Auteur : Lady Zalia

Type : Aventure/variable. Un Harry qui se torture l'esprit, un Voldemort égal à lui-même : manipulateur et imbu de sa personne. J'avais mis Angst dans un premier temps mais ça effraye les gens alors je l'ai retiré car je suis resté très soft (d'où le Rating T, aucune scène de torture ni rien) et l'histoire globale me semble en fait plutôt heureuse (Rien à voir avec l'ambiance de Nagini et le garçon en tout cas). Y a même des gens qui m'ont dit que certains passages étaient très drôles. ^^ Du coup j'ai mis Aventure en premier, ne voyant pas trop quoi mettre d'autre. Les choses vont évoluer, il y aura de l'action plus tard et quelques rebondissements…^^ Je ne veux pas vous dévoiler toute l'intrigue que j'ai en tête, les curieux découvriront ça ! ;) Donc ce premier chapitre n'est pas très joyeux mais rassurez-vous, cela va s'arranger par la suite. ^^

Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T. Histoire prévue en deux fanfictions distinctes de plusieurs chapitres chacune avec une vraie fin pour cloturer la première. AUCUNE MENTION de slash/yaoi dans toute cette fanfiction (la seconde partie sera rating M aussi...). J'ai fait mon possible pour être la plus respectueuse des caractères des personnages. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce premier chapitre !

L'histoire commence dans le chapitre 17 du 7e tome d'Harry Potter. Harry et Hermione ont récupéré le pendentif Horcruxe mais Ron les a quittés. Ils sont à Godric's Hollow, persuadés d'y trouver l'épée de Gryffondor, et décident de suivre Bathilda Tourdesac chez elle où elle demande à Harry de la suivre seule au premier étage. Mais il s'agit en réalité de Nagini, et celle-ci s'aperçoit qu'il possède un Hocruxe en lui…


Chapitre 1

L'obscurité était totale et l'odeur abominable. Harry eut le temps d'apercevoir quelques éléments du mobilier avant que Bathilda ne referme la porte et que la pièce soit engloutie dans les ténèbres.

- Lumos.

Sa baguette magique s'alluma et il sursauta : pendant les quelques secondes où la pièce avait été plongée dans le noir, Bathilda s'était rapprochée de lui sans qu'il ne l'entende.

- Vous êtes Potter ?

- Oui.

Elle hocha la tête avec lenteur et gravité et s'approcha un peu plus pour l'observer, ses yeux obscurcis par la cataracte fixés sur son visage. Harry sentit l'Horcruxe battre contre sa poitrine comme un second cœur et cette sensation le troubla.

- Avez-vous quelque chose pour moi ?

Mais elle continuait de le fixer sans ciller, comme si elle ne l'avait pas entendu. Soudain, elle ferma les yeux et plusieurs phénomènes se produisirent simultanément : la cicatrice de Harry le brûla, l'Horcruxe se mit à palpiter avec une telle force qu'il eut l'impression que le métal chauffait contre son torse, et la pièce sombre, fétide se volatilisa momentanément. Il ressentit alors une joie soudaine et parla d'une voix aiguë, glacée :

- Attrape-le ! Ne le laisse surtout pas s'échapper !

Harry vacilla : la pièce obscure et malodorante sembla se refermer à nouveau autour de lui. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Il haussa la voix.

- Avez-vous quelque chose pour moi ?

- Là-bas.

Elle avait désigné le coin opposé de la pièce. Harry brandit sa baguette et distingua les contours d'une coiffeuse surchargée, sous la fenêtre aux rideaux fermés. Cette fois, elle ne passa pas devant lui pour le guider. Harry se faufila entre Bathilda et le lit défait, sa baguette levée.

- Qu'est-ce que c'est ?

Pendant l'instant où il scruta les vêtements enchevêtrés, cherchant des yeux une poignée d'épée ou un rubis, elle fit un étrange mouvement. Il l'aperçut du coin de l'œil et se figea d'horreur quand il vit le vieux corps s'effondrer et un long serpent en jaillir au niveau du cou. Le serpent frappa au moment où Harry brandissait sa baguette, et elle fut projetée vers le plafond sous la force du choc. Harry sentit une morsure dans son avant-bras. Sa lumière tournoya à travers la pièce, dans un mouvement à donner le tournis, puis s'éteignit. D'un coup puissant, la queue du reptile l'atteignit alors au ventre, lui coupant le souffle. Il tomba en arrière, en plein sur la coiffeuse, au milieu du tas de vêtements crasseux. Une masse lourde et lisse l'écrasa sur le plancher et il la sentit glisser sur lui, ses anneaux puissants et musculeux l'immobilisant peu à peu. Il voulut crier, prévenir Hermione, mais il ne parvenait pas à faire entrer suffisamment d'air dans ses poumons ni à repousser le serpent qui s'enroulait autour de son torse. Son cerveau fut balayé par une lumière blanche et froide, toutes ses pensées occultées, tout s'évanouissant autour de lui… Il était pris au piège et Voldemort arrivait.

***/+/***

Lorsque Harry reprit conscience, tout son corps était ankylosé et il ne parvenait plus à bouger ni ses bras ni ses jambes. Son crâne bourdonnait douloureusement et il gémit, remontant péniblement le fil de ses dernières pensées. Il entendit cependant distinctement un sifflement qui prit sens dans son esprit.

- Maître, le garçon se réveille.

Son rythme cardiaque s'accéléra brusquement tandis qu'un violent frisson le parcouru. Il avait beau être courageux, il failli fondre en larme et pour s'en empêcher, il garda ses paupières hermétiquement closes. Après des semaines à fuir, se cacher, chercher désespérément une solution pour détruire l'unique Horcruxe qu'ils étaient parvenus à trouver, voilà qu'il était prisonnier de Voldemort. Il fut pris de tremblements incontrôlables tandis qu'un bruit de pas se rapprochait.

- Ah, Harry Potter. Ouvre les yeux, regarde-moi.

Il sentit qu'on lui mettait sa paire de lunettes sur le nez et ne put s'empêcher d'obéir. Il était manifestement allongé sur un lit, et penché au-dessus de lui se trouvait son plus mortel ennemi, Lord Voldemort lui-même. Il écarquilla les yeux : Le seigneur des ténèbres avait récupéré son physique originel, des cheveux bruns, mi-longs, un nez aquilin, une peau pâle mais néanmoins humaine. Harry le reconnaissait sans peine pour l'avoir affronté en deuxième année dans la Chambre des Secrets. Il voulut se reculer pour avoir un meilleur angle de vue, mais sa tentative lui arracha un gémissement de douleur.

- Tu ne devrais pas chercher à bouger. Le venin de Nagini fait encore effet. Ouvre la bouche…

Il serra les dents de son mieux mais Voldemort n'eut aucun mal à forcer sa mâchoire, versant une potion inconnue dans sa bouche avant de la refermer et pincer son nez pour le faire avaler. Harry était bien trop faible pour résister et il ingurgita le mystérieux liquide avant de se mettre à tousser.

