Un immense MERCI à Hanahi-chan-unnir pour son fanart sublaïme : e716/i/2015/128/1/5/sunset_by_hanahi_
Rencontrer le diable – Seconde leçon :
Ne prenez jamais quelque chose pour acquis. Sur votre chemin, une bénédiction cachera toujours un obstacle. N'oubliez pas qui vous reçoit.
Ca y est, c'était le matin du grand jour. On était tous à la fois surexcités et stressés. Durant toute la semaine, le lycée était devenu un bazar sans nom, et je n'avais jamais entendu autant de fois à la seconde les noms de Tobi, Uchiha, Yamanaka, Hyuuga… Et même Haruno. Mais tout se décidait aujourd'hui. Pas sûr que le calme dont les profs rêvaient tant – et ils nous le faisaient clairement savoir – reviendrait par la même occasion… Pour une poignée d'entre nous, tout ne ferait que commencer.
Mais les auditions n'avaient pas encore débuté. C'était le petit matin et Naruto et moi, nous avions décidé de sécher le cours d'histoire. On était suffisamment excités, et le cours, suffisamment chiant pour que ça en vale la peine. J'étais avachi sur un des bancs bordant le terrain de baseball, tandis qu'Uzumaki était plus loin et effectuait quelques lancers.
« Mais vise mieux, crétin ! hurlai-je au bout d'une vingtaine de minutes.
— Fous-moi la paix, Kiba, merde ! » rétorqua-t-il.
Hors de lui, il jeta violemment son gant sur le sol et vint me rejoindre sur le banc. Naruto n'était qu'un abruti fini. On se connaissait depuis l'école primaire et il s'était toujours obstiné à devenir le meilleur lanceur du pays alors qu'il était aussi doué qu'Akamaru à ce poste, et encore. Chaque année, il postulait comme lanceur pour l'équipe de l'établissement et chaque année, il se faisait recaler. Il aurait mieux fait d'abandonner, depuis le temps… Tout ça parce qu'Uchiha et lui menaient continuellement un stupide combat de coqs au sujet de tout et n'importe quoi. D'ailleurs, depuis quelques temps, ils ne pouvaient plus s'encadrer. Raison de plus pour laisser tomber, et d'ailleurs, je devrais moi aussi laisser tomber la perspective de comprendre ce qui se passait dans son foutu ciboulot.
« Le problème, Naruto, c'est que tu prends pas assez d'élan et que tu lances trop tôt ! Plie bien ta jambe et tends ton bras au maximum pour arriver à quelque chose, sinon c'est mort d'avance ! Comment tu peux ignorer ça ?
— Je le sais très bien, je sais tout ça ! Je fais tout correctement !
— Tu te fiches de moi ? lançai-je. Lève-toi, je vais te montrer pas à pas comment tu dois t'y prendre. Et ouvre bien tes mirettes. »
Exaspéré chacun de notre côté, je me levai en direction du terrain et attendis que Naruto aille chercher une batte dans les locaux sous les gradins.
« Tu tiens le rôle du batteur cette fois, ça te changera.
— Je sais même pas comment on fait. »
Tu parles. De la pure mauvaise foi. Je soupirai bruyamment et lui montrai rapidement en silence les gestes à faire. Quand j'eus fini, il me fit un rapide signe de la main pour me confirmer qu'il avait saisi l'idée, puis s'approcha de moi pour me prêter son gant de baseball.
« Je vais te lancer la balle, et tu essaierais de la rattraper. Observe bien mes gestes et mets-toi dans la peau du batteur. »
Je me mis en position pour lancer puis m'exécutai.
La scène qui suivit me coupa le souffle.
Naruto avait réagi en l'espace d'une infime fraction de seconde et renvoya la balle à une vitesse que je n'avais jamais vue auparavant. Bouche bée, je fis ce que je pus pour garder le silence, tout en lui faisant signe de répéter l'opération après avoir été chercher la balle.
Alors là, c'était le comble.
Je lançai à nouveau, plus fort et avec plus de stratégie, en déviant légèrement la trajectoire. Le même scénario irrationnel se répéta il avait réagi presque instantanément, avec une facilité déconcertante, et avait renvoyé la balle à une vitesse tout aussi impressionnante.
