X Voici enfin l'épilogue! Il traîne sur mon ordinateur depuis 2018, car j'avais écrit la fin de cette histoire avant même de la reprendre; c'est libérateur d'enfin vous la partager! Je dois avouer que je me suis bien amusée à l'écrire. Rated-M.
Lune; Wendy... Merci à toutes les deux pour le soutien!
Bonne lecture!
—Kat
L'ange qui naîtra de nous deux
Épilogue
3 ans plus tard
Ce matin-là, Severus se réveilla avec son épouse entre les jambes, ses douces lèvres chaudes et humides autour de son érection.
« Mhmm, » gémit-il appréciatif, mais un tantinet surpris et amusé. Il souleva la couverture de sur son torse et libéra la tête aux boucles emmêlées de sa femme. « Encore? »
Hermione leva les yeux vers lui, retira son membre de sa bouche et lui sourit en acquiesçant, ses yeux brillants de malice. Sa langue vint s'enrouler autour de son gland et Severus renvoya sa tête vers l'arrière sur l'oreiller, décidant de ne pas examiner en profondeur les motifs de sa compagne; si elle avait encore envie de lui, malgré leurs ébats de la nuit précédente, qui avaient précédé leur douche 'commune', qui était-il pour lui refuser quoi que ce soit?
« Merlin, Hermione, » souffla-t-il, ses longues mains allant se perdre dans les cheveux de la jeune femme.
Hermione continua un moment, le suçant, l'embrassant et le caressant de sa langue et de ses mains. Elle était bien consciente qu'elle en demandait davantage à Severus ces dernières semaines, mais celui-ci n'avait pas encore critiqué l'augmentation de son appétit sexuel, bien loin de s'en plaindre, au contraire.
Hermione n'avait pas eu l'intention de ravager si parfaitement son homme la veille, mais son corps avait, à deux reprises, pris le dessus sur son cerveau.
Hermione : 0 / Hormones : 2
Lorsque Severus émit un son guttural, Hermione comprit que si elle voulait en profiter elle aussi, elle devrait arrêter les préliminaires et passer à l'action. Elle releva sa tête et grimpa sensuellement le long du corps de son mari. Celui-ci la regarda avec un regard empli de désir et d'émerveillement. Son amour pour elle était visible sur chaque parcelle de son visage : de ses yeux lumineux au sourire en coin qu'il ne réservait que pour elle.
Mordillant sa lèvre inférieure, Hermione se plaça en califourchon sur l'homme et dirigea son érection vers son intimité, espérant que Severus ne l'interroge pas sur le fait qu'elle ne nécessitait pas de préliminaire en tant que tel : elle était déjà suffisamment lubrifiée.
Les yeux de Severus s'agrandirent, clairement étonné, mais il ne passa aucun commentaire. Ses mains empoignèrent les hanches de la jeune femme et, ensemble, ils atteignirent l'orgasme dans une symphonie de halètements, de sons rauques et de gémissements.
Hermione : 0 / Hormones : 3
« Je t'aime, » souffla Hermione après un moment de repos, son corps exténué enroulé autour de celui, svelte, de Severus.
« Je t'aime aussi, » murmura l'homme dans son oreille, la repousse du matin de sa barbe grattant la joue d'Hermione, laquelle sourit en attendant l'aveu qui, encore aujourd'hui, ne lui venait pas si facilement. « Sauf qu'on ferait mieux de se lever et de s'habiller avant que notre fils— »
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que des pas précipités se firent entendre dans le couloir en direction de leur chambre.
« Bon sang! » S'exclama Hermione en sautant hors du lit et en enroulant une robe de chambre autour de son corps nu. Elle eut tout juste le temps de nouer la ceinture de tissu à sa taille que leur porte s'ouvrit, laissant apparaître un Ethan bougon.
Severus recouvrit son corps avec le duvet du lit, drapant son avant-bras sur ses yeux en expirant. Ils l'avaient échappé belle ce matin, mais s'ils continuaient ainsi, ce n'était qu'une question de temps avant que leur fils de 4 ans ne les surprenne en pleins ébats sexuels.
« Maman? » Grogna Ethan en se frottant les yeux, ses boucles noires partant dans toutes les directions sur sa tête. « J'ai faim. »
Hermione contourna le lit et se dirigea vers l'enfant. « Oh, on est grincheux, ce matin, on dirait, » dit-elle gentiment, soulevant son fils et le plaçant sur sa hanche. Ethan enroula ses bras maigrichons autour des épaules de sa mère, ses pieds nus se balançant au bout de ses longues jambes. À l'instar de son père lorsque celui-ci était enfant, Ethan était plutôt grand et mince, lui donnant un air dégingandé et maladroit, au grand dam de Severus. Hermione, elle, le trouvait adorable et parfait! L'apparence de son fils à l'âge de 4 ans ne faisait que confirmer son intuition qu'une fois adulte, il allait ressembler à Severus plus que jamais : grand, sombre et d'une prestance imposante.
« Maman connaît le remède parfait contre les petits sorciers bougons, » confia Hermione au gamin en chatouillant le bedon de l'enfant qui dépassait de son pyjama relevé.
Ethan ronchonna un moment, se débattant, mais bien vite ses éclats de rire résonnèrent dans la chambre. « Maman! Arrêêêêteuh! »
Severus regarda sa femme et son fils, se demandant, une fois de plus, comment il avait pu avoir autant de chance.
« Prends le temps de te lever et de t'habiller, » dit Hermione à Severus lorsqu'elle abandonna sa torture. « Je m'occupe du monstre. » Puis, leur fils toujours dans ses bras, elle quitta la pièce.
Severus se leva du lit, utilisa la salle de bain et revint dans la chambre. Il venait tout juste d'enfiler un pantalon lorsqu'Hermione resurgit dans la chambre, une expression paniquée sur ses jolis traits.
« Doux Merlin, tu as vu l'heure?! » S'écria-t-elle. « Je suis en retard! »
Elle envoya valser Ethan sur leur lit (celui-ci rigola et entreprit de sauter sur le large matelas), agrippa un jeans, une blouse et quelques sous-vêtements propres et s'enferma dans la salle de bain que Severus venait tout juste de libérer.
D'un simple regard noir, Severus fit savoir à son fils que son comportement n'était pas toléré, mais il n'eut pas le cœur de le gronder davantage. Décidément, ce petit garçon était, toutes choses confondues, le point faible de Severus Tobias Rogue.
Ethan rigola, ne se sentant aucunement menacé, et termina son dernier bond en position assise. « Désolé, papa, » dit-il faussement penaud. Le coeur de Severus se gonfla de fierté à ce simple mot. 'Papa'.
« Allons manger, » se contenta de dire Severus, enfilant une chemise noire et la boutonnant. « Tu sais que tu passes la journée avec grand-mère et grand-père, aujourd'hui, tu te souviens? »
Ethan acquiesça avec un sourire. « Oui, et grand-papa va jouer au ballon avec moi! » Il tendit ses bras vers son père qui sans tarder, le prit entre les siens et embrassa le dessus de sa tête bouclée. Il l'amena jusque dans la cuisine où, d'un sort formulé un peu plus tôt par Hermione, des œufs au bacon étaient en train de cuire dans une poêle, une carafe de jus de citrouille versait son contenu dans un verre à bec pour Ethan et où un puissant et revigorant arôme de café emplissait la pièce.
« Mmh, » souffla Severus, ravi. « Qu'est-ce que je peux l'aimer, ta mère! » Ethan lui sourit, dans la confidence.
Alors que le gamin prenait place à la table, Severus se servit une tasse de café et regarda l'horloge sorcier qui trônait au-dessus de leur foyer dans le salon: un cadeau de mariage que le couple avait reçu des Weasley trois ans plus tôt. Les aiguilles 'Severus' et 'Ethan' étaient toutes deux pointées sur 'à la maison', mais celle d'Hermione hésitait entre 'à la maison' et 'à l'université', montrant à la fois l'endroit où elle se trouvait et celui où elle devrait déjà être.
« Merde, merde, merde, merde, » chantonnait Hermione tout bas par le temps qu'elle les rejoigne dans la cuisine, les mains dans les cheveux, afin de les sécuriser dans une queue de cheval haute sur son crâne. Elle rassembla quelques livres et rouleaux de parchemins qui traînaient sur le bureau dans le coin de la cuisine, les plaça sans délicatesse dans son vieux sac d'école en cuir, empoigna sa robe de sorcière bleue de sur son crochet et activa les flammes du foyer d'un coup de sa baguette.
« Calme-toi, Hermione, tu n'es pas si en retard que ça. Tu ne seras pas la dernière arrivée, ça, c'est sûr, » lui dit Severus, un sourire en coin.
« Nuh-uh, » contra Hermione en prenant une gorgée de son café avec empressement et se brûlant le palais avec. « Ow. Tu ne comprends pas; l'université a organisé une conférence avec un professionnel, aujourd'hui. Elle commence dans quelques minutes à peine. » Elle lui rendit sa tasse.
Hermione prit quand même le temps d'ingurgiter quelques bouchées d'œufs, accompagnée d'un rôti au beurre (jeûner dans son état n'était pas recommandé), et embrassa Severus, prenant une pause pour s'attarder quelques secondes, ses lèvres sur les siennes. « Hm, je t'aime, » lui rappela-t-elle, satisfaite.
Elle enfila sa robe d'étudiante par-dessus ses vêtements moldus: une manie que tous les étudiants de la faculté de Magie et de Sorcellerie supérieure de l'Université de Cambridge avaient pris l'habitude de faire afin de pouvoir profiter librement de la cité moldue entourant l'université.
Hermione embrassa le front de son fils, lui souhaitant une belle journée et l'encourageant à être sage, jeta une pincée de poudre de cheminette dans les flammes du foyer, y pénétra et énonça « Cambridge, » d'une voix claire. L'image de sa famille —deux têtes aux cheveux sombres et aux yeux encore plus sombres— l'accompagna jusqu'à sa sortie du foyer, de l'autre côté des flammes.
