Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.


L'ange qui naîtra de nous deux


Chapitre 9- Sa famille

Depuis qu'Hermione avait repris les cours, il y avait une semaine de cela, elle avait été victime de plusieurs regards et de moqueries méchantes. Évidemment, les Serpentard n'y allaient pas de main morte pour se moquer d'elle à chaque occasion possible, mais même les Poufsouffle et de nombreux Serdaigle ne la regardaient plus de la même manière.

La pire rumeur qui circulait, à l'avis d'Hermione, était celle qui racontait que la jeune femme avait signé un contrat avec le Maître des potions comme quoi si elle lui donnait un héritier, il lui donnerait de bons résultats scolaires. C'était complètement ridicule, mais Hermione ne pouvait s'empêcher d'être triste et en colère à l'idée que les autres puissent penser que c'était de cette façon qu'elle obtenait ses si bonnes notes.

Les Gryffondor, de leur côté, ne savaient plus trop comment agir. Parvati et Lavande lui parlaient de moins en moins, et à chaque fois qu'Hermione partait pour aller voir son fils, elles comméraient sur son compte.

Une autre rumeur, qui chagrinait davantage qu'elle ne révoltait Hermione, Harry et Ron, était celle où le monde affirmait que si l'enfant n'avait pas encore été montré, c'était parce qu'il était affreux. Le nez crochu de Rogue, les cheveux broussailleux d'Hermione, les dents de lapin de la jeune fille, mais crochus, comme son père. C'était d'une stupidité sans pareille, puisque le petit n'avait même pas encore de dents! Mais cela brisait le cœur d'Hermione. Harry lui avait affirmé de ne pas s'en faire, qu'ils allaient tous et toutes ravaler leurs paroles dès l'instant où il verrait la petite merveille qu'était Ethan, mais la jeune mère avait de la difficulté à faire abstraction de toutes ces méchancetés.

Rogue, de son côté, se contrefichait royalement de toutes ces stupides rumeurs! Il n'avait même pas porté attention à l'article portant sur lui dans la Gazette du Sorcier. Il trouvait son fils absolument magnifique. En fait, il était tout simplement le plus beau bébé du monde (pas qu'il avait une opinion des plus impartiales.) Puis, pour les rumeurs concernant Hermione et lui, il avait pour habitude de dire que moins il y ferait attention et plus elles passeraient vite. D'ailleurs, il n'avait pas tout à fait tort.

Si on oubliait les rumeurs, la routine quotidienne était relativement revenue dans la vie des deux parents. Chaque soir, Hermione allait voir son fils aux cachots. La petite chambre qu'on lui avait fait faire, probablement par des elfes de maison, était absolument splendide. Elle était décorée de vert et d'or. Les meubles étaient de bois pâle et la couchette du petit était magnifique. Il y avait une chaise berceuse, où chaque soir, Hermione s'asseyait pour allaiter le petit. D'un accord commun, ils avaient convenu qu'Ethan allait être nourri à moitié au sein et l'autre moitié au biberon. Cela allait être plus simple pour Severus et Hermione.

La jeune maman était justement en train de nourrir le petit. C'était un mercredi soir, et demain, le gamin allait être présenté à toute l'école. Hermione était nerveuse et le bébé le ressentait, pleurant de toutes ses forces.

« Chut, ça va aller, mon amour. Maman est là! »

Magali, la sage-femme, était partie depuis le lundi, mais Severus s'occupait très bien de son fils. Il semblait un peu plus fatigué et pâle, mais c'était normal, après tout, le gamin ne faisait pas encore ses nuits et c'était lui, qui devait s'en occuper. Mais cela ne le dérangeait pas, c'était leur moment à eux, à Ethan et à lui!

L'homme en question était présentement dans son bureau, corrigeant quelques copies d'élèves. Ces Poufsouffle de 6e année, tous des nullités! Mais même de cet endroit, les pleurs de son fils atteignaient ses oreilles. Sachant qu'Hermione était avec le petit, il n'y alla pas…, mais après plusieurs minutes où son petit ange ne se calmait pas, il s'y rendit.

