Rencontrer le diable – Cinquième leçon
Celui qui échappe à sa rencontre – si toutefois il y parvient – est hors du temps, hors de l'espace… Il devient diable à son tour.
Une semaine s'était écoulée. Une semaine, depuis que j'avais commencé à comprendre le truc de dingue qui se passait au lycée. Je ne savais pas où tout ça allait mener ; mais soit c'était le drame, soit – avec des chances infimes, j'en avais bien peur – c'était l'histoire du siècle…
Il était presque onze heures du soir, et dans le noir, j'étais affalé sur mon lit avec un paquet de biscuits. Seuls les ronronnements de mon ordinateur portable, posé sur mon torse, rompaient le silence régnant dans la maison. Je n'avais pas sommeil, et je discutais avec Naruto – oui, vous avez bien lu, Naruto – puisqu'au final, et je n'aurais jamais cru le dire : c'était l'un des seuls encore sain d'esprit.
Je n'étais vraiment pas du genre sentimental, mais tout de même, tout ça me minait. Toute cette bande de crétins qui me servait de meilleurs amis, n'était plus que l'ombre d'elle-même. Ino, Kiba, Neji, Sakura, Hinata, Naruto… Je ne les aurais jamais fréquentés s'ils n'avaient pas ce quelque chose, ce petit truc qui faisait d'eux des gens uniques. Et maintenant… Je n'ai affaire qu'à un vulgaire stéréotype d'eux-mêmes. Ino ne jurait plus que par sa foutue équipe de cheerleaders ; Sakura ne parlait plus que de ses bouquins à la noix ; Neji était plus renfrogné que jamais, ne parlait plus et passait son temps à pratiquer ses arts martiaux stupides ; Kiba, lui, semblait détester tout le monde et la seule chose qu'il souhaitait, était de surpasser les autres dans tous les domaines, en vain… Et j'en passe. Comme s'ils s'étaient transformés en pantins d'eux-mêmes ; ils avaient tout simplement perdu ce qui faisait d'eux des gens spéciaux à mes yeux. Cette petite pointe de spontanéité, qui les rendait imprévisibles. Il y avait quelque chose de superficiel, d'artificiel là-dedans. Je savais bien que je regardais trop de sci-fi, mais vraiment… J'étais, finalement, le seul des élus à encore avoir la tête sur les épaules, et ça… J'avais du mal à croire que c'était anodin. Mais cette fois, au lieu de me faire fantasmer, ces trucs surréalistes me faisaient surtout flipper.
Et tout ça, j'étais désormais persuadé que c'était de la faute de ce projet et de ce Tobi. Et en voici la raison…
...
« Putain, ce mec, c'est vraiment toute ta vie »
Ino avait pris soin d'ignorer ma petite provocation – habituelle pour elle – et j'en profitai pour lancer quelques regards sur ses gribouillis. Je parvins à y lire quelques mots en vrac, tels que Nindo High, Sasuke, assassinat. Assassinat ? Je ne savais pas ce que ce mot venait foutre là-dedans, mais ça ne présageait rien de bon. Si Ino n'était franchement pas douée pour garder un secret, lorsqu'elle y était forcée, je finissais par deviner qu'elle me cachait quelque chose ; et c'était le cas. Mon père, pourtant scientifique, m'avait toujours dit que j'avais été trop curieux ; et je pensais fortement à lui lorsqu'à la fin du cours, je glissai discrètement mon dictaphone en marche, flambant neuf – ça faisait bien trois ans que je le possédais, mais je ne m'en servais jamais – dans son sac de cours. C'est le moment de m'être utile ! pensai-je.
Le problème, avec moi, c'est que je n'utilisais jamais les choses dans les tâches pour lesquelles elles étaient destinées. Mais c'est toujours au détour d'un hasard que l'on découvre les plus grandes choses.
Ou les pires.
