Bonjour !

Cette fic est une traduction du one shot de tobethefairybest « Once and for All », que j'ai pu traduire avec son accord, merci à elle !

Si vous avez des requêtes de fics à traduire, n'hésitez pas à venir en message privé :)

Bonne lecture !


- Gajeel, tu ne peux pas t'endormir ici, dit Levy en s'agenouillant à côté du dragon slayer.

Elle tapota doucement sa joue, mais la seule réaction qu'elle obtint fut un ronflement plus bruyant. Elle soupira et passa de l'autre côté du petit mur sur lequel il s'était allongé.

Ça avait été un dur combat pour chacun d'entre eux. Les démons de Tartaros ne leur avaient montré aucun pitié, et elle est était persuadée qu'elle n'était pas la seule à se demander comment ils s'en étaient tous sortis vivants. Cependant, personne n'en était totalement ressortis sain et saufs, que ce soit physiquement ou mentalement. Les dragons slayer étaient ceux parmi les mages à avoir le plus souffert, puisqu'ils ont eu à faire leurs adieux à leurs dragons bienaimés.

Levy ne put s'empêcher de sourire en repensant à la façon dont Gajeel avait réconforté Wendy pendant qu'ils disaient leurs adieux. Il a toujours agi comme un grand frère envers la petite chasseuse, et quelque part, cela rendait Levy fière de le voir comme ça.

Elle jeta un regard derrière elle, où il s'était endormi profondément, allongé sur le mur du parc. Il ne se réveillera probablement pas du reste de la journée.

Levy bailla. Ce fut à ce moment qu'elle réalisa le nombre d'heures qu'ils avaient passé éveillés, au moins deux jours entiers. Le fait qu'elle ait quelqu'un d'endormi à côté d'elle ne l'aidait pas vraiment non plus.

Elle sentit ses paupières devenir lourdes. Elle se coucha soigneusement contre les briques froides. Cet endroit n'était certainement pas le plus confortable, mais elle était tellement fatiguée que cela ne lui importait plus. Elle senti le sol sous elle disparaitre rapidement, pendant qu'elle s'endormait de plus en plus profondément, s'abandonnant à un puissant sommeil.


Un frisson soudain contre sa jambe lui fit reprendre conscience. Ses yeux étaient toujours fermés, mais elle était sûre d'avoir dormi un petit moment. Lentement, elle les ouvrit, et les écarquilla rapidement lorsqu'elle remarqua à quel point la lumière avait changé depuis qu'elle s'était endormie.

Elle se redressa en une seconde et elle fut prise de panique : combien de temps avait-elle dormi ? Levy regarda en direction de l'endroit où Gajeel dormait tranquillement, mais il n'y avait personne. Elle jeta un coup d'œil vers le ciel, à en juger par ses teintes, il devait être environ 17 heures.

Tu en as assez de faire la belle au bois dormant où tu veux continuer ? dit une voix familière et éraillée de derrière elle.

Elle se retourna en un instant.

- Gajeel ! cria-t-elle légèrement contrariée et un peu soulagée. Ne m'effraie pas comme ça !

- Gihi, je ne pouvais pas m'empêcher de rester ici, il fallait bien que quelqu'un te surveille pendant que tu dormais, souri-t-il. J'étais juste assis en-dessous de cet arbre, jusqu'à ce que tu te réveilles, finit-il en pointant un arbre robuste derrière lui.

Ses yeux s'écarquillèrent une fois de plus.

- Pendant que je dormais ?

Elle essaya de retrouver les derniers souvenirs qu'elle ait eu avant qu'elle ne s'endorme.

- Mais tu étais celui qui dormait, j'ai juste fermé mes yeux quelques minutes pour me reposer un peu.

- Eh bien, ça fait au moins trois heures que je suis ici.

- Quoi ? cria-t-elle en sursautant. Tu… tu te moques de moi ?

- Pourquoi je ferai ça ? répondit-il rhétoriquement. Si j'avais voulu te faire flipper, j'aurais dit dix heures.

Levy ne put s'empêcher de rire. Son humour involontaire était quelque chose qui la mettrait toujours de bonne humeur.

Mais maintenant que tu es finalement réveillée, je voudrais te montrer quelque chose.

