Disclaimer: Le monde d'Harry Potter, ses personnages et tout le reste appartient à JK Rowling.

Un gros MERCI à Lune d'argent (ma Beta) et Miss Wendy Malfoy (ma pré-reader) qui m'ont suivi dans cette aventure de reprise d'écriture.


L'ange qui naîtra de nous deux
{La suite}


Chapitre 17- La rentrée

Hermione était épuisée. Si elle était ravie de ses journées passées en compagnie d'Harry, Remus, Tonks et tous les Weasley, elle trouva particulièrement pénible l'orchestration de leur départ pour Poudlard. Ils n'étaient plus que quatre à fréquenter l'École de magie et de sorcellerie, mais le remue-ménage que leur départ avait engendré avait complètement vidé d'énergie la jeune sorcière qui, après avoir passé son été dans la calme demeure des Malefoy, avait dû se réacclimater au chaos qui sévissait au 12, Square Grimmaurd.

Maintenant qu'elle avait passé l'après-midi à bord du Poudlard Express, en compagnie de ses meilleurs amis, de ses compagnons de maison et de certains membres de l'AD, Hermione n'avait plus qu'une seule envie : retrouver les deux hommes de sa vie et le calme de son nouveau noyau familial.

Or, elle devait encore patienter que la cérémonie de répartition prenne place, ainsi que pendant le banquet.

Ethan et Severus n'étaient qu'à quelques mètres d'elle, à la table des professeurs, et Hermione les regarda avec envie. Elle soupira plus bruyamment qu'elle ne l'avait espéré, se méritant par le fait même le coude de Ron dans les côtes.

« Maman s'ennuie de son bébé ? » Demanda le rouquin, moqueur et compréhensif à la fois.

« Tu n'as même pas idée! » Lui sourit Hermione.

« Courage, Hermione. Il sera dans tes bras d'ici quelques heures seulement, » dit Ginny alors qu'à sa gauche, Parvati et Demelza, une Gryffondor de l'année de Ginny, commentaient sur le fait qu'Ethan avait bien grandi et qu'il ressemblait plus que jamais à Rogue. Hermione leur sourit, acceptant le commentaire comme un compliment, mais fut distraite par les portes de la Grande salle qui s'ouvrirent et laissèrent entrer une horde de premières années.

« Ils sont minuscules! » Commenta Seamus sur la gauche d'Hermione et plusieurs comparses de septième année approuvèrent. Ils applaudirent néanmoins avec entrain à chaque nouveau membre de la maison des Gryffondor.

Lorsque la répartition prit fin, le banquet commença et Hermione, à l'instar de ses amis, se délecta des mets succulents qui s'offraient à eux. Son regard allait souvent se perdre à la table des professeurs, où le professeur Chourave, encadrée par le professeur Flitwick, s'était engagée à nourrir le fils de leur collègue. Ce dernier était en conversation avec le nouveau professeur de Potions, mais là où le petit homme rondelet semblait excité et curieux, les traits du directeur de Serpentard semblaient plutôt las; un air ennuyé bien présent sur son visage.

« Neville! » S'exclama soudain Dean Thomas à ses côtés, et Hermione reporta son attention sur ses amis et co-Gryffondor. « Avec le nouveau professeur de Potions pour t'enseigner, peut-être arriveras-tu à avoir la note de passage pour entrer à l'université! »

Hermione regarda le jeune homme blond, surprise. Neville espérait-il, tout comme elle, entrer à la faculté de Magie et de sorcellerie supérieure de l'Université de Cambridge après Poudlard? Pourquoi donc n'était-elle pas au courant de cela? Les élèves désirant poursuivre leurs études supérieures étaient généralement si peu nombreux qu'il était facile d'en connaître les intéressés. Que Neville entretienne de tels projets aurait dû être facile à découvrir.

Hermione réalisa alors, avec un peu d'amertume, mais pas tant de remords, qu'elle avait consacré beaucoup de son temps à son fils et à Severus lors de la dernière année et qu'un fossé s'était créé entre elle et les autres Gryffondor de son année.

« Je l'espère bien, » souffla Neville Londubat, les joues un peu rouges, « mais Rogue ou pas, je vais avoir besoin de toute l'aide possible. » Hermione remarqua que son regard s'était, très peu subtilement, arrêté sur elle. « Selon le programme pour devenir Maître de botanique, il faudrait que je suive plusieurs cours de potions d'un niveau avancé, et pour avoir accès à ces cours, il me faudra une lettre de recommandation. »

Et bien que le professeur Slughorn ne fût pas l'infâme Severus Rogue, nul ne doutait que l'homme distribuât des lettres de recommandation à n'importe qui.

« Nous t'aiderons, bien sûr! » L'exclamation de Seamus fut aussitôt approuvée par plusieurs hochements de tête venant des autres garçons partageant le dortoir de Neville. Néanmoins, Hermione nota les regards d'Harry, Ron, Dean et Seamus se poser simultanément sur elle. Dans la maison des Gryffondor, Hermione était la référence lorsqu'il était question de potions. Elle avait, après tout, concocté avec succès la potion de Polynectar alors qu'elle n'avait que 13 ans!

Ce fut avec un sourire à la fois ravi, mais néanmoins quelque peu forcé qu'Hermione acquiesça.

« Tu n'as qu'à demander, tu le sais ça, Neville, n'est-ce pas?! »

Le sourire incertain du jeune sorcier s'élargit aussitôt et devint empli d'espoir renouvelé. « Merci, Hermione! »

La jeune fille lui sourit avant de reposer son regard sur son amant et leur fils. Celui-ci était rendu dans les bras de son père qui s'apprêtait à quitter la Grande salle, sans aucun doute afin d'aller coucher le petit garçon qui somnolait sur son épaule. Avant qu'il ne parte, Severus remit un rouleau de parchemin à Minerva, ce qui intrigua Hermione. Il chuchota quelques mots à l'oreille de sa collègue qui acquiesça, et Hermione jura sentir le regard du professeur McGonagall fixé sur elle.

Reportant son attention sur l'assiette devant elle, où une cuisse de poulet et une salade de gnocchi et asperge étaient pratiquement intouchées, Hermione soupira, songeuse.

Ses émotions étaient plus que partagées. D'un côté, elle était ravie que ses amis reconnaissent son intellect et lui demande son aide. D'un autre, elle se demandait où elle trouverait le temps de tout faire.

C'était l'année des A.S.P.I.C.s, où chaque note compterait pour monter son dossier d'entrée à l'université; elle suivait deux cours optionnels de plus que tous les autres élèves; était préfète de Gryffondor (le titre de préfète en chef avait été donné à Padma Patil chez les Serdaigle… non pas qu'Hermione aurait souhaité avoir cette tâche en surplus —essaya-t-elle de se convaincre—); et plus important que tout cela combiné, elle avait son petit Ethan.

Hermione était de retour à Poudlard depuis quelques heures seulement et déjà, elle avait l'impression de s'écrouler sous la pression. Elle devait se rappeler fréquemment qu'elle aimait l'école; qu'elle aimait apprendre. Elle se demanda un instant si elle pourrait demander un autre Retourneur-de-temps, mais chassa l'idée aussitôt. Après le fiasco de sa troisième année, Hermione redoutait de jouer avec le temps.