A la pause déjeuner et après avoir mangé, je retrouvai Chôji sur le toit de l'école. On avait pour habitude de s'y retrouver à midi, loin de l'agitation qui régnait dans la cour intérieure du lycée – je supportais vraiment pas. Le toit de l'école, avec son bitume qui nous charcutait les fesses et ses gros tuyaux en aluminium qui, dans leur faible ronronnement, dégageaient une chaleur étouffante… Le toit de l'école, c'était un peu notre repaire à nous trois – enfin nous deux, ce jour-là, puisqu'Ino n'était pas de la partie. Quelque chose me disait que c'était la première absence d'une longue série. Déjà qu'elle avait préféré déjeuner avec l'un des nouveaux toutous d'Uchiha plutôt qu'avec nous… Je soupirai de dédain.
« T'as quoi, Shikamaru ? fit Chôji, assis à même le sol à côté de moi, entre deux bouchées de sa barre chocolatée qui commençait déjà à fondre.
— J'sais pas, répondis-je mollement.
— C'est Ino, c'est ça ? »
Je ne répondis pas.
« Tu sais, continua-t-il, ils ont tous un peu changé. »
Je tournai la tête vers lui, et le vis perdre son regard dans l'amas des buildings grisâtres de Konoha, au loin, les yeux tellement plissés qu'ils ne formaient plus que deux traits obliques. Je me demandais s'il parvenait, d'ailleurs, à voir quoi que ce soit ainsi – en fait, je savais très bien que non, évidemment. Il ne regardait rien d'autre que les pensées qui se bousculaient furieusement sous son énorme tignasse hirsute. Je n'aimais pas le voir comme ça, absent. Il rouvrit ses yeux bridés, tourna son visage joufflu vers moi, et me sortit brusquement de ma rêverie.
« Est-ce que tu seras comme eux ?
— C'est-à-dire ?
— Con. »
Je laissai échapper un petit rire amer, et me levai, les mains fourrées dans mes poches, pour pouvoir observer la cour de tout là-haut. J'y avais une vue imprenable sur la fourmilière que constituaient les lycéens, sous un soleil au zénith, désencombré de tout nuage et dont la chaleur des rayons, encore supportable, commençait à annoncer l'arrivée lointaine de la belle saison. Chôji avait répondu avec une once de colère et de regrets dans la voix – oui, dans cette simple syllabe. Con. Je me décidai à lui répondre.
« Je suis hors jeu depuis le début, mec, fis-je avec un sourire, en tournant la tête vers lui. Ce type, Tobi, c'est juste le mec le plus louche que j'ai jamais vu. Tu ferais confiance à un gars qui est constamment cosplayé en tête de citrouille, toi ? »
Il ne me répondit pas.
« Il nous a envoyé une invitation pour son gala qui sert à rien. Quand Kiba, qui était à la maison, a ouvert la sienne, j'ai vu qu'un truc tournait pas rond avec lui. Et je sais pas pourquoi, mais ça m'a fait un peu penser à cette vieille affaire d'anthrax dans des courriers. Et pile au moment où je me disais que je délirais encore, Akamaru a bouffé mon enveloppe encore fermée – heureusement qu'il a recraché le badge qu'elle contenait, fis-je en pointant du doigt l'objet scintillant accroché à ma chemise. Bref… Il nous a servi à boire et à manger, là-bas. J'ai prétexté une chiasse terrible pendant la plus grande partie de la soirée, et quand je ne pouvais plus y échapper, j'ai renversé le contenu de ma flûte dans le dos de la chemise de Naruto – il a rien capté, ce con. Moi, j'ouvre pas et j'bouffe pas les trucs de ce mec bizarre. La preuve que j'ai eu raison, les gens deviennent tous tarés depuis. La semaine prochaine, c'est à mon tour d'être filmé. Je pense que de toutes mes tromperies, celle-là sera la moins évidente à faire passer. J'improviserai. »
La mine fermée et perplexe de mon ami d'enfance, me signifiait qu'il avait saisi à peu près trois pour cent de ce que je venais de dire, pas plus. J'avais volontairement omis certaines explications, car je voulais juste le rassurer à mon sujet, et lui faire comprendre que je gérais la situation – c'était la seule chose qui comptait pour l'instant. Je me dirigeai vers la porte métallique menant aux escaliers.
« Si tu me cherches, je serai à l'entraînement d'Ino. Si les profs me cherchent, je suis rentré chez moi pour me décoincer un chewing-gum dans les cheveux.
