Steve et Daniel n'ont pas le droit d'aider la police. Steve ne veut pas s'énerver, il va dans une pièce, puis il reprend sa lecture. Il y a encore beaucoup de pages...

''Sur la route qui me menait à l'aéroport, loin de ma mission, mes quatre accompagnateurs et moi avions été pris à parti par deux autres véhicules. C'était ma fausse famille, mais ça, je l'ai su bien des mois plus tard, à mon retour à Hawaï...

Un des membres de la famille m'a attrapé, mais je ne me suis pas laissé faire. Puis j'ai entendu Steve s'annoncer à eux. J'ai fui dans un bâtiment, mais Steve m'a rejoint. Il m'a sorti de ce guêpier, mais je ne voulais pas de son aide et encore moins le remercier. Il m'a grondé à l'hôpital pour mon comportement vis-à-vis de lui au bâtiment. Je ne l'ai pas rejoint et ça ne lui a pas plu. Puis, ensuite après une visite de contrôle à l'hôpital, il m'a accompagné à l'aéroport où madame Lee, l'assistante sociale a fait le voyage avec moi jusqu'à New York. Une autre assistante sociale a pris le relais, puis elle m'a amené à ma famille d'accueil, les tortionnaires.

Tout de suite, une fois la porte fermée, le couple m'a directement dit que je n'étais là que pour l'argent et qu'ils aimaient reproduire sur les accueillis les mêmes faits de notre passé. L'assistante sociale leur a tout dit : ma cicatrice, mes coups, mes fugues, le viol. Avec cette famille, j'ai de nouveau vécu ceci et bien plus encore. Chacun avait un rôle avec moi.

Avec eux, j'ai eu deux vies, l'une dans la maison principale et une autre, dans une maison près d'une départementale dans les bois. Et comme avec Bernard, j'ai vécu les malheurs en crescendo à une exception près : je n'ai pas connu le bonheur, pas une seconde, tout a commencé dès mon arrivée. Je vais commencer par les enfants. Avec eux, je vivais toujours la même chose dans cette maison. Sonia me frappait régulièrement, mais il ne fallait laisser aucune trace sauf le tout premier jour. Quand ils m'ont demandé de me mettre en sous-vêtements, j'ai essayé de fuir, mais ce n'était pas possible. Quand j'ai eu l'opportunité de le faire dans le jardin, je suis tombée devant un mur électrique. Gérard m'a attrapé, il m'a mis en culotte puis Sonia s'est déchaînée sur moi avec une ceinture, je crois. À la suite de ça, Joshua a vu que j'étais mal à l'aise en culotte, il a donc décidé que nu je serais mieux. Je n'ai porté des vêtements qu'à de rares occasions.

La sœur de Delphine est venue une seule fois. Chaque fois qu'elle voulait passer, elle appelait pour savoir si enfin, je supportais un vêtement sur moi et Delphine disait toujours non pour qu'elle ne vienne pas. Sa sœur ne voulait pas me voir nue, elle a été choquée de me voir courir dans les bras de Joshua le jour de sa visite, mais je n'avais pas le choix... Delphine, pour raccourcir mon histoire, mon passé à sa sœur, lui a tout simplement dit que j'étais victime d'actes de torture avec mon père et que je n'aimais pas les vêtements.

Pour revenir à Sonia, dans cette maison, elle m'humiliait beaucoup : elle m'a rasé la tête, m'empêchait de manger dans une assiette. Je mangeais les restes que la famille faisait tomber à terre ou encore dans la poubelle. J'avais très faim encore plus que sur l'Archipel. Elle aimait me mettre dehors au froid où je grelottais, claquais des dents. Elle me faisait boire énormément puis m'attachait à un arbre où elle attendait que je me fasse dessus avant de me jeter un seau sur moi en guise de douche. Avec Joshua, dans cette première maison, je dormais avec lui la nuit, il me caressait énormément, il y avait beaucoup de pénétrations digitales. Son père ne voulait pas d'autre sorte de pénétration, mais parfois, Joshua me pénétrait avec son pénis. Il aidait aussi sa sœur pour me torturer, il était là le jour où Sonia m'eut rasé la tête.