« N'essaie pas de m'avoir avec tes techniques, se moqua-t-il. Je les connais toutes sur le bout des doigts, à force de regarder les joueurs nationaux et même Sasuke…
— Abruti, plutôt que d'observer les autres sans en assimiler une miette, t'aurais mieux fait d'être batteur depuis le début ! Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ?! »
A peine quelques heures plus tard dans la matinée, la totalité du lycée était au courant de la rumeur concernant Naruto ainsi que son talent jusqu'ici insoupçonné aberration pour certains, grosse blague pas drôle pour d'autres. Ma faute, je savais bien qu'il ne fallait pas que je partage ma découverte avec Yamanaka. Uzumaki n'hésitait pas à me mitrailler du regard durant la pause déjeuner, au loin, depuis le fond de la salle de restauration, visiblement lassé par tous ceux et toutes celles qui étaient venus le voir pour en savoir un peu plus. Tout aussi excédé par ce petit manège, je lui haussai les épaules et retournai à mon steak-frites. Après tout, il n'avait qu'à s'en prendre à Ino. Elle m'avait promis de ne rien dire à qui que ce soit !
Et d'ailleurs, ce n'était pas le moment pour ce genre de conneries. On devait tous passer une audition cet après-midi, extrêmement courte, et pourtant si décisive pour notre avenir. Je ne comptais pas me dégonfler, cette fois. Oui, il y avait Uchiha, Hyuuga et Yamanaka entre autres qui étaient les grands favoris, mais je m'estimais suffisamment malin pour me hausser au rang d'outsider face à eux. Qu'est-ce que j'avais de moins ?
J'avais toujours été « le mec moyen ». En baseball, Uchiha nous surpassait tous en arts martiaux, Hyuuga nous écrasait à chaque fois et personne dans le lycée n'était aussi influent que Yamanaka. Pourtant, je n'étais pas mauvais, et je le savais. C'était le moment ou jamais de me hisser à leur rang, d'obtenir enfin la reconnaissance que valait mon acharnement.
Alors que j'étais en train d'errer sur le terrain de baseball, tentant bon gré mal gré de digérer le déjeuner que j'avais avalé un peu trop vite, Chôji se rua vers moi aussi vite qu'il le put. Sans plus de cérémonies, époumoné, il s'écria :
« Kiba ! On a un service à te demander !
— Qui ça on ?
— L'équipe de baseball. Il faudrait que tu parviennes à filmer Naruto en tant que batteur, notre entraîneur semble suffisamment exaspéré par les caprices l'actuel pour considérer la rumeur, et accepter de voir Uzumaki en action !
— Il n'a qu'à lui demander directement, tranchai-je en reprenant ma promenade.
— C'est impossible ! rétorqua Chôji en me talonnant. Cet abruti ne veut rien entendre ! Quoi qu'on lui dise, il répond que c'est lanceur ou rien ! Et tu t'imagines bien qu'il n'arrive pas à la cheville d'Uchiha…
— Alors je suis probablement la dernière personne capable de le convaincre, il a l'air de m'en vouloir à mort ! »
Toute cette histoire commençait sérieusement à m'échauffer les nerfs. Vous savez, ces moments où vous avez le sentiment d'avoir déclenché une avalanche, juste parce que vous avez shooté dans un caillou au hasard en haut d'une montagne enneigée.
« Et d'ailleurs, il n'y a pas de temps pour ça aujourd'hui. Les auditions vont commencer ! fis-je en m'éloignant vers le lycée.
— Quoi ? Tu prends vraiment ça au sérieux, Kiba ? » s'écria mon interlocuteur, resté immobile sur le terrain.
Je gardai le silence, mais ralentis malgré tout. Surpris, je ne savais pas vraiment ce qu'il voulait dire par cette simple interrogation ou plutôt, je le redoutais. Il était hors de question que qui que ce soit ruine ma détermination à être parmi les élus. Plus que tout, c'était mon défi, et ces auditions étaient l'unique opportunité pour moi de montrer ce que je valais.
