Chapitre 15 : Cris et désespoir

Un bruit assourdissant lui parvint de très loin. Sa conscience bascula doucement dans un brouillard opaque qui lui interdisait de comprendre ce qu'il se passait. Petit à petit le brouillard s'estompa à mesure que sa conscience s'accrochait à nouveau dans son esprit.

Quel était donc ce bruit ? D'où provenait-il ? Toutes ces questions se mélangeaient dans sa tête. « Métal », oui c'était un bruit de métal qui résonnait. Son esprit fit un dernier effort pour sortir de ce profond sommeil qui le retenait prisonnier et ses paupières s'ouvrirent enfin.

« La belle au bois dormant est enfin réveillée ? C'est pas trop tôt ! »

Une voix féminine. « Qui est-ce ? Où suis-je ? »

Son regard se posa sur un plafond décrépi et sale d'une pièce minuscule et terne. « Une cellule, oui je suis prisonnier c'est vrai. »

A nouveau ces bruits de ferraille lui firent froncer les sourcils et se boucher les oreilles.

« Bon tu te dépêches oui ? J'ai pas que ça à faire moi ! »

Il posa les yeux sur une jeune fille blonde de l'autre côté des barreaux.

« Qui es-tu ? réussit-il à articuler.

- Tu ne me reconnais pas ? Vraiment ? »

Sasuke fit un effort et la détailla un peu plus. Ses cheveux étaient d'un doux blond lumineux coiffés en 4 queues autour de sa tête. Un regard dur et une moue renfrognée donnait du caractère aux traits fins de son visage. Enfin, il vit le grand éventail qu'elle tenait dans ses mains et qui était la cause de ce vacarme.

« Tu es la sœur de Gaara, c'est ça ? On s'était vu à l'examen chuunin.

- Pas seulement à cet examen, mais sur le champ de bataille aussi. Mais… il paraît que tu ne te souviens de rien, sale chien, cracha-t-elle.

- Non, en effet, répondit-il calmement sans relever l'insulte.

- Peu importe. Tu ne t'en tireras pas aussi facilement ! » cracha-t-elle entre ses dents avant de filer.

Sa cellule n'était composée que d'un lit suspendu, un minuscule bureau et un toilette. Aucune activité ne s'offrait à lui à part penser… Il essayait donc vainement de se souvenir de son passé qui lui était reproché, n'essuyant chaque fois qu'un échec. Parfois, il trouvait plus probable qu'ils aient tous subis une hallucination collective le présentant comme le monstre que tout le monde croyait.

Être enfermé dans cette petite cellule humide et froide ne l'aidait pas à se défendre ni à convaincre ces gens. Combien de temps ça allait durer ? Allait-il avoir un procès équitable ? Il n'en avait aucune idée. A vrai dire, il en doutait même.

« Debout là-dedans ! Voilà ton repas.

- Re-bonjour blondinette, répondit-il gentiment.

- Je t'interdis de m'adresser la parole, salopard ! Tu fais ce que je te dis et tu fermes ta gueule !

- Ainsi tu es mon geôlier ? dit-il en s'accrochant aux barreaux les plus près de la jeune fille. Je suis chanceux alors, termina Sasuke en souriant avec douceur.

- Chanceux ? C'est ce que tu crois ! Je vais te faire vivre un enfer ! Tu vas payer pour tes crimes au centuple ! ragea la jolie kunoichi.

- La colère ne te va pas. Essaye de sourire pour voir ? »

Temari rougit immédiatement autant de colère que de gêne. Cet insolent osait lui faire un numéro de charme alors qu'elle le haïssait au plus profond de ses tripes. Il avait pris la vie de nombreux de ses amis et elle comptait les venger. S'il ne la prenait pas au sérieux alors elle devrait se montrer plus explicite.

Elle attrapa Sasuke par le cou en appuyant fermement pour comprimer sa trachée et l'empêcher de se dégager.

