Rencontrer le diable – Neuvième leçon :
A l'exact moment où vous souhaiterez vous repentir, votre place ne sera plus auprès de lui.
Le parquet grinça.
Je titubai lentement vers Naruto, assis sur un petit tabouret poussiéreux de la vieille bibliothèque. C'était comme si… je me déplaçais sur un sol fait de brume, tant mes jambes tentaient de se dérober à chaque instant. Mon cœur semblait vouloir à tout prix bondir de ma cage thoracique ma respiration s'intensifiait, tremblotante, et ma vision commençait à se brouiller.
« S… Sasuke… » l'entendis-je murmurer, incrédule. Je m'effondrai au sol, soulevant au passage un petit nuage de particules. C'en était trop pour moi. Les yeux rivés au sol, avec l'atroce sensation d'avoir tout perdu, j'entendis Naruto se précipiter vers moi et s'accroupir à ma hauteur.
« Qu'est-ce que t'as ? Sasuke ? Qu'est-ce qui se passe ?! » me demanda-t-il en secouant frénétiquement mes épaules. J'étais tellement vidé de mes forces, que ma tête dodelinait d'avant en arrière à mesure qu'il tentait de me faire réagir.
Je ne savais plus où j'en étais, où je me trouvais, ce que je voulais.
Qui j'étais.
Là, confiné parmi les centaines de livres poussiéreux, j'avais entendu la vérité sortir du creux des mains de celui que je considérais comme mon antagoniste. Mon opposé, mon rival ; celui qui voulait m'empêcher d'arriver à mes fins, celui qui n'était pas moi.
« Tu n'acceptes toujours pas mon marché ?
— On en a déjà parlé. Je ne l'accepterai ni le déclinerai à aucun moment. Sois déjà satisfait que je ne te mette aucun bâton dans les roues et que je garde le silence là-dessus.
— Tu parles. Si tu n'y avais aucun intérêt, je me demande si ton discours serait le même. Quoi que tu fasses et quoi qu'il t'arrive, ta bonne et niaise conscience ne te quittera jamais. »
Obito avait parfaitement raison. Je voulais me venger, faire du mal à Itachi autant qu'il m'en avait fait. J'avais fini par accepter son marché afin de ne pas me salir les mains, mais jusqu'à ce jour, je me demandais si n'aurait pas été préférable de supprimer mon frère par mes propres moyens, plutôt que d'être sans cesse contraint de croiser l'enveloppe corporelle qu'il restait de lui. Et là, et là… J'apprenais que tout était de la faute d'Obito, tout, tout, tout.
J'enfouis mes mains dans mes cheveux désordonnés, et mes doigts se crispèrent sur mon cuir chevelu, à en saigner.
L'assassinat de Namikaze, c'était lui.
Je sentis mes yeux piquer, et ma vision se troubler encore un peu plus.
Le coup de folie d'Itachi, c'était lui.
Je me mordis la langue pour m'empêcher d'hurler, si fort qu'un goût métallique ne tarda pas à envahir mon palais.
Mon désir de vengeance, c'était lui…
Ne pouvant plus me retenir, j'hurlai de toutes mes forces, à m'en mutiler les cordes vocales. Naruto trébucha en arrière. Les larmes dévalaient à présent mes joues ainsi que mon menton. Je repris difficilement mon souffle, et tapai des poings sur le sol, par désespoir. Il s'agissait de ma raison d'exister qui s'effondrait en l'espace de quelques instants. Je sentis une main maladroite se poser doucement sur mon épaule je levai le regard vers une paire d'yeux azur, aussi effrayés qu'emplis de compassion.
« Je suis désolé que tu apprennes la vérité comme ça, mec.
— C'est moi, c'est moi qui t'ai suivi en douce. J'avais anticipé ta venue ici. C'est moi. Je suis désolé. »
Rédemption.
Depuis cet incident, je n'avais pas eu l'occasion de reparler à Naruto. Nous nous contentâmes de nous croiser furtivement dans les couloirs du lycée, et je prenais soin d'éviter son regard insistant. Malgré tout, je ne pouvais pas fuir la situation éternellement. J'avais beaucoup réfléchi, et nous avions bien des choses à nous dire.
