Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.
Un gros MERCI à Lune d'argent (ma Beta) et Miss Wendy Malfoy (ma pré-reader) qui m'ont suivi dans cette aventure de reprise d'écriture.
L'ange qui naîtra de nous deux
{La suite}
Chapitre 14- Un été en famille
Fin juillet
Hermione se retourna péniblement et cligna des yeux à quelques reprises afin de chasser le sommeil. La pièce était silencieuse.
Se demandant ce qui avait bien pu la réveiller, Hermione souleva la tête afin de regarder dans la couchette du bébé. « Ethan? » dit-elle à voix haute lorsqu'elle réalisa que son fils était absent de son petit lit.
« Chut, » lui répondit une douce voix de ténor sur sa droite.
Hermione s'assit dans son lit, ses yeux s'adaptant à la pénombre de la chambre. « Severus? »
L'homme, vêtu uniquement d'un pantalon souple de nuit, le torse nu, était installé dans le fauteuil berçant et donnait un biberon à Ethan. Le petit reposait confortablement dans les bras forts de son père.
« Huh! » S'exclama Hermione en frottant son visage de ses paumes, honteuse. « Je ne l'ai même pas entendu pleurer… »
Plusieurs semaines étaient déjà passées depuis leur arrivée à la Villa Malefoy, et Hermione avait entrepris la nouvelle routine des repas nocturnes d'Ethan avec enthousiasme. Même si le manque de sommeil, c'est-à-dire le manque de sommeil ininterrompu, se faisait ressentir chez la jeune mère, elle comprenait enfin ce que Severus aimait tant dans ces moments seul à seul avec son enfant, et chérissait chaque minute. Il y avait quelque chose d'intime et de magnifique dans le fait de nourrir son bébé au milieu de la nuit, avec l'impression d'être les seuls réveillés, bien en sécurité dans leur bulle.
Avec un simple lumos éclairant la petite chambre, Hermione s'amusait à détailler chaque trait du visage de son enfant, caressant ses joues, son nez et ses longs cils du bout de ses doigts. Ethan, habituellement bien réveillé, l'observait en retour de ses grands yeux sombres et curieux. Puis le lait naturellement chaud de sa mère avait raison de lui et le bambin finissait par se rendormir au rythme de ses succions. Hermione avait pris l'habitude de le bercer encore quelques instants avant de le redéposer dans sa couchette.
Cette routine, bien qu'appréciée par la maman d'Ethan, avait aussi comme effet de l'épuiser complètement.
« Je peux— »
« Tu as besoin de sommeil, » la coupa gentiment Severus. Il y avait aussi le fait qu'il craignait que leur enfant refuse finalement de prendre le biberon s'ils ne continuaient pas à alterner entre les deux formes d'alimentation, mais il se garda de le mentionner.
Hermione acquiesça et se tourna sur le côté pour leur faire face avant de reposer sa tête sur son oreiller, un bras dessous. Ses seins étaient particulièrement sensibles, prêts pour l'allaitement, mais elle endura. Son regard s'attendrit quand elle remarqua que l'homme effectuait la même routine qu'elle avait l'habitude de faire, un long doigt élégant caressant la joue du petit.
Ils restèrent ainsi, en silence, avec pour seuls sons les bruits de déglutition d'Ethan.
Hermione observait son amant à la lueur de la lune. Et sans doute que Severus croyait qu'elle s'était rendormie, mais au contraire, le sommeil quitta la jeune femme complètement alors que le désir prenait place en elle.
Il était pieds nus, ses longues jambes écartées pour plus de confort. Son pantalon de pyjama si bas sur ses hanches qu'Hermione pouvait distinguer la forme en V que ses muscles créaient à sa taille, ainsi que la fine ligne de poils noirs qui se dirigeait vers le bas. Ses bras et le dos rond d'Ethan bloquaient la vue de ses abdominaux, mais son torse était bien visible, ses épaules et biceps découpés. Severus Rogue n'était pas musclé à outrance, mais dire qu'il était chétif serait également faux. Non, il avait plutôt une charpente élancée, mais masculine et robuste.
Elle s'imagina caresser de ses mains, de ses lèvres, chaque centimètre de la peau pâle de l'homme.
Hermione mordilla ses lèvres afin d'éviter de pousser un gémissement, et frotta ses cuisses l'une contre l'autre afin de créer un peu de friction.
C'est de ta propre faute, tout ça, maugréa-t-elle amèrement contre elle-même.
Depuis que Drago avait révélé à sa mère la vraie nature de leur relation, à Severus et à elle, Hermione avait clairement compris que leur liaison mettait la propriétaire de la villa mal à l'aise. Quels étaient les mots qu'elle avait utilisés déjà? Gamine; relation malsaine. Il était clair que Narcissa Malefoy n'approuvait pas leur relation, non seulement à cause de leur différence d'âge, mais aussi et surtout à cause de leur statut de professeur et d'élève. Par respect pour Narcissa, qui avait après tout gentiment accepté de les héberger, Hermione n'avait rien engagé avec son amant depuis des semaines, ayant préféré minimiser leurs contacts.
Au bout d'un moment, Severus retira le biberon de la bouche d'Ethan, qui malgré tout garda la forme d'un 'o'. Le petit était complètement endormi, sa respiration profonde. Convaincu du sommeil de plomb de son enfant, Severus se leva et se dirigea vers la couchette du bambin. Le regard d'Hermione le suivit, prédateur, alors qu'elle admirait les muscles de son dos.
Avant de sortir, Severus lança un dernier regard vers la jeune femme. Elle lui manquait terriblement, ce qui était absurde puisqu'ils passaient toutes leurs journées ensemble, en compagnie de leur fils, mais ce n'était pas cet aspect qui faisait défaut. Il distingua deux points lumineux et fut surpris lorsqu'il réalisa qu'il s'agissait en fait des yeux d'Hermione qui étaient fixés sur lui.
« Je croyais que tu dormais, » dit-il simplement, s'avançant vers le lit au lieu de la porte.
Hermione se contenta de secouer la tête, et se releva en position assise. Severus prit place à ses côtés, les pieds au sol, une main remontant le long de la cuisse d'Hermione. Malgré la couverture qui séparait leurs deux corps, il n'en fallut pas davantage à Hermione pour qu'elle s'enflamme. Elle passa rapidement ses jambes derrière elle, se soulevant sur ses genoux aux côtés de Severus. Son visage enfin à la même hauteur que celui de l'homme, Hermione captura ses lèvres avec les siennes.
