Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.
Un gros MERCI à Lune d'argent (ma Beta) et Miss Wendy Malfoy (ma pré-reader) qui m'ont suivi dans cette aventure de reprise d'écriture.
L'ange qui naîtra de nous deux
{La suite}
Chapitre 15- Réponses & requêtes
Severus retrouva Drago en fin de journée seulement. Le Serpentard était accoudé à la rambarde du balcon du troisième étage, celui qui connectait sa chambre à coucher à celle de sa mère. Lorsqu'il entendit des pas derrière lui, Drago se raidit, mais ne changea pas de position. S'il avait passé la journée entière à tenter d'éviter son parrain, il avait certes trop d'orgueil pour se sauver en courant maintenant que Severus l'avait retrouvé.
À sa grande surprise, le Maître des potions ne lui hurla pas dessus dès qu'il le repéra, même si Drago ne doutât pas qu'il l'eut mérité. Après tout, il avait épié l'un des moments les plus intimes entre son professeur et Granger. Il savait que c'était mal, et tordu, mais sur le moment, Drago avait été trop étonné pour faire quoi que ce soit d'autre. C'est comme si son cerveau n'arrivait pas à assimiler les informations qu'on lui envoyait.
D'ailleurs, pourquoi est-ce que son professeur n'était-il pas en ce moment même en train de l'assassiner d'insultes et de sorts était une question à laquelle l'intellect de Drago ne réussissait pas à répondre.
À la place, Severus s'avança et prit place aux côtés de l'adolescent, plaçant également ses avant-bras sur la rambarde, les yeux fixés sur la Méditerranée.
Aucun des deux hommes ne dit mot et Drago se demanda un instant si Severus prenait un plaisir sadique à le voir si mal à l'aise et repentant. Au bout d'un moment, Drago osa un regard en biais vers son parrain. Il ne paraissait plus en colère, mais plutôt pensif, réalisa le blond. Doucement, il se redressa, plaçant ses mains sur la rambarde plutôt que ses avant-bras, alerte.
« Parrain? » Osa-t-il, sa question sous-entendue dans le ton crispé qu'il avait utilisé.
Pour unique réponse, Severus entrelaça ses doigts, ses mains pendant dans le vide. Il tourna lentement le visage vers le jeune homme à ses côtés.
« Tu voulais me voir, Drago? Ta mère m'a laissé comprendre que tu avais une question pour moi. Concernant la guerre. » Dit Severus d'un ton calme, posé. Rien ne laisse transmettre son état d'âme actuel.
Drago rougit malgré lui. S'il avait voulu voir son parrain, il n'avait certes pas voulu le voir spécifiquement dans une telle situation.
« Je suis désolé, » répondit-il aussitôt. « Ça aurait pu attendre. Vraiment, je n'avais aucune raison de m'inviter dans votre espace personnel. »
Le deuxième étage de la villa était réservé au professeur de potions et à sa famille, lui avait rappelé sa mère à plus d'une reprise. « N'y va pas, ne les importune pas, » lui répétait-elle. Si c'était par respect pour leur intimité, ou plutôt parce qu'elle espérait en connaître le moins possible sur la relation entre son ami et l'adolescente, Drago n'aurait su le dire.
Les yeux sombres du professeur semblèrent évaluer son filleul un court moment, ce qui parut une éternité au jeune Malefoy. Au final, Severus lui dit : « Tu es pardonné. »
« Vraiment?! » Sursauta Drago. S'il avait surpris ses parents dans une telle situation et que son père l'avait repéré, Drago serait sans aucun doute passé sous la canne de son paternel! Mais Severus Rogue se contenta de reporter son regard vers la mer devant eux et hocha la tête nonchalamment.
« J'aurais préféré, évidemment, que tu ne t'attardes pas, mais ce qui est fait est fait, » lui dit l'homme. « Rien ne sert d'en rajouter. »
Les joues de Drago devinrent rouge vif, ainsi que son cou et ses oreilles. Son parrain méprenait complètement ses intentions! Il ne s'était pas attardé volontairement.
