Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.
L'ange qui naîtra de nous deux
Chapitre 11- Retour à la réalité
Assise dans l'énorme lit de son professeur, Hermione regarda autour d'elle, incertaine. Que venait-il de se passer, exactement? Elle n'en était pas sûre... Elle était venue retrouver Severus dans ses appartements, d'abord pour voir Ethan, mais l'homme, préoccupé par ses blessures, l'avait détournée de son objectif. Puis de là, tout avait déboulé de façon imprévue.
D'abord, cela avait commencé avec quelques baisers ici et là, mais bien vite, la passion avait pris le dessus. Hermione resserra ses doigts sur les draps qu'elle tenait fermement afin de recouvrir sa nudité, puis mordilla sa lèvre inférieure, encore sous l'emprise des effets secondaires de son orgasme.
Ils avaient eu une relation sexuelle. Non; ils avaient fait l'amour. Oh, par Merlin, c'était encore pire! Ne s'étaient-ils pas dit, non, promis, qu'ils arrêteraient tout ce qu'il y avait pu avoir entre eux à la naissance de leur fils? N'était-ce pas l'accord qu'ils avaient passé? Hermione passa une main sur son ventre plat, là où la chaleur du sort de contraception avait eu son effet et les mots de son amant lui revinrent en tête, « Cette fois, j'ai toute ma tête! Ethan devra attendre pour avoir un petit frère… » Qu'avait-il voulu dire? Et si... Oh!
Hermione soupira. Elle était encore couverte de sueur et l'odeur douceâtre de sexe envahissait la pièce. Par-dessus tout, elle avait peine à croire que Severus l'avait abandonnée là, seule, lui ordonnant de ne pas bouger… et qu'il était parti en furie, et à peine vêtu d'une robe de chambre.
Refoulant un petit grognement réprobateur en imaginant Severus argumenter avec la professeure McNally ainsi vêtu, Hermione sortit du lit et prit la décision d'aller prendre une douche. Frissonnant à l'air des cachots, elle courut de la chambre à la salle de bain et s'engouffra dans la douche, tournant l'eau chaude au maximum. La vapeur s'installa rapidement sur les parois de la salle de bain et partout dans les miroirs.
Hermione soupira d'aise et relaxa. Voulant se savonner quelque peu, elle emprunta le savon de Severus. Aussitôt, l'odeur de l'homme envahit l'endroit et Hermione sourit. Elle allait avoir son odeur sur elle pour les prochaines heures et s'en régalait. Pourtant, elle eut un doute quant à l'utilisation de son shampooing, et opta au final pour celui de son fils. Une douce odeur de produit de bébé l'enveloppa et Hermione réalisa à quel point elle adorait ces deux odeurs combinées; celles de sa famille.
Reposée, propre et heureuse, Hermione sortit et se sécha rapidement avec la serviette de bain déjà présente, probablement celle de Severus. Elle se l'enroula sous les aisselles et regagna la chambre. Leurs vêtements, que son amant avait envoyés volé à travers la pièce d'un coup de baguette magique, reposaient maintenant sur le sol froid. Hermione agrippa sa chemise, mais déjà, l'humidité des donjons lui avait donné une froideur peu confortable. Hermione rassembla tous les morceaux et en fit une pile dans le coin de la chambre. Les elfes de maison ne tarderaient pas à s'en occuper, et ce, sans poser de questions.
Elle se rendit dans la commode du Maître des potions et en sortit une chemise noire à manches longues. Elle l'enfila et réalisa rapidement que la longueur, atteignant ses mi-cuisses, n'était pas très décente, mais suffisamment pour dormir et se promener dans les appartements privés de Severus. Elle épongea rapidement ses cheveux avec la serviette, mais abandonna au bout d'un moment et les laissa dégouliner sur ses épaules.
Elle alla reposer la serviette en place et se rendit voir son fils. Le bambin était encore parfaitement endormi, sur le dos, ses petits poings de chaque côté de son visage d'ange. Hermione sourit et posa délicatement sa paume sur le ventre de l'enfant, vérifiant s'il respirait. C'était une pensée absurde, mais ô combien maternelle.
Satisfaite, elle ressortit de la chambre et s'arrêta, regardant autour. Elle n'avait pas sommeil et elle voulait attendre le retour de Severus. En plus, il lui avait bien spécifié de rester ici, mais elle ignorait quoi faire en attendant... et combien de temps devait-elle attendre?
Finalement, elle opta pour une tasse de thé.