Avec leur père, c'était un soir par semaine, une pause. On partait en voiture, il me mettait simplement une robe ou une salopette puis on allait manger une glace ou une crêpe. Il s'excusait tout le temps de ce qui se passait avec moi, mais il ne voulait pas perdre sa famille juste pour une enfant qui n'est pas de son sang. Je n'ai rien à dire d'autre sur lui, car je ne sais pas qu'en penser.

Sa femme, oh, sa femme. J'ai vécu beaucoup de choses avec elle, je faisais les repas. Pour savoir les faire durant ma convalescence avec mon plâtre, elle m'eut appris les durées de cuisson. Je faisais aussi la vaisselle, les carreaux avec volets fermés, le sol à la brosse à dents. J'étais très fatiguée et Sonia aimait salir derrière pour que je recommence. Une fois, elle a mis ma tête dans la cuvette des toilettes après qu'elle eut fait ses besoins, puis elle a tiré la chasse d'eau. Malgré mes viols avec Joshua, la pire des personnes dans cette famille était bien Sonia.

On a fait des sorties en famille. Delphine disait à tout le monde que j'avais un cancer avec ma tête rasée et la peau sur les os. Bien évidemment, elle avait encore une fois une excuse pour me sortir totalement nue : mon cancer était douloureux et rien que le fait d'être assise dans la poussette me faisait souffrir avec le tissu. Tout le monde y croyait. La seule chose de bien qu'elle ait dû faire durant ses sorties, fut de mettre une ombrelle pour me protéger du soleil.

On a fait une première sortie à la plage. Elle m'a posée sur une serviette, sur le sable où je n'eus pas le droit de bouger, pas un orteil. Des enfants dont les parents préféraient bronzer plutôt que de les surveiller, venaient par curiosité voir ce corps nu. Delphine les autorisait à me toucher, elle regardait d'un œil pour que les adultes qui eux ont un cœur interviennent pour l'informer des actes des enfants sur moi, d'autres s'éloignaient simplement. Sonia avait pour elle, un jeu très amusant, mais pas pour moi. Elle me mettait un suppositoire puis juste après une alèse sous les fesses. Elle passait ensuite un biberon à Joshua qui me le faisait boire. Elle disait aux enfants que je digérais très vite, que dès le biberon bu, je faisais mes besoins. Ils attendaient de voir et ils riaient quand ils me voyaient me vider. Mais en fait, c'était à cause du suppositoire d'où cette maigreur que j'avais. Souvent, les enfants partaient après mes besoins, car ils sentaient fort. Joshua aimait me nettoyer. Il profitait de ce temps, dès mes fesses propres pour glisser ses doigts dans ma raie.

La deuxième sortie fut dans un restaurant, mais cette fois-ci Gérard nous accompagnait, il ne travaillait pas donc Delphine m'a mise une robe sans rien en dessous et courte. J'étais encore en poussette. Pour manger, Joshua m'a porté et donc tout le monde a pu voir mes fesses. Gérard m'a pris puis il m'a posé à côté de lui. Il m'a nourri avec une paille, il devait jouer le jeu de la gamine avec un cancer. J'ai mangé très vite, de faim même si ce n'était que de la soupe. Pour partir, Delphine a demandé à Gérard d'aller chercher la voiture. J'avais une robe à pressions et donc il était très facile de la retirer. Elle a arraché les pressions puis pour me mettre dans la poussette, pour que tout le monde se retourne elle eut dit ''ma chérie, je t'ai déjà dit de ne pas retirer tes vêtements à l'extérieur. Tant pis, papa est parti chercher la voiture, tu restes comme ça''. En fait, non, la voiture ne venait pas à nous, on devait descendre une grande ruelle pour la rejoindre. Gérard avait tellement honte qu'il prenait de l'avance sur nous. On était en plein centre-ville, donc, du monde me voyait ainsi. Les gens regardaient plus par curiosité que pour m'aider.