Non, cette solution n'en était définitivement pas une! Elle devrait donc se résoudre à faire quelques sacrifices.

oOo

« T'en es sûre? » Lui demanda Ron après qu'Hermione et lui aient aidé leurs confrères préfets de sixième et cinquième années à escorter tous les élèves de Gryffondor à leur tour dans l'aile Est du château.

Hermione, son badge de préfète en main, retournait encore et encore l'objet, admirant la lumière du foyer refléter dans le métal en or brillant. Elle soupira, nostalgique. Ce petit insigne —son rôle de préfète— avait jadis tant signifié pour elle qu'elle avait peur de regretter sa décision. Pourtant, elle y avait longuement réfléchi, et c'était là la seule solution qui s'offrait à elle.

Ravalant un sanglot, la jeune femme acquiesça néanmoins à la question de son ami.

« Ne m'attends pas, » lui dit-elle. Elle se dressa sur le bout de ses orteils et vint déposer un baiser sur la joue du rouquin; un remerciement silencieux pour son soutien et son intérêt. Ron lui rendit un faible sourire et regarda son amie quitter la Salle commune des Gryffondor.

Ayant revêtu, comme tous les autres élèves, son uniforme et sa robe de Poudlard, Hermione resserra le tissu noir autour de sa taille afin de combattre l'air frais du nord de l'Écosse. Elle arriva rapidement devant la porte menant au bureau de Minerva McGonagall et cogna.

« Miss Granger, » sourit la vieille sorcière en faisant entrer son élève favorite dans ses quartiers. « Quelque chose me disait que j'allais vous revoir, ce soir. » Elle invita Hermione à s'asseoir et aussitôt, deux tasses de thé fumant apparurent sur la table basse du salon devant leurs genoux.

« Merci, » murmura Hermione en prenant l'une des deux tasses et laissant la chaleur de celle-ci réchauffer ses mains froides. « Professeur, je... J'ai longuement réfléchi, et avec tout ce que j'envisage de faire cette année, mes cours de base, mes cours optionnels, mon application pour l'université... Ethan... »

Avant même qu'Hermione ne puisse poursuivre, McGonagall acquiesça. « C'est une décision très raisonnable, Miss Granger. Je dois dire, la plupart de mes collègues et moi-même avions été surpris l'année dernière lorsque vous avez refusé d'abandonner vos responsabilités de préfète malgré votre grossesse. »

Hermione eut un faible sourire. « J'avais cru pouvoir tout faire. Je suis plus rationnelle aujourd'hui. Je ne veux pas dépenser mon énergie à essayer de tout faire sans vraiment réussir à bien le faire. Je préfère me concentrer sur ce qui compte vraiment, et ça, ça place mon fils en priorité. »

McGonagall sourit et acquiesça. « Je comprends. J'approuve entièrement. »

Rassurée par les mots d'encouragement de son mentor, Hermione sourit, une boule d'émotion dans la gorge, et remit son insigne de préfète à la directrice des Gryffondor. Celle-ci regarda le petit objet pendant quelques secondes, un air pensif sur ses traits.

« Hum, alors, dites-moi, Miss Granger: Miss Patil ou Miss Brown? »

Hermione retint un gloussement. Doux Merlin, le choix n'était pas facile!

« Ah, par défaut, je dirais Parvati! » Concéda Hermione. « Avec de la chance, sa jumelle pourra l'influencer. » McGonagall ricana.

La vieille femme prit une gorgée de thé avant de reposer la tasse sur la soucoupe et de regarder son élève plus sérieusement.

« Miss Granger, je voulais vous parler de votre application à l'université. » Hermione hocha la tête, concernée, et McGonagall poursuivit. « Lorsque j'ai mentionné votre désir de continuer vos études universitaires, ce matin lors de la réunion du personnel enseignant, le professeur Rogue m'a semblé surpris par la nouvelle. N'était-il donc pas au courant? »

À ces mots, Hermione rougit. Ils n'avaient jamais, effectivement, discuté de leur avenir ensemble. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'il prévoyait quitter Poudlard à la fin de l'année scolaire, sans plus. Elle n'avait aucune idée de ses plans, ni lui des siens. Par Godric, ils avaient passé tout l'été ensemble, était-ce possible qu'ils eussent aussi peu communiqué? Severus et Ethan étaient désormais sa famille, tout comme elle était devenue celle de Severus. Mais si devenir les parents d'Ethan n'avait pas été planifié… continuer de l'élever ensemble, conjointement, était une décision délibérée dont ils n'avaient pas encore tout à fait discuté. Il y avait quelque chose d'étrangement 'officiel' à discuter de leurs plans d'avenir. C'était comme s'ils étaient… Comme s'ils étaient un 'couple'.

« Je... » Tenta de se justifier Hermione, mais McGonagall la coupa gentiment.

« La dernière fois que nous nous sommes parlé, vous envisagiez une majeure en Arithmancie et une mineure en Potions. Est-ce encore le cas? »

Hermione acquiesça de nouveau. Sa directrice de maison savait tout de ses plans. Son professeur d'Arithmancie aussi, car Hermione lui avait déjà demandé une lettre de recommandation pour son dossier d'admission. Elle avait néanmoins, à plus d'une reprise, reporté le moment d'en faire la demande à Severus, convaincue que leur… situation… les discréditerait.

Et elle avait vu juste, comme le lui confirma la professeure McGonagall.

« C'est une bonne chose que le professeur Slughorn enseigne les Potions cette année; il pourra vous faire une lettre de recommandation adéquate. Malheureusement, il n'a ni le titre de 'Maître de potions' ni l'éthique de travail rigoureuse de Severus, mais vous devrez vous en contenter, je le crains. L'alternative serait… mal vue. »

« Je comprends, » avoua Hermione, non moins déçue. Elle avait le rose aux joues et ses yeux étaient fixés sur ses mains.

McGonagall l'observa un moment, se demandant si elle devrait ajouter autre chose, mais décida de ne pas se mêler des affaires de la jeune fille et de son collègue de travail. À la place, elle tendit un petit rouleau de parchemin à Hermione, retenu fermé par un sceau en cire. Hermione releva la tête, surprise, et regarda sa directrice de maison.

« Le professeur Rogue... Je veux dire, Severus, » se reprit-elle, « m'a demandé de vous remettre ceci. » Cette requête avait en effet été faite par le sombre sorcier non pas en tant que professeur de Poudlard, mais bien en tant que le père de l'enfant de Miss Granger. Utiliser son prénom était donc de mise.

« Il m'a aussi mentionné de vous dire que ses quartiers étaient dorénavant dans l'aile Ouest, au troisième étage, tout près de la classe de Défense contre les forces du mal. La porte est dissimulée derrière le tableau d'une famille d'hippogriffes. »

Hermione retint un sourire. Jamais auparavant Severus Rogue n'aurait laissé un tableau d'une famille d'hippogriffes définir l'entrée de ses appartements. Elle se remémora le sombre tableau d'une forêt sauvage dans les donjons et savoura sa petite victoire sur l'homme qui autrefois était si austère.

« Merci, » dit Hermione en se levant, ne sachant pas discerner si le professeur McGonagall approuvait sa relation avec son collègue de travail ou non. Elle avait remis le message de Severus sans rien laisser paraître; ni encouragements ni désapprobation.

« Je devrais y aller... je veux dire... je... » Comment expliquer à la professeure McGonagall qu'elle avait attendu le moment de revoir Severus toute la journée et qu'elle ne pouvait plus patienter davantage.

