Rencontre le diable – Troisième leçon :
Votre ruse ne doit pas vous dispenser d'être courtois. Car, dans tous les cas, il sera plus malin que vous.
« Salut, vous trois » entendis-je derrière moi, tandis que je resserrais la ceinture de mon judogi. Sans même me retourner, je savais ce qui allait se passer : la voix de Naruto, reconnaissable entre mille autres, avait prononcé ces mots sur un ton bien trop narquois pour qu'il s'agisse d'un salut amical. Il était encore parti chercher les ennuis avec la bande d'Uchiha… Je m'efforçai de ne pas écouter leurs futilités, et de me concentrer sur mon échauffement mais Naruto et Suigetsu parlaient si fort que cela m'était impossible.
« Il paraît que t'as été pris à ces fameuses auditions, Uzumaki, fit Suigetsu avant même qu'il n'ajoute quoi que ce soit.
— Je vois que tu te tiens au courant. Hé ouais, j'ai été sélectionné… J'espère que ça vous servira de leçon, parce que j'compte pas en rester là. »
Naruto prononça cette phrase en déviant son regard vers Sasuke, de marbre, fixant le tatami d'un air absent.
« Quelle leçon ? Aucun de nous ne s'est présenté à ce truc. On a autre chose à faire ! siffla Karin, l'écervelée rousse qui passait ses journées avec eux ce qui m'arracha un soupir profond et désolé.
— Eh qu'est-ce qui t'arrive, Hyuuga ? Pourquoi tu viens pas prêter main forte à ton pote ? Tu as été sélectionné, toi aussi, non ? me lança Suigetsu, avec un sourire carnassier.
— Ouais, c'est vrai que tu t'es prêté à ce petit jeu aussi. Je pensais que tu étais au-dessus de tout ça, mais tu ne vaux pas mieux, en fait. »
Je ne répondis pas et me contentai d'ignorer cette tentative de provocation venant d'Uchiha. Suigetsu, content d'être épaulé par le chef de bande, élargit son sourire et arborait désormais un air misérablement fier.
C'était une belle bande de crétins. Détournant mon regard de cette scène ridicule, je repris mon échauffement. J'étais amer, à la fois parce qu'Uchiha avait raison, mais aussi parce que si la situation prenait cette tournure, c'était entièrement contre mon gré. Je resserrai mon bandeau. Fermement. A m'en briser la boîte crânienne.
« Uzumaki »
Ce dernier, sortant d'une des cabines de douche du vestiaire, une serviette sur ses cheveux trempés, se retourna au son de ma voix. Nous étions seuls, probablement les derniers à sortir du dojo. Je le vis plisser ses yeux pour m'apercevoir, au travers de la vapeur d'eau qui l'avait accompagné en sortant.
« Que l'on soit d'accord… On est pas potes.
— Tu pensais que je l'avais pas compris dès le départ ?
— Je tenais à m'en assurer. Alors démerde-toi pour ne plus me mêler à tes chamailleries avec l'autre bande de crétins. »
Je le vis se rapprocher, les sourcils froncés, visiblement sur la défensive.
« Eh, va-t-en cracher ton venin sur Uchiha et sa clique, c'est pas de ma faute si t'as participé à cette audition !
— C'est pas de la mienne non plus.
— Ca, c'est pas mon problème, Neji ! Moi j'ai plutôt l'impression que tu viens m'enquiquiner parce que t'as pas le cran de te mesurer à Sasuke » s'écria-t-il en sortant des vestiaires, avec une pointe de moquerie, comme pour me provoquer encore plus.
Cette conversation n'avait réussi qu'à me contrarier davantage. Je me déshabillai, entrai dans une des cabines de douche et laissai un puissant jet d'eau brûlante parcourir mon corps, la tête ailleurs. J'avais la dangereuse impression que tout ça n'allait faire qu'empirer au fil des jours.
Ce jour-là, je rentrai au domaine des Hyuuga avec appréhension. Cela faisait maintenant trois jours que les sélections avaient été faites, et bien que j'eus gardé le silence, j'avais constaté avec effroi qu'un des noms n'était pas censé s'y trouver. J'avais un mauvais pressentiment et je priais intérieurement pour croiser ma cousine à temps. Je poussai l'imposant portail noir, et je croisai une des domestiques, affairée à balayer l'allée de pavés immaculés menant à la porte d'entrée, qui me salua poliment et silencieusement. Je tendis l'oreille et ne percevant aucun éclat de voix, j'entrai discrètement.
A mon plus grand soulagement, Hinata vint rapidement à ma rencontre, sa sombre chevelure se balançant au gré de ses pas feutrés. Son visage, aussi pâle qu'à son habitude, me semblait cependant inquiet, ses fins sourcils ébène légèrement froncés, et ses minces lèvres pincées. Dans la pénombre du hall d'entrée, ses doigts frêles se saisirent doucement de mon poignet gauche.