- Sois sage, Harry Potter. Nous ne voulons que ton bien, du moins maintenant. Je sais prendre soin de ce qui m'appartient…

Harry écarquilla les yeux, mais face au silence qui s'était soudain installé, il en profita pour tirer des informations de son environnement. Il pouvait entendre un feu brûler dans une cheminée à proximité et il ressentait une douce chaleur malgré qu'il fût torse nu. Il prit alors conscience de deux choses : D'une part quelqu'un avait pansé ses plaies, car il avait un bandage autour du bras et il pouvait sentir un cataplasme sur son torse endolori. D'autre part ce qui lui avait paru dans un premier temps être un traversin était en fait le corps de Nagini. Le serpent géant venait de poser sa tête sur l'épaule de Voldemort et semblait fascinée par Harry.

- Pourquoi… Ne m'avez-vous pas tué ?

Sa voix était rauque et Voldemort eut un sourire.

- Figure toi que j'en avais bien l'intention… Mais pour ma plus grande surprise, Nagini m'en a empêché sous prétexte que tu renfermais un fragment de mon âme ! C'est à ce moment que tant de choses ont fait sens : ta capacité à parler fourchelang, ma facilité à pénétrer ton esprit... Ce 31 octobre, lorsque j'ai essayé de te tuer il y a de cela seize ans, j'ai créé un Horcruxe bien malgré moi. Un fragment de mon âme s'est réfugié en toi !

Voldemort semblait euphorique mais Harry était loin de partager son allégresse. En vérité il était plus proche de l'état de choc et son cœur sembla vouloir sortir de sa poitrine. Il avait l'impression que son univers était en train de s'écrouler. Il était un Horcruxe. La prophétie prenait désormais tout son sens : « aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit » : Voldemort ne pourrait mourir tant que lui-même serait en vie… Il n'avait jamais été prévu qu'il survive à cette guerre. Le mage noir continua, insensible à son effroi.

- Inutile de t'expliquer ce qu'est un Horcruxe, n'est-ce pas ? J'ai aussi eu la désagréable surprise de constater que tu avais le médaillon de Salazar Serpentard, MON médaillon, autour du cou ! Tu vas pouvoir m'expliquer cela d'ailleurs…

Harry sentit distinctement une baguette s'enfoncer entre ses côtes et il haleta sous le coup de la douleur. Sa tête était lourde et sa cicatrice douloureuse. Voldemort poussa un soupir en le voyant papillonner des yeux. Il vint tapoter la joue du garçon de sa baguette, sans obtenir davantage de résultat.

- J'imagine que je ne vais pas pouvoir arracher grand-chose de toi pour le moment. Mais je saurais me montrer patient. Après tout, maintenant, tu fais partie de la famille… Et tu n'iras nulle part, Harry Potter. C'est une promesse…

Il n'eut pas le temps d'angoisser sur ces dernières paroles, la torpeur le saisissant peu à peu dans son étreinte cotonneuse avec l'étrange certitude que pour une fois, son ennemi ne viendrait pas troubler son sommeil.

***/+/***

Harry frissonna. Le feu dans la cheminée devait être éteint et on ne lui avait pas donné de couverture. Dans un demi-sommeil, il se serra contre la source de chaleur la plus proche. Ça avait des écailles, mais c'était tiède, doux et sec… Comme un serpent… et certainement pas comme un polochon. Il ouvrit brusquement les yeux pour se trouver nez à nez avec Nagini et eut un mouvement de recul qui failli le faire tomber du lit. Mais le serpent avait enroulé ses anneaux autour de ses jambes et si ses bras avaient retrouvé leur mobilité, il ne pouvait aller bien loin. Le reptile n'avait pas l'air immédiatement menaçant cependant et il se laissa lourdement retomber sur le lit.

- Harry Potter. Tu es avec nous à présent. Le maître a dit que tu faisais partie de la famille.

- Hein ? Que… Non ! Je ne suis pas avec vous. Jamais !

Nagini pencha la tête sur le côté, ne semblant pas comprendre la raison de sa colère. Il était vraiment étrange de converser ainsi avec cet animal habituellement terrifiant.

- Pourquoi ? Tu portes un morceau de mon maître en toi. Je le sens. Tu es comme moi. Je te protégerais désormais.

Harry soupira longuement. Même s'il ne s'était pas encore fait à l'idée d'être lui-même un Horcuxe, il venait d'avoir la confirmation que Nagini en était un. Mais de toute façon il était encore faible, maintenu tout contre elle et sans baguette, il ne voyait pas bien ce qu'il pouvait faire.

- Voldemort m'a fait beaucoup de mal. Il a tué des gens que j'aimais. Il a tué ma famille.

- Non. Ta famille c'est moi et le maître. Il ne te fera plus de mal.

Harry doutait fortement que Voldemort serait aussi chaleureux que Nagini le prétendait, mais il ne répondit pas. Il était décidément trop épuisé pour se disputer avec le serpent géant. Il s'apprêtait à replonger dans le sommeil lorsqu'un bruit de porte le fit sursauter. Il garda les yeux fermés, espérant vainement que le mage noir le croie endormi. Mais quelques secondes plus tard, une voix moqueuse retentit dans la pièce.

- Que ne voilà pas une scène adorable ! Mes deux Horcruxes vivants tendrement pressés l'un contre l'autre. Si j'avais cru voir ça un jour… Mais il est temps de se réveiller, Harry. J'ai des questions et je veux des réponses.

Harry se retourna pour observer sa némésis qui se tenait nonchalamment appuyé contre une table. Il était vraiment perturbant de le voir avec une apparence humaine après avoir arboré un visage monstrueux et reptilien pendant plusieurs années et Harry se demanda s'il avait un but précis ou s'il ne s'agissait que pure vanité de sa part. Allongé sur le lit, il se sentait extrêmement vulnérable, il puisa donc dans ses faibles forces pour se redresser, profitant que Nagini ait desserré son étreinte.

- Alors, Harry, dis-moi. Comment as-tu trouvé le médaillon ?

- Allez au diable !

- ENDOLORIS !

Harry hurla et s'écroula devant lui en tombant du lit, son corps tressautant sous l'intensité des vagues de douleur qui lui étaient infligés. Il criait et pleurait en même temps mais bientôt, un sifflement énervé mit fin à son tourment.

- Maître ! Le garçon est encore blessé, il est fragile. Il ne faut pas lui faire de mal !

Deux bras puissants le soulevèrent du sol pour le remettre dans le lit et immédiatement Nagini vint s'enrouler autour de lui. Contrairement à Godric's Hollow, ce n'était pas étouffant mais étrangement rassurant. Comme si le serpent voulait le protéger de son corps. Harry avait fermé les yeux pour essayer de se calmer, encore secoué de tremblements, mais la voix de Voldemort retentit juste à côté de lui et il les rouvrit par réflexe.

- Il semblerait que Nagini se soit prise d'affection pour toi. Mais ce n'est pas grave. Ne crois-tu pas qu'en découvrant un Horcruxe autour de ton cou, je ne suis pas allé m'assurer de la sécurité des autres ? Deux ont été détruits mais il m'en reste bien assez pour avoir la conscience tranquille. Et quand bien même il ne resterait que toi, cela signifierait que ton précieux Ordre du Phénix devrait te tuer pour me faire rendre mon dernier souffle. Mais n'aie crainte, je ne referais pas deux fois la même erreur. Maintenant que tu m'appartiens, je m'assurerais que plus personne ne puisse menacer ton existence.

Harry avait envie de hurler qu'il ne lui appartenait certainement pas, mais le souvenir du Doloris était encore trop frais dans son esprit pour qu'il ne se risque à une telle bravade. Au lieu de cela, il entoura le corps du serpent entre ses bras tremblants. Il ressentait une telle détresse morale que la présence protectrice de Nagini lui semblait désormais vitale et peut-être dû-t-elle le sentir car elle vint poser sa tête sur le sommet de son crâne comme pour le réconforter.

