Deux jours plus tard.

'' Cher tonton, si tu commences à lire ces quelques lignes mon cher tonton, c'est que je suis sûrement morte et je l'espère. Si ce n'est pas le cas, tue-moi, car le sérum que je me suis injecté fera de moi un légume. Je ne te reconnaîtrai pas et surtout, j'aurai raté ma dernière mission : rejoindre mon papa. Il me manque beaucoup, il est mort à cause de moi. Je t'ai dit que tu allais tout savoir. Je n'ai plus à avoir honte, Steve non plus. J'espère être bientôt près de lui quand ma cérémonie sera finie. Je suis vraiment désolée de te laisser seul. Il faut que tu vives pour honorer notre mémoire, que tu sois heureux avec une femme et des enfants. Je sais que bientôt, je le serai quand je serai en cendres pour rejoindre mon père, au ciel.

Depuis notre aventure à l'entrepôt, on a passé lui et moi beaucoup de moments difficiles. Il est temps pour toi, pour passer à autre chose de tout savoir depuis ce jour-là, jusqu'à l'exécution de l'assassin de mon papa. Eh oui, je n'ai pas oublié ce jour, ce visage caché avec une capuche, cette femme. Je l'ai tué alors que j'aurais pu simplement te donner son nom pour que tu l'arrêtes, mais je voulais sa mort. J'ai tué cette personne, mais pas seulement elle... C'est cette vengeance qui m'a donné la force de me battre pour récupérer l'usage de mes jambes et surtout vivre toutes ces années, car il faut que tu le saches ce sérum, je l'ai depuis des années avec moi. Je l'ai volé au centre de rééducation. J'ai fait des mélanges de plusieurs produits toxiques et de médicaments. Il est donc périmé et mortel. Encore une fois, si je vis encore, tue-moi, je t'en supplie, mais il y a peu de chances que je survis à ce cocktail.

La Californie, à l'entrepôt.

Je me souviens très bien de ce jour, notre appel pour te dire que l'on revenait à la maison, la joie que l'on ressentait à cette idée malgré une peur pour ma part de revenir. Cette peur qu'encore une fois, on vienne me chercher, mais papa m'avait rassuré, il m'avait dit que jamais je ne retournerai à l'école, pas avant l'arrestation de Mickaël et de Joshua. Oui, ce jour-là, personne ne savait que mon père biologique était encore en vie, sauf moi.

On est monté dans un taxi tout heureux avec un large sourire, bras dans les bras, malgré mes douleurs. Puis, le chauffeur s'est retourné, c'était Mickaël. Plus loin, Joshua est monté à son tour. Je pouvais sentir le cœur de papa battre fort, il se sentait tellement démuni, il savait que s'il se faisait tuer, tout était fini pour moi, alors, on a suivi les ordres.

On est arrivé à l'entrepôt. Ils ont tout de suite assommé papa. Mickaël l'a traîné au sol tandis que Joshua me portait pour m'accompagner dans l'entrepôt encore une fois, nue. Je m'y attendais, j'avais honte d'être dans cet état avant même que papa ne se réveille. Il était attaché à une chaise clouée au sol. Ses chevilles étaient attachées aux pieds de la chaise, ses mains derrière le dossier. Il m'a vu nue devant lui sur une table froide, ressemblant à celle des autopsies. Mes mains étaient liées ensemble ainsi que mes chevilles, mais une corde liées les deux attaches entre elles. La première chose qu'il a faite est de me promettre qu'il ne regarderait pas, qu'il ne regarderait que le joli visage de sa fille. Les deux hommes sont entrés dans la salle, puis Joshua m'a violé devant lui. C'est la première fois que j'ai pu entendre les cris, les sanglots de papa. Je n'avais pas le droit de me débattre ou papa se prenait des coups. L'un d'eux, je ne sais plus lequel a demandé à papa de me violer, il a refusé, et du coup Joshua m'a violé de nouveau pour lui montrer comment il fallait faire. Papa a refusé plusieurs fois, et donc plusieurs fois, il s'est fait frapper jusqu'à s'évanouir et donc plusieurs fois, je me suis faite violer. J'ai fini par lui dire d'accepter leur offre. Il a refusé encore une fois et le même phénomène s'est reproduit. Donc, à son réveil, je lui ai dit ce que je subissais pendant qu'il comatait de ces coups reçus. À la demande suivante, après mes aveux, il a accepté leur offre : me violer.

