N/A:

X Donc nous voilà en 2018, et comme promis, je poste enfin la suite de cette histoire. Je prévois livrer un nouveau chapitre par mois environ, pour un total de plus ou moins 20 chapitres. J'utiliserai plusieurs références des livres 6 et 7, mais il s'agit bien là d'une fic AU (alternate universe). Noter que je n'ai rien modifié aux chapitres précédents, il se peut donc que vous remarquiez une certaine évolution dans mon écriture, ainsi que de possibles erreurs de continuité. Je m'en excuse à l'avance.

X L'histoire suit toujours le couple Severus/Hermione, ainsi que leur petit garçon, alors qu'Hermione est encore étudiante à Poudlard. Rated-M.

X Pour les lecteurs qui ont lu, reviewé et qui surtout, m'ont encouragé toutes ces années: Merci! ღღღ La reprise de cette histoire est pour vous!

Bonne lecture!
–Kat


Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.

Un gros MERCI à Lune d'argent (ma Beta) et Miss Wendy Malfoy (ma pré-reader) qui m'ont suivi dans cette aventure de reprise d'écriture.


L'ange qui naîtra de nous deux
{La suite}


Chapitre 12- Départ de Poudlard

Hermione se regarda une dernière fois dans le miroir avant de quitter la chambre de son amant. Ses vêtements étaient impeccables, ses cheveux bouclés étaient attachés en une queue de cheval à la base de son cou, et ses joues précédemment rougies avaient retrouvé leur allure d'origine. Seuls ses yeux étaient encore vitreux, dû aux larmes de colère et d'humiliation qu'elle avait versées, mais grosso modo, elle avait retrouvées fière allure.

Elle sortit de la chambre par la porte de côté, celle qui menait au couloir, et entra dans la chambre de son fils. Aucun son ne s'échappait du petit, sauf pour sa respiration régulière et reposante. Hermione caressa les fins cheveux d'ébène de l'enfant, admirant sa création avec fierté. D'un doux baiser sur la joue, Hermione lui souhaita de beaux rêves et s'éclipsa de la pièce aussi silencieusement qu'elle y était entrée.

Alors qu'elle atteignait le salon de Severus, les voix du professeur et de son élève favori parvinrent jusqu'à elle.

« Mère est convaincue qu'Il a un espion à Poudlard. »

« Est-ce que c'est toi, Drago? »

« Bien sûr que non! » S'indigna l'adolescent. « Mon père croupit en prison à cause de son implication avec le Seigneur des Ténèbres, pourquoi voudrais-je l'imiter? »

« Mmh. »

« En plus », reprit le Serpentard, « jamais je ne vous aurais trahi et mis votre fils en danger, Parrain. »

Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour. Sans se soucier des conséquences, elle avança dans le salon, ne cachant pas le fait qu'elle avait tout entendu. « Ethan est en danger? » Demanda-t-elle de but en blanc.

Aussitôt, coléreux d'avoir été espionné, Malefoy pointa sa baguette avec menace vers la Gryffondor. Severus s'interposa. « Elle est de notre côté, Drago. » Le Serpentard ne bougea pas. « Et c'est la mère d'Ethan, » poursuivit Severus, « elle a le droit de savoir. »

Avec plus d'insistance et un regard noir, le professeur saisit le poignet du jeune homme et l'obligea à abaisser sa baguette.

« Je vois que tu t'es changé, » nota Malefoy avec un rictus vers Hermione.

« Oui, je… Les elfes de maison ont lavé le vomi de bébé sur mes vêtements, » expliqua Hermione avec un regard pour son amant.

Celui-ci acquiesça imperceptiblement, assurant ainsi à la jeune femme qu'il comprenait que c'était là l'explication qu'elle avait donnée à Malefoy.

