À son réveil, elle découvre une pièce claire et grande. Elle se trouve propre, une aiguille dans son bras droit et son poignet gauche dans le plâtre. Elle s'agite, regarde autour d'elle surprise par ce grand espace, cette lumière.
« Salut !, dit Steve. Comment te sens-tu ? »
Elle le regarde puis panique. Elle se redresse dans son lit pour fuir mais, un vertige vient à elle. Elle se couche rapidement peur de cette sensation étrange. Steve remarque chez elle un tremblement en sa présence puis ce regard terrifié qui le dévisage.
« Ne bouge pas, reste calme. Tu ne risques rien ici. »
Elle lève la tête quand une personne entre dans la pièce. Steve lève les yeux puis voit son ami, Daniel.
« J'ai le dossier, Steve.
- Je reviens. Reste là. »
Il la surveille du couloir. Il ouvre le dossier, le rapport médical de la petite fille. Beaucoup de coups se trouvent sur son corps, diverses marques de doigts, de pieds, de poings, d'objets divers. La trace du canon de l'arme est apparente au niveau de son estomac, son poignet gauche présente une entorse, la radio montre une suspicion de cassure volontaire d'une tierce personne. Une de ces chevilles laisse apparaître une marque profonde de chaîne due à un enchaînement répété. Et pour terminer, elle a subi un viol aux vues d'une cicatrice près de son vagin.
« La cicatrice a entre trois et quatre ans, Steve. Elle a été soignée par un médecin. Sa cicatrice est bien faite.
- Et pour les tests ADN ?
- Jerry recevra les résultats du laboratoire dans la soirée.
- Je vais rester un moment avec elle. N'hésite pas à me contacter en cas de nouveaux éléments. »
Il retourne dans la chambre, la gamine regarde la fenêtre depuis son lit, elle surveille en même temps les gestes et la distance de Steve face à elle.
Elle s'endort au bout d'un certain temps, fatiguée des traitements, de la pression, du manque de vitamines. Steve l'admire, il profite de son sommeil pour s'approcher d'elle puis il lui donne un geste de tendresse. Il pose sa main sur la sienne. Il remarque des marques de défense sur celle-ci. Malgré qu'elle dort, son subconscient retire sa main de la sienne.
« Elle est en mode de survie. Elle dort mais ses sens sont toujours en éveillent. Avec les traitements, elle est trop faible pour se réveiller.
- Quelle âge a-t-elle, docteur ?
- Entre six et huit ans, pas plus, peut-être moins. Elle n'a pas reçu beaucoup d'hygiène. On soupçonne un retard de croissance.
- Ses marques sur son corps, il y en a parmi elles de défense ?, demande-t-il pour retirer ses doutes.
- Oui, cette enfant ne s'est pas laissé faire.
- Merci, docteur. »
En soirée, Daniel revient avec d'autres dossiers. Il se montre à la porte puis Steve sorti doucement de la chambre.
« Tu as des nouvelles ?
- Les hommes étaient des frères, Hank celui qui tenait la fillette, Denis le chauffeur et Erwan le tireur. Ils ont tous trois un casier judiciaire pour vols et violences en réunion, toujours ensemble.
- Tu as quelque chose sur cette petite ?
- Ils ne sont pas de sa famille, Steve. Je ne sais pas qui elle est mais, personne ne la cherche. Aucune correspondance ne correspond à sa description sur les fichiers d'enfants portés disparus et son ADN n'y était pas non plus.
- De mieux en mieux. Ce n'est pas elle qui nous aidera, elle est terrifiée. Les médecins ont des difficultés pour l'approcher et j'ai l'impression qu'elle a encore plus peur de moi.
- Tu es un flic, les enfants sont toujours impressionnés. Elle dort depuis longtemps ?
- Depuis ton départ un peu près.
- Les scientifiques ont terminé la fouille de la maison. Ils n'ont trouvé aucun objet correspondant à ses marques, ses coups. Ils ont un autre endroit quelque part.
- Il faut donc le trouver ! »
Daniel propose de ramener son ami chez lui. Steve prévient une infirmière de sa nouvelle venue le lendemain.
Dans la nuit, il reçoit un appel de l'hôpital, la petite fille s'est sauvée. Elle a retiré ses perfusions, puis volé des vêtements dans la chambre avoisinante. Il fonce à l'hôpital. Malgré les portes closes, un filtrage aux entrées et des fouilles minutieuses, elle est sortie de l'établissement. Steve claque du poing sur le mur. Daniel le soutient, il lui pose une main sur l'épaule.