Elle se dirigea donc vers la petite cuisine personnelle du professeur Rogue et se surprit elle-même à s'y trouver à l'aise. Elle fit rapidement bouillir de l'eau et infusa son thé aux arômes de citron et gingembre. Elle se redirigeait vers le salon lorsqu'elle entendit la porte secrète s'ouvrir.
« Ah, Sev— » —erus, te voilà, voulut-elle dire, mais ses mots moururent dans sa gorge lorsqu'elle reconnut la silhouette devant elle. Ce n'était pas Severus.
« Granger? » croassa la voix, trop étonné pour prendre le temps d'utiliser son ton habituellement supérieur.
« Malefoy? »
« Qu'est-ce que tu fous ici? » demandèrent-ils au même moment. « J'ai demandé d'abord, » s'empressa d'ajouter Drago, et Hermione roula des yeux.
Quel arrogant. Elle ne lui devait rien, et encore moins une explication, mais Hermione décida de répondre néanmoins. Bien sûr, elle exigerait elle aussi la justification du Serpentard par la suite. « J'étais venue voir Ethan. »
Malefoy haussa un sourcil et la dévisagea, laissant son regard vagabonder d'une façon peu respectueuse sur tout son corps, en particulier sur ses longues jambes dénudées.
« Et bien sûr, tu en as profité pour prendre une douche et enfiler les vêtements de ton professeur... évidemment. Rien de plus normal. »
Hermione rougit et s'en voulut immédiatement. Tentant de reprendre contenance, elle releva le menton et pinça les lèvres. « Ethan a souillé mes vêtements, voilà tout, » expliqua-t-elle en resserrant ses mains sur sa tasse de thé. C'était un mensonge, bien sûr, mais c'était nécessaire. « Et toi, Malefoy, que viens-tu faire ici? » La tactique étant de changer de sujet.
Le jeune homme haussa les sourcils et eu une moue faussement étonnée. « Comme si je te devais quelconque explication, Granger. »
Hermione grogna intérieurement.
« Le professeur Rogue n'est pas là, » l'informa-t-elle, espérant qu'il s'en irait rapidement. « Je ne sais pas où il est et quand il reviendra. » Ce qui était parfaitement vrai.
« Oh, » sourit nonchalamment Drago, « ce n'est pas grave, je vais l'attendre ici. » Et suite à ces paroles, il entra davantage dans le salon et s'affaissant dans le premier divan du bord, les mains derrière la tête, les pieds sur la table basse devant lui. D'un coup de baguette magique, il alluma le feu dans l'âtre du foyer. La chaleur se répandit rapidement dans la pièce.
Hermione n'osa pas bouger, ignorant ce qu'il était convenable de faire en cette circonstance.
Le blond soupira d'aise, se sentant visiblement chez lui, puis, releva enfin le regard vers la jeune Gryffondor, toujours debout devant lui.
« Dis donc, Granger, c'est moi ou tu ne portes rien sous cette chemise? » demanda Drago, un sourire carnassier aux lèvres. « Je parie que mon parrain apprécie bien ta compagnie, hein? »
Hermione serra les dents. « Je n'ai pas à écouter tes bêtises, Malefoy. »
« Bien, fous le camp, alors! » Soupira-t-il, semblant soudain très fatigué. Il ferma les yeux et serra l'arête de son nez entre son annuaire et son pouce.
« Si tu penses que je vais te laisser seul ici avec mon enfant, tu te trompes. »
Le Serpentard eut un rire de dédain. « Comme si j'en avais quelque chose à foutre, qu'il soit ton enfant. »
Hermione grinça littéralement des dents. « Tu es tellement méprisant, Malefoy, » cracha-t-elle.
Draco haussa les épaules, « Il n'y a personne ici qui t'ait demandé ton avis, tu sais. »
« Non, mais je vais te la dire quand même! » Hermione bouillait. « Tu n'es qu'un enfant trop gâté qui se croit supérieur aux autres sans raison. Mais tu ne vaux pas mieux que personne, Malefoy, le contraire même! Et tu sais quoi? »
« La ferme, Granger. »
« Personne n'en a rien à foutre de toi, personne ne te respecte réellement… En réalité, tu me fais pitié! Tu te crois ô combien meilleur, un sang-pur. Quelles âneries, vraiment! »
« Granger... » Il avait un ton posé, mais empli de menaces.