« Oui, je serai là, cette fois. »
Bien que son visage demeurât éternellement masqué, je crus déceler un frisson d'excitation parcourir le corps tout entier de Tobi, lorsque je répondis à l'affirmative à son invitation, au détour d'un couloir. En effet, il avait organisé une réception dans la grande salle du lycée afin d'y inviter des sponsors. J'avais toujours fait en sorte de fuir toutes ces mascarades bien organisées, mais cette fois, je voulais voir l'ampleur des dégâts – bien que déjà assez visibles dans la vie de tous les jours – et parler à Naruto.
« Tu n'imagines pas à quel point tu me fais plaisir, Sasuke Uchiha. J'espère cela dit que la présence de ton frère ne te fera pas fuir à nouveau…
— Aucun risque, fis-je en restant impassible.
— Quelle maturité ! Qu'est-ce que tu grandis ! » s'exclama-t-il avec une lourde tape sur mon épaule. J'eus presque un haut-le-cœur.
La grande salle était méconnaissable.
Projecteurs de toutes les couleurs musique entêtante serveurs se faufilant entre les tables l'ambiance était à la fête, la joie, l'excès. Les verres s'entrechoquaient, les sourires s'étiraient, les lumières scintillaient. Les flashes des appareils photo m'aveuglaient toutes les minutes, capturant çà et là les visages crispés de joie des fameux élus. Tous étaient sur leur trente-et-un, et leurs éclats de rires résonnaient en harmonie avec l'opulence de l'atmosphère. Ces derniers s'étaient volontiers mélangés aux différents représentants des sponsors que Tobi attendait tant. Les autres élèves du lycée étaient également là, mais seuls brillaient les élus. Beau boulot, Tobi, pensai-je avec dégoût. J'aperçus Itachi au loin, aux côtés d'Obito, en pleine conversation avec un invité. Mon cœur se serra. Je pensai à Sakura, qui était absente. J'avais déjà envie de m'en aller lorsque, dans l'insupportable effervescence, je vis une silhouette à la tignasse blonde me faire signe au loin et s'approcher rapidement.
« Hum… Alors ? Comment va ? » tenta Naruto, mal à l'aise, le regard plafonnant, après quelques secondes de silence.
Nous nous étions isolés dans les toilettes attenantes à la salle, à l'abri de ce vacarme incessant. Adossé contre le mur carrelé, entre deux lavabos, je décidai d'aller droit au but.
« Ça n'a pas pris sur toi, cette saloperie ?
— Bah… il faut croire, répondit mon interlocuteur, un peu sur la défensive.
— Et vous… vous avez trouvé une solution ? »
Naruto écarquilla les yeux, comprenant en l'espace de quelques secondes que je n'étais plus sous la coupe de Tobi. Il m'expliqua alors que le père de Shikamaru était sur le coup, et devait fabriquer un antidote.
« Sale histoire. »
J'acquiesçai dans un soupir. Je n'avais jamais songé à la fin du film grotesque qu'était devenu le monde dans lequel je vivais. Je voulais juste… Vous savez, les choses habituelles. Me venger. Consumer toute ma rancune. Régler mes comptes. Tout un tas d'idées sans fondements dans le genre, auxquelles j'avais fini par m'habituer. Et finalement…
« Naruto, je veux libérer Itachi.
— Tu penses y parvenir sans y laisser des plumes ?
— Je paierai le prix qu'il faut. »
Peu importe ce qu'il resterait de moi par la suite.
Je comprenais désormais le calvaire dans lequel était plongé mon frère. Après avoir découvert l'effroyable vérité sur Obito Uchiha, après avoir été témoin des agissements de notre famille, visant à le laver de tout soupçon… Il avait tenté de faire justice seul. Et désormais, non seulement il avait échoué, mais en plus… Il était le joujou de celui qu'il désirait éliminer plus que tout. Cette histoire me rendait malade.