Quoique je ne suis pas là, devant toi, à te regarder lire ce texte, je t'imagine secoué par l'acceptation de papa, mais tu peux continuer à lire, il ne m'a pas violé, on avait un plan. Il n'était pas parfait. On ne s'attendait pas à ce qu'ils soient si malins... Papa a dû changer notre plan sans que l'on puisse se concerter, et c'est ça qui a mis notre mal-être réciproque entre nous, papa et moi. Ils ont voulu s'assurer que papa ne leur tend pas de piège, on a vécu quelque chose de très douloureux : il a dû me faire des choses que jamais un père ne fait à son enfant et les deux hommes lui ont montré mon corps de très près. Il a vu pour la toute première fois ma cicatrice au vagin en réel. Il a tellement bien joué le jeu, il n'a montré aucun dégoût alors j'ai eu peur de lui, peur de mon père. Je me demandais s'il jouait vraiment le jeu ou si vraiment, il voulait violer une enfant, sa fille. Quand ils nous ont enfin laissé tranquilles, il a de nouveau fondu en larmes. Je n'arrivais pas à le regarder. Il s'excusait encore et encore pour ne pas me perdre, que je me souvienne que jamais il ne me ferait de mal.

Joshua est revenu plus tard, il m'a prise. J'ai vu papa s'empêcher de dire ''Laissez ma fille tranquille !''. Il devait laisser faire les choses, il devait suivre le plan. Il savait qu'il devait me violer, donc, il savait que j'allais revenir, vivante.

Je suis revenue assez vite, Joshua m'avait simplement prise pour me laver, être propre pour Steve sans le sperme collé sur mon ventre avec tous ces viols, les traces de sang entre mes jambes ou encore au niveau de ma bouche. Mickaël était là à mon retour, j'ai compris que c'était l'heure pour papa et moi quand j'ai vu Steve avec sa chemise ouverte.

Je tremblais même avant d'être face à mon père. On savait qu'il y avait une possibilité qu'il soit dévêtu un minimum, mais je ne voulais pas y croire, j'aurais dû. C'est difficile maintenant, ce que je vais écrire va te faire changer la vision que tu avais envers ton ami de toujours, mais s'il te plaît n'éprouve aucune rancœur envers lui, n'oublie pas, je lui ai donné la permission.

Joshua m'a mise sur papa, en face-à-face. Mon torse touchait le sien, ma tête était au niveau de son cou et mes jambes de chaque côté de la chaise. Ils ont demandé à Steve de m'embrasser. Dans l'oreille, il m'a dit de résister quoi qu'il arrive, car il ne le ferait pas. Alors j'ai résisté. Mickaël s'est fâché.

« Embrasse-moi cette gamine !, a-t-il crié à papa.

- Elle ne se laisse pas faire ! Mes mains sont attachées ! Comment voulez-vous que je fasse ? »

Je sentais le cœur de papa, il battait si fort. J'avais peur pour lui. Joshua est sorti de la pièce en colère, il est revenu, et il m'a frappé avec un bâton pour que je m'offre à Steve. Je ne l'ai pas fait. Steve s'est empêché de crier, c'était notre seul espoir pour que l'un d'eux décide de le détacher. Mon dos était en sang, mais je n'ai pas pleuré et tu sais pourquoi : il ne faut pas montrer notre peur à nos agresseurs, ils s'en réjouissent, ils en jouent. Papa, pour prouver son envie de me violer a dû sous les ordres de Joshua me donner un signe d'amour. Il m'a simplement effleuré mon oreille avec sa langue. Il a vite arrêté quand je lui ai uriné dessus. Il a fait semblant d'être en colère, il m'a crié dessus. J'ai entendu dans sa voix un soulagement de cet incident. Celui-ci lui a permis d'arrêter ce geste pour montrer sa colère.

Joshua a attaché mes mains, autour du cou de papa. À l'aide d'une corde, il a relié ma cheville droite à ma cheville gauche en la passant sous l'assise de la chaise puis les deux hommes nous ont dit bonne nuit.

J'ai enfin pu lâcher ma peine, ma douleur dans les bras de mon papa qui sans cesse s'excusait de ne rien pouvoir faire pour m'aider alors qu'il est censé être policier. Mais il m'aidait sans le savoir, il était là avec moi et l'espoir qu'il me sauve était toujours ancré en moi. Après de longs pleurs, il m'a demandé de le regarder dans les yeux, puis j'ai suivi ses instructions, car c'est vrai, il avait raison, c'était notre seul moyen, notre seule bouée de sauvetage : j'ai dû mettre ma pudeur de côté, de toute façon il avait déjà tout vu de moi, quelques heures plus tôt.

« Ma puce, regarde-moi. Il faut que tu retires tes bras de mon cou, c'est bien. Tu vas devoir faire un grand effort. Sarah, tu vas devoir glisser le long de mes jambes, tu risques d'avoir des douleurs aux jambes...

- Non, non, non, je ne peux pas faire ça...

