure à la main de Severus qui, lui, ne pouvait lever son regard de sur son fils et son amante… enfin non! La mère de son enfant. Il n'y avait plus question d'amante désormais. Mais pour l'instant, il n'en avait que faire, seul son fils comptait. Son enfant!

Une main bienveillante s'abattit sur son épaule. Dumbledore.

« Félicitations, Severus! Vous aussi, Miss Granger! »

« Merci, » lui sourit timidement Hermione.

Puis, le vieil homme serra Severus contre son cœur, comme un père l'aurait fait, lui murmura quelques mots et sortit de l'infirmerie.

« Professeur Dumbledore, » bondit aussitôt Harry. « Quelles sont les nouvelles? »

Le directeur sourit à ses jeunes élèves. « La maman, le papa et le bébé se portent à merveille! » Les trois amis soupirèrent, soulagés. « J'ai comme l'impression que votre filleul sera un petit garçon très gâté, monsieur Potter, » ajouta-t-il avec malice.

Échangeant un regard, les trois amis se sourirent.

oOo

Magali était partie avec le bébé afin de lui faire faire quelques tests. Pendant ce temps, Mrs. Pomfresh s'occupait de nettoyer le lit qui avait servi à l'accouchement alors qu'Hermione se reposait dans un nouveau lit propre. Severus était près d'elle.

« Alors, » dit-il. « Comment est-ce qu'on l'appelle? »

Hermione, fatiguée, se contenta de lui sourire.

Le petit garçon était très beau. Un mélange parfait de ses deux parents. Il n'était pas très potelé, car il avait un peu d'avance et n'avait pas eu le temps de se créer de la graisse à outrance, mais il atteignait les 47 cm en longueur et pesait 6,16 livres, soit 2,8 kilogrammes. Il avait un fin duvet noir sur la tête et ses yeux, qu'Hermione avait réussi à entrapercevoir, semblaient très sombres également. Pour l'instant ils étaient bleus, comme sur n'importe quel autre nourrisson, mais elle ne doutait pas qu'il aurait les mêmes yeux que son père. Pourtant, il était évident que le bambin avait hérité de la courbe de son nez à elle, ainsi que ses lèvres un peu plus charnues que celles de Severus.

« J'aime bien… Ethan, » dit alors Severus après un moment de réflexion. « C'était bien sur ta liste, non? »

« Si, » sourit Hermione. Elle avait été tellement convaincue qu'il ne l'avait même pas regardée, sa liste, qu'elle en fut agréablement surprise.

« Ethan… C'est un très joli prénom, » approuva Magali, alors qu'elle s'approchait d'eux, le bambin dans les bras. « Ça lui va très bien! »

« J'aime beaucoup Ethan, » approuva Hermione à son tour. C'était un nom unique, bien à lui, qui ne l'associait à aucun autre sorcier déjà existant et qui aurait pu mettre une pression sur les épaules du jeune enfant.

« Vous voulez le prendre, professeur? » Demanda la sage-femme à Severus qui n'avait même pas encore pris son enfant.

Severus se contenta de sourire et prit Ethan dans ses bras. Il était si léger, si fragile. Le petit le regarda quelques instants, puis il leva sa petite main. Severus lui donna son auriculaire et le bébé enroula aussitôt ses petits doigts autour. L'homme releva la tête et regarda Hermione. Celle-ci souriait, heureuse. Il lui rendit son sourire. Il devait beaucoup à cette femme. Ils avaient créé cette petite vie ensemble, ce petit ange, qui était désormais le leur! Severus se sentait prêt à devenir père, mais il n'était pas préparé à ressentir tout cette joie en seulement quelques minutes.

« Il est magnifique! » Dit-il.

Puis, sous une impulsion, il se pencha et embrassa Hermione. Celle-ci lui rendit le baiser.

Si Mrs. Pomfresh ou Magali les vit, aucune des deux ne dit rien. C'était leur moment d'intimité à eux.

oOo

Albus Ethan Severus Rogue. C'était le nom complet qu'ils avaient choisi. Ça faisait maintenant 24 heures qu'Hermione était à l'infirmerie et déjà la jeune maman allait mieux. Elle s'était vite remise de l'accouchement et se portait à merveille. Elle avait encore quelques rondeurs, mais Mrs. Pomfresh lui avait assuré qu'elle n'en aurait pas pour très longtemps avant de retrouver sa taille d'origine. Par contre, ce qu'Hermione aimait moins c'était sa 'nouvelle' poitrine, qui avait considérablement augmentée de volume, au grand déplaisir de la jeune femme. Elle en avait parlé avec Magali et celle-ci l'avait avertie qu'elle en aurait pour quelques semaines, même plus si elle continuait d'allaiter son enfant. De plus, elle avait de nouveau ses règles et la jeune sorcière admit qu'elle s'en serait bien passée. Elle soupira.