« Écoute-moi bien, sale enfoiré. Je suis ici ton pire ennemi, un véritable cauchemar incarné. Je vais te faire souffrir autant que je le puisse. Je vais te faire ramper devant moi et tu m'imploreras pour que je t'achève »

Sasuke ne tentait pas de se libérer de sa poigne pourtant mortelle. Il la regardait dans les yeux en tentant simplement de résister le plus longtemps possible avant de tomber dans l'inconscience.

Temari se délectait de voir le visage de son ennemi virer au rouge et ses yeux se révulser à mesure que l'oxygène venait à manquer. Elle sourit d'un air machiavélique avant de lâcher enfin son emprise.

Sasuke tomba par terre, prit une profonde inspiration à s'en faire éclater les poumons et toussa bruyamment à plusieurs reprises. Sa gorge le faisait souffrir tandis que sa vue se stabilisait à nouveau. Il n'était pas passé loin de l'asphyxie. Temari s'en alla dans le couloir dans un grand éclat de rire.

Sasuke comprit que sa détention allait durer longtemps et être des plus pénibles. Son estomac criait famine et il s'aperçu que le maigre repas apporté par sa geôlière était étalé sur le sol de sa cellule. Il se recroquevilla sur sa couche et ferma les yeux.


« Naruto-kun, comment peux-tu soutenir ce… ce monstre ? Tu l'as combattu avec nous ! Tu as vu des amis à toi mourir de ses mains ! Comment peux-tu… »

Temari était crispée et tremblotante, visiblement affectée par ces sombres souvenirs. Naruto baissa les yeux un instant, cherchant quoi lui répondre pour lui faire comprendre ce qu'il ressentait.

« Il était mon ami… J'ai tout donné pour le ramener et maintenant c'est chose faite. Je ne peux pas le laisser. Je ne le veux pas.

- Il a tué des habitants de Konoha et de Suna, des amis, des voisins… Il a anéanti tout ce qu'on aimait !

- Temari-san… Il n'est plus cet homme-là. Crois-moi !

- Un monstre reste un monstre ! »

Naruto arqua un sourcil avant de répondre :

« Ah oui ? Alors ton frère est toujours un monstre ? C'est ce que tu penses ? »

La kunoichi serra les dents de se faire contrer si facilement.

« C'est différent et tu le sais, Naruto.

- Non, pas du tout. En quoi est-ce si différent ? Ton frère a tué des habitants de Suna fut une époque et il est pourtant votre Kazekage. Il a changé et tout le monde l'aime à présent. Je demande juste que Sasuke ait droit à une deuxième chance lui aussi.

- Ce… Ce n'est pas pareil ! persista-t-elle. Il doit payer !

- Laisse-moi le voir Temari, demanda Naruto après un silence. »

De toute évidence, il était impossible de convaincre la jeune fille et Naruto en avait bien conscience. Elle était rouge de colère et ses yeux lançaient des éclairs. Néanmoins, elle emmena Naruto patienter dans une salle.

Sasuke rouvrit les yeux en entendant des bruits de pas dans le couloir. Il devina qu'il s'agissait de sa jolie geôlière et qu'elle n'était toujours pas de bonne humeur. En effet, il vit bientôt la jeune fille en question apparaître derrière les barreaux l'air de contenir un volcan en éruption en elle.

« Debout face contre le mur, mains derrière la tête et bouge-toi ! » hurla-t-elle.

Sasuke la regarda une seconde puis obtempéra calmement. Il entendit la porte de sa cellule s'ouvrir puis sentit la poigne ferme de la jeune fille lui attraper les poignets, y mettre des menottes pour lui attacher les mains derrière le dos. Elle le fit ensuite pivoter d'un mouvement vif et le plaqua fermement contre le mur.

« Naruto veut te voir. Mais je te préviens, n'essaye rien de stupide ou tu vas sincèrement le regretter. Je t'aurai à l'œil. C'est compris ?

- Parfaitement. Je n'ai pas l'intention de fuir comme je l'ai dit à ton frère.

- Très bien. En marche. »

Le trajet se révéla assez court et Sasuke se retrouva bien vite dans une petite salle où l'attendait Naruto.

« Salut Sasuke. Le orange te va super bien, plaisanta Naruto en voyant le vêtement traditionnel des prisonniers que portait son ami.