« Hermione? »

La jeune maman, qui semblait désespérée, ressentit un certain soulagement lorsqu'elle vit Severus dans l'encadrement de la porte.

« Sev! Je ne sais pas ce qu'il a, il n'arrête pas de pleurer! »

Elle-même avait quelques larmes aux yeux. Fronçant les sourcils, Severus s'approcha. Il prit le petit des bras d'Hermione et le berça doucement contre lui. Quelques minutes plus tard, le gamin s'était calmé. Aussitôt, Hermione enfonça son visage dans ses mains et pleura.

« Pourquoi n'ai-je pas réussi à faire ça, moi aussi? Tu n'as rien fait de plus que moi! »

Surpris, Severus se pencha à la hauteur d'Hermione, passant une main dans son cou afin qu'elle le regarde. « Hey, ce n'est rien. Tu es sans doute trop tendue. »

Hermione le regarda et sourit doucement. « Merci. Tu fais réellement un bon père, tu sais? »

L'étincelle dans ses yeux fit peur à Severus. Sans tarder, il retira sa main de son cou et se redressa. « Tu ferais mieux d'aller te reposer, une dure journée nous attend demain. Je vais m'occuper d'Ethan. »

« D'accord. Merci, » dit simplement Hermione, déçue. Elle se leva, alla embrasser son fils sur le front et elle sorti des appartements de Severus sans un regard en arrière.

Celui-ci soupira. Que voulait dire ce regard? L'avait-il imaginé? Se changeant les idées, il alla faire chauffer un biberon pour son fils, le fit boire et le mit au lit. Il retourna ensuite à ses corrections.

oOo

Hermione se réveilla de bonne heure ce matin-là. Incapable de se rendormir, elle alla prendre sa douche. Ses pensées vagabondèrent. Était-elle une mauvaise mère? Sans doute, lui criait son esprit. Avant, quand elle allait voir Ethan, Magali était toujours là, près d'elle, l'aidant et lui donnant plusieurs conseils. Depuis qu'elle était partie, Hermione avait l'impression de tout faire de travers avec son fils!

Pourquoi Severus, cet homme qui déteste tous ses étudiants et probablement la majorité des enfants, se montrait-il aussi paternel alors qu'elle, qui avait porté l'enfant pendant près de 38 semaines, ne semblait pas être capable de démontrer quelconque instinct maternel? Elle sortit de ses sombres pensées en même temps qu'elle sortit de la douche.

Ce matin, Severus allait arriver dans la grande salle, le petit dans ses bras. Tous les élèves cesseraient de parler et regarderaient l'homme donner l'enfant à Hermione, qui aussitôt, se ferait assaillir de questions. Et ça, c'était sans compter sur Ethan, qui allait probablement pleurer de quitter les bras de son père pour ceux de sa mère! Une angoisse énorme enveloppa Hermione.

Alors qu'elle descendait les escaliers qui menaient à la Grande Salle avec ses amis, Hermione se fit interpeller par un groupe de Serpentard.

« Alors, Granger, c'est aujourd'hui que tu nous présentes ton petit monstre? » Lança méchamment Pansy Parkinson.

« La ferme, idiote! » Répliqua froidement Harry.

Le groupe, composé de Pansy, Millicent, Théodore et Blaise se retournèrent pour dévisager Harry. « On ne t'a pas sonné, toi! »

« Alors, dis-moi, » enchaîna la grosse Millicent, « quelle note il t'a value, cet affreux bambin? »

« Tu as pris ton pied au moins? » Demanda vicieusement Blaise.

Hermione ne put s'empêcher de prendre une expression dégoûtée.

« La ferme Blaise, » répliqua une voix cinglante, au loin, derrière le groupe des Gryffondor. Surpris, ceux-ci se retournèrent pour voir apparaître Drago Malefoy. « Vous êtes stupides, ou quoi? » Demanda-t-il à ses 'amis'. « C'est le fils du professeur Rogue que vous dénigrez ainsi. Votre propre directeur de maison! »

Les autres le regardèrent méchamment, lancèrent un regard mauvais en direction des Gryffondor et partirent dans la Grande Salle.