En ce mardi matin, l'infirmerie était vide et silencieuse. Hermione était assise dans son lit, lisant le module 7 de son livre de métamorphose. C'était ce qu'Harry lui avait dit qu'ils verraient avec McGonagall, cette semaine-là. Hermione avait horreur de manquer ses cours, mais sa présente situation ne lui en laissait guère le choix.

À ses pieds, sur une petite table, une tonne de cadeaux et de cartes de félicitations étaient posés. À sa droite, dans un magnifique berceau de bois foncé, joliment sculpté, dormait son enfant. Hermione lui jeta un coup d'œil.

Il était sur le dos, ses petites jambes repliées et ses bras relevés de chaque côté de sa tête. Celle-ci était tournée en direction d'Hermione, ses beaux grands yeux sombres cachés derrière ses délicates paupières, ses belles lèvres roses disparaissant sous sa sucette bleu pâle. Ses fins cheveux noirs contrastaient énormément avec sa peau pâle et son pyjama blanc. Hermione avait su, du premier coup d'œil, qu'il aurait la même aura mystérieuse que son père. Un enfant intelligent, puissant et calme.

Hermione était tout simplement folle de son enfant. Elle savait que, peu importe ce qu'il arriverait désormais, elle ne laisserait jamais rien lui arriver. Elle l'avait protégé depuis le tout début (elle repensa amèrement à la demande d'avortement de son père) et elle continuerait ainsi toute sa vie!

Toc. Toc. Toc.

« On peut entrer? » Demanda soudain une voix.

Sursautant légèrement, Hermione fit signe à ses deux meilleurs amis d'entrer, contente d'avoir enfin de la visite.

« On ne peut pas rester longtemps, » avoua Ron en s'assoyant sur le lit, aux côtés d'Hermione. « Mais on voulait voir comment tu allais. »

Harry, pour sa part, s'était approché de son filleul. Avec tendresse, il lui caressa la tête pour finir par passer un doigt sur sa petite joue douce.

« Je vais bien, » répondit Hermione en souriant. « Mais j'ai hâte de sortir d'ici! »

Harry rit doucement alors que Ron leva les yeux au ciel. « Elle a une semaine de congé et elle trouve le moyen d'avoir hâte de retourner en classe! »

« On ne la changera pas, » déclara Harry.

Puis soudain, l'expression de Ron redevint sérieuse. « Euh, Hermione… » Commença-t-il, mal à l'aise.

« Oui? »

Tout comme Ron, Harry était devenu sérieux et regardait l'échange avec une certaine angoisse. Hermione fronça les sourcils… que se passait-il donc?

« Tu sais… euh… et bien… »

« Ron! » s'impatienta-t-elle.

Celui-ci soupira. « Voilà… c'est que, depuis que tu as accouché… il va sans dire que toute l'école est au courant… sauf que… eh bien… J'ai l'impression qu'ils croient tous que c'est… enfin… Ils pensent que c'est moi… »

« Toi, quoi? »

Ron était devenu rouge et gratta sa nuque, signe de son malaise. « Oui, enfin je veux dire, moi… le père d'Ethan. »

« Oh! »

Hermione se trouva stupide de ne pas avoir compris avant. Il n'y avait qu'une petite minorité de personnes dans l'école qui avait pu voir l'enfant. Il était normal qu'une telle rumeur n'ait pas encore été démentie, mais elle le serait bien assez tôt. D'ici la fin de semaine prochaine, Hermione et Ethan allaient pouvoir rejoindre les autres élèves et professeurs, et ainsi, tout le monde verrait qu'il n'est manifestement pas le fils de Ron. Aucune ressemblance avec les Weasley n'existait!

Pourtant, une certaine angoisse enveloppa Hermione. Comment est-ce que l'école allait réagir? Avoir un enfant avec le Maître des potions n'était pas rien… Et maintenant qu'elle y pensait, comment pourrait-elle continuer ses cours malgré sa nouvelle condition de mère? Dumbledore lui avait bel et bien dit qu'il n'y aurait aucun problème, mais désormais Hermione en doutait…

« Enfin, » continua Ron après quelques minutes de silence, « j'ai pensé que tu devais peut-être le savoir. »

« Merci, » sourit Hermione.