— Cette excuse est valable pour au moins une semaine d'absence, se moqua Chôji. Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas ? Je croyais que tu détestais ces trucs…
— Je m'en vais la mater ! » m'écriai-je en m'éloignant, sachant pertinemment qu'il ne me croirait pas une seule seconde – mais qu'il saurait simplement qu'il n'était pas nécessaire de me poser plus de questions.
Chôji était mon meilleur pote, mais il savait qu'une partie de moi prenait soin de rester secrète. Il y avait toujours une bonne raison à ça ; et il me faisait confiance à ce sujet.
J'hallucinai devant le tohu-bohu incroyable durant le simple entraînement. Les gradins étaient bondés, à croire que personne au lycée n'avait cours à cette heure-là. Quelques objectifs gigantesques immortalisaient ce moment, moment aussi banal qu'un cours de maths. Avec les projecteurs au plafond qui m'éblouissaient, j'avais le sentiment de regarder la finale de la coupe du monde de basket – comment ça j'exagérais ? Je n'avais jamais assisté à l'une de ces répétitions, mais la vache, si elles se déroulaient toutes comme ça… Ca serait sacrément crevant. Je savais pertinemment, néanmoins, qu'il n'en était rien et que tout ça était l'œuvre de Tobi. A cette pensée, je redoutais ce qui m'attendait la semaine suivante… Après avoir aperçu l'interminable queue de cheval blonde virevolter à toute vitesse à quelques mètres du sol, je me dirigeai discrètement vers les vestiaires, et récupérai mon petit boitier noir métallisé dans son sac, qui avait – je l'espérais – tout enregistré depuis ce matin. Désolé, Ino pensai-je en sortant du gymnase. Je préférais m'isoler et je partis m'asseoir à l'ombre, dans les gradins du terrain de baseball. Sur la vaste étendue de gazon fraîchement tondu, j'y vis, au loin et sans grande surprise, Naruto s'y entraînant. Je lui adressai un bref signe de la main. C'est alors en l'observant, seul, sans foule en délire, sans photographe, sans Tobi… Que je décidai de prendre mon téléphone et de le filmer en train de rater les trois quarts de ses lancers. Quitte à ce que tout le monde soit épié par la moindre caméra, autant jouer le jeu. Au bout de quelques minutes, contre toute attente, je le vis abandonner son gant de baseball en cuir pour se saisir d'une batte qui trainait à terre. C'est là que je me souvins de cette fameuse rumeur, qui voulut qu'il soit bien meilleur batteur que lanceur… Il semblait observer l'objet d'un air perplexe pendant quelques dizaines de secondes, avant d'en détacher le regard, de le balancer à terre et de se traîner vers un banc en bord de terrain. J'arrêtai de filmer.
Avant d'éteindre mon portable, j'y aperçus une notification de nouvel e-mail, de la part de Tobi, qui nous invitait à compter de ce samedi, à assister à une réunion hebdomadaire pour faire une mise au point sur les images tournées chaque semaine. Fait chier, celui-là, soupirai-je.
« Alors, on sèche, gamin ? »
La voix d'Asuma Sarutobi me valut un sursaut. Mon prof de maths vint s'asseoir à mes côtés, et observa silencieusement le terrain désormais vide. Sarutobi était l'un des seuls profs que j'appréciais ; pas seulement parce que ça ne le dérangeait pas le moins du monde de me voir sécher les cours, mais surtout parce qu'il ne faisait pas partie de cette catégorie de profs abrutis, qui nous prenaient eux-mêmes pour des abrutis. J'avais le sentiment que lui, nous comprenait. Qu'il ne se contentait pas d'enseigner ; chacun de nous était différent, et il en tenait compte. Avec lui, on n'avait pas à avoir honte de ne pas être un élève modèle. Je le vis allumer une cigarette.
« J'ai une mauvaise nouvelle, Shikamaru.
— J'vous écoute ?
— J'ai eu des nouvelles de Tsunade, et je ne pense pas qu'elle reviendra à la direction de Nindo High.
— Quoi ? m'indignai-je. Alors on va se coltiner l'autre abruti toute l'année ?!