Mais l'angoisse et la gêne d'Hermione se révélèrent ignorées par Minerva qui se contenta de sourire à son élève.

« Allez-y, Miss Granger. Je connais un petit garçon qui a bien hâte de revoir sa maman. »

Hermione mordilla ses lèvres, gardant pour elle le fait qu'Ethan était sans doute endormi à l'heure qu'il était et que c'était 'son papa' qu'elle était impatiente de voir.

« Merci. Et bonne soirée, Professeure! » S'exclama la Gryffondor. Elle quitta les appartements de la professeure de Métamorphose et s'engagea dans l'escalier mouvant pour redescendre vers le troisième étage et la classe de Défense contre les forces du mal.

Arrivée au portrait des hippogriffes, Hermione se rappela qu'elle n'avait pas le mot de passe de Severus, jusqu'à ce qu'elle se souvienne du rouleau de parchemin qu'elle avait glissé dans la poche de sa robe. Elle brisa le sceau et lut le mot de passe.

Pater incertus, mater semper certissima.

Hermione rigola, ravie. Quelle belle façon de lui dire qu'elle serait toujours la bienvenue dans ses quartiers, de jour comme de nuit. 'Le père est incertain, mais la mère est toujours assurée.' Il admettait ainsi avoir autant besoin d'elle que leur enfant. Lui qui avait horreur de révéler ses doutes et ses faiblesses, le voilà qu'il le faisait à travers un simple mot de passe. Un mot de passe, Hermione comprit, que jamais personne ne pourrait deviner.

Lorsque la jeune femme entra enfin dans les appartements du professeur de Défense, plongés dans la semi-obscurité, la première chose qu'elle remarqua fut la façon dont l'éclat de lune illuminait d'une lueur bleutée le salon tout entier. Cela lui remémora sa chambre dans la villa Malefoy et Hermione fut agréablement surprise de voir deux immenses fenêtres qui donnaient sur le parc de Poudlard. C'était un changement bienvenu par rapport à ses anciens quartiers dans les donjons. Le jour, la pièce allait sûrement être inondée de soleil!

« Severus? » Appela Hermione, hésitante à élever la voix. Toutes les portes étaient fermées et si Severus se trouvait très certainement derrière l'une d'entre elles, c'était aussi le cas pour leur petit garçon qu'Hermione ne voulait pas réveiller.

La jeune sorcière allait ouvrir la première porte sur sa droite, la main sur la poignée, lorsque la porte au fond du couloir s'ouvrit brusquement et que Severus en émergea, vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise de la même couleur, ses manches retournées sur ses avant-bras.

Il se passa quelques secondes pendant lesquelles ni l'un ni l'autre ne dit mot, se regardant avec appréhension, comme s'ils ne savaient plus comment agir.

Puis, réalisant comment tout cela était ridicule —c'était Severus, nom d'un balai! Son Severus! — Hermione lui envoya un énorme sourire, ravie. Le sourire en coin que lui renvoya l'homme se décrivit plutôt comme étant séduisant et prédateur.

Hermione retint son souffle lorsqu'il s'avança directement sur elle, plongea ses longs doigts dans ses cheveux bouclés, forçant sa tête vers l'arrière pour réclamer ses lèvres dans un baiser enflammé, dominateur.

Sous l'assaut, le dos d'Hermione entra en contact avec le mur derrière elle, mais la jeune sorcière ne se soucia guère de la rudesse dont faisait preuve Severus. Tout en répondant au baiser avec véhémence, Hermione passa ses bras autour du cou de son amant et l'étreignit afin que tout son corps soit en contact avec le sien.

Étant plus grand qu'elle, Severus dut se pencher et il en profita pour glisser un genou entre les cuisses d'Hermione, qui émit un grondement appréciatif. Il n'y avait rien de tendre dans leurs retrouvailles alors que les mains de Severus quittèrent la chevelure hirsute de la Gryffondor pour les descendre le long de son cou et vers ses côtes, tout en prenant une pause afin de malaxer sa lourde poitrine.

Hermione émit un son entre passion et douleur et Severus laissa ses mains continuer leur voyage vers la cage thoracique de la jeune femme, ses hanches, puis ses fesses. Il empoigna rudement l'arrière de ses cuisses et il la souleva dans ses bras.

« Oh! » Surprise, Hermione cessa d'embrasser le sombre sorcier et Severus en profita pour enfouir son visage dans le cou délicat de la jeune femme, là où son odeur naturelle de femme était le plus enivrante.

« Seigneur, » souffla Hermione, fiévreuse alors que son amant lui léchait la gorge. Elle enroula ses jambes autour des hanches de Severus, positionnant ainsi son érection directement à son entrejambe. De ses mains, elle joua avec ses longs cheveux lisses et noirs.

Sa tête était renvoyée vers l'arrière, soutenue par le mur du couloir, et la peau sensible de son cou était tout offerte aux baisers de son amant. D'une façon dont elle ignorait comment il s'y était pris pour y parvenir, les mains de Severus avaient glissé sous sa jupe, directement sur sa peau et ses longs doigts se faufilaient, lentement mais sûrement, dans sa petite culotte.

"Sev!" Gémit Hermione en ondulant des hanches.

Severus ricana de plaisir lorsqu'il réalisa à quel point son amante était réceptive à ses caresses. Il suça sensuellement la clavicule d'Hermione avant que sa bouche et ses lèvres n'aillent explorer plus au sud. Avec ses dents, il poussa hors de son chemin le col de chemise et déposa des baisers mouillés sur le haut de la poitrine d'Hermione, la partie accessible. Entre les jambes de la jeune femme, un doigt aventureux entreprit de la caresser.

Hermione n'était plus qu'à quelques secondes d'un orgasme aussi puissant qu'imprévu —elle ne s'était pas attendue à se faire 'attaquer' de la sorte, pas qu'elle allait s'en plaindre— lorsque Severus s'arrêta brusquement.

« Mais qu'est-ce qu— »

Il releva la tête du buste d'Hermione avec une expression confuse et arrêta ses va-et-vient exquis entre ses jambes. Hermione grogna de frustration, mais Severus l'ignora.

« Est-ce que c'est de la laitue? » Demanda Severus à la grande incompréhension de la Gryffondor.

« Qu-quoi? » Elle cligna des yeux et regarda son amant, confuse.

« Il y a de la laitue, là. Dans ton soutif, » clarifia Severus, et Hermione suivit son regard et vit, par-delà le tissu de sa brassière, la feuille de chou que Mrs. Weasley lui avait conseillé de mettre sur ses seins afin de prévenir les douleurs reliées à une montée de lait inutile.

« Ah! » Souffla Hermione, complètement gênée. Puis, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle éclata de rire. « Oh, Severus, » dit-elle en reposant ses jambes au sol.

Trop choqué pour faire quoi que ce soit d'autre, Severus retira ses doigts de son sous-vêtement et redéposa son amante.

« Je suis désolée, » lui dit Hermione entre deux éclats de rire.

L'hilarité de la jeune femme, sa propre incompréhension et, il fallait l'avouer, la situation au grand complet étaient trop absurdes pour que Severus ne partage pas un sourire avec la mère de son fils. Comme elle était belle, là, comme ça, rouge du plaisir charnel qu'il lui avait procuré et cette touche d'humour et de gêne dans ses magnifiques yeux marron.

« Que fais-tu avec de la laitue dans tes sous-vêtements? » Redemanda-t-il, toujours confus.