« Elle n'est pas loin, Steve. Ce n'est qu'une petite fille terrifiée !
- Elle est plus que ça, Daniel, elle est douée. Personne ne l'a vu sortir. »
Cinq jours passent sans aucune trace de l'enfant. Toute la police d'Honolulu est sur le terrain à sa recherche mais elle est maligne, elle vole la nuit, se faufile dans les magasins à l'heure de fermeture pour fuir peu de temps après. Plusieurs commerces alimentaires ont été volé dont un passage dans une boutique d'informatique. Mais depuis deux jours plus aucun vol, l'équipe s'inquiète de cette disparition étrange.
Une nuit, Steve se réveille par un bruit qui provient de sa cuisine. Il descend doucement son arme à la main puis, il la pose subitement quand il découvre la fillette ramasser des céréales tombées à terre. Elle le voit puis se lève tout en reculant. Elle finit par prendre la porte qui mène au jardin pour fuir. Steve court, la suit jusqu'à ce qu'elle fasse tomber la boîte de céréales qu'il ramasse. Elle s'arrête en pleure la regarde dans les mains de l'homme.
« Tiens, n'aie pas peur, je veux juste t'aider. », dit-il en s'agenouillant.
Elle s'avance vers lui doucement. Elle regarde partout autour d'elle les larmes ruisselantes sur son visage. Une voiture arrive, elle prend peur, elle fuie. Steve ne la trouve plus. Une insulte de colère sort de sa bouche avant de rentrer chez lui la boîte dans la main. Il la pose sur la table, puis fait le tour de sa propriété. Il découvre qu'elle s'est cachée dans un coin, dans son sous-sol. Il contacte Jerry. Une idée lui traverse l'esprit, il lui faut une réponse rapidement.
Le lendemain, au QG, Jerry répond aux questions de Steve. Oui, ses soupçons sont fondés, elle s'est enfermée dans la boutique d'informatique non pas pour manger mais juste pour trouver une adresse, celle de Steve.
« Elle a tout cherché sur toi. Elle connaît tout : ton adresse, ton numéro de téléphone, l'accident de voiture de tes parents.
- C'est bizarre, ce n'est pas toi qui me disais qu'elle avait peur de toi ?, s'interroge Daniel.
- Si, je ne comprends pas moi non plus. Mais maintenant, on sait où elle était ces derniers jours. Il ne reste plus qu'à savoir où elle va se cacher ! Elle ne reviendra pas chez moi. »
Steve revient sur le dossier des trois braqueurs. Le nom de leur père possède lui aussi un casier judiciaire. Ils vont lui rendre visite. Le père est serein. Daniel et Steve se regardent, il a plusieurs marques sur ses bras ressemblants étrangement à des marques de coups, de défense.
Jerry profite de la visite de l'équipe chez Bernard, le père des « braqueurs de banques » pour sortir le curriculum de celui-ci. Il a fait l'armée, c'est un ancien soldat. Steve en vient vite au fait quand il l'apprend au retour au QG. Cette enfant a été entraîné pour survivre, d'où sa force et sa disparition rapide. La trouver est donc impossible. Elle connaît comment fonctionnent les forces de l'ordre. Il en a fait un soldat en miniature.
« Que ferait tout bon petit soldat, Steve ?, demande Daniel.
- Il se fonderait dans la masse. Sauf que là, c'est une enfant, c'est risqué. Elle va se cacher.
- D'accord, sauf que là, on n'a aucune plainte de vol pour nous aider à la trouver.
- Sauf, si elle fait les poubelles de nuit. », ajoute Jerry en regardant Steve et Daniel.
Steve le regarde, Jerry marque un point. Il sait aussi que Bernard la cherchera. Il n'abandonnera pas une fillette qui sait se défendre et qui peut le mettre derrière les barreaux. Maintenant qu'elle n'a pas d'autre choix que de vivre en extérieur, Bernard risque d'avoir rapidement des informations. Il décide de le surveiller.
« C'est un ancien soldat, il doit avoir des contacts sur cette île. Il va la trouver maintenant qu'il sait qu'elle est à l'extérieur. Il va nous amener à elle. Daniel et moi on fera équipe de nuit puis la police d'Honolulu équipe de jour. Je vais contacter Duke pour lui réquisitionner une équipe. Jerry, tu donneras à Tani et Junior les enquêtes qui viendront à notre QG. Qu'ils n'hésitent pas à demander des renforts à Duke en cas de nécessité ! »