- Ma couleur préférée, j'ai de la chance, répondit Sasuke avec ironie.

- Bon euh… De toute évidence ce n'était pas une super idée de venir à Suna. Ce n'était pas très malin de ma part, j'aurai dû me douter qu'ils n'allaient pas être content de te voir. Excuse-moi. Tout est de ma faute.

- Ce qui est fait, est fait Naruto. Je ne te blâme pas.

- Écoute, je tente toujours de raisonner Gaara mais les anciens de Suna se sont rangés de son avis. En fait… certains souhaitent même que tu sois condamné à mort, déclara-t-il tristement.

- Ah… Après tout je suis un criminel de guerre.

- Je ne sais pas quoi te dire. Je fais tout ce que je peux pour les convaincre. Je ne pensais pas qu'ils avaient tant de rancœur contre toi.

- Moi non plus, plaisanta Sasuke.

- J'ai demandé une audience formelle devant le conseil mais elle n'aura lieu que demain. Je vais faire mon maximum pour te sortir de là.

- Merci Naruto. J'ai confiance en toi.

- Sinon comment tu vas ?

- Une vraie partie de plaisir avec ma tendre geôlière… »

Naruto ricana de la plaisanterie de son ami puis l'entretien prit fin avec l'arrivée de la geôlière en question.

Temari poussait Sasuke dans le couloir en direction de sa cellule sans le ménager. Avant d'arriver au bout, Sasuke s'arrêta net et fit face à la jeune femme.

« Pourquoi est-ce toi qui t'occupes de moi ? Tu es une ninja et pas du genre à jouer les gardiens de prison. De plus, tu es la sœur du Kazekage. Pourquoi fais-tu ça ? demanda Sasuke sans détour.

- Parce que je l'ai demandé.

- Pourquoi l'as-tu demandé alors ? Si tu ne me supportes pas, alors je ne comprends pas pourquoi tu t'infliges ça.

- Je voulais m'assurer que tu ne t'échappes pas. Et… je voulais m'assurer que tu souffres à la hauteur de tes crimes ! Parce que… parce que tu as tué mon petit-ami ce jour-là. Tu me l'as arraché, sale pourriture ! »

Le regard de Temari flamboyait littéralement et transperçait les yeux fatigués de Sasuke. Maintenant, il comprenait mieux l'animosité qu'elle lui témoignait. Sasuke se demanda combien d'autres couples il avait séparé. Combien de pères ou de mères n'étaient pas rentrés chez eux embrasser leurs enfants par sa faute ?

Comment avait-il pu aller aussi loin dans sa haine et son désir de vengeance, au point de se retourner contre Konoha et de tuer sans pitié des centaines de personnes ?

« Je suis désolé, déclara-t-il soudainement.

- Quoi ?

- J'ai dit que j'étais désolé, pour tout ce que j'ai fait à l'époque.

- Et tu crois que ça va suffire ?! Tu crois qu'un simple pardon te fera sortir d'ici ? s'emporta la jolie blonde.

- Non, absolument pas. Mais je voulais tout de même m'excuser. Pardonne-moi pour le mal que je t'ai fait à toi et tous ceux qui ont participé à cette bataille. Pardon. »

Temari le cogna de toutes ses forces en plein visage, le projetant contre le mur avant de s'affaler lourdement au sol. Elle s'accroupit au-dessus de lui, l'attrapa par le col col et le secoua violement en faisant cogner sa tête sur le sol à chaque fois.

Sasuke ne réagissait que par des cris de douleurs et en murmurant à chaque fois un « pardon ».

Le sol commença à se teinter de rouge et Sasuke ne se défendait même pas. Pourquoi n'essayait-il même pas de se protéger ? A bout de nerf, Temari relâcha son prisonnier pour pleurer à chaudes larmes.

« Ne pleure pas, non… Continue de me frapper si ça peut soulager ta peine, murmura Sasuke.

- Tais-toi, sale monstre, bégaya Temari entre deux sanglots et sans grande conviction.

- Frappe-moi ! S'il te plaît, soulage ta colère sur moi.