Les mains de la jeune fille agrippèrent les cheveux de l'homme, notant au passage leur aspect plus soyeux qu'à l'ordinaire, et elle approfondit le baiser. Les bras de Severus s'enroulèrent autour de sa petite taille, et il l'attira à ses côtés. Lorsqu'une main délicate, mais entreprenante, se posa sur son torse et descendit vers l'élastique de son pantalon, là où l'évidence même de son désir résidait, il attrapa le poignet de la jeune femme avant qu'elle n'atteigne son but.
« Si tu t'aventures plus bas, je risque de ne pas vouloir m'arrêter, » avertit-il.
« Est-ce que c'est une promesse? » Demanda Hermione d'une voix empreinte de désir dans son oreille avant que sa langue ne vienne attaquer son lobe d'oreille.
Severus émit un grondement sourd. « Hermione. » Il déglutit. « Que fais-tu de ta résolution à ne pas vouloir vexer Mrs. Malefoy dans sa propre maison— »
« Ugh. Au Diable Mrs. Malefoy, et touche-moi, veux-tu? »
Severus ricana. « Tes désirs sont mes ordres, ma chérie. »
Et alors qu'il la renversait sur le lit, emprisonnant son corps entre le sien et le matelas, Hermione hoqueta de surprise, oui, à cause du soudain changement de position, mais aussi, et surtout, à cause du mot doux de Severus. Ma chérie; il ne l'avait encore jamais appelée ainsi. La notion de 'chérir' allait bien au-delà de l'attirance physique.
Hermione savait que Severus la trouvait belle. Elle-même n'était pas indifférente à ses charmes à lui. Ils n'étaient, ni un ni l'autre, des exemples de beauté; il était trop pâle, avait le nez crochu, les dents imparfaites et les cheveux gras (quoique l'apparence de ceux-ci était nettement mieux depuis qu'il avait quitté sa salle de potions aux vapeurs douteuses). Mais malgré ses défauts si évidents, il y avait quelque chose chez lui, plus subtil, mais indéniablement attirant, et même sensuel, pour quiconque ne se préoccupait pas des critères de beauté stéréotypés.
Ses yeux, en premier lieu, accompagnés de ses longs cils. Hermione n'avait jamais cru que des yeux aussi noirs puissent exister, mais ils étaient si sombres qu'elle n'arrivait pas à distinguer où commençait la pupille et où se terminait l'iris. Sa voix, si suave, pouvait claquer des insultes aussi superbement qu'elle pouvait caresser de mots tendres. Et ses mains, si fortes, mais élégantes, étaient des œuvres d'art en elles-mêmes.
Puis, il y avait le fait qu'il avait une intelligence hors du commun, ce qui, aux yeux d'Hermione, était plus attirant que n'importe quel physique.
Quant à elle, bien loin d'être laide, le meilleur terme qu'Hermione avait trouvé pour se décrire était 'ordinaire'. Brillante, mais de physique ordinaire.
Sauf lorsqu'elle était avec Severus. Il avait ce don de la faire se sentir incroyable belle, et chérie, et désirée. Simplement dit, ils se plaisaient mutuellement. Et c'était sans équivoque qu'ils étaient faits pour aller ensemble sexuellement. Merlin, qu'ils 'cliquaient'. Elle se demanda un instant si cela était dû au fait que leur première fois avait été englobée d'un voile de désir, retranchant toute gène et inhibition. Elle s'était toujours sentie à l'aise et en confiance avec Severus.
« Uhh. Severus, » Hermione murmura d'un ton d'avertissement lorsque les mains de l'homme s'insérèrent sous sa chemise de nuit et vinrent caresser sa poitrine avec force, la ramenant à la réalité. « Tout doux! »
Severus soupira sa frustration, enfouissant son visage dans le décolleté de la jeune femme, mais réajusta la pression de ses mains sur ses seins. Il avait compris, il y a quelques semaines de cela, que s'il voulait garder libre-accès à la poitrine de sa partenaire, il se devait d'être tendre.
« Ça va, comme ça? » Demanda-t-il.
« Mh-mm, » gémit Hermione, son dos s'arquant malgré elle sous les caresses de l'homme. « Embrasse-moi. »
« Tellement exigeante, » roucoula Severus avant de poser ses lèvres sur les siennes. Sa langue s'inséra dans la bouche de son amante, et celle-ci la caressa et la suça sensuellement. Elle massa son scalp de ses doigts divins et ondula ses hanches, qui étaient pressées sur son érection douloureuse.
Par Salazar, cette femme le rendait complètement fou!
Il abandonna ses lèvres et vint gronder son appréciation dans le creux de son cou, inhalant par le fait même son odeur si féminine. Ses mains quittèrent les dessous de sa chemise de nuit pour mieux la lui retirer. Aussitôt que l'air frais toucha la peau chaude d'Hermione, la chair de poule s'empara d'elle et elle frissonna de désir.
Severus se releva sur ses coudes pour admirer Hermione à la lueur de la lune. D'une main, il caressa son visage d'ange, descendit vers son cou élancé, la vallée de ses seins, son ventre plat, et finit par insérer ses longs doigts dans la culotte de la Gryffondor. Celle-ci souleva son bassin afin qu'il la lui retire.
Enfin nue, offerte à lui, Hermione semblait fiévreuse. Severus eut un sourire, ravi d'être le seul homme à pouvoir l'amener dans un tel état. Il se glissa au sol, entre les cuisses de son amante, et attira ses fesses vers le rebord du lit avant de venir 'embrasser' son intimité.
« Oh, Sev—! » Gémit Hermione avant de se souvenir de la présence de leur fils dans la pièce. D'une main, elle agrippa les draps du lit, de l'autre, elle s'empêcha d'émettre un son, les doigts sur les lèvres.
Seule la façon dont elle ondulait, ainsi que sa respiration saccadée, indiquait clairement à Severus qu'il faisait quelque chose de bien. Connaissant le corps de son amante mieux que quiconque, il n'eut besoin que de quelques minutes avant qu'Hermione ne soit secouée d'un puissant orgasme.
