J'avais envie de m'amuser un peu.


Le lundi en revenant en cours après sa première séance photo en compagnie de Lila comme co-équipière, Adrien espérait que l'ambiance dans la classe serait meilleure et surtout que Lila respecterait sa part du marché.

Peut-être Lila se calmerait-elle et serait-elle moins méchante maintenant qu'elle avait obtenu ce qu'elle voulait?

Seulement, en traversant la cours, il vit Marinette le regard absent qui venait dans sa direction. Il était heureux qu'elle soit de retour à l'école, ce qui le dérangeait était l'akuma tout noir qui fit une courbe pour se diriger directement dans son dos.

Adrien se plaça entre Marinette et le papillon maléfique. Il fit en sorte que l'insecte se cache dans son t-shirt préféré.

Aussitôt qu'il sentit une connexion avec une autre personne, il ne le laissa pas parler et prit la parole le premier. : «Bonjour Papillon, j'ai deux mots à te dire.»

«Adrien!» paniqua Marinette près de lui lorsqu'elle le vit le regard sombre et un symbole violet sur le visage.

Sans dire un mot, avec seulement un geste, il lui demanda de patienter une minute et de lui faire confiance.

«D'abord, je ne sais pas qu'elle espèce de crétin égoïste tu es, mais tu dois être parmi les plus idiots pour ne pas te rendre compte qu'il te serait beaucoup plus simple et efficace de te servir de ton propre miraculous pour obtenir ce que tu veux.» reprit l'adolescent pendant que tout le monde se rassemblait autour de lui avec horreur et curiosité.

«Je ne sais pas ce que tu cherches, mais si tu souhaites, par exemple, une montagne d'or, il serait beaucoup plus logique pour toi de demander à un akumatisé de faire apparaitre une montagne d'or plutôt que de lui demander de faire voler les cochons juste pour attirer les miraculous de Ladybug et ChatNoir hors de leur cachette. De plus, tu as le miraculous de la générosité. Ce qui signifie qu'avec tes pouvoirs, tes souhaits sont gratuits tandis qu'avec ceux que tu demandes, il y a un énorme prix à payer qui sera aussi élevé que ce que tu demandes.»

«D'autre part,» fit-il encore mais avec une voix qui avait retrouvé du mordant «Si tu t'en prends à nouveau à Marinette même de façon indirecte, je te retrouve et je te, je-» sa voix mourut en réalisant que des gens l'écoutaient. Mais, il n'hésita pas plus longtemps et termina de dire le fond de sa pensée à son ennemi avec toute sa fermeté retrouvée. «Disons simplement que tu devras apprendre à respirer par un nouvel orifice.»

Sans que le Papillon n'est prononcé un mot, l'akuma quitta Adrien et s'envola de la cour de l'école en redevenant tout blanc.

Adrien ne se souvenait pas de ce qu'il avait dit mais se souvenait de ce qu'il avait décidé de dire au départ.

Marinette, qui avait réussit à contenir sa panique jusque là, choisit ce moment pour s'inquiéter.: «Tu vas bien Adrien? Tu es blessé? C'était incroyablement risqué ce que tu as fait!»

«Ça a marché, non?» fit-il remarqué en haussant les épaules. Ce n'était pas un akuma qui lui ferait peur, avec ou sans super-vilains possédé. «Si on parlait plutôt de toi? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé? C'est toi que cet akuma visait.»

«Ce n'est vraiment rien. C'est un truc bête et sans importance.» chassa Marinette avec un geste de la main.

«N'oublie pas qu'on a un pacte tous les deux. Tu me protèges et je te protège.» rappela Adrien en se penchant vers elle pour lui jeter un regard inquisiteur qui sous-entendait qu'il ne la laisserait pas s'en tirer.

«Lila a collé la photo de mon visage sur le corps d'une femme nue et l'a glissé dans les portes des vestiaires des garçons.» soupira Marinette. «Ce n'est qu'une blague stupide. Ça n'en vaut pas la peine.»