— Ca, j'en sais rien. Mais Tsunade a de graves problèmes de santé en ce moment-même. »
Je restai silencieux face à ses révélations. Il ajouta :
« J'te dis ça à toi, parce que je te fais confiance pour faire passer le message aux autres : essayez de vous tenir à carreaux, tous. Ca ne servirait à rien que je vous mette en garde quand je porte ma casquette de 'prof'. Si elle ne revient pas, on sera son seul héritage pour le lycée. »
Je ne trouvai rien à ajouter. Il se leva et me tourna le dos, prêt à s'en aller ; mais avant de se mettre en route, il m'annonça :
« Si je te dis tout ça, c'est parce que t'es l'un des seuls à avoir gardé les pieds sur Terre, depuis le début. Je ne sais pas ce qu'il en est des autres, mais essaie de gérer ça comme tu peux. Et, si jamais quelque chose cloche… N'oublie pas Kakashi Hatake. »
Je n'avais pas tout de suite saisi ce que venait faire Hatake dans cette histoire. Tout ce que je savais, c'est qu'il était le seul prof à savoir pourquoi Uchiha avait dû se séparer de Naruto et de nous autres…
Uchiha avait un frangin. Et entre eux, c'était loin d'être la joie. Uchiha avait perdu ses parents tout petit, et il était persuadé que c'était à cause de son frère – il ne nous avait jamais dit pourquoi. Il laissait entendre que c'était lui qui les avait assassinés. Je n'aurais su dire si c'était la vérité, mais tout ce que je savais, c'était qu'il était hyper remonté contre lui. Alors – déjà qu'il était plutôt taré dans son genre – il avait voulu régler ses comptes, et Naruto avait voulu l'en empêcher, en vain. Le mal était fait, et on ne savait pas ce qu'était devenu le grand frère psychopathe. Puis Naruto et Sasuke s'étaient battus, et voilà. Tout était parti de là. On n'était qu'une poignée à être au courant de cette histoire. Depuis, il s'était fait de nouveaux copains, qui, eux, cautionnaient certainement un peu plus ses projets que nous. C'est alors que je me souvins de Karin, et du dictaphone.
Je l'extirpai de mon sac, avec ma paire d'écouteurs. Et la conversation que j'y entendis, entre elle et Ino, confirmait entièrement mes doutes.
...
Une semaine s'était écoulée.
Je fermai mon ordinateur portable, le posai sur ma table de chevet et m'allongeai tout habillé dans mon lit. Ca faisait une semaine que je cherchais le lien entre l'assassinat du père de Naruto, plus ou moins lié aux Uchiha, et l'assassinat des parents de Sasuke – parce que ouais, j'étais certain qu'il y avait un lien étroit entre ces deux drames. Il manquait un maillon à la chaîne. Et ce mec bizarre qui avait assisté à la réunion des élus, samedi dernier… C'est alors que l'image de Sarutobi me revint à l'esprit. N'oublie pas Kakashi Hatake.
Je mis un certain temps à m'endormir, pensant à ma prochaine rencontre avec Hatake le lendemain matin.
Le soleil était déjà bien levé lorsque je sortis de chez moi. Naruto habitait à quelques maisons d'ici, et il n'était pas rare que l'on fasse un bout de chemin ensemble. C'était le cas, ce jour-là. Le blond me rattrapa et me donna une tape amicale dans le dos, en guise de bonjour. J'étais presque heureux de le voir, toujours fidèle à lui-même.
« Alors, Shikamaru, apparemment c'est à ton tour aujourd'hui !
— Ouais… Fait chier.
— Sois pas défaitiste, ça va être énorme ! Moi j'ai hâte que ça soit mon tour ! » s'écria-t-il avec enthousiasme. Je me demandais où il trouvait cette force et cette vitalité, à sept heures trente du matin.
Je haussai les épaules, résigné. Je changeai de sujet et lui demandai :
« Dis-moi, t'as pas la sensation que quelque chose a changé chez les autres ? Je veux dire, les autres élus ?