- Ma puce, tu n'as pas le choix, je ne regarderais pas. Je vais t'encourager avec des mots et en regardant les quelques toiles d'araignées sur le plafond. », avait-il dit avec un sourire pour adoucir l'atmosphère.

J'ai obéi, je l'ai fait, mais j'étais longue. Je regardais sans cesse papa peur qu'il regarde mon corps le temps que je glisse le long de ses jambes. Il a été si patient envers moi. Une fois les fesses au sol, j'ai détaché mes jambes, difficilement avec mes mains toujours attachées. Une fois détachée, j'ai encore dû procéder à quelque chose de difficile, prendre son couteau suisse dans sa poche de pantalon, dans ses poches si profondes... J'ai détaché ses mains, je me suis mise un peu en retrait derrière la chaise, puis, je lui ai tendu le couteau avec lequel il m'a coupé mes liens des poignets à mon tour. Il a ensuite retiré sa chemise que j'ai pu mettre le temps qu'il détache ses chevilles.

Quand il s'est approché de moi, j'ai eu peur, très peur, il l'a vu. J'étais terrifiée encore plus que la première fois où on s'est rencontrés. Il est parvenu à me prendre dans ses bras puis on a essayé de quitter la pièce, seulement les deux hommes étaient postés juste derrière la porte. Ils mangeaient et regardaient des vidéos sur leur téléphone.

Papa s'est reculé doucement dans la pièce quand Joshua l'a menacé avec son arme. Il s'est excusé de ce qu'il allait me faire. Papa m'a fait tourner dans les airs en me tenant sous les aisselles. Avec mes pieds, le pistolet est tombé à terre et Joshua aussi. Il m'a posé à terre puis, il s'est battu avec Mickaël. C'était un combat difficile. Joshua a commencé à remuer, j'ai pris l'arme, prête à lui tirer dessus.

« Non ! Sarah ! Ne fais pas ça !, a crié papa. Tu ne pourras pas vivre avec ça sur ta conscience ! »

Il s'est donc retourné sur Joshua qui une nouvelle fois s'est effondré à terre. Papa m'a demandé de faire glisser l'arme vers lui au sol, puis il a tiré une balle en pleine tête à Mickaël. Joshua était encore vivant, on l'avait oublié. Papa et moi, on se serrait l'un contre l'autre soulagés, mais d'un coup, on a senti une odeur d'essence, c'était Joshua.

« Si je ne peux pas l'avoir, personne ne l'aura ! », a-t-il crié en versant le pétrole.

Papa m'a regardé, il s'est levé, puis il s'est avancé vers lui. Il a pris le bidon et l'a aidé à le verser au sol. Il s'est retourné d'un coup, puis il a mis de nouveau Joshua au sol. Il a fait ses poches, puis il en a sorti un briquet. J'ai obéi à papa, je savais ce qu'il allait faire, mais je n'ai rien dit, j'ai simplement suivi les ordres. Je suis sortie de la salle et je l'ai attendu dans le couloir. Il a versé de l'essence sur le corps de Joshua, il a fait en sorte que le pétrole se répande jusqu'au corps de Mickaël, puis ensuite, il a ouvert le briquet. Il s'est accroupi près de Joshua, lui a mis l'arme près de lui pour l'accuser du meurtre de son complice. Il a ensuite allumé le briquet, puis il l'a jeté au niveau de sa main pour faire croire à un suicide.

Quand il est venu à moi, il m'a pris dans ses bras et on a entendu les hurlements de Joshua. Il était en train de mourir, par le feu.

On s'est rendu à la voiture. Il m'a donné les mêmes vêtements, ceux que Joshua m'avait retirés avant de m'emmener à l'intérieur de l'entrepôt. Steve s'est pris une nouvelle chemise puis il a caché celle que je portais au fond de son sac. Notre but : dissimuler mes viols.

Il ne voulait pas que je subisse une nouvelle fois des tests pour ces viols déjà que quelques semaines après je devais faire des prises de sang pour vérifier si je n'avais pas des maladies sexuellement transmissibles et heureusement, j'ai échappé à ces maladies.

Steve est parti arrêter une voiture et tu connais la suite. On a tous deux donnés la même version : on a profité d'une dispute des deux hommes pour se sauver. On a dit que mes blessures, autour de la bouche étaient dues à une alimentation forcée et mes traces sur le corps à des attaches, puis des coups comme celles de papa. On sait que Rondon avait du mal à y croire, mais il n'a pas eu le choix, il n'avait aucune preuve...

Voilà tonton notre histoire de l'entrepôt, passons maintenant à celles de nos six mois sur le continent. Je te l'ai dit, tu vas tout savoir. Ton cœur sera en paix, comme Steve, comme moi.