- Arrête ! Arrête de faire ça. De me faire croire que tu n'es plus le même.

- Je ne peux pas rendre la vie à toutes ces personnes. Je ne peux pas te rendre ton petit-ami et j'en suis sincèrement désolé. Je n'arrive même pas à comprendre que j'ai pu être… ce type-là. Je voudrais que tu puisses voir que je ne suis plus le même.

- Arrête de vouloir m'apitoyer ! cria-t-elle en pleurant. Tu restes un monstre pour moi. »

Sasuke n'avait aucun souvenir de ce monstre que tout le monde haïssait tant. Il n'arrivait même pas à croire qu'il avait pu être capable de tout ça. Mais il voulait quand même assumer les actes terribles de l'ancien Sasuke et faire amende honorable. Il savait aussi bien qu'eux ce que pouvait signifier la vengeance. Il se souvenait depuis peu de la mort de son clan et de ses parents et de la haine qu'il avait ressentie contre son frère, l'assassin. Malgré ses souvenirs revenus, il n'avait pas eu envie de partir à la recherche de ce frère pour poursuivre sa vengeance. Non, il avait voulu retrouver son village et ses amis.

Néanmoins, il n'aurait pas pu imaginer qu'il était devenu un meurtrier comme son propre frère. Ce que le désir de vengeance lui avait fait faire était impardonnable. Alors, si sa souffrance pouvait apaiser les autres, il l'acceptait volontiers. Son crâne lui faisait horriblement mal suite aux coups répétés de Temari, mais il accueillait la douleur sans se plaindre.

Il avait de la peine pour cette fille torturée par la haine et la vengeance. Sachant parfaitement ce qu'elle pouvait ressentir, il ne souhaitait rien d'autre que la soulager de ce fardeau. Alors, il répétait ses excuses inlassablement tandis qu'elle pleurait au-dessus de lui.

Après un temps qu'il n'aurait pu définir, elle s'essuya les yeux et le regarda un moment. Son expression était indéchiffrable, pourtant il aurait bien aimé savoir ce qu'elle pensait. Elle finit par se relever, ainsi que son prisonnier et continua sa marche vers la cellule. Elle lui retira ses menottes et le laissa seul dans cette pièce étroite en prenant soin de ne pas recroiser son regard.


Sakura filait droit en direction de Suna. Les traces de Sasuke et Naruto lui indiquaient que telle était leur direction alors elle ne perdait pas de temps.

Elle avait hâte de retrouver ses deux amis tout en bouillant de colère contre Shikamaru. Comment avait-il pu être aussi bête ! Ce n'était pas son genre de faire des coups bas comme ça.

Il était vrai qu'il avait changé depuis qu'elle le connaissait aussi intimement. Il était différent depuis qu'il l'aimait oui… Mais ça ne pouvait pas excuser son comportement.

Alors qu'elle entamait une descente quelque peu abrupte, la lanière d'une de ses sandales se rompit et son pied glissa sans qu'elle puisse se rattraper. Elle sentit son corps tomber comme une masse et dégringoler la pente raide. Elle rebondissait sur des cailloux qui lui meurtrissaient la peau. Les yeux fermés de toutes ses forces, elle tentait de se protéger la tête alors qu'elle était complètement impuissante.

Enfin, elle percuta violemment le sol et hurla de douleur en se recevant sur son bras gauche. Elle sentit un feu brulant dans son épaule et se demanda si elle était juste déboitée ou si c'était plus grave.

Elle tenta de se relever mais se laissa à nouveau retomber au sol tant les contusions de son corps étaient insupportables. Pourquoi avait-il fallu qu'elle tombe dans un endroit si dangereux ?

Elle s'aida des rochers autour d'elle pour se relever à nouveau en criant de douleur. Sa tête tournait légèrement et elle devait faire un réel effort pour ne pas s'effondrer à nouveau.

Elle maintenait fermement son bras gauche avec le droit pour le bloquer contre son torse, puis tenta de le bouger pour découvrir la gravité de la blessure. Une fulgurante douleur s'empara d'elle et lui arracha un nouveau cri.

