Rencontrer le diable – Huitième leçon :

Le Diable n'aime aucun vacarme autre que celui qu'il provoque. Alors, tâchez de rester silencieux…

Une lointaine sonnerie de portable me valut un réveil en sursaut. J'ouvris difficilement mes yeux, aveuglé par la lumière froide des néons de la chambre d'hôpital, où l'atmosphère était aussi aseptisée que son odeur. J'étais affalé sur un fauteuil, la tête complètement en arrière, la bouche ouverte et un filet de salive prêt à dévaler le coin de mon menton. La première question que je me posais, à cet instant, était la suivante : putain, mais comment j'avais fait pour m'endormir dans un tel endroit ?!

Ma vision redevenue plus ou moins nette, je tournai la tête vers Sakura, alitée à quelques mètres de moi, qui avait fini par décrocher son téléphone et répondre d'une voix pâteuse à son interlocuteur.

« Oui Papa, ça va. Naruto est avec moi depuis ce matin. Dis à Maman d'arrêter de s'inquiéter… Et qu'elle ne sèche pas le boulot par ma faute, hein ! […] Oui, moi aussi. Je t'embrasse. »

Je l'observais raccrocher, avec l'incompréhension la plus totale. Quelques secondes s'écoulèrent, durant lesquelles le « bip » régulier du moniteur cardiaque rythmait le silence clinique de la pièce.

« Sakura, tu vas quand même pas empêcher indéfiniment ta mère de venir te voir, boulot ou pas, non ?

— Qu'est-ce que ça changerait, de toute façon, hein ? Ce n'est qu'une question de temps. Et… je ne veux pas qu'elle me voie comme… comme ça, tu comprends.

— Là, tout de suite, j'te déteste. Tu peux pas imaginer à quel point. Putain, mais qu'est-ce que j'te déteste, Sakura ! »

Je sentais ma gorge se nouer dangereusement, et je décidai de continuer de feindre ma colère en me précipitant vers la porte de sortie, prêt à claquer la porte. Dans ma ruée, je priais tous les dieux du monde pour qu'elle n'ait pas vu cette maudite goutte tiède et salée percuter le sol.

« Attends, Naruto. »

Alors que j'étais prêt à ouvrir la porte, je stoppai mon geste, sans me retourner.

« Regarde dans la poche de mon sac à dos, dans le placard. »

Je m'exécutai, et sortis du sac pourpre une enveloppe au nom de Sakura. Je reconnaissais l'écriture entre mille.

« C'est la lettre de Tsunade.

— J'avais compris… Depuis le temps qu'elle me gratifie de ses autographes sur les pages 'heures de colle' de mon carnet de correspondance… fis-je dans un rire qui sonnait creux. Je te la lis ? »

Bonjour Sakura,

J'espère que tu te portes bien. Malheureusement, ce n'est pas mon cas. Tu sais, depuis quelques temps, le matin, j'aime admirer les nombreux rosiers qui bordent la cour du lycée. Ces derniers jours, certaines d'entre elles – des roses bien rouges – sont en train de faner. Je les compte tous les jours. Il n'en reste que vingt-trois.

Je pense sincèrement que lorsque tu liras cette lettre, je ne serai plus là. Alors j'aimerais que tu me rendes un dernier petit service : j'aimerais que tu ailles personnellement les arroser à ma place. Ca peut te sembler anodin, mais c'est capital pour moi.

Prends soin de toi, et sois quelqu'un de bien.

Je terminai ma lecture, presque en chuchotant. Je pense sincèrement que… je ne serai plus là. Cette phrase avait fait l'effet d'un coup de couteau dans ma poitrine. Sans Tsunade, je serais resté un bon à rien. Malgré ses colères noires contre moi malgré ses remontrances et les innombrables heures de colles dont j'avais fait les frais… Quelqu'un d'autre m'aurait tout simplement renvoyé. Elle était l'une des rares personnes à avoir compris que finalement, je n'avais pas d'autre moyen d'exister qu'en faisant le pitre. Je le savais, que c'était nul et chiant ça, ouais ! Si je pouvais me venger de la vie d'une manière plus noble, je l'aurais fait ! Mais… Maintenant qu'elle était partie, que quelqu'un voulait foutre le lycée en l'air, et qu'elle semblait compter sur nous à titre posthume… Peut-être que c'était l'occasion ou jamais.