Il y a eu une troisième sortie loin de la ville, là où personne de leur entourage pouvait nous voir, dans un parc. Ils ne m'ont pas mis dans une poussette. Joshua et Delphine me tenaient chacun une main. Tout le monde regardait cette enfant sans cheveux marcher nue en boitant, car la veille, Sonia m'eut brûlé sous les pieds avec des allumettes pour que je joue à la perfection l'enfant handicapée. Et le bitume chaud ne m'aidait pas. L'herbe, par contre elle, me soulageait. Gérard était absent de cette sortie. Les gens de cette ville étaient curieux. Ils posaient des questions à Delphine. Elle disait que le médecin lui conseillait de me sortir même si j'étais nue, encore un mensonge. Des gens lui disaient qu'il y avait des lieux pour les nudistes, mais elle avait toujours une excuse, elle, elle ne l'est pas. Des gens me caressaient le ventre ou la joue comme un signe de soutien, mais je sursautais. Delphine regardait les gens avec un sourire puis leur disait ''Vous voyez, rien qu'avec un effleurement la douleur est là''. Les gens approuvaient puis partaient. Certains enfants venaient aussi. Ils regardaient, fixaient cette enfant, moi. Certains, encore sans surveillance de la part de leur parent me touchaient, car le fait que je remue, les faisait rire. Junior, parfois, quand personne ne regardait proposait aux enfants de mettre leur doigt dans mon sexe, il écartait un peu mes jambes. Certains étaient écœurés, d'autres amusés à recommencer.

Il y eut aussi cette histoire avec les, les devoirs... Les jumeaux profitaient de mes savoirs, je faisais leur devoir. Il m'arrivait parfois de faire des fautes à cause de la fatigue et peut-être, d'une lacune qui sait? Ils me punissaient à chaque point manquant pour obtenir un sans-faute. Ils faisaient comme à l'ancien temps des coups de règle sur les doigts pour Joshua, Sonia préférait jouer le rôle des parents en colère, la ceinture. Bah oui, personne ne venait à la maison pour voir une enfant nue.

Quand leur père est mort dans un accident de voiture et qu'on ait déménagé dans une maison abandonnée, sans rien, là, j'ai vécu un ou plutôt des cauchemars. Avant de partir dans cette maison, le trio s'est acharné sur moi pour soulager leur chagrin. Joshua m'a violé devant sa mère puis sa sœur, Sonia m'a frappé avec des objets puis, puis, Delphine m'a fait lécher le sperme au sol de son fils.

Dans cette maison au bord de la départementale, Joshua, quand il était présent, me violait, me donnait un manger, j'avais les mains attachées continuellement, car il n'y avait pas d'alarme pour m'empêcher de fuir. J'étais toujours dans ses bras et les nuits, on était tous les deux nus. Je sursautais à chaque fois qu'il bougeait, peur qu'il recommence à me pénétrer. Les filles durant les jours d'absence du fils, elles étaient cruelles. Il n'y avait plus de Gérard pour amenuiser les choses. Je devais creuser mes propres trous à l'arrière de la maison pour faire mes besoins. Elles se sont servi de moi comme repose-pied, comme feuille de papier pour faire des dessins obscènes. Sonia me rasait la tête, mes cheveux ne repoussaient jamais, ils n'avaient pas le temps. Elle m'a tailladé, j'ai encore des cicatrices qui se voient un peu partout sur mon corps, elles ne partiront jamais. Le seul endroit où aucune cicatrice ne se trouve est sur mon visage. J'ai eu le droit aussi aux allumettes posées sur mon corps, là aussi, j'ai encore des marques. Des marques que l'hôpital de Milford ne pouvait pas dire de quand elles pouvaient dater. Avec Sonia, ma plus grande peur était qu'elle exécute sa menace : me brûler le clitoris. Je pense que là, j'en suis certaine même, elle aurait réussi à me faire pleurer. La seule chose que je ne faisais plus dans cette maison, c'était le ménage. Delphine amenait les repas au jour le jour. Ils avaient des bons plats froids ou chauds quand ils allaient dans un drive. Je mangeais les miettes ou les restes sinon quand j'allais faire mes besoins par manque de repas, je mangeais les feuilles que je trouvais au passage. J'ai même mangé de la terre, de l'herbe, des insectes.

