Auteur : Lady Zalia
Type : Aventure/Angst. Voldemort en mentor manipulateur et un Harry seul au milieu des Mangemorts.
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T. Histoire prévue en deux parties/fanfictions.
Rappel du chapitre précédent : Grâce à Nagini, Voldemort a découvert l'existence de l'Horcruxe en Harry. Il a donc passé un marché. Harry restera à ses côtés et devra faire un discours pour annoncer publiquement qu'il s'est rangé du côté du ministère, en échange de quoi Luna, Neville, Hermione et les Weasley ne seront plus poursuivis. Enfermé dans la demeure de Voldemort, Harry s'est endormi sous la surveillance de Nagini…
Chapitre 2
Lorsqu'une haute forteresse noire apparut devant lui, il pensa tout d'abord qu'il rêvait. Puis il comprit qu'il partageait une vision de Voldemort. Mais si habituellement ses visions étaient immanquablement associées à une douleur intense, cette fois il n'en fut rien. Voldemort était plutôt impatient… mais aussi satisfait d'avoir atteint son but. Il leva les yeux vers la plus haute fenêtre avant de prendre son envol. Le bâtiment était immense et sa cible était dans la plus haute des tours. Lorsqu'il parvint à la bonne hauteur, il n'eut même pas un regard pour le vide vertigineux sous ses pieds. Il approcha son visage de l'ouverture et vit une silhouette squelettique, recroquevillée sous une couverture. La fenêtre n'était qu'une simple fente dans le mur et Harry était persuadé qu'un homme serait incapable de s'y faufiler. Cependant cela n'arrêta aucunement Voldemort qui se transforma brièvement en fumée pour se glisser à l'intérieur de la cellule. Le prisonnier maigrelet remua sous le tissu et se redressa bientôt, fixant le mage noir, ses yeux bleus profondément enfoncés dans leurs orbites, un sourire édenté au visage.
- Vous voici donc. Je me doutais que vous viendriez… un jour. Mais votre voyage aura été vain. Je ne l'ai jamais eue.
Une sensation d'énervement parvint à Harry. Manifestement le prisonnier ne réagissait pas comme Voldemort l'avait espéré.
- Tu mens !
Loin de se montrer impressionné par son haussement de ton, le vieillard se mit à ricaner.
- Hé hé, peut-être… Mais qu'espérez-vous obtenir d'un homme comme moi, Voldemort ? Tuez-moi donc ! La mort sera la bienvenue !
- La baguette de Sureau ! Qui te l'a pris ?
- Elle ne vous apportera pas ce que vous cherchez… Il y a tant de choses que vous ne comprenez pas… Quant à l'identité de celui qui m'a vaincu, j'aurais pensé qu'il s'en était suffisamment vanté. On m'a appris qu'il était mort, mais puisque vous êtes ici, c'est que vous n'avez pas eu le courage de l'affronter vous-même ! Là est bien la preuve que vous n'en êtes pas digne.
- Dumbledore !
- Le seul que vous avez toujours craint. Maintenant tuez-moi, Voldemort ! Cette baguette ne sera jamais à vous…
Voldemort aurait sans doute voulu le torturer pour le punir de se moquer aussi effrontément de lui mais sa rage explosa suite à la dernière provocation du vieillard et il jeta un sortilège de mort si puissant qu'il projeta une onde de magie dans toute la cellule.
Harry reprit conscience avec la réalité, la tête lourde et la respiration haletante. L'impression était diffuse, rien à voir avec l'intense douleur qu'il ressentait d'habitude. Manifestement Voldemort ne l'associait plus à ses échecs, ou tout du moins ne nourrissait plus une haine intense à son égard, et il ne pouvait que lui en être reconnaissant. Il inspira longuement et tressailli en sentant Nagini glisser contre son dos. Il se retourna pour passer son bras par-dessus le corps du serpent et commença à la caresser machinalement.
- Est-ce que toi aussi tu partages ces visions ?