« Arrête, arrête, » rigola-t-elle, ses petites mains s'agrippant aux cheveux de l'homme et tentant de le repousser, seulement pour mieux l'attirer à elle par la suite. Elle l'embrassa avec empressement et Severus ne put s'empêcher de ricaner, son rire grave résonnant dans le creux de sa gorge, ce qui excita Hermione encore plus. « Je t'en prie, » supplia-t-elle, tentant tant bien que mal de retirer le pantalon de pyjama de son professeur.
Lorsque celui-ci tomba enfin autour de ses chevilles, Severus l'envoya valser à l'autre bout de la pièce d'un coup de pied et, plaçant les jambes repliées d'Hermione de chaque côté de sa taille, il entra doucement en elle, centimètre par centimètre.
« Mhhm, » soupira Hermione.
Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas unis ainsi – des semaines! – qu'Hermione savoura chaque instant, appréciant le fait que Severus semblait vouloir prendre son temps. Néanmoins, au moment où elle crut qu'il allait enfin se mettre à bouger, il se retira vivement.
« Merde! » Souffla-t-il.
« Non! » S'indigna Hermione aussitôt. « Qu'est-ce qui te prend!? »
Severus lui lança un regard noir, mais amusé à la fois. Dans n'importe quelle autre situation, il n'aurait pas accepté qu'on lui parle ainsi.
Pour unique réponse, l'homme alla chercher sa baguette magique, qu'il avait abandonnée un peu plus tôt sur le fauteuil dans lequel il avait bercé leur enfant. Il revint vers Hermione, qui l'attendait avec un fond de désir dans les yeux, et reprit sa position initiale. Seulement voilà, cette fois, avant de la pénétrer, il effectua le sort de contraception d'un mouvement expérimenté.
« Oh, wow, » souffla Hermione, ne parvenant pas à réaliser qu'ils avaient failli oublier le sort de contraception. Les conséquences, si elle avait conçu de nouveau, auraient été dé-sas-treuses.
« Oh, wow! » Répéta-t-elle, et cette fois-ci c'était plutôt dû aux sensations que son amant lui faisait ressentir. Elle renvoyant sa tête vers l'arrière lorsqu'il bougea enfin en elle.
« Seigneur, Hermione, » susurra l'homme dans son oreille, tremblant. Ses mouvements de bassin étaient langoureux et saccadés, par peur de perdre tous ses moyens. « Tu me rends fou, » lui avoua-t-il.
« Je sais, » soupira la jeune femme. « Tu as le même effet sur moi, » confia-t-elle fiévreusement, retenant de justesse les trois petits mots qu'elle souhaitait si ardemment lui dire, mais craignait trop sa réaction pour oser. À la place, elle saisit le visage de l'homme entre ses paumes, fixa son regard ambré dans le sien, plus sombre, et tenta de lui transmettre le message par la pensée.
Malheureusement, en gentleman qu'il était, Severus n'avait jamais utilisé la Légilimencie sur elle. Et encore moins lors de leurs ébats amoureux où elle était comme un livre ouvert. Cela aurait été de la triche.
Hermione en était à la fois reconnaissante et frustrée.
Perdue dans son plaisir alors qu'elle atteignait une seconde fois l'extase, Hermione dut se concentrer lorsqu'elle remarqua que Severus lui parlait.
« Qu— quoi? » Réussit-elle à demander entre deux coups de bassin vigoureux, car il avait augmenté la cadence, arrivant à destination.
« J'ai dit, ne réveille pas Ethan, » rigola Severus avec un sourire en coin, sexy.
Hermione mit un certain temps à analyser sa demande, ainsi que la raison derrière celle-ci, avant de réaliser qu'elle était, en effet, plutôt vocale. « Oh—mphf! »
Afin de camoufler leurs cris respectifs, Severus l'embrassa fougueusement. Leur baiser dura plus longtemps que leurs orgasmes, et ce qui avait été ardent et empressé tantôt devint tendre et langoureux.
Leurs deux corps étaient épuisés. Sous Severus, Hermione laissa retomber ses jambes sur le matelas, mais ses bras mollasses restèrent autour des épaules de son amant. Nonchalamment, elle caressait les cheveux de l'homme qui reposait sa tête sur sa poitrine.
Severus se retira d'en elle et somnola paresseusement en couvrant le cou et la poitrine de sa partenaire de doux baisers. Sans y penser, il enveloppa un mamelon de sa bouche chaude et le suçota érotiquement.
« Sev, non—! » Hermione voulut le prévenir, ayant reconnu les sensations de son corps… mais il était déjà trop tard.
Désarçonné, Severus releva la tête d'un seul coup, quelques gouttes de lait maternel dégoulinant de ses minces lèvres.
Les joues d'Hermione s'enflammèrent aussitôt et elle porta ses mains entre leurs deux corps afin de recouvrir ses seins douloureux. « Je suis désolée, » dit-elle aussitôt et pour unique réponse, Severus cligna des yeux, confondu. Hermione gloussa de gêne et d'amusement à la fois. « Ça ne serait pas arrivé si tu m'avais laissé allaiter ton fils, » expliqua la jeune maman d'un ton de faux reproche.
Quelque chose changea dans l'expression du Maître de potions. Il devint curieux, et possessif à la fois. Ses deux iris semblèrent s'enflammer de désir pour elle.
Soutenant le haut de son corps sur un seul coude, il porta son autre main à son visage et, d'un long doigt sur son propre menton, il rattrapa les quelques gouttes qui y dégoulinaient avant de les lécher.
Hermione le regarda faire, bouche bée, attisée. Il y avait quelque chose d'incroyablement naturel, charnel et sensuel dans ce geste. S'il avait été n'importe qui d'autre, n'importe quel autre homme, ce geste aurait été déplacé, mais il était le père de son enfant, le même enfant pour qui son corps s'était accommodé afin de le concevoir, le mettre au monde et le nourrir. Cet homme, en quelque sorte, était la cause de tout cela, et si, dans un moment intime bien à eux, emplis de tendresse et d'acceptation, ce même homme goûtait par inadvertance au lait qui nourrissait leur enfant, qu'est-ce que cela pouvait-il bien faire?
« Est-ce que ça a bon goût? » Demanda Hermione avec une grimace, douteuse.