Elle n'avait même pas remarqué le rictus amusé de son époux.
oOo
L'atrium du pavillon magique de l'université était immense, à l'image de celui du Ministère. Tout autour, des dizaines et des dizaines de foyers s'activaient régulièrement de flammes vertes afin de laisser aller et venir les sorciers qui fréquentaient l'établissement. Au centre, plusieurs petits kiosques à café ou restaurants de tout genre prenaient place, accompagnés de tables où les étudiants pouvaient manger, travailler ou se reposer entre deux cours. Tout autour, des escaliers menaient aux salles de classe et à la bibliothèque. Une immense cour extérieure, terrain de Quidditch inclus, le tout protégé d'une barrière repousse-moldus, était à leur disposition sur le campus. L'ambiance était accueillante, joviale et effervescente.
Ces trois dernières années, Hermione avait joui de sa vie universitaire et un sentiment de nostalgie l'envahissait à chaque fois qu'elle songeait au fait qu'il ne lui restait plus que quelques semaines d'étude. Le mois de mai était bien entamé déjà et, dans moins d'un mois, Hermione terminerait ses études à l'Université de Cambridge avec une majeure en Arithmancie et une mineure en Potions. Ayant déjà fait son stage à l'hiver dans le fameux département des Mystères au Ministère de la Magie, Hermione savait qu'un emploi l'attendait déjà, dès qu'elle le désirerait; elle avait fait bonne impression.
Elle entra dans la salle de conférence avec un soupir de soulagement lorsqu'elle remarqua l'absence du professeur Ward ainsi que celle de l'invité surprise. Il y avait là pas moins de cent cinquante à deux cents étudiants.
« Hermione! » Entendit-elle, et elle se dirigea vers les deux anciens élèves de Poudlard qui lui avaient réservé une place, vers l'arrière : Neville Londubat, étudiant en Botanique avec une mineure en Potions, et Pansy Parkinson, qui étudiait pour devenir Médicomage, spécialité gynécologie, qui devait également posséder une mineure en Potions. Ces trois dernières années, Hermione avait partagé tous ses cours de Potions avec eux, et les deux Gryffondor s'étaient liés d'amitié avec la jeune Serpentard. Hermione réalisait désormais que son mari avait dit vrai; en dehors de Poudlard, la rivalité de leur maison respective n'avait aucune importance.
« Qu'est-ce que j'ai manqué? » Demanda Hermione en prenant place aux côtés de Pansy.
« Rien, encore, » répondit la jeune fille en prenant une gorgée de son smoothie d'une couleur douteuse. Une odeur épicée parvint aux narines d'Hermione, qui sentit son estomac se retourner.
« Les étudiants de premier et deuxième cycles sont également invités, » commenta Neville, expliquant le nombre élevé d'étudiants présent, ignorant du malaise de son amie.
Pansy, au contraire, le remarqua. « Ça va, Hermione? »
La jeune femme acquiesça, sortant un cahier de notes, sa plume et une bouteille d'encre. « Oui. Euh… qu'est-ce que tu bois, au juste? »
« Oh, » rigola Pansy. « C'est un nouveau smoothie thérapeutique pour les nerfs, tu en veux? » Elle avança le breuvage vers Hermione qui s'en éloigna aussitôt.
« Ew, non. Il a une odeur étrange, ton truc, » dit-elle, blanchâtre.
Pansy ne dit rien, surveillant les traits maladifs de la jeune Gryffondor et sentant son smoothie. « Je ne sens rien d'anormal, » conclut-elle. « Neville? »
Elle tendit son verre vers le garçon qui le sentit à son tour. « Nope, je ne sens rien, » approuva-t-il. Les deux amis fixèrent un même regard inquiet vers Hermione.
Celle-ci balaya leurs craintes d'un revers de la main. « Mon odorat est clairement plus développé que le vôtre, » dit-elle en rigolant. Neville lui rendit son sourire, mais Pansy l'évalua du regard pendant encore quelques minutes. « Pas maintenant, » insista Hermione, ce qui était l'équivalent d'une confession aux oreilles de Pansy, qui eut un sourire en coin.
Soudain, il y eut une accalmie sonore et Hermione et ses deux amis se retournèrent vers le devant de la classe où leur professeur de potions, Maître Gideon Ward, entra avec un sourire. C'était un homme d'une carrure moyenne, aux cheveux gris sablés et aux yeux bruns rieurs.
« Bonjour, tout le monde, bonjour! » Tonna-t-il jovialement. « Je vois que vous êtes nombreux à participer à cette conférence, vous m'en voyez ravi. Notre invité ne devrait pas tarder à arriver. »
Un murmure approbateur reprit dans la pièce.
Hermione jeta un regard autour d'elle, ses yeux balayant l'assemblée et s'arrêtant sur Marjorie Chapman, une sorcière américaine faisant une majeure en Potions et une mineure en Arithmancie, à l'inverse d'Hermione. Les deux jeunes femmes partageaient quelques cours communs, et ces trois dernières années, elle était devenue sa meilleure rivale.
Marjorie était assise dans la toute première rangée. Prévisible, pensa Hermione avec un sourire en coin.
Soudain, la porte au bas de la pièce s'ouvrit et le professeur Ward se leva pour accueillir l'homme qui entra, lui serrant la main. Le nouveau venu était grand, sombre, inspirait le respect et dégageait une certaine autorité. Il portait des bottes en peau de dragon et une robe de sorcier noire, déboutonnée, qui laissait voir un pantalon et une chemise noire. Ses cheveux, autrefois à la hauteur de ses épaules, étaient désormais un peu plus courts, dépassant à peine ses oreilles à l'avant et descendant sur sa nuque à l'arrière. Une repousse de barbe noire sur sa mâchoire laissait deviner le type de matin empressé qu'il avait dû subir.
Neville s'avança dans son siège et regarda Hermione par-delà Pansy avec des yeux ronds, bouche bée.
Ébahie, Pansy claqua sa paume sur la cuisse d'Hermione, comme pour attirer son attention.
Hermione cligna des yeux, stupéfaite.
« Tu le savais? » Demanda la Serpentard.
« Non, » avoua Hermione, secouant la tête. « Il ne m'en avait rien dit. »
Un silence respectueux, empli d'une énergie électrisante, emplissait désormais la pièce. Les deux hommes échangèrent quelques mots, puis le professeur Ward se tourna vers l'assistance et adressa quelques mots.
« Aujourd'hui, nous accueillons le très renommé Maître de potions, Severus Rogue. Severus a étudié ici même de 1978 à 1981, une majeure en Potions ainsi qu'une mineure en Charmes, avant de devenir professeur à la très célèbre École de magie et de sorcellerie de Poudlard pendant près de 16 ans. » Si Maître Ward était au courant du passé de Mangemort de l'homme, qui avait eu lieu lors de ses années d'études universitaires, il se garda de le mentionner.
« Je sais qu'il y a d'anciens élèves de Poudlard dans la salle, » ajouta le professeur Ward, « s'il vous plaît, s'il vous plaît, levez la main. »
Il y eut un moment d'hésitation, puis quelques mains se levèrent. Terry Boot, un ancien Serdaigle qui était assis un plus loin du trio, était le seul autre élève de Poudlard dans leur année. Parmi ceux des premier et second cycles, il y eut quelques mains; en tout et pour tout, 16 élèves avouèrent avoir fréquenté Poudlard.
C'était très peu, en fait. Poudlard avait une réputation et une renommée sans égale. Surtout si un sorcier ou une sorcière prévoyait de travailler en Angleterre, la plupart du temps, leur diplôme de Poudlard se révélait amplement suffisant. Certains programmes, comme l'entraînement d'Auror, par exemple, était donné à même le département de Défense du Ministère.
C'était d'ailleurs là la profession que les deux meilleurs amis d'Hermione avaient choisie. Si leur participation à la bataille du Manoir Malefoy et leur victoire contre Voldemort n'avaient pas été jugées suffisantes pour leur octroyer l'entrée à l'académie des Aurors, la lettre de recommandation remplie d'éloges de leur sévère professeur de Défense contre les forces du mal aurait suffi à leur ouvrir toutes les portes!
Non, le diplôme universitaire n'était réclamé que pour quelques professions en particulier. Celles de Médicomages, bien évidemment, mais aussi pour devenir Maîtres (de potions, de charmes, de transfiguration, d'arithmancie et de runes) ce qui offrait d'incroyables possibilités d'emploi pour quiconque voulait faire carrière.
Aussi, comme les universités ayant des facultés de Magie et de Sorcellerie supérieure n'étaient pas si répandues (Cambridge au Royaume-Uni, Harvard en Amérique, Mumbaï en Indes et Atomi au Japon), la majorité des étudiants venaient en fait de l'extérieur du pays, supplantant ainsi le nombre d'étudiants ayant fait leurs études à Poudlard.
Les yeux de Severus scannèrent les visages devant lui, reconnaissant ses élèves, les évaluant du regard. Hermione savait qu'il jugeait par lui-même s'ils méritaient leur place ici ou non, et sauf peut-être pour Neville, pour lequel son opinion était plus que mitigée, il sembla accepter la situation.
Professeur Ward fit de même, regardant les étudiants aux mains levées d'un œil critique. Puis, un sourire éclaira son visage. « Ah! » Dit-il enfin. « J'aurais dû me douter que ceux-là étaient les tiens, Severus. Ils ont tous une éthique de travail irréprochable, et une connaissance de base bien supérieure à la moyenne. »
Plusieurs autres étudiants se retournèrent pour voir lesquels parmi eux avaient levé la main et méritaient ainsi de tels éloges. Les anciens élèves de Poudlard abaissèrent leurs mains, conscients des regards jaloux dirigés vers eux.
Si seulement ils savaient quel genre de professeur Rogue avait été, ils ne seraient pas aussi envieux.
Hermione sentit une paire d'yeux sur elle et dévisagea Marjorie en retour. La blonde se retourna d'un geste mécontent et raide.