« Je devais le faire. Je suis désolée. Je te demande pardon ! »
Je chassai brusquement sa main de mon avant-bras ses yeux lumineux s'écarquillèrent sous l'effet la surprise, mais je restai de marbre.
« Pourquoi ? Tu te rends compte de ce qui va se passer, maintenant ? Soit tu t'attireras les foudres de ton père, soit on m'accusera de t'avoir forcée à t'inscrire ! Ce n'est pas un jeu, Hinata, il s'agit de quelque chose de bien plus grave ! C'est une question de vie ou de mort, et je pèse mes mots ! Tu es aussi bien au courant que moi de nos soupçons à propos de ce Tobi. Je devais le faire à ta place, pas avec toi !
— Tu n'as pas à y aller seul ! Je refuse que tu mettes ta vie en jeu à ma place ! Tu sais ce que je pense de cette histoire… Tu n'es pas mon armure, tu es comme mon frère. Alors quoi qu'ils en disent, je veux leur prouver qu'aucun de nous deux ne doit se sacrifier pour l'autre.
— Petite sott-.. »
Une violente gifle m'arracha la fin de la phrase. Je gardai la tête baissée, sachant très bien qui me l'avait assénée et pourquoi.
La gorge serrée, je m'étais dirigé vers ma chambre et y trouvai une petite enveloppe marron. Je devinai que c'était le fameux courrier de Tobi, et respirai un bon coup avant de m'apprêter à le lire. A l'ouverture, j'eus la soudaine impression d'avoir été absent, une fraction de seconde. Je secouai ma tête et redoublai d'attention.
« Neji Hyuuga,
J'ai l'immense plaisir de vous annoncer que vous faites partie de l'un de nos brillants sélectionnés. Veuillez garder précieusement cette lettre et trouver ci-joint le badge dont vous ne vous séparerez plus avant la fin du tournage. C'est entre autres grâce à lui que vous pourrez vous joindre à la cérémonie d'ouverture de notre grand projet, à laquelle vous êtes convié ce soir.
Toutes mes sincères salutations. »
Après avoir terminé ma lecture, je scrutai le petit objet circulaire doré, incrusté de motifs complexes composés de spirales s'entrelaçant et s'entrecoupant. J'entendis mon téléphone vibrer et m'indiquer un message provenant d'Hinata :
« Tu y vas ? »
Je levai les yeux vers ma fenêtre, donnant sur la sienne, et aperçus le regard interrogateur de ma cousine, son enveloppe à la main.
La nuit tombait lorsque nous nous préparâmes pour la cérémonie. Entre temps, je m'étais isolé dans la cour intérieure et avais improvisé une séance de Tai chi chuan, comme pour tenter d'évacuer toute la pression accumulée aujourd'hui. C'est un des domestiques qui m'interrompit pour m'annoncer que le départ était proche, et qu'une tenue m'avait été préparée à l'occasion. J'enfilai le sobre costume gris foncé sur une chemise blanche, et nouai mes cheveux en catogan.
A l'extérieur, je croisai Hinata, qui fut tout d'abord mal à l'aise – probablement à cause de ce qui s'était passé plus tôt. Puis en l'espace d'une fraction de seconde, elle releva la tête et fit mine d'engager une conversation banale. Je souris intérieurement il fut un temps où au lieu d'affronter ses peurs, elle ne faisait que les fuir. Hinata avait bien grandi depuis.
« Tu devrais retirer ton bandeau, Neji.
— Sérieusement ? répondis-je avec une pointe de dédain. Je le resserrai autour de mon crâne.
— Il ne va pas tellement avec ta tenue, enfin ce n'est qu'un avis…
— Ce qui s'y cache derrière irait encore moins avec. »
Elle baissa brusquement les yeux, de nouveau mal à l'aise. Je l'observai, une partie de moi regrettant de lui avoir fait perdre contenance avec ma répartie. Puis j'entrai dans une colère silencieuse à cette pensée contre elle, contre moi, contre tous. Tout tournait autour de ça, et on en revenait toujours au même point. Nos vies se centraient sur ce fait, cette marque, que j'avais et qu'elle n'avait pas. Ce signe qui faisait toute la différence. Même en acceptant sa fatalité, il parvenait à me pourrir l'esprit.
« Au fait, j'ai proposé à Sakura et Ino de les conduire, j'espère que ça ne te dérange pas… Désolée. »
Elle semblait avoir regagné son sang froid.
« Non, t'inquiète, mentis-je, après tout c'est ton chauffeur… »
J'aperçus les deux amies au loin, se dirigeant vers la voiture tandis que je m'abandonnais à mes pensées, le front collé contre la vitre froide.