« Je n'ai pas... Ce n'était pas voulu! Et je n'ai pas tout vu, je jure— »
« Je sais, Drago. Relaxe, » le coupa Severus en ricanant.
Les deux hommes restèrent un moment sans parler, tous deux perdus dans leurs pensées. Après quelques minutes, Severus dit : « Je suppose que tu as des questions. »
Le blond secoua aussitôt la tête. « Ça ne me regarde pas! »
« Non, en effet, » acquiesça le Maître des potions. « Je suppose que tu as quand même des questions. »
Le Serpentard mordilla ses lèvres, réellement nerveux pour la toute première fois depuis bien longtemps. Il ignorait jusqu'où il pouvait se permettre de poser ses questions. Quels sujets, selon Severus Rogue, seraient considérés hors limites.
Prenant le temps de bien réfléchir à ce qu'il voulait savoir, il demanda : « Alors c'est bien vrai? Tous les deux, vous êtes un… Je veux dire, vous êtes... ensemble? » Il grimaça aussitôt de son choix de mot, bien conscient que son parrain réaliserait qu'il avait tenté d'éviter le mot 'couple'.
Severus regarda son protégé avec amusement. Sa question, bien évidemment, cherchait à savoir si Hermione et lui étaient seulement amants, ou amoureux, mais la formule était plutôt maladroite. Severus aurait pu choisir bien des réponses, mais au final, il opta pour la vérité.
« Je ne sais pas trop ce que nous sommes, » avoua-t-il enfin, ses longs cheveux noirs volant sous l'effet de la brise.
Drago releva la tête et le fixa d'un air surpris. Jamais il n'avait vu son parrain paraître aussi vulnérable.
« Je serai pour elle ce qu'elle a besoin que je sois, » continua le sombre sorcier. « C'est à Hermione de décider. »
Drago cligna des yeux a quelques reprises, comme s'il essayait d'assimiler l'information. C'était là une révélation qui était plus qu'étonnante! Severus avait toujours été un homme indépendant et solitaire. Qu'il laisse une autre personne dicter sa vie était un acte de dévotion plutôt spectaculaire, pensa Drago. Surtout quand cette autre personne était une Gryffondor de son âge.
« Elle est beaucoup plus jeune, » dit Drago après quelques instants de réflexion. « Vous croyez vraiment que c'est une bonne idée de la laisser gérer votre vie… familiale? » Il avait voulu dire 'sentimentale', mais il s'était souvenu à qui il s'adressait juste en temps.
Severus lança un nouveau regard en biais au jeune Serpentard. « Elle a ton âge – un an, presque deux, de plus, » lui dit-il.
« Justement! » Contra Drago. C'était là tout le raisonnement de son argument.
Severus rigola et, se redressant, il se tourna vers son filleul. « Drago. Sais-tu ce que je vois quand je te regarde? »
Comme s'il saisissait ce dont Severus parlait, Drago redressa les épaules et leva le menton. Severus acquiesça d'un sourire en coin.
« Exactement; je vois un homme. Un jeune sorcier intelligent et talentueux, et dont je puis être fier. »
À ses yeux, le jeune Serpentard n'était plus le petit garçon qu'il avait été, celui à la recherche de l'affection et de l'approbation de son père. Il n'était plus, non plus, ce gamin hautain qui avait franchi les portes de Poudlard à 11 ans. Drago avait vieilli, changé, mûri, et ça, Severus le reconnaissait.
Il en faisait de même pour Hermione Granger. Et puis, le fait qu'elle ait porté son enfant devait inévitablement l'avoir fait se démarquer aux yeux de son parrain.
