Hello :3
Donc, non, ce n'est pas encore fini. Parce que wendymarlowe n'a pas été cruelle en publiant : elle a aussi offert deux face-à-face en sus des échanges de messages :
- la "première" rencontre de "William" et John, qui viendra plus tard
- et, dont vous voyez le premier chapitre juste en dessous, l'arrivée de Sherlock hier soir au 221B Baker Street :3
On n'est pas dans l'ordre chronologique, mais je me contente de suivre le planning initial de wendy.
Pour info : 3 chapitres à venir pour The Apology, publiés aujourd'hui, demain et mercredi. 1 chapitre pour The Date, jeudi. Par simplicité, pour ne pas disperser sur mon profil, je les publie à la suite de Cher John :)
Bonne lecture !
THE APOLOGY
Chapitre 1
Sherlock approchait de 221B avec un profond sentiment de crainte qu'il n'avait pas entièrement anticipé. Speedy avait déjà fermé pour aujourd'hui, et le nombre de piétons était tombé à près de zéro, tout comme la température lorsque le soleil s'était couché trois heures plus tôt. Depuis la rue, il ne pouvait entr'apercevoir qu'un coin de plafond et le papier peint du salon, à travers la fenêtre. N'avait été allumée qu'une unique lampe, donc, celle du bureau. Quelque part là-haut, John attendait. C'était comme s'ils étaient les deux seules âmes de Baker Street.
La porte était verrouillée mais Sherlock se vit épargné l'humiliation d'avoir à crocheter sa propre serrure grâce à l'anticipation de Mycroft : la vieille clé qui avait été la sienne était apparue comme par magie dans sa poche de manteau entre le moment où il avait quitté la maison de son frère et maintenant. Il espérait ne pas être contraint à l'extrémité de le remercier en face, mais Sherlock pivota tout de même pour adresser à la caméra de surveillance la plus proche un hochement de tête. Puis il poussa la porte et entra.
Le silence total était oppressant. Conclusion logique : Mrs Hudson était sortie, ce qui était tout aussi bien. Sherlock était toujours mort. Devrait le rester encore quelque temps, jusqu'à ce que son nom soit lavé et l'inévitable tumulte médiatique contrôlé. Il grimpa les escaliers aussi discrètement que possible en direction de la porte ouverte du 221B.
John. Pas d'entrée furtive donc : John l'attendait, les mains sur les hanches et les pieds écartés de la largeur des épaules dans la posture de défi classique du mâle dominant. Sherlock sentit l'envie immédiate de se recroqueviller à ses pieds et de se serrer contre ses jambes jusqu'à ce qu'il lui pardonne. Pas qu'il le méritait, après tout ce qu'il lui avait fait, mais c'était de John qu'il était question. La capacité de cet homme à tout pardonner, absolument tout, relevait pratiquement de la magie tant elle était infinie. Quoique la lividité furieuse et la détermination dure combinées sur son visage ne présagent rien de bon. Sherlock entra un peu plus dans la pièce et ferma la porte derrière lui à cause de cette habitude profondément enfouie qui avait, à une époque, plu à John. L'excuse minutieusement préparée sur laquelle il avait travaillé si dur ces derniers jours se jouait de lui, dansant juste au bord de sa capacité à se souvenir des mots, de la bonne intonation…
« Tais-toi, cracha John en baissant légèrement le menton, le regard brûlant et accusateur. Je veux pas entendre les conneries que t'as répétées à l'avance. Réponds juste à ça : c'était sérieux pour toi, tous ces derniers mois ?
Sherlock n'avait aucune confiance en sa voix. Il acquiesça.
– Alors toutes ces merdes où tu me disais ''je t'ai jamais menti''… t'étais sérieux là-dessus aussi.
Sherlock hocha à nouveau la tête. La posture de John était raide et sur la défensive, le soldat menaçant présent dans chaque centimètre carré. Minutieusement maîtrisé, tant que Sherlock ne faisait pas de mouvements brusques ou qu'il disait ce qu'il fallait…
– T'es au courant, continua John sur un rythme à la cadence contrôlée, que mentir par omission ça reste mentir, n'est-ce pas ?
Sherlock se lécha les lèvres et lutta pour trouver les bons mots :
– Je ne pouvais pas… Je prenais des risques énormes en te contactant tout court. Je ne pouvais pas te dire que j'étais en vie. C'était impossible.
– Et pourtant t'as réussi à extirper toutes ces confessions de moi. Des choses que j'avais jamais dit à personne d'autre. Des choses que je pouvais même pas admettre à moi-même. Dis-moi, Sherlock : tu m'as raconté tout ça parce que tu t'ennuyais ? Ou bien, proposa-t-il en baissant la voix presque au niveau d'un feulement, ou bien c'était parce que tu voulais vraiment que je te plaque contre la porte ? Que je te branle et que je te suce jusqu'à ce que t'aies plus de souffle ni de muscles, entre mes mains ? Je veux t'entendre le dire : tu mentais ?