« Ce n'est pas de la laitue, c'est du chou. » Désormais rouge comme une tomate, Hermione se dit qu'elle ferait sans doute une belle salade!

« Voilà qui explique tout, » maugréa l'homme en roulant les yeux, un rictus sarcastique sur les traits de son visage.

Hermione rigola de plus belle. « Ça aide avec les montées de lait, » expliqua-t-elle en s'esclaffant doucement. « C'est un truc de grand-mère, mais ça fonctionne. »

« Je vois. »

Devant l'air hébété du sinistre Maître des potions, qui clairement venait d'être interrompu d'une façon des plus absurdes alors qu'il vivait un élan de passion plutôt foudroyant, Hermione ne put s'empêcher éclater de rire à nouveau, son fou-rire d'avant n'ayant jamais réellement disparu.

« Hermione, » l'avertit Severus, mais la moue de contrariété sur son visage ne fit que redoubler l'hilarité de la jeune femme. « Okay, okay » soupira-t-il, un sourire au coin des lèvres, concédant le fait que la situation était plutôt rigolote.

Au bout d'un moment, un deuxième cri se mélangea aux éclats de rire d'Hermione. La chambre la plus près d'eux était en effet celle d'Ethan et seul le son de ses pleurs réussit à calmer la maman.

« Oh, non. Cette fois, c'est réellement foutu pour ce soir, » bouda Hermione avec humour, réalisant que leur moment d'intimité était bel et bien terminé. Pour unique réponse, Severus lui sourit. Voir l'amusement de la jeune femme et entendre son rire si contagieux étaient presque tout autant satisfaisant pour lui qu'une relation sexuelle complète. Presque.

Néanmoins, le père de famille guida Hermione dans la chambre de leur fils, décoré de bleu et d'étoiles argentés. Ethan, vêtu d'une grenouillère bleu poudre et jaune avec un imprimé de hiboux, cessa de pleurer aussitôt qu'il aperçut sa mère et Hermione le prit contre son cœur et parsema son cuir chevelu de doux baisers. Ethan enfonça son petit visage mouillé dans le cou de sa mère et somnola, contenté.

Silencieusement, calmement, Severus fit visiter les appartements à sa compagne. Ceux-ci étaient passablement similaires aux quartiers qu'il avait jadis occupés dans les donjons, à l'exception des nombreuses fenêtres et d'un laboratoire de potion complet qui avait été spécialement aménagé pour Severus. Le choix lui avait été donné, à savoir s'il préférerait rester dans les cachots, là où son laboratoire et ses Serpentard demeuraient, mais pour Ethan, et pour Hermione, Severus avait décidé de déménager au troisième étage du château. Hermione ne manqua pas de le remercier: une main sur sa joue rêche et des lèvres tendres sur les siennes.

Ils finirent leur tournée dans la chambre du professeur, allongés sur l'énorme lit à baldaquin, le petit corps d'Ethan endormi entre leurs torses. Hermione lui raconta son séjour chez les Weasley, ainsi que sa décision d'arrêter d'allaiter et d'être préfète de Gryffondor. Severus se contenta d'acquiescer à ses choix et de son côté, lui raconta son retour à Poudlard, l'extase exagérée de ses collègues à la vue de leur petit garçon grandissant, ce à quoi Hermione rigola. Lui qui était si souvent exaspéré par la démonstration de sentiments en public, voilà qu'il en était devenu le centre.

Bien que la conversation coulât bien entre eux deux, ni l'un ni l'autre ne parla des cours à venir, de quelconque application pour l'université, de lettre de recommandation ou de n'importe quels autres plans pour le futur…

Ce qu'Hermione regretta dès le lendemain matin...

oOo

Le professeur Severus Rogue regarda les élèves de sa classe avec dégoût. Tous aussi prévisibles les uns que les autres!

Plusieurs élèves n'avaient pas encore remarqué son arrivée dans la salle, trop occupés à se regarder entre eux et à se questionner. En effet, pour une toute première fois en sept ans, la classe du professeur Rogue ne regroupait pas seulement les Gryffondor et les Serpentard, mais tous les élèves de septième année, Serdaigle et Poufsouffle inclus. Ce changement, bien entendu, avait été effectué dans l'optique de pouvoir donner aux élèves de Poudlard davantage de cours de Défense contre les forces du mal afin de rattraper le retard qui s'était créé ces dernières années.

« J'ai certaines choses à vous dire qui exigent une pleine et entière attention, » claqua soudain la voix du professeur Rogue, faisant sursauter plus d'un élève.

« Bon sang! » S'exclama Ron aux côtés d'Hermione. La jeune femme, qui avait aussitôt remarqué la présence de l'homme dans la pièce, cacha un sourire en coin sous sa main devant l'air décontenancé de son ami. « Pourquoi fait-il toujours ça? » Ronchonna le roux en prenant place aux côtés d'Hermione et Harry, dans le coin de la classe où tous les Gryffondor s'étaient regroupés.

Maintenant que Rogue avait l'attention de tous ses étudiants sur lui, il continua.

« Je crois que, jusqu'à présent, vous avez eu six professeurs différents pour assurer ce cours. Bien entendu, ces professeurs ont tous eu leurs propres méthodes et leurs sujets de prédilection. Étant donné la confusion qui en a résulté, je suis surpris que beaucoup d'entre vous aient réussi à décrocher une B.U.S.E. dans cette matière. Je serais encore plus surpris si vous parveniez tous à travailler suffisamment pour suivre le programme de l'A.S.P.I.C., qui sera beaucoup plus avancé. »

Quittant le devant de la classe pour se promener entre les rangées de bureaux, Severus regarda ses élèves de haut.

« Aussi, sachez que tous ceux qui caressent le rêve d'entrer à l'Académie des Aurors devront passer par moi pour une lettre de recommandation. Chose, tenez-vous-le pour dit, que je ne donne pas allègrement. » Son regard froid s'arrêta sur Harry, qui le lui rendit ouvertement. Severus se détourna du Survivant avec un rictus et Harry échangea un regard lourd de sens avec Hermione qui se contenta de hausser les épaules, impuissante.

Le professeur Rogue continua son monologue, baissant son timbre de voix et commandant l'attention. Les élèves durent tendre leur cou et leurs oreilles pour ne pas manquer un seul mot.

« Les forces du mal sont nombreuses, diverses, toujours changeantes et éternelles. Les combattre, c'est comme combattre un monstre aux multiples têtes. Chaque fois qu'on en tranche une, une autre repousse, plus cruelle encore et plus rusée qu'avant. Vous devrez affronter ce qui est instable, mouvant, indestructible. » (1)

Les mots qui sortaient de sa bouche étaient telle une caresse, son ton presque amoureux, et Hermione eut un frisson. C'était une chose de savoir que le professeur Rogue était attiré par les forces du mal et la magie noire, qu'il avait même un sombre passé, tel qu'en témoignait le tatouage sur son avant-bras. C'était autre chose d'entendre Severus, son amant, le père de son fils, en parler avec toujours autant de révérence. Pour la première fois en plusieurs mois, Hermione se remémora toute la noirceur qui habitait encore l'âme de l'homme dont elle était amoureuse. Et telle la parfaite petite Gryffondor qu'elle était, elle n'en fut pas effrayée, mais plutôt attirée.