Severus, lui, ne commenta pas, se contenta de croiser les bras sur son torse et esquissa un rictus. Plusieurs auraient pu croire qu'il était indifférent, voire désintéressé. Hermione, qui connaissait mieux son homme que quiconque, devina sa fierté.
Gideon Ward reprit. « Severus a aussi rédigé plusieurs ouvrages sur les potions ces deux dernières années. Il travaille présentement à son compte, utilisant son temps précieux à faire les concoctions les plus complexes pour les réserves de Ste-Mangouste, mais aussi pour faire ses propres expériences et recherches. Et c'est de cela qu'il est venu nous parler aujourd'hui. Severus… »
« Bonjour, » commença Severus de sa voix de velours. Hermione tressaillit; plus de trois ans s'étaient écoulés depuis que Severus lui avait enseigné quoique ce soit dans le cadre d'un cours, et elle réalisa combien la situation présente lui plaisait. Il y avait quelque chose d'excitant dans le fait d'avoir son mari de nouveau comme 'professeur'. « Pardonnez mon retard, » reprit l'homme en boutonnant soigneusement sa robe de sorcier.
« Cinq points de moins pour Serpentard, professeur, » ricana un étudiant. Certains anciens élèves de Poudlard rigolèrent à la blague, sous les regards médusés de leurs camarades de classe.
Avec un simple haussement de sourcil intimidant, Severus ignora l'interruption et commença sa présentation. Il parla des progrès qu'il avait accomplis avec l'aide de Médicomages expérimentés, des diverses potions qu'il avait réussi à améliorer, des expériences qu'il avait menées, certaines concluantes, d'autres des désastres. Il leur parla des qualités qu'un bon Maître de potions nécessitait, mais d'abord et avant tout, il leur parla de l'importance de faire confiance à son instinct.
La matinée passa rapidement. Plusieurs étudiants posèrent des questions, auxquelles Severus répondit avec passion et respect. Il n'insulta personne, au grand étonnement des anciens élèves de Poudlard, sauf peut-être d'Hermione.
Celle-ci avait écouté et observé son mari avec un mélange de fierté, de curiosité et… de désir. Sa voix grave résonnait dans la pièce, posée et sûre de lui, et donnait des frissons à Hermione. Ses mains gesticulaient au rythme de ses paroles, ses longs doigts se perdant à quelques reprises dans la repousse de barbe sur son menton, une habitude nouvelle de ce matin même, n'ayant pas l'habitude de porter la barbe. Hermione le trouva particulièrement séduisant. Et c'était sans compter les regards qu'il, très subtilement, lui envoyait sans cesse. Hermione croisa ses jambes et se crispa. S'en était ridicule, vraiment, comment cet homme réussissait à la rendre complètement folle de désir pour lui seul.
Quand la présentation s'achevât, Hermione avait la tête dans la paume de sa main, le coude sur la tablette qui lui servait de table de travail, les yeux fiévreux et elle mordillait sa lèvre inférieure. Ce fut le coup de coude de Pansy qui la fit réaliser que les sorciers et sorcières autour d'elle ramassaient leurs effets personnels et se levaient. Professeur Ward annonça que, pour les étudiants de troisième cycle, Severus performerait un laboratoire en après-midi. Alors que la majorité du groupe quittait la pièce, une dizaine d'étudiants entourèrent le professeur Ward et son invité.
« Tu déjeunes avec nous aujourd'hui, ou—? » Demanda Pansy.
Hermione hésita entre ses amis et son mari pour un gros total de deux secondes. « Je vais demander à Severus s'il a des plans pour déjeuner… sinon je vous retrouve au café du Borgne, d'accord? » C'était leur café-resto de prédilection.
« Sûr, » répondit Neville avec un sourire.
Hermione s'empressa de ramasser ses effets personnels, passa l'anse de son sac sur son épaule et descendit les marches jusqu'au bas de la pièce.
Severus était en discussion avec deux anciens élèves de l'Institut de Durmstrang que Gideon Ward venait de lui présenter. Hermione attendit son tour silencieusement, se plaçant aux côtés de Marjorie.
« Comment as-tu trouvé la présentation? » Lui demanda la jeune sorcière américaine.
Hermione lui sourit. « C'était bien, » répondit-elle vaguement.
« Bien? » S'offusqua Marjorie. « C'était brillant! »
Leur conversation attira l'attention sur elles et le professeur Ward leur sourit. « Ah, Severus, voici deux de nos étudiantes les plus prometteuses. Miss Marjorie Chapman et… eh bien, je suppose que vous connaissez Hermione Granger. »
Severus se contenta d'acquiescer, son visage sans expression. « Sous un autre nom, mais oui. » Marjorie regarda Hermione avec suspicion alors que la jeune femme pinça les lèvres pour cacher un sourire : depuis leur mariage, Severus retirait beaucoup de fierté à l'appeler Mrs. Rogue, mais comme elle avait fait son inscription à l'université avant leur mariage, Hermione avait préféré garder son nom de jeune fille.
« Mesdames, aviez-vous des questions pour Maître Rogue? » Demanda le professeur Ward.
Marjorie acquiesça rapidement. « J'en ai une, en effet. Monsieur, accepteriez-vous de me former comme apprentie? »
Les yeux de Severus s'agrandirent imperceptiblement, seul signe visible de sa surprise. Hermione, à l'opposé de son époux, se tourna vivement vers la jeune femme à ses côtés, son ahurissement bien visible sur son visage.
Marjorie lui adressa un rapide coup d'œil et un sourire en coin victorieux. Elle avait réussi non seulement à surprendre sa rivale, mais elle l'avait surtout devancée avec sa requête.
« Je… suis très touché par votre intérêt, Miss Chapman, mais je ne— »
« Ne répondez pas tout de suite! Je vous en prie, prenez le temps d'y réfléchir, » supplia Marjorie, sentant venir un refus.
Severus serra les mâchoires, contrarié de s'être fait interrompre. Cette demoiselle ignorait vraiment tout de son tempérament.
Réalisant le malaise, le professeur Ward intervint de nouveau. « Hermione, très chère, vous aviez également une question? »
Hermione acquiesça d'un signe de tête et sourit à Severus. « En fait, je me demandais seulement si je pouvais t'inviter à déjeuner, ou si tu avais d'autres plans? »
« Qu-quoi!? » Sembla s'étrangler Marjorie. Et elle ne semblait pas la seule surprise par ce revirement de situation. Tout le monde présent s'était attendu à ce qu'Hermione pose une question académique, et non personnelle.
Severus retint un rictus amusé et se tourna vers Ward.
« Oh, » répondit celui-ci, réalisant la sous-question qui lui était adressée, « vous êtes libre pour la prochaine heure et demie, Severus. »
Severus sourit à Hermione. « Dans ce cas, je suis tout à toi, Mrs. Rogue, » dit-il d'une voix suave, tendant ses bras de chaque côté de son corps, paumes vers le haut comme une offrande.
Hermione mordilla ses lèvres et se réfugia dans son étreinte, passant un bras autour de sa taille alors qu'il entourait ses épaules du sien; ensemble, ils se dirigèrent vers la sortie.
« Ne fais pas de promesse que tu ne pourras tenir, » dit-elle à voix basse pour lui seul et il lâcha un éclat de rire.
« Insatiable, » l'entendit-elle murmurer dans un souffle et elle haussa les épaules; si seulement il savait.
La jeune femme remarqua que le professeur Ward, ainsi que les quelques étudiants restants, les épiait en silence, mais cela faisait un moment déjà qu'Hermione s'était habituée aux regards que son couple recevait. Elle les ignora et avec son mari, ils sortirent de la salle de conférence, leurs robes bleue et noire volant derrière eux.
oOo
« Ethan est chez mes parents? » Demanda-t-elle, connaissant déjà la réponse.
« Oui, » dit Severus, « et j'ignore qui était le plus excité entre ton fils ou ton père. »
« Probablement mon père, » pouffa Hermione et Severus acquiesça.
Hermione guida Severus vers le nouveau restaurant de cuisine italienne qui venait d'ouvrir à l'angle des rues Silver et Trumpington, tout près du campus. Ils avaient tous deux retiré leurs robes de sorcier, leurs baguettes dissimulées dans les manches de leurs chemises. Ils prirent place dans le luxueux restaurant pendant que Severus raconta à Hermione sa matinée précipitée, à laquelle Hermione s'excusa de l'avoir quitté à la hâte. « Si j'avais su, » contra la jeune femme, amusée.
« Je voulais te faire la surprise, » expliqua Severus en regardant le menu.
« C'était réussi, » dit Hermione. « C'était quand même un peu bizarre de te revoir devant une classe. » Elle s'arrêta de parler lorsqu'un serveur s'approcha avec une bouteille de la sélection de vin du jour. Severus fit signe au serveur, qui versa l'équivalent d'une gorgée de vin dans sa coupe, puis Severus la fit tournoyer, sentit les arômes et humecta ses lèvres. Hermione regardait, muette, fascinée. Lorsque Severus acquiesça, le serveur remplit sa coupe à moitié et se tourna vers Hermione, qui refusa et demanda un verre d'eau. Severus nota, haussa un sourcil, mais ne commenta pas. Espérant éviter un interrogatoire sur ses nouvelles habitudes alimentaires, Hermione reprit la parole : « Est-ce que ça te manque? D'enseigner, je veux dire. »
Severus émit un son entre l'étonnement, le dégoût et l'amusement. « Par Merlin, non! »
Hermione rigola. « N'empêche, ça doit être bien d'avoir des étudiants intéressés et compétents devant soi, non? »
« Une nette amélioration, » admit le Maître des potions avec un rictus, « mais je ne changerais pas ma situation actuelle même pour tout l'or du monde. »
Hermione sourit, attendrie. Elle savait que la 'situation actuelle' dont Severus parlait était en fait leur situation 'familiale'.