Pour unique réponse, Severus se pencha de nouveau au-dessus d'elle et l'embrassa. Hermione fut soulagée de remarquer qu'elle ne goûtait aucunement le lait sur ses lèvres et sa langue, mais qu'en fait il avait son odeur et son goût habituel, bien à lui.
Au bout d'un moment, ils rompirent le baiser pour respirer et Severus posa son front sur celui de sa compagne, encadrant leurs deux visages de ses longs cheveux noirs.
« Tu es magnifique, Hermione, » lui dit-il avec révérence, et Hermione sut qu'il avait suivi le même raisonnement qu'elle. Son corps de femme avait subi de nombreux changements dernièrement, changements qui en un sens, étaient attribuables à Severus.
« Reste avec moi, » lui demanda Hermione après de nombreuses minutes de silence entre les deux amants. Severus sembla réfléchir à ses options avant d'acquiescer gentiment et de s'allonger à ses côtés. Aussitôt, Hermione colla son petit corps à celui de son professeur, son dos contre le torse de l'homme, et il entoura ses bras autour de sa taille. Les deux parents s'endormirent au son de la respiration profonde et régulière de leur fils, qui heureusement pour eux, dormait encore à poings fermés.
oOo
Début août
Ce matin-là, Hermione s'était levée tôt avec Ethan. C'était l'une des premières nuits où Ethan avait dormi plus de 5 heures d'affilées, sautant son repas de nuit et se réveillant plutôt vers les 5h30 du matin. Hermione avait rapidement enfilé un jeans et un pull par-dessus le t-shirt dans lequel elle avait dormi et était sortie de la chambre avec le bébé avant que Severus ne se réveillât. Cela faisait quelque temps, en effet, que le couple partageait la même chambre.
Il était désormais près de 8h30 du matin, Hermione était assise au sol avec Ethan entre les jambes, ses mains entourant la cage thoracique du petit afin que celui-ci ne bascule pas vers l'arrière et ne se cogne la tête sur le plancher. Tout juste âgé de 5 mois, Ethan avait effectivement encore du mal à se maintenir assis tout seul.
Draco l'avait découvert la veille, alors qu'il jouait avec son 'petit cousin', comme il aimait l'appeler, et Ethan avait ri, donné un coup de tête vers l'arrière et avait perdu l'équilibre. C'était un accident, bien sûr, mais le jeune Serpentard avait dû faire face aux foudres d'Hermione qui s'était transformée en véritable lionne, défendant son lionceau! Severus et Narcissa avaient même dû s'interposer.
Devant la maman et son fils, un minuscule elfe de maison se tenait, enjoué, et les yeux brillants. Kiki avait expliqué à Hermione qu'étant, à l'origine, l'un des elfes personnels de 'Maîtresse Malefoy', celui-ci avait été choisi pour sa petite taille et sa discrétion pour venir s'occuper et entretenir cette demeure, à l'insu de Mr. Malefoy. Il avait expliqué à Hermione que la relation entre Mrs. Malefoy et ce moldu n'avait été qu'une idylle éphémère, un acte de révolte de la part de Narcissa alors qu'elle avait 30 ans, son fils unique à Poudlard et qu'elle se sentait de plus en plus ignorée par un époux qui sombrait de plus en plus dans la magie noire.
Le moldu, cependant, un jeune homme riche et charmant, mais sans enfant, avait été complètement ensorcelé par la jeune femme, au point de renier sa famille et ses amis, au grand dam de ceux-ci. Il avait, peu de temps avant l'accident de voiture qui avait causé sa mort, reformulé son testament afin que Narcissa Malefoy soit l'unique héritière de tous ses avoirs. Depuis lors, Kiki vivait ici, en France, seule dans cette immense demeure que Narcissa ne visitait qu'une seule fois par année.
Grâce à la présence de 'Mini Maitre Rogue', lui disait Kiki, les yeux brillants et pleins d'affection pour le petit sorcier, il vivait là l'un des étés les plus vivants et amusants et fantastiques de toute sa vie!
Les elfes de maisons, Hermione réalisa, adoraient les enfants sorciers! Leur travail, au-delà de l'entretien des maisons et de la confection des repas, tournait après tout autour du bien-être des petits sorciers en devenir.
« Eh bien, je suis contente que tu aimes ton emploi et que tu sois bien traité, Kiki, » lui dit Hermione.
Kiki s'inclina, son long nez touchant le plancher. « Mrs. Granger-Rogue est trop gentille. »
« Hermione, » insista Hermione pour la millième fois depuis le début de la conversation, lui semblait-elle, le rouge aux joues. Kiki tortilla ses doigts, gêné de la réprimande, mais avant qu'il ne puisse se punir, Hermione lui assura que ce n'était pas bien grave, le suppliant de ne pas se faire de mal. Kiki acquiesça (trop vite, trop peu), s'inclina de nouveau, et disparut dans un 'pop' sonore.
« Oh, » souffla Hermione en mordillant sa lèvre inférieure, mal à l'aise. Elle avait seulement voulu avoir une petite conversation avec l'elfe, et espérait que celui-ci n'était pas en train de se punir inutilement. Il l'avait appelée ainsi – Mrs. Granger-Rogue – à plusieurs reprises, insistant que si 'Mini Maitre Rogue' était à la fois l'enfant d'Hermione et celui de 'Maitre Rogue', son nom ne pouvait donc être autre que Mrs. Granger-Rogue. Elle avait beau insister, avoir un enfant hors mariage était, pour le petit serviteur de famille de sans-pure de la haute hiérarchie, un concept complètement abstrait.
« Tu sais que t'es bizarre, Granger? »
Hermione sursauta un brin et se tourna vers la voix. Draco Malefoy se tenait dans le cadre de la porte, nonchalamment accoté et les bras croisés sur le torse. Il l'observait avec un air pensif. Ethan repéra lui aussi le Serpentard et le gratifia d'un sourire édenté.
« Oh, et pourquoi ça, Malefoy? » Répliqua Hermione, hautaine. « Je t'en prie, éclaire-moi de ta sagesse légendaire. » Clairement, elle avait pris la remarque du jeune homme comme une attaque personnelle.