«Depuis quand lâches-tu quoi que ce soit? D'ordinaire, tu es plus vigilante.» pointa-t-il se rappelant de l'incident de la gomme à mâcher durant laquelle ils s'étaient rencontrés. Elle n'avait certainement pas lâché l'affaire à l'époque.

Mais avant qu'elle ne puisse répondre, Alya qui avait tout filmé s'interposa pour reprocher à Marinette. «Pourquoi penses-tu que c'est Lila? Ne laisse pas ta jalousie t'aveugler s'il-te-plaît!»

«Avec son faux-air angélique et son sourire de vilaine qu'elle n'arrive même plus à cacher, c'est certainement elle.» expliqua Marinette.

Que ce soit Lila ou non, Adrien voulait continuer de défendre sa princesse, même d'Alya s'il le fallait. «Pourquoi Marinette serait-elle jalouse de Lila? À l'exception de son talent pour blesser les autres, Lila ne lui arrive à la cheville sous aucun aspect.»

«Euh, ben, c'est au sujet de...» bafouilla Alya en regardant le bras d'Adrien qui soutenait la taille de Marinette de façon très protectrice. C'était effectivement difficile d'affirmer que Marinette était jalouse de l'attention qu'Adrien portait à Lila dans ces circonstances.

Voyant que l'adolescente qui s'accrochait toujours à son téléphone n'avait plus rien à répondre, Adrien déposa un baiser tendre sur la chevelure de Marinette et se détacha d'elle pour partir vers le vestiaire des garçons.

«Dites les gars?» s'adressa-t-il à un regroupement de garçons d'une autre classe qui rigolaient en regardant les photos offensantes. Adrien en attrapa aussi une qui trainait sur un banc. «Vous avez quel âge? Vous ne savez pas encore comment les akumatisés apparaissent?»

«Qu'est-ce que tu nous veux la vedette?» rouspéta l'un d'eux.

«À ta place, je l'écouterais.» fit Nino qui était entré avec Adrien dans le vestiaire. Comme beaucoup de personnes qui avaient vu ce qui s'était passé dans la cour, il avait suivit son ami. La plupart des filles étaient restées devant la porte des vestiaires mais certaines, plus fonceuses, dont Alya, étaient entrées avec les garçons. «Il vient de rembarrer le Papillon et le type l'a écouté.» s'enthousiasma le meilleur ami.

«Ce genre de chose» reprit Adrien désignant les photos comme s'il n'avait pas été interrompu «C'est de l'intimidation. Et l'intimidation n'a sa place nulle part. Mais encore moins dans une école ou pire, à Paris, lorsque le Papillon donne aux victimes le pouvoir de se venger. Si vous essayiez de faire partie de la solution plutôt que du problème?»

Il attrapa toutes les photos qui étaient sous ses yeux et les jeta à la poubelle en sortant de la pièce.

Tous les élèves de sa classe s'installèrent avec lui dans le silence et une certaine incertitude.

Jusqu'à ce que Nino éclate de rire et répète les paroles: «''Apprendre à respirer par un nouvel orifice!'' Elle est trop drôle!»

«C'est ça que j'ai dit finalement?» questionna Adrien.

«Oui, pourquoi? Ce n'était pas ton intention?» rigola Nino.

«Disons que la version dans ma tête était moins censurée.» expliqua Adrien.

«Adrien?» appela timidement Marinette derrière lui et Adrien se retourna sur son siège pour l'écouter. «Je voulais te dire merci. Tu viens de me protéger deux fois et les cours du matin ne sont même pas encore commencés!»

«J'ai juré de te protéger. Toujours, Marinette. N'importe où, n'importe quand. Rien ne me fait peur lorsqu'il s'agit de toi.» Il termina sa phrase en roulant des muscles.