Draco acquiesça solennellement, démontrant à Severus qu'il comprenait son raisonnement et, plus important encore, qu'il le respectait. Ce qui ne s'avérait pas être le cas pour tout le monde dans la villa…
« Mère est au courant, » réalisa soudain l'adolescent, passant une main dans ses cheveux blonds, les renvoyant vers l'arrière. S'il avait été témoin de la relation qui existait entre Severus et Granger à plusieurs reprises, c'est sa mère qui avait saisi toute l'ampleur de la situation la première!
Il comprenait désormais d'où venait le sentiment de tension entre les deux adultes.
« Oui, » confirma Severus. « Ta mère n'approuve pas ma relation avec Hermione; pas plus que je n'approuvais celle qu'elle avait avec Lucius. Nos deux familles sont dysfonctionnelles dans leur genre. Nous 'acceptons' nos différences. »
Devant l'air ébahi du jeune homme, Severus lui serra l'épaule avec un rictus amusé, puis il se détourna et s'en alla.
Draco souffla son soulagement. Il avait été convaincu que Severus utiliserait sa baguette sur lui. Il avait semblé tellement furieux ce matin! Et à juste raison, pensa Drago sombrement.
« Oh, et Drago? »
Uh-oh! Severus s'était arrêté tout juste avant d'entrer dans la villa, mais il ne s'était pas retourné. Le bas de sa robe de sorcier noire battait au vent et il faisait tournoyer sa baguette d'un air menaçant entre ses longs doigts minces.
« Ou—oui? » Déglutit Drago.
« Fais-moi plaisir et essaie de t'entendre mieux avec Hermione, » lui demanda Severus sans réellement espérer quelconques changements dans l'attitude des deux rivaux. Drago acquiesça néanmoins, non pas que Severus le vît. « Et aussi… ne lui mentionne jamais ce que tu as vu ce matin. »
Si la première demande avait été une suggestion, la seconde était clairement un ordre.
Un ordre inutile, songea Draco. Il ne ressentait nullement l'envie de mourir prochainement!
oOo
Fin août
Hermione regarda son fils avec émerveillement. En deux mois, elle n'arrivait pas à réaliser à quel point son petit bébé avait changé. La différence entre le bambin de 4 mois, en juin dernier, et celui de 6 mois était énorme! Désormais, Ethan s'asseyait par lui-même, tentait de ramper dans toutes les directions de la maison dès qu'on le mettait au sol, et mangeait du solide – des céréales et des fruits en purée. Ces deux derniers aspects demandaient beaucoup plus d'organisation et de logistique que ce qu'Ethan avait requis ces quelques derniers mois, et Hermione redoutait leur retour à Poudlard. En même temps, elle était impatiente de revoir ses amis et de leur montrer à quel point Ethan avait bien grandi.
Hermione sourit, amusée, regardant Narcissa profiter de ses dernières journées en compagnie du fils de son meilleur ami, bien occupée à lui mimer un 'hippogriffe en vol' de sa cuillère rempli de céréales de riz. Ethan rigolait, une fossette dans la joue, héritage de sa maman, ses yeux sombres brillants de malice. Dès que la purée toucha les lèvres du petit garçon, il émit un son ravi de « mmhmhmmhmm, » tout en mastiquant maladroitement de ses gencives et de sa langue.
Narcissa et Drago rigolèrent.
Face à elle, Hermione nota le sourire de Severus, qu'il cacha derrière sa tasse de thé alors qu'il prenait une gorgée, conservant ainsi un certain air d'indifférence. La ressemblance avec 'le Professeur Rogue, Maître des potions à Poudlard', fut immédiate dans l'esprit d'Hermione, et elle s'ennuyait déjà de 'Severus, le père de famille'. Cet été lui avait donné un aperçu de ce que leur vie pourrait devenir s'ils s'en donnaient la chance, et Hermione ne pouvait s'empêcher de se questionner à savoir si c'était quelque chose que Severus désirait également…
'Au moins, il retourne à son poste', pensa positivement la jeune femme, qui avait passé une partie de l'été à s'inquiéter des rumeurs divulguées quelques semaines plus tôt dans la Gazette du Sorcier.