« Il va sans dire, » poursuivit Rogue, inconscient des pensées d'Hermione, « que cet ennemi peut prendre plusieurs formes, plusieurs visages… On vous a enseigné comment les combattre –enfin… plus ou moins– je vous apprendrai comment leur résister. Personne n'est à l'abri de l'attrait que les forces du mal peuvent représenter et comprenez bien une chose –et si c'est la seule chose dont vous vous rappellerez de ce cours à la fin de l'année, alors j'aurai réussi ma mission– la maison à laquelle vous appartenez à Poudlard n'est pas gage de succès. »

Un murmure traversa la classe, plusieurs élèves en désaccord avec la remarque de Rogue. Néanmoins, celui-ci poursuivit, aucunement perturbé.

« Il y a dans les rangs du Seigneur des Ténèbres, en ce moment même, d'anciens membres de Gryffondor, Poufsouffle, et Serdaigle. »

Harry regarda Hermione et Ron et acquiesça, soufflant le nom « Pettigrew » avec dédain. Ron et Hermione hochèrent la tête.

« À l'inverse, » claqua la voix de Rogue afin de faire taire les murmures surpris et scandalisés, « Poufsouffle et Serpentard sont réputés pour former de très bons Aurors disciplinés. Il n'y a qu'ici, à Poudlard, où la rivalité intermaison atteint des niveaux incontestés de ridicule. Et comme cette classe aura lieu quatre fois par semaine, je ne tolérai pas de telles âneries! »

C'était fort, venant de lui! C'était lui qui avait entretenu la rivalité Gryffondor/Serpentard, et ce depuis des années! L'hypocrisie de la situation fit sourire certains élèves de la maison vert et argent, mais du côté des Serdaigle et des Poufsouffle, personne ne releva le mensonge. Pour la première fois, Hermione et le reste des Gryffondor semblèrent comprendre que leurs cours de potions avaient été très différents de ceux de leurs camarades.

Sous les ordres de Rogue, les élèves quittèrent leurs bureaux et se mélangèrent entre eux. Severus leur avait bien spécifié qu'il ne voulait pas avoir deux élèves de même maison un à côté de l'autre. C'est ainsi qu'Hermione se retrouva assise entre Susan Bones de Poufsouffle et Pansy Parkinson de Serpentard. Plus loin, sur sa gauche, Harry partageait un pupitre avec Daphné Greengrass et Justin Finch-Fletchley. Ron, quant à lui, séparait Padma Patil et Terry Boot de Serdaigle, et devant lui, Drago Malefoy était assis aux côtés de Neville et d'une Poufsouffle du nom de Hannah qui semblait plutôt intimidée.

« Et qu'est-ce que ça change? » Maugréa un élève mécontent dans le fond de la classe. Severus se retourna instantanément vers la voix geignarde, imité par la plupart des élèves. Là, partageant un pupitre avec Gregory Goyle et Micheal Corner, se trouvait un Poufsouffle des plus détestables: Zacharias Smith.

« Mr. Smith, » roucoula dangereusement le professeur Rogue, sa baguette en évidence entre ses doigts élégants. « Un commentaire? » Mais Zacharias, ne possédant pas le courage (ou l'impertinence, c'est selon) des Gryffondor, préféra se recaler dans sa chaise et dévia le regard, préférant l'évitement. Severus eut un rictus de dégoût et se détourna de l'élève provocateur.

« Certains se demanderont peut-être à quoi tout cela sert? Je veux seulement que vous réalisez à quel point les maisons de Poudlard, qui vous semblent tous si importantes en ce moment, n'auront en réalité que peu d'influence dans le reste de vos vies d'adulte. »

Il défila entre les rangées de pupitres, ses imposantes robes noires bruissant sur son passage.

« Mr. Smith, » claqua soudain la voix du professeur, « qu'aimeriez-vous devenir lorsque vous serez grand? » La question, bien que sérieuse, était empli de moquerie et de condescendance.

Zacharias cligna des yeux. « Professeur? »

« Ne me faites pas répéter, Mr. Smith. Je juge la question suffisamment simple pour que même vous puissiez être en mesure d'y répondre, » grogna Rogue.

Le jeune homme bégaya une faible réponse, son audace initiale définitivement évaporée. « P—poursuiveur, monsieur. Dans une équipe de Quidditch. Pro—professionnel. »

La lèvre supérieure de Severus se recula sur ses dents, comme s'il trouvait cette réponse ridicule et de peu d'intérêt. Néanmoins, il continua son explication. « Qui d'autres, ici, partage ce beau rêve? » Le dédain dans sa voix laissait sous-entendre à quel point le Maître des potions trouvait cette profession futile, mais il se garda de tout commentaire désobligeant et après quelques secondes, trois-quatre élèves, maisons confondues, levèrent leur main. Rogue acquiesça. « Et dites-moi, Mr. Smith, lorsque vous serez payé 20 000 Gallions par année pour divertir la population, est-ce les maisons auxquelles auront appartenu vos coéquipiers et vos adversaires auront quelconques conséquences? »

« Euh, non? J'imagine que non, » concéda Zacharias.

Comme l'exemple semblait faible selon Severus, il recommença l'exercice avec d'autres étudiants. Potter, sans grande surprise, voulait devenir Auror. Miss Abbott voulait ouvrir son auberge Bed & Breakfast et Théodore Nott souhaitait reprendre les rênes de l'entreprise familiale. Comme il l'avait prévu, personne n'osa contester l'autorité future qu'aurait Potter une fois en fonction, et tous semblèrent être d'accord pour dire que la maison dans laquelle Hannah avait fait ses études n'influencerait pas sa future clientèle. La réponse de Mr. Nott, cependant, attira quelques regards soupçonneux, personne ne sachant dans quoi l'entreprise familiale des Nott était réellement impliquée. Même Severus fronça les sourcils, regardant l'élève de sa maison avec méfiance, avant de passer à un autre élève.

Lorsque le professeur questionna enfin Pansy Parkinson, quelle ne fut pas la surprise de ses camarades de classe lorsqu'elle avoua vouloir devenir Médicomage, avec une spécialité en médecine foetale; obstétricienne, aurait-on dit dans le monde moldu.

À ses côtés, Hermione et Susan Bones dévisagèrent quelque peu la jeune Serpentard, étonnées. Severus le remarqua et demanda à la volée si quiconque dans la classe refuserait de reconnaître les compétences d'une Médicomage —d'une sage-femme, en fait— dans un moment crucial seulement parce qu'elle avait appartenu à la maison des verts et argent. Tous les élèves s'entendirent pour dire que cela n'avait pas grande importance. Satisfait, Rogue continua de balayer la classe avec sa question.

« Miss Granger? » Dit-il pour lui signifier que c'était son tour, n'osant lui accorder plus d'intérêt qu'à un autre, mais l'ignorer n'aurait fait qu'engendrer les ragots. Il se devait de trouver le juste milieu.

« Eh bien,... » Hermione n'eut pas à y réfléchir très longtemps, son plan d'action étant clair dans sa tête depuis ses 16 ans. Depuis sa visite au Ministère et plus principalement, dans le département des Mystères. « J'aimerais être une Langue-de-plomb. »

Cette fois, ce fut elle que Pansy et Susan dévisagèrent. Un murmure secoua la salle de classe, plusieurs exclamations étouffées et commentaires retentirent. « Faut avoir une maîtrise pour ça! », « C'est l'un des métiers les plus secrets! », « Qu'est-ce qu'elle va faire de son bébé? », « Tu crois que Rogue la laissera faire? »

Severus Rogue, de son côté, eut la plus minime des réactions. Il fixa quelques secondes son regard sur la mère de son enfant, les sourcils légèrement froncés, avant de détourner son attention comme si elle n'avait rien dit, indifférent.