Le Serpentard fronça les sourcils, comme s'il avait oublié, pour un court instant, l'animosité qui existait entre lui et la Gryffondor et qu'il venait de s'en souvenir de la pire des façons. Il contempla un moment l'idée de partir sans répondre, mais la curiosité eut raison de lui.
« C'est juste la façon dont tu t'entretiens avec les elfes de maisons. Comme s'ils étaient tes amis… » Il eut un rire condescendant et prit place dans l'un des fauteuils, jetant un regard en biais à la Gryffondor toujours au sol.
Hermione se renfrogna, mais ne répondit pas tout de suite. À la place, elle se concentra sur son fils qui tentait d'attraper un hochet en forme de vif d'or qui se trouvait un peu trop loin. Il gigota suffisamment pour se mettre sur le ventre, mais comme il rampait de façon plutôt stationnaire ces jours-ci, il commença à se fâcher. Hermione attrapa le hochet et le lui remit. Ethan l'engouffra aussitôt dans sa bouche, les gencives douloureuses dues à une poussée de dents.
« Oui et bien tu me pardonneras si je crois que les êtres qui s'occupent de nous, de nos repas et de notre désordre sans même un simple salaire méritent un minimum de respect! Quelles idées rétrogrades, je sais! » Le sarcasme qui coulait de ses propos fit grincer des dents au jeune sorcier.
Draco n'eut pas le loisir de répliquer, car Ethan poussa alors un cri aigu et enjoué. Les deux jeunes adultes tournèrent la tête vers la source du bonheur d'Ethan et virent leur professeur, portant un simple pantalon et une chemise noire. Lorsqu'il était vêtu ainsi, c'est qu'il prévoyait aller se promener en ville, dans le monde moldu. Hermione sourit.
« Oui! C'est papa! Est-ce que tu dis 'allô, papa'? » Demanda-t-elle au bébé d'une voix enfantine. Ethan gazouilla joyeusement.
Severus sourit, amusé. « Bonjour, » dit-il simplement à sa famille avant de jeter un regard d'avertissement sur son filleul, comme pour lui dire de bien se comporter. Drago haussa un sourcil. C'était étrange de voir l'homme qui avait toujours pris son parti changer de clan. Certes, il s'agissait là de la mère de son fils, mais quand même! Drago n'était pas convaincu qu'il appréciait ce changement subtil, mais bel et bien présent. Renfrogné, il croisa les bras sur sa poitrine et ne suivit ni le professeur ni Granger lorsqu'ils se rendirent à la cuisine, Ethan confortablement installé sur la hanche de sa mère.
Severus entra dans la cuisine le premier, inconscient du fait qu'Hermione le suivait de près. Narcissa Malefoy y était déjà et il la salua, tout en lévitant une tasse de thé fumant vers lui.
« Bien dormi? » Demanda Narcissa nonchalamment.
« Très bien, je te remercie, » répondit Severus d'un ton détaché qui se voulait poli, tout en s'emparant de la nouvelle copie de la Gazette du Sorcier.
« Mhm-mh, » fit Narcissa, épiant son ami par-dessous ses longs cils blonds. « C'est étrange pourtant, il semblerait que personne n'ait touché aux draps de ton lit depuis des jours. »
Hermione s'arrêta net, incertaine qu'elle avait bien entendu ce qu'elle venait d'entendre. Était-ce une accusation? Doucement, elle recula d'un pas afin d'être hors de vue, mais continua d'observer la scène en retrait.
Severus avait visiblement reconnu l'accusation aussi; il leva lentement les yeux et tourna imperceptiblement la tête vers la sorcière blonde, son expression neutre et gardée.
« Est-ce que tu m'espionnerais, par hasard, Cissa? »
Le surnom avait été dit doucereusement, son ton plutôt sec. Narcissa, cependant, sembla ne pas prendre la menace au sérieux et se contenta de hausser les épaules en buvant une gorgée de thé, son regard gris figé sur Severus.
« Pas du tout, » dit-elle au bout d'un moment, déposant calmement sa tasse sur la soucoupe devant elle. « Mais j'ai un elfe de maison qui commence à se vexer, croyant que tu n'apprécies pas tes accommodations... »
« Mmph, » souffla Severus, ne daignant même pas répondre.
Les amis de longue date se fixèrent un moment, tous deux tentant de comprendre ce qui se passait dans la tête de l'autre. Au bout de quelques minutes, Narcissa capitula. Elle détourna les yeux et soupira, jouant avec un fil rebelle qui dépassait de la manche de sa robe de sorcière pourpre.
« Je veux seulement m'assurer que tu sais ce dans quoi tu t'embarques, » expliqua-t-elle doucement. « Hermione est jeune, et vous venez tous juste d'avoir un bébé : c'est facile pour elle de se prendre d'affection. Mais que se passera-t-il quand la période lune de miel sera terminée? »
Hermione fronça les sourcils, complètement en désaccord avec Mrs. Malefoy. D'où est-ce qu'elle tenait cette idée?
Severus, lui, sembla saisir ce dont il s'agissait mieux que la Gryffondor. Il regarda son amie avec un mélange d'agacement et de compassion. « Tu veux dire, comme pour toi, qui a épousé un homme de 7 ans ton aîné parce que 'papa et maman le souhaitaient'? »
La 'période lune de miel' devait effectivement avoir été de courte durée. Et pourtant, Narcissa s'insurgea.
« Ce n'était pas la seule raison! J'aimais Lucius! »
Severus ricana et regarda autour de lui comme pour lui rappeler de l'endroit où ils se trouvaient tous en ce moment. « Oh, oui. Je vois ça. »
Visiblement, le sujet de son adultère était un sujet sensible, que la sorcière répugnait à aborder. La colère qui se dégageait d'elle par vagues de magie faisait trembler la vaisselle de la cuisine.
« Vas-y, moque-toi! N'empêche, tu ne t'es pas fait prier pour venir chez moi lorsque je te l'ai proposé. Ignore mes conseils si tu veux et continue de coucher avec ton élève! On verra bien qui aura raison avec le temps! »
Ses paroles étaient vulgaires et crasses, ce qui était surprenant venant d'une femme aussi distinguée que Narcissa Malefoy. Elles choquèrent, ce qui était sans doute le but recherché. Severus se sentit jugé et attaqué. Ses yeux devinrent deux fentes menaçantes et d'un pas, il s'approcha dangereusement de Narcissa et la regarda de haut.