Comme si ses pensées l'avaient fait apparaître, un énorme phoenix rouge entra par la fenêtre, qui avait été laissée ouverte pour laisser entrer la brise venant de la Méditerranée. Dans un cri mélodieux, il laissa tomber une lourde enveloppe avec le sceau de Poudlard devant l'assiette du professeur, puis alla se percher sur le dossier d'une chaise libre, laissant son regard affectueux balayer les occupants de la villa.
Ethan s'exclama, ses bras battants dans les airs. Drago laissa échapper un faible, mais distinctif « wow », alors que sa mère haussa les sourcils, impressionnée elle aussi. Pourquoi utiliser un simple hibou quand on peut avoir Fumseck à sa disposition?
Hermione échangea un regard inquiet avec le père de son enfant alors que l'homme reposait sa tasse sur la table et s'emparait de l'enveloppe devant lui. 'L'heure de vérité', pensa Hermione, le cœur au bord des lèvres. Devrait-elle passer la prochaine année seule à Poudlard avec Ethan, sans l'aide de Severus? Ou pire encore, garderait-il leur enfant avec lui? À la seule pensée d'être loin de son fils, le cœur de la jeune maman se brisait déjà en mille morceaux. Elle n'arrivait toujours pas à décider lequel de ces deux scénarios était le plus affreux.
Severus n'aida en rien son désarroi : il prit la missive, entreprit de l'ouvrir d'un geste las et désintéressé, et la lut en silence, prenant tout son temps. Personne ne disait rien. Les deux élèves et Mrs. Malefoy regardaient tous le Maître des potions, tentant de déchiffrer son expression.
« Alors? » Questionna Drago au bout d'un moment. Severus leva seulement la main pour décourager d'autre interruption et continua sa lecture. Hermione mordilla ses lèvres et lorsque Severus haussa imperceptiblement les sourcils, un air étonné sur les traits, Hermione n'y tint plus.
« Severus…? » Souffla-t-elle, impatiente.
L'homme leva les yeux vers elle et eut un sourire en coin. « Il semblerait que Dumbledore ait réquisitionné les services d'Horace Slughorn, » dit-il simplement.
Hermione fronça les sourcils, confuse. Parlait-il du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal? De l'avis d'Hermione, n'importe qui serait mieux que McNally.
« Qui? » Demanda Drago.
« Slughorn? » Intervint Narcissa. « N'était-il pas professeur alors que nous étions étudiants? » Severus acquiesça. « Petit, rondelet, il avait ses chouchous, » se remémora l'élégante sorcière. « N'empêche, il était un décent professeur de potions— Oh! »
Réalisant ce qu'elle venait de dire, ainsi que l'implication que cela avait sur le poste de Severus, Narcissa porta une main à ses lèvres, incertaine de la suite des évènements.
« Non! » S'exclama Hermione, sautant à la pire des conclusions.
« OUI! » s'écria Drago, ayant noté le sourire de Severus.
Hermione se tourna vers sa gauche et fusilla le Serpentard du regard. Celui-ci lui envoya un regard mi-amusé, mi-supérieur.
« Enfin, réfléchis, Granger! Si Severus avait été congédié, il nous l'aurait déjà dit! Non, si un nouveau professeur de potions s'installe à Poudlard, cela ne signifie qu'une seule chose : nous aurons enfin un professeur de Défense contre les Forces du Mal qui se qualifie pour le job! »
Hermione fixa Severus de ses yeux marron, comprenant mieux que Drago les implications derrière cette offre. Severus convoitait ce poste depuis des années, et Dumbledore avait ses raisons pour le lui refuser. La malédiction entourant le poste de Défense contre les Forces du Mal était bien plus qu'une simple rumeur. C'était un fait vérifiable.
« Mais alors, ce sera ta dernière année à Poudlard, » dit-elle, un soupçon de tristesse dans sa voix. Elle n'arrivait pas à croire que, après autant d'années au service de Dumbledore en tant que membre de l'Ordre, mais aussi en tant que professeur, le vieux sorcier puisse se débarrasser aussi aisément de lui.