« On doit y aller, » dit soudain Harry. « On a un cours avec Drusilla. »

« Oh, d'accord, » marmonna Hermione. « À bientôt. »

Pour une raison qu'elle ne pouvait s'expliquer à elle-même, Hermione ressentait de l'antipathie envers cette femme. Drusilla McNally était une femme dans la trentaine. Elle était jolie et mystérieuse à la fois, mais par-dessus tout, elle était une excellente professeure de Défense contre les Forces du Mal. Elle était compétente et gentille, et tous l'aimaient. En fait, elle était une véritable Mary-Sue! Ron et Harry lui avaient sorti l'hypothèse ridicule qu'elle était jalouse d'elle, mais Hermione avait nié d'un bout à l'autre… de toute façon, pourquoi serait-elle jalouse de cette femme?

Au même moment où ses amis lui dirent au revoir, la porte de l'infirmerie s'ouvrit et Severus, ainsi que Dumbledore, pénétrèrent dans la pièce.

« Bonjour, jeunes gens, » salua le directeur avec un air cordial, mais plus sombre qu'à son habitude.

« Bonjour, » répondit Harry. « On s'en allait. »

Puis, sans demander leur reste, les deux jeunes hommes sortirent de la pièce. De toute façon, ils allaient être en retard à leur cours.

Hermione regarda ses deux amis sortir, puis reporta son regard sur les deux hommes présents. Dumbledore s'était approché de la base de son lit et la regardait d'une expression sérieuse, ses yeux bleus brillant tout de même. Severus, tout comme l'avait fait Harry un peu plus tôt, s'approcha du bébé endormi. La différence fut que lorsqu'il le toucha, le petit ouvrit instantanément les yeux et regarda son père.

Surpris, Severus sourit et prit l'enfant dans ses bras.

« Mais… il dormait il y a même pas deux minutes! » S'exclama Hermione, surprise.

Severus se contenta de hausser ses épaules, montrant sa propre incompréhension.

Le bébé semblait si petit entre les grandes mains pâles de Severus. Le papa accota la petite tête fragile d'Ethan dans le creux de son coude, ses longs doigts tenant ses petites jambes. De sa main libre, celle encore enroulée d'un bandage, la morsure d'Hermione étant profonde, il retira la sucette de la bouche du bébé et caressa ses petites joues douces.

Hermione sourit de voir Severus agir ainsi avec leur fils. Cet homme avait réellement l'instinct inné d'un père.

« Miss Granger, » lui dit-il soudain, « le professeur Dumbledore voudrait s'entretenir avec toi. »

Le ton professionnel de Severus allait à l'encontre de son tutoiement. Leur relation était en effet devenue bien ambiguë depuis la naissance d'Ethan. Depuis le baiser qu'ils avaient échangé, Severus n'avait plus montré aucune affection envers sa jeune élève, mais il semblait néanmoins avoir quelques difficultés à la traiter comme une élève normale de Gryffondor.

« Okay, » répondit Hermione en reportant son attention sur le vieux directeur. Celui-ci regardait le Maître des potions.

« Severus, pourquoi n'iriez-vous pas montrer sa nouvelle chambre à Ethan? »

Severus acquiesça en silence, lança un regard à Hermione, regard que la jeune femme ne sut déchiffrer, puis il sortit, son fils dans les bras.

« Sa nouvelle chambre? » Ne put s'empêcher de demander Hermione.

« Oui, » approuva le vieil homme. « Il faut bien qu'il ait un endroit où vivre et dormir. Il va sans dire que le dortoir des Gryffondor n'est pas l'endroit idéal pour un nouveau-né. Et ce ne serait pas pratique, ni pour vous ni pour vos camarades. »

« Où sera-t-il alors? » Demanda Hermione.

« Dans les appartements du professeur Rogue. »

Hermione resta surprise et déçue. Ou était-ce de la jalousie? Pourquoi Severus aurait-il le droit d'avoir leur fils 24 heures sur 24 et pas elle? Dumbledore sembla deviner les pensées d'Hermione, prit une chaise et vint s'asseoir près de son lit.

« Naturellement, » continua-t-il, « il vous sera permis d'aller rendre visite à votre fils dès que vous en aurez envie! »

Quelque peu soulagée, Hermione pensa à d'autres détails. Elle fronça les sourcils.