Ainsi, j'avais demandé à Naruto s'il pouvait me conduire chez Monsieur Nara, afin d'obtenir une dose d'antidote pour Itachi. Le lendemain, nous nous rendîmes dans son laboratoire.
« Tiens, Uchiha Sasuke ? Quelle drôle de surprise. »
Tandis que ce dernier, en blouse blanche et assis derrière un bureau métallique, me toisait sans que je ne pût déceler la moindre émotion sur son visage, je gardai le silence face à sa constatation, pas très à l'aise. A vrai dire, l'atmosphère demeurait froide et aseptisée, les murs carrelés immaculés cachés par d'innombrables étagères remplies de flacons bien rangés, libellés d'étiquettes avec une écriture indéchiffrable. Naruto, assis à côté de moi devant le bureau, toussota de gêne.
« Monsieur Nara, je suis au courant de toute l'histoire, désormais. Je sais que… je sais que ce qui se passe au lycée est gravissime, mais j'aimerais vous demander une faveur supplémentaire.
— Je t'écoute, mon garçon, me nomma-t-il sans que je n'y décèle la moindre once de bienveillance, paradoxalement.
— J'aimerais sauver mon frère Itachi du joug de Tobi. Avec son témoignage et celui de Monsieur Hatake, la justice pourra faire son travail, justifiai-je.
— Tu veux l'antidote, c'est ça ? »
Je répondis par un silence. Tandis qu'il m'écoutait, il avait quitté mon regard pour se concentrer sur son écran d'ordinateur, le visage toujours impassible. Quant à Naruto, il se contentait de nous observer tour à tour, en silence.
« Il est prêt. Mais je ne suis pas encore sûr de pouvoir te faire confiance, mon garçon. »
Voilà, exactement ce que je craignais, pensai-je en fermant les yeux. Ça n'allait pas être aussi simple, évidemment. Et puis… Il avait bien des raisons de se méfier de moi. Comment pouvais-je le convaincre ?
Un néon grésillait sans cesse au-dessus de nos têtes.
« Monsieur Nara, j'aimerais vous ramener Itachi jusqu'ici, mais lorsqu'il ne talonne pas Tobi, il est introuvable. Je comprends votre méfiance, fis-je en prenant sur moi. S'il vous plaît… juste une dose, une seule.
— Qui me dit que tu ne vas pas l'amener à Tobi pour saboter ? me demanda-t-il en levant les yeux de son écran pour les planter dans les miens.
— Toute ma vie, il l'a gâchée, admis-je, la voix tremblante, en proie à une lutte intérieure pour garder mon sang-froid. Ma famille a été détruite à cause de lui. Aurais-je une raison de rester aux côtés de ce psychopathe ?
— Monsieur Nara, je me porte garant de l'opération. Après tout, c'est grâce à mes prélèvements que vous avez pu créer le remède, non ? Alors, je crois avoir mon mot à dire. Je surveillerai de près les agissements de Sasuke » intervint Naruto.
Je fus d'abord silencieusement indigné, puis compris où il voulait en venir. L'homme à convaincre soupira, ouvrit un tiroir à clé pour en sortir un tout petit flacon libellé « test ». Sans même me regarder, il tendit le flacon à Naruto directement, et non à moi, ce qui acheva de m'indigner un peu plus. Mais ce n'était pas le moment de faire le fier je devais me taire et faire profil bas, si je voulais arriver à mes fins. Nous sortîmes de son bureau, soulagés.
Rédemption.
« Une chose de faite » m'énumérai-je tandis que nous rebroussâmes chemin. La nuit commençait à tomber ces derniers jours, les températures grimpaient timidement, mais la brise accompagnant le crépuscule nous rappelait que le printemps était encore là, bien qu'il touchât à sa fin. Les réverbères s'allumaient un à un, et le ciel était passé d'un orange flamboyant à un profond violet. Naruto ne répondit pas à ma constatation, dans un premier temps et nous marchâmes silencieusement jusqu'à l'intersection où nous devions nous séparer.
« On dirait que tu parles d'une check-list, répondit Naruto lorsque nous nous arrêtâmes.