Marinette, reconnaissant ChatNoir et découvrant qu'il était Adrien l'attrapa par le col de sa chemise et le regarda au fond des yeux. «C'est pas vrai, c'est pas vrai!» murmura-t-elle. «C'est toi?» et elle écrasa ses lèvres sur celles d'Adrien qui resta stupéfait mais n'en retourna pas moins le baiser.

Il y mit fin le premier par contre, parce que Marinette aurait continué toute la journée.

«Marinette, je, je suis désolé. J'aime quelqu'un d'autre. Et ça depuis longtemps.» lui expliqua-t-il d'une voix douce mais tous ceux autour entendirent tout de même.

«Je le sais bien, Chaton.» chuchota-t-elle à son oreille d'une voix coquine. «Tu me le rappelles chaque fois que tu me surnommes ta Lady.»

La main d'Adrien fila plus vite que l'éclair mais prit délicatement la joue de porcelaine de la jeune femme pour qu'Adrien puisse admirer son regard bleu comme s'il le voyait pour la première fois, des larmes de bonheur contenues dans ses propres yeux.

Quelques secondes plus tard, Chloé entrait dans la classe en jacassant pendant qu'Adrien capturait les lèvres de Marinette sous les applaudissements de leur classe qui résonnaient si fort qu'ils enterrèrent les plaintes de Chloé.

Épilogue

Une semaine plus tard, Adrien se réveilla lentement. Il n'avait pas vu ni son père, ni Nathalie en personne depuis une semaine. Il avait seulement reçu quelques messages. Mais étrangement, cela n'avait pas vraiment changé ses habitudes.

Son horaire était aussi chargée qu'à la normale, le manoir était toujours aussi vide mais puisqu'il n'avait que la surveillance de son garde du corps à éviter, il avait pu aller rendre visite à Marinette toutes les nuits.

Cependant, ce matin-là ne fut pas comme les autres. Sur le bureau de son ordinateur, il aperçu les deux miraculous miroitants du Papillon et du Paon.

Incrédule et aussi bouche bée que Plagg, il poursuivit fébrilement sa routine matinale planifiant la suite et envoyant des messages à Marinette qui semblait encore endormie.

Sortant le nez de sa chambre à la recherche de son chauffeur pour partir immédiatement à la rencontre de celle qui était maintenant sa petite amie, il entendit un son qui n'avait plus retentit entre les murs de cette résidence depuis longtemps.

Il s'avança lentement jusqu'à la salle à dîner, craignant de faire s'évanouir l'illusion.

Repoussant le battant entrouvert, son regard tomba sur une dame magnifique vêtue de son pyjama et de sa robe de chambre. Elle riait aux larmes et buvait un thé assise confortablement dans un fauteuil.

Près d'elle, Nathalie riait tout autant et son père était également confortablement assis et souriait doucement de leurs plaisanteries.

«Est-ce que- Est-ce que je rêve?» demanda-t-il en bafouillant.

«Adrien?» s'écria sa mère avec ravissement. «Tu es réveillé? Viens me voir, mon grand! Tu m'as tellement manqué!»

Adrien courut jusqu'à elle. Un instant, il avait eut peur qu'il s'agisse de sa tante Amélie, mais sa voix était trop douce, Amélie n'aurait jamais pu lui parler de cette manière ou le regarder avec autant d'amour.

«Ou étiez-vous, maman? J'ai cru que vous étiez morte!» s'ému-t-il.

«J'étais malade Adrien. Dans le coma. Je viens de reprendre conscience et ton père et Nathalie sont venus me chercher là où j'étais. J'étais si loin, tellement, si tu savais!»

«Nous n'aurions rien pu faire sans lui à vrai dire.» félicita son père. «Sans lui, je n'aurais jamais pensé à te chercher avec cette nouvelle méthode. Il est très doué pour trouver le bon angle d'attaque d'un dilemme!»

«Je t'aime mon grand garçon.» dit Émilie à son fils qui était agenouillé près d'elle.

«Je t'aime aussi maman.» lui répondit-il avec un grand bonheur.