Severus avait été plus qu'énervé lorsqu'à son retour dans ses quartiers, il y avait découvert les deux jeunes gens se querellant. Il en voulait à son filleul d'avoir menacé la mère de son enfant, et il en voulait à Hermione de s'être montrée si insouciante, se promenant pratiquement dénudée, vêtue d'une simple chemise qui lui appartenait. Fureur et jalousie l'avaient fait réagir méchamment envers Hermione et il espérait qu'il trouverait une façon de se faire pardonner.

« Pourquoi Voldemort voudrait-il notre fils? » Demanda Hermione, soucieuse, et Drago frissonna à l'emploi du nom.

Hermione se remémora l'avertissement d'Harry, comme quoi c'était le calme avant la tempête, et que le Mage Noir préparait sans doute quelque chose. Quelque chose de terrible.

Severus relâcha Drago et s'avança vers Hermione. La panique de la jeune femme était palpable et Severus tenta de la rassurer. Il posa ses mains sur les épaules d'Hermione et la retourna doucement vers lui. Hermione fixait toujours Malefoy, ses yeux bruns à la fois effrayés et accusateurs. Cette combinaison avait pour source un sentiment profondément maternel et qui inspirait le respect; Drago n'osa parler.

Severus dut, à l'aide de son pouce et de son index, tourner le visage d'Hermione dans sa direction.

« On ignore, pour le moment, si Voldemort cherche vraiment à mettre la main sur Ethan, » lui expliqua-t-il calmement. « Drago vient de m'informer qu'Il est au courant que tu as mis un enfant au monde, et que cet enfant est le filleul de Potter. Comme pour Black l'année passée, c'est probable que Voldemort va tenter de l'utiliser pour s'emparer du Survivant. »

Severus avait espéré que son explication calmerait la jeune femme; après tout, le Mage Noir ne voulait certainement pas s'en prendre directement à leur fils, mais seulement l'utiliser pour angoisser ou, au pire des situations, piéger Potter. Maintenant qu'ils étaient au courant, ils pourraient contrecarrer ses plans.

Mais Hermione ne se sentit pas du tout rassurée. Au contraire, son regard inquiet s'affola. « Alors Harry aussi est en danger! » S'écria-t-elle. « Severus, il faut que tu l'aides. Il faut qu'il apprenne à se protéger; à protéger son esprit. Tu dois reprendre les leçons d'Occlumencie avec lui! »

Elle s'était emparée des replis de sa robe de sorcier, le suppliant avec les yeux. Severus, choqué par la réaction de la jeune femme, la reprit par les épaules d'un geste tendre.

« Hermione, calme-toi. »

« Je t'en prie, Sev… »

Si la ferveur de la Gryffondor l'étonna au départ, il ne put s'empêcher de penser qu'elle était tout de même fidèle à elle-même. Premièrement, elle connaissait la menace réelle que Voldemort signifiait : elle l'avait combattu, lui et ses minions, lors de la tristement célèbre bataille du Ministère l'année auparavant. Cela avait été un fiasco total, mais avec pour seul et unique point positif que le Ministère de la Magie avait retiré sa tête du sable et avait finalement admis le retour du Mage Noir. Son département de Défense et ses nombreux Aurors capables s'étaient depuis lors activement impliqués dans la guerre en court, afin que des gamins de 16 ans n'aient plus à le faire.

Deuxièmement, qu'Hermione s'inquiète autant de Potter ne devrait plus le surprendre. Elle avait démontré son attachement et sa fidélité envers ses amis à plus d'une reprise. D'ailleurs, ce même discours, celui de reprendre à n'importe quel prix les cours d'Occlumencie avec le garçon prodige n'avait-il pas été à l'origine de leur situation actuelle? C'était bien parce qu'elle était venue le blâmer, lui, de la mort de Black qu'il l'avait méchamment conviée à une retenue le soir suivant… cette retenue fatidique où leur fils avait été conçu.

En un an, comme les choses avaient changé! La jeune fille qui auparavant avait été plutôt jolie, mais entêtée et impertinente, était désormais à ses yeux une jeune femme magnifique, mature et loyale. Cette élève, l'une parmi tant d'autres, était désormais le centre de son univers.