« Voilà, tu sais tout, Neji. Tu comprends maintenant pourquoi nous avons tous besoin de toi. »
Je gardai le silence, la gorge nouée au possible. Alors comme ça, il fallait que je me sacrifie de nouveau. Le plus grand, et le dernier de mes sacrifices. Celui dont, finalement, je ne sortirai pas vivant, parce que c'était ma destinée. Je menais une lutte acharnée contre mes glandes lacrymales, les empêchant de trahir ce sentiment de fatalité qui m'envahissait peu à peu. Mes poings se crispaient, mes yeux se baissaient. Assis en tailleur face à moi, mon oncle reposait son petit bol de thé japonais sur la sombre table basse qui me séparait de lui.
« Il ne s'agit plus d'Hinata. Il s'agit d'une nation toute entière. Tu en deviendras le héros…
— A titre posthume ? soufflai-je, d'une voix étonnamment neutre.
— Sain et sauf, si tu réussis ta mission. Il n'était qu'une question de temps avant que ce monstre ne se manifeste, et son retour parmi nous confirme tous les soupçons qui nous ont empêchés d'avancer depuis maintenant de longues années. Nous savons tous, désormais, qu'il est revenu pour terminer ce qu'il avait entrepris il y a dix-sept ans.
— J'ai une question, mon oncle. Pourquoi ? Pourquoi nous ?Pourquoi… Moi ?
— Parce que nous sommes les seuls à savoir. Et parce que tu es le seul à pouvoir convaincre Naruto Uzumaki du danger qui nous attend, et lui le premier. Est-ce que tu t'aperçois que je place plus de confiance en toi, qu'en ma propre fille ? Parce que je sais de quoi tu es capable, et je sais de quoi elle est capable aussi.
— Ou alors est-ce parce que vous savez quel sacrifice est profitable pour le clan ? »
Le quinquagénaire frappa violemment son poing contre la table, ébranlant le service à thé. Je me levai, comme si rien ne s'était passé. Je m'inclinai poliment, en prenant soin d'éviter son regard de nacre furieux, et terminai la conversation :
« N'ayez crainte, et comptez sur moi. Comptez sur moi, une dernière fois. »
« Neji ? »
La voix claironnante de Sakura me sortit de mes sombres pensées. Je me tournai vers elle, assise à ma droite. Mon regard interrogateur semblait la mettre mal à l'aise, mais je soutins le sien.
« Hé ben, euh… T'es silencieux depuis le début du trajet, alors… J'voulais savoir comment tu allais, quoi.
— Oh… Ben écoute, ça roule » fis-je en tentant vainement d'avoir l'air à l'aise et détendu. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ne lui retournai pas sa question, sachant pertinemment que je ne savais pas tenir ce genre de conversations – qui, contrairement à ce que je me plaisais à penser depuis toujours, n'étaient pas que des futilités : en voici la preuve. Heureusement pour moi, ma camarade de lycée n'insista pas et m'adressa un timide sourire, avant de retourner à de plus vives conversations avec Ino.
Nous arrivâmes enfin à l'endroit où se tenait la réception, qui me donna tout de suite l'impression d'avoir soudainement atterri dans un film hollywoodien. Tapis rouge à l'entrée, projecteurs, photographes, acclamations provenant de nulle part et partout à la fois je n'avais absolument aucune idée de comment cela pouvait être possible, alors que quelques minutes plus tôt, nous n'étions que de simples lycéens. Je comprenais désormais que cette mascarade allait devenir mon quotidien. Kiba Inuzuka, visiblement aussi excité que stressé, m'adressa un fébrile signe de la main depuis l'intérieur de la prestigieuse salle, dont l'entrée grande ouverte laissait apercevoir ce qu'il s'y passait à l'intérieur. Ino et Sakura firent de maladroits signes aux caméras, un sourire accroché aux lèvres. Quant à ma cousine…
« Ca va Hinata ?
— Et toi ? »
Nous entrâmes. Une décoration somptueuse, rouge et noire, drapait les murs et les tables auxquelles étaient déjà assis certains visages que je connaissais bien. Un fond de jazz était noyé dans les conversations animées des convives, tous sur leur trente-et-un. La lumière m'aveuglait étrangement, mais je pus distinguer la silhouette atypique de Tobi arrivant à notre rencontre. Ce dernier, d'un enthousiasme toujours aussi déconcertant, nous souhaita la bienvenue et insista lourdement pour que nous prenions une coupe de ce qui semblait être du champagne – l'un des meilleurs du monde, selon lui. Je refusai dans un premier temps.