- Merci d'être intervenue.

- Le maître est bon. Tu dois lui obéir et il te récompensera.

- Je ne veux pas. Je veux partir.

- Tu pourras sortir d'ici lorsque je me serais assuré que tu auras pleinement et consciemment adopté ma cause, Harry. Quand je n'aurais plus le moindre doute sur ta fidélité, alors tu pourras m'accompagner et je te ferais découvrir le monde que j'aurais bâti. Tu comprendras enfin ce que ça signifie de marcher la tête haute.

Harry releva les yeux. C'était Voldemort qui avait parlé. Il avait avancé une chaise à un mètre du lit et s'y était assis en l'observant attentivement, comme s'il veillait un malade, toute trace de courroux disparu.

- Parles encore en fourchelang. Malgré mes voyages à travers le monde, je n'ai jamais rencontré d'autre sorcier capable de le faire.

- Je vous hais.

Voldemort se contenta de sourire face à cette réponse.

- Ne crois-tu pas que c'est plutôt Dumbledore que tu devrais haïr ? J'imagine que c'est lui qui a découvert l'existence de mes Horcruxes et qu'il avait parfaitement deviné que tu en étais un. Il t'a manipulé comme un vulgaire pion… tout ça pour te mener à la mort. Il avait sans doute préparé un moyen pour te le révéler au dernier moment, glorifier ton sacrifice... Et nous nous serions entretués. Quel gâchis cela aurait été !

- Dumbledore est mort. Mais la tâche qu'il m'a confiée est nécessaire. Quelqu'un doit vous arrêter.

- Et quel meilleur soldat qu'un sorcier de dix-sept ans, aidé de son amie Sang-de-Bourbe face à une armée de Mangemorts ! C'est évident. T'a-t-il seulement appris à te défendre ? T'a-t-il une seule fois enseigné des sorts ? Dumbledore était un duelliste talentueux, mais extrêmement égocentrique et manifestement il n'a jamais daigné te préparer à la guerre. Quel adorable vieillard, vraiment…

Harry se redressa tout d'un coup.

- Hermione ! Est-elle… est-ce que vous l'avez…

Voldemort fit la moue.

- Je ne l'ai pas tué si c'est ce que tu crains. J'aurais vraiment aimé la torturer, malheureusement elle a eu suffisamment de jugeote pour s'enfuir en me voyant. Comme quoi tout le monde ne compte pas se sacrifier pour Harry Potter.

Le Gryffondor eut un soupir de soulagement, mais il ne put s'empêcher de penser aux précédents propos de Voldemort. Dumbledore lui avait toujours caché des choses, ne lui donnant des informations qu'au compte goûte. Que ce soit sur ses parents, sur Sirius Black, sur la prophétie, et maintenant sur l'Horcruxe en lui, le vieux directeur ne l'avait manifestement jamais considéré suffisamment mature ou digne de confiance pour tout savoir. Officiellement il ne faisait même pas partie de l'Ordre du Phénix. Soudain il se souvint de sa rage avant sa cinquième année, lorsque Dumbledore le faisait surveiller en secret et l'avait abandonné aux mains des Dursley en interdisant à Ron et Hermione de lui révéler quoi que ce soit. Il se retourna sur le dos, gémissant à cause de la douleur de ses blessures et des conséquences du Doloris et il ne fit pas un geste lorsque Nagini effleura son front de sa langue fourchue. Il était effrayant de constater à quelle vitesse son esprit avait intégré la présence du serpent géant comme quelque chose d'inoffensif. Voldemort devait aussi s'être fait cette constatation car il observait ses deux Horcruxes vivants avec un petit sourire que Harry s'appliqua à ignorer. Il s'y appliquait d'ailleurs tellement bien qu'il ne remarqua pas Voldemort pointer sa baguette sur lui. L'instant d'après, Harry était paralysé par un Petrificus Totalus informulé. Voldemort sortit une fiole de potion de sa robe et s'approcha du lit. Comme la veille, il força Harry à en boire le contenu, ce dernier incapable de résister.

- À présent tu vas dormir, Harry. Tu dois encore te reposer pour reprendre des forces. Considère désormais cette chambre comme la tienne. Lorsque tu te réveilleras tu trouveras un repas sur la table, je veux que tu te nourrisses. Je serais absent toute la journée, Nagini. Je te confie Harry Potter.

Il libéra Harry du sort, mais la potion commençait déjà à faire son effet et ce dernier n'esquissa pas un geste lorsque Voldemort écarta les mèches de cheveux qui recouvraient la cicatrice. Harry s'était attendu à ressentir une violente douleur au contact de Voldemort mais étrangement ce ne fut pas le cas. Il devait cependant faire une grimace car Voldemort eut un sourire moqueur et posa son index au beau milieu de l'éclair.

- La fameuse cicatrice… Je l'ai longtemps vue comme la preuve de mon échec, mais à présent que tu as trouvé ta place, je la vois comme la marque de ton appartenance. Rassure-toi, il n'y a présentement aucune raison que je te fasse souffrir. Aussi difficile cela soit-il à croire pour toi, je n'ai pas pour habitude d'abimer mes affaires.

Il ne put bientôt garder les yeux ouverts et malgré la méfiance que lui inspirait Voldemort, il sombra dans un sommeil paisible et réparateur.

***/+/***

À son réveil, il n'avait aucune idée du temps qu'il avait passé à dormir, ni même du temps qui s'était passé depuis son enlèvement par Voldemort. Les volets de sa chambre étaient hermétiquement fermés de sorte qu'il ne pouvait même pas savoir s'il faisait jour ou nuit. Il se sentit bien plus en forme que depuis longtemps et se leva immédiatement du lit. Si Voldemort avait dit la vérité, alors il avait « toute la journée » pour réussir à s'échapper d'ici, d'autant qu'étrangement Nagini n'était visible nulle part. Il avisa le plateau repas sous un sort de stase qui reposait sur une table mais il avait beau être affamé, il préféra découvrir dans un premier temps son environnement. La pièce comportait deux portes et la première donnait sur une salle de bain avec une baignoire, un lavabo et des toilettes. Il n'y avait pas de miroir et Harry devina que Voldemort avait pris un certain nombre de précautions avant de le laisser sans surveillance. Il essaya ensuite d'ouvrir la seconde porte mais elle se trouvait verrouillée et il eut beau tenter de la forcer, elle ne bougea pas d'un pouce.