Hermione l'ignora. « Ton père est un criminel, ta famille complète est déchue, tu ne vaux plus rien... tu n'as jamais valu grand-chose, en fait! —AH! » Hermione s'était abruptement interrompue lorsqu'elle avait senti la pointe de la baguette de Malefoy s'appuyer dangereusement sous sa gorge.
« J'ai dit LA FERME, Granger! » Gueula le Serpentard, son visage plus qu'à quelques centimètres du sien, ses yeux glacés lançant des éclairs.
Hermione déglutit. Pour la première fois, elle eut peur, réellement peur, de Malefoy. Elle l'avait vraiment mené à bout et qui sait ce qu'il était en mesure de lui faire dans l'état où il était?
Pense vite, Hermione, pense vite! La Gryffondor analysa rapidement ses choix... Sa baguette était encore dans la chambre de Severus et Drago la surpassait inévitablement en force et en rapidité. Elle était à sa merci, et de toute évidence, son seul moyen de s'en sortir indemne, à ce moment, c'était de calmer le jeune homme devant elle... mais que pouvait-elle dire? Qu'elle était désolée? Qu'elle s'excusait? Malefoy détecterait sans aucun doute ses mensonges.
Wow, ce n'était vraiment pas sa journée pour s'attirer les ennuis. D'abord Drusilla McNally, ensuite Ron et Harry, puis Drago Malefoy.
Son regard paniqué se dirigea instinctivement vers le couloir, là où Ethan dormait encore paisiblement. Puis, retrouvant son courage, elle regarda le Serpentard droit dans les yeux et pinça les lèvres.
Elle le regretta aussitôt en voyant le regard gris de Drago se glacer davantage. Il ouvrit la bouche et Hermione anticipa le sortilège qui allait suivre en fermant les yeux.
Heureusement, il ne vint jamais. Au lieu, une voix autoritaire, froide et colérique, les interpella tous deux. « Qu'est-ce qui se passe ici? » Tonna Severus.
Drago recula d'un pas et baissa sa baguette. Hermione souffla. Tous deux continuèrent à se dévisager. « Eh bien, alors? » Demanda le professeur de potions qui s'était rapproché d'eux. Du coin de l'œil, Hermione remarqua qu'il portait désormais ses vêtements de tous les jours, ayant probablement lancé un sortilège sur sa robe de chambre avant d'aller parler avec la professeure de Défense contre les Forces du Mal.
Toujours en ayant le regard fixé sur Hermione avec dédain, non, c'était de la haine, ça, Draco répondit d'une voix contrôlée, « J'étais venu vous voir, Parrain, et voilà que cette pouffiasse à moitié à poil a décidé de m'insulter gratuitement! »
Oh, quelle victime lamentable! Pensa Hermione en roulant les yeux. Elle posa ensuite son regard sur son amant qui regardait Draco avec une colère évidente. D'ordinaire, Severus n'aimait pas qu'on insulte la mère de son enfant, et cette fois encore, il montrait sa constance.
Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Mais lorsque Severus la toisa de haut, laissant son regard voyager de haut en bas, sur son buste où les boutons de chemise n'étaient pas entièrement boutonnés et s'arrêtant sur ses jambes, avant de remonter et de croiser son regard, Hermione voulut partir se cacher sous une pierre et ne jamais en ressortir. Ce regard, froid, méprisant... haineux, elle le connaissait que trop bien.
« Miss Granger, » commença-t-il froidement, « ne devriez-vous pas être ailleurs? En train d'allaiter mon fils ou, je ne sais pas, moi, d'enfiler un pantalon? »
Il avait terminé sa question avec un ton moqueur, sadique. À ses côtés, Drago ricana, vainqueur.
Combattant ses larmes, Hermione serra les mâchoires et s'esquiva dans la chambre. Elle était encore assez lucide pour ne pas passer par la porte principale de la pièce, et passa par le couloir et la porte de côté, où Malefoy ne pourrait pas voir sa destination finale.
Derrière elle, elle vit du coin de l'œil le professeur Rogue poser sa main rocailleuse sur l'épaule musclée de son filleul et le diriger vers un des sofas, où tous deux s'installèrent.
Hermione fumait et des larmes de rage et d'humiliation coulaient désormais sur ses joues. Elle arracha vivement la maudite chemise, ne se préoccupant pas le moins du monde des boutons qui volèrent à travers la pièce, et enfila sa propre chemise blanche, sa jupe et son pull. Les vêtements se trouvaient à l'endroit où elle les avait placés, mais ils étaient maintenant parfaitement pliés, chauds et ils sentaient bon. C'était réconfortant.
À suivre…