« Quels imbéciles, » marmonna Ron.

« Merci, Drago, » ne put s'empêcher de dire Hermione.

Le blond, d'abord surpris, regarda Hermione, une légère moue de dégoût sur le visage. Il fonça les sourcils, la dévisagea de la tête au pied, se retourna puis partit sans rien ajouter.

Ron roula les yeux, jetant un regard significatif à Harry. Il espérait qu'Hermione ne deviendrait pas naïve au point de croire que les Serpentard, tel que Malefoy, pourraient devenir gentils seulement parce Rogue avait changé de comportement vis-à-vis d'elle.

« Tu viens, Hermione? » Demanda Harry en poussant gentiment la jeune fille dans le dos. « Allons déjeuner. »

Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle, ils remarquèrent que celle-ci était plutôt pleine malgré l'heure matinale. Plusieurs devaient avoir hâte de voir le bébé de Rogue! D'ailleurs, celui-ci n'était pas encore arrivé et certains semblaient impatients. Hermione fit comme si de rien n'était et commença à manger.

« Il arrive! »

C'était Parvati, qui, de sa voix excitée, avait dit cela à Lavande. Les deux filles, ainsi que plusieurs autres élèves, étirèrent leur cou afin d'apercevoir le professeur Rogue entrer dans la salle.

Celui-ci remarqua le nombre d'élèves anormalement élevé proportionnellement à l'heure matinale. Il remarqua aussi très facilement, l'intérêt que chacun et chacune lui portait. Mais il avait calculé son coup; Ethan était dans un petit siège pour bébé naissant, qu'il tenait accoté contre son torse. L'enfant n'était visible pour personne excepté lui-même. Il alla s'asseoir entre Dumbledore et McGonagall, comme si de rien n'était!

De sa table, Hermione ne put réprimer un sourire. Plusieurs élèves firent entendre leur mécontentement et leur déception. À la table des professeurs, le siège du bébé était tourné dos aux élèves, face aux professeurs. D'ailleurs, McGonagall jouait avec le petit, un hochet en main. Elle semblait tout simplement 'gaga'! Tous les élèves avaient le regard rivé au même endroit et tous la virent demander quelque chose à Rogue. Celui-ci acquiesça et ravie, le professeur McGonagall prit le bébé dans ses bras, révélant le dos du petit aux élèves.

« Oh, il est magnifique! » S'exclama Minerva alors qu'elle prenait Ethan contre elle.

Il portait le petit pyjama vert et argent de Pansy et le petit serpent sur ses fesses ressortait, dû à la couche du nourrisson. Aussitôt, Hermione lança un regard à Pansy, qui semblait totalement troublée.

Ethan battit des pieds dans les airs et émit un son, heureux. Minerva rit doucement et approcha le petit de son buste, supportant sa tête à l'aide d'une main soigneusement positionnée.

« Il est si petit! » S'exclama Lavande.

« Il est mignon, » dit Parvati.

« Vous en doutiez? » Demanda froidement Ron.

« Ron! » Le ramena à l'ordre Hermione.

Le déjeuner passa rapidement, le 'bla-bla' habituel de la grande salle étant tout tourné vers le bébé de Rogue. Celui-ci s'était promené des bras de McGonagall à Flitwick, qui l'avait ensuite donné au professeur Chourave qui l'avait gardé quelque temps avant de laisser le professeur de vol le prendre à son tour.

Lorsque madame Bibine redonna son fils à Rogue, toute l'attention des élèves retourna sur leur professeur de potions. Celui-ci se leva et se dirigea vers la table des Gryffondor. Au même moment, Hermione ressentit des papillons dans son ventre.

Ce matin-là, Rogue commençait sa journée avec un groupe de Serdaigle de 7e année, alors qu'Hermione avait un cours d'histoire de la magie. La jeune maman allait donc s'occuper de leur fils toute la matinée. Hermione espérait que tout se passe pour le mieux. Elle tenta de respirer profondément.