Il avançait, clamant son territoire dans la pièce en même temps qu'il s'approchait. Un général au milieu de la bataille.
Oh, foutre-Dieu. Sherlock sentit le bois contre le bout de ses doigts, s'aperçut qu'il venait de se laisser tomber en arrière vers la porte fermée, contre laquelle il se tassait. Il en avait peut-être conscience, mais il ne parvint pas pour autant à s'en empêcher. Sa déglutition fut bruyante et il secoua délibérément la tête.
– Je veux que tu le dises, répéta John, l'acculant de quelques pas de plus jusqu'à plaquer réellement le corps de Sherlock contre la porte et presque souffler les mots dans son oreille. Utilise ta putain de voix et dis-moi : que je te désape là, tout de suite, et que je te jette sur le canapé pour faire ce que je veux avec toi, c'était ce que tu voulais ? Ou c'était juste une ruse ?
– C'était…
La voix de Sherlock se brisa d'une façon qu'il n'avait plus connue depuis la puberté. Il sentit le rouge lui monter aux joues, mais il essaya vaillamment à nouveau :
– C'était vrai.
– Et maintenant ? gronda John, les lèvres à trois centimètres du canal auditif de Sherlock.
La sensation de ce souffle contre la peau sensible à l'intérieur de son oreille le fit trembler de tout son corps. John, bien sûr, s'en aperçut et se pencha un peu plus, pressant leurs torses ensemble. Il devait certainement sentir le staccato rapide qui rythmait les battements de cœur de Sherlock.
– Ne me mens pas, murmura-t-il.
– S'il te plaît…
La supplique sortie dans un murmure et Sherlock ferma les yeux d'embarras. Ce n'était pas censé se passer comme ça, John n'était pas censé le traquer comme un tigre acculait sa proie…
– Déshabille-toi.
John s'éloigna d'un coup et croisa à nouveau les bras. Sherlock sentit son corps partir vers l'avant, déséquilibré, comme si leurs torses avaient été aimantés. Il s'épargna la chute juste à temps. Son regard rencontra celui de John — froid, déterminé, assassin — puis découvrit que ses doigts s'occupaient déjà de déboutonner sa chemise sans avoir attendu l'ordre de son cerveau.
C'était terrifiant. Sherlock retira lentement ses vêtements, méthodiquement. Sans aucune once de séduction, avec rien d'autre que le maximum d'efficacité qu'il pouvait rassembler. John voulait qu'il se déshabille, alors il se déshabillait. Il abandonnait tout à même le sol, là où les vêtements atterrissaient. John se contentait de le regarder placidement, les bras croisés et le dos droit comme un I. La pièce était glaciale sans la protection de sa chemise et de sa veste, mais Sherlock contint son tremblement. Il ne frissonnerait ni à cause de la température, ni à cause du regard de John.
– Viens au milieu de la pièce et tourne sur toi-même. Lentement. Je veux te voir.
John recula pour lui laisser la place d'avancer, puis revint à sa raideur militaire dès que Sherlock fut en place. Ce dernier ouvrit les mains, doigts tendus et paumes tournées vers l'extérieur, légèrement écartées de ses flancs. Il tourna lentement, douloureusement conscient du regard de John qui sautait sans cesse d'un endroit à l'autre sur son corps. Il dressait la liste des dommages résiduels, les jaugeait, les analysait. Les yeux d'un médecin. La plupart des brûlures avaient disparu, à présent. Il ne restait qu'une rougeur légère sur sa peau pour prouver qu'elles avaient existé, mais plusieurs autres blessures restaient visibles. Celle qui venait du poing de John était la plus éclatante, d'un violet vif contre la pommette droite de Sherlock. Le regard de John passa dessus avant de continuer son inspection silencieuse.
– Il n'y a pas eu que l'incendie, annonça finalement John. J'ai déjà vu ce genre de marques avant. T'étais en Afghanistan quand t'as été capturé ?
– En Syrie, admit Sherlock.
– Ah, émit John en même temps qu'il tournait de l'index en un ordre silencieux pour que Sherlock exécute une nouvelle révolution. Occupé à démanteler le réseau de Moriarty, j'imagine ?
– C'était la dernière cellule. La plus dangereuse à approcher.
– Et tu t'es laissé capturer.
– Je ne… commença Sherlock en fermant les yeux, parce qu'il était plus facile de ne pas voir John. Je ne voulais plus attendre. Pour te revoir. Je ne savais pas qu'ils connaissaient ma connexion avec Mycroft.
– Et tu croyais quoi ? Qu'ils te casseraient gentiment la gueule puis qu'ils te laisseraient partir ?
