Voilà, tu sais qu'avant de partir sur le continent, on a découvert ma vraie identité ainsi que celle de ma mère. Papa et moi on t'est très reconnaissant, car tu as supprimé ce petit bout de papier qui aurait pu nous séparer. On a profité du Wi-fi pour regarder la vie de ma maman. Elle a fait beaucoup de films pornographiques, enfin elle n'était célèbre que pour ce genre de film. En fait, je n'ai pas vraiment envie de parler d'elle, tu comprendras plus tard...

La Californie, arrestation du père biologique.

Alors, on est arrivé en Californie. On s'est rendu au poste pour rencontrer l'équipe qui était en charge de l'enquête sur Julia, Lauriane et moi. J'ai raconté à cette équipe ce que l'on a vécu dans l'avion. J'ai dû inventer un peu. On était toutes trois nues. Lauriane et moi, nous nous sommes faites violer. Je me suis laissé faire contrairement à Lauriane, du coup, ils l'ont massacré. Julia n'a rien reçu, elle ne les intéressait pas. Voilà le mensonge et les autres à venir. La réalité, tu la connais, du moins, papa a dû te la raconter lors d'un des appels téléphoniques du continent. Je sais que le jour où je lui ai révélé la vérité de l'avion, de tout ce que j'ai subi à la grange, il a passé une bonne partie de la nuit au téléphone, et ce, ne pouvait être qu'avec toi. Tu étais, tu es, et tu resteras son meilleur ami et pour moi, mon gentil tonton.

J'ai continué avec le plan de papa la suite de mon aventure chez eux. Je n'ai pas mentionné le chalet dans lequel Julia et moi avions pu rencontrer mon père et mon demi-frère. Je ne savais pas si ce chalet aurait encore mon ADN, et il ne fallait absolument pas que quelqu'un découvre mon lien de sang avec celui-ci. J'ai raconté tout ce que j'ai subi dans cette grange. Encore une fois, papa a dû te dire mes viols, le nombre exact en si peu de temps passé chez eux : soixante-douze. Peut-être plus, j'en avais perdu la notion à force... Donc, tu sais que j'ai subi des viols avec des jeunes, des vieux, des filles et avec un trio composé de Julia, Samantha et son petit ami. De toute façon, j'ai bien fait de ne pas avoir menti sur les détails de mes viols dans cette grange. La police a trouvé un site de moi, nue, en plein viol, plusieurs vidéos où tu peux les entendre rire, donner des ordres. Steve et moi, on ne les a pas regardées. Le site a été supprimé, mais les vidéos sont, elles emballées dans un carton pour preuves pour un procès.

Tu ne vas pas aimer cette partie de l'histoire. Avant de partir pour Milford, papa a voulu voir le chalet dans lequel Julia et moi avions été amenées après l'atterrissage de l'avion. Mais un problème s'est posé devant nous : on a vu mon demi-frère puis mon père biologique en train de violer une jeune fille. Papa a voulu entrer pour l'aider, mais il s'est ravisé, c'était pour nous une opportunité de les mettre en prison tous les deux. Une fois la police sur les lieux, la fille en sécurité, on est partie pour l'aéroport, personne ne sait que nous sommes les responsables de ce coup, enfin, je le pensais...

Milford, la découverte de la maison.

On est ensuite partie pour Milford, là, où j'ai fait mes combats avec Marc. On a été au poste, l'inspecteur Draw nous a reçus très amicalement. Mais Steve et moi, on voulait vite terminer toutes ses enquêtes alors on a fait vite. Marc demandait toujours après sa femme et moi, il devait aller en prison pour tous les meurtres des enfants retrouvés sous terre, mais ce n'était pas possible, à cause, de ses problèmes de santé. Après les autopsies, les légistes sur cette affaire, ils étaient sept tout de même ! Ils en sont arrivés aux mêmes conclusions : certains enfants étaient morts au cours d'un combat, d'autres de malnutrition, de maladies, mais pour la plupart, ils avaient été assassinés... L'inspecteur nous a dit que les responsables avaient avoué. Ils tuaient les enfants quand ils trouvaient un remplaçant, et j'avais peur que le petit garçon fasse partie de ces enfants alors, avec l'accord et surtout le soutien de papa, j'ai regardé les photos des enfants, et malheureusement, il s'y trouvait. Marc l'a tué, ça ne pouvait être que lui. Il a été cruel avec lui, il l'a asphyxié. Après cette découverte, j'ai demandé à papa de voir Marc. Il était impossible pour la police, pour la justice de le mettre en prison à cause de sa santé mentale, j'ai voulu changer ça et on a mis notre plan à exécution. J'ai été soulagée après plusieurs discussions avec papa qu'il accepte ma demande. Il l'a accepté, car Marc ne m'eut jamais violé, il savait que je ne risquais, rien et que ces enfants avaient le droit qu'on leur rend justice.

On a appris avant de rencontrer Marc que le plus vieux corps daté de dix ans ! Dix ans ! Des enfants qui n'ont pas eu la chance de connaître la vie ! Ils ont retrouvé cent vingt-et-un corps. Sur les cent vingt-et-un corps cent quinze ont eu un enterrement, cent quinze couples ont pu faire leur deuil. Ceux qui restent, sont eux aussi enterrés, mais eux, leurs parents n'ont pas eu la chance de faire leur deuil, car ils sont morts avant de connaître la vérité. Ce sont leurs tantes, leurs oncles, voir un frère ou une sœur qui se sont occupés de leurs dépouilles. J'ai eu beaucoup de difficultés à entendre tout ça, et encore une fois papa a voulu tout stopper, mais non, on était venu pour tout clore pas pour revenir à Hawaï avec des points de suspension.

