Mardi 19 janvier
Cher John,
Merci pour la nuit dernière. D'être resté avec moi (virtuellement, en tout cas). C'est étrange comme on peut se sentir seul à l'hôpital, alors que des gens entrent et sortent de la chambre toutes les demi-heures. Je me suis réveillé ce matin et j'ai souri stupidement à mon écran pendant un bon moment, juste parce que je pensais à toi. À l'idée d'enfin te voir, te toucher. Savoir que tu pourrais me toucher.
Je t'avoue que j'ai été surpris que tu ne réagisses pas plus quand j'ai admis que j'avais une libido peu élevée. Ce point a toujours été sujet à dispute (voire à moquerie) par le passé, les quelques fois où s'est présentée l'option de quelque chose qui s'approchait d'une relation avec quelqu'un. Peut-être es-tu trop poli pour dire quoi que ce soit. Je ne me vexe pas facilement, alors ne te sens pas obligé de te censurer pour moi, s'il te plaît, mais j'apprécie cependant que tu n'aies pas fait de blague à ce propos. Je sais que l'absence d'envie sexuelle n'est pas franchement une caractéristique attirante chez un partenaire. Tout ce que je peux promettre c'est de faire un effort sincère sur ce point. J'apprends vite quand je décide de me mettre à quelque chose.
Que ferais-tu, si tu le pouvais ? Si j'étais déjà à Londres avec toi, si je n'étais pas blessé, si on avait déjà dépassé les formalités d'un premier rendez-vous, d'un dîner et de la discussion un peu embarrassante des débuts ? Si on était chez toi (ou chez moi), et que j'étais dans tes bras ? Est-ce que tu me serrerais contre toi ? M'embrasserais-tu jusqu'à ce que je ne tienne plus sur mes jambes ? Chercherais-tu toutes les zones de mon corps que tu pourrais atteindre, mordiller, caresser avec ton visage jusqu'à ce que je gémisse ? Libido basse ou non, j'y pense sans cesse. Je te vois penché sur moi, qui me plaque au matelas, tant de possibilités… Je ne peux pas te dire combien de fois ni dans combien de positions j'ai rêvé de nous, dans mes nuits ou en plein jour, à ce que ça serait, ce que ça me ferait.
Je pense qu'au moins au début je te laisserais aux commandes. Tu as presque assurément plus d'expérience que moi pour ce qui est d'embrasser et de toucher et de réellement exprimer ton affection, et je veux faire ça bien. Tu mérites que je fasse ça bien. Il faudra que tu me montres ce que je dois faire, comment prendre soin de toi pour qu'on puisse communiquer avec plus que des mots. Mais si tu n'as jamais fait ça avec un homme, il viendra un moment où je serai celui qui a l'expérience, et alors je pourrai t'enseigner. Je pourrai te toucher et jouer et te montrer tout ce en quoi coucher avec moi n'a rien à voir avec coucher avec une femme, et on apprendrait plus l'un de l'autre que ce qu'on pourra jamais apprendre à travers des e-mails échangés sur un lointain site internet. Notre discussion de Noël a déjà éclipsé tout ce que j'ai expérimenté avant et je n'arrive même pas à imaginer ce que ça pourra donner, en vrai.
Je ferais mieux de m'arrêter là (j'ai écrit tout ça par petits bouts toute la matinée, dès que les infirmiers/infirmières me laissaient tranquille et que j'avais quelques minutes pour moi, mais je ne plaisantais pas, quand je parlais du moniteur. Je ne veux pas leur donner la moindre raison de me garder une seconde de plus que ce qu'il ne l'est déjà nécessaire médicalement parlant. (Alors, ça te va, comme « quelque chose de vrai » à te raconter ?)
– William
.
Hey ! À la relecture, je pense que ce chapitre était destiné à être publié vers midi... Déso ^^'
Merci pour vos retours !
Merci à Flo'w pour sa bêta,
à bientôt !