Ceci dit, je comprenais rien à sa foutue histoire de roses. Enfin, il fallait simplement les arroser, non ?

« Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu crois que la réponse se trouve dans ces buissons de fleurs ?

— C'est ça, Naruto, c'est exactement ça. »

Alors qu'elle prononçait lentement ces mots, je restais confus face à l'expression de son visage, horrifié, qui ne collait pas du tout avec sa réponse. Ses iris verts semblaient fixer quelque chose derrière moi, et tout en parlant, elle me fit lentement « non » de la tête. D'un coup d'œil rapide vers moi, elle haussa discrètement les sourcils, et me fit un rapide signe vers le placard. Nous entendîmes quelqu'un frapper à la porte. Je crus comprendre, et me précipitai pour me cacher et refermer la porte sur moi, en prenant soin de laisser un entrebâillement suffisant pour avoir un œil sur mon amie elle se saisit de la télécommande de la télévision accrochée, fit mine de l'éteindre et invita le nouvel arrivant à entrer.

« Bonjour Sakura. Oh, tu n'aurais pas dû éteindre la télé pour moi, je ne fais que passer… » fit Tobi, sur un ton mielleux et faussement poli.

Elle le salua silencieusement, et je me retenais de bondir de ma cachette lui demander ce qu'il pouvait bien foutre ici – comme si on ne le voyait pas assez souvent ! Qu'il ne fasse pas comme s'il s'inquiétait pour Sakura après tout, c'était entièrement de sa faute, si elle se retrouvait dans cet état… Nan, c'était une mauvaise idée. Ca allait tout foirer. Réfléchis, Naruto… Qu'aurait fait Shikamaru à ta place ?

Je sortis mon portable et commençai à filmer la scène.

« Ca ne va pas mieux ?

— Et bien… Je vous mentirais en affirmant le contraire.

— C'est vraiment dommage. Je crois qu'il va falloir que l'on reporte le tournage de ta scène à une autre fois… Je ne te cache pas ma déception, Sakura. »

Quel enfoiré ! pensai-je fort. S'il y avait un sujet à ne pas aborder, c'était celui-là. J'étais persuadé qu'il l'avait fait exprès – ou qu'il ne pensait qu'à lui et à son foutu projet, comme d'habitude. Soudain, j'écarquillai les yeux en le voyant se saisir de la lettre, posée sur la table de chevet quelques minutes auparavant, et Sakura tenter vainement de la rattraper. Quel con j'ai fait de l'avoir posée là ! J'avais une terrible envie de m'en coller une, quand je le vis lire rapidement son contenu.

« Ca ne se fait pas vraiment de lire le courrier des autres sans autorisation, fit calmement la malade.

— Vous êtes des élus vous ne devez rien me cacher. Surtout quand il s'agit d'une lettre de Tsunade, qui tente visiblement de faire passer un quelconque message.

— D'accord. »

Sakura avait mis tout son sarcasme dans sa réponse comme pour lui signifier qu'il pouvait bien décider ce qu'il voulait, elle n'était plus son pantin. Tobi ne répondit pas et tourna les talons, déchiquetant au passage ladite lettre. Je me pinçai l'arête du nez, exaspéré. La caméra de mon portable continuait de tourner.

« Ne gaspille pas le peu d'énergie qu'il te reste, en tentant de t'attaquer à plus fort que toi. Au revoir ! »

J'attendis quelques dizaines de secondes, pour être certain qu'il soit parti, avant de débouler hors du placard, fou de rage.