« Kiba, tout le monde sait qui sera sélectionné, et personne n'a envie de se faire d'illusions. Contente-toi d'en faire de même, et continue ta vie comme tu l'avais prévue.
— Ferme-la ! On t'a communiqué les résultats à l'avance, peut-être ?! Il est hors de question que je sois encore en seconde position ! Crois ce que tu veux, mais moi j'y vais.
— La plupart des lycéens ne comptent même pas se présenter, renchérit-il.
— Alors tant pis pour eux, et tant mieux pour moi. »
Les cours avaient été maintenus, mais de temps à autres, un surveillant frappait à notre porte pour appeler un élève. Chôji n'avait pas menti : la plupart déclinèrent l'invitation, s'avouant vaincus avant même d'avoir tenté quoi que ce soit – tu parles de lopettes. Il ne restait que les lycéens plus ou moins populaires ou doués, et les illuminés qui pensaient réellement réussir à passer l'audition. J'avais la désagréable impression qu'au moment où je me lèverais, la majorité de mes camarades me classeraient dans la seconde catégorie. Peu importait, il fallait passer par là.
« Inuzuka Kiba » annonça Kotetsu, un des pions, en entrant dans la salle de classe – d'ailleurs, Sarutobi semblait déjà en avoir sa claque de devoir interrompre ses démonstrations indigestes toutes les cinq minutes. Mon cœur rata un battement et sous le murmure surpris de certains, je me levai et suivis le surveillant.
Les auditions avaient lieu dans la grande salle de conférence du lycée, à l'endroit même où l'annonce avait été faite. Le décor avait un peu changé : il ne restait qu'un seul siège dans l'ombre, et je devinais la silhouette assise de celui qui devait être Tobi. Kotetsu me montra du doigt le seul endroit éclairé : l'estrade. Je déglutis difficilement puis me dirigeai vers les quelques marches y menant.
Je fus rapidement confronté à un redoutable problème : il n'y avait rien d'autre sur l'estrade que le lycéen paumé que j'étais, et Tobi resta silencieux pendant plusieurs minutes, tapi dans l'obscurité. Je ne m'étais jamais senti aussi con – si l'on exceptait le jour où Ino m'avait envoyé balader devant toute l'équipe de baseball et sa bande de cheerleaders, l'année dernière. Le fait de repenser à ce lointain moment venait de doubler ma gêne.
L'homme daigna enfin à prendre la parole.
« Pourquoi tu ne fais rien ? Tu aurais pu te présenter au moins, plutôt que de rester planter là. »
Oh mais quel con je fais... Tobi reprit avant que je ne réponde :
« Tu vois, c'est ça qu'il te manque, Kiba. La prise d'initiative. Le risque. Le leadership. Tu n'es pas le mec moyen par hasard. »
J'eus soudainement le sentiment qu'un torrent de sueur allait me noyer sur place. Une avalanche d'émotions, de pensées, toutes différentes et contradictoires, firent irruption dans ma tête.
Mental Breakdown. Malgré tout, après quelques douloureuses secondes, toutes mes questions s'étaient synthétisées en une seule : comment savait-il tout ça ? Mon histoire ? Ma crainte ? Mon ambition ? A ce moment-là, j'étais définitivement paumé. L'avenir de cette audition ne dépendait plus de moi. Je n'avais même pas encore joué mes cartes, que j'avais déjà perdu. Du moins, c'était ce que je pensais.
« Je comprends que tu considères cette audition comme ta seule chance de te surpasser. Mais je ne te dévoilerai pas l'issue de notre entretien tout de suite, ni même après d'ailleurs. Tu ne verras jamais ton nom sur le tableau d'affichage. »
Sa dernière phrase me fit l'effet d'une épine plantée dans le coeur. Il poursuivit.
« On va jouer à un jeu ! annonça-t-il gaiement. Je te laisse deviner, voilà.
— Pardon ?
—Voyons si tu as suffisamment confiance en toi pour croire en ta réussite. »
Toujours abasourdi, je ne sus quoi répondre. Je n'étais pas certain du réel but de ces auditions et de cette mise en scène, et mes doutes s'intensifièrent lorsqu'il me confia :
« Tout ce que je peux te dire, c'est que mes choix sont déjà faits.