Comment pouvait-il lui refuser quoi que ce soit?

« D'accord, Hermione, » Severus acquiesça d'un mouvement de tête. « Je vais voir ce que je peux faire. »

Aussitôt, la jeune femme relaxa en poussant un soupir.

« Merci, » dit-elle simplement, posant son front sur le torse de son amant qui l'a dépassait d'une bonne tête. Severus se contenta d'un rictus incertain – il n'aimait pas trop l'idée que Potter ait accès à ses pensées, ses souvenirs et ses émotions – mais il se garda d'en glisser mot à Hermione. À la place, il passa sa main sur les cheveux d'Hermione, ses longs doigts jouant avec l'extrémité de sa queue de cheval, et finit par déposer un simple baiser sur le dessus de la tête de la jeune femme.

« Euh, excusez-moi… »

Le son les fit sursauter et ils s'écartèrent l'un de l'autre avec empressement. Hermione rougit, embarrassée; ils s'étaient complètement oubliés!

Severus, lui, regarda le jeune homme d'un air distant et zen. « Drago? » Demanda-t-il, un sourcil surélevé. « Autre chose? »

Le garçon semblait tout aussi mal à l'aise que la Gryffondor. Le bout de ses oreilles était rouge d'embarras. Il avait vite saisi que le couple – car c'était bien ce qu'ils étaient, le Serpentard n'en avait plus aucun doute, désormais – n'avait pas planifié cette petite démonstration d'affection devant public.

« En fait, si. Mère voulait… Elle voulait vous inviter à venir passer l'été dans sa maison de vacances, » articula difficilement Drago pour qui le simple fait d'inviter une Gryffondor – une sang-de-bourbe – chez lui semblait insensé. Mais le jeune homme respectait beaucoup trop sa mère pour ne pas honorer l'offre que celle-ci voulait faire à Severus et sa famille.

« Absolument pas! » Fut la réaction immédiate d'Hermione. Puis elle regarda Severus. « Les Malefoy sont des alliés fidèles de Voldemort! Il essaie de nous piéger, c'est bien évident. »

Severus écouta Hermione, mais regardait Drago. Le jeune homme parut furieux aux paroles de la Gryffondor, et il était clair qu'il retenait une remarque cinglante.

« La maison de vacances de ta mère? » Demanda Severus.

« Oui. Elle est en France, sur le bord de la Méditerranée. Père ignore tout de cette maison… Et le Seigneur des Ténèbres encore plus. Mère l'a reçue en héritage. » Expliqua Drago.

Severus hocha de la tête, pensivement. « De qui? »

Drago hésita et fusilla Hermione du regard, comme s'il lui en voulait d'être présente pour entendre ses prochaines paroles. « De son amant. Moldu. Père ne l'a jamais su. Il n'a même aucune raison de douter. »

Et pourtant, l'homme en question était mort… pensa lugubrement Hermione.

Severus acquiesça, satisfait. Il semblait faire confiance à Narcissa Malefoy, née Black.

Peu rassurée, Hermione allait argumenter de nouveau lorsque Malefoy l'interrompit.

« Écoutez, Mère voulait que je vous passe l'invitation, et c'est fait. Vous déciderez ce que vous voulez. Puis-je m'en aller, Parrain? »

Severus recula d'un pas pour libérer le passage, et fit signe à Drago que la voie était libre. « Je ne te retiens pas… » Dit-il. Mais comme le garçon allait s'éclipser par la porte, Severus l'interpella.

« Drago. »

« Oui? »

« Je compte sur ta discrétion. » Ce n'était pas une question. Et encore moins une suggestion.

Il y eut trois secondes de silence qui parurent une éternité à Hermione, puis le blond acquiesça. « Bien sûr, Parrain. »

Hermione lâcha un soupir dont elle ignorait qu'elle avait retenu jusque-là.