« Enfoiré ! Je suis sûr qu'il était là depuis bien plus longtemps, à espionner notre conversation… Maintenant, c'est foutu pour retrouver les indices ! Il aura sûrement déraciné tous les rosiers du lycée d'ici demain…

— Du calme, crétin ! » fit-elle dans un éclat de rire – qui se termina en une effrayante quinte de toux. Elle me fit signe de rapprocher mon oreille d'elle.

J'écoutai attentivement ce qu'elle m'expliquait, et lorsqu'elle eût terminé, je ne pus empêcher un sourire triomphant éclairer mon visage. C'était l'une des choses qui faisaient que j'étais amoureux d'elle depuis l'école primaire.

Tobi, t'es cuit !

Le lendemain matin, ce fut la première fois que je me levai – non, sautai hors de mon lit aussi tôt, empli d'un mélange d'excitation et d'appréhension. Sakura comptait sur moi. C'était le moment ou jamais de faire mes preuves !

J'arrivai le premier aux portes du lycée je traversai la cour d'un pas pressé, constatant au passage que les fameux rosiers avaient bien été déracinés. Je le savais. Mais tu fais fausse route, crétin, pensai-je dans un sourire moqueur. Je montai ensuite les escaliers quatre à quatre jusqu'au dernier étage, où se trouvait l'ancienne bibliothèque miteuse que personne – sauf Sakura – ne se donnait la peine de fréquenter, depuis la construction de la nouvelle à l'arrière du bâtiment principal. Je m'arrêtai quelques secondes, fasciné par la singularité de la grande pièce. C'était comme si cette bibliothèque, sombre, poussiéreuse, à l'abandon, était l'exacte antinomie de l'image du lycée : prestigieux, vivant, admiré. Quelques minces fenêtres laissaient entrer les premiers rayons d'un soleil encore frais. Le parquet, très vieux et imprégné d'une odeur d'humidité, grinçait sous mes pas. Je levai la tête, et vis malgré la hauteur du plafond, quelques toiles d'araignées bien ancrées entre les poutres apparentes en bois sombre. Le reste de la pièce n'était que livres, dissimulant tous les murs.

« Ok, il faut que je me retrouve dans ce merdier. »

« Il ne s'agit pas des rosiers. Il s'agit de livres. Tsunade sait que je suis la seule à encore aller dans l'ancienne bibliothèque, au dernier étage c'est en quelque sorte un lieu que seules nous deux fréquentons encore. La solution ne peut être que là-bas… »

Des livres, des rosiers… Quel rapport ? C'est ainsi que je passai une bonne demi-heure à éplucher toutes les étagères de la partie « botanique », en vain. J'étais lessivé, et exaspéré. Je sursautai lorsque j'entendis la porte grincer.

« Yo. »

Je ne savais pas ce qui me surprenais le plus : le fait que Hatake me salue de cette manière, ou alors l'impression qu'il s'attendait à me trouver ici, au vu de son expression faciale – du moins, du peu que j'en voyais.

« Je suis allé voir Sakura, juste avant l'heure de la fin des visites, hier. Un petit coup de main ?

— Je vois qu'apparemment elle me croit encore trop stupide pour me débrouiller… marmonnai-je, un peu vexé. Ce n'est pas de refus, merci beaucoup. »

L'heure du début des cours approchait, il fallait faire vite. Alors que j'étais sur le point d'escalader l'échelle qui permettait d'accéder aux plus hauts rayons, Hatake me fit signe m'arrêter un instant.

« Tu fais fausse route, gamin, m'annonça-t-il

— Hein ?!, m'offusquai-je. Ca fait une plombe que je suis là et…

— Sakura m'a donné quelques détails supplémentaires pour gagner un peu de temps. Tu savais que Tsunade avait un faible pour la poésie française ?

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil. »

Un petit silence s'installa, durant lequel je restai décontenancé face à la petite récitation de mon prof', et ne sus comment réagir. Ma mine déconfite arracha un petit ricanement à ce dernier.

« Qui ce matin avoit desclose sa robe de pourpre au Soleil… Il s'agit, je pense, de trouver un livre à la couverture rouge, sur lequel donne la lumière du matin, devina-t-il en se dirigeant vers l'endroit le plus éclairé de la pièce. Je trépignai de frustration.

