Fin mai.
Après deux nuits de surveillance, Steve et Daniel aperçoivent des jeunes frapper à la porte pour discuter avec Bernard. Celui-ci après leur départ quitte sa maison. Il se dirige vers son véhicule dans lequel il part précipitamment. Ils se regardent puis Steve allume le contact, ils le suivent. Daniel prend des photos du trio, ils s'en occuperont plus tard.
Bernard se gare à la plage, sort de son véhicule puis il se dirige vers des rochers. Steve et Daniel accélèrent le pas quand il le voit sortir une arme. Il prend l'enfant cachée sous un rocher puis pour la punir, il la frappe avec la crosse au niveau de sa tempe. Quand il voit le regard apeuré de la gamine, il se retourne, deux armes sont braquées sur lui.
« Lâchez-la !, intervient Steve.
- Elle n'ira nulle part, commandant.
- Si, elle va venir avec moi.
- Alors, vous ne me laissez pas le choix ! »
Bernard pose l'arme sur la tempe de l'enfant. Steve ne cherche pas midi à quatorze heures, il tire dans la cuisse de l'homme qui tombe à terre de douleur.
« Sale, petite peste ! Tu as tout gâché ! », hurle Bernard.
L'enfant recule pour partir, mais, elle ne parvient pas à marcher dans le sable, elle tombe encore et encore. Steve l'attrape donc facilement. Malgré tout, elle se débat pour quitter ses bras. Il se pose près de la voiture puis attend les secours. La gamine cherche à quitter ses bras le visage en sang. Daniel regarde la scène depuis la portière arrière où Bernard est installé sur la banquette avec un sourire sournois. Les urgentistes, à leur arrivée injectent à l'enfant le sérum pour la calmer et la soigner.
À l'hôpital, un médecin examine l'enfant, lui change son plâtre puis il la laisse dormir dans sa chambre. Steve attend patiemment des nouvelles.
« Elle va bien, commandant. Un peu de repos, de vitamines et tout rentrera dans l'ordre. Elle est forte malgré tout ce qui a pu lui arriver.
- Détachez-la, s'il vous plaît. Je pense qu'elle a déjà suffisamment vécu cet enfer.
- Trouvez quelqu'un pour la surveiller, sinon elle restera ainsi. Sa fugue a causé beaucoup de problèmes ici. »
Il s'organise. Un agent se poste à sa porte de chambre puis Steve fonce au QG pour interroger Bernard.
« Qui est cette enfant pour vous ?, demande-t-il à peine franchi la porte.
- Une gamine !
- Mais encore ? D'où vient-elle ? Elle n'a aucun lien de parenté avec vous, ou vos enfants !
- Il y a trois ans, une nuit du mois d'août, mes fils ont cambriolé une supérette à côté d'un hôtel. Le gérant leur avait volé les clés pour laisser le temps à la police de venir sur les lieux. Mes fils sont sortis puis, sur le parking de l'hôtel en face du magasin, ils ont vu un homme entrer dans une chambre. Il faisait des allers et retours à son coffre le contact de son véhicule en marche. Ils ont profité qu'il soit à l'intérieur de la chambre pour voler le véhicule, sauf, que l'enfant était dans la voiture !
- Pourquoi l'avoir gardée ?
- Elle est la fille du « tueur des prostituées » !
- Celles des hôtels ?, demande-t-il surpris.
- Oui, celles-ci. Un de mes fils l'a vu ouvrir un bidon à travers la fenêtre. L'homme l'a vu, il est sorti. Ils sont vite partis avec le véhicule avant que ce fou ne les attrape. Hank a découvert la fillette au sol sous une couverture à l'arrière. Ils l'ont ramené à la maison.
- Pourquoi vous ne l'avez pas abandonné dans un coin, en ville ? Ou mieux, déposée dans un commissariat ? Vous le pouviez, vous, à cette époque !
- J'ai toujours voulu avoir une petite fille ! C'était un bon cadeau !
- Un bon cadeau, je vois. Vous n'aviez pas peur que cet homme vous retrouve !
- C'est un criminel ! Vous pensiez quoi ? Qu'il allait porter plainte pour le kidnapping de son enfant ? La preuve que non !
- On a découvert une cicatrice due à un viol, lequel de vos enfants...
- On n'a jamais violé Sarah ! Elle avait déjà cette cicatrice à son arrivée ! Elle était déjà cicatrisée !
- Donc, comment connaissez-vous son existence ?, demande Daniel.
- Tout simplement parce que cette enfant ne savait rien faire ! J'ai dû l'apprendre à tout faire ! Manger, s'habiller, être propre, parler ! Il fallait la laver cette gosse ! Elle sentait le vieux sperme !
- Elle n'est pas très bavarde !, intervient Daniel en regardant Steve à cause de ces dernières informations.
- Elle parle seulement quand je l'autorise !
- Qu'avez-vous appris à cette enfant ?
- La discipline !
- Vous attachiez cette gamine ! Et je sais pourquoi ! L'élève a battu le maître ! J'ai raison ?, demande Steve.
- Oui, Sarah est beaucoup plus forte que moi ! Je suis fier de moi ! La seule chose à laquelle je ne suis pas fier, c'est que cette gosse a un cœur ! Ce salopard de cœur qui l'a empêché de faire ce qu'elle devait faire pour me satisfaire !
- Hank lui a dit que tout ce qui se passait été de sa faute, et vous, qu'elle avait tout gâché, pourquoi ?, reprend Steve.
- Cette enfant est forte et intelligente ! Il n'y en aura pas deux comme elle ! Pour lui, il disait que cette enfant, un jour, nous causerait du tort.
- Et vous ?