— C'est un peu ça, acquiesçai-je, distrait. Comment va Sakura ?
— Bah… elle souffrait trop, alors l'hôpital l'a plongée dans un coma artificiel » me révéla Naruto, fixant le sol, la mine sombre.
Je ne l'avais jamais vu si triste. Mon cœur se serra à l'annonce de la nouvelle.
« Elle est hors de danger, et elle ne souffre pas, ajouta-t-il.
— Je voudrais… Tu peux me donner le numéro de sa chambre ?
— C'est la prochaine tâche sur ta check-list ? » me demanda-t-il en relevant les yeux vers moi, la mine toujours aussi triste. Je ne répondis pas et détournai le regard, fixant la cime noire des arbres au loin.
Naruto était impulsif. Idiot, même. Premier degré. Ahuri. Malgré cela, lorsque j'espérais de tout cœur qu'il ne comprenne pas, il saisissait absolument tout.
« Il se passe quoi, quand tu finiras ta liste ? »
La journée de cours me sembla interminable. Lorsqu'enfin je sortis du lycée, je me dirigeai vers l'hôpital de la ville. Une fois devant l'immense bâtiment, je sortis mon téléphone pour vérifier le numéro d'étage et de chambre que Naruto m'avait envoyé la veille. Une fois devant la porte, je déglutis difficilement j'appréhendais grandement la scène qui se trouvait derrière. Je toquai doucement, puis entrai.
Les lumières étaient presque toutes éteintes, volets fermés, baignant la pièce dans un halo bleuté. Un moniteur donnait les constantes vitales à coups de bip réguliers et angoissants. Un faible vrombissement provenait de ce que je devinais être un respirateur. Un pied à perfusion trônait juste à côté du lit.
Seul le visage de Sakura dépassait du drap bleu-vert, où était inscrit Centre Hospitalier de Konoha. Ses joues, autrefois rosées, étaient désormais creusées et pâles. Un masque respiratoire masquait son nez et sa bouche. Ses cheveux étaient attachés et dégageaient son visage endormi. Soudain, je repensai à l'horrible geste que j'ai failli avoir envers elle, quelques semaines auparavant. Je me mordis la lèvre de culpabilité.
J'approchai un tabouret de son lit et m'installai silencieusement, comme pour ne pas la réveiller. Elle ne t'entendrait même pas, abruti, me rappela une voix désagréable dans ma tête. Je vis sa main dépasser de son drap, juste au niveau de mes genoux. Je m'apprêtai à la recouvrir puis, lorsque mes doigts effleurèrent les siens, tièdes, je fus pris d'un automatisme que je ne me connaissais pas. J'enveloppai ses fins doigts pâles dans mes mains, comme pour qu'elle ne refroidisse pas. Je restai immobile ainsi pendant plusieurs minutes, avant qu'une jeune femme en blouse blanche n'entrât dans la chambre.
« Bonjour, je suis une étudiante infirmière, se présenta-t-elle. Je viens juste vérifier que tout se passe bien.
— Euh, bonjour. Vous voulez que je sorte de la pièce ?
— Non ne vous inquiétez pas, fit-elle en observant l'écran du moniteur. Vous êtes son petit ami ? »
Je me souvins alors que je tenais toujours sa main. Mal à l'aise, je la relâchai et fis « non » de la tête. La jeune fille, probablement d'un an ou deux plus âgée que moi tout au plus, dévia son regard vers le mien et sourit, les yeux pétillants.
« On peut se tutoyer, tu sais, me dit-elle. C'est quoi ton nom ?
— Sasuke, répondis-je sans lui demander le sien en retour.
— Tu étudies dans le coin ? creusa-t-elle sans perdre son sourire.
— Ouais plus ou moins » écourtai-je. Je connaissais par cœur ces tentatives futiles de conversation, et aujourd'hui, je n'avais vraiment, vraiment pas la patience, ni l'état d'esprit.
Sans réfléchir, je saisis à nouveau la main de Sakura, et détournai le regard.
« En fait, c'est un peu quand même ma pe-petite amie, mentis-je.