Le serveur revint, déposa un panier de pain chaud et de beurre fouetté sur la table avant de prendre leurs commandes. Alors qu'ils attendaient leur repas, Hermione continua leur discussion en émiettant un bout de pain. « Tu n'as jamais songé à prendre un apprenti? » S'enquit la jeune universitaire.
Severus leva le regard vers sa femme. « Pas spécialement, » admit-il et Hermione hocha la tête, se remémorant son état de pure surprise devant la demande de sa camarade de classe.
« Pourtant tu ferais un très bon maître. N'importe quel apprenti serait chanceux de t'avoir, » dit-elle avec sincérité.
Le Maître des potions secoua la tête. « Je préfère travailler en solitaire. » C'était faux, et elle le savait. Les fois où il lui avait demandé son avis, ou son aide avaient été très nombreuses au cours des dernières années. Avoir quelqu'un avec qui travailler et échanger ses idées sur une base quotidienne ne pouvait qu'être positif, surtout si ce quelqu'un était avide d'apprendre et de plaire. Severus pourrait former son apprenti à son image, afin qu'il développe une éthique de travail irréprochable, digne de lui.
Severus sembla contempler l'idée plus sérieusement lorsqu'Hermione lui exposa ses arguments, mais finit par décliner de nouveau. « Je n'aurais pas le temps d'enseigner et de former un apprenti avec Ethan autour. »
« Je comprends, » acquiesça Hermione. « Mais… et si je restais à la maison avec lui? Ça te libérerait suffisamment d'heures dans la journée. »
L'homme devant elle haussa les sourcils, ses magnifiques yeux sombres s'agrandissant sous la surprise face à la soudaine proposition. Souhaitait-elle à ce point à ce qu'il prenne un apprenti? De quoi était-il réellement question, ici?
« Je croyais que tu voulais devenir une Langue-de-Plomb, » lui rappela-t-il, confus.
Hermione hocha la tête d'un mouvement vif. « C'est encore le cas! C'est juste que... eh bien, rien ne presse. »
L'homme l'évalua du regard, passant un doigt fin sur sa lèvre inférieure, comme il avait l'habitude de faire lorsqu'il était songeur. « De quoi s'agit-il, exactement? » Demanda-t-il plus doucement.
Hermione lui sourit tendrement. « J'ai réfléchi. J'ai passé les dix dernières années à étudier, tu sais... »
Il hocha la tête. « Tu es Hermione Granger-Rogue. Bien sûr que tu as passé les dix dernières années à étudier. »
Hermione rigola un instant, le rouge aux joues, avant de retrouver son sérieux. « J'ai surtout passé l'équivalent de la vie entière de notre fils à l'école. Et d'ici un an, c'est lui qui commencera la petite école. Je crois que... Enfin, j'aimerais beaucoup passer du temps avec lui. N'être rien d'autre que 'maman à temps plein', tu saisis? »
Severus acquiesça et étendit son bras par-delà la table pour venir caresser la joue d'Hermione du dos de sa main. « Il adorerait ça, » dit-il simplement, lui prouvant ainsi tout son soutien.
Bientôt, leurs calzones arrivèrent – épinard et feta pour Hermione; jambon, mozzarella et tomates séchées pour Severus – et le couple commença à manger.
« Je peux goûter? » Demanda Hermione. Severus acquiesça, coupa un morceau de sa calzone et amena sa fourchette aux lèvres de sa femme. « Mhmm, » gémit-elle de plaisir. « La tienne est bien meilleure que la mienne! »
En fait, la mozzarella et le jambon avaient un aspect salé qui manquait aux épinards et au feta présents dans la calzone d'Hermione. Ayant les papilles gustatives un peu détraquées ces derniers temps, Hermione tenta de manger son propre repas, mais la plupart du temps, sa fourchette faisait l'aller-retour dans celui de Severus. « Trop bon, » gronda-t-elle en engouffrant dans sa bouche une autre bouchée du repas de son mari et s'essuyant la commissure des lèvres avec sa serviette de table.
Severus posa doucement sa fourchette sur la table, agrippa sa coupe de vin, se recula dans une position décontractée sur sa chaise, et prit quelques minutes pour observer sa femme. Silencieux, un doux sourire aux lèvres, il dégustait son vin d'un air satisfait.
Trop occupée à finir son assiette… et celle de Severus, Hermione mit un certain temps avant de s'apercevoir que son mari la fixait d'un air entendu.
« Quoi? » Demanda-t-elle, soudainement consciente de son comportement.
« Rien, » répondit Severus avec une touche d'humour en haussant un sourcil.
Hermione eut un soupir et rendit son sourire à l'homme. « Vas-y, pose-la ta question. »
Severus secoua la tête doucement et prit une nouvelle gorgée de vin. « Oh, je ne veux présumer de rien… »
« ... mais? »
Hermione ignorait pourquoi elle insistait. Clairement, ce n'était pas là la façon dont elle avait prévu annoncer la nouvelle à son partenaire, mais rien dans cette journée ne s'était déroulé de la façon dont elle l'avait planifié, de toute façon.
Severus fit tourner le vin dans sa coupe, feignant un air désintéressé. « Je me demandais seulement… ça fait combien de temps, déjà, qu'on a décidé de ne plus avoir recours aux sorts de contraception? »
Une jolie teinte rosée couvrit les joues d'Hermione alors qu'elle haussait les épaules d'un air faussement désinvolte, jouant le même jeu que lui. « Je ne me souviens plus… quelques semaines? »
Severus retint un ricanement. « Je dirais plutôt quelques mois, » rectifia-t-il.
« C'est possible, » confirma Hermione en prenant une gorgée d'eau nonchalamment.
En fait, ils avaient pris la décision d'essayer pour un deuxième enfant lors de l'anniversaire de leur fils, qui pour la première fois en 4 ans, avait été fêté le jour même, soit le 29 février dernier.
Le mois de mars s'était alors transformé en un véritable marathon de sexe!
En vain… Leurs tentatives n'avaient pas fonctionné dès le premier mois, décevant la jeune femme plus qu'elle ne l'aurait dû l'être. Ethan avait été conçu si rapidement, dès le premier coup, sans même l'avoir voulu, et voilà que cette grossesse-ci, si désirée, se faisait attendre. Hermione l'avait ressenti comme un échec, en tant que femme et en tant que mère, ce qui était absurde, bien entendu.
Severus avait passé un week-end entier à la consoler avant de lui proposer d'essayer autre chose. Ils n'essaieraient plus si activement de concevoir un enfant, mais laisseraient plutôt agir la nature. Un jour ou l'autre, lorsque ce bébé serait enfin prêt, il viendrait s'ajouter à leur famille; Severus n'en doutait pas un seul instant, et Hermione se laissa convaincre.
Puis, avril était arrivé avec son lot de travail, enclenchant la dernière étape vers la fin de session universitaire. Hermione avait alors eu d'autres priorités : travaux à remettre, examens, thèse. Encore une fois, Hermione faillit manquer le signe le plus distinctif d'une grossesse: le retard dans ses règles.
Elle en avait la certitude depuis un peu plus d'une semaine désormais, comprenant enfin ses sautes d'humeur, sa fatigue extrême, ses nausées, et surtout, surtout, sa libido accrue. Cependant, elle cherchait une façon originale de l'annoncer au papa, la dernière fois ayant été plutôt… désastreuse.
De toute évidence, celui-ci était à la recherche d'une confirmation. Était-elle enceinte, ou cherchait-elle encore à le devenir?
« Tu n'aurais pas quelque chose à me dire? » Insista Severus.
« Je ne sais pas, » le tourmenta-t-elle davantage. « As-tu quelque chose à me demander? »
« Her-mi-one, » dit-il sur un ton où l'impatience commençait à se faire sentir.
« Sev-e-rus, » imita-t-elle, taquine.
« Des desserts? » Interrogea soudain le serveur.
Le couple sursauta, mettant fin aux regards lourds de sens qu'ils s'échangeaient.
« Non, merci, » le renvoya Severus d'un ton sec, énervé de s'être fait interrompre. Mais au même moment, Hermione s'exclama, « Oh, oui! Je goûterais bien aux profiteroles au caramel, s'il vous plaît. Merci. »
« Un très bon choix, » acquiesça le serveur avant de s'éclipser avec leurs assiettes vides.
Severus reposa ses yeux noirs au regard tendre sur sa femme. Au même moment, Hermione appuya ses avant-bras à l'endroit où avait été son assiette, pencha le haut de son corps au-dessus de la table et approcha son visage vers son mari.
« J'ai une faim de loup, » lui dit-elle dans un murmure, tel un secret.
« Mh-mm, » approuva Severus en s'approcha d'elle à son tour, « tu m'en diras tant. »
Puis, aidé d'une main élégamment posée sur la nuque de la jeune femme, il l'attira à lui et captura ses lèvres. Hermione sourit dans le baiser, sa langue dardant pour titiller celle de son époux, lui faisant savoir exactement de quel genre de 'faim' il s'agissait. Elle ne put s'empêcher de gémir lorsqu'il suça sa lèvre inférieure dans sa bouche.
Ils passèrent quelques minutes à s'embrasser, ne se souciant guère de ce qui se passait aux alentours, avant de se souvenir de l'endroit où ils étaient. Lorsqu'Hermione recula et reprit son siège, les yeux brillants et les joues rouges, Severus lui fit un sourire en coin, satisfait. Il avait clairement plus de pouvoir sur elle qu'elle en avait sur lui. Agacée et fiévreuse à la fois, Hermione se leva et se dirigea vers les toilettes des dames.
Severus la suivit du regard, sirotant de nouveau sa coupe de vin. Ses yeux dilatés étaient fixés sur le roulement des hanches de sa femme, ainsi que sur la courbe de ses fesses, si aguichantes dans ce jeans moldu moulant.
Juste avant qu'elle ne disparaisse dans le couloir menant aux toilettes du restaurant, Hermione se retourna vers lui, bien consciente de son regard sur elle, et lui fit un sourire séduisant accompagné un clin d'œil, juste avant d'user de sa baguette magique pour jeter un sort de désillusion sur elle-même.
