L'odeur d'hôpital était désagréable, l'odeur de médicament fort comme celui de l'air peu aéré. L'hôpital était l'un des meilleurs de Kalos, un institut privé spécialisé dans les maux de l'esprit. C'était la seule demande des habitants de Kalos. Un fait surprenant sans doute pour l'homme de voir que le pays, qu'il avait voulu détruire pour l'éviter de sombrer, se souciait de lui. Aussi brutaux que furent ses actes, cela semblait avoir réveillé les consciences. Les gens pardonnaient rapidement, et ils comprenaient aussi les actions des hommes désespérés. C'était là que la beauté des gens résidait.

Il voulait maintenant faire voir à son ami cette beauté, cette force de se remettre en questions. Lysandre était un homme bon, le professeur n'en doutait pas un instant, mais il était aussi un homme têtu et aux pensées trop pessimistes. Platane s'arrêta devant sa porte, et son cœur sembla davantage serré dans sa poitrine. Il regarda nerveusement les choses qu'il avait apportées avec lui pour se donner du courage.

Un bouquet de fleur, chaque jour différent et coloré. Aujourd'hui c'étaient des fleurs sauvages, un bouquet de coquelicots, de lins et de jonquilles sauvages. Avec l'accord des médecins et même leurs encouragements, le professeur avait aussi un paquet de gâteaux, les préférés de Lysandre ! Des éclairs aux chocolats de sa boulangerie favorite.

Les médecins et les infirmières le rassuraient chaque jour que ses visites semblaient améliorer son état. Le professeur en doutait mais l'espoir semblait être la seule chose qui lui restait de son ami. Pourtant Lysandre semblait en effet aller mieux au fil des semaines. Hier l'homme avait souri quand Platane avait évoqué avec nostalgie un souvenir de leur vie de dresseur. C'était un bon début, et l'infirmière en charge de son repas du soir lui avait avoué surprise qu'il avait observé longtemps la fenêtre de sa chambre avec ce qu'il semblait être de la joie et même une certaine anticipation. Il lui avait parlé doucement quand elle était venue lui déposer son repas, semblant un court instant être redevenu l'homme qu'il était avant.

Le professeur sera plus fortement le bouquet de fleurs dans sa main. Il n'avait pas le droit de perdre espoir. Son ami comptait sur lui, même les personnes de Kalos comptaient sur lui pour leur offrir de nouveau le puissant PDG misanthrope. Ils avaient besoin de lui et de son génie, et lui aussi avait besoin de lui, besoin de Lysandre comme avant. Avant qu'il ne se laisse importer par ses découvertes et ses jeunes dresseurs, et qu'il oublie un court instant, trop court instant son ami. Il aimerait tellement le revoir dans son laboratoire, à parler de leurs projets et de leurs découvertes. Il regrettait de ne pas avoir prit plus souvent de ses nouvelles, d'avoir passer sous silences ses étranges comportements.

Lentement la porte de la chambre s'ouvrit, silencieusement, en ne laissant que le bruit de ses pas pour avertir son occupant de sa présence. La chambre était grande, avec des murs blancs et gris claire lumineux. Un lit était placé au centre, avec une porte menant à une salle de bain et une autre porte menant à un placard. Un petit espace salon était préparé, avec une table basse et trois fauteuils recouverts d'un tissu noir. Une télé était accrochée au mur, et Platane remarqua une pile de livres et de journaux sur la table basse de sa chambre près du lit. La chambre d'hôpital semblait presque être une chambre d'hôtel.

"Augustin ?" Appelait doucement Lysandre, assit près de la fenêtre et observant sans doute son arrivée. Cela lui fit chaud au cœur de voir que son ami attendait ses visites, et le professeur ne put que sourire en saluant son ami.

"Je t'ai apporté de nouvelles fleurs et quelque chose de sucré qui nous fera du bien." Répondit Platane, montrant les fleurs dans ses mains et le paquet de la boulangerie.

Le roux eu l'ombre d'un sourire, et Platane vit à quel point il allait mieux depuis l'accident, sa tentative ratée d'activer l'arme suprême. Il avait reprit des couleurs, et les blessures de l'accident disparaissaient lentement. Cela avait été déchirant de voir l'homme autrefois fort, couché dans un lit, recouvert de bandages et ayant besoin le mois dernier encore, d'une aide respiratoire. Il avait passé de nombreuses heures à ses côtés, travaillant sur la table de sa chambre près du lit. Cela avait été douloureux d'être ici, à tenter d'écrire sur ses recherches sur le type fée en écoutant la respiration difficile de Lysandre, et, en de rare cas, de voir ses yeux peiner à rester ouverts pour l'écouter parler de ses recherches.

Platane se rappelait encore la peur qui l'avait saisi quand Kalem et Serena était venus le voir avec leurs amis, informant que l'homme avait décidé de mourir en détruisant sa base. Aucun des secouristes n'avait pensé retrouver le PDG vivant, mais Arceus semblait avoir entendu ses prières et avait sauvé l'homme. C'était le début de trois mois à tenter de guérir, à voir l'homme qu'il aimait souffrir de sa tentative de suicide.

Il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie, et l'opinon publique semblait être de son côté. Kalos avait tremblé un instant, mais comme toujours, la région se relevait à l'aide de valeureux dresseurs. Le professeur avait foies les gens, en leur force et en la beauté de leur détermination. Il suffisait de voir les dresseurs qu'il avait aidés. Serena était une dresseuse talentueuse, tout comme Kalem. Ses amis étaient eux aussi devenus des bons dresseurs.

"Mon ami, je te remercie d'être toujours à mes côtés" Avoua soudainement Lysandre en prenant place sur l'un des fauteuils à coté du professeur. "Je ne mérite pas de t'avoir près de moi".

"Lysandre, je serais toujours là pour toi. Tu ne mérites pas d'être seul, surtout maintenant."

"Je ne suis pas digne de ton amitié. J'y réfléchis depuis longtemps maintenant mais, je pense avoir des pensées impures à ton égard."

Le professeur fronça les sourcilles. "Des pensées impures? Lysandre je doute que tu puisses avoir des pensées impures."

"Mon ami, je pense que j'aimerais être plus qu'un ami pour toi. Ces mois en ta compagnie m'ont fait réaliser que ta présence est importante pour moi, plus que ne le devrait être celle d'un ami." Avoua finalement Lysandre, détournant le regard confus de ses propres réflexions.

Platane sourit, soudainement soulagé. Il prit doucement l'une des mains du roux, frottant délicatement des ronds avec son pouce tout en regardant l'autre homme droit dans les yeux.

"Je pense que je ressens la même chose Lysandre. J'aimerais que tu sois plus qu'un ami, et je l'ai aussi réalisé ces derniers temps. Tu es important pour moi Lysandre, et tu le seras toujours." Sourit l'homme, sentant son cœur plus légé soudainement. "J'aimerais que l'on soit plus que des amis Lysandre, si tu le souhaites une fois que tout sera meilleur."

Lysandre resta silencieux un instant, avant que l'un de ses premiers sourires n'apparaisse sur son visage. "J'aimerais beaucoup Augustin."