Lorsque Rogue arriva à sa hauteur, tous les regards étaient dirigés vers eux.

« Bonjour, » dit-il, ne s'adressant qu'à Hermione.

« Bonjour. »

Rogue déposa le sac contenant les effets personnels d'Ethan sur le plancher aux côtés d'Hermione, puis, il déposa le siège de bébé sur la table, là où Harry lui avait fait une place. Il tenait ces deux objets dans une seule main, l'autre tenait fermement Ethan, ses petits yeux curieux regardant partout, ne comprenant rien.

Doucement, il se pencha, permettant à Hermione de prendre leur fils. Le petit gigota un peu, geignant de perdre son père, mais à la grande surprise d'Hermione, il se calma aussitôt qu'il reconnut ses bras à elle. Severus eut un sourire en coin, l'encourageant. Il caressa une dernière fois le fin duvet noir sur le dessus de la tête de son fils, puis il partit, laissant Hermione seule avec le bébé, tous les regards sur elle.

« Oui, alors voilà… » Commença Hermione gênée, parlant au reste des Gryffondor. « Je vous présente mon fils, Ethan! »

Harry, complètement 'gaga' avec son filleul, demanda à Hermione s'il pouvait le prendre. Celle-ci sourit et donna le bébé à Harry. Les Gryffondor, surtout ceux de sixième année, commencèrent à se faire une raison et félicitèrent Hermione. Celle-ci, étonnée, fut engloutie de compliments. Tout d'un coup, Ethan était devenu un magnifique petit bambin absolument mignon et non l'affreux petit clone de Rogue!

C'était un peu hypocrite, songea Hermione, en même temps, et vu la façon dont le professeur Rogue avait traité sa maison lors de la dernière décennie, elle comprenait leur raisonnement.

C'était Ginny qui dorlotait le bébé lorsque les élèves durent aller en cours. La marraine embrassa son petit ange et ce fut Ron qui le prit dans ses bras le temps de se rendre au cours. Hermione sourit. Elle ne doutait pas deux minutes que son fils allait être adoré de tous! Combien de bambins avaient la chance de naître à Poudlard et d'y passer la première année de sa vie?

Étrangement, le cours d'Histoire de la magie sembla moins ennuyant que d'habitude. Toute l'attention était tournée vers Ethan. Seul le professeur Binns ne semblait pas s'apercevoir de sa présence!

Il resta longtemps dans les bras de Ron, même qu'il s'endormit là quelques instants. Cela ne dérangea pas le rouquin, trop heureux d'avoir une bonne raison pour ne pas prendre de note. De toute façon, la rébellion des Gobelins de 1542 ne lui importait guère!

À l'heure du dîner, Hermione se rendit jusqu'à la table des professeurs, redonnant Ethan à son père.

« Salut, mon bonhomme, » câlina Severus sous le regard amusé d'Hermione.

Il prit Ethan contre son cœur et le petit commença à téter dans le vide. Hermione rit doucement et tendit le biberon, qu'elle venait de faire réchauffer, à Severus. Celui-ci le prit et nourrit son fils.

« Ça s'est bien passé ce matin? » Demanda-t-il, ne se préoccupant pas des nombreux élèves qui dévisageaient leur conversation.

« Oui, » sourit Hermione. « Un vrai petit ange! »

« Tant mieux. »

« Ça devrait bien aller, cet après-midi, » l'encouragea Hermione. « Il va sans doute dormir quelques heures. »

« Oui, c'est ce que j'espère. »

Alors que Severus disait cette dernière phrase, un malaise s'empara d'Hermione lorsqu'elle constata que tous les professeurs écoutaient leur conversation. Oh, bien sûr, il n'y avait rien de privé, mais c'était sans doute étrange pour eux de voir une telle complicité entre elle et Rogue.

« Bon… je crois que je vais y aller, » chuchota Hermione à Severus.