— Alors pourquoi…
— Pourquoi tout ce cinéma ? Pour vous faire croire que vous avez le contrôle sur votre destinée. Vous êtes jeunes, encore naïfs, et si je ne faisais pas cela, même les personnes sélectionnées refuseraient de participer au projet. »
Après cela, Tobi m'annonça que mon audition était officiellement terminée, et que même si mon nom n'apparaîtrait pas sur le tableau d'affichage si je venais à être sélectionné, je recevrais mon invitation par courrier quelques jours plus tard. Je sortis de la salle, penseur. Mon côté optimiste m'affirmait qu'il ne m'aurait pas dévoilé les dessous des auditions s'il ne comptait pas me choisir. Mais mon versant pessimiste, lui, me criait que de toute manière, mon nom n'apparaîtrait jamais sur le tableau et que j'en subirais les conséquences jusqu'au jour éventuel où je recevrai l'invitation.
A la fin de la journée, sur le chemin du retour, je sus à ma plus grande surprise qu'Uchiha avait refusé de prendre part à son audition.
« Personne ne sait pourquoi » me précisa Ino, avec qui j'avais l'habitude de faire une partie du chemin de temps à autres. Je bondissais de joie intérieurement, et inconsciemment, un vague sourire soulagé apparut sur mon visage.
L'air commençait à se rafraîchir, et les rayons de soleil à rougir. Nous passions par une allée bordée de cerisiers, laissant tomber régulièrement une poignée de pétales roses au gré de la brise. Je soupirai. J'étais conscient que n'importe quel type rêverait d'être à ma place à cet instant-là, mais moi, je désirais être ailleurs, plus que tout.
« Alors, ton audition ? lançai-je hasardeusement.
— Troublante. Je n'ai pas décroché mot de toute l'audition. Tobi était le seul à parler. »
Je tournai la tête vers elle.
« Toi aussi ? » demanda-t-elle. J'acquiesçai.
Tobi semblait en savoir énormément sur nous. Tandis que nous, savions à peine ce qui nous attendait ensuite. Il n'était plus question de savoir si nous serions sélectionnés ou non. Il était question de ce qui se passerait après. Peut-être qu'Uchiha, lui, savait. Yamanaka stoppa net et se précipita sur un des bancs de l'allée, l'air soudainement atterré.
« Je crois que nous avons fait une grosse connerie. Uchiha avait peut-être bien raison de ne pas s'être présenté, me confia-t-elle. Ce mec bizarre sait tout de nous, et personne ne l'a vu venir.
— Il ne peut rien nous arriver de mal ! » m'écriai-je avec un ton que je voulais convaincant, plus pour moi-même que pour elle.
Il ne pouvait rien nous arriver. Si tout ne se passait pas comme prévu, je comptais bien tout arrêter.
« Kiba, qu'est-ce que tu attends de cette audition ?
— Une reconnaissance, fis-je après quelques secondes de silence.
— Je crois que chacun a ses attentes envers ce projet inconnu. »
Je ne répondis pas et m'installai à ses côtés.
« Je ne suis pas censé m'en préoccuper, je sais très bien que je ne serai jamais pris. Il n'y a pas de places pour les types moyens.
— Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu es un des meilleurs en arts martiaux, tu te débrouilles pas mal en baseball et même en séchant la moitié des cours, tu arrives à décrocher de bons résultats. Je n'appelle pas ça moyen, tenta-t-elle comme pour me réconforter.
— C'est pas ça.
— Alors… Je ne veux pas que tu te sentes mal parce que j'ai refusé ta proposition l'année dernière.
— C'est encore moins ça ! »
Je bondis et lui fis face. Alors elle s'imaginait que je disais tout ça à cause d'elle ?
