Un coup de téléphone, elle savait toujours ce que ça voulait dire. Elle s'arma de son professionnalisme avant d'appeler le reste de son équipe. Elle souffla avant d'appeler son médecin légiste, ils ont vécu des choses depuis ces derniers mois.

Ils étaient passés par des hauts et des bas, s'enguelant comme des chiffonniers, ne pouvant plus se supporter. Elle avait eu peur pour lui, tellement qu'elle n'allait plus le voir, elle avait eu mal aussi, tellement qu'elle n'en dormait presque plus la nuit pensant aux paroles qu'il lui avait dit peu de temps avant de se marier. Alors quand il est revenu, tout était normal mais en même temps différent. C'est quand leur entourage en eu marre que la situation s'est débloquée. Elle se souvenait encore de la conversation qu'ils avaient eu cet après-midi-là, quelques semaines après sa sortie de l'hôpital.

- Ça suffit! cria fatim

Tout le monde surpris se tourna vers la jeune femme, une énième dispute entre son patron et la Capitaine venue d'éclater.

- J'en ai marre de vous entender vous disputez, vous nous soûlez tous avec vos cris. Vous pouvez plus vous supporter? bien, alors changez de partenaires ou mettez les choses à plat, vous ne partirez pas d'ici!

- On vous dit bon courage. Dit Eddy qui appuie sa collègue

Avant que le Capitaine et le Légiste eu le temps de réaction, les deux jeunes gens avaient fermés la porte de la salle, les coinçant tous les deux.

- Ouvrez cette foutue porte! Dit le Capitaine

Elle était sur les nerfs, elle n'avait pas envie de rester avec lui plus que nécessaire.

- Eddy, Fatim ce n'est pas drôle. Commença Balthazar

- Ce n'est pas le mais Baltha, on en a marre de vous entender vous gueuler dessus à longueur de temps, je sais que cette histoire nous a tous bouleversé, mais rien ne justifie vos comportements! alors vous allez rester dans cette pièce jusqu'à ce que vous ayez réglé ce putain de problème. Expliqua le jeune homme

Les deux jeunes gens étaient persuadés de faire le bon choix pour leurs amis. Quant à ces derniers, ils se regardaient comme deux ronds de flans, étonnaient par la tournure des évènements. Balthazar restait appuyé contre la porte, jaugeant la Capitaine avec un regard mauvais. Elle soutenait le regard ne voulant pas lui montrer que cette situation la rendait nerveuse.

- Alors? Demanda-t-il avec un regard hautain

- Ne commence pas Balthazar, je ne veux pas être coincé avec vous. J'en ai ma claque de vous. Dit-elle avec un ton hargneux

Ils voyaient dans leurs yeux, toute la colère, la tristesse et la trahison qu'ils ressentaient l'un envers l'autre.

- Et vous croyez que j'ai envie de vous voir! Vous n'êtes pas venu me rendre visite à l'hôpital, j'avais qu'une envie, c'était pouvoir vous voir, vous savez le nombre de fois où je vous ai laissé un message! Demandé à Delgado ce qui se passait avec vous! j'ai eu mal Capitaine, je voulais savoir comment vous alliez, je voulais pouvoir vous tenir dans mes bras encore une fois, je pensais que je ne vous reverrai plus jamais…

- J'avais mal aussi d'accord! à chaque fois que je fermais les yeux, je vous voyais allongé plein de sang sur cette putain de route, je pouvais entender le rire de l'autre connasse, je me débattais, je ne pouvais rien faire! j'étais totalement impuissante et je déteste ça! Vous m'avez fait du mal Balthazar, j'ai dû m'éloigner de vous pour reprendre un semblant de contrôle sur ma vie…

La dispute les avait conduits à se rapprocher l'un de l'autre, se frôlant les yeux pleins de colère, mais leurs aveux les avaient aussi repoussés loin. Chacun avait béni l'autre sans le vouloir. La capitaine baissa alors la tête et rajouta déversant ce qu'elle avait sur le cœur depuis des semaines.

- J'ai partir voulu, ne plus jamais vous revoir pour ne plus souffrir. Vous m'avez brisé Balthazar, mais le pire, c'est que je ne peux pas me passer de vous. Dit-elle avec les larmes aux yeux

- Hélène… dit-il en soupirant

Ils se regardèrent, la tristesse inscrite dans leurs yeux.

- Je ne veux pas te perdre, je m'en veux si tu savais. Dit le jeune homme

Le ton défaitiste dans sa voix lui fit mal au cœur, ils se regardaient avec une nouvelle compréhension.