Celui-ci ne s'était rendu compte de rien, son regard rivé sur son enfant. « Okay, » se contenta-t-il de dire.

Hermione se pencha, embrassa son fils, puis elle repartit à sa propre table.

« Vous semblez bien vous entendre, » murmura une voix douce à l'oreille de Severus.

« Mhm? »

L'homme releva la tête et regarda sa collègue de travail, Drusilla McNally. Aujourd'hui, la jeune femme était habillée tout de noir, une redingote lacée sur tout son long, frôlant le sol. Dessous, elle ne portait rien, laissant ses bras nus et son décolleté plongeant. Des bracelets noirs entouraient ses poignets et des bagues en argent ornaient beaucoup de ses doigts.

« Cette élève, Hermione Granger. »

Severus regarda la femme, fronçant les sourcils. « Elle est la mère de mon fils, » dit-il simplement.

« Oui, je sais. » Drusilla sourit, puis, sans détacher son regard bleu océan des yeux de l'homme, elle mangea une cerise, d'une façon sensuelle... d'une façon que Severus ne remarqua même pas!

En effet, le papa avait déjà reporté son attention sur son fils, qui lui, était prêt à faire son rot. Severus l'installa sur son épaule, frottant légèrement le dos du bambin.

À l'autre bout de la salle, par contre, une certaine jeune fille de Gryffondor remarqua le manège de sa professeure, mécontente.

L'après-midi passa rapidement. Le cours de Severus ne parut aucunement changé, puisque le petit garçon dormit plusieurs heures d'affilée dans son berceau, protégé par un bouclier magique, dans un coin de la pièce, et ce, à la grande déception des jeunes filles de sa classe de première année de Gryffondor et Serdaigle.

Hermione, elle, avait un cours de Soins aux Créatures magiques avec Hagrid.

oOo

Le soir arriva et après le repas, la jeune fille entraîna ses deux meilleurs amis à la bibliothèque pour y faire quelques devoirs. Malheureusement, elle était incapable de se concentrer. Tout ce qu'elle revoyait, c'était cette prof, la bouche en cœur, en train de mordre sensuellement dans sa cerise, les yeux fixés sur Severus.

Hermione ignorait ce que la professeure de Défense contre les Forces du Mal cherchait à prouver. S'était-elle mise en tête de séduire l'inatteignable Maître des potions? Et si oui, à quelles fins? Severus Rogue n'était habituellement pas le genre d'homme à attirer de telles avances. Qu'était donc le motif de McNally? Venait-elle du camp adverse s'assurer que Rogue était bel et bien au service de Voldemort? Soupçonnait-elle son rôle d'espion pour Dumbledore?

Mais Hermione savait que la femme venait d'Amérique; avait-elle un quelconque rapport avec la guerre qui se déroulait présentement en Angleterre? Probablement pas. Alors pire encore que tout; était-elle simplement et honnêtement intéressée par le sombre professeur de potions?

Hermione sentit son cœur se contracter à cette seule idée. Était-ce cela que l'on appelait de la jalousie?

Peu importait les raisons de McNally, Hermione ne lui faisait pas confiance.

« Je dois y aller, j'ai quelque chose à faire, » déclara soudain Hermione à ses deux amis, bondissant de sa chaise en un mouvement brusque. « On se revoit dans la salle commune, à tantôt! »

Puis, sans demander son reste, elle sortit de la pièce, ses livres en mains.

« Bah… c'est quoi son problème? » Demanda Ron, incrédule.

Harry se contenta de hausser les épaules.

« Eh bien, on n'est pas obligés de rester ici à étudier, dans ce cas! » Sourit malicieusement Ron à son ami.

Le visage d'Harry s'éclaira d'un sourire. « Que dirais-tu d'une partie d'échecs? »

« Ouais! »

oOo

Severus avait depuis longtemps retiré sa robe de sorcier, ne portant désormais qu'une simple chemise noire et un pantalon de la même couleur. Les manches de sa chemise étaient relevées et ses cheveux étaient attachés en catogan à la base de son cou. La raison de cet accoutrement était qu'il était présentement en train de donner le bain à Ethan.