« Peut-on lui faire confiance? »

« J'en suis pratiquement sûr, » avoua l'homme en fixant la porte d'entrée de ses appartements. Puis, il reposa son regard sur la jeune femme devant lui. Ils se fixèrent un moment, puis tous deux se mirent à parler au même moment.

« Hermione, pour ce que j'ai dit plus tôt, c'était horrible, je—»

« Severus, je crois savoir qui est l'espion de Vol—»

« Qui? »

« Quoi?! »

Ils se sourirent, puis Severus lui agrippa doucement la main, la conduisant jusqu'au salon. Côte à côte, leurs cuisses se touchant, ils s'installèrent sur le divan de cuir noir.

« Me pardonneras-tu? » Demanda-t-il encore une fois afin de s'en assurer. Il avait réagi impulsivement, du venin dans ses mots.

« Severus, » soupira Hermione. « N'en parlons plus. » Et pour accompagner ses mots, elle l'embrassa tendrement à la commissure de ses lèvres. « Comment a réagi McNally? » Continua Hermione.

Severus cligna des yeux. « Qui? »

« Le professeur McNally. Drusilla? N'étais-tu pas allé la voir, quittant les donjons dans ta plus belle robe de chambre? » Précisa Hermione avec une moue mi-amusée, mi-irritée.

« Ah, oui. » Dit Severus, désintéressé. Il se gratta le menton et la repousse de barbe qui y apparaissait à la fin de la journée. « Elle était absente. »

« Hm. » Hermione sembla songeuse. « Crois-tu que… Severus, serait-ce possible que ce soit elle, l'espionne de Voldemort? »

« Quoi? » Les yeux noirs de Severus trouvèrent ceux pleins d'intelligence d'Hermione. « Hermione, je ne pense pas... »

« Enfin, ça a du sens! » s'exclama la Gryffondor. « Elle arrive à la mi-année! Elle vient supposément d'Amérique, mais personne ne sait rien sur elle. Elle tente de rentrer dans tes bonnes grâces, toi, un ancien Mangemort. » À ces mots, Severus ne dit rien, mais sembla mal à l'aise. « Et puis il y a le fait qu'elle s'exerce sur des élèves! »

« À ce propos, comment va ta cheville? »

« Severus! Je suis sérieuse! »

« Et moi aussi, Hermione. Je pense que présentement, tu en as après le professeur McNally, et que ça trouble ton esprit. Albus Dumbledore n'engagerait jamais une espionne du Mage Noir. »

Hermione le regarda, désabusée. « Euh, Quirrell? Barty Croupton Jr? »

D'abord bouche bée, Severus lui accorda le point. « D'accord. Mais n'est-ce pas toi-même qui, en première année, étais convaincue que j'étais le méchant de l'histoire? »

Le fusillant du regard, Hermione admit son erreur. « Pour ma défense, tu nous as rendu la tâche plutôt facile. »

« Écoute, » dit Severus après quelques secondes de silence, « je vais en parler à Dumbledore. J'ai moi-même des doutes sur quelques élèves de ma maison ayant des parents aux activités douteuses, mais je glisserai un mot à Dumbledore concernant les techniques d'enseignement peu recommandables de McNally… » Il haussa un sourcil, incrédule. « Je n'arrive pas à croire que c'est moi qui dis ça. Qu'as-tu fait de moi, sorcière? »

Hermione rigola et Severus se délecta de ce son mélodieux. « Merci. » Dit-elle simplement, enlaçant son amant. Elle devrait bientôt repartir pour son propre dortoir, la nuit étant bien entamée, mais pour le moment, elle profitait de ce moment de calme après une journée haute en rebondissement.

oOo

Fin Juin. Quai du Poudlard Express, à Pré-au-Lard.

Ethan aura quatre mois dans quelques jours. Confortablement installé sur la hanche de sa mère, il observait d'un regard curieux les allés et venus des élèves entrant dans le magnifique train rouge, tout en mâchouillant un hochet de plastique mou, une formidable coulisse de bave dégoulinante sur son double menton de bébé.