L'inspecteur Draw a prévenu le centre de mon arrivée, l'un de ses collègues a joué le rôle de l'hôtesse d'accueil. Steve m'a demandé de mettre un gilet pare-balles. J'ai fini par capituler... On s'est arrêté devant le centre avec l'inspecteur Draw.

« Tu es sûre, ma puce ?, m'a demandé papa pour la centième fois.

- Oui, ça va aller. On est bien entouré, j'ai mon collier caméra et mon micro. Ils sont opérationnels. Reste tranquille. Il ne me fera aucun mal. », lui ai-je dit en me dirigeant dans le centre.

« Bonjour, jeune fille, m'a dit le policier sous couverture à l'accueil. Que puis-je pour vous ?

- Je suis venue voir mon père, Marc pour le ramener à la maison. J'ai obtenu la permission de son médecin pour deux jours.

- Tu n'es pas majeur ?, m'a-t-il dit quand il a vu Marc.

- Sa femme est handicapée, elle est dans la voiture. Vous pouvez aller lui demander.

- Ton père est juste derrière toi. Je vais me rendre me renseigner à votre mère. »

Je me suis retournée, inquiète. On venait de modifier notre texte à cause de sa venue et allait-il croire à ce scénario ? Il ne s'en est pas préoccupé en fait, il était tout simplement heureux de me voir, ses yeux brillaient, j'ai compris que j'étais plus que sa poule aux œufs d'or.

« Ma fille, tu es là, devant moi, enfin !, a-t-il dit en me voyant.

- Je suis venue pour te ramener à la maison. Tu peux sortir d'ici.

- Je suis tellement heureux ! Tu as tellement grandi ! Dis, avait-il commencé tout bas, tu as continué les combats ?

- Oui, ça se voit tant que ça ?

- Combien d'argent tu as, maintenant ?

- Assez pour faire au moins trois fois le tour du monde, peut-être beaucoup plus. On va chercher tes affaires !

- Mademoiselle, reprit le policier. Votre mère m'a confirmé vos dires. Monsieur peut partir. Je vous appelle un taxi. Votre femme ne se sentait pas bien, elle préfère vous attendre à la maison, monsieur.

- Elle est malade, c'est pour ça, papa. Tu le sais, elle vient te voir chaque semaine. »

Tu vois Daniel, quoique papa était dans une voiture à écouter la conversation, je pouvais le sentir énerver, en colère que j'appelle cet homme, ''papa''.

On a fait ensuite le sac de Marc, puis on s'est rendu au taxi. Bien entendu, le chauffeur était lui aussi un policier.

Le chauffeur nous avait demandé l'adresse, et c'est Marc qui répondit, moi, je ne la connaissais pas. On s'est arrêté devant la maison. Une fois le chauffeur parti, Marc s'est levé de son fauteuil, il savait marcher et j'ai pris peur.

« On va reprendre où on en était tous les deux ! Comment tu as été aussi bête pour revenir me voir ! Va dans ta chambre ! Je prépare des affaires et on se casse d'ici ! Il est hors de question de retourner dans ce centre ! »

Je me souvenais où passer pour m'y rendre. Une fois à l'intérieur, j'ai pu l'entendre fermer la porte avec des serrures. J'ai vu de nouveau cette chambre. Dans mon souvenir elle était plus grande et belle, mais en fait, non, elle était aussi petite qu'un placard, j'avais des lignes qui délimitaient mon coin. Je me suis assise sur le matelas un peu humide et je n'ai pas eu d'autres choix que d'attendre l'arrivée de mon papa, Steve cette fois-ci. Il ne m'a libéré qu'une fois Marc menotté. Je l'ai vu avec ses menottes et je me suis avancée vers lui pour lui dire que c'est peut-être la maladie de Stockholm qui m'a fait venir à lui. Il a souri, il était heureux, il y croyait, il pensait que j'allais revenir le chercher dans un futur proche, mais il a compris qu'il se trompait quand il a vu papa derrière moi avec son large sourire de fierté.

Sa femme a elle aussi parlé à son tour. Elle a avoué connaître les soirées de son mari, qu'elle se moquait de tout ce qu'il pouvait faire, car elle l'aimait comme une folle. Les inspecteurs ont enquêté sur elle, et elle, elle avait vraiment la maladie de Stockholm. Elle n'a jamais combattu, elle n'est jamais montée sur un ring, elle a été kidnappée pour devenir sa femme. Il a mis dix-huit mois avant qu'elle soit tout à lui. Je suis contente de ne pas avoir été comme elle.

Malgré tout, elle a répondu à toutes les questions de la police. Il a commencé les combats après la mort de leur fils, mort, un soir, tué par des jeunes en sortie de boîte de nuit. Il s'en est voulu de cette mort, car son fils était son élève quand il avait sa propre salle de sport. Il ne pouvait pas supporter d'avoir perdu son fils de cette façon. Il a donc décidé d'entraîner des enfants pour qu'ils soient plus forts que son fils. C'était une sorte de revanche.

Sa femme a retrouvé sa famille, elle aura un long chemin à parcourir et je sais que pour elle, ce ne sera pas possible comme pour moi, tu le sais. Marc, lui, il est en prison pour quinze meurtres, trois des quinze enfants qui l'ont connu sont morts sur le ring à cause de problèmes de santé. Je me suis renseignée sur lui après mon centre de rééducation, il est toujours en prison et encore pour longtemps.