« Ce qu'il y a entre Hermione et moi ne te regarde en rien, Cissa! » Cracha-t-il. « Pardonne-moi si tu as cru que le fait que j'eusse accepté ton invitation te donnait le droit de me juger. »
Hermione fut presque impressionnée lorsqu'elle remarqua que Narcissa ne se laissait pas intimider. Au contraire, la femme croisa les bras sur son torse et leva un regard d'un froid glacial vers son ami d'enfance.
« Je ne jugeais personne, Severus. Tout ce que je dis c'est que vos sentiments peuvent changer. »
Hermione mordilla ses lèvres nerveusement. Bien qu'elle doutât que ses sentiments puissent effectivement changer, elle se demanda ce que Severus allait répliquer.
L'homme regarda son amie. Il était évident qu'elle désapprouvait leur relation, mais elle n'était ni la première... et ne serait pas la dernière.
« Je prends soin de ma famille, » dit-il au bout d'un moment, sérieux et investi. « Chose, semblerait-il, que ton cher mari a oublié de faire depuis au moins ces 15 dernières années. Tu n'es aucunement bien placée pour me dire comment agir lorsqu'il est question d'Hermione et Ethan; moi au moins, je n'ai pas abandonné ma femme et mon fils pour servir un mégalomane sadique et finir mes jours à croupir en prison. »
Hermione ne put s'empêcher de s'exclamer lorsque la main de Narcissa entra en contact avec la joue du professeur. La tension avait rapidement escaladé entre les deux amis, chacun défendant du mieux qu'ils le pouvaient leur famille respective. Severus encaissa l'assaut, serrant la mâchoire et se retenant de toute violence physique. Il n'avait jamais frappé une femme et ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait commencer.
Des larmes de rage coulaient sur les joues de Mrs. Malefoy lorsqu'elle dit : « Je t'interdis de parler ainsi de mon mari. Il est le père de mon fils! »
Une lueur de victoire sembla briller dans les yeux du Maître des Potions lorsqu'il répliqua, entre ses dents : « Et Hermione est la mère du mien. »
Son message était clair pour tout le monde présent; il devait beaucoup à Hermione, il la respectait, et il s'attendait à ce que tout le monde en fasse autant. Se détournant d'une Narcissa bouche bée et toujours en colère, Severus s'empara d'une pâtisserie aux amandes et à la pâte feuilletée et quitta la cuisine par la porte vitrée qui donnait sur la terrasse.
Aussitôt qu'il fut hors de vue, la colère de Narcissa s'estompa et la sorcière s'assit lourdement sur l'un des tabourets du comptoir, le visage entre les mains. Elle soupira sa frustration. Elle n'avait, après tout, que tenté de l'avertir pour leur propre bien.
Hermione regarda Mrs. Malefoy, ses sentiments mitigés. Comme Severus, elle croyait que la sorcière blonde se mêlait de ce qui ne la regardait pas. D'un autre côté, elle avait ses raisons : que Severus soit son seul ami probablement en tête de celles-ci. Hermione aurait aimé lui dire que ses inquiétudes étaient infondées, que jamais elle ne se lasserait de lui, qu'elle et Ethan auraient toujours besoin de lui dans leurs vies, et que leur relation, bien qu'inhabituelle, n'avait rien de malsain, mais elle ne se voyait pas s'ouvrir si honnêtement à la mère de Malefoy. Néanmoins, quelque chose dans l'expression de Narcissa la poussa à entrer dans la cuisine.
Mrs. Malefoy releva la tête subitement, mais aussitôt qu'elle aperçut le bébé dans les bras d'Hermione, son visage s'adoucit et elle sourit.
« Bonjour, mini-Sev! » Dit-elle à Ethan d'une voix douce. Elle leva une main vers eux et la Gryffondor s'approcha suffisamment pour que Narcissa puisse caresser la joue potelée d'Ethan du bout des doigts. Comme si elle en sentait le besoin émaner de l'autre femme, Hermione prit sur elle et lui offrit de prendre le bébé. Narcissa accepta aussitôt, plaça délicatement Ethan sur ses cuisses et l'étreignit, posant un tendre baiser sur son front.
D'un seul regard, elle remercia Hermione silencieusement. La jeune femme hocha la tête et prit place sur le tabouret à ses côtés.
« Tu as tout entendu, » affirma Mrs. Malefoy. Comme ce n'était pas une question, Hermione ne dit rien. « Je suis désolée. Certaines choses avaient besoin d'être dites... d'autres, non. »
Elle se tut et les deux femmes regardèrent Drago entrer dans la cuisine et prendre place au comptoir de l'autre côté de sa mère, ignorant. Il se pencha et embrassa la joue de Narcissa, tout en ébouriffant les cheveux sombres d'Ethan.
« Où est Severus? » Demanda-t-il. Personne ne lui répondit.
Hermione se racla la gorge afin d'attirer l'attention sur elle. « Mrs. Malefoy? »
Les yeux gris de Narcissa se posèrent sur elle et Drago la dévisagea, mais Hermione ne se laissa pas déstabiliser. Elle poussa hors d'atteinte une fourchette qu'Ethan tentait d'attraper et se lança :
« Je sais que ce n'est pas à moi de vous dire cela, mais si vous continuez ainsi, vous risquez de le contrarier et… de le perdre. Severus vous apprécie, et il vous fait confiance. Plus encore; il vous respecte. Il a dépensé beaucoup d'énergie pour me convaincre de venir ici, vous savez? S'il vous plaît, ne le lui faites pas regretter. »
oOo
Hermione ignorait si Severus et Mrs. Malefoy avaient réglé leur différend ou pas. Si oui, alors ils l'avaient fait pendant qu'elle n'était pas aux alentours. Ou peut-être que pour eux, le simple fait de ne pas en reparler signifiait que le dossier était clos. Quoi qu'il en soit, depuis ce moment-là, Severus et Hermione ne se cachèrent plus pour partager la même chambre. Bien que leur relation fût considérée comme étant confirmée pour les Malefoy, en dehors de leur chambre à coucher, ils restèrent cordiaux et distants, car bien loin d'être honteux de leur relation, ils étaient tous deux des personnes privées qui chérissaient leur intimité. Aussi, pensa Hermione, c'était une bonne pratique pour leur imminent retour à Poudlard.