- Elle n'a pas fait la mission. Elle a pourtant eu l'opportunité de la faire plusieurs fois ces derniers jours !
- Une mission ! Laquelle ?, s'interroge Daniel.
- Je n'ai plus rien à dire, sauf, faites attention à vous, commandant.
- C'est une menace !
- Prenez plutôt cela comme un avertissement entre collègues.
- Vous n'êtes plus de l'armée et vous n'en êtes plus digne.
- Commandant, intervient Junior qui entre dans la salle d'interrogatoire. Sa maison est vide. Il n'y a rien qui prouve que la fillette y a vécu.
- Où l'aviez-vous cachée durant toutes ces années ?, hurle Steve.
- C'est vous le flic, pas moi, répond-il d'un ton sarcastique.
- On trouvera sans vous.
- Non, attends, Steve. J'ai encore une question. Vous l'avez appelé Sarah. Est-ce son vrai prénom ?
- Oui. L'homme a hurlé Sarah quand mes fils ont fui en voiture. C'est comme ça que mon fils Hank a découvert sa présence.
- Et pour son poignet ? C'est vous ?
- Effectivement ! Elle avait qu'à obéir ! », hurle-t-il.
Steve sort. Il laisse un message à Jerry pour lui le lendemain. Il veut qu'il sorte le dossier du « tueur des prostituées » puis qu'il essaie de trouver une disparition d'enfant avec le prénom ''Sarah'' même s'il sait que c'est une peine perdue. Il rentre ensuite chez lui pour se reposer. À peine, deux heures, plus tard, il tourne en rond dans son lit. Il décide de retourner à l'hôpital pour prendre la relève de l'agent.
Le lendemain, Sarah se réveille doucement. Elle retrouve sa grande chambre, mais elle s'aperçoit que des gobelets puis des papiers de nourriture traînent. Elle se redresse vite pour trouver des restes, mais rien, que des miettes qu'elle mange tout de même. De nouveau, elle arrache sa perfusion, se dirige vers la porte qu'elle ouvre lentement puis voit Steve qui se retourne quand il entend le grincement. Elle la ferme rapidement puis court se remettre dans son lit. Steve entre avec le médecin qui remet la perfusion en place. Suite à ça, elle tourne le dos à Steve. Il décide malgré tout de parler doucement et insiste sur certains mots.
« J'ai discuté avec Bernard, tu sais, Sarah ! Tu es une petite fille très courageuse d'après tout ce que j'ai pu entendre. Je ne te connais pas mais je suis fier de rencontrer une petite fille aussi brave que toi. Il n'est plus là pour te faire du mal, tout est terminé. Tu me crois ? »
Il continue de parler quoiqu'elle se cache sous ses couvertures. Il parle de ses marques de ce qu'il pense qu'elle a pu subir puis il demande où se trouve ce lieu : la maison de sa séquestration. Il ne voit aucune réaction de sa part. Une femme apparaît ensuite dans la chambre avec un plateau-repas pour Sarah. Elle l'avertit puis sort. Steve lui demande de manger, mais elle reste cachée.
« Je vais te laisser manger puis réfléchir à notre petite discussion. Je ne serais pas loin. », le prévient-il avant de quitter la chambre.
Elle quitte ses couvertures, essuient ses yeux puis elle mange rapidement de faim. Elle enlève sa perfusion, descend de son lit avec son plateau-repas vide puis se pose derrière la porte de sa chambre où, elle jette énergétiquement son plateau au sol.
Steve, alerté par le bruit, entre précipitamment dans la chambre où il reçoit un retour de porte en pleine face. Il chute au sol. Sarah profite de ce moment pour fuir, mais, il parvient à attraper sa jambe. Elle chute, se débat, pleure, puis finit par hurler :
« Lâche-moi ! Lâche-moi ! »
Steve ne l'écoute pas. Il encaisse les coups puissants de cette enfant jusqu'à enfin les médecins interviennent. Un calmant lui est de nouveau injecté puis les médecins l'attachent définitivement sur le lit. Steve observe la scène, cette gamine de nouveau ligotée. Il la regarde, se fait soigner son nez puis sa lèvre saignante. Une douleur aux côtes se fait aussi ressentir, mais il ne dit rien.
Plus tard, elle se réveille, prend peur à la vue de ses attaches puis force sur ses liens pour libérer ses membres supérieurs. Steve intervient.
« Hé ! Calme-toi. Je n'aime pas te voir ligotée à ce lit, mais tes fugues nous y obligent, tu comprends ? Laisse-moi t'aider. Tout est fini maintenant, tu es en sécurité. »
Elle lui détourne le regard, mais continue à forcer sur ses liens qui obligent un médecin à intervenir de nouveau pour la soigner. Son poignet sans plâtre saigne. Steve l'interdit de l'attacher une nouvelle fois, il la prend sous sa responsabilité.
« Tu ne quitteras pas cette chambre, tu comprends ?
- Je veux juste aller aux toilettes, s'il vous plaît. », demande-t-elle à demi-mot.
Elle quitte son lit puis elle file à la porte des toilettes. Steve met son pied pour lui interdire de fermer la porte totalement. Elle le regarde, elle entre dans la pièce. Steve esquisse un sourire, elle ne l'aura pas encore une fois. Elle pousse la porte pour sortir. Steve se positionne ensuite à la porte d'entrée de la chambre. Elle le regarde un moment avant de réaliser qu'elle n'a aucune issue. Elle retourne dans son lit, cherche un autre plan pour s'éloigner de lui. Steve s'amuse de cette situation : le jeu du chat et de la petite souris.
« Alors, tu veux parler ? Bon, je vais voir si un dessin animé passe quelque part sur une chaîne de la télé. », dit-il quand il ne reçoit aucune réponse de sa part.