« Allons, Neji, nous n'allons pas aller très loin si vous commencez à refuser tout ce que je vous propose ! » fit-il avant d'éclater de rire. Je surpris les filles, à mes côtés et ayant déjà entamé leur coupe, rire à l'unisson et même Hinata souriait timidement. Je fronçai les sourcils. Tobi, ayant cessé de rire au bout de quelques secondes m'ayant semblées interminables, semblait attendre de me voir goûter à son fameux champagne. C'est à ce moment que je compris plus ou moins ce qui allait se passer par la suite. Je m'apprêtais à me lancer contre mon gré, quand je fus interrompu par Naruto. Tu n'es jamais aussi bien tombé, pensai-je silencieusement. Ce dernier me tira par la manche vers un balcon et je sentais le regard de Tobi nous suivre.
« Mec, j'suis désolé pour tout à l'heure, je voulais pas faire le malin.
— Peu importe, il y a beaucoup plus grave. L'heure est vraiment critique. Je ne peux pas t'en dire plus, mais nous sommes tous en danger et toi le premier, ce Tobi nous veut tout sauf du bien.
— Hein ? Explique-toi, me demanda-t-il.
— Je ne peux rien dire de plus, mais notre clan m'a chargé de te prévenir et de t'arrêter avant que quoi que ce soit n'arrive… Il faut que tu laisses tout tomber. Cette histoire de film, de Tobi, de tout ça.
Devais-je lui dire la vérité ?
— Hors de question. Pourquoi je devrais te croire, si tu refuses de me dire quoi que ce soit ? Cette opportunité, c'est la seule que j'ai pour prouver à Sasuke qu'il fait putain de fausse route. Ce qu'il est sur le point de faire, c'est bien plus grave que tout ça. Tu crois que je suis stupide ?
Impensable. Il allait courir tout droit à la mort.
— Vous risquez d'y passer tous les deux entre autres, si tu ne fais pas ce que je te demande de faire, Naruto ! Sors de ce truc, ne bois et ne mange rien de ce qui t'es proposé ici, et je te promets de faire mon possible pour vous aider toi et Sasuke. »
Naruto était désormais hors de lui. Les sourcils froncés, les yeux pétillants de rage, il soupira d'énervement et tourna les talons.
— Tu imagines à peine ce qu'il endure, alors comment tu pourrais prétendre nous aider ? Tu ne sais rien.
— NARUTO !
— Fous-moi la paix, Hyuuga ! Je m'en fous de tout ça ! »
J'étais furieux. J'avais tout raté. Je ne pouvais pas lui avouer la vérité il n'aurait pas résisté à l'appel de la vengeance. Désormais, je n'avais plus aucune carte en main, si ce n'est celle de me faire enrôler dans ce jeu dangereux, et je ne savais même pas où cela allait me mener. J'ai toujours cru aveuglément qu'il n'y avait d'autre manière de dire les choses, que de le faire directement, sans essayer d'amadouer, de menacer, ou de faire chanter. Je me rendais compte, à cet instant précis, que j'avais été complètement stupide de croire que Naruto me suivrait, lui aussi, aveuglément. Et c'est aussi à cet instant que je m'apercevais de la ruse de Tobi. Je ne savais pas quels étaient ses plans et s'il allait y parvenir, mais il avait réussi à convaincre Naruto de le suivre au doigt et à l'œil alors même qu'ils ne se connaissaient pas. Par sa courtoisie. Parce qu'il avait été malin.
Je regagnais l'intérieur, pensif et dépité. Tobi m'observait silencieusement et finit par s'approcher de moi, avec cette fichue coupe de champagne à la main – qui m'était probablement destinée. Je n'allais pas y échapper.
« Pourquoi tu n'es pas parti, au lieu de revenir ici en sachant pertinemment ce qui allait se passer ? me demanda-t-il à voix basse.
— Parce que c'est stupide. Parfois, il faut savoir passer par des chemins plus longs, plus sinueux, plus coûteux que ceux de la fuite ou de l'offensive, répondis-je en toute franchise.
— Tu es malin. Tu deviens malin. Mais désormais, il est trop tard. Santé ? finit-il par me dire, en me tendant la coupe.
— Ce n'est pas parce que j'entre dans votre jeu que je m'avoue vaincu. Vous finirez par être pris au piège, vous aussi. »
Il éclata de rire. Je fermai les yeux et but la coupe d'une traite.
Je suis fini.
Je sentis la main de Tobi se poser sur mon épaule. Je sentais mon esprit comme engourdi, mais je ne m'étais jamais senti aussi bien à la fois. Je venais de me faire définitivement empoisonner, aliéner, embrigader comme tous les convives de cette fête qui, désormais, battait son plein. Je levai les yeux vers un écran géant accroché au mur face à moi, qui affichait : « Bienvenue dans votre nouvelle vie ». Une partie de moi éprouvait un dédain profond pour cette mascarade, mais une étrange et mécanique euphorie prit rapidement le dessus euphorie qui me persuadait que j'étais là où je devais être, ici et maintenant. A cet instant, je sus que j'avais tout bonnement échoué à ma mission. Et le meilleur, dans tout ça ? C'est que je m'en fichais complètement.