— Ah ouais, je vois » fit-elle avec un ton beaucoup moins chaleureux, d'un coup. Quitte à passer pour un drôle d'énergumène, j'avais surtout envie qu'elle me laisse tranquille. Je n'avais l'énergie ni pour entrer dans son petit jeu vain, ni même pour être désagréable et l'ignorer. L'étudiante termina de faire son travail en silence, avant de quitter la pièce en me saluant cordialement d'un « au revoir, monsieur ». Elle a cru quoi, celle-là, pensai-je en fronçant les sourcils, tandis que la porte se refermait.
Je reportai mon attention sur Sakura, toujours figée. Je décelai à peine le mouvement lent et régulier de sa cage thoracique à travers son drap. En dehors de cela, elle était parfaitement immobile… Je me demande si les légendes disent vrai, me demandai-je. J'avais entendu quelque part que même dans le coma, la conscience avait un fonctionnement a minima. J'espérais tant que le plan de Naruto fonctionne.
« Sakura, si tu m'entends… On va te tirer de là. Et je te demande encore une fois pardon. »
Rédemption.
Il se faisait tard. Je lâchai sa main, me levai et me dirigeai vers la sortie. Lorsque j'ouvris la porte, j'écarquillai les yeux de surprise en tombant nez à nez avec un masque orange que je connaissais trop bien.
« Tu me semblais bien pressé de rentrer à la fin des cours, lorsque je t'ai vu depuis ma fenêtre. Demain dans mon bureau, dix heures. » dit-il simplement, avant de tourner les talons et de me laisser planté dans le couloir de l'hôpital, pantois.
Naruto, je suis désolé, j'ai
Je n'eus pas le temps de terminer mon message que j'entendis la porte du bureau de direction s'ouvrir j'eus une fraction de seconde pour appuyer sur Envoyer et ranger mon téléphone.
« Installe-toi, je t'en prie » m'invita Obito Uchiha quand il m'eut ouvert. J'eus un hoquet de surprise lorsque j'aperçus Itachi, debout dans un coin de la pièce. Ce dernier ne réagit pas à ma présence – nous n'avions jamais été aussi proches depuis l'incident. Il m'observait d'un œil vide et vitreux, le visage marqué par de profondes cernes. Ne parvenant pas à détacher mon regard de celui de mon frère, je m'installai devant le bureau en bois massif.
« Alors, elle va bien, ta petite amie ? me demanda Tobi, dédaigneux.
— C'est pas-
— Dis-moi, Sasuke. Dis-moi ce que tu veux. »
Obito porta la main à son masque, et le retira. Je vis pour la première fois son visage, et fut horrifié de voir un air de famille. Son teint pâle et ses traits fins contrastaient avec une vilaine cicatrice sur la moitié de son visage. Ses yeux étaient étirés comme les miens et ceux d'Itachi mais ce qui était le plus frappant, c'était qu'il possédait un œil borgne – celui caché par le masque – dont la pupille était grisée. Son autre œil était noir, comme tous les Uchiha. Au bout de quelques secondes à l'observer, je repris contenance tant bien que mal et lui lançai :
« Je sais tout, maintenant. Rends-moi mon frère ! »
Ses lèvres s'étirèrent tant bien que mal en un sourire, malgré son énorme balafre qui lui figeait la moitié du visage.
« D'accord. »
Obito se leva, se dirigea vers Itachi et l'amena vers moi, en tirant sur son bras. Ce dernier ne réagit pas, toujours silencieux. Je levai les yeux et constatai le sourire carnassier de l'homme défiguré.
« Qu'est-ce que je peux refuser à mon neveu adoré ? »
Soudain, je sentis une petite tape froide sur mon front, et m'aperçus qu'Itachi venait de toucher mon front du bout de deux doigts je levai les yeux vers lui, et aperçus une faible lueur dans ses yeux. Ma gorge se serra. Alors, il se souvenait de ça ? Je m'apprêtai à saisir la main de mon frère, lorsque je fus stoppé net par Obito, toujours aussi souriant, me chuchotant alors :
« Par contre, il va falloir le remplacer. »