- Non, nous ne partageons pas exactement le même lien. Le maître m'a volontairement confié un fragment de son âme et l'a logé dans mon cœur. C'est ma dévotion pour lui qui nous lie et qui nous permet de communiquer en toute situation. Tandis que pour toi, l'Horcruxe a été créé involontairement à travers de ta cicatrice, le plaçant ainsi au plus proche de ton esprit. C'est un lien qui ni lui ni toi ne contrôlez parfaitement et c'est pour cela que tu peux parfois voir à entendre à travers le maître tout comme lui peut le faire à travers toi.
- Je m'en serais bien passé ! Il a souvent utilisé cette faille pour me faire souffrir et même encore aujourd'hui il m'envoie des visions sans le vouloir au beau milieu de la nuit. Je donnerais tout pour en être débarrassé… rien qu'à l'idée qu'un fragment de son âme est logé dans mon crâne, je trouve ça répugnant !
- Tu devrais en être honoré, au contraire. C'est bien parce que ton esprit est aussi puissant qu'un Horcruxe s'est créé en toi. Et c'est grâce à cela que le maître t'accepte aujourd'hui à ses côtés alors que tu l'as si souvent défié. Sans cela tu serais mort à l'heure qu'il est.
Harry soupira et ferma un instant les yeux, le front collé contre les écailles de sa « sœur-horcruxe ».
- Sans doute… De toute façon, ce n'est pas comme si j'y pouvais quelque chose.
- N'y pense plus, rendors-toi petit frère. Je veille sur toi.
Harry s'apaisa rapidement, les yeux fermés. Mais plutôt que trouver le sommeil, ce fut une autre vision qui vint occuper ses esprits. Voldemort survolait l'Allemagne, puis les Pays-Bas à toute vitesse. Il avait déjà pu constater combien il était rapide lors de sa fuite de Privet Drive cinq mois plus tôt et il en avait une nouvelle preuve en cette nuit. Il pouvait ressentir la jubilation du seigneur des Ténèbres, et il sut exactement vers où il se dirigeait. Sa rencontre avec Grindelwald avait été fructueuse malgré tout et il savait désormais où se trouvait la baguette de Sureau. Manifestement Voldemort voulait à tout prix cette baguette et s'il s'agissait bien de la baguette qu'utilisait Dumbledore, alors il n'avait plus qu'à l'arracher à son tombeau. Et il ne comptait pas attendre plus longtemps, car il n'accordait aucune attention au paysage grandiose qui l'entourait.
Le mage noir filait au-dessus des nuages, se fondant parfaitement dans la nuit noire, et Harry se fit la réflexion qu'il devait faire particulièrement froid mais que la sensation devait être fantastique. Voldemort avait accompli le miracle de voler sans balai mais ne semblait en tirer aucun plaisir. Il traversa ensuite la Manche, impatient d'atteindre l'Angleterre pour pouvoir transplaner. Lorsqu'il fut suffisamment proche, il se concentra vers Pré-au-Lard et l'instant d'après il y apparaissait sans un bruit. Il y avait quelques Mangemorts en patrouille dans les rues mais il ne voulait pas se faire voir, pas même d'eux, et il se désillusionna.
Il était étrange pour Harry de suivre son trajet sans ressentir la moindre douleur ni la moindre crainte, et il se fit l'effet d'être un espion dans la tête du Seigneur des Ténèbres. Avait-il seulement conscience de sa présence ? À présent que Voldemort n'était plus une menace, il aurait aimé pouvoir communiquer avec lui plutôt que d'être un spectateur impuissant, incapable ne serait-ce que de déclencher une vision volontairement. Le mage noir était arrivé devant le portail de Poudlard et il l'ouvrit sans que celui-ci ne lui oppose la moindre résistance : Avec Rogue comme directeur, il était ici chez lui. Il traversa le parc en direction du lac, contemplant les contours de sa première demeure.