« Oh, par Salazar, » jura Severus dans un souffle. Si ça, ce n'était pas une invitation claire, alors il ignorait ce que c'était. Buvant le reste de son vin d'un seul coup, Severus se leva et suivit la direction de sa jeune épouse, roulant ses manches jusqu'aux coudes et libérant les deux boutons du haut de sa chemise noire. Pour une fois, il se régala de son absence de robes de sorcier imposantes, passant plus ou moins inaperçu parmi les clients du restaurant.
Le couloir menant aux toilettes semblait désert à première vue, mais rapidement, une main s'empara de lui, le poussant dos au mur, et des lèvres chaudes et humides attaquèrent sa gorge et sa mâchoire alors que la poitrine et le petit corps tout entier de sa douce moitié se collèrent à lui. Un coup de baguette se fit ressentir sur son épaule et la magie descendit aussitôt sur lui, l'alertant du fait que sa femme venait de le désillusionner à son tour. Désormais, quiconque regarderait dans leur direction et ne s'attendrait pas à y voir un couple à la passion effrénée n'y verrait rien d'anormal. Ils n'étaient pas invisibles, juste camouflés par la magie.
« Tu es sérieuse? » Demanda Severus lorsque la main d'Hermione caressa son entrejambe, le faisant durcir de plus en plus.
« Oh, on ne peut plus sérieuse! »
« Ici? »
Hermione acquiesça dans son cou, suçant cet endroit qui le rendait complètement fou, tout près de sa cicatrice. « J'ai eu envie de toi dès que tu as mentionné les trois plus grandes qualités d'un Maître des potions accompli, » avoua-t-elle, faisant référence à la conférence qu'il avait donnée un peu plus tôt dans la matinée.
« Merlin, » souffla-t-il, le peu de résistance dont il avait fait preuve jusqu'à maintenant s'évaporant aussitôt. Il agrippa le bras de sa femme qui riait et l'entraîna dans les toilettes des dames avec empressement!
Hermione : 0 / Hormones : 4
oOo
« Ahh, la revoilà! » Ricana Pansy en regardant Hermione de la tête aux pieds alors qu'elle rejoignait ses deux amis au Café-du-Borgne. « Alors, on est satisfaite? »
Hermione rougit jusqu'à la racine des cheveux alors que Neville cacha un sourire derrière sa main. Déposant son sac à dos au sol et sa robe bleue de Cambridge sur le dossier d'une chaise, Hermione prit place à la table avec ses deux compagnons, se battant avec son élastique à cheveux dans l'espoir de refaire sa queue de cheval et ainsi mettre un peu d'ordre dans ses cheveux frisés de sueur. Aussitôt fait, elle replaça sa blouse fripée plus bas sur ses hanches.
Pansy et Neville échangèrent un regard et rigolèrent.
« La ferme, » protesta Hermione sans grande conviction alors qu'en fait, ses amis étaient restés muets.
Pansy ricana, « Par Salazar, Hermione, tu es la définition même de la sapiosexualité! » Hermione roula des yeux alors que Neville questionna Pansy d'un regard. « Sapiosexuel; qui est sexuellement attiré par l'intelligence de son partenaire, » clarifia-t-elle avec un sourire pour le sorcier blond et d'un mouvement de tête pour référer à Hermione.
Neville siffla. « Vraiment, Hermione? Moi qui croyais que c'était seulement à cause de tes hormones!»
Hermione sursauta. « Comment sais-tu—? Oh, Pansy! »
« Quoi? » S'exclama la concernée. « Tu n'as jamais spécifié que c'était un secret! »
Pansy et Neville rigolèrent davantage, alors qu'Hermione secoua la tête, gênée que ses amis discutent d'elle, et de sa condition, en son absence. Pansy était beaucoup trop perspicace et, ayant grandi avec Ron et Harry, ce n'était pas là un trait de caractère dont Hermione avait l'habitude.
« Eh bien, s'en est un. Severus n'est pas encore au courant, » expliqua la Gryffondor.
« Oh, bien sûr, » ironisa Pansy avec un fou rire retenu.
« Hermione, » concéda Neville avec un sourire moqueur, « il doit bien s'en douter. »
« Se douter de quoi? » Demanda soudain une nouvelle voix qui s'immisça dans leur conversation.
Le trio se retourna d'un seul mouvement vers une Marjorie Chapman qui dévisageait Pansy, puis Hermione plus sérieusement.
« Rien. Ce n'est pas important, » répliqua la Gryffondor avec un sourire forcé pour sa camarade de classe, avant d'envoyer un regard d'avertissement à ses amis.
Marjorie ne releva pas le mensonge. « Oh, okay. Est-ce que vous allez au laboratoire donné par Maître Rogue? »
« Je ne manquerais pas ça même pour tous les gallions du monde, » ironisa Pansy en faisant aller ses sourcils en direction d'Hermione, laquelle roula des yeux. Marjorie força à son tour un sourire en direction de cette dernière.
« Alors, c'était bien votre déjeuner? »
« Très bien, oui, » répondit Hermione en rougissant, ce qui fit éclater de rire ses deux compagnons.
Marjorie sembla saisir le sous-entendu. « Oh, tant mieux, » dit-elle maladroitement.
Hermione se leva et replaça son sac sur son épaule et sa robe de sorcière sur son avant-bras.
« Tu veux y aller tout de suite, Marjo? Je t'accompagne si tu veux; j'ai besoin d'une pause de ces deux abrutis, » expliqua Hermione avec une certaine tendresse dans la voix.
Marjorie acquiesça volontiers et les deux jeunes femmes partirent en direction du laboratoire de potion de Cambridge. Dans leur dos, Pansy et Neville riaient et sifflaient Hermione avec humour.
« Est-ce que… » Commença l'Américaine en pointant les deux autres avec son pouce par-delà son épaule, les sourcils froncés, « ils vont bien? »
Hermione roula des yeux et gloussa doucement. « Trop bien, si tu veux mon avis. Ils se paient ma tête. »
« Parce que ton mari est le maître de potion invité? » Demanda Marjorie en replaçant une mèche de cheveux blonds derrière son oreille.
« Entre autres, » acquiesça Hermione sans rentrer dans les détails.
Elles marchèrent en silence encore un moment.
« Je trouve ça chouette, » commenta enfin Marjorie. « Vous êtes mariés depuis longtemps? »
Hermione lui envoya un sourire réservé. « Ça fera trois ans à la fin de l'été. »
Elle se rappelait encore comment Severus avait insisté pour qu'ils se marient rapidement, ne serait-ce que pour permettre à son mentor, Albus Dumbledore, d'y être présent. Le perdre avait été un coup dur dans la vie de son mari.
« Wow, » sourit Marjorie un peu maladroitement lorsqu'elle vit l'expression pensive d'Hermione. Il y eut un autre moment de silence entre les deux sorcières; contrairement à Pansy et Neville, Marjorie n'était pas l'amie d'Hermione. Leur relation était cordiale et elles avaient souvent discuté et débattu de toute sorte de sujets académiques, mais, d'aussi loin qu'Hermione pouvait se souvenir, jamais Marjorie n'avait été curieuse de sa vie personnelle. « Vous vous êtes rencontré comment? »
Hermione s'arrêta juste un peu devant l'entrée du laboratoire et dévisagea la jeune femme, sceptique. « Pourquoi? »
« Pour rien. Pour savoir, » répliqua la sorcière.
Hermione fronça les sourcils un peu plus et tenta d'analyser la réaction de la jeune femme devant elle lorsqu'elle avoua, « Il était mon professeur à Poudlard, » mais Marjorie Chapman n'en sembla ni étonnée ni rebutée.
À la place, elle offrit un sourire à sa rivale britannique et demanda, d'un air calculé : « On fait équipe, pour le lab? »
oOo
Hermione, assise sur un des tabourets du laboratoire de potions, regarda autour d'elle les étudiants qui entraient dans la classe et prenaient place aux différents postes de travail. Marjorie avait insisté pour qu'elles s'installent en toute première rangée, chose que, ayant l'habitude de travailler avec Ron et Harry, ou encore Neville et Pansy, Hermione faisait rarement. Marjorie avait déjà allumé les flammes sous leur chaudron et s'appliquait à installer les différents outils dont elles auraient de besoins devant elles; couteaux, tiges d'argent, cuillères et baguettes.
Les yeux d'Hermione furent attirés par un mouvement à l'extérieur de la classe, là où Severus et Gideon Ward étaient en train de discuter avec deux autres professeurs de l'université, dont Mrs. Attela, la professeure d'Arithmancie préférée d'Hermione.
L'attention de la jeune femme fut détournée lorsque Terry Boot et un ancien élève de Durmstrang vinrent s'installer derrière elle et Marjorie, et qu'ils rigolèrent.
« Alors, Chapman, t'essaies d'amadouer le mari d'Hermione en faisant équipe avec elle? » ricana Amadéus Petrov.
« Je te souhaite 'bonne chance', » marmonna Terry en vidant son sac, amusé.
« Quoi? Non! » S'indigna la jeune femme, mais elle fut bien incapable d'expliquer son intérêt soudain à faire équipe avec Hermione. Elle lui envoya un regard embarrassé, mais Hermione ne fit que hausser les épaules, indifférente. Elle avait bien deviné pourquoi, soudainement, Marjorie Chapman voulait faire équipe avec elle. Hermione savait également que ce n'était pas là un argument que Severus trouverait valide.
« Hey, Hermione, » dit soudain une voix à sa gauche et Hermione se retourna pour voir Neville et Pansy prendre place à ses côtés, sur le pan de travail adjacent. « Est-ce que c'est vrai que Rogue et toi allez être présents au mariage de Malefoy? » Demanda Neville.