Et pourtant, le sourire que lui rendit Severus n'était ni triste ni blessé, mais plutôt optimiste et un peu incertain. « Oui. Tout comme toi, » dit-il simplement.
L'air manqua à Hermione alors qu'elle assimilait son raisonnement. D'abord confuse, ses yeux s'agrandirent et sa mâchoire tomba lorsqu'elle comprit ou Severus voulait en venir. « Quoi? » Couina-t-elle, n'osant y croire.
Pourtant, Severus acquiesça avec un sourire indulgent. « Je n'ai aucune raison de rester à Poudlard si Ethan et toi n'y êtes plus, » avoua-t-il.
Il y eut un temps d'arrêt de deux-trois secondes, puis…
D'un simple coup de baguette, causant un fracas infernal, Hermione poussa sur la gauche tout ce qui se trouvait au centre de la table; les assiettes de pâtisseries françaises, les fruits frais, la carafe de jus de citrouille et les tasses de thé.
D'un même mouvement surpris, ses trois compagnons de table reculèrent devant le désordre et fixèrent leurs yeux ronds sur Hermione alors qu'elle entreprenait de grimper sur la table, se déplaçant à quatre pattes vers l'homme devant elle. Elle se retourna et descendit de l'autre côté du meuble, directement sur les cuisses du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, en califourchon. Avant même que celui-ci ne puisse placer un seul mot, elle attrapa son visage surpris entre ses paumes et l'embrassa à pleine bouche, sous les regards éberlués des Malefoy.
Severus, étonné plus que de raison, finit par réagir et enroula un bras autour de la taille de la jeune femme; son autre main se perdit dans ses longues boucles emmêlées. Il lui rendit son baiser, souriant dans l'échange. Lorsqu'Hermione suça sa lèvre inférieure entre les siennes, Severus glissa doucement sa langue dans sa bouche, caressant sensuellement celle d'Hermione.
La jeune femme gémit, se collant davantage au torse de l'homme.
« Severus! Miss Granger, » interpella Narcissa, qui, malgré le fait qu'elle était au courant de leur relation, n'avait jamais été témoin d'un tel étalage de sentiments.
La voix de la sorcière fit reculer Hermione, mais elle ne quitta ni les bras ni les yeux de son amant. « Tu ferais ça pour nous? » Demanda-t-elle d'un doux murmure, ses doigts jouant avec les cheveux de Severus.
La paume de Severus caressa la joue et la mâchoire de la jeune sorcière, ses propres doigts se courbant sur sa nuque délicate. Il confirma d'un simple acquiescement de la tête et fut récompensé par le plus beau des sourires. Les yeux brillants de larmes de joie, Hermione rigola dans un souffle, et Severus vint l'embrasser de nouveau, avec moins d'ardeur, mais beaucoup de tendresse.
De nouveau, Mrs. Malefoy se racla la gorge, et les deux amants qui se donnaient en spectacle se séparèrent enfin. Mordillant sa lèvre inférieure, les joues rouges, Hermione abandonna l'étreinte de son professeur et prit place sur la chaise à ses côtés.
« Désolée, » marmonna-t-elle.
Severus haussa un sourcil vers Narcissa, comme pour la mettre au défi de passer quelconque commentaire. La sorcière blonde préféra se taire, se retournant vers l'enfant à ses côtés. Severus entreprit de récupérer sa tasse de thé alors qu'Hermione replaçait ses cheveux, un tantinet embarrassée.
Le regard de Drago alla de sa mère, qui affichait un air désapprobateur, les lèvres pincées, en passant par Granger, qui malgré sa gêne émanait de bonheur, les yeux brillants, jusqu'à son parrain, qui abordait une expression indéchiffrable, comme si tout ce qui venait de se passer dans les 3 dernières minutes n'avait jamais eu lieu.