Hermione rougit et se renfrogna quelque peu. « Quoi? » Finit-elle par murmurer aux deux filles de chaque côté d'elle lorsqu'elle en eut assez de leurs regards abasourdis fixés sur elle. Elle croisa les bras sur sa poitrine, évitant de regarder Severus. Au loin, Drago Malefoy secouait la tête, alors qu'Harry et Ron lui envoyaient des sourires encourageants.

« Et vous, Miss Bones? » Questionna par la suite Rogue comme si rien d'inhabituel ne s'était produit. Pourtant, Susan Bones sembla paniquée sous le regard de son professeur et de ses camarades de classe. Tout comme pour Ron, ce furent ses oreilles qui s'enflammèrent les premières alors que la jeune Poufsouffle rousse s'empourprait de gêne.

« Miss Bones, » répéta Rogue d'un ton énervé.

La Poufsouffle sursauta. « Je—je n'ai pas de grandes carrières en vue, professeur, » couina la jeune fille. « J'aimerais seulement... » Elle envoya un regard d'excuse à Hermione, ce qui piqua la curiosité de la jeune femme. « J'aimerais seulement fonder une famille et m'occuper de mes enfants. »

D'abord ahurie par la réponse de Susan, cette même réponse que la moitié des sorciers présents s'étaient attendus à entendre de la bouche d'Hermione, la Gryffondor regarda son amant pour voir sa réaction.

Ses yeux noirs et calculateurs, initialement posés sur Susan, firent un aller-retour rapide vers elle, et Hermione ne put s'empêcher de se sentir inadéquate. Lui en voulait-il de ne pas mettre leur famille en avant-plan? S'attendait-il à ce qu'elle abandonne tous ses projets pour se consacrer à leur bébé? Hermione réalisa qu'elle ignorait bien des choses sur les attentes de Severus, et cela la mettait de plus en plus mal à l'aise, surtout avec tous les regards des étudiants de septième année braqués sur eux deux. Bien peu connaissaient toute l'étendue de leur relation, mais Hermione réalisa que cela ne les empêchait pas de spéculer.

Quel genre d'opinion avaient-ils d'elle? Quel genre d'opinion avaient-ils de lui?

« Et c'est tout à votre honneur, Miss Bones, » répondit finalement le professeur Rogue à la grande stupéfaction des élèves des quatre maisons. Hermione sentit son visage chauffer, encaissant la pointe de son partenaire avec difficulté.

Soudain, des coups retentirent à la porte. Irrité, Rogue soupira et alla ouvrir.

« Qu'est-ce qu'il y a? » Rugit-il à la personne de l'autre côté de l'énorme porte en bois, avant que son langage corporel et sa gestuelle ne changeât du tout au tout. « Oh, Pomona. Est-ce que tout va bien? » Demanda-t-il plus gentiment à sa collègue.

La petite professeure rondelette sourit au sombre sorcier. « Severus, je suis désolée, une urgence vient de survenir dans la serre des Mandragores, certains plans se sont déracinés eux-mêmes et je ne peux pas les laisser ainsi, » expliqua la professeure de botanique, déchirée entre deux choix. « Je ne peux pas non plus exposer un enfant de six mois aux cris de mandragores, ce serait de la folie. »

Severus acquiesça et bien que les élèves ne pouvaient pas voir ce qui se trouvait de l'autre côté de la porte, ils virent les bras de la professeure Chourave se tendre vers Rogue et lui remettre son fils. « Je suis désolée, » s'excusa-t-elle encore avant de trotter vers le Hall d'entrée.

Severus referma la porte de sa classe, une expression légèrement contrariée sur ses traits et un bambin rieur entre les bras. Ethan portait une mignonne petite salopette et il avait deux doigts dans la bouche, une coulisse de bave au menton. Ses grands yeux noirs scrutaient la salle de classe de son père avec intérêt, éveillé comme il l'avait rarement été auparavant.

Plusieurs filles de Poufsouffle et Serdaigle s'extasièrent de sa présence dans leur classe, alors que les garçons échangeaient des regards abasourdis. Les réactions des Serpentard et des Gryffondor furent plus modérées.

Comme l'arrangement qu'Hermione et Severus avaient pris l'année précédente consistait à partager la garde d'Ethan chaque fois qu'il donnait un cours de plus haut niveau ou qu'elle en suivait un, les élèves de Poufsouffle et Serdaigle n'avaient jamais, en effet, assisté à un cours où le bambin était présent. Et comme Severus avait tendance à laisser ses collègues s'occuper d'Ethan aux heures de repas, à leur demande, bien entendu, les élèves des années supérieures avaient rarement l'occasion de voir leur professeur interagir avec son bébé. L'infâme professeur Rogue, papa? C'était un concept encore un peu absurde et abstrait pour plusieurs.

« Il est trop chou, » s'exclama Susan tout près d'Hermione, qui pour la toute première fois, ne réagit pas au compliment.

Si les étudiants se demandèrent comment Rogue allait bien pouvoir poursuivre son cours, leur questionnement fut de courte durée. Sans même commenter la situation, Rogue repositionna Ethan dans ses bras, le dos du petit contre son torse, ses petites jambes se balançant dans les airs, retenu par la main et les longs doigts de Rogue. Celui-ci reprit son cours là où il l'avait laissé, se déplaçant toujours entre les rangées, survolant d'un air menaçant ses étudiants.

« Et poussons cette théorie encore plus loin, voulez-vous? » Ajouta Rogue en observant ses élèves d'un ton sérieux. « Combien d'entre vous avez posé une colle au Choixpeau lors de votre entré à Poudlard? Levez la main ceux pour qui notre renommé Choixpeau a hésité entre deux, peut-être même trois maisons? »

Hésitants, plusieurs élèves osèrent enfin lever la main. Hermione les accompagna, se rappelant encore avec une acuité déconcertante la façon dont le Choixpeau avait hésité entre Gryffondor et Serdaigle, réalisant soudain comment sa vie entière en aurait été changée. Elle n'en avait jamais parlé à personne, pensant ce sujet tabou et visiblement, elle n'était pas la seule; plusieurs élèves se dévisageaient entre eux, surpris par autant de mains levées.

Puis, sur sa gauche, elle entendit soudain un hoquet de surprise et plusieurs murmures stupéfaits. Elle tourna sa tête à temps pour voir Harry lever sa main d'un geste lent et délibéré. Ron, non loin de lui, le regardait tout aussi surpris que le reste de la classe.

Seul Rogue ne sembla pas déconcerté. « Mr. Potter, » dit-il doucereusement, « laissez-moi deviner... » Rogue s'arrêta et dévisagea le jeune homme un instant. Harry soutint son regard, immobile et un tantinet cavalier. « C'était Serpentard, n'est-ce pas? »

Harry ne nia pas et un vent de murmure, en particulier chez les élèves de la maison vert et argent, anima la classe.

« Oui, » confirma Rogue lui-même, pensif, passant un long doigt sur sa lèvre inférieure de sa main libre, sa baguette retenue entre son annulaire et son auriculaire. « Eh bien, Mr. Potter, il semblerait que tout espoir ne soit pas encore perdu vous concernant. » Puis Severus se retourna et alla vers le devant de la classe pour enfin commencer la partie théorique de son cours, réajustant nonchalamment le bambin dans ses bras.