« Eww, Ethan, mon trésor, » se plaignit Hermione en essuyant d'un pan de robe la fraise du petit homme.

« Hermione! » Entendit-elle crier au loin. La jeune femme releva la tête pour voir Ron, Ginny et Luna courir vers elle.

« Hey! » Les salua-t-elle. « Où est Harry? »

« Il est resté au château; Dumbledore et Rogue voulaient lui parler. » Répondit Ginny en agrippant son filleul et le volant à sa mère.

Les quatre amis passèrent quelques minutes à discuter de la mise à pied du professeur McNally le matin même (le professeur McGonagall l'avait surprise à tenter de séduire un 'pauvre' élève de 7e année!), mais lorsque le Poudlard Express se mit en marche, une vapeur blanche et opaque s'échappant de sa cheminée, Ginny, Ron et Luna décidèrent de grimper à bord.

« Tu prends bien soin de ta maman pour moi, d'accord p'tit gars? » demanda Ron à Ethan, chatouillant le bedon rond de l'enfant. Comme unique réponse, Ethan lui fit un sourire édenté. Ron et Hermione s'enlacèrent une dernière fois, puis, enroulant un bras autour des épaules de Luna, le rouquin et la jeune Serdaigle se dirigèrent vers le train, en compagnie de Ginny qui avait empoigné la cage de Pattenrond. Hermione remarqua qu'à la lumière du soleil, les avant-bras dénudés de Ron montraient encore les marques blanches cicatrisées que l'attaque des cerveaux aux départements des mystères l'année précédente lui avait infligées.

La locomotive rouge émit un fort son de klaxon, faisant sursauter Ethan, et Hermione se désespéra de voir Harry arriver avant le départ du train.

Au moment où cette pensée effleura son esprit, une nouvelle calèche, tirée par un Sombral, arriva près du quai. Harry sauta au sol, agrippa sa malle et la cage d'Hedwige et courut vers elle.

« Dépêche-toi, Harry, tu vas manquer le train, » lui lança-t-elle. Il n'y avait déjà plus aucun autre élève sur le quai. Hermione s'étonna lorsqu'Harry s'avança d'abord vers elle, plutôt confiant que le train allait l'attendre.

« Hermione, j'ai quelque chose pour toi, » dit-il, essoufflé par sa course. Il se pencha aussitôt et ouvrit sa malle. Il en ressortit deux petits miroirs.

« Je vais passer l'été au QG de l'ordre avec Remus et les Weasley, » poursuivit Harry avec un sourire, s'assurant que sa malle était bien fermée. « Dumbledore m'a même dit qu'il ferait venir certains Aurors afin qu'ils commencent notre formation. » Il se releva et regarda son amie, tous deux ayant la même grandeur.

« C'est super, Harry! » S'exclama Hermione qui comme Harry, était soulagée que et Dumbledore, et le Ministère, admettent enfin son futur rôle dans cette affreuse guerre et tentent de le préparer en conséquence. Ils avaient déjà perdu un an avec l'affreuse Ombrage comme professeur de Défense contre les Forces du Mal, et bien que cette année, l'enseignement cumulatif de Dumbledore et du professeur McNally ait été ce qu'ils avaient eu de mieux depuis Remus Lupin, tous deux savaient qu'un entraînement intensif avec des Aurors certifiés ne serait pas de trop pour « l'Élu » et ses proches. Sûrement que Ron et Ginny et les autres Weasley allaient pouvoir en profiter et Hermione sentit une pointe de jalousie naître en elle.

« Rog—Le professeur Rogue a accepté de reprendre les cours d'Occlumencie dès l'automne prochain, » continua Harry, un peu moins enthousiasmé.

« Bien, » dit-elle d'un ton autoritaire, se gardant de lui révéler que la requête venait d'elle. Elle savait que les deux hommes faisaient des efforts surhumains pour se montrer un minimum de respect, mais tout comme elle, et Severus, Harry comprenait que c'était un art essentiel.