Dépité, il alla s'asseoir à table avec un soupir de désespoir. Au moins il allait pouvoir remplir son estomac correctement. Devant lui se trouvait un bol de soupe, un quignon de pain, de la purée de pomme de terre et une cuisse de poulet. Il avait l'impression qu'il n'avait mangé aucun repas équilibré depuis des mois et ce n'était sans doute pas très éloigné de la vérité. Depuis qu'ils avaient dû abandonner le 12 square Grimmaurd, la grande majorité de leurs repas avait consisté en un ensemble de champignons, fruits sauvages et légumes volés dans des potagers avec à l'occasion un morceau de poisson lorsqu'il était parvenu à en pêcher un. Ils n'avaient même pas pu se résoudre à étrangler une poule ou un canard pour s'en nourrir et on s'attendait d'eux qu'ils affrontent des Mangemorts et tuent Voldemort… en y repensant, c'était assez ridicule. Une fois son repas terminé, il décida de prendre une bonne douche. Il repensa avec une grimace à sa lutte avec Nagini dans la chambre nauséabonde de Bathilda Tourdesac. Ses cheveux avaient bien besoin d'un shampoing. Il retira précautionneusement les bandages qui ceignaient son corps et si la marque des crocs de Nagini restait visible, plus aucun hématome ni la moindre plaie ne subsistait et ses côtes brisées avaient été resoudées. Manifestement Voldemort n'avait pas menti en prétendant le soigner. Il passa un bon moment dans la baignoire et lorsqu'il en ressortit, il s'entoura d'une grande serviette avant de prendre conscience que les seuls vêtements à sa disposition étaient son jean taché et son caleçon sale. Il se souvint alors qu'il y avait une armoire dans la chambre. Il sortit de la salle de bain et constata que les restes de son repas avaient disparus. Sans doute Voldemort avait-il un elfe de maison… Il haussa les épaules et ouvrit l'armoire qui dévoila plusieurs piles de vêtements. Il enfila avec bonheur un caleçon propre, des chaussettes, un pantalon fin, un maillot de corps et enfin une robe sorcière. Tout était noir et s'il avait nettement plus chaud, il avait aussi l'impression d'être devenu un aspirant Mangemort. Une fois habillé cependant, il prit conscience qu'il n'avait absolument rien pour s'occuper. À part le lit, l'armoire, la table et la chaise, la pièce ne comportait aucun autre mobilier. Il tenta une nouvelle fois d'ouvrir la porte récalcitrante mais elle était toujours désespérément fermée. Et bien évidemment il n'y avait nulle trace de son sac ou de sa cape d'invisibilité. C'est alors qu'il vit Nagini se glisser dans la pièce, comme si elle traversait le mur. Désireux de comprendre comment elle faisait, il s'aperçu que Voldemort avait aménagé un trou dans le mur, recouvert d'un sortilège d'illusion pour qu'on ne puisse y voir au travers. L'espace rendait impossible tout espoir d'évasion et Harry songea qu'il lui aurait été bien pratique d'être un animagus de petite taille pour pouvoir s'y glisser. D'ailleurs, le serpent semblait avoir deviné ses pensées car elle scrutait attentivement ses gestes.

- J'espère que tu ne songes pas à passer par ici pour t'échapper.

Il s'avança jusqu'au lit pour s'y laisser tomber et le reptile vint l'y rejoindre rapidement.

- Non, l'espace est bien trop petit pour moi. Rassure-toi, j'ai bien compris que j'étais désespérément coincé ici.

- Tu sembles aller mieux. Le maître t'a soigné.

- Oui. J'ai pensé que tu étais allée avec lui en ne te voyant pas.

- Non, j'étais simplement partie chasser. Je reste avec toi maintenant.

Harry remarqua une protubérance dans le ventre de l'animal et il espéra qu'elle n'avait rien dévoré d'autre que quelques gros lapins car il la savait capable de s'attaquer à un être humain, comme il en avait déjà eu la preuve à travers les visions du quotidien de Voldemort.

- J'apprécie ta présence, mais je m'ennuie. Je n'ai rien à faire et mes amis me manquent… enfin je ne sais pas si un serpent peut comprendre ces notions là…

- Je comprends. Je ne suis pas née ainsi. J'étais une sorcière autrefois.

- Quoi ! Voldemort t'a transformé en…

Elle l'interrompit.

- Non, le maître n'y est pour rien ! J'étais déjà ainsi lorsque je l'ai rencontré. Est-ce que tu as déjà entendu parler des Maledictus ?

Harry fouilla dans ses souvenirs mais il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose durant ses cours à Poudlard. Peut-être Hermione aurait-elle su… Il secoua la tête et Nagini continua.

- C'est une maladie qui condamne peu à peu le sorcier à se transformer en une créature. Les Maledictus découvrent leur animal dès la naissance, lorsque le bébé se transforme dans son berceau, c'est la preuve qu'il est atteint. Ma mère l'était aussi. Aujourd'hui, cela fait bien longtemps que je ne peux plus recouvrir une forme humaine. Je suis restée si seule pendant des années... Lorsque j'ai rencontré le maître, il m'a dit que j'étais magnifique, qu'il serait fier de m'avoir pour familier. Il m'a promis de prendre soin de moi alors j'ai décidé de le suivre. Pour me récompenser de ma fidélité, il a fait de moi un Horcruxe et m'a confié une partie de son âme. Aujourd'hui, avec toi, il m'a offert une famille.

Harry n'envisagea pas de lui livrer le fond de sa pensée. Nagini semblait réellement se réjouir de sa présence… Elle se glissa autour de lui, sa tête posée sur son épaule, et Harry eut l'impression que c'était sa manière de lui démontrer son affection. Il décida de lui caresser la tête, comme il avait déjà vu Voldemort le faire à travers l'une de ses visions. Il se dit que Nagini n'était pas mauvaise de nature, mais seulement d'une extrême fidélité à Voldemort et avec cette constatation, il fit taire sa mauvaise conscience qui lui chuchotait qu'il était en train de pactiser avec l'ennemi. Nagini était là pour lui et puisqu'elle le considérait comme un membre de sa famille, il pouvait bien lui être amical. Après tout, lui non plus n'avait personne d'autre…

À défaut d'avoir quelque chose à faire, il passa quelques heures à somnoler dans l'étreinte de Nagini, aidé par sa digestion, et lorsqu'il rouvrit les yeux, une théière était posée sur la table avec une assiette de biscuits. Le thé lui fit du bien, il se sentit étrangement apaisé… et détaché. Après des mois à être pourchassé, il était étrange de se dire qu'il n'avait présentement plus aucune raison de craindre pour sa survie. Et il avait beau s'en sentir horriblement coupable, pour l'heure il ne pouvait rien faire pour s'enfuir, alors pourquoi ne pas en profiter un peu ?

- Tu veux bien me raconter un peu ta vie de quand tu étais sorcière ?

- Ce ne sont pas de bons souvenirs. Très tôt j'ai été capturée par un cirque itinérant. Je n'ai jamais appris à pratiquer la magie. Toi, raconte-moi ton enfance.

- Ce ne sont pas de bons souvenirs non plus… enfin il y a bien pire, j'imagine. Quand j'étais petit, j'ignorais que j'étais sorcier. J'ai été élevé par mon oncle et ma tante qui sont moldus et me détestent. Ils me frappaient, m'humiliaient, se servaient de moi comme d'un elfe de maison et m'enfermaient dans un placard. À onze ans j'ai enfin découvert la vérité, ou du moins une partie. On m'a appris que mes parents avaient été assassinés par un mage noir et que j'étais célèbre pour lui avoir survécu. À l'école, tout le monde savait qui j'étais, certains me détestaient déjà, d'autres m'admiraient mais la plupart ne cherchaient même pas à me connaître…

Harry lui raconta toute sa première année, les cours avec Rogue, sa première rencontre avec Dumbledore devant le miroir de Riséd puis plus tard Voldemort dans la forêt interdite. Il raconta sa quête pour empêcher Voldemort de prendre possession de la pierre philosophale avec enfin son retour à Privet Drive pour son plus grand désespoir. Nagini se montrait attentive, posait des questions, faisait des remarques empreintes de candeur. Elle ne comprenait pas pourquoi si jeune, Harry s'était opposé à son maître.