L'homme de 37 ans était à genoux aux côtés de la baignoire et son fils, petit énervé qu'il était, prenait place dans un petit bassin de plastique, déposé dans le bain trop gigantesque pour lui. D'une main, Severus lui tenait la tête en dehors de l'eau alors que de l'autre, il le savonnait d'une lingette. Le petit y prenait vraiment plaisir, tapant dans l'eau et arrosant son père de façon involontaire.

Toc, toc, toc.

Severus sursauta, surpris. On cognait à sa porte d'entrée. Qui est-ce qui pouvait bien cogner à ses appartements? Tout le monde qui avait affaire à lui connaissait son mot de passe.

Néanmoins, Severus attrapa une serviette de bain, prit Ethan dans ses bras et l'enroula dans le tissu douillet. Il se dirigea ensuite vers la porte d'entrée de ses appartements et l'ouvrit.

« Bonsoir, Severus. »

« Professeur McNally? » Severus dévisagea la jeune femme quelques instants.

« Je ne voulais pas vous déranger, » sourit celle-ci en tendant une main et en chatouillant le bambin dans les bras de l'homme.

Ethan se mit à gigoter sous la caresse des doigts de Drusilla ce qui, d'une façon qu'il ne pouvait s'expliquer, attendrit Severus au plus haut point.

« Je peux entrer? » Demanda la jeune femme. « J'aimerais vous parler. »

Severus fronça les sourcils, mais accepta néanmoins, indifférent. Il n'en avait rien à faire de ce que cette femme voulait lui dire. Qui était-elle, de toute façon?

« J'ai parlé à quelques professeurs, » commença celle-ci en marchant dans la pièce, scrutant le salon de Severus d'un œil averti.

Elle remarqua que la pièce était plutôt rustique, quoique décorée avec luxe et bon goût. Le ton austère de la pièce faisait son charme. Elle remarqua aussi quelques jouets d'enfant traînant ici et là; un tapis d'éveil tout coloré, un hochet et quelques ours en peluche. Cela la fit sourire.

« Ils disent que vous n'êtes pas très sociable, » continua-t-elle.

« Je ne ressens pas le besoin de me mêler aux autres, c'est tout, » répondit platement Severus, réajustant Ethan dans ses bras.

« Et pourtant, » ajouta Drusilla en portant son beau regard bleu sur lui, l'évaluant, « tu sembles te mêler plus facilement avec certains… ou devrais-je dire certaines, de tes élèves. »

Les yeux de Severus se serrèrent en deux fentes étroites. « Où voulez-vous en venir, au juste? »

Son ton était froid, et il la vouvoyait exprès, lui montrant bien qu'il n'y avait aucune familiarité entre eux.

« Eh bien, » dit-elle en s'asseyant sur le divan de cuir noir, « cette élève, Hermione Gran… »

« Il n'y a rien de plus entre Miss Granger et moi que ce que le directeur vous a dit! » Trancha Severus.

« Oh. J'avais cru… »

« Ne vous inventez pas d'histoire, professeur McNally. Et ne lancez pas de rumeurs. »

« Moi? Mais pas du tout, Severus… Seulement, sache que je ne suis pas la seule qui ai remarqué que tous les deux, vous semblez assez, comment dire, proches. »

« Eh bien, soyez assurée qu'il n'y a absolument rien entre elle et moi. » Au moment même où Severus disait sa dernière phrase, la porte de ses appartements s'était ouverte, laissant passer la jeune fille en question.

« Miss Granger, mais quelle surprise! » S'exclama soudain Drusilla.

Severus se retourna d'un seul coup. « Mais qu'est-ce que tu fais là? » demanda-t-il avec un peu trop de rudesse.

Hermione resserra ses bouquins contre sa poitrine, serrant les dents, plissant les yeux. Que venait-elle faire ici, d'habitude?