Une nuit, alors qu'ils partageaient le lit double d'Hermione, Severus fit un rêve des plus troublants : Harry Potter lui parlait! Or, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il réalisa que ce n'était pas qu'un rêve…
« Hermione. Hermione! Tu m'entends? »
Confus, Severus s'assit dans le lit, près de son amante, et passa une main sur son visage afin de chasser le sommeil. « Potter? »
La voix cessa d'appeler le prénom de la Gryffondor un instant, avant de reprendre, un soupçon de surprise dans son intonation. « Pr- professeur Rogue? »
« Qu'est-ce que— » maugréa Severus, soulevant les couvertures de sur ses jambes, posant les pieds au sol, et se penchant pour atteindre la valise d'Hermione sous le matelas. « Où êtes-vous, Potter? »
« Le miroir magique, » répondit la voix.
Jurant de nouveau, Severus parvint à mettre la main sur la malle de la Gryffondor et la tira jusqu'à lui. Il l'ouvrit et repéra aussitôt le petit miroir rond tout au fond. Deux yeux, d'un vert émeraude, le regardèrent avec un mélange de soulagement et d'alarme.
« Potter, » offrit Rogue en guise de salut.
« Professeur! Est-ce qu'Hermione va bien? » Demanda aussitôt le jeune homme.
Severus fronça les sourcils et se retourna vers la forme endormie à ses cotes. De ce fait, Harry aperçut au travers le miroir les épaules dénudées de la jeune femme, ses cheveux emmêlés ainsi que son visage portant une expression de repos et de bien-être.
« Oh, tant mieux, » souffla l'adolescent avec soulagement.
Severus vit une main passer dans les cheveux en sueur de Potter et une voix féminine dit, hors cadre : « Demande-lui, pour Ethan. »
« Ethan va bien? » Demanda aussitôt Harry.
Severus jeta un coup d'œil à son fils qui dormait paisiblement dans sa couchette. Sachant qu'un simple 'oui' ne soulagerait pas les deux jeunes gens de l'autre côté du miroir, Severus se leva et s'avança vers son enfant, son pantalon de pyjama bas sur les hanches. Ethan était couché sur le dos, de travers sur le matelas, le visage dans les barreaux. Dû à la chaleur et à l'humidité de la Côte d'Azur, il était vêtu d'un simple cache-couche bleu portant, en blanc, les mots 'petit-homme à maman'. Severus pointa le miroir vers l'enfant et caressa les boucles noires du petit en chuchotant, « Il va bien. Ils dorment tous les deux à poings fermés. »
Il y eut un silence et Severus ramena le miroir vers lui. Bien conscient qu'il avait révélé à ses deux élèves qu'il partageait le lit de leur consœur, Severus décida de ne pas le mentionner. D'ailleurs, ni Potter ni Miss Weasley ne semblèrent particulièrement surpris. Il se demanda un instant ce qu'Hermione leur avait confié sur leur relation, mais le moment présent ne se prêtait pas à ce genre de question.
« De quoi s'agit-il, exactement, Potter? » Demanda-t-il plutôt.
Le jeune homme sembla hésiter un moment avant que Miss Weasley ne l'encourage à tout révéler. « J'ai fait un rêve, » dit-il, penaud.
Une fois de plus, Severus passa une main sur son visage, son pouce et son index frottant ses yeux endormis avant de descendre sa paume et de frotter la repousse de barbe présente sur son menton. Il recula jusqu'au fauteuil berçant et s'y assit.
« Une vision, vous voulez dire? »
Harry hocha négativement la tête. « Un simple cauchemar, » insista-t-il. « Visiblement, Hermione et Ethan vont bien. »
Severus lança un regard vers la femme endormie dans le lit. Lorsqu'il était question de sa sécurité, Severus n'était prêt à aucun compromis.
« Avez-vous occludé votre esprit comme je vous l'ai montré? » Demanda le professeur.
Harry eut une grimace. « Comme vous m'avez ordonné de faire, vous voulez dire, professeur. Je ne crois pas que vous ne m'ayez jamais montré quoi que ce soit. »
Severus grinça des dents afin de retenir une remarque cinglante. Cela ne les mènerait à rien.
« Harry… » Entendit-il la jeune Weasley réprimander Potter gentiment.
« Où êtes-vous, en ce moment? » Demanda plutôt Severus.
« Square Grimmaurd, » répondit Harry.
Severus hocha de la tête. « Très bien. Descendez à la cuisine. Sur la plus haute tablette de l'armoire à gauche du fourneau, j'y ai laissé de l'écorce elfique. Prenez-en un minime morceau et mâchez-le quelques minutes. Cela devrait vous empêcher d'avoir d'autre rêve de ce genre. » Harry acquiesça pendant que Severus regardait l'heure qu'affichait le cadran d'Hermione.
3h21.
« Je vais tenter d'être là vers midi, » dit-il à son jeune élève. « Nous reverrons ensemble la base de l'Occlumencie. »
Harry cligna des yeux, surpris par ce qu'il venait d'entendre. « Vraiment? »
Severus acquiesça. « Comprenez-moi bien, Potter. Cette fois, je n'accepterai ni votre attitude désagréable ni aucune impertinence de votre part. Je m'attends à du respect et que vous faisiez preuve d'une certaine volonté d'apprendre. »
Harry acquiesça avec énergie. « Oui, d'accord. Professeur, » ajouta-t-il après considération. Il reposa ensuite son miroir à plat sur son lit et la communication magique cessa.
Severus souffla, s'affalant dans le fauteuil. « Pourquoi moi? » Se plaignit-il un moment à personne en particulier.
« Parce que tu es un homme bien, » lui répondit une voix sur sa gauche.
Severus se redressa et regarda Hermione, étonné.
« Je t'ai réveillé. » Ce n'était pas une question.
Hermione haussa les épaules pour lui montrer que cela lui était égal. Elle se leva du lit, enroula sa robe de chambre autour de son corps à demi dénudé et s'avança vers l'homme. Il ouvrit les bras et elle vint s'y blottir, de biais sur ses cuisses.
« Tu pars pour combien de temps ? » Demanda la jeune Gryffondor.
« Seulement quelques jours. Le temps d'enseigner à Potter la base de l'Occlumencie. »
Hermione acquiesça.