L'épaule était démise sans aucun doute mais peut être qu'une fracture de l'omoplate s'y ajoutait. Elle réprima des larmes qui lui montaient aux yeux et s'approcha courageusement d'un arbre auquel elle s'accrocha.

Elle se concentrait à présent et s'encourageait à faire face à la douleur actuelle et la prochaine qui allait être bien pire… Elle compta jusqu'à trois et écrasa d'un coup son épaule gauche contre l'arbre pour le remettre en place. La souffrance était insupportable et elle se rendit compte avec désarroi qu'elle n'avait pas réussi à remettre son épaule en place. Elle sentait une sueur froide recouvrir son corps et tremper ses cheveux roses contre son visage.

Une petite voix dans sa tête gémissait que c'était trop dur, qu'elle avait trop mal pour recommencer et elle sentit ses yeux la piquer à nouveau. Une autre petite voix lui rappela qu'elle était un ninja de haut rang et respecté, qu'elle ne pouvait pas se laisser aller à cause d'une telle blessure.

Elle se redressa encore plus difficilement face à l'arbre. Elle respira fort trois fois de suite et hurla tout ce qu'elle pouvait en tentant une nouvelle fois de remettre son épaule.

Cette fois encore l'abominable souffrance qu'elle ressentit la déstabilisa et la fit tomber sur ses genoux. Sa vue se troubla complètement et elle s'écroula au sol.


Douleur, souffrance, elle avait si mal. Tout son corps la faisait souffrir. Elle se rappela la chute, la blessure et son évanouissement. Un feu crépitait tout près d'elle. Qui l'avait allumé ? Elle ouvrit brusquement les yeux et scruta autour d'elle.

Un jeune homme était à côté d'elle et alimentait le feu. La queue de cheval haute et sa tenue l'informa de l'identité de celui-ci. Alors qu'elle le reconnut celui-ci se tourna vers elle et lui sourit.

« Tu es enfin réveillée. Tu vas mieux ?

- Mais… qu'est-ce que tu fais là, Shikamaru ?

- C'est ta façon de me remercier ? se renfrogna-t-il. Je t'ai suivie, ajouta-t-il simplement.

- Pourquoi ? Pour me ramener à Konoha ?

- Oui.

- Je ne t'appartiens pas Shikamaru ! »

Le jeune ninja ne répondit rien, fit une moue boudeuse et se concentra à nouveau sur le feu. Il avait l'air si triste, Sakura ne l'avait jamais vu comme ça.

« Mais tu te rends compte des conséquences de ce que tu as fait ? Que tu en veuilles à Sasuke je peux le comprendre vu que c'est le cas d'à peu près tout le monde, mais tu m'as aussi privée de Naruto, mon meilleur ami.

- Je n'avais pas prévu ça.

- La belle affaire ! dit-elle en soupirant.

- Je ne te suffisais donc pas ? » demanda-t-il brusquement en la toisant.

La question perturba quelque peu Sakura qui rougit. « Bravo Shikamaru, pensa-t-elle, tu m'as bloquée avec cette question. Que puis-je répondre maintenant ? ».

« Ne pouvais-tu donc pas être heureuse juste avec moi ? enchaîna-t-il.

- Bien sûr que si Shikamaru, mais tu sais bien que ça n'a rien à voir.

- Pourtant tu étais en train de me quitter, non ? A peine était-il revenu que tu me fuyais pour être avec lui.

- Mais non ! Je voulais juste… rhaaa tu es impossible toi ! Tu essayes de me faire dire ce que tu souhaites.

- Non, pas ce que je souhaite, mais ce que je redoute au contraire. Je ne veux pas que tu tombes amoureuse de lui. Je ne veux pas que tu me quittes pour lui. Je veux que tu restes avec moi, Sakura. Voilà ce que je veux. Je te l'ai dit… je t'aime. Je ne veux pas te perdre. »

Les yeux noirs de Shikamaru transpercèrent le cœur de Sakura. Son doux visage était crispé par l'inquiétude et elle n'avait qu'une envie : le serrer contre elle.