Le jour où j'ai décidé de fuir fut, quand Sonia m'a raconté la vie passée de Michelle chez eux. Dès que j'ai eu l'occasion de fuir, je l'ai fait : j'ai joué la morte, rien de plus simple quand on est faible et que l'on ressent à peine les coups reçus. Sonia m'eut dit qu'avec les garçons, ils étaient gentils, ils ne restaient qu'une semaine, car Delphine trouvait toujours un prétexte pour que l'assistante sociale les retire : tentative de fugue, violence et d'autres choses. Les garçons ne savaient même pas pour quoi ont les retiraient de cette maison. Mais Michelle et moi, on n'a pas eu cette chance, car on est des filles, enfin elle était une fille. Je crois même que quand Sonia m'a raconté la vie de cette adolescente, j'ai pleuré. Elle est restée longtemps. Ses parents étaient en désintoxication. Si Gérard a surveillé sa famille pour me protéger, c'est tout simplement parce qu'il portait un poids sur les épaules : le suicide de Michelle.

Elle a vécu la même chose que moi à quelques différences près. Quand de la famille rendait visite, elle était vêtue. Sinon, une fois la porte close, elle était nue même en période de règles. Delphine la posait sur une alèse durant toute cette période de règles. Sonia la faisait lécher ses règles si des tâches touchaient le sol puis elle aimait aussi frotter l'alèse sur son visage. Michelle faisait malgré tout le ménage comme moi sauf qu'elle faisait en sorte de ne pas mettre de sang au sol en emportant son alèse. C'est là que je sus que s'en était trop pour moi, mais elle n'avait pas terminé de me raconter son histoire. Joshua la violait à longueur de journée et elle fut tombée enceinte. C'est pour cela que Gérard ne voulait pas de pénétration avec moi, même si je n'étais pas et je ne le suis toujours pas réglée. Michelle s'est suicidée, elle a sauté du toit de la maison. Elle ne voulait pas que son bébé vive la même histoire qu'elle, car Delphine voulait faire croire à tout le monde que le nouveau-né aurait été d'elle. Si le bébé aurait été une fille, ils l'auraient gardé, un garçon, ils l'auraient tué. Peu importe le sexe, le bébé aurait eu une sale vie. Alors après toutes ses atrocités dans mes oreilles, j'ai fermé mes yeux pour pleurer. Elles ont réussi à me faire pleurer...

Le jour où j'ai fait la morte, je me suis sortie de ce trou et je me suis cachée juste à temps. Elles sont revenues avec Joshua qui rentrait de sa sortie. Il a hurlé quand il a trouvé la tombe vide. Il s'est mis en colère, il a frappé sa famille. J'ai profité du moment où il creusait pour enterrer sa famille pour fuir. Sonia n'était pas morte, elle m'a demandé de l'aide, mais je suis partie sans un regard en arrière, sans aucun regret.''

« Steve, intervient Daniel. Tiens, un café et de quoi manger.

- Merci, mais je n'ai pas faim.

- Il faut manger Steve !

- Où en sont-ils ?

- Nulle part. Ils sont toujours sur l'appel inconnu. Et toi ? Ce cahier ?

- J'ai un mec à arrêter au retour chez nous, le surveillant du foyer. Une maison à chercher près d'une rivière agitée dans un bois et une autre à côté d'une départementale.

- Tu veux dire une aiguille dans une botte de foin pour tes maisons.

- Je les trouverai Daniel.

- Et je serai là. », dit-il en prenant une gorgée de café.

Après cette petite pause, ils se rendent à l'hôtel pour la nuit. Steve retourne après un brin de toilette sur le cahier, dans son lit.