- Tu n'étais qu'un enfant de onze ans. Cette pierre était bien mal protégée si tu veux mon avis. Peut-être Dumbledore voulait-il que tu affrontes le maître ?

Harry voulut crier que c'était impossible, que jamais Dumbledore n'aurait pu prévoir une telle chose. Mais avec le recul, il ne pouvait nier que la faiblesse des protections autour de la pierre posait question. Et puis il y avait eu la deuxième année où l'Hocruxe présent dans le journal avait put posséder Ginny Weasley et libérer le Basilic sans que Dumbledore ne lève le petit doigt et alors que la moitié de l'école le suspectait d'être l'héritier de Serpentard. Nagini était très expressive pour un serpent et Harry fut sûr de la voir grimacer quand il raconta comment le phénix de Dumbledore avait crevé les yeux du Basilic. En revanche elle fut impressionnée par son combat à l'épée et Harry s'en sentit vraiment touché. C'est comme s'il avait trouvé en Nagini une nouvelle amie.

- Tu as été très courageux. Affronter à l'épée un Basilic, même aveugle, à douze ans... Je suis persuadée que ce n'est pas un hasard si le fragment d'âme de mon maître s'est réfugié en toi. Vous êtes liés par un destin exceptionnel. Votre magie est puissante et si tu t'associe à lui, vous serez invincibles.

Encore une fois, il n'essaya pas de démentir. Nagini manifestait une telle ferveur vis-à-vis de Voldemort qu'il semblait impossible de lui faire comprendre la malfaisance du personnage.

- J'aurais aimé avoir quelqu'un comme toi à mes côtés à Poudlard. Ron a beau être mon meilleur ami, il m'a toujours jalousé autant qu'admiré. Et Hermione était tellement accaparée par ses études… Je me suis parfois senti vraiment seul. Je ne leur ai jamais raconté comment ma famille me traitait vraiment. J'ai vu par moment la crainte ou l'incrédulité dans leurs yeux mais je ne voulais surtout pas y voir de la pitié…

Lorsque Voldemort rentra bien plus tard, ils étaient toujours tous deux enlacés l'un contre l'autre comme des jumeaux mais Nagini glissa immédiatement sur le sol pour venir accueillir son maître et Harry les observa attentivement. Il avait déjà vu Voldemort interagir avec son serpent mais à chaque fois il voyait à travers les yeux de l'un ou l'autre. Pour une fois il était un spectateur extérieur et il comprit que seule Nagini avait véritablement la confiance et l'affection du lord noir. Lorsque ce dernier intercepta le regard de Harry, il ne sembla pas en prendre ombrage et s'approcha de son prisonnier avec un fin sourire.

- Tu es pour le moins un garçon curieux, Harry. Même parmi mes Mangemorts, aucun n'ose me fixer comme tu le fais. Dumbledore me méprisait, mais toi tu m'as toujours affronté avec une extrême sincérité. Au départ je te croyais inconscient et puis j'ai compris que même si tu me craignais, tu reviendrais toujours te mettre en travers de mon chemin car tu étais intimement persuadé que c'était la chose à faire. Dumbledore ne méritait vraiment pas la confiance que tu lui accordais… j'en ai encore eu la confirmation aujourd'hui.

Il sortit d'une poche de sa robe une vieille photo et Harry l'a reconnue immédiatement. Il s'agissait de la photo du voleur aux cheveux d'or et au visage réjoui, le jeune homme qu'il avait vu perché sur le rebord de la fenêtre de Gregorovitch dans sa vision. Son regard dû se faire éloquent car Voldemort s'approcha un peu plus, tendant la photo devant lui.

- Tu la reconnais, n'est-ce pas ? Tu avais ramassé cette photo chez Bathilda Tourdesac. Pourquoi ? Et n'essaye pas de me braver, tu le regretterais immédiatement.

Nagini observait attentivement leur échange et Harry eut le sentiment qu'elle l'enjoignait à obéir. Il reporta son regard sur Voldemort et prit le temps de réfléchir. Son premier réflexe aurait été de l'envoyer balader, mais le mage noir pouvait sans problème user de Legilimancie pour fouiller ses souvenirs voir même le torturer à nouveau, et l'un comme l'autre n'était pas très tentant.

- J'étais dans votre esprit quand vous êtes allé interroger Gregorovitch. J'ai vu ses souvenirs en même temps que vous et je vous ai vu le tuer. Je voulais comprendre qui était cet homme et ce que vous recherchiez. Mais quel est le rapport avec Dumbledore ?

Le sourire de Voldemort s'élargit, mais il n'avait à présent plus rien de jovial.

- Il se trouve que ce fameux voleur de baguette s'appelle Gellert Grindelwald, un mage noir qui a beaucoup fait parler de lui au début du siècle, et qui était par ailleurs un grand ami de ton cher Albus Dumbledore. Je le pensais disparu mais par chance je suis parvenu à retrouver sa trace aujourd'hui. Il se trouve encore emprisonné à Nurmengard, un équivalent d'Azkaban situé en Autriche. Je vais sans doute aller lui rendre une petite visite dans les jours à venir… Quoi qu'il en soit je dois te remercier. J'aurais sans doute mis bien plus longtemps pour trouver son identité si tu n'avais pas décidé de te rendre chez la vieille Tourdesac. On forme une bonne équipe, tu ne trouves pas ?

Harry écarquilla les yeux d'épouvante à l'idée que les propos de Voldemort puissent être vrai, mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de le contredire, sortant un livre d'un repli de sa robe : Vie et mensonges d'Albus Dumbledore par Rita Skeeter. Il le vit chercher une page précise et le jeter sur le lit, ouvert sur la photo en pleine page de deux adolescents, qui avait déjà attiré son attention lorsqu'il avait feuilleté le livre dans le bureau d'Ombrage. Harry se pencha pour lire la légende : « Albus Dumbledore, peu après la mort de sa mère, en compagnie de son ami Gellert Grindelwald. » À présent qu'il en avait confirmation, la ressemblance lui sautait aux yeux. Il releva la tête.

- Tu devrais lire ce chapitre, ou au moins cette lettre à la page 463… c'est édifiant. Ton cher modèle ne prônait en réalité rien que moins que la domination des sorciers sur les Moldus. Et dire qu'il a osé me reprocher mes actions ! Je suis sûr qu'il était simplement jaloux parce que lui n'a jamais eu l'audace de mettre son plan à exécution.

Harry se pencha à nouveau sur le livre pour le lire, mais quelques instants plus tard il le referma brusquement. L'une de ses certitudes venait de s'effondrer en lui et Voldemort ne le quittait pas des yeux, buvant le désespoir qui s'affichait sur son visage. Apprendre de son ennemi qu'il était un Horcruxe avait déjà bien ébréché la confiance qu'il avait en Dumbledore, mais à présent, le sentiment de trahison qu'il ressentait balayait tout sur son passage. Il avait été convaincu que l'homme était l'incarnation du bien et de la sagesse mais il le voyait à présent comme le plus grand manipulateur de son existence. Il se laissa tomber face contre le lit, paralysé par le maelstrom de ses pensées, déchiré entre la peine et la rage. Il ne voulait pas se mettre à pleurer devant son pire ennemi mais il n'était pas certain de pouvoir s'en empêcher si celui-ci le forçait à parler. Voldemort sembla respecter son désir de solitude, mais ce ne fut pas le cas de Nagini et Harry ne put ignorer le poids de l'imposant serpent lorsque celle-ci glissa sur son dos.