— Sérieusement Sakura, comment moi j'aurais pu deviner ta saloperie, là !

— Un peu de respect pour Ronsard, tu veux, se moqua Hatake. Tiens, approche, Naruto »

Il tenait un vieux livre à la couverture rouge en cuir, duquel était tombé une feuille de papier pliée en quatre. Je me précipitai vers lui pour découvrir le contenu.

Modus operandi

Ainsi, nous apprîmes que Tobi avait commis une sorte d'empoisonnement insidieux sur toutes ses victimes, grâce à un mystérieux poison qui pouvait aussi bien être inhalé que consommé, selon les hypothèses de l'ancienne directrice – je comprenais enfin le drôle de parfum qui embaumait la salle de réunion hebdomadaire ses proies devenaient alors complètement dépendantes de lui et de sa volonté. Cependant, une anomalie semblait persister dans son plan : Tsunade avait gardé sa pleine conscience, mais était tombée malade. Il en était de même pour Sakura. A la fin de ses explications sur le papier, elle précisait enfin que ses symptômes semblaient provoquer une atroce soif permanente, ainsi qu'une toux de plus en plus intense et douloureuse. Au fur et à mesure de ma lecture, mes yeux s'écarquillèrent, et mon sourire s'élargit. J'étais partagé entre l'horreur et la satisfaction l'horreur devant crime parfait, et la satisfaction de désormais tout savoir.

A présent, nous connaissons grosso modo le mode opératoire de Tobi, grâce à Tsunade – qui avait probablement résisté au même titre que Sakura à sa tentative d'enrôlement, au prix de sa vie… Mon visage s'assombrit tandis que j'imaginais le pire à venir pour mon amie d'enfance. Et moi… Moi, je n'étais pas malade…

« M'sieur Hatake… Vous pensez que Sakura peut s'en sortir ?

— On va faire au plus vite pour trouver une espèce d'antidote. Enfin, on, plutôt Monsieur Nara. Je vais le contacter sur-le-champ. Je dois partir en salle des profs. Tu auras probablement le temps d'écouter la dernière piste ce midi… »

En partant, il me lança un petit boîtier noir que je devinais être un dictaphone, une fois dans mes mains. Un mal de tête m'envahit tant d'informations en si peu de temps… Soudain, alors que je m'apprêtais à partir, je crus entendre un grincement du parquet. Je fus pris de panique, craignant qu'il s'agît de Tobi.

« Qui est là ? »

Personne ne répondit, et le silence était revenu. C'est sûr qu'avec tout ce grabuge, on avait dû perturber le train-train des fantômes de cette bibliothèque vieille comme le monde… Je partis sans m'interroger plus, et décidai de revenir ici ce midi pour écouter le contenu de ce fameux dictaphone. Au moins, en dehors des fantômes, je n'allais pas être dérangé.

La matinée de cours se déroula sans encombre, si ce n'est qu'au détour d'un couloir, je fus interpellé par Yamato, l'entraîneur de l'équipe de baseball du lycée.

« T'as deux minutes ?

— Comment ça se fait que vous soyez là pendant les heures de cours ? m'interrogeai-je, alors que je le suivais à contre-cœur dans une salle de classe vide.

— Ecoute, je sais que tu veux absolument prendre le poste de lanceur, parce que Uchiha-bla-bla…

— On en a déjà parlé, non ? coupai-je. C'est lanceur ou rien.

— Gamin, soupira le jeune homme. T'es en Terminale, tu te barres bientôt du lycée. Si tu veux continuer le baseball et te confronter à ton pote, là, alors tu ferais mieux d'occuper une place qui te permet de jouer contre lui, plutôt qu'en compétition avec lui. Je voulais absolument des preuves en vidéo, mais j'ai bien réfléchi et je veux directement voir de quoi tu es capable en tant que batteur. Rendez-vous sur le terrain ce midi, ça te va ? »

Jouer contre lui…

Je supposai que le dictaphone allait attendre un petit peu.