- Si on repartait de zéro, je promets de faire plus attention. Dit-il en tendant la main

- D'accord. Répondit-elle avec un doux sourire.

Elle prit sa main dans la sienne, la chaleur de cette dernière lui avait manqué. Lui était content de voir que leurs problèmes avançaient dans la bonne direction, il avait oublié depuis combien de temps, il avait envie de toucher, de la prendre dans ses bras comme avant. Il allait remercier ses assistants plus tard.

Retour dans le présent, elle avait Balthazar au téléphone pour lui donner l'adresse de la scène de crime.

- A votre service Capitaine, je vous rejoins là-bas je sais où c'est.

- Bien, à tout à l'heure.

Elle ne se sentait pas encore tout à fait légère avec lui, mais ils étaient dans la voie de la guérison. Delgado passa la prendre pour se rendre sur la scène de crime.

- Alors vous deux?

- Y a pas grand-chose à dire.

- Hélène, on sait tous les deux que ce n'est pas vrai. Il y a encore un mois, vous vous disputiez comme chien et chat, à peine un regard.

- Je sais Jérôme, je me souviens. Non, ce que je veux dire, c'est qu'on a mis les choses à plat, il reste encore à reconstruire une relation de confiance. Il m'a fait mal, mais je sens que je peux lui pardonner, enfin je crois…

- Je suis content, j'aurais pas aimé te voir partir pour de bon. Et puis, je sais que Balthazar n'est pas un homme facile à vivre, mais vous avez vécu des choses qui vous ont lié.

- Tu savais? demanda-t-elle vraiment surprise

Il rigola franchement.

- Je te connais Hélène, tu n'es pas une femme qui se laisse abattre par la moindre difficulté, mais je sais qu'au niveau relationnel, c'est une autre histoire.

- Je…

- Je ne te critique pas au contraire, tu es mon amie et j'avoue que je me suis inquiété pendant un temps.

La fière Capitaine de police était abasourdie devant le discours de son collègue et ami, elle ne savait pas trop comment réagir. Mais même lui avait confiance en elle, il voyait des choses qu'elle ne voyait pas forcément et cela lui rendait la tâche plus claire.

- Merci. Dit-elle en plaçant sa main sur son avant-bras

- Toujours. Répondit-il avec un sourire.

Ils arrivaient sur la scène de crime, elle reprit alors son masque de professionnalisme et entama toutes les mesures habituelles jusqu'à l'arrivée de son légiste. Ce dernier n'était pas loin, pour une fois dans sa vie, il ne dépassa pas les limitations de vitesse, il avait compris que son côté casse-cou avait fait peur à son amie et s'il fallait se l'avouer après ce qui s'est passé, il ne voulait pas la perdre. Il se souvient encore de son aveu et cela lui avait laissé un sentiment d'angoisse qui ne se taisait qu'en sa présence ou quand il était concentré sur quelque chose. Il arriva comme à son habitude sur la scène de crime, en la voyant, il sourit timidement, disant bonjour aux collègues qu'il croisait.

- Bonjour Delgado, Bonjour Capitaine.

- Salut Balthazar.

- Bonjour. On se met au travail.

Son ton n'était pas acerbe comme d'habitude, il sourit avant d'aller enfiler sa tenue. Ils échangèrent alors sur les causes de la mort de la jeune femme qu'ils étudiaient, fils nom Louise Charpentier, 24 ans. Balthazar fanfaronnait un peu en étalant ses connaissances, mais quelque chose a attira son attention. Dans une des poches de la jeune femme morte, se dessine un petit sachet contenant une poudre blanche.

- De la cocaïne? demanda le capitaine

- Peut-être, sans l'avoir analysé, je ne peux pas vous dire ce que c'est. On se retrouve à l'IML

- Balthazar, attendez!

Il se retourna pour faire face à sa collègue.

- Merci. Dit-elle doucement

- Toujours à votre service Capitaine.

- Bien.

Leurs discussions étaient pour la plupart des professionnels, elle avait encore du mal à reprendre d'une manière amicale avec lui. Mais elle avait décidé d'être plus ouverte et d'y aller plus facile avec lui. Elle resta sur la scène de crime pour recueillir le reste des informations dont ils auraient besoin plus tard. Si elle se l'avouait elle-même, elle était un peu nerveuse de retourner à l'IML mais elle prenait sur elle elle était toujours amoureuse de lui, elle ne pouvait pas s'en empêcher, c'était comme ça.