« Ouais. En attendant, j'aimerais que tu gardes ceci avec toi cet été. » Et il lui tendit un des deux miroirs.

Hermione regarda l'objet, le tenant à distance des petites quenottes d'Ethan, puis releva son regard vers son meilleur ami. « Qu'est-ce que c'est? »

Harry eut un sourire empli de tristesse. « C'est Sirius que me les a donnés. Lui et mon père s'en servaient pour communiquer lorsqu'ils étaient en retenue ou pendant les vacances d'été. »

Les sourcils d'Hermione s'envolèrent, étonnés par ce qu'elle venait de comprendre. « Comme des talkie-walkie? »

Cette fois, le sourire d'Harry fut sincère. Il adorait Ron, mais c'était bien aussi d'avoir une meilleure amie qui avait les mêmes références moldues que lui. « Exactement. »

Hermione remarqua alors le miroir qu'Harry avait gardé pour lui-même. « Pourquoi le tien est-il cassé? »

Un voile de tristesse apparut dans les magnifiques yeux verts du garçon. « Sirius me les a donnés l'année passée, disant de m'en servir si j'avais besoin de lui pour quoi que ce soit. » Hermione fronça les sourcils, confuse. Harry poursuivit avant même qu'elle ne puisse poser la question. « Hermione, dans ma panique suite à ma vision, j'ai complètement oublié de me servir de ses miroirs. »

« Oh, Harry. »

« Après le fiasco du ministère, j'ai eu besoin de me défouler… » Il regarda son miroir cassé avec colère. « Enfin bon, j'ai vérifié, ils fonctionnent encore. Hermione, » - ses yeux plongèrent dans les siens, - « je ne suis pas encore doué en Occlumencie, et si Voldemort tente de me joindre, il risque de réussir. Hermione, promets-moi de toujours garder ce miroir sur toi, et que s'il t'arrive quelque chose, à toi ou à Ethan, peu importe ce que c'est, promets-moi de m'en avertir. »

« Je te le promets, Harry. »

Il hocha la tête, déjà rassuré. « Et de mon côté, si jamais je fais un rêve, ou si j'ai une vision qui inclut soit toi, soit ton bébé, je te promets de tenter de te contacter avant d'agir. »

Sachant ce que cela impliquait pour son ami, l'unique réponse d'Hermione fut de l'étreindre. Harry lui rendit son étreinte et ils restèrent ainsi un bon moment, Ethan 'squeezer' entre eux deux.

« Il vous reste exactement 23 secondes, Mr. Potter, avant que le train ne parte sans vous. »

Se relâchant, Hermione et Harry tournèrent leur tête vers la voix… et leurs yeux devinrent ronds, leur mâchoire tombant sous le choc. L'homme devant eux, à l'apparence aristocrate, mais inévitablement moldu – un pantalon noir ainsi qu'une chemise noire sous une veste à l'allure de redingote allant à mi-cuisse – tenait devant lui une poussette d'un vert lime éclatant. Le contraste était plus que déconcertant.

Fronçant les sourcils, énervé à la fois du manque de réaction de ses deux élèves et de leurs regards ridiculement abasourdis, la voix de Rogue claqua, « Dix-sept secondes! »

Les deux adolescents sursautèrent, et alors qu'Hermione gratifia le professeur d'un regard de reproche, Harry se mit en mouvement. « Je dois y aller, » dit-il en mettant son miroir dans la poche arrière de son jeans. « Fais attention à toi, 'Mione. »

Il prit quand même le temps d'embrasser la chevelure sombre de son filleul puis, empoignant sa malle et la cage d'Hedwidge, courut vers le train qui se mettait tranquillement en mouvement.

« Par ici, Harry! » L'interpella soudain la voix de Ron, puis les bras du rouquin sortirent de la porte, empoignèrent les bagages d'Harry avec empresse avant de libérer la porte pour laisser la place à son ami.