Hermione sourit. « Bien sûr! Severus est son parrain, tu ne savais pas? »
Neville secoua la tête. « Je n'en avais aucune idée. »
Pansy grimpa sur le tabouret aux côtés de Neville et lui tapa l'épaule. « Tu vois! Je t'avais bien dit qu'Hermione viendrait! Tu ne seras pas le seul Gryffondor, allez, dis oui! »
Neville se retourna vers la jeune femme et passa une main dans ses boucles blondes.
« Aww, » s'exclama Hermione, toute souriante. « Tu t'es finalement décidée à l'inviter?! » Demanda-t-elle à Pansy, laquelle rougit adorablement, mais haussa le nez dans un geste de supériorité.
« En tant qu'ami. Ça ne veut rien dire, » contra l'ancienne Serpentard, repoussant ses sombres cheveux courts derrière une oreille.
« Mh-mhm, » rigola Hermione, les lèvres pincées.
Neville regardait tour à tour les deux sorcières, sa tête faisant des allées retour entre le visage rougissant, mais hautain de Pansy, et celui amusé et encourageant d'Hermione. Puis, rassemblant son courage Gryffondorien, il se tourna vers Pansy et la gratifia d'un sourire timide.
« Ou alors, je pourrais t'accompagner en tant que ton petit-ami officiel… » Proposa-t-il doucement. Pansy tourna le visage vers lui, un air ahuri sur le visage, ses yeux grands ouverts. « Je veux dire, si tu consens. »
« Ohhh! » S'exclama Hermione, le cri de joie étouffée par ses mains sur sa bouche et son nez. Pansy lui lança un regard meurtrier avant de reposer son attention sur Neville à ses côtés, une expression un peu plus douce sur les traits.
« J'adorerais ça, » avoua-t-elle doucement.
Neville sourit, radieux. « Cool! »
« Cool, » confirma Pansy plus posément en mordillant sa lèvre inférieure. Puis, elle entreprit de sortir son matériel de potions, se penchant vers son sac au sol. Neville tourna la tête vers Hermione, ses sourcils haussés dans une expression à la fois d'excitation et d'incompréhension.
« Embrasse-la! » Chuchota Hermione en guise d'encouragement, hochant la tête.
« Allez! » Ajouta Marjorie derrière la Gryffondor. Hermione se retourna et lui offrit un sourire; Marjorie gloussa.
« Tu crois qu'on aura besoin de la tige d'argent ou celle de bronze? » Demandait Pansy dans l'espoir de changer de sujet. Elle se redressa et tourna son torse vers son coéquipier, lequel lui encadra le visage de ses paumes et vint placer un baiser bien senti sur ses lèvres. Pansy n'eut même pas le temps de fermer les yeux, une expression d'ahurissement sur le visage, et la classe au grand complet éclata en applaudissements et en exclamations d'encouragement! Cela faisait plus de trois ans que ces deux-là se tournaient autour, utilisant leur amitié commune avec Hermione pour justifier leur rapprochement.
« Yay! » S'exclama Hermione en faisant une petite danse, claquant avec entrain la main de Terry lorsque celui-ci lui proposa.
Pansy avait enfin fermé les yeux et, ayant passé ses bras autour du cou de Neville, réciproquait le baiser. Les mains du jeune homme avaient quitté le visage de la Serpentard, ses bras s'enroulant autour de sa taille, la rapprochant de lui dans une étreinte. Tous deux souriaient et riaient dans le baiser, bien conscients du spectacle qu'ils donnaient, mais tous deux bien indifférents.
La commotion dans la salle de classe avait attiré l'attention du professeur Ward, ainsi que son invité, et les deux hommes mirent fin à leur conversation de corridor et entrèrent dans la pièce. Hermione, dansant toujours, hilare, remarqua l'expression de surprise sur le visage de Severus lorsqu'il vit ses deux anciens élèves – Londubat et Parkinson! – dans une étreinte amoureuse. Puis, rapidement, il cacha sa surprise derrière un rictus amusé.
Gideon Ward sembla le plus scandalisé des deux. « Allons, allons, un peu de professionnalisme, » réprimanda-t-il gentiment Neville et Pansy qui se séparèrent enfin et le brouhaha dans la classe se calma.
« Désolé, professeur, » s'exprima Neville, rayonnant.
« Oui, désolée, » pouffa Pansy, qui ne sembla aucunement contrite. Hermione rigola à leurs côtés et Marjorie lui donna d'un coup de coude; une requête silencieuse pour qu'elle retrouve son sérieux, ses yeux bleus fixés sur leur professeur et son invité.
Ce fut Severus qui entama le cours, et tous les étudiants présents furent suspendus à ses lèvres, s'activant à leurs propres potions dès que Severus eut révélé assez de théorie pour qu'ils puissent la mettre en pratique.
Marjorie s'appliquait à râper les dards des scroutts à pétards alors qu'Hermione coupait les fèves soporifiques. En fait, au lieu de les couper normalement, elle les écrasait avec la lame de son couteau, récoltant davantage de leur jus.
Marjorie la regarda faire avec un froncement de sourcil, contrariée.
« Qu'est-ce que tu fais? »
« Fais-moi confiance, » murmura Hermione.
Si Marjorie avait quelconque appréhension, elle le garda pour elle et fut récompensée lorsque leur potion fut l'une des premières à virer au bleu que le Maître Rogue avait décrit.
« C'est stupéfiant! » Concéda l'Américaine.
« Le jus des fèves, incorporé en plus grande quantité dans la potion, accélérera le processus, » déclara soudain Severus derrière les deux jeunes femmes, expliquant le truc à toute la classe. Il lança un coup d'œil au chaudron d'Hermione et de sa coéquipière et approuva ce qu'il y vit d'un hochement de tête discret. Marjorie jubila.
Severus continua de se promener dans les rangées, apportant des commentaires pour la plupart constructifs afin que tous puissent les appliquer. Il fit le tour deux, trois fois, avant de s'arrêter complètement devant le chaudron des deux jeunes femmes. Hermione sentit sa présence et sourit pour elle-même, n'arrêtant pourtant pas sa tâche; les gousses de gingembre devraient être toutes pelées au moment où la potion commencerait à bouillir.
Marjorie, elle, arrêta ce qu'elle faisait et jeta un coup d'œil vers l'homme devant elle, pensant qu'il analysait leur potion. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle nota ses deux orbes noirs braqués sur elle. Son regard était intimidant, sa présence imposante. Il semblait analyser chaque détail de sa technique de travail, ses mains nonchalamment positionnées dans son dos.
« Oui? » Osa-t-elle, et les yeux du professeur invité plongèrent dans les siens. Elle se courba presque sous leur intensité!
« Quel est votre nom, déjà? »
Marjorie se sentit rougir. Il y avait à peine plus de deux heures, elle lui avait demandé de devenir son apprentie, et voilà qu'il lui avouait ne même pas avoir retenu son nom!
« Marjorie Chapman, monsieur. »
Rogue acquiesça. « Et d'où venez-vous, Miss Chapman? »
« Les États-Unis. Wisconsin. »
À ses côtés, Hermione releva les yeux, juste le temps de déposer les gousses de gingembre dans la potion et d'utiliser la tige d'argent pour brasser la concoction. Rogue la regarda faire un instant, avant de reporter son regard sur l'Américaine.
« Et… vous êtes une amie de ma femme? »
Hermione et Marjorie furent toutes deux surprises qu'il l'appelle ainsi en classe. Même Neville et Pansy tournèrent la tête vers elles et Severus, surpris. Jamais le sombre professeur n'avait osé un tel commentaire lors de ses cours à Poudlard; mettre ainsi de l'avant sa relation avec une étudiante.
Alors qu'Hermione lança un faible sourire en direction de son époux, Marjorie, elle regarda Hermione. Lorsque son regard croisa celui de Marjorie, Hermione ne fit que hausser les épaules, une fois de plus. Toutes deux savaient pertinemment que l'unique raison de Marjorie de faire équipe avec Hermione était d'attirer l'attention du Maître de potion, et maintenant qu'elle l'avait, qu'elle se débrouille, pensa Hermione avec amusement.
Marjorie ignorait ce qu'Hermione avait pu dire à son mari sur son compte. En toute honnêteté, elle et Hermione étaient plus des rivales que des amies. Elles se parlaient rarement en dehors de leurs cours et lorsqu'elles le faisaient en classe, c'était la plupart du temps pour comparer leurs potions et leurs méthodes. Marjorie avait toujours été un peu jalouse du talent d'Hermione, en particulier puisque celle-ci étudiait les potions comme une mineure uniquement, et donc, l'importance de ces cours était plus grande pour Marjorie qui se voyait souvent mettre au second rang parmi les meilleurs de la classe.
Elle opta pour dire la vérité.
« Hermione et moi avons beaucoup de classes en commun, » commença Marjorie. « Les Potions sont ma majeure, mais je fais aussi une mineure en Arithmancie, » ajoute-t-elle comme si cela expliquait sa relation avec la Gryffondor. Severus ne fit qu'acquiescer, l'encourageant à poursuivre. « Hermione est vraiment douée en potions. Elle a une éthique de travail irréprochable et elle m'a souvent forcée à me surpasser. Je suis meilleure aujourd'hui, grâce à elle. »
Hermione regarda Marjorie avec un sourire appréciatif. Le professeur Ward, qui s'était approché, sembla approuver le commentaire. Le regard de Severus s'adoucit et, en regarda sa jeune épouse, il dit :
« Oui, Hermione à cet effet sur les gens, en général. »
Hermione rigola et secoua la tête. Tous ces éloges, c'était gênant!
Severus s'adressa de nouveau à Marjorie.
« Que me répondriez-vous si je vous suggérais d'ajouter les crins de centaure en alternance avec la poussière de pixie?
Marjorie fronça les sourcils, réfléchissant à la question quelques instants, reconnaissant un test lorsqu'elle en entendait un.