Sherlock se mordit si fort les lèvres qu'il put sentir le goût du sang dans sa bouche, mais il ne répondit pas.
– C'était une question, Sherlock ! aboya John, à deux doigts de l'injonction militaire. Réponds ou sors de cette pièce et ne t'attends pas à me retrouver un jour.
Sherlock ne dit pas que Mycroft pourrait retrouver John où qu'il aille. Il ne dit pas qu'il se jetterait probablement aux pieds de John et s'y accrocherait comme un bébé plutôt que de lui laisser rien que le temps d'ouvrir la porte. Ce qu'il fit, c'est d'ouvrir les yeux et inspirer assez d'air pour pouvoir forcer la vérité entre ses lèvres :
– Il fallait que je fasse quelque chose. Après Noël. Il fallait… Je devais avancer, me rapprocher de toi. J'ai mal calculé.
– Et t'as réussi à te faire torturer et te faire foutre en feu, putain !
– C'était moi, le feu, corrigea Sherlock en rencontrant calmement son regard (il n'aurait pas honte de ce fait, ne pourrait jamais regretter ce qu'il avait dû faire pour pouvoir revenir à John). Je me suis échappé de la pièce où ils me retenaient, j'ai brisé la nuque de mon geôlier et j'ai mis le feu au bâtiment. Mycroft m'a dit qu'ils sont morts, tous les douze. Je suis parti avant d'avoir pu vérifier. Il y avait quatre miles à marcher pour atteindre un endroit où ses hommes pouvaient me trouver, et ça a aggravé mes blessures.
– Putain de bordel de merde, siffla John en regardant le plafond pendant un long moment, cherchant visiblement à retrouver le contrôle de lui-même avant de demander, finalement : C'est fini, alors ?
– C'était la dernière cellule. Ce n'est pas vraiment fini, pas encore, mais le danger pour toi est passé.
– Et pour toi ?
– Le danger physique, oui, assura Sherlock avant de se rappeler qu'il lui avait promis d'être honnête. Il faudra encore attendre quelques semaines avant que je puisse officiellement revenir d'entre les morts. La capacité de Mycroft à s'arranger avec la loi fonctionne mieux quand l'œil public est tourné dans une autre direction. Et en cet instant, je suis toujours suspecté de plusieurs centaines de meurtres.
– Bordel. Ça va être un cauchemar médiatique, hein ?
– Ça n'a pas d'importance.
Et vraiment, ça n'en avait pas en cet instant où John était là et où rien d'autre n'avait aucune espèce d'importance. Sherlock était nu, l'air était glacé et John portait toujours son expression dure et dangereuse, mais rien de tout ça n'avait d'importance parce que John était là. Il l'écoutait.
Et l'observait. L'expression de John progressa lentement à travers plusieurs expressions alors qu'il réalisait que les pensées de Sherlock étaient revenues à leur situation présente : la résignation, la prise de conscience et finalement, une prédation violente qui fit dresser les poils sur les bras de Sherlock.
– On y est, hein, murmura-t-il en tournant autour de lui en de lents cercles, son expression à un cheveux d'être lubrique. Tu veux voir comme je te veux ? Regarde, ordonna-t-il en posant la paume sur son entrejambe couvert et en donnant un coup de rein vulgaire dans la direction de Sherlock. Une vraie érection rien que pour toi. Félicitations, j'imagine que je suis vraiment bi. Je pensais pas que je pourrais vraiment… confirmer ça, vu ce qui s'est passé.
Sherlock garda les pieds plantés dans le sol et la colonne droite, mais suivait la progression de John du regard. Chaque fois que ses cercles l'emmenaient dans son dos et hors de son champ de vision, les cheveux sur sa nuque se dressaient et sa demi-érection tressautait avec espoir. Rien qui eût été visible s'il avait toujours son costume pour le couvrir, mais l'habit n'était plus là et il tremblait, nu au milieu de la pièce, alors qu'un John Watson entièrement vêtu le jaugeait. Tant pis si ça l'excitait si visiblement que même John ne pouvait que le remarquer.
L'ancien soldat s'immobilisa directement derrière Sherlock. Il resta là pendant des lustres, sans le toucher, se contentant d'exister et de faire frémir tout le système nerveux de Sherlock. Puis il traça une ligne d'un unique ongle, de son coccyx jusqu'à la base de son crâne. Les poumons de Sherlock s'accrochèrent à l'air qu'ils contenaient et sa tête se redressa vivement comme s'il avait été frappé par un uppercut singulièrement précis. Il sentit plus qu'il n'entendit le ricanement noir de John dans son dos.
– C'est l'heure, annonça ce dernier en resserrant sa prise sur la nuque de Sherlock d'une poigne qui devint presque douloureuse. On va au lit, toi et moi, et on va faire ça pour de vrai. »
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À demain pour la suite !