— Tu parles, fit-il en baissant les yeux. Ino est insupportable. Neji m'adresse à peine la parole. Kiba ne fait que me provoquer, et m'humilier, depuis que je pense à devenir batteur au lieu de lanceur – pourtant c'est lui qui m'y a poussé il y a pas si longtemps. Sakura était déjà froide avec moi, mais alors maintenant c'est pire ! Elle m'ignore complètement et ne lève pas le nez de ses bouquins… Et Hinata… Je ne l'ai jamais connue aussi froide et silencieuse.
— Ouais, je pense pareil. Et t'en penses quoi de ce Tobi ?
— Tous ont l'air de le trouver génial, mais alors moi… fit-il en terminant sa phrase par une moue dubitative, en haussant les épaules.
— J'ai l'impression qu'il y a un truc qui t'empêche d'être sous l'emprise de ce mec, marmonnai-je.
— Sous l'emprise de quoi ? Arrête de dire des conneries, on n'est pas dans un film, me rétorqua le blond, avec un bon sens que je ne lui connaissais pas.
— Justement, si. Enfin, non, c'est rien, oublie. J'suis content que tu sois resté le même, mec » déclarai-je en lui faisant une accolade. Il me regarda d'un air étonné, ses sourcils épais si hauts qu'ils se cachaient derrière sa frange désordonnée.
J'allai voir Hatake à la fin de son cours. Nous étions seuls, et lorsque je le lui annonçai que je voulais lui parler d'Uchiha, il ferma la porte de la salle de classe.
« Comme ça on est tranquilles. Vas-y.
— J'suppose que vous êtes au courant, pour le père de Naruto. Alors voilà, je vais vous dire tout ce que je sais, et j'attends vraiment de vous que vous m'aidiez – que vous nous aidiez.
— Je t'écoute.
— J'ai su – ne me demandez pas comment – que les Uchiha étaient liés à la mort de l'ancien directeur, c'est-à-dire le père de Naruto. On sait déjà tous que Sasuke voulait venger ses parents en éliminant son frangin. Je suis certain qu'il y a un lien entre ces deux faits.
— Effectivement, fit-il derrière son masque, tout est lié. C'est un peu grâce aux parents de Sasuke Uchiha que le meurtrier de Minato Namikaze court toujours. Comme tu le devines, c'est aussi un Uchiha. Ils avaient tout intérêt à user de leur influence pour ne pas détruire l'image du clan, et de ce qu'ils possédaient à Konoha. Itachi Uchiha devait être au courant de cette histoire, c'est pourquoi il s'est résigné à les éliminer – sans que son petit frère ne connaisse la véritable raison.
— J'en étais sûr… fis-je dans un murmure triomphant. Oh, autre chose… Itachi est-il vraiment mort ?
— Aucune idée. S'il n'est pas mort, alors soit Sasuke ne l'a pas encore tué, soit il y a renoncé.
— Et bien, je pense qu'il est en vie. Je crois l'avoir vu à la réunion hebdomadaire des élus, samedi dernier. Quand je me suis rendu dans la grande salle au rez de chaussée, j'étais le premier arrivé. Il y avait Tobi qui conversait avec un homme. Il s'est retourné, et s'en est allé avant que les autres n'arrivent. Ce mec, c'était le portrait craché de Sasuke, en plus vieux. Il avait deux cicatrices sur le visage. »
Mon prof hocha la tête, en signe d'approbation.
« Il va y avoir du grabuge, d'ici peu. Ce n'est qu'une question de temps. Comment va Naruto, toi qui le fréquente ? me demanda-t-il.
— Etrangement, il va bien. Je ne sais pas comment il s'est débrouillé, mais j'ai l'impression qu'il n'est pas rentré dans le jeu, lui non plus.
— Et toi ? »
Je me tus, me demandant comment le convaincre que je n'étais pas de la partie non plus. Je souris.
« Vous feriez confiance à une citrouille, vous ? »
Je le vis éclater de rire derrière son éternel masque. Malgré sa réaction, je le connaissais ; je savais que rien n'était gagné, que je devais faire mes preuves pour gagner sa confiance. J'étais bien décidé à élucider cette affaire – et à récupérer ma bande de crétins. La vraie.