- Ne pleure pas, Harry Potter. Il n'en vaut pas la peine. Tu es important aux yeux du maître, ne te préoccupe plus de ceux qui t'ont blessé et accepte de le suivre. J'étais comme toi par le passé. J'ai été trahie par les Hommes. Lui est au-delà de ça. Rejoins-nous de ton plein gré et le maître te protégera de ceux qui te veulent du mal.

Il repoussa Nagini un peu brutalement pour se redresser et lancer un regard haineux à Voldemort qui n'avait pas bougé.

- Non ! Je sais ce que vous faites. Vous essayez de me manipuler. Je me fiche de qui était Dumbledore. Je ne serais jamais un de vos Mangemorts ! Je refuse de tuer qui que ce soit. Votre système est mauvais et injuste !

Voldemort attrapa le menton de Harry d'un geste vif, pour l'immobiliser entre ses doigts, et plongea son regard carmin dans celui du garçon. Le cœur de Harry rata un battement et il haleta, incapable de se soustraire de cette emprise.

- Voyons, Harry. Je ne veux pas que tu deviennes un Mangemort, juste que tu arrêtes de lutter contre moi. Je t'ai déjà marqué comme mien, tu es mon précieux Horcruxe. Ce que Nagini te suggère c'est simplement d'accepter ce fait. Que gagnerais-tu à t'enfuir ? Une vie de souffrance au milieu d'ingrats ? Une lutte stérile de sens et d'espoir ? Mes Horcruxes sont à présent hors de portée et ta mort ne me rendrait pas vulnérable pour autant. Alors dis-moi… Que veux-tu faire, Harry Potter ?

Harry écarquilla les yeux. Sa quête était perdue d'avance et Voldemort lui proposait d'abandonner purement et simplement. Déposer les armes et vivre en sécurité à ses côtés. Une prison dorée, diraient certains. Mais il avait déjà suffisamment souffert. Il l'avait affronté chaque année ou presque depuis ses onze ans et on ne pouvait pas dire qu'avant ça il avait été choyé. Pour une fois on lui donnait le choix. L'offre de son ennemi paraissait beaucoup trop tentante pour être honnête… mais s'il osait ?

- Je veux… sauver mes amis. Je ne m'enfuirai pas… à condition que vous ne les pourchassiez pas ni ne cherchiez à leur faire du mal. J'accepte de rester à vos côtés tant qu'eux sont en sécurité. C'est mon seul souhait.

Le mage noir eut un sourire victorieux. Harry Potter était à lui. Et le prix à payer n'était pas si cher. Décidément, sa journée avait été excellente… Les larmes coulaient à présent sur les joues pâles du garçon mais sa voix était ferme.

- S'il vous plaît. Promettez-moi qu'ils seront en sécurité… Hermione est une née-moldue. Mais je veux que vous m'assuriez qu'elle restera libre. Et la famille Weasley m'a toujours considéré comme un membre à part entière. Ainsi que Luna Lovegood et Neville Londubat. Ils étaient à mes côtés au ministère lors de la bataille du Département des mystères. Ce sont mes amis les plus chers.

- Ces gens n'auront rien à craindre de moi tant qu'ils ne se mettent pas en travers de mon chemin. Je passerai les messages à mes Mangemorts. Tout ce qu'on leur demande est de rentrer dans le rang et nous pourrons faire une exception pour la sang-de-bourbe. Mais sauront-ils se montrer raisonnables ? Je me le demande… À moins que tu ne leur dises... Tu es un symbole, ils t'écouteront. Le sang a bien assez coulé, tu ne crois pas ? Si tu faisais une conférence de presse pour dire à tous de cesser la lutte, leur dire que tu as décidé de t'associer au ministère et que c'est la meilleure chose à faire. Les gens seraient rassurés. Je ne veux pas saigner la nation sorcière, Harry, uniquement améliorer le système.

Harry n'était pas stupide et voyait bien où Voldemort voulait en venir mais il n'arrivait pas à réfléchir correctement. Le lord noir n'avait pas lâché son menton et son visage était si proche qu'il pouvait sentir son souffle sur son front. Il frissonna.

- Je le ferais. Je dirais aux gens que je me suis rallié au nouveau ministère.

- Bien. Nous avons un accord. Nagini, ton ami s'est enfin montré raisonnable. N'es-tu pas heureuse ? Nous allons désormais être une vraie famille.

Il relâcha enfin le menton de Harry et celui-ci expira longuement, comme si un poids lui avait soudain été retiré. Quelque part il était soulagé. Une trop grande responsabilité avait été placée sur ses épaules depuis qu'il avait pris connaissance de la prophétie… depuis qu'il avait découvert les raisons de sa célébrité en vérité, et pour la première fois, il s'en sentait libéré. À présent les gens ne pourraient plus se réfugier derrière lui pour justifier leurs actes. Ils devraient prendre leurs décisions seuls.

Il sentit Nagini revenir vers lui et il n'hésita pas plus longtemps pour la serrer dans ses bras.

- Désolé de t'avoir repoussé. Je tiendrais ma parole.

- Ne t'inquiètes pas. Tu avais peur, tu étais seul et vulnérable. Mais c'est fini à présent. Laisse-toi aller.

Voldemort avait quitté la pièce mais Harry était trop sonné pour songer à le suivre. Il resta prostré sur le lit, l'esprit étrangement vide, le yeux rougis par les larmes. Il avait beau avoir dix-sept ans, en cet instant il n'était surtout qu'un adolescent terrifié par l'impact de ses choix. Il n'était pas auror, ne possédait aucune capacité hors du commun et n'avait même pas ses ASPIC. Il avait été injuste qu'on mette une telle pression sur lui. Et Voldemort venait de rééquilibrer la balance.

Il s'endormit ainsi, recroquevillé en position fœtale, encore tout habillé, Nagini lové tout contre lui.

***/+/***

Le lendemain matin, ce furent les légers coups de tête de Nagini qui le réveillèrent. Il sourit en voyant le serpent et il tendit la main pour caresser le sommet de son crâne.

- Le maître veut te voir.

Il soupira. La nuit n'avait pas vraiment été reposante. Il n'avait cessé de penser aux réactions qu'auraient ses amis en apprenant sa décision. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer la déception dans leurs yeux. Sans doute le soupçonneraient-ils d'être sous Imperium ou soumis à une pression quelconque. Personne ne pourrait comprendre… et pourtant il ne comptait pas revenir sur sa décision. Il se leva, défroissa sommairement ses vêtements et suivit Nagini à l'extérieur de la pièce. Il découvrit un salon assez sobre comportant plusieurs coffres, un large buffet sur lequel reposait un tourne-disque, quelques étagères pourvues de livres, une table basse et une unique chaise en bois sculpté. Apparemment Voldemort n'avait guère l'habitude de recevoir du monde ici… ou alors ceux-ci en étaient réduits à s'agenouiller à même le sol. La salle donnait sur un couloir pourvu d'un escalier et il suivit Nagini au rez-de-chaussée jusqu'à une sorte de salle à manger où son hôte était justement attablé, habillé de sa sempiternelle robe noire, une tasse à la main. Il était assez déstabilisant de voir son ennemi dans cette scène de la vie quotidienne et étrangement Harry se sentit plus intimidé que lors de leurs précédentes rencontres. Il releva la tête à son arrivée et lui fit un signe pour l'inviter à s'asseoir sur la chaise qui lui faisait face.