« Bon, ok, ok, j'accepte, ça va comme ça ? »

La batte à la main, mal à l'aise, je restai droit comme un piquet face à Yamato, prêt à me lancer la balle. Nous étions seuls sur le terrain, le ciel commençait à se couvrir et le vent à souffler. Pas le meilleur temps pour jouer, pensai-je. Malgré cette brise fraîche, quelques gouttes de sueur commençaient déjà à perler sur mon front. Je regardai au loin par-dessus l'épaule de l'entraîneur – qui, d'un geste bref, me fit comprendre qu'il s'impatientait – et crus distinguer une silhouette masculine au fond des gradins, sans parvenir à deviner de qui il s'agissait. Je me rappelai brièvement des remontrances de Kiba, et me positionnai enfin, les yeux rivés sur le gant de cuir de Yamato.

Tout se passa très vite Yamato leva le genou, prit son élan et lança la balle à une vitesse folle – ce n'était pas un ancien joueur professionnel par hasard. La balle semblait se déformer tant la puissance et la rapidité étaient de mise. Malgré cela, mes sens étaient à l'affût instantanément, je gainai les muscles de mes épaules de toute mes forces et à l'exact moment de l'impact de la balle sur ma batte, j'effectuai une rotation de mon tronc pour compléter la force explosive de mes bras. Le vent avait un peu dévié la balle elle est partie un peu plus à droite que ce que j'imaginais…

L'entraîneur laissa tomber son gant au sol et retira sa casquette d'un geste lent, murmurant au passage un « c'est pas vrai… » avant de se ruer vers moi. Au loin, la mystérieuse silhouette avait disparu.

Ce ne fut pas chose facile de me défaire de Yamato, qui, après ma démonstration, m'assaillit de questions et d'éloges, les yeux brillant d'excitation. C'était bien la première fois qu'il me montrait une quelconque reconnaissance… Je ne comprenais pas trop bien ce qui se passait, mais je savais une chose : ça n'avait aucune importance, là, tout de suite. Il fallait que je me rende dans la bibliothèque pour être au calme et écouter ce que ce foutu dictaphone avait à me dire. Je n'avais pas pris mes écouteurs ce matin-là, alors il valait mieux que je sois dans un endroit tranquille. Curieusement, aujourd'hui, je venais d'obtenir ce dont j'avais toujours rêvé en tant que joueur de baseball et je m'en foutais complètement.

Je tentai d'être le plus discret possible afin de me rendre dans ma cachette d'un jour, me retournant toutes les trente secondes pour vérifier que je n'étais pas suivi. A mon grand soulagement, il n'y avait aucune caméra non plus au niveau de l'entrée de la bibliothèque Tobi avait sûrement dû estimer que c'était inutile. J'entrai à pas feutrés, et m'assis sur un petit tabouret en bois, dans un coin de l'immense pièce sombre. J'ouvrai mon sac pour en sortir le petit appareil, niché entre mon classeur d'anglais et mon sandwich cellophané, qui ne serait probablement pas consommé tout de suite. Pas de grincement de parquet douteux : la voie est libre.

« J'ai fini par trouver un masque, Kakashi, comme toi. »

Au fur et à mesure de mon écoute, tout devenait limpide, et chaque mot prononcé par Tobi m'horrifiait, à m'en donner la nausée. Lorsque la piste arrivait à sa fin, je me pris la tête entre les mains, abasourdi. S'agissait-il d'aveux ?

« Les aveux d'Obito Uchiha… » murmurai-je à moi-même, comme pour m'aider à réaliser ce que je tenais, les yeux perdus dans le vide. Soudain, mon cœur rata quelques battements et j'eus un hoquet de surprise. Mes yeux avaient fini par se perdre dans l'obscurité de la pièce, d'où je remarquai brusquement qu'y brillaient deux iris noirs que je ne connaissais que trop bien.

Le parquet grinça.