La tombe de Dumbledore se reflétait dans les eaux sombres, le marbre blanc luisant presque comme un repère dans la nuit. Harry ressentit la jubilation de Voldemort à l'idée de profaner la sépulture. Il leva sa baguette en bois d'if et l'imposante stèle se fendit en deux et s'ouvrit sur toute la longueur, dévoilant une silhouette enveloppée d'un suaire. Le Gryffondor aurait vraiment voulu s'enfuir hors de l'esprit du Seigneur des Ténèbres mais il restait sidéré, incapable de se détacher en dépit de l'horreur de la situation. Malgré le ressentiment qu'il avait pour l'ancien directeur, il n'avait aucune envie de revoir le cadavre émacié qui était apparu au 12, Square Grimmaurd. Voldemort lui, était bien loin de ressentir un tel émoi. D'un geste négligent, il détacha le linceul, révélant un visage pâle et décharné mais parfaitement reconnaissable. Ses lunettes en demi-lune étaient toujours posées sur son nez crochu et un nouveau sentiment d'euphorie envahit le mage noir. Les mains de Dumbledore étaient croisées sur sa poitrine et la baguette de Sureau était là, coincée entre les doigts diaphanes.
Voldemort n'hésita pas plus longtemps et arracha la baguette de l'étreinte de Dumbledore, ce qui fit jaillir une pluie d'étincelles de son extrémité. Harry imaginait sans peine le sourire victorieux qui devait fendre le visage du mage noir à présent qu'il avait atteint son but. Désormais il ne voyait lui-même plus rien ni personne qui puisse menacer sérieusement Voldemort. C'était d'ailleurs bien pour cela qu'il avait accepté sa proposition. Dumbledore était mort et son influence enterrée avec lui, le ministère était contrôlé par les Mangemorts et détruire les Horcruxes était désormais impossible.
Sa curiosité assouvie, Harry parvint cette fois à s'extraire volontairement de l'esprit de Voldemort pour regagner sa propre réalité, à savoir le plafond de sa chambre plongé dans les ténèbres. Il aurait sans doute dû être terrifié à l'idée que Voldemort possède cette soi-disant « baguette ultime » pour laquelle il avait parcouru le monde, mais de là où il se trouvait, il avait vraiment l'impression que la guerre ne le concernait plus vraiment. Il était déstabilisant d'être devenu le précieux invité du Seigneur des Ténèbres après avoir été sa cible privilégiée pendant des années, mais à présent qu'il était en sécurité, il se rendait compte combien ils avaient eu de la chance qu'aucun d'entre eux ne se fasse tuer jusqu'à présent…
Il expira longuement tout en s'étirant dans le lit. Voldemort serait sans doute de retour d'un instant à l'autre mais il était temps de dormir. Puisque l'homme ne représentait plus une menace pour lui, il avait de nombreuses questions à lui poser et il était curieux de voir s'il allait lui répondre.
***/+/***
Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, il était assez tard au vu de la lumière qui pénétrait sa chambre. Il n'avait pas fermé ses volets avant de dormir et le soleil était haut dans le ciel. Il prit cependant son temps, préférant se laver, se raser et s'habiller proprement avant d'aller déjeuner. Nagini avait dû quitter la pièce durant son sommeil mais il ne tarda pas à la retrouver en compagnie de son maître dans le salon de l'étage. Voldemort était occupé à lire mais il releva la tête à peine Harry se fut-il avancé dans la pièce et il lui fit signe d'approcher.
- Ah, Harry. Nagini m'a dit que tu avais été le témoin involontaire de mes exploits de cette nuit. Cela m'ennuie, j'aimerais autant éviter que cela continue… Mais puisque notre lien est unique et sans précédent, il va falloir que je trouve une solution par moi-même.
Harry haussa les épaules.
- Tant que vous ne me demandez pas de m'entraîner à l'Occlumancie avec ce bâtard graisseux de Rogue…
Voldemort éclata de rire, mais son rire fut bref et froid.
- Ah ah ah, ce cher Severus… Il figure sans doute parmi mes Mangemorts les plus talentueux, tu sais. Mais Dumbledore a eu tort de sous-estimer la haine que vous entretenez l'un pour l'autre, tout comme il a sous-estimé sa fidélité pour moi. Alors que j'en ignorais la nature exacte, je voulais conserver ce lien avec toi, loin d'imaginer l'étendue des informations auxquelles tu avais accès… Quoi qu'il en soit, il n'est désormais plus question d'impliquer qui que ce soit. Je chercherais une solution moi-même, tant soit-il qu'elle existe. L'Occlumancie n'est pas une solution satisfaisante, un débutant comme toi, même avec la meilleure volonté du monde ne saurais se prémunir contre un fragment d'