« J'étais venue voir mon fils, » dit-elle, lançant un regard mauvais vers Drusilla. « Mais je peux revenir plus tard, si je suis de trop. »

Derrière Severus, Drusilla lui sourit méchamment comme pour lui dire qu'effectivement, c'était une très bonne idée, qu'elle dérangeait. Severus, d'un autre côté, ne sembla pas comprendre.

« Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes? Tu ne déranges pas. Reste. »

« Sevvi, enfin. Si elle préfère revenir plus tard, laisse-la faire, » contra Drusilla.

Le cœur d'Hermione manqua un battement. Sevvi? Non, c'était un cauchemar!

Pourtant, Severus ne répondit pas, il se contenta de se retourner et de dévisager quelques instants sa collègue de travail. Sevvi?

« Je… je repasserai, » bégaya Hermione. Mais comme elle faisait mine de vouloir partir, le petit Ethan éclata en sanglots dans les bras de Severus.

« Je crois plutôt que tu devrais rester, » lui dit doucement Severus, déposant son fils dans les bras de sa mère.

Aussitôt, l'enfant se calma et tenta de téter Hermione. Oubliant sa professeure de Défense contre les Forces du Mal, Hermione sourit faiblement à Severus, les yeux humides. Commençant déjà à détacher les boutons de sa chemise, exposant ainsi par inadvertance le haut de sa poitrine inhabituellement impressionnante à l'homme devant elle, elle fila dans la chambre la plus proche - celle de Severus - afin de donner le sein à Ethan en toute quiétude.

Severus déglutit difficilement avant de rejoindre sa collègue de travail. C'est que sa jeune élève, son ancienne amante, la mère de son fils, n'avait réellement aucune idée à quel point il pouvait la trouvait sexy!

Hermione referma la porte et regarda la pièce. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle rougit. C'est qu'il y avait tellement de souvenirs dans cette chambre!

Comprenant l'impatience de son fils, elle se dirigea malgré tout vers le lit et s'y assit confortablement, ses jambes allongées sur le matelas. Elle finit de déboutonner sa chemise et enleva la moitié de sa brassière de coton blanc. Aussitôt la bouche affamée d'Ethan s'attaqua à son mamelon. Hermione sourit et de sa main libre, elle caressa le fin duvet noir du petit alors que, de ses beaux grands yeux sombres, l'enfant regardait fixement sa maman.

Après plusieurs minutes de ce traitement, et au moins un changement de côté et de sein, Ethan s'endormit dans les bras confortables de sa mère. Doucement, Hermione se rhabilla et souleva l'enfant. Celui-ci était encore emmitouflé dans sa serviette de bain. Hermione le conduisit jusque dans sa chambre, empruntant la nouvelle porte que Severus avait fait poser dans sa chambre afin de se rendre plus rapidement dans celle de son fils. Faisant attention de ne pas réveiller le petit, Hermione lui installa une couche et l'habilla d'un petit pyjama bleu, avant de le déposer délicatement dans sa couchette.

Allumant la veilleuse et refermant la porte, Hermione prit la direction du couloir et se rendit dans le salon.

Rendu là, son cœur manqua un battement.

Severus était en train d'embrasser le professeur McNally.

Ou alors c'était elle qui l'embrassait? Cela était du pareil au même pour Hermione, qui ne put s'empêcher de laisser échapper un soupir scandalisé.

Aussitôt, les bras de Severus, qui étaient restés de chaque côté de son corps, semblèrent réagir et il agrippa les bras de Drusilla qui, eux, étaient solidement enroulés autour de son cou, et il la dégagea, l'éloigna de lui, la repoussa.

« Oups, » ricana Drusilla, lançant un regard en biais à sa jeune élève.

Mais c'est à peine si Hermione la remarqua, son regard étant fixé sur Severus.

Severus, lui, tenait toujours la jeune professeure par les poignets. Il n'avait pas lancé un seul regard à Hermione, mais il avait deviné sa présence. Son regard, étincelant d'une fureur non contrôlée, était fixé sur Drusilla.

« Ne vous avisez plus jamais de m'embrasser sans mon consentement, ou vous le regretterez, compris? » siffla-t-il à la jeune femme, la menace clairement contenue dans sa voix.