Le légiste était de retour dans sa salle d'autopsie attendant le corps de la victime, il avait tout préparé comme d'habitude. Ses assistants et ami préparaient le reste, il se plongea dans ses pensées pendant quelques minutes, elle lui avait dit merci sans un reproche, il sentait qu'il avançait avec elle. Il était sûr qu'ils ne retrouveraient pas leur relation d'avant, pas exactement, mais elle était restée et il allait faire en sorte que ça marche. Il tenait à elle, il l'aimait même mais il avait peur. Après sa sortie du coma, il s'est senti béni quand elle n'est pas venue le voir, mais c'est surtout son esprit sous la forme de Lise qui le tourmentait encore. Il a vu des dizaines de fois, lui remontant les bretelles pour son comportement envers le Capitaine, surtout pour les paroles qu'ils avaient prononcé quelques jours avant le mariage.

- Baltha? demanda Eddy

- Hein? oh, désolé, j'étais dans mes pensées.

- Tu es sûr que ça va mon pote?

- Oui. Répondit-il avec un sourire qui se voulait rassurant pour son entourage

Ils le regardèrent un peu bizarrement mais se remirent au travail sans attendre. Ils étaient en plein examen externe de la victime quand ils entendirent la porte s'ouvrir. Instinctivement, il savait que c'était elle qui rentrait en compagnie de Delgado.

- Vous arrivez au bon moment comme d'habitude. Eddy, c'est toi qui ouvre.

- Ouais!

Un professionnalisme sans faille régné dans la pièce, ce qui le rendait plus supportable étaient les blagues de Balthazar.

- Et le sachet? demanda Hélène

- Toujours en cours d'analyse, je vous enverrai le dossier quand tout sera prêt. Répondit le légiste

- Bien, merci pour ses informations. Nous allons rechercher dans la vie de notre victime pour trouver d'autres infos. Dit-elle

Elle leur adresse un sourire, les deux jeunes légistes lui sourirent content de voir que la situation avait quelque peu amélioré depuis cette fameuse. Delgado suivait sa collègue en dehors de l'institut. Mais quelque chose d'étonnant se passa, alors qu'elle allait sortir une main la retient.

- Capitaine, je peux vous parler? demanda le légiste nerveux

- Bien sur.

Il la conduisit dans une salle à part, il ne savait pas trop pourquoi il avait cela, c'était instinctif, il ne voulait pas la laisser partir.

- Balthazar? demanda-t-elle prudemment

- Je… Je voulais vous dire… Je suis… je sais pas trop en fait.

Elle voyait qu'il voulait sortir quelque chose, mais n'y arrivant pas. Elle savait qu'il avait toujours eu du mal à sortir ses sentiments sous forme de phrase. Depuis qu'ils avaient mis les choses à plat, elle avait envie de tout recommencer avec lui, de repartir sur de bonnes bases. Alors elle fit quelque chose dont elle ne sera pas cru capable, elle posa sa main sur sa joue.

- Je sais, moi aussi. Dit elle d'une voix si douce qu'il crut ne pas l'entendre

Il gémit de soulagement, il se plongea encore plus dans son toucher. Elle était sa lumière, sa raison il avait peur de devenir fou s'il la perdait. Il avait faim de son toucher, il voulait la prendre dans ses bras mais elle le stoppa.

- Non, je ne peux pas…

- D'accord pardon, je suis allé trop vite.

- Prendre notre temps. Dit elle en prenant sa main dans la sienne

Elle lui sourit doucement, cela éclaira une partie de son âme.

- Je vais y aller, nous avons encore du travail.

- Oui bien sûr, je suis toujours votre humble serviteur Capitaine

- Alors prouvez le et amenez moi le dossier sur le sachet le plus tôt possible.

Ils se sourirent alors, une taquinerie comme avant, ça faisait du bien. Elle retourna alors vers le poste avec son collègue qui avait attendu patiemment, avec un sourire sur le visage.

- Baltha va bien?

- On avance, il m'a dit qu'il nous apporterait le dossier dès que ce sera prêt.

- Grande nouvelle, sur y va.

Pas de commentaires déplacés ou de remarques sur ce qui vient de se passer, elle aimait ça chez son ami il lui laissait le temps. Ils avançaient à petit pas dans cette enquête, elle était frustrée qu'ils avaient interrogé la famille et les amis de la victime. Ils n'avaient pas appris grand-chose, elle avait l'impression qu'un truc clochait dans les faits mais elle ne parvenait pas à mettre le dessus du doigt.

- Balthazar a envoyé le dossier?

- Non.

- SI! Je suis là.

Il avait quasiment bousculé tout le monde dans le poste pour apporter le dossier.

- En tout, si nous avons un gagnant, enfin une gagnante, Capitaine bravo.