Le Serpentard ricana, amusé par la situation, et étonnamment, lorsque Granger le regarda, ce ne fut pas pour le fusiller du regard; au contraire, elle lui offrit un petit sourire hésitant, complice.
« Il y a également une lettre pour toi, » dit Severus après un moment, tendant vers Hermione une deuxième enveloppe.
Perplexe, Hermione l'ouvrit et y découvrit un court mot de Dumbledore, ainsi que deux pages de l'habituel de papier à lettre de sa mère. Alors ça, c'était inattendu! Colère, tristesse et un soupçon d'espoir envahirent Hermione.
Chère Miss Granger,
À la demande de tes parents, je te transfère cette lettre.
A. Dumbledore
Alors qu'elle dépliait les feuilles de ses doigts tremblotants, l'odeur familière de sa maison d'enfance parvint aux narines d'Hermione et elle reconnut instantanément l'écriture stylisée de sa mère.
Ma chère Hermione,
J'espère que le directeur Dumbledore saura te faire parvenir cette lettre. Nous avons attendu une année entière avant de pouvoir mettre la main sur un de vos hiboux voyageurs sorciers, et je te remercie de ne pas avoir annulé ton abonnement à ton journal sorcier pour les vacances d'été.
Aussitôt que tu as quitté la maison, ton père et moi avons regretté nos paroles. Hermione, mon amour, nous sommes tellement désolés. Jamais ton père n'aurait dû dire ce qu'il t'a dit, mais il était sous le choc, et en colère, pas contre toi, mais contre la situation. J'ignore comment s'est passé la dernière année, et je m'en veux tellement de ne pas avoir été là pour toi. Je n'arrive toujours pas à croire que ma petite fille est désormais une maman. On ne connaît même pas le nom de notre petit-fils. Et surtout, tu nous manques.
Malgré que nous t'ayons attendue à l'arrivée du Poudlard Express, nous n'avons pas été étonnés par ton absence, mais j'avais espéré pouvoir enfin te revoir, te parler. Nous ne savions pas comment faire pour te contacter sans hibou dû à l'absence de correspondance de ta part. Ton père a tenté d'aller à la poste sorcière sur le Chemin de Traverse, mais l'aubergiste du Chaudron Baveur lui a refusé l'accès : apparemment, il faut être accompagné d'un ou d'une sorcière. Et puis enfin, au début de l'été, nous avons reçu l'édition de la Gazette du Sorcier, et ton père s'est rapidement emparé de l'oiseau. Vexé, celui-ci s'est échappé, mais ça n'a pas empêché ton père de réessayer le week-end suivant.
J'avais espéré avoir de tes nouvelles à Noël, ou lors de la naissance de ton enfant, mais je pense comprendre que tu es toujours en colère contre nous. C'est compréhensible et je ne t'en veux pas. Nous n'avons pas agi en parents aimants et je nous en veux tellement, Hermione, si tu savais. Si tu trouves dans ton cœur la volonté de nous écrire une petite lettre, ne serait-ce que pour nous rassurer sur ton état de santé et celui de notre petit-fils, je t'en serais infiniment reconnaissante. Si tu veux passer à la maison avant ton retour à Poudlard, ce serait encore mieux. D'ailleurs, nous avons ton cadeau de fête pour tes 17 ans, ainsi que ton cadeau de Noël et celui de naissance de ton bébé à la maison qui vous attendent.
Si ton professeur veut bien t'accompagner, nous aimerions beaucoup le rencontrer aussi. Si l'on en croit ton journal sorcier, il est le père de notre petit-fils, après tout. Nous avons lu l'article de la Gazette avec grand intérêt et ton père et moi, nous te devons des excuses. Nous t'aimons tellement, je t'en prie Hermione, donne-nous une seconde chance.
Ta maman et ton papa qui t'aiment fort,
Jane xx
Sous les yeux alarmés de Severus et des deux Malefoy, Hermione serra la lettre contre sa poitrine et fondit en sanglots.
À suivre…