- Me montrer quelque chose ? interrogea-t-elle.

Cela ne lui ressemblait pas d'aborder un sujet sérieux tout d'un coup. Il s'avança vers elle et facilement, il la souleva pour la mettre sur son épaule.

- Gajeel ! Fais-moi descendre, je peux marcher toute seule tu sais !

- Bien sûr que je sais. Mais je ne veux pas que tu voies où nous allons, répondit-il tandis qu'il commençait à marcher dans le parc.

- Tu ne peux pas juste me guider pendant que je ferme mes yeux, ou quelque chose comme ça ?

- Trop tard, rétorqua-il d'un ton amusé. Et en plus, c'est beaucoup plus drôle ainsi.

Elle souleva légèrement sa tête pour pouvoir observer les alentours. A son horreur, elle vit des gens du parc les fixer. Une mère avait même couvert les yeux de son fils. La mage d'écriture essaya de cacher son embarra en affichant un large sourire, mais les gens continuaient de regarder le duo avec perplexité.

- Fais-moi descendre j'ai dit, répéta-t-elle en martelant le dos de Gajeel de ses doigts, réalisant avec désespoir que c'était inutile : il ne le sentait probablement pas.

- Arrête de plaindre, tu veux ? soupira-t-il. Nous sommes déjà arrivés.

Il se pencha jusqu'à ce que les pieds de Levy puissent toucher le sol.

- Tu devrais arrêter de faire ça, tu sais ? dit Levy en réajustant sa robe plissée. J'espère que tu ne le fais pas à plus de gens qu'à juste-

Ses mots étaient coincés dans sa gorge lorsqu'elle releva la tête.

- …moi.

Elle finit presque silencieusement sa phrase.

Devant elle, s'élevant depuis le centre du parc de Magnolia, se tenait l'imposant chêne qu'elle ne connaissait que trop bien. C'était la première fois qu'elle le voyait depuis un an, huit si elle comptait les années passées sur l'ile Tenro. Elle l'avait évité, mais il apparaissait toujours dans ses cauchemars. Cette vision la fit frissonner de tout son corps. Elle se retourna.

- Gajeel, c'est…

Il évitait son regard en regardant l'arbre. A quelques mètres de hauteur, les trous où les clous avaient été incrustés dans l'écorce étaient toujours visibles.

- C'est un chapitre que je voulais clore depuis longtemps… dit-il doucement.

- Combien de fois devrais-je te dire que je t'ai déjà pardonné ? cria-t-elle en sentant des larmes monter aux yeux.

Levy, dit-il avec toute la patience dont il était capable, mettant ses mains sur ses épaules tout en faisant attention de ne pas appuyer trop fort sur son petit corps. Laisse-moi parler s'il-te-plait, c'est déjà assez difficile comme ça.

Après avoir entendu ça, elle ne pouvait rien faire d'autre que de l'écouter. Ce n'était pas le renfermé, distant, bien que gentil Gajeel qu'il était d'habitude. Il était sérieux.

- Quand je n'étais qu'un petit merdeux, j'ai toujours eu des problèmes, commença-t-il. J'avais les mauvais amis, joins la mauvaise guilde, et fais les mauvais choix.

Il inspira puis soupira lentement, avant de continuer.

- Mais à chaque fois que j'allais me faire punir par le Conseil de la Magie, un membre du conseil me sauvait et me disait de recommencer ma vie. Elle me disait que je lui rappelais son fils décédé, sourit-il. Je lui ai ris au nez pour me comparer à une personne morte, mais c'était la plus gentille chose qu'on ne m'ait jamais dit.

Le dragon slayer regarda le haut de l'arbre avant de poursuivre.

- Elle me disait la même chose à chaque fois : « S'il-te-plait, laisse tout ça derrière toi et commence une nouvelle vie pleine de sens. »

Son sourire se transforma en une expression douloureuse.

- Elle s'appelait Belno.

Le visage de Levy se figea.

- Ce n'était pas…

- Oui, dit-il doucement. Elle était la membre du conseil que nous avions à protéger de ses salauds de Tartaros.

