Heeeey !
Tiens, j'ai oublié de mettre les tags que wendymarlowe a mis sur AO3 : si vous n'avez pas envie du spoil potentiel, vous pouvez sauter directement au texte, évidemment !
Pour les autres : "Angst", "Smut", "Excuses", "Scène manquante de Cher John", "Douloureuse route vers la réconciliation", "Je vous promets que ça s'arrange", "Le consentement n'est pas aussi douteux que ça en a l'air"
En espérant que ça vous rassure un peu pour la suite :)
Bonne lecture !
THE APOLOGY
Chapitre 2
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D'une façon ou d'une autre, ils parvinrent jusqu'à la chambre de Sherlock. Ce dernier n'était pas au clair sur les détails parce qu'un bon quatre-vingt-dix-neuf pour cent de son cerveau était bloqué dans une boucle « analyse du toucher de John → perte de toute cohérence → reboot → analyse du toucher de John… » La couette avait déjà été rejetée et les draps étaient bordés avec une précision militaire. L'œuvre de John plutôt que de Mrs Hudson, donc. John avait prévu tout ça. Il avait tout préparé. Sherlock contint un tremblement.
« Sur le lit, ordonna John en le poussant vers l'avant.
Il le manœuvra pour que Sherlock finisse avec le visage à plat contre le tissu blanc, puis commença à s'extraire de ses propres pull et t-shirt. Il ne regarda pas Sherlock en se déshabillant, garda la face neutre, les yeux sur le mur d'en face comme s'il se contentait de se changer. Sherlock tourna la tête sur le côté et coinça son menton contre son épaule droite pour pouvoir observer sans bouger le reste de son corps. Il avait l'impression qu'il aurait dû parler, dire quelque chose (quoi?), mais il avait affaire à la facette très sérieuse d'un John sans pitié, et il se devait de lui offrir son moment de spectacle. John pouvait avoir tout ce qu'il voulait : il était ici et Sherlock n'avait pas le droit de lui demander quoi que ce soit. La présence de John était déjà plus qu'il ne mériterait jamais.
Deux « ponk » étouffés, les bottes de John qui cognaient contre le plancher pendant qu'il les tirait l'une après l'autre, puis un bruit de tissu, le son caractéristique d'une fermeture éclair. Sherlock cligna des yeux pour essayer de ravaler l'apparition soudaine de larmes dans ses yeux, inattendues mais rapidement incontrôlables. Tout ce qu'il peut vouloir… Quoi que ça puisse être…
John s'immobilisa immédiatement, son regard verrouillé sur Sherlock, sur son visage qui en disait sûrement trop. Puis il finit de se dégager de son pantalon en toute hâte, son caleçon en coton blanc toujours accroché à ses hanches, et rampa sur le lit.
– Hey, appela-t-il. Hey, hey, hey. Sherlock. Tout va bien.
Le contact doux de John sur son épaule accéléra encore l'accumulation d'eau derrière ses paupières. C'était ridicule, totalement illogique de pleurer pour ça. Il avait décidé d'accepter tout ce que John pourrait vouloir, c'était prévu, alors à quoi bon cet accès lacrymal ? Son enveloppe n'était plus entièrement en accord avec son cerveau, manifestement, mais Sherlock n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait faire contre ça.
– Je suis désolé, murmura John en même temps qu'il se positionnait pour s'allonger à côté de Sherlock, un bras jeté en travers de son dos, leur peau en contact de l'épaule à la hanche. C'était trop ? Merde, je voulais pas te submerger. Parle-moi, Sherlock.
– Je… Donne-moi une minute, gémit Sherlock en résistant à la pulsion de fermer les yeux et d'enfouir son visage contre le cou de John pour cacher ses larmes. Après tu pourras continuer… donne-moi juste une minute.
– Je pense pas que ce soit une question de temps, le contredit John avec un sourire trop petit, changeant la position de ses doigts sur l'omoplate de Sherlock pour pouvoir les passer doucement dans ses cheveux à la place. C'est pas d'une minute que t'as besoin. Ce qu'il te faut, c'est que j'arrête de jouer au connard comme ça et que je commence à te lire de la même façon que tu m'as toujours lu. J'étais tellement focalisé sur ce que j'avais prévu qu'il se passerait que j'ai pas fait attention à ce qui était vraiment en train de se passer.
– Je suis désolé, souffla Sherlock. Je te dois ça. Tu es fâché et tu en as tous les droits. Je t'ai menti au début parce qu'il fallait que tu me croies mort aussi longtemps que tu serais en danger, mais après l'incendie je… j'aurais pu te dire la vérité directement sur le site et j'ai décidé de ne pas le faire. Je ne pouvais pas affronter la possibilité que tu me rejettes et que tu arrêtes de me parler, sans me laisser la moindre excuse pour te revoir. Je me suis convaincu que tout allait bien, que tu ne serais pas en colère quand William se révélerait être moi, mais je… je savais. Et je suis prêt à prendre tout ce que tu as à me donner, maintenant. Que ce soit par douceur ou de colère ou de rage. Juste… j'ai juste besoin de savoir qu'il existe une possibilité que tu finisses par me pardonner. Un jour.