Ses Serpentard ricanèrent, mais sous l'insulte, Hermione détecta un brin de flatterie. Même Harry haussa les sourcils, lançant un regard vers Hermione; celle qui, croyait-il, connaissait mieux cet homme que quiconque. Se pouvait-il que finalement, pour la toute première fois en sept ans, il eût réussi à impressionner le redoutable Maître des potions?

Pour toute réponse, Hermione lui envoya un sourire éclatant, avant de détourner le regard et de froncer les sourcils. Que Harry Potter ait obtenu une réaction de la part du sombre professeur, et une qui ait été quasi-positive, qui plus est, alors qu'elle-même n'avait obtenu qu'un masque froid et indifférent devant son aveu laissa la jeune maman avec le coeur gros et l'esprit plein de doute quant à sa future carrière.

oOo

Lorsqu'elle quitta la chambre d'Ethan ce soir-là, le petit ne dormait pas encore, mais Hermione avait espoir que la douce veilleuse, ainsi que la berceuse allaient avoir raison de lui. Laissant la porte entrebâillée, elle se dirigea vers le salon de Severus, récupéra la robe officielle de Poudlard qu'elle avait retirée un peu plus tôt, la drapa sur son avant-bras et entreprit de trouver son professeur. Elle le retrouva dans son laboratoire de potions privé, adjacent à leurs quartiers. C'était encore mieux que sa salle de classe dans les donjons.

« Severus? »

Dos à elle, ne portant qu'un pantalon sombre et une chemise blanche aux manches repliées sur ses avant-bras, l'homme ne lui répondit pas, clairement concentré sur la coupe d'ingrédients qu'il était en train d'effectuer. Seul un subtil changement dans sa posture laissa deviner à Hermione qu'il l'avait entendue.

« Je vais retourner à ma salle commune, » lui dit-elle d'une voix douce, hésitante. « Ethan ne dort pas encore. J'ai laissé sa porte ouverte. »

Il eut un moment de silence, puis la voix de Severus retentit dans la pièce, assourdie par les murs de pierre et les plans de travail en bois. « Très bien. Merci. »

Hermione étouffa un soupir et se détourna pour s'en aller, une boule dans l'estomac. Rien, dans le comportement de Severus, ne lui laissait croire qu'il lui en voulait. Il n'était que concentré sur son travail, tâcha-t-elle de se convaincre.

Et pourtant, elle devait s'en assurer.

À peine avait-elle atteint la porte des appartements de son amant qu'elle fit demi-tour et entra dans le laboratoire de Severus une nouvelle fois.

« Est-ce que tu es fâché contre moi? » Demanda-t-elle, droit au but.

La tête de Severus se redressa aussitôt, son retour brusque et sa question l'ayant clairement surpris. Puis, plus posé, il se retourna tranquillement vers elle.

Dès que ses yeux sombres et calculateurs se fixèrent sur elle, l'évaluant du regard, tentant de comprendre où elle voulait en venir, Hermione tortilla ses mains dans sa robe de sorcière afin de cacher sa nervosité.

« Pourquoi penses-tu ça? »

« Je… je n'en suis pas sûre. J'ai eu l'impression que ma réponse t'avait contrarié, en classe ce matin, » admit-elle, fixant son regard dans la torche qui brûlait sur le mur gauche de la pièce. « Je suis désolée. »

Elle entendit davantage qu'elle ne vit Severus s'essuyer les mains sur un morceau de chiffon avant qu'il ne fasse trois pas vers elle. Doucement, il posa deux doigts sous son menton et redirigea le regard d'Hermione sur lui.

« Tu es désolée? Mais de quoi? »

Ah! Cette façon qu'il avait de la faire parler sans rien révéler de ses propres pensées.

« Oui, enfin, tu sais… » Hermione haussa les épaules et eut un faible sourire. « Je suis désolée de ne pas être de celles qui veulent rester à la maison pour élever nos enfants. »

Bien que Severus comprît immédiatement ce dont sa partenaire parlait, il ne put s'empêcher de blêmir devant le choix de ses mots.

« Nos enfants? »

Hermione rougit aussitôt. « Notre enfant. Notre fils. Le seul et l'unique! Je ne suis pas… Severus, je ne suis pas enceinte. »

Severus ricana sans méchanceté. « Bien sûr que non. » Tous deux étaient, depuis l'incident de cet été, suffisamment consciencieux pour ne plus jamais oublier un sort de contraception. Ethan resterait enfant unique jusqu'à ce qu'ils décident, conjointement, d'essayer pour un deuxième enfant. Et ce moment n'était pas encore venu, loin de là! C'était en fait, d'aussi loin que Severus se souvienne, la première fois qu'Hermione parlait d'enfants 'au pluriel'. L'idée, bien qu'abstraite et déroutante, ne répugna pas le sombre professeur autrefois si solitaire.

« Ce que je veux dire, » reprit Hermione, « c'est que malgré que nous ayons Ethan, j'aimerais aussi avoir une carrière à moi. Contribuer à l'amélioration de la communauté magique.»

Severus acquiesça. « Et jamais je ne t'en empêcherai, Hermione. » Cette femme avait beaucoup trop de potentiel pour qu'il puisse ne serait-ce qu'oser la restreindre. Si elle avait voulu rester mère au foyer, comme nombre de sorcières l'avaient fait avant elle, il ne s'y serait pas plus opposé. Au final, c'était sa décision à elle et il ne pouvait que la supporter dans ses choix.

Et lorsqu'il lui en fit part, ses mains s'emparant tendrement de la mâchoire de la jeune femme, ses longs doigts malaxant la nuque de celle-ci, Hermione se relaxa sous ses caresses.

« Tu es sûr? »

« Absolument. » Il se pencha et captura ses lèvres l'instant d'un doux baiser. Puis, caressant sa joue douce du bout de son nez crochu, il avoua à son oreille : « J'aurais aimé être celui qui rédige ta lettre de recommandation. »

Hermione lui sourit avec ressentiment. Comme elle aurait aimé avoir une lettre du Maître des potions de Poudlard; son dossier n'en aurait été que renforci. Et voilà que, à cause d'une situation hors de leur contrôle, l'implication de Severus dans son dossier d'admission ne ferait que la discréditer!

Severus remarqua l'expression de sa jeune partenaire et changea le sujet afin de diffuser la tension. Il entreprit de lui expliquer que, même dans le monde sorcier, plusieurs mères de famille travaillaient et que ce n'était pas particulièrement tabou. C'était certes plus rare que dans le monde Moldu, mais ce n'était ni 'mal vu' ni controversé.

« Et qui s'occupe des jeunes enfants? » Demanda Hermione, fermant les yeux et inhalant l'odeur de son amant, ses bras s'enroulant enfin autour de la taille de l'homme dans une étreinte.

« Papa s'en occupe, j'imagine. Ou les grands-parents. »

Il n'y avait pas de concept de 'garderie' chez les sorciers, et bien qu'Hermione ne doutât pas que ses parents accepteraient de les aider s'ils leur demandaient, elle ne put s'empêcher de considérer les paroles de Severus.

