Ils arrivent dans une maison sombre, mais propre. Ils sont accueillis par un homme puis un jeune. Julia est vite jetée dans un placard tandis que Sarah atterrit sur le canapé du salon, entourée de deux personnes inconnues pour elle.

« Bonjour Sarah. Tu as fait le travail demandé, Mickaël ?, demande l'homme de la maison, le propriétaire.

- Oui, j'ai tué mon frère et le pilote.

- Les témoins aussi ?

- Les jeunes aussi.

- Par contre, tu as mal fait ton travail à Honolulu !, crie-t-il. Ce flic est toujours vivant ! Il va la chercher !

- Mort ou vivant, son équipe la cherchera !

- Alors il fallait tuer toute son équipe ! », crie-t-il rouge de colère.

Sarah est soulagée, elle sait que Steve va bien. Pour elle, elle ne sait pas. Elle apprend cependant l'identité des hommes inconnus. C'est un choc pour elle.

« Bon, je pense que les présentations sont faites au vu de tes larmes, dit l'homme.

- Qu'est-ce que l'on fait de l'autre gosse ?, demande Mickaël.

- Tu l'amèneras à la grange avec cette sale pute de gamine. À elles deux, tu me rembourseras plus rapidement et donc, ton copain récupérera sa femme comme il dit si bien.

- Et pour l'autre ?

- Au choix : vous la gardez elle aussi ou vous l'abandonnez à la grange. Maria vous attend là-bas. Elles ont un mois pour me rembourser, toutes mes pertes. Ta copine va t'aider ! », dit-il en regardant Sarah bouleversée.

Joshua prend Sarah et le jeune de la maison, ils s'enferment dans une chambre à trois.

Les hommes dans la cuisine entendent subitement les garçons crier, ils s'y précipitent. L'un des jeunes est en sang, Sarah l'a mordu.

« Tu t'en es pris au mauvais garçon ! », lance le propriétaire de la maison en retirant sa ceinture.

Le propriétaire et Sarah s'enferment la chambre...

Le lendemain.

Sarah et Julia sont à l'arrière dans la voiture qui les mène à la grange. Elles sont accompagnées par Mickaël et Joshua. Ils arrivent. Julia est directement envoyée dans la grange tandis que Joshua passe un dernier moment avec sa bien-aimée.

« Elle ne doit porter aucun vêtement !, dit Joshua en la donnant à l'homme de main de Maria.

- Je suis contente de te revoir ''poupée''. Elle a bien grandi ! Qu'est-ce que toutes ces ecchymoses ?, demande Maria.

- Elle a mordu, elle a été punie.

- Tu n'as pas intérêt à mordre mes clients, sale gosse ! Amène-la, Georges ! Aucune tenue sur elle ! »

Sarah et Julia découvrent leur nouveau lieu de vie : une grange avec beaucoup d'autres jeunes filles. Elles sont vêtues très légèrement, en simples sous-vêtements. Sarah de son côté est nue, elle se blottit dans un coin. Elle sait que par son passé elle eut connu ce lieu, car ici tous l'appellent ''poupée''. Elle comprend rapidement le soir venu que ce nom est un nom de scène.

Des hommes arrivent peu à peu dans cette grange, les filles sont mises au centre de la pièce, face aux hommes qui les observent pour savoir avec quelle fille, ils vont passer leur nuit. Les enchères montent quand ceux-ci veulent la même fille. Toutes sont prises, toutes travaillent cette nuit-là, certaines plus longtemps que d'autres quand un homme l'attend pour un second round.

Les filles sont toutes fatiguées, brutalisées. Elles sont toutes présentées par leur nom de scène avant que les hommes montent en enchères et parmi eux, un jeune homme se souvient de ''poupée''. Sarah se défend contre un client, elle est sévèrement punie.

Une fois le jour levé, le lendemain, Georges prend Sarah puis l'amène dans un box, le même qu'elle eut pu voir, la nuit, dernière. Elle voit un jeune d'une vingtaine d'années qui l'attend. Elle sautera le déjeuner puis le petit-déjeuner pour être avec ce jeune dont, elle aussi, malgré son âge se souvient parfaitement : l'homme responsable de sa cicatrice.

Les filles de la grange ne revoient pas ''poupée'' revenir le soir pour les clients, ni les jours suivants. Elle fut battue l'après-midi par le propriétaire de la maison sombre à cause de ses défenses durant les actes sexuels avec les clients. Il s'est déplacé pour la punir lui-même. Elle se retrouve, donc dans une petite pièce loin de tous, nue, seule, blessée et les mains attachées devant elle pour ne plus qu'elle se défende.

Hawaï, quelques jours plus tard, le soir.

Steve rentre chez lui, toujours aucun indice en main. Il sait juste que trois jeunes filles sont portées disparues, dont sa fille, et que trois jeunes hommes sont morts : le frère de Lauriane qui vient de l'école de police puis deux de ses amis, des étudiants. Il monte dans la chambre de sa fille, puis il s'installe dans le lit comme chaque soir, les larmes aux yeux, la gorge nouée d'émotion et avec la dernière discussion dans sa tête qu'il a eue avec elle. Il reçoit subitement une vision qui le fait réagir : il force ce tiroir fermé à clé de sa table de chevet, là où régulièrement, elle cachait rapidement quelque chose à son arrivée. Il découvre un titre en rouge majuscule : ''LES DÉBOIRES DE SARAH''. Avec tous ces événements, son instinct de flic avait oublié ce tiroir qui peut-être va l'aider, il espère.

