Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.
Résumé : Et si Thomas n'avait pas survécu à sa tentative de suicide ?
Note de l'auteur : Cet OS répond au défi n°124 de la page Facebook « Bibliothèque de Fictions ». Les conditions étaient : 100 mots minimum et « Vous vous rappelez du fix it de la semaine dernière ? Et bien aujourd'hui je vous propose l'inverse ! Prenez une fin (de série ou d'un personnage) que vous trouvez réussie ou parfaite, et brisez là de telle manière à ce que si vous aviez eu ça dans le canon, vous auriez été prêt à tout casser de rage et frustration (ou tristesse) ! »
Les regrets de ceux qui restent
Même s'il n'avait pas été de leur sang, toute la famille Crawley avait pris le deuil, un bien maigre signe de soutien face à la tragédie qui secouait le personnel de Downton Abbey :
Thomas Barrow s'était ouvert les veines dans un bain qu'il avait fait couler.
De l'eau chaude pour permettre au sang de circuler plus vite, le précipitant un peu plus dans les bras de la Mort.
Malgré la présence d'esprit de Mrs Baxter, la célérité d'Andy, l'assistance d'Anna et de Mrs Hughes, l'expertise du docteur Clarkson, le sous-majordome n'avait pas pu être sauvé. Il était donc parti ainsi, seul, sans un bruit et il n'aurait été retrouvé que des heures plus tard, comme s'il avait voulu ne plus déranger personne. George était inconsolable et pleurait beaucoup. C'était surtout cela qui brisait le cœur de Monsieur Carson.
Oui, il avait eu ses différends avec Thomas.
Mais non, il n'avait pas mérité de mourir si jeune, de mourir ainsi.
Et le majordome ne pouvait s'empêcher de penser que c'était de sa faute. Thomas s'était senti seul, tentait d'améliorer ses relations avec autrui et lui, il avait monté Andrew contre lui et l'avait isolé un peu plus du reste du personnel. Il lui avait rappelé sans relâche que son temps à Downton était compté, ne cessait de le résumer à sa condition de futur demandeur d'emploi, niant ses efforts pour trouver un travail ailleurs, refusant d'admettre la vérité : la situation actuelle était difficile car le monde évoluait. Il avait beau le nier de toutes ses forces, tout était pourtant là. Mais non, parce que c'était Thomas, cet homme qu'il n'arrivait pas à cerner, cet électron libre qui ne jouait pas selon ses règles sans pour autant être hors-la-loi, il n'avait pas voulu se montrer compatissant. Pire, il avait été insensible, aveugle, sourd. Il n'avait pas tranché les veines du jeune homme mais c'était comme s'il lui avait placé la lame entre les mains. Il avait contribué à la mort de Thomas et avait privé un enfant de son grand ami, parce que oui, Carson admettait volontiers que le défunt aimait sincèrement les petits-enfants de Lord et de Lady Grantham.
- Vous voulez me donner votre démission ?! S'exclama Robert, sous le choc. Carson ! Pourquoi donc enfin ?
- J'ai souillé cette maison par mon incompétence, Monsieur. Je n'ai pas su entendre la douleur de Monsieur Barrow et je dois vous l'avouer, je n'ai pas gérer l'annonce d'un possible licenciement avec la délicatesse nécessaire. J'ai ma part de responsabilité dans la tragédie qui frappe le domaine. Je dois en payer les conséquences.
- Carson. Reprit le Comte. Vous n'êtes pas responsable de la mort de Barrow. Si vous l'êtes, nous le sommes tous. Son mal-être était trop profond, il vous était impossible de le sonder ou de deviner les mots, les gestes, qui auraient pu mettre le feu aux poudres. Vous n'êtes pas à blâmer, personne n'est à blâmer. La mort de Barrow est d'une tragédie et d'une tristesse sans nom. Mais personne n'est responsable. Vous avez agi pour le mieux, le mieux que vous pensiez à l'époque. Tout ce que l'on peut faire, c'est vivre et se souvenir des bons moments avec lui.
- Vous devez avoir raison, Monsieur... Mais je ne peux m'empêcher de penser que cela aurait pu être évité. Que j'aurais pu faire quelque chose.
Mary, elle, se taisait. Bien entendu, elle ne blâmait pas Carson. Elle ne blâmait personne. Mais elle n'était pas d'accord avec son père :
Ils avaient tous mis la lame entre les mains de Thomas et maintenant, ils s'étonnaient de voir qu'il s'en était, hélas, trop bien servi.
Tout cela pour une chose aussi abstraite que les prévisions financières.
FIN