Elle recula son visage et plongea ses yeux dans ceux de son professeur, surélevant un sourcil. « Papa s'en occupe? »

Severus comprit aussitôt sa sous-question, mais il se contenta d'hausser une épaule, désinvolte. « Et pourquoi pas? »

Hermione n'en revenait pas. 'Severus Rogue, père au foyer.' Qui l'eût cru? S'il entretenait cette idée depuis quelque temps, ce n'était pas surprenant qu'il ait réagi ainsi au choix de Susan! Hermione, qui avait pris la remarque comme une attaque personnelle sur le moment, se sentit soudainement plus légère.

Elle lui sourit. « Tu es sérieux? »

« Nous savons très bien tous les deux que c'est ma dernière année à Poudlard. Et franchement, j'ai assez donné, » lui dit Severus, une moue de dégoût sur ses traits, pensant à tous ces élèves incompétents qui lui faisaient perdre son temps. « Je sais que je t'ai dit que je n'étais pas un homme de famille, que je n'aimais pas les enfants… Étrangement, lorsqu'il s'agit des miens, c'est différent. »

Il lui sourit et Hermione gloussa. « Des tiens? »

« Du mien, » rectifia-t-il avec une grimace amusée. Pour unique réponse, Hermione se leva sur la pointe des pieds et vint l'embrasser.

Il lui rendit son baiser, la passion entre eux deux escaladant rapidement.

« Sev… » Soupira Hermione, ses mains se perdant dans les cheveux de l'homme alors que celui-ci embrassait son cou et sa gorge, ses longs doigts élégants déboutonnant sa chemise et caressant ses clavicules et ses épaules désormais dénudées. Ils avaient été interrompus la veille et cela se ressentait dans l'empressement de l'homme.

« Severus! » Insista Hermione.

« Hmm? »

« Ce ne serait que pour… oh! Ne t'arrête pas... que pour les quelques prochaines années, » planifia Hermione entre deux soupirs alors que les lèvres de l'homme enflammaient sa peau. « J'aimerais qu'Ethan… hum!... j'aimerais qu'il fréquente l'école primaire dans le monde moldu. »

Severus s'arrêta net et se recula pour observer la jeune femme devant lui. Ses yeux marron étaient vitreux, dilatés; ses joues rougies; ses lèvres pleines et onctueuses; sa peau soyeuse; et son décolleté plus qu'invitant! Severus dut se concentrer pour analyser la demande d'Hermione.

« L'école moldue? »

Hermione acquiesça, ses mains reposant sur les épaules de l'homme. « Oui. De cinq à onze ans. Ça lui permettrait un peu de connaître mon monde… »

« Tu es une sorcière, Hermione. C'est ici, ton monde. »

« Le monde de mes parents, dans ce cas. Je n'élèverai pas mes enfants —notre enfant— dans les concepts des sang-pur. »

Il y eut un moment de silence où les deux parents se regardèrent, pensifs. Hermione préparait déjà sa défense : elle ne permettrait pas à Ethan d'ignorer d'où il venait. Elle voulait que son fils comprenne et accepte la réalité moldue, son histoire et ses technologies. Elle refusait d'élever un fils ignorant ou craintif du monde moldu à l'instar de bien des sorciers de sang-pur.

« D'accord, » dit soudain Severus.

Ses arguments sur le bout des lèvres, elle se contenta de cligner des yeux.

« Quoi? »

Severus eut un sourire en coin, clairement amusé par sa réaction. « C'est d'accord, » répéta-t-il. « Je comprends que c'est important pour toi, et franchement, je ne suis pas contre. C'est juste quelque chose que je n'avais pas moi-même envisagé; ça m'a pris au dépourvu. »

Hermione sourit, soulagée. « Oh. Bien. »

« Oui. »

Il y eut un autre silence, un peu étrange. Pas maladroit, juste… inhabituel. Comme Hermione l'avait compris la veille, d'être là, à prévoir et à construire leur avenir ensemble mettait une certaine étiquette sur leur statut. Ils n'étaient plus que des parents ou des partenaires, ils étaient un couple. Que cela soit volontaire ou non, ils venaient clairement de prendre cette décision et c'était sans doute la raison pour laquelle ni un ni l'autre n'avait entamé cette discussion au cours de l'été; ils n'avaient pas été prêts à franchir cette étape alors.

Ils venaient pratiquement de survoler l'idée d'avoir un deuxième bébé, nom d'une marmite bouillante! Si 'ça' ça ne confirmait pas le fait qu'ils étaient dans une relation sérieuse, alors Hermione ignorait ce que ça prendrait. Mais le projet d'avoir un deuxième enfant était encore bien loin dans leur futur et ils avaient des points bien plus pressants à régler.

« Donc… l'année prochaine… » Reprit Hermione, hésitante.

Severus acquiesça à ses non-dits.

« On pourrait commencer par… emménager ensemble... ? » Dit-il simplement d'une voix qui se voulait nonchalante, mais lorsque Hermione le fixa de ses yeux pleins d'espoir, Severus dû se racler la gorge avant de poursuivre, se sentant exposé.

« Puis tu poursuivras tes études supérieures pendant que je m'occuperai de notre fils. Il y a une forte demande pour des potions de toutes sortes faites par des Maîtres; je pourrais facilement travailler de chez nous tout en offrant mes services chez des Apothicaires, ou encore à Ste-Mangouste. » Hermione acquiesça à l'idée, assurée du succès qu'aurait Severus.

L'homme poursuivi, rassuré. « Puis Ethan entrera à l'école moldue, tu deviendras l'une des meilleures Langue-de-Plombs de Grande-Bretagne et— »

« Je t'aime, » l'interrompit Hermione, son cœur battant si fort qu'elle avait l'impression qu'elle était à bout de souffle, réalisant trop tard toute l'ampleur de sa déclaration.

Severus, qui s'était lui-même emporté par son monologue, reporta son attention sur la femme devant lui, ses yeux faisant des allers-retours effrénés sur son visage d'ange. Hermione mordilla sa lèvre inférieure, s'en voulant de son aveu si soudain. « Je veux dire— »

« Vous êtes incroyable, Miss Granger, » avoua-t-il soudain, son visage fermé. Ce qui aurait dû être un compliment sonna étrangement comme un reproche, vouvoiement inclus.

Hermione se renfrogna, tentant de déchiffrer l'expression de l'homme, en vain.

« Qu—quoi… pourquoi? » Demanda-t-elle d'une voix faible, une sueur froide dans le dos.

Puis, Severus se dérida et rit doucement. C'était un son doux, avec un soupçon d'exultation et d'ahurissement. Une de ses mains glissa sous les cheveux de la jeune femme, se déposant sur sa nuque, et il accota son front sur le sien.

« Sais-tu quelle date nous sommes? » Demanda-t-il dans un murmure, comme un secret.

Hermione secoua la tête, confuse. « Quelle date sommes-nous? »

Encore ce rire glorieux. « Il y a un an, jour pour jour, tu m'annonçais que j'allais devenir père. »

Et maintenant, tu m'annonces que tu m'aimes. Il ne le dit pas à voix haute, mais Hermione comprit ses propos comme s'il les lui avait hurlés. En un an, comme les choses avaient changé. Et Hermione Jean Granger pouvait se vanter d'avoir complètement, irrévocablement et définitivement chamboulé l'univers de Severus Tobias Rogue.

Et s'il ne réciproqua pas les fameux trois mots ce soir-là, il ne manqua pas de les lui faire ressentir. Ce qui, de l'avis d'Hermione, se valait complètement!


À suivre…

(1) Extraits intégraux de Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, © JK Rowling.