John s'écarta brutalement, roula sur le flanc et installa trente bons centimètres de vide entre eux.
– Tu crois vraiment que je suis capable de faire un truc comme ça, Sherlock ? Que je pourrais utiliser le sexe comme une punition ? siffla-t-il en fermant les yeux avant d'expirer lourdement. J'ai même pas… Bordel de merde.
– Tu ne serais pas le premier, expliqua doucement Sherlock.
– Ouais, je m'en suis douté, et ça fait encore plus de moi un enfoiré de pas avoir compris plus tôt comment tu vivais ça.
John tendit la main vers le visage de Sherlock, hésita, puis effleura sa joue tuméfiée.
– Je te pardonne vraiment, tu sais ? murmura-t-il. Je suis toujours en colère et ça va durer encore un moment, mais je sais que tu es toi et que tu changeras jamais, et ça me va. On va y aller un peu plus lentement, OK ?
Sherlock acquiesça, refusant de faire confiance à sa voix. Il poussa un peu plus son visage contre les doigts de John à la place, jusqu'à ce que sa paume se pose contre sa pommette et que ses doigts pressent, chauds et bienvenus, sur sa tempe.
– Je peux t'embrasser maintenant ? souffla John.
Oh bordel, oui. Sherlock se pencha vers l'avant autant qu'il le put, pressant ses lèvres contre les siennes avec plus d'enthousiasme que de finesse. Il put sentir le rire incrédule de John sous l'assaut, ses lèvres s'étirant en un sourire avant qu'il ne se concentre sur la tâche de lui retourner son baiser avec une technique significativement plus développée que celle de Sherlock. C'était absolument glorieux. Le torse de John était chaud contre le sien, sa bouche tendre le cajolait et le tentait tout à la fois. Sherlock renonça à l'idée d'organiser les stimuli entrants et accepta juste la poussée de tout à la fois, les goûts et les odeurs et les bruits et les sensations oh-si-fantastiques des mains de John et de sa peau et de sa langue et de ses dents et de son souffle qui haletait doucement contre son visage quand il s'écarta finalement pour qu'ils puissent tous deux respirer.
– Ça va ? demanda John avec un sourire en coin.
Sherlock se contenta de déglutir et de le regarder. Il y avait tant de choses nouvelles concernant John, rien que dans cet acte. S'il pouvait juste tout comprendre, tout organiser en dossiers, pièce après pièce, pour examiner à nouveau plus tard…
– Hey, l'appela John pour attirer son attention sur lui. Tu disais que tu voulais que je prenne la direction des baisers et que tu reprendrais le flambeau quand on arriverait à… enfin, au reste.
– La pénétration anale, la stimulation et autres formes de contacts essentiellement homosexuels.
John rougit légèrement, mais il ne rejeta pas immédiatement l'idée.
– Ouais, ça, grommela-t-il. Je veux dire, on n'est pas obligés de faire quelque chose cette nuit, si tu ne veux pas que…
– John, l'interrompit Sherlock en roulant sur le côté pour lui faire face et lui faire voir la très remarquable érection qui le tenait. Tu me connais, je veux toujours tout faire. Tout à la fois. Il y a tant de données que je n'ai pas eu l'occasion de collecter et je pensais que ça n'arriverait jamais. Je te donne tout. Mon corps est juste une enveloppe, je sais que je t'ai dit ça des milliers de fois, mais je veux te donner mon esprit aussi. Tout ce qui est d'importance pour moi. Je ne vais même pas essayer de deviner ce que tu veux de moi ce soir, mais quoi que ça puisse être, tu peux l'avoir. Tout ce que tu veux.
John cligna des yeux, une fois, deux. Puis il plaça une main chaude de chaque côté du torse de Sherlock et tira, le hissant au-dessus de lui dans un effort physique soudain. Les bras de John s'enroulèrent autour de ses épaules pour le serrer étroitement et le maintenir vers le bas jusqu'à ce que tout le poids de Sherlock repose sur son torse. Ils ne bougèrent pas pendant plusieurs secondes avant que Sherlock finisse par trouver le courage de se détendre dans l'étreinte (parce que c'était une étreinte, nouvelle et confortable et adorable).
– Tout ce que je voulais de toi, c'était que tu sois en vie, dit doucement John contre le cou de Sherlock, la voix étrangement inégale. Le reste, c'est que du bonus.
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à Suivre