« Je dirais que cela aurait tendance à réduire l'efficacité de la racine de Mandragore asséchée. »
Severus acquiesça et croisa ses bras sur son torse. « Et si vous ajoutiez un soupçon de salive de salamandre? »
Marjorie fronça les sourcils avant de s'exclamer : « OH! »
Hermione, qui elle-même n'avait pas entièrement suivit la conversation, regarda son mari avec confusion. Néanmoins, Severus eut un sourire, satisfait de la réaction de la jeune femme qui venant clairement de comprendre où il voulait en venir, et partagea un regard avec Hermione avant de continuer son chemin.
« Ton mari est absolument brillant, » souffla Marjorie à Hermione qui ricana.
« Je suis d'accord, même si ce n'est probablement pas pour les mêmes raisons, » répliqua la jeune sorcière et Marjorie pouffa.
« Quel est votre nom? » Retentit soudain la voix de Severus plusieurs rangées derrière.
« Rafaël Deluchi, » répondit l'étudiant.
« Eh bien, Mr. Deluchi, mon fils de 4 ans émince les sangsues mille fois mieux que vous! Êtes-vous donc dans l'incapacité de tenir un couteau convenablement? » Claqua la voix de Rogue, et Neville pouffa aux côtés d'Hermione.
« Là, je reconnais ton mari, » avoua-t-il.
Hermione et Pansy s'esclaffèrent.
« On s'ennuyait presque, » approuva Pansy en roulant les yeux.
Hermione secoua la tête et se retourna vers sa coéquipière qui la dévisageait.
« Quoi? »
Marjorie sembla reprendre sur elle et cligna des yeux. « Non, rien. » Elle eut un sourire. « Tu veux bien retirer les extrémités des tentacules de pieuvre, j'aimerais essayer la théorie de Maître Rogue avec les crins de centaure et la poussière de pixie. »
Hermione acquiesça, silencieuse, se demandant un instant si Marjorie était restée abasourdie du fait que Severus a déclaré être le père d'un petit garçon de 4 ans.
« Bien sûr, » dit-elle, attrapant le plateau de tentacules que la jeune Américaine lui passa. « Eww. »
« Yep! Ce n'est pas très ragoûtant, » approuva Terry Bott derrière elle. Elle se retourna alors qu'il faisait balancer un tentacule au bout de ses doigts. Amadéus ricana.
Le haut-le-cœur qui s'empara alors d'elle surprit Hermione par son intensité, en particulier parce qu'elle ne l'avait pas senti venir du tout. Elle se recula d'un mouvement raide, fit tomber son tabouret au sol dans un bruit sourd, et se pencha vers l'avant, une main sur le pan de travail, l'autre sur ses lèvres alors qu'elle hoquetait son écœurement et que de la salive pré annonciateur d'un vomi remplit sa bouche.
« Hermione! » s'exclama Terry alors que Neville plaçait une main sur son dos. Marjorie, qui était allée chercher de la salive de salamandre dans l'armoire du professeur Ward, revint vers elle au pas de course.
« Ça va?! »
Hermione ferma les yeux, et respira à grandes goulées d'air. Son malaise s'éclipsait lentement… trop lentement.
Une personne s'agenouilla soudain à ses côtés, et lorsqu'Hermione ouvrit ses yeux humides, elle y vit Pansy qui lui souriait doucement.
« Nausée matinale? » Demanda-t-elle en chuchotant.
Hermione secoua la tête. « L'appellation la plus faussée que je connaisse », gronda la Gryffondor.
Pansy sourit et lui donna un morceau de gingembre qu'Hermione mâchouilla avec dédain et reconnaissance à la fois. « Comment as-tu su? »
« Je ferais une piètre sage-femme si je ne pouvais même pas soulager les simples maux de cœur », déclara Pansy.
Hermione sourit et avec l'aide de Pansy et de Neville, elle se releva. Tous les regards étaient braqués sur elle.
« Ça va, je vais bien, » dit-elle faiblement. Au loin, elle vit le professeur Ward qui la regardait avec inquiétude. Hermione eut tout juste le temps de se demander pourquoi Severus n'était pas à côté de lui lorsqu'il arriva dans son champ de vision, tout près d'elle, ayant basculé quelques élèves et Marjorie pour la rejoindre.
« Est-ce que ça va? » Demanda-t-il aussitôt, ses longs doigts s'enroulant autour de sa nuque et relevant son visage vers lui à l'aide de ses pouces sur sa mâchoire.
« Hmm, » souffla Hermione alors que les doigts frigorifiés de son mari sur son cou lui firent le plus grand bien. Elle posa ses mains sur la taille de l'homme et ferma les yeux. « Je vais mieux. Un étourdissement, c'est tout. »
« Je crois que ce sont les tentacules qu'ils l'ont écœurée, » expliqua Amadéus, mais Severus fronça les sourcils; Hermione n'avait jamais été l'une de ses personnes facilement dégoûtées.
« Tu es sûre que ça va? » Redemanda-t-il et Hermione acquiesça.
À leurs côtés, Pansy releva le tabouret qui était tombé sur le sac d'Hermione et Neville remarqua un petit livre qui en était tombé, un peu loin.
Le signet, qui montrait qu'Hermione était en train de lire ce livre —ou plutôt, de le relire—, avait forcé les pages à s'ouvrir et Neville le ramassa, le pouce au centre.
« Euh, Hermione. » Le garçon tenta de redonner le livre à son amie et lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, elle eut a peine le temps de voir le livre que lui tendait Neville que Severus s'en empara, ses mains quittant le cou de la sorcière pour s'enrouler autour des pages.
Hermione mordilla ses lèvres, dans l'attente de la réaction de son mari. Celui-ci scanna le petit livre rapidement et lut, à voix haute, mais que pour eux : « La libido accrue en temps de grossesse. »
Ses yeux brillants, rieurs, se relevèrent alors sur Hermione, un sourire entendu s'étirant doucement sur ses lèvres. « Tiens, ça me rappelle quelqu'un, ça. »
Il y eut quelques éclats de rire, les étudiants les plus près d'eux – Pansy, Neville, Terry, Amadéus et Marjorie – ayant entendu le commentaire.
Les yeux de Severus scannèrent sa jeune épouse. Son teint étincelant, ses yeux brillants, mais clairement fatigués, ses seins fermes et son ventre encore tout à fait plat. Cette grossesse était récente, mais bel et bien présente.
« Je vais être une nouvelle fois papa? » Demanda-t-il confirmation.
Hermione rigola et hocha la tête. Encore une fois, elle lui annonçait la nouvelle de manière embarrassante, dans une classe de potion. Certaines choses ne changeraient donc jamais.
« Tu en es certaine? » Redemanda-t-il, un sourire aux lèvres.
« Oui. »
« Absolument cert— »
« Severus! » Le coupa Hermione en riant, ses yeux roulant au plafond devant l'obstination de son sorcier. « Je suis enceinte. On va avoir un autre bébé! »
Hermione eut tout juste le temps de finir sa phrase que Severus l'enlaça dans ses bras et l'embrassa avec passion, le dos d'Hermione se courbant sous l'attaque.
Une fois de plus, la classe s'anima dans des applaudissements et des exclamations de félicitations. Le professeur Ward secouait la tête, ahuri, mais amusé. Terry Boot porta deux doigts à ses lèvres et siffla.
Le restant de l'après-midi sembla une éternité à Hermione et Severus, et dès que le couple rentra à la maison, ils surent exactement à quoi utiliser les quelques minutes de liberté qu'ils leur restaient avant de devoir aller chercher Ethan chez ses grands-parents!
Hermione : 0 / Hormones : 5
oOo
Le mariage de Drago Malefoy et Astoria Greengrass qui eut lieu la semaine suivante fut magnifique! La décoration était splendide, la musique charmante, et le buffet, YUM! Hermione et ses hormones se régalèrent!
Le couple passa honnêtement un bon moment, et si la situation tourna un peu au vinaigre lorsque Narcissa Malefoy les surprit dans une position compromettante dans la serre aux roses, entourés de paons blancs, Hermione en garda néanmoins un très bon souvenir.
Hermione : 0 / Hormones : 18
oOo
L'automne arriva avec la cérémonie de remise de diplômes de Ron et Harry à l'Académie d'Aurors. Toute la famille Weasley était présente, ainsi que les familles des autres recrues, plusieurs membres de l'Ordre, les hauts placés du Ministère de la Magie et quelques professeurs de Poudlard.
Vraiment, Hermione et Severus purent se considérer chanceux que ce furent uniquement Ron et Luna qui entrèrent dans l'ascenseur du ministère au moment où la langue de Severus permettait à Hermione d'atteindre l'extase, sa cuisse dénudée enroulée autour des épaules de son mari.
« Ah, mes yeux saignent! » S'était exclamé le rouquin, le bout de ses oreilles tournant au rouge vif alors qu'il enfonçait les paumes de ses mains sur ses yeux. « Vous ne pouviez pas trouver de meilleur endroit pour ça? »
Luna s'était contentée de leur envoyer un sourire bienveillant, rigolant un peu de leurs visages stupéfaits, et avait vite entraîné Ron vers la sortie.
Hermione : 0 / Hormones : 54
oOo
Hermione et Tonks s'étaient organisées pour passer l'Halloween ensemble avec leur famille respective. Ethan était déguisé en vampire (tout en noir avec une cape de chauve-souris) et Teddy, 3 ans, était le plus mignon des loups-garous (il avait même fait tourné ses yeux au jaune).
Remus et Severus n'avaient pas semblé apprécier l'humour de leurs conjointes.
Lorsque les deux garçons furent endormis dans le lit de Teddy, Tonks, qui inspectait les bonbons des enfants avec Remus, remarqua soudain qu'Hermione et Severus manquaient à l'appel.
« Devrions-nous allez voir ce qu'ils font? » Demanda Tonks à son mari.
Remus fit une grimace. « Nope, » dit-il, faisant claquer le 'p'. « À moins que tu ne te découvres des penchants pour le voyeurisme. »
Tonks éclata de rire. « Comment le sais-tu? »
Remus plissa le nez et lança un regard furtif vers la porte qui menait au jardin.