« Arrête de faire ton égocentrique, Yamanaka ! Tu crois que tout tourne autour de toi ? Ne te fais pas d'illusions ! Et puis de toute façon, ce qui s'est passé l'année dernière, ce n'était qu'un pari ! »
Elle me gifla et hurla qu'elle allait prendre le bus, avant de reprendre son chemin dans l'autre sens. Cette nana, c'était quelque chose. Après m'avoir fichu une honte monumentale et s'être soi-disant inquiétée de mon état mental, elle refuse de croire qu'en réalité, ça ne m'a jamais rien fait. Pourtant, ça règlerait le problème.
Quoi ? Un problème ? Mais il n'y en a aucun, en fait. Qu'est-ce que je raconte !
« ET JE L'AI GAGNE ! » m'époumonai-je en la voyant s'éloigner. Elle me tapait sur le système.
Et puis comme si ça ne suffisait pas, j'avais menti.
Le soir de ce jour-là, j'avais passé une bonne partie de la nuit sur mon ordinateur, en compagnie virtuelle de Shikamaru, d'un paquet de chips et d'Akamaru, qui avait fini par s'endormir lourdement sur la moquette derrière moi.
Paraît que t'as finalement participé aux auditions, m'écrivait Nara. Je ne répondis pas à son message, attendant de voir où il voulait en venir. En fait, nous ne sommes pas si peu nombreux que ça à y avoir pris part.
— T'as participé aussi ?
— J'étais curieux, se justifia-t-il en ponctuant sa phrase d'un smiley rieur. Tu devineras jamais ce qu'il s'est passé. En fait, j'ai pas dit un seul mot de toute l'interview.
— Je sais. C'était pareil pour moi, et pour Yamanaka aussi.
Son absence de réponse trahissait sa surprise. Quant à moi, j'en étais venu à supposer que Tobi avait agi de cette manière avec la majorité des lycéens à savoir, les perdants. La tête que feront les gars quand ils sauront qu'Ino n'a pas été sélectionnée… Je pouffai de rire à cette pensée. Ce serait bien fait pour elle. Parce qu'elle le mérite. Parce qu'elle est chiante.
Il ajouta : T'imagines si elle est pas choisie ? Elle va faire un scandale et clamer qu'il y a erreur. Je ricanai, mais ce fut de courte durée : Shikamaru venait de me donner l'idée du siècle.
Le lendemain, une foule prévisible de lycéens s'agglutina devant le tableau d'affichage du hall. Je me faufilai avec difficulté et bousculai certains lycéens jusqu'à l'apercevoir. Tobi se tenait à côté, silencieux. J'aperçus les noms suivants :
Haruno Sakura
Nara Shikamaru
Hyuuga Neji
Hyuuga Hinata
Uzumaki Naruto
Yamanaka Ino
C'était bien ce que je pensais. Avec un sourire confiant, je lançai à Tobi :
« Il manque mon nom là-dessus ! »
La foule dernière moi ria aux éclats. Shino vint me chuchoter à l'oreille que je n'étais pas sélectionné, tout simplement, et que je venais de me foutre une honte historique.
« Non, il manque mon nom. Je sais ce que je dis.
— Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda Tobi, ce qui fit taire l'assemblée.
— Les noms affichés. »
Deux cas s'étaient présentés à chacun de nous : soit Tobi décidait que nous étions sélectionnés, soit il réfutait notre candidature. Dans chacun des cas, le schéma de l'audition avait de grandes chances d'être différent de l'autre, puisqu'il avait tout prévu. Il était évident qu'Ino, Shikamaru et moi avions été tous les trois dans l'exact même cas. Si l'un de nous était disqualifié, les deux autres l'étaient aussi, et inversement. Les noms d'Ino et Shikamaru ne pouvaient pas être affichés sans que je ne sois sélectionné aussi dans le cas contraire, je me serais bien gardé de revendiquer ma sélection. J'ajoutai :
« Ce n'est pas une question de confiance en soi. C'est une question de ruse.
— Je te demande de t'en rappeler à l'avenir. »
Je me retins d'hurler ma joie et partis en silence, pour ne rien gâcher de cette scène. Pour la première fois depuis très longtemps, j'étais persuadé d'avoir dignement surpassé les autres.
Ce n'est qu'aujourd'hui que je réalise que c'était aussi la dernière.