- Ah, Harry, te voilà ! Joins-toi à moi, nous devons parler. Autant le faire en déjeunant, comme deux personnes civilisées. Je sais que tu n'as pas dîné hier.

Harry hocha la tête et s'exécuta. Il resta cependant sagement assis sur la chaise, n'osant faire le moindre geste de peur froisser son hôte. Heureusement un elfe de maison apparut l'instant d'après.

- Que souhaitez-vous que Twix vous rapporte ?

- Euh… un bol de lait au chocolat et des tartines beurrées s'il vous plaît.

Voldemort ne releva pas le fait que Harry soit aussi aimable avec un elfe, attendant patiemment que son « invité » commence à manger.

- Bien, puisque tu es amené à vivre ici désormais, je voudrais que les choses soient claires. J'attends de toi que tu m'obéisses et me respectes mais je ne compte pas te tourmenter inutilement. Saches que tu es ici chez moi et tu es le premier que j'amènes en ce lieu. La demeure est entourée par de puissants sortilèges et pas même mes plus fidèles Mangemorts n'en connaissent la localisation. Durant les semaines à venir, je te demanderais parfois de m'accompagner mais le plus souvent tu pourras rester ici. Tu peux t'occuper en lisant des livres, ma bibliothèque est très bien pourvue ou tu peux visiter le domaine tant que tu restes dans ses limites. Les seules restrictions sont les portes que tu trouveras toujours verrouillées, à savoir ma chambre, mon bureau et le laboratoire de potion. Cette existence pourra te sembler morne mais ce n'est que temporaire. J'ai présentement plusieurs tâches à accomplir avant d'asseoir définitivement ma domination sur la Grande Bretagne mais une fois que cela sera fait, je compte bien me consacrer à ton éducation. Tu as de grandes capacités magiques, tu ne peux pas rester dans la médiocrité. Pour le moment je garderais ta baguette, tu la récupéreras quand je serais certain que tu ne feras rien de stupide. Nous reparlerons de ton intervention publique à mon retour. M'as-tu bien compris ?

- Euh oui, tout à fait. Merci… Je ne pensais pas que vous aviez l'intention de vous préoccuper de moi à l'avenir.

Il ne put s'empêcher de baisser la tête alors que les propos de son oncle lui revenaient en tête : « Tu restes dans ta chambre et tu fais comme si tu n'existes pas. » Il ne s'était pas vraiment attendu à ce que son existence ici soit différente et pourtant Voldemort lui donnait accès à toute sa maison et lui proposait de l'instruire magiquement. Il avait du mal à y croire. Le mage noir l'observa un instant, comme s'il lisait ses pensées, mais si ce fut le cas, il ne le mentionna pas.

- Et bien, puisque les choses sont claires, je vais te laisser. Je ne rentrerais sans doute pas avant quelques jours. Demande à Twix si tu as besoin de quelque chose. Nagini te fera visiter.

Voldemort s'éclipsa quelques instants après et Harry rejoignit sa chambre pour y prendre une paire de bottes, une cape et une écharpe. Les fenêtres de la demeure lui avaient laissé voir un grand jardin et il avait très envie de s'y promener malgré la saison. Il n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient mais si le temps était plutôt froid, il n'y avait aucune trace de neige dans les alentours, contrairement à Godric's Hollow. Nagini restait sur ses talons mais Harry s'aperçu qu'elle semblait moins vive que d'habitude et il en comprit bien vite la raison.

- Tu devrais rentrer. Ce n'est pas un climat pour toi. Les serpents sont des animaux qui s'enterrent pour passer l'hiver, du peu que j'en sais.

- Non. Je ne suis pas un vulgaire serpent ! Le maître m'a demandé de rester avec toi.

- Je sais, désolé, je ne voulais pas te vexer. Dans ce cas, viens sous ma cape, accroche-toi autour de mon cou.

Nagini le rejoignit rapidement. Harry n'était pas spécialiste en serpent et n'aurait su dire si Nagini était plutôt du genre boa, python ou anaconda, mais il ne s'attendait pas un tel poids. Elle devait bien faire dans les quinze kilos pour ses presque trois mètres de long et il vacilla une seconde avant de se redresser. Il ne revint pas sur sa décision pour autant et une fois habitué à sa charge, il continua sa visite des environs comme si de rien n'était. Le jardin était totalement l'opposé de celui de Privet Drive et il sut immédiatement que l'endroit deviendrait vite son lieu préféré. Alors que le jardin des Dursley était typiquement anglais, avec ses massifs rectangulaires et parfaitement taillés, celui de Voldemort semblait uniquement agencé par le hasard de la nature. Des arbres biscornus poussaient ça et là et des petits parterres aux couleurs changeantes fleurissaient tantôt contre un mur de la maison, tantôt au beau milieu des herbes folles. L'espace semblait n'avoir jamais connu de tonte et la végétation dépassait parfois le mètre de hauteur malgré l'hiver. Le feuillage givré crissait sous ses bottes et le vent sifflait dans les branchages mais on n'entendait pas le moindre signe de civilisation humaine aux alentours et Harry trouva l'atmosphère particulièrement paisible. Un gnome effrayé passa devant lui et Nagini le suivit du regard avec un air intéressé. Au bout de plusieurs minutes de marche, il arriva devant une serre aussi grande qu'une salle de botanique et il allait ouvrir la porte pour la visiter lorsque Nagini l'arrêta.

- Ne rentre pas ici sans baguette. Certaines plantes sont dangereuses. Tu pourras sans doute les découvrir en compagnie du Maître. Il les conserve ici pour fabriquer des potions.

- Je serais curieux de le voir fabriquer des potions. Tous ceux qui l'ont connu durant sa jeunesse se souviennent de lui comme un étudiant particulièrement doué, alors que moi je n'ai même pas passé mes ASPIC. Je me demande ce que je vais faire de ma vie ceci dit. Moi qui voulais devenir Auror…

- Qu'est-ce que c'est un Auror ?

- Un chasseur de mage noir.

- Est-ce que le maître est un mage noir ?

- C'est ainsi qu'on le décrit.

- Alors effectivement, ce projet n'est plus d'actualité. Mais n'as-tu pas envie d'étudier juste pour toi-même ? Apprendre de nouvelles choses. N'aimerais-tu pas qu'il soit fier de toi ?

Harry fronça les sourcils et prit le temps de la réflexion. Il n'était plus obligé d'apprendre un métier pour vivre ou pour une quelconque autre raison. Il pouvait simplement étudier les choses qui l'intéressaient et essayer de s'améliorer pour sa simple satisfaction personnelle. Aucun adulte ne s'était jamais préoccupé de ses résultats ou sa scolarité, et encore moins les Dursleys qui lui interdisaient d'avoir de meilleures notes que Dudley en primaire. Savoir que le seigneur des ténèbres allait probablement exiger un certain sérieux de sa part était étrange… et quelque part assez motivant.