Les deux garçons envoyèrent la main à Hermione alors que le train quittait la gare, et celle-ci utilisa la petite main potelée d'Ethan pour leur répondre.

« Gna-ah! » bafouilla le bébé.

« Je sais, mon chéri. À moi aussi, ils vont me manquer, » soupira Hermione en réfugiant son visage dans le cou de son fils. Ce qui ne se révéla pas l'idée du siècle puisque Ethan en profita pour agripper les épais cheveux frisés de sa mère de ses dix petits doigts.

Hermione était encore en train d'essayer de se libérer lorsque le professeur Rogue arriva près d'elle. « Tu es prête? » Demanda-t-il d'un ton neutre.

Hermione acquiesça, se retenant malgré elle de demander, une fois de plus, pourquoi ne pouvaient-ils pas aller au QG de l'Ordre, eux aussi? Et pourquoi, pourquoi diable, devait-elle se claquer les Malefoy tout l'été?!

Elle savait que Severus n'appréciait pas l'idée de voir son fils dans l'affreuse maison des Black, avec toutes les activités et les réunions qui allaient sans doute s'y tenir dans les semaines à venir. Elle savait aussi que le Maître des potions considérait le vaste monde moldu beaucoup plus sécuritaire pour sa famille. Et elle savait – elle avait finalement compris –, que Severus faisait confiance aux Malefoy.

Oh, ils en avaient beaucoup discuté, deux têtes fortes tenant mordicus à leurs opinions, et finalement, c'était elle qui avait cédé. Severus, ce… ce… Serpentard! Il l'avait piégée, et elle avait accepté toutes ses demandes alors qu'elle était loin d'être dans son état normal et de nature si rationnelle. En fait, elle était intoxiquée. Intoxiquée par lui, par son corps, sa peau, ses baisers. Intoxiquée par les sensations de son orgasme approchant et qui se faisait ressentir au plus profond d'elle, ses membres criant d'épuisement, une légère crampe dans les orteils et quelques mèches de cheveux collés sur son front.

Il avait osé arrêter.

« Je t'en prie, ma belle. Viens avec moi cet été; fais-moi confiance. » Il lui avait susurré dans l'oreille, de sa voix suave et masculine, et avait attendu son accord avant de poursuivre quoi que ce soit.

Désespérée et frustrée, elle avait gémi les seuls mots qui pouvaient la libérer de ce moment de torture.

« Tout ce que tu veux, Sev... » 'Tout ce que tu veux, mais ne t'arrêtes surtout pas', avait-elle voulu dire, mais c'était inutile, car à peine son amant avait-il entendu son acquiescement qu'il reprenait déjà ses mouvements et ses baisers ardents.

Malgré ses trois décennies et demie, il lui avait fait l'amour à quatre reprises cette nuit-là; il s'était assuré ainsi qu'elle ne regretterait pas sa décision.

Une main passa devant son visage et Hermione cligna des yeux, se retrouvant sur le quai de la gare.

« Tu étais à mille lieues d'ici, » lui dit Severus.

Hermione acquiesça. « Je me remémorais la façon dont tu t'y étais pris pour me convaincre d'aller chez Mrs. Malefoy, » expliqua Hermione alors qu'il lui retirait Ethan des bras. « C'était franchement malhonnête. »

« Ah. » Il eut un rictus amusé au coin des lèvres. « Je ne t'ai pas entendu te plaindre sur le moment. »

Il sécurisa Ethan dans la poussette vert lime alors qu'Hermione retirait sa robe officielle de Poudlard, dévoilant un jeans et une chemise sans manche. Ils voyageraient de Pré-au-Lard vers le Chaudron Baveur par Poudre de Cheminette, Severus voulant atteindre Londres avant les étudiants, puis, à partir de Londres, ils allaient prendre le TGV direction la France et sa Côte d'Azur.


À suivre...