'' Qui suis-je ? C'est une question que je me pose souvent. Qui suis-je ? Je sais juste que je m'appelle Sarah et encore est-ce mon vrai prénom ? Je ne le serai peut-être jamais...

Je sais seulement que je suis une fille de petite taille qui navigue dans plusieurs émotions : la peur, le stress, les cauchemars. J'ai beaucoup de difficultés à trouver un moment où je suis heureuse simplement parce que je ne peux pas même si je sais que, où je me trouve actuellement, je le peux, mais non. Il y a un problème, je ne dois absolument pas aimer ou être proche de quelqu'un, car les gens qui me veulent du mal, pour m'atteindre, s'en prennent toujours à eux.

J'ai le sentiment d'être née à l'envers. Je n'ai pas eu d'enfance, je connais déjà la sexualité, une chose que beaucoup de gens m'ont volée. On ne m'a pas demandé si je voulais donner mon corps à eux, on me l'a pris. On ne m'a pas laissé non plus grandir dans la scolarité, j'ai un très fort QI qui me handicape beaucoup. On m'a fait souffrir pour que j'en arrive là et pour que je refuse la présence d'Eddie avec moi. Il pleure beaucoup derrière la porte de ma chambre durant ses visites avec Junior ou encore derrière celle du bureau de Steve au QG. J'ai mes raisons, qu'un chien ne peut pas comprendre certes, mais elles sont là. Je suis perdue, peut-être coincée dans un corps d'enfant avec un QI et une sexualité de grande personne. Je sais me battre puis utiliser des armes, mais pour ce dernier savoir, personne ne le sait... J'espère que j'espère ne jamais devoir m'en servir, mais s'il le faut pour une bonne raison, je le ferai. Je ne sais pas par où commencer en fait. Je sais que pour libérer le mal que l'on peut ressentir en soi, il faut être écouté par une personne avec une oreille attentive et sans jugement, mais je n'ai personne. Steve ?, me dirait-on ! Non, malgré une personne dure devant les gens, il cache une personne très sensible, et je ne sais pas comment il pourrait réagir face à tous ces faits : va-t-il pleurer ou rester neutre ? Va-t-il juste arrêter les gens comme il le ferait pour n'importe quelle mission ou est-ce qu'il les tuerait ? Je sais qu'il m'aime, il me l'a dit plusieurs fois, et comme j'ai pu l'observer à la télévision même s'il n'est pas mon père biologique, souvent les adultes défendent leur enfant. Steve est flic, il a une arme, il est impulsif comme j'ai pu le voir sur les enregistrements des interrogatoires, ça fait peur. L'avantage d'un journal, c'est, sauf s'il fouille ma chambre, il ne sait pas qu'avec son ordinateur portable, je peux suivre tout ce qui se passe sur l'ordinateur central. C'est la seule chose que j'aie comprise sur le livre volé à la bibliothèque sur l'informatique. En même temps, je n'ai pas eu le temps de le lire entièrement.

Bon, je n'ai pas pris ce cahier discrètement à Jerry pour le regarder, mais pour enfin sortir tout ce que j'ai dans le cœur même si, je ne sais pas si lui aussi m'appartient toujours. En fait, si, je sais, il ne peut pas m'appartenir, car il n'a pas le droit d'aimer... Mais bon malgré tout, j'aime Steve même si je ne lui montre pas toujours. Par où commencer, ça y est, je sais, par le commencement bien sûr ! C'est ce que dit toujours Steve ou un autre membre de l'équipe à un suspect ou à un témoin. Et ça tombe bien ! Je sais tout, Steve m'a expliqué après une grosse crise incontrôlable et dont je n'ai pas beaucoup de souvenir. Eh oui, il sait que j'ai fouillé les dossiers, mais pas comment ! Mais bon, j'ai surtout vu les dégâts que cette crise a pu occasionner : Steve s'est retrouvé avec quelques bleus, un ordinateur en miettes, une fissure sur une vitre du bureau et moi avec la marque peu visible, mais tout de même là de sa plaque de police puis une douleur dans mes bras, Steve m'a sûrement empêché de trop lui faire mal, compréhensible.''

« Steve ! Steve !, crie Daniel en parcourant la maison. On a retrouvé l'avion !

- Où ?

- En Californie.

- Et Sarah ?

- Non, mais il y a deux morts, deux hommes en cours d'identification et une gamine, Lauriane. Elle est dans un triste état.

- Elle a dit quelque chose ?

- Elle ne peut pas parler. Prépare ton sac ! On décolle dans une heure ! Junior arrive pour prendre Eddie. »

Avant de partir, Steve emporte le cahier de Sarah. Daniel parvient à voir la couverture au moins un mot ''Sarah''. Dans l'avion, Steve s'installe au loin. Il reprend la lecture du cahier. Daniel le regarde, il patiente, il sait qu'il lui résumera ce récit.