« Professeur? »

« Oui? »

« Comment allons-nous faire? Je veux dire, Sev… le professeur Rogue a des cours à donner, et moi je dois en suivre. Comment allons-nous nous occuper d'Ethan? »

Dumbledore se renfrogna. « J'avais résolu ce problème dès le début de l'année, mais la guerre qui se déroule à l'extérieur a changé mes plans. Ste-Mangouste déborde de sorciers blessés et même de quelques Moldus. La sage-femme qui était censée rester ici avec vous pour vous aider lors de vos cours devra malheureusement reprendre son poste à l'hôpital. Ma chère Hermione, ne vous inquiétez pas, » la rassura-t-il lorsqu'il remarqua l'expression paniquée de la jeune femme. « Dès qu'Arthur Weasley est venu me parler de votre grossesse, j'ai modifié vos horaires en espérant alléger vos tâches. Vous remarquerez que lorsque vos cours vous demandent beaucoup de concentration ou qu'ils représentent un certain danger, le professeur Rogue, lui, enseigne aux élèves de première, deuxième et troisième année. Dès que ses cours à lui deviennent plus dangereux, vous, ce sont vos cours les plus calmes, comme Histoire de la magie, Sortilèges ou encore Arithmancie . N'est-ce pas brillant? »

Hermione ne put s'empêcher de le regarder, sceptique.

« Mais… Ce que vous voulez dire, professeur, c'est qu'on aura une garde partagée d'Ethan durant nos cours, et ce, sans aide d'une nounou? »

« Je sais que ce n'est pas la meilleure des solutions, pourtant c'est tout ce que j'ai pour l'instant, » s'excusa-t-il.

« Non! Je veux dire, c'est surprenant, mais… je comprends, » lui sourit Hermione, peu convaincue.

« Chaque matin, ce sera le professeur Rogue qui arrivera avec le petit dans la grande salle. Il ira vous le porter si c'est à vous de vous en occuper. Vous devrez vous voir entre les cours pour faire l'échange. »

Hermione se redressa, surprise. « Dans la grande salle? Mais… et les autres élèves, ils ne vont pas se poser des questions? »

« Bien sûr! » Dit Dumbledore, d'une voix naturelle. « Comment pourrait-il en être autrement? »

« Mais— »

« Nous n'avons aucune autre solution, Hermione. Vous pouvez toujours partir et revenir passer vos examens et vos cours de 7e année lorsqu'Ethan sera plus vieux. »

Le cœur d'Hermione manqua un battement. « Non! »

Dumbledore sourit, compatissant.

« Alors d'ici l'année prochaine, ce sera notre façon de fonctionner. Minerva McGonagall se propose pour vous aider de temps en temps. Moi aussi, d'ailleurs. Et n'oubliez pas qu'en tout temps, il vous est possible de rejeter vos responsabilités de préfète. »

Hermione acquiesça, mais elle restait néanmoins peu rassurée. « Professeur? Pour les autres élèves…? »

« Ce soir même, au souper, j'expliquerai la situation à l'école entière. »

« Toute la situation? » Déglutit Hermione.

« Oui. Je crois qu'on ne pourra pas échapper aux commentaires désagréables et aux fausses rumeurs, mais on doit passer par là, j'en ai bien peur. Je ne doute pas que d'ici quelques semaines, ça leur passera. »

« Espérons-le. »

Il y eut un silence pendant quelques minutes. Hermione ne savait pas trop quoi penser de tout ça. Allait-elle réussir à passer au travers de tout ça? Et le petit Ethan?

« Professeur Dumbledore? »

Dumbledore lui porta son entière attention.

« Personnellement, ça me va. Je me crois capable de continuer mes études et tout, mais, et Ethan? Il n'est qu'un tout petit bébé. Je ne crois pas que se faire trimbaler comme ça d'un cours à l'autre… »

Dumbledore la coupa en levant une main. « Tous les professeurs sont au courant. Dans chaque classe qu'Ethan se rendra, un petit coin bien à lui sera aménagé. De plus, Magali nous a assuré qu'elle pourrait rester pour encore les deux prochaines semaines. Ethan aura pris quelques forces et vous aussi. De plus, le choc de la nouvelle sera passé parmi les élèves lorsqu'ils verront le petit pour la première fois. »

Hermione sourit et approuva. « C'est d'accord. »

« Bien! »


À suivre…

Chanson:
Cent milles bateaux de Entr'chums.