Au fond d'elle, elle savait qu'il avait agi par amour pour elle et après tout, personne ne l'avait autant aimée. La raison de sa colère venait du fait qu'elle les voulait tous les trois pour elle toute seule. Elle les voulait tous auprès d'elle pour partager sa vie. Elle avait besoin de chacun d'eux et en perdre un seul était une réelle souffrance. Mais en plongeant dans les yeux tendres de Shikamaru, elle sut sans l'ombre d'un doute qu'elle le voulait lui comme compagnon. Oui ses amis lui étaient chers, mais elle voulait se réveiller dans les bras de Shikamaru le matin.

Une larme roula sur sa joue sans qu'elle puisse la retenir. Shikamaru se pencha au-dessus d'elle et essuya doucement son visage avec ses pouces. Ses mains étaient chaudes et douces et un sourire étira les lèvres de la jeune femme.

« Je t'aime Shikamaru. Mes sentiments pour toi n'allaient pas changer parce que Sasuke était revenu.

- Pourtant tu es partie…

- Oui, parce que j'étais furieuse après toi. Qui es-tu pour décider des gens qui doivent m'entourer ou non ? J'avais juste besoin d'être avec eux pour un temps. Je n'avais plus confiance en toi. Tu avais trahi la confiance que j'avais pour toi, tu comprends ?

- Je te demande pardon, Sakura. J'ai agi sur une impulsion. Cette situation était particulière… je n'avais pas conscience que c'était avant tout ma jalousie qui s'était exprimée. Je croyais faire ça pour le bien du village. »

Il était si adorable que son cœur fondit en un instant.

« C'est toi que j'aime, Shikamaru. Tu me crois ? »

Il hocha simplement la tête en plongeant ses yeux sombres dans ceux de celle qu'il aimait. Shikamaru sourit tendrement puis déposa un doux baiser sur ses lèvres pleines. Leurs mains caressaient le visage, le cou et les cheveux de l'autre sans que leurs lèvres ne s'éloignent. Sakura goutait à nouveau au parfum exquis de sa peau. La tendresse de Shikamaru la surprenait à chaque fois qu'il la caressait. Elle ne l'aurait jamais imaginé comme ça, ne serait-ce que quelques semaines auparavant, alors qu'ils n'étaient que des camarades.

Elle voulait le serrer tout contre elle, mais son corps lui faisait encore trop mal, ce qui lui fit remarquer que Shikamaru prenait grand soin de l'effleurer sans jamais appuyer sur une quelconque partie de son corps.

Puis, Shikamaru s'écarta légèrement et la couva d'un regard empli d'amour en lui demandant comment elle se sentait.

« J'ai mal partout et mon corps est tout ankylosé. Je crois que j'ai pu remettre mon épaule en place mais je me suis évanouie juste après, à cause de la douleur.

- Et maintenant, tu peux te soigner ?

- Oui, mais pas complètement. Il me faudra du temps pour vraiment récupérer. »

La médic-nin fit luire d'un halo vert sa main droite qu'elle passa doucement au niveau de son épaule meurtrie. Les tissus arrachés se raccrochèrent et elle ne pouvait rien faire de plus à part attendre. Elle s'attaqua ensuite aux multiples contusions et coupures qu'elle avait subies pendant sa chute. Ça n'avait rien de difficile mais c'était un peu long et consommateur en chakra.

« Le plus dur est fait. Il faut maintenant laisser le temps au temps. Mon épaule restera fragile quelques jours.

- Bon alors nous passerons la nuit ici et on repartira demain matin.

- Vers Konoha.

- Non, vers Suna. On va rejoindre Naruto et Sasuke.

- Mais, pourquoi ? Je pensais que tu étais venu pour me ramener à Konoha.

- C'est exact, mais j'ai changé d'avis. Je pense que tu as besoin de les revoir à nouveau et je dois discuter avec Sasuke.

- Discuter ? demanda-t-elle avec appréhension.

- Ne t'inquiètes pas mon cœur. Je veux juste m'excuser auprès de lui et me faire une opinion sans préjugés à son égard.

- Tu es le meilleur homme du monde Shikamaru Nara, » répondit-elle en l'enlaçant.