D'un coup sec, il lui relâcha les poignets et celle-ci manqua tomber à la renverse.

« Enfin, Sevvi, » tenta de s'expliquer la professeure.

« Et CESSEZ de m'appeler SEVVI! »

Dans la chambre, les pleurs d'Ethan éclatèrent, apeuré par la voix de son père. Même Hermione n'avait jamais vu Severus en aussi grande colère. Drusilla recula jusqu'à la porte, trébuchant ici et là.

« Comprenez-moi bien, professeure McNally, » continua-t-il, le mépris dans ses yeux s'affichant clairement. « Je ne veux pas de vous dans ma vie, sous aucune forme que ce soit! »

« Mais… »

« Sortez d'ici, et ne m'importunez plus jamais, ni moi, ni mon fils, ni Miss Granger, est-ce bien clair? »

« Très clair, » répondit-elle froidement, ayant repris contenance.

Drusilla McNally quitta la pièce dignement, non sans avoir lancé un dernier regard hostile vers Hermione.

« Non, mais pour qui elle se prend, celle-là? » Rugis Severus.

Mais Hermione ne lui répondit pas, allant plutôt vers les pleurs de son fils.

« Chut! Viens là, mon amour. Maman est là, ne pleure plus. »

Doucement, elle prit Ethan contre son cœur et le berça tendrement. Peu à peu, les pleurs du bambin se calmèrent et ses paupières se firent plus lourdes. Hermione ne se retourna pas quand Severus entra dans la chambre, mais elle le sentit se rapprocher. De ses longs doigts pâles, il caressa les cheveux de son fils.

Hermione le sentait tout près d'elle et, sans qu'elle ne puisse se l'expliquer, son cœur s'emballa. Qu'avait-elle donc à réagir ainsi?

« Je suis désolé, » chuchota alors Severus d'une voix douce.

« Pourquoi? » Demanda doucement Hermione.

« Je n'aurais pas dû crier ainsi… »

« C'est okay, » répondit la Gryffondor, comprenant où Severus voulait en venir... il ne s'excusait pas à elle. « Il s'est déjà rendormi, regarde. »

Doucement, elle reposa l'enfant dans son lit et le borda un peu. Alors qu'elle se penchait pour donner un baiser sur le front de son fils, les bras forts de Severus lui entourèrent la taille.

« Que…? »

« Hermione… »

« Oui? » Elle se redressa et accota son dos et sa tête sur le torse de l'homme.

« La seule personne qui compte réellement dans ma vie, c'est toi- » Le cœur d'Hermione menaça d'exploser. « -qui me l'a donné! »

La jeune femme ferma les yeux et se traita d'idiote. Il parlait d'Ethan, bien sûr!

« Mhm, je comprends, » murmura la jeune femme, malgré son pincement au cœur.

Elle n'avait pas le droit d'être jalouse de son fils, quand même! Ne se rendant nullement compte du conflit intérieur de la jeune femme, Severus continua.

« Je n'accepterai jamais que quelqu'un dise du mal de ma famille, et toi Hermione… » La Gryffondor se retourna dans les bras de son amant. « … tu fais partie de ma famille. »

Doucement, il se pencha vers elle et posa ses lèvres sur les siennes. Aussitôt, Hermione passa ses bras autour du cou de l'homme et lui rendit son baiser avec une fougue trop longtemps retenue. Comment avait-elle pu croire qu'elle serait capable de vivre sans cet homme? De le voir tous les jours, sans pouvoir le toucher, elle ne le supportait plus. Voir cette prof tenter de lui voler un baiser lui avait donné des envies de meurtre. Chaque fois qu'elle le voyait apparaître dans une pièce, son corps en était électrisé et elle fondait sous son charme toutes les fois qu'elle l'apercevait avec leur fils. Elle ne désirait aucun autre homme que lui comme père de ses enfants, elle en était désormais convaincue. Était-ce cela, ce sentiment, qu'on appelle 'l'amour'?


À suivre…