- Donc c'était bien de la cocaïne?

- Ouais, Eddy est en train de la décomposer pour savoir ce qu'elle contient précisément, mais je vous apporte aussi autre chose.

Il lui tendit le dossier fier de lui et de son travail, comme à son habitude. Elle entama sa conférence, mais il y avait des mots qu'elle ne comprenait pas.

- Traduction. Dit-elle

- Oh oui, je suis tellement fier de ce coup là, je suis sûr que vous ne l'avez pas venu venir…

- … Balthazar, on n'a pas toute la nuit. Dit-elle

- Oui, on dirait que notre victime avait une double vie.

- Attends quoi, je n'ai pas compris. Dit Delgado

- Ce que je dis, c'est quand examinant la victime, j'ai trouvé des tatouages cachés sous une couche de maquillage et quelques marques de piqures entre les orteils.

- Donc une toxico, c'est pas du tout l'image qu'elle renvoyait dans son quotidien. Dit Delgado

En effet, mais je pense aussi à autre chose, il faut encore que j'approfondisse les rechercher, mais je pense que la prise de drogue était récréative je suis quasi certain qu'on peut trouver des preuves dans son ordinateur

- Qu'on n'a pas retrouvé lors de la perquise. Finit le Capitaine

- Ah

- Son tueur est peut-être son dealer, il faut qu'on examine à nouveau toutes les preuves. On a forcément loupé quelque chose. Jérôme va voir avec la brigade des antidrogue quand Eddy aura fourni le dossier.

- D'accord

Elle retourna dans son bureau avec le légiste sur les talons.

- Vous vouliez quelque chose Balthazar?

- J'ai une idée mais ça ne va pas vous plaire.

Elle le regarda suspicieuse, attendant son explication.

- J'ai trouvé sur la main de notre victime un tampon de club, je me demande par le plus grand des hasards, si je pouvais m'y rendre.

Elle le regardait abasourdie, complètement bloquée.

- Capitaine? demanda le médecin déconcerté par l'attitude de sa collègue.

- Hein… oh oui, non je dois avouer que je suis surprise de vous entendre dire cela.

- Je vous avais dit que je ferais plus attention maintenant. Dit-il sur la défensive

- Non, c'est très bien. Je suis contente de voir que vous prenez cela au sérieux, dîtes moi le nom de ce club pour que je me renseigne.

- J'ai déjà essayé, Eddy ne le connait pas et sur internet on ne trouve que l'adresse, y pas beaucoup de renseignements.

Il avait pris son ordinateur pour lui montrer, elle était pour une fois d'accord avec lui.

- Et pourquoi voulez-vous y aller?

- Oh aller Capitaine, je suis le plus apte à faire cette mission. Je peux me fondre dans la masse facilement.

Elle se souvenait encore du costume qu'il avait mis lors de leur mission au casino, elle ne voulait plus jamais le revoir avec un truc comme ça sur le dos.

- Laissez-moi y réfléchir, dans le cas où j'accepterais ça, je viens avec vous et c'est non négociable.

Secrètement, il était content qu'elle ait proposé ça. Il sortit de son bureau avec le sourire aux lèvres, il voulait discuter un peu avec Delgado avant de retourner à l'IML.

Quant à elle, les émotions qui traversaient son esprit étaient multiples et déconcertante, en premier, il était plus agréable avec elle, ils ne se disputaient plus. En deuxième, la scène qui s'est passée dans une salle de l'IML restait encore dans sa mémoire, elle aurait voulu céder à ses émotions à ce moment-là, mais elle n'était pas prête à le laisser revenir à ce stade dans sa vie. Et pour finir, non pas des moindres, il lui avait demandé la permission de partir en mission, elle avait été tellement surprise que les mots restèrent bloqués dans son esprit. Elle avait mis un peu sur la défensive sans le vouloir, mais elle n'était pas habituée à ce genre de comportement venant de lui. Il faisait des efforts, elle était contente mais elle attendait la suite.

Elle passa le reste de la journée à chercher des informations sur le club, elle tenta de chercher d'autres infos sur la victime, mais elle se rendit à l'évidence. Delgado lui montra le dossier de la brigade anti-drogue, la cocaïne était tout ce qu'il y avait de plus simple, pas de composants uniques qui permettraient d'identifier un dealer en particulier.

Ils n'avaient pas d'autre choix que de suivre la piste que Balthazar avait trouvé. Elle était peu exaspérée mais n'avait pas d'autres solutions pour avancer dans cette enquête. Elle prit son téléphone et composa le numéro de son légiste.