Il continua sa visite jusqu'aux confins du jardin. Manifestement le domaine était entouré par une forêt anormalement dense et il ne semblait pas possible d'y accéder à moins d'y transplaner ou de la survoler. Ils passèrent ainsi deux bonnes heures à l'extérieur et quand il repassa le pas de la porte, le bout de ses doigts était bleui par le froid et ses joues et son nez avaient pris une jolie teinte rose. Il retira ses bottes dans l'entrée pour éviter de salir le sol et décida de découvrir la bibliothèque. La pièce semblait immense et était probablement parmi les plus grandes de la maison. Il déposa quelques coussins sur le tapis devant la cheminée et Nagini s'y installa immédiatement pour se réchauffer tandis qu'il parcourait les rayons des yeux. Il eut un sourire en voyant « L'Histoire de Poudlard ».

- Mon amie Hermione serait émerveillée par tant de livres.

- Ton amie ne verra jamais ce lieu. Personne ne vient ici. C'est la demeure du maître, de Nagini et maintenant Harry Potter.

- Je sais. J'espère juste qu'elle est en sécurité. Elle est intelligente, je pense qu'elle saura s'en sortir… Twix !

L'elfe de maison apparut dans la seconde qui suit.

-Monsieur ?

- Amène moi une grande tasse de thé noir s'il te plait.

Il finit par choisir un livre sur la magie sans baguette et alla s'asseoir en tailleur sur un coussin aux côtés de Nagini. À peine fut-il installé que celle-ci vint poser sa tête en travers de ses cuisses.

- Je suis heureuse que tu sois ici. Grâce à toi je ne suis plus seule.

Il passa les deux heures suivantes à lire attentivement, puis il décida de prendre des notes. Il appela à nouveau l'elfe de maison qui fit apparaître un tas de parchemins, une plume et une bouteille d'encre. Il avait déjà lui-même fait de la magie sans baguette par le passé mais, si on ignorait les cas de magie instinctive quand il était enfant, cela avait toujours été dans une situation émotionnellement intense, comme lorsqu'il avait fait gonfler Tante Marge sous le coup de la colère ou qu'il avait lancé un Lumos à distance lors de l'attaque de Détraqueurs à Little Whinging. En revanche, il avait déjà vu Dumbledore faire de la magie sans baguette et de manière tout à fait contrôlée et naturelle, il s'agissait donc d'une compétence qui pouvait s'entraîner.

Lorsque l'heure du déjeuner arriva, Twix l'invita à rejoindre la salle à manger. La table était mise pour une seule personne et le repas fut excellent. Durant l'après-midi il continua à étudier un peu, puis raconta à Nagini sa troisième année à Poudlard et sa rencontre avec son parrain Sirius Black et le traître Peter Pettigrow.

Nagini prêtait généralement assez peu attention aux Mangemorts, mais elle connaissait bien celui connu sous le nom de Queudver car Voldemort lui avait appris à reconnaître son odeur pour ne pas le dévorer même sous son apparence de rat. Son jugement était lapidaire :

- C'est un piètre serviteur, toujours tremblant, toujours pleurnichant. Si le maître ne me l'avait pas formellement interdit, je l'aurais dévoré aussi tôt. Malgré tout c'est grâce à lui si le maître a ressuscité et c'est pour cela qu'il continue de le tolérer à ses côtés.

- Maintenant que Voldemort a récupéré son corps et que je suis entre ses mains, je doute que Queudver ne se montre très utile. Mais j'imagine que tant qu'il ne commet pas d'erreur, il ne s'en débarrassera pas…

- Le jour où ça arrivera, petit frère, je te promets que je le tuerais devant toi.

Harry ne répondit rien. Il lui était facile de souhaiter la mort de l'homme qui avait trahi ses parents et permis la renaissance de Voldemort. En revanche il n'avait pas vraiment envie d'y assister et serait probablement loin de s'en délecter comme Nagini le pensait.

Il lui raconta ensuite sa quatrième année où il avait participé à la coupe de feu, affronté un dragon, des sirènes et un labyrinthe pour finalement assister à la renaissance de Voldemort.

- J'ai déjà croisé un dragon par le passé. Ce sont des créatures impressionnantes. Plus j'en apprends sur toi et plus je vois des similitudes entre toi et le maître…

Encore une fois, Nagini avait tendance à dire en toute franchise ce qu'elle pensait et Harry se serait bien passé de son observation mais il ne fit aucun commentaire. Elle n'avait sans doute pas l'habitude de discuter aussi ouvertement avec Voldemort et semblait particulièrement satisfaite d'avoir Harry pour lui tenir compagnie. Il ne put s'empêcher de repenser à sa deuxième année, lorsque l'Horcruxe du journal lui avait aussi fait remarquer combien lui et Voldemort se ressemblaient. Ça l'avait tellement secoué qu'en sortant de la Chambre des Secrets, il avait interrogé Dumbledore à ce propos. Mais le vieil homme s'était contenté de lui dire que Voldemort lui avait « transmis un peu de lui-même » sans d'autre précision. Il avait dû attendre la mort de Sirius pour que le directeur ne se décide à lui révéler la prophétie qui le concernait. Il eut soudain envie de la dévoiler en entier à son ancien ennemi, comme un pied de nez à Dumbledore. Après tout, il était tout aussi concerné que lui, et à présent qu'ils ne pouvaient plus s'entretuer ni l'un ni l'autre, il y avait peu de chance que cela ne change quoi que ce soit… Il prit une feuille de parchemin et nota mots pour mots ce que Dumbledore lui avait dit : « Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... ». Maintenant qu'il y pensait, il ne pouvait même pas être certain que Dumbledore lui ait dit toute la vérité. Aujourd'hui, Voldemort semblait bel et bien immortel et Harry définitivement enchaîné à lui. Pourtant, comme il en avait pris conscience la veille, sa vie n'était plus menacée et il n'aurait pas à devenir un meurtrier. Le mage noir avait affirmé qu'il ne comptait pas faire de lui un Mangemort et Harry en était soulagé. Il ne comptait pas renier ses principes pour survivre.

Après le dîner, il s'entraîna à la magie sans baguette en essayant d'attirer un livre à lui, mais après plus d'une heure à fixer l'objet en criant « Accio livre ! » toutes les trente secondes, la seule chose qu'il avait obtenu était un léger mal de crâne. Il décida de se coucher aux alentours de 23 heures et Nagini ne tarda pas à le rejoindre dans sa chambre. Elle se glissa contre lui et Harry passa immédiatement son bras par-dessus la couette pour entourer le serpent, comme le ferait un enfant avec sa peluche. Si le serpent appréciait simplement sa chaleur, lui se sentait rassuré de sa présence. En l'absence de baguette et dans cette grande maison inconnue et loin de ses amis, il aurait peut-être eu du mal à s'endormir si elle n'avait pas été là. Mais ce soir-là, contrairement aux dernières semaines, il était parfaitement installé, le lit était confortable, la couette bien chaude. Aucun bruit ne lui parvenait de l'extérieur, il avait bien mangé et ne souffrait d'aucune blessure. Ainsi, il ne mit pas plus de quelques secondes avant de trouver le sommeil.


***/+/***

Fin du 1e chapitre.

Je suis très impatiente d'avoir vos retours sur ce premier chapitre. J'ai mis de côté tous mes autres écrits pour me consacrer uniquement à celle-ci mais la rentrée approche et je vais avoir moins de temps. Prochain chapitre vendredi 4 septembre ! J'essaye de m'obliger à publier un nouveau chapitre toutes les deux semaines et de m'y tenir.