Il s'avança de quelques pas vers l'arbre, se redressa, et le frappa avec son gant clouté de toutes ses forces. S'il avait utilisé sa magie, il se serait brisé brusquement comme une allumette. L'arbre trembla tout de même et quelques vielles branches y tombèrent.

- C'est ma faute si elle est morte ! hurla-t-il. Si seulement j'étais arrivé un peu plus tôt, j'aurais pu… j'aurais pu... !

Le chasseur de dragon était au bord de la crise émotionnelle quand il sentit une chaleur inattendue autour de sa taille. Il regarda et au travers du flou de ses larmes montantes, il vit que la source de cette chaleur était deux petits bras.

- Gajeel, dit Levy d'une voix brisée. Ne dit pas ça. Ce n'est pas de ta faute.

Il pouvait sentir sa tête contre son dos et instantanément une sentiment de calme le fit revenir à lui. Ses jambes commencèrent à trembler et il se laissa tomber sur les genoux.

Gajeel sentit la chaleur dans son dos disparaitre. Quand il releva la tête, il croisa le regard des yeux noisette de la mage. Elle s'était agenouillée devant lui et prit sa tête entre ses petites mains. Les yeux du mage s'élargirent devant ce geste inattendu.

- Gajeel, tu sais que les seuls coupables de sa mort sont les démons de Tartaros.

Elle agrippa ses épaules et plongea son regard dans ses yeux rouges, qui l'étaient encore plus maintenant.

- Pense à ce qu'elle a dit, à propos d'avoir une vie pleine de sens.

- … pleine de sens ? lui demanda-t-il, à moitié confus

- Eh bien, tu sais…

Elle retira ses mains de ses épaules et agita ses doigts les uns contre les autres.

- Qu'est-ce qui rend ta vie la peine d'être vécue ?

- Toi, lâcha-t-il.

Ça lui prit moins d'une seconde pour réaliser ce qu'il venait de dire. Il se sentit rougir et couvrit sa bouche de ses deux mains. Il détourna le regard pour cacher sa tête maintenant bien colorée. « Pourquoi, pourquoi est-ce que j'ai dit ça ? » se dit-il à soi-même. « Qu'est-ce que Levy doit être en train de penser ? Elle est probablement confuse et ne doit pas savoir comment réagir à ça. »

Il ne pouvait même pas trouver le courage de jeter un coup d'œil entre ses doigts, et encore moins de lui faire face. Il souhaitait de tout son cœur faire disparaitre ce moment, ainsi que son imbécilité et son manque de sociabilité. C'était une mauvais idée de l'amener ici. Il ne se souvenait même pas ce qu'il espérait qu'il se passe.

Le but était juste de s'excuser une fois pour toutes. Se confesser était quelque chose qu'il aurait probablement procrastiné jusqu'à ce qu'il atteigne la friendzone pour l'éternité, tout comme Jet et Droy. Les chances qu'elle ressente la même chose que le lui étaient très faibles, n'est-ce pas ? Elle l'avait pardonné pour l'avoir attaquée, mais il n'y avait aucun moyen qu'elle ait des sentiments pour une brute comme lui, non ?

Toutes ces pensées cogitaient dans ta tête comme des oiseaux fous dans une cage. Il remonta ses mains, jusqu'à ce que seules ses paumes ne couvrent ses yeux. Le chasseur de dragon enfonça ses ongles dans son crâne et tira sur ses cheveux. La tension dans son esprit continuait de grandir tandis qu'il commençait à grincer ses dents de stress.

- Je t'aurai choisi aussi.

Il s'arrêta net et son esprit tumultueux se vida. Gajeel lâcha sa tête et se tourna vers elle lentement.

- Tu es aussi celui qui rend ma vie la peine d'être vécue, dit Levy en souriant entre ses larmes.

Ses yeux s'élargirent et il se sentit perdu. Aucune phrase ne lui venait à la bouche.

- Mais comment… depuis quand… marmonna-t-il.

- Il fut coupé par Levy qui se pencha en avant pour entourer ses bras autour de son cou.

- Sérieusement, reste à mes côtés, dit-elle la tête dans le creux de son cou en souriant contre lui.

Il replia ses bras plein de cicatrices autour de sa taille. Un sourire traversa son visage tandis qu'il lui rendait fermement son étreinte.

- C'est ma réplique.