« Tu seras en sécurité, ici, » la rassura-t-il.
« Je sais, » dit Hermione. Jamais elle n'aurait cru faire autant confiance aux Malefoy, mais cela était bel et bien arrivé. « Je ne suis pas inquiète. »
Severus sourit et vint capturer ses lèvres dans un tendre baiser. C'était leur au revoir. Ni l'un ni l'autre ne dit quoi que ce soit d'autre alors que Severus se levait pour aller dans sa propre chambre afin de prendre une douche et faire ses bagages. Hermione se recoucha et lorsqu'Ethan se réveilla vers les 7h moins quart, Severus était déjà parti.
oOo
Une semaine plus tard…
Drago Malefoy déposa son exemplaire de la Gazette du Sorcier, les sourcils froncés. La guerre battait son plein en Grande-Bretagne, et encore une fois, le jeune Serpentard recevait les nouvelles à délai, grâce à un vulgaire journal. Sa mère déposa sa tasse de thé et eut un sourire indulgent envers son fils.
« Les nouvelles sont bonnes? »
Drago haussa les épaules. « Ça dépend pour qui. » Il se leva de table et sortit de la salle à manger, son assiette de croissant français et de fruits frais encore intacte. Du coin de l'oeil, il vit sa mère s'emparer du journal, soucieuse.
Plusieurs familles de sang-pur étaient dorénavant la cible du Ministère, qu'elles soient liées au Seigneur des Ténèbres ou pas. Les investigations des familles de sorciers les plus anciennes et les plus vénérées retournaient toute la communauté magique. C'était, selon Drago, un renversement de situation qui restait du pareil au même. Cela semait la peur, qui menait à la colère et aboutissait à la haine.
« Ridicule, » marmonna Drago. Cette guerre n'aurait-elle donc jamais de fin? Il fallait qu'il parle à Severus qui venait tout juste de revenir de Londres au cours de la nuit dernière.
L'homme en question, ainsi que Granger et le petit Ethan, brillait par leur absence en cette matinée plutôt pluvieuse sur la Côte d'Azur. Lorsque Drago arriva au second étage, il remarqua d'abord la porte de chambre grande ouverte de Granger. Passant devant, il nota que la Gryffondor y était absente, mais que le petit Ethan y dormait encore paisiblement, l'absence de soleil plongeant la pièce dans une semi-obscurité et prolongeant ainsi le sommeil de l'enfant.
Ayant peu de patience et d'intérêt pour la jeune femme, Drago continua son chemin sans même se demander ce que son absence aux côtés de son fils signifiait. Ce n'est que lorsqu'il pénétra dans la chambre de son parrain sans même s'annoncer qu'il réalisa qu'il aurait sans aucun doute été plus sage de s'interroger davantage.
Granger y était. En califourchon sur le Maître des potions.
Nue et dos à la porte, elle ne vit ni n'entendit le jeune Serpentard. Il en était de même pour l'homme aux sombres cheveux d'ébène, trop occupé à embrasser sa partenaire.
Drago connaissait cette position : le couple, visiblement joint, était au centre du matelas, leurs couvertures entassées au pied du lit. Ses longs cheveux cascadant dans son dos, Granger ondulait des hanches sensuellement, au rythme de ses gémissements.
Ce fut, ce qui en premier lieu, attira l'attention de Drago. C'était un mouvement doux, subtil, quasi inexistant, mais qui semblait beaucoup plus mature, beaucoup plus femme et érotique que les bonds désespérés de haut en bas qu'il eût déjà expérimentés avec Pansy…
Puis il y avait Severus, son parrain, qui au lieu de se contenter de subir l'assaut, cette position particulièrement reconnue pour donner le contrôle à la femme, participait également à l'échange intime. D'une main, il agrippait la nuque de son amante, ses longs doigts enfouis dans les cheveux bouclés, et capturait ses lèvres avec avidité. Son autre bras était enroulé autour du dos de la jeune femme, la serrant le plus possible contre son torse, sa main et ses doigts s'enfonçant non pas avec violence, mais avec fermeté dans la peau tendre de ses fesses, guidant ses mouvements de bassin.
Drago resta abasourdi devant la maturité de l'acte. Il n'y avait aucune tentative de suçon, ou de pincement de mamelon, ou encore de roulement de clitoris désespéré à l'aide d'un pouce mal placé. C'était comme si leur seule proximité suffisait. Et lorsque le corps de Granger trembla soudain, sa tête roulant vers l'arrière pour laisser échapper un doux gémissement, l'authenticité de son orgasme secoua Drago plus profondément que n'importe quels cris et halètements démesurés que Pansy n'eut jamais laissé échapper. Et lorsque Severus enveloppa sa partenaire dans ses bras, la berçant tout au long de son extase avec douceur et respect, Drago comprit soudain ce que 'faire l'amour à une femme' signifiait réellement.
Et non pas qu'il s'en voulait face à son comportement envers Pansy – la jeune fille avait mérité le traitement qu'il lui avait infligé (du sexe sans promesse ni lendemain), ne serait-ce que par son insistance et ses prétentions – mais Drago réalisa, l'esprit clair, que c'était là le genre de relation qu'il aspirait avoir un jour avec une femme.
Une en particulier.
Une Serpentard de deux ans sa cadette.
Une dénommée Astoria Greengrass.
Pas plus de trente secondes s'étaient écoulées depuis que Drago avait ouvert la porte de la chambre de son professeur, épiant Granger atteindre le septième ciel bien malgré lui. Réalisant son offense, Drago dévia enfin le regard et décida de laisser au couple leur intimité. Alors qu'il refermait la porte, les cheveux sur sa nuque se dressèrent, un pressentiment l'alertant. Confondu, Drago releva le regard sur le couple… et déglutit.
Par-delà l'épaule pâle et dénudée de la jeune femme, son parrain le fixait.
Drago s'était toujours amusé à regarder les autres élèves des autres maisons développer une peur irrationnelle pour le sombre professeur de potions, mais il n'avait jamais saisi l'ampleur de la menace. Jusqu'à aujourd'hui, du moins. Maintenant, Drago savait ce que c'était que d'avoir ce regard sombre et dangereux braqué sur soi, empli de dégoût, de fureur et de haine.
À suivre...