« Je les entends. »
Hermione : 0 / Hormones : 79
oOo
Ginny Weasley venait d'être repêchée dans l'équipe des Holy Head Harpies! C'était la fête au 12, Place Grimmauld, et l'ambiance était chaleureuse, les visages des invités rayonnants de bonheur.
C'était un peu trop pour Severus qui abandonna son fils à son parrain et s'éclipsa vers l'escalier et dans l'ancienne librairie des Black, que Potter avait plus ou moins laissée intact. Seule la tapisserie avait été modifiée pour y représenter les Weasley et leur descendance, plutôt.
Severus s'avança et regarda les nombreux volumes, cherchant un sujet intéressant et méconnu dont il pourrait se régaler d'ici à ce qu'Hermione soit prête à repartir. Il venait tout juste de s'installer dans un fauteuil près de la fenêtre lorsque la porte se rouvrit.
« Uh! » Gronda l'homme, peu désireux de se faire déranger par l'un de ces rouquins, et il pinça l'arête de son nez d'un geste énervé, le coude sur l'accoudoir.
« Severus? »
L'ex-professeur releva la tête sur sa jeune épouse, surpris.
« Hermione. »
Elle avait semblé en grande conversation avec Percy Weasley lorsqu'il s'était sauvé de la fête. Il n'avait pas remarqué qu'elle l'avait vu.
« Ça va? » Lui demanda-t-il lorsqu'il vit qu'elle frottait son ventre rond avec un froncement de sourcil.
« Oui, » sourit Hermione. « Le bébé me donne des coups. »
Severus sourit et, déposant le livre sur la table à café devant lui, tendit une main vers Hermione telle une invitation. La jeune femme sourit et s'approcha de lui avant de se blottir dans ses bras.
Severus profita de ce moment de détente, sachant que celui-ci ne durerait pas. Comme de fait, quelques minutes plus tard, Hermione commença à embrasser son cou et à onduler son bassin sur lui. Il sourit, amusé par la libido de sa jeune épouse, et il glissa ses doigts sous la jupe de la Gryffondor qui écarta davantage les cuisses pour lui laisser l'accès.
« Mhm, Sev, s'il te plaît, » gémit Hermione en haletant.
« Ça va aller, mon amour, je m'occupe de toi, » la rassura-t-il avant de l'embrasser et de caresser plus intensément son clitoris.
Ni l'un ni l'autre ne vit la porte qu'Hermione avait laissée entrouverte se refermer d'elle-même, pas plus qu'ils ne virent les yeux exorbités et les joues rouges d'une Ginny Weasley hilare.
Hermione : 0 / Hormones : 112
oOo
Marjorie regarda les ingrédients devant elle, se demandant si l'un serait meilleur que l'autre et sinon, quelles étaient leurs caractéristiques uniques. Elle se retourna pour poser la question à son Maître et fut surprise de constater que l'homme n'était toujours pas de retour.
Sa femme –Hermione– l'avait appelé à l'étage il y avait un bon moment déjà; Marjorie ne s'habituait pas aisément au fait qu'à chaque jour de la semaine, elle venait travailler dans la maison privée de sa rivale universitaire, mais c'était là une occasion rêvée pour la jeune Américaine.
Severus Rogue était de loin le meilleur de sa profession!
Marjorie se retourna lorsqu'elle entendit un bruit sur sa gauche et nota que le petit Ethan, le fils de Maître Rogue et d'Hermione, était avec elle, dans le laboratoire, en train de faire un casse-tête sur son petit établi.
Depuis quand s'était-elle fait rétrograder au rôle de baby-sitter? Se demanda Marjorie en fronçant les sourcils. Afin de s'assurer que l'enfant ne pourrait atteindre sa potion, Marjorie installa quelques barrières magiques, puis monta à l'étage.
Oh, elle trouva rapidement l'homme et sa femme, tous deux dans la cuisine; ils utilisaient le comptoir pour une tout autre activité que celle de faire à manger!
« Ah! Désolée, désolée, désolée, » s'était exclamée la jeune femme avant de redescendre les escaliers à toute allure.
Hermione et Severus avaient échangé un regard ahuri, avant d'éclater de rire.
« Pauvre Marjorie, » avait rigolé Hermione, pas tant désolée que ça.
Hermione : 0 / Hormones : 175
oOo
Harry Potter magasinait pour une bague de fiançailles! Si Hermione n'était pas si grosse, elle sautillerait de joie.
Le Survivant avait demandé l'aide de la jeune femme et celle-ci s'était empressée d'accepter. Ils étaient sur le Chemin de Traverse et Harry portait Ethan dans ses bras. Severus, qui avait accompagné Hermione et Ethan jusqu'au Chaudron Baveur, les avait quittés le temps d'aller faire une course du côté de l'Allée des Embrumes.
Harry avait mis un temps fou à choisir, malgré les différents choix, tous accompagnés de plusieurs arguments, les pour et les contre, qu'Hermione lui avait fourni. Au final, il opta pour une bague simple, en or blanc, ornée d'un diamant encadré de deux pierres de quartz rose. Elle était sublime.
« Oncle Harry, je peux avoir un cornet de crème glacée? » Demanda soudain Ethan.
Harry sourit à son filleul. « Bien sûr! » Puis, comme s'il avait une arrière-pensée, il ajouta, « Si maman est d'accord! »
Hermione envoya un regard à son meilleur ami, mais sourit à son fils.
« Bien sûr, mon chaton. Pourquoi Oncle Harry et toi n'iriez-vous pas chez Florian Fortarôme; je vais tenter de retrouver ton père. » Puis, s'adressant à Harry, elle reprit : « On se rejoint chez Fleury et Bott par la suite? J'ai quelques courses à faire là-bas. »
Harry et Ethan acquiescèrent et le petit groupe se sépara.
Si Harry avait prévu de retrouver Hermione et Severus dans la boutique de livres, les surprendre entre deux étagères du fond les culottes baissées n'avait certes pas été dans ses plans!
« Vraiment, Hermione! » S'indigna le Survivant, une main sur les yeux de son filleul devant lui. « Ça pressait tant que ça?! »
« Tu n'as même pas idée, » souffla Hermione en replaçant sa robe de sorcière sur son ventre et ses hanches alors que Severus ricanait à ses côtés, reboutonnant son pantalon.
Hermione : 0 / Hormones : 211
oOo
Hermione était bien décidée à agir en adulte responsable cette fois-ci, et non pas en nymphomane hormonale!
La maison de son enfance était parfaitement décorée pour Noël. Sa mère avait passé la journée à cuisiner de bons petits plats et les odeurs étaient plus qu'alléchantes. Son père et Severus étaient au salon, discutant de quelconques composantes chimiques, comparant les moyens d'anesthésie partielle moldus à ceux des sorciers.
Hermione était assise au comptoir de la cuisine, grignotant un petit pain fourré et réprimandant Ethan qui l'imitait.
L'enfant lui lança un regard outré si noir qu'Hermione rigola.
« Tu ressembles trop à ton père! Tiens, prends ça, » —elle lui tendit la moitié de son pain— « mais que ça ne te coupe pas l'appétit! »
« Merci, maman! » Rigola Ethan en se sauvant à l'étage.
Jane sourit à sa fille avec humour et tendresse. Hermione haussa les épaules.
« Je suis affamée, » expliqua-t-elle.
Jane acquiesça et lança un regard vers l'énorme ventre d'Hermione. Le terme de sa grossesse était prévue pour le début janvier, et déjà la pauvre maman semblait être sur le point d'exploser.
« Vous avez choisi un prénom? »
Hermione haussa une épaule. « Quelques un. J'aime bien Fanny pour une fille; Charles pour un garçon. Severus a d'autres idées. » La jeune maman passa une main sur son ventre, un doux sourire aux lèvres.
« Lesquels? »
Hermione roula des yeux. « Mary? Tim? Je ne sais pas trop, il change d'idée chaque jour. Il aime les noms "simples". »
Jane eut un sourire. « Il faudra vous décider rapidement, le bébé sera bientôt là. »
« Je sais, oui, » se lamenta Hermione en rigolant. La jeune femme regarda alors son mari au salon et celui-ci attrapa son regard de ses yeux séduisants et lui envoya un rictus sexy. Hermione mordilla ses lèvres pour contrôler ses pulsions plus que jamais détraquées par cette grossesse.
Vraiment, la jeune femme n'aurait pas dû être surprise lorsque, dès qu'elle et Severus se retrouvèrent seuls dans le couloir du deuxième étage après avoir mis leur fils au lit, elle ne put s'empêcher de pousser Severus dos au mur et de l'attaquer de baisers fiévreux.
Sa mère, néanmoins, qui monta se coucher quelques instants plus tard, eut la surprise de sa vie!
Hermione : un gros 0 / Hormones : 264
oOo
Ce fut un soulagement lorsque Charles Émile Rogue vint au monde et qu'Hermione retrouva enfin un semblant de contrôle sur sa libido.
« Ce n'est que partie remise, » dit Severus un soir où il berçait doucement son nouveau-né et qu'Hermione avoua être trop épuisée pour l'attendre avant d'aller se coucher. « J'ai bien l'intention d'avoir une fille, aussi, » mentit-il.
« AH! » S'exclama la pauvre maman en traînant les pieds dans le couloir. « Dans dix ans peut-être! »
Severus ricana et vint embrasser le fin duvet brun de la petite merveille dans ses bras; son fils cadet. Jamais Severus Rogue n'avait souhaité un jour être marié et père de famille. L'idée d'avoir ses propres enfants avait toujours été une sorte de chimère, bien trop déconnectée de la réalité pour qu'il n'y songe réellement.
Et puis un jour, Ethan était né, sans avoir demandé l'avis de personne. Et aujourd'hui, il y avait Charles également, venu doubler le bonheur du sombre sorcier.
La vie lui avait donné les plus beaux des cadeaux.
Severus : 0 / Destin : 2
Fin.
Chanson:
Walking the Wire, par Imagine Dragons.
