Mercredi 23 décembre (tôt le matin)
Cher John,
Je viens de recevoir ton e-mail, est-ce que c'est assez rapide pour toi ? Aujourd'hui, j'ai eu une journée « incasinata, » comme on dit en Italie. On n'a pas vraiment de traduction pour ce mot, une notion entre « pourrie » et « franchement foireuse », peut-être ? C'était comme ça pour tous ces derniers jours, à vrai dire. Mon dernier enchaînement de réunions ne s'est pas bien passé et j'ai trois fois plus de travail que prévu pour essayer de réparer les dégâts, maintenant. Je ne me suis pas autorisé à regarder si j'avais reçu quelque chose de ta part tant que je n'avais pas réglé cette affaire d'une façon qui me permettait de m'arrêter un peu, parce que sinon je n'aurais rien fait d'autre que de rafraîchir la page de la messagerie toutes les dix secondes, alors que j'étais censé me concentrer sur tout autre chose.
Je ne suis pas pressé de voir Noël arriver non plus. Je déteste être loin de chez moi, je déteste le fait de ne rien pouvoir faire de productif tant qu'une bande de crétins ne se seront pas bougé les fesses et je déteste le fait que je ne peux pas le passer avec toi. Non pas que je m'emporte au point de réquisitionner ton jour de Noël, bien sûr, mais ça serait bien de le passer avec quelqu'un qui se trouverait en ma compagnie de son propre choix. Personne ne le fête, ici (la religion chrétienne n'est pas dominante) alors Noël sera juste une date sur le calendrier, tout au plus. Je vais sûrement le passer dans un endroit inconfortable, à attendre. Encore.
J'espère que tu ne m'en veux pas de te le dire, mais ton ancien colocataire, qu'il soit « sérieusement brillant ou non », a été stupide de te laisser derrière. Je suis heureux de savoir que tu as un ami avec lequel passer cette journée délicate. Tu ne devrais pas avoir à la vivre seul.
– William
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Merciiii à vous pour les reviews,
Merci à Flo'w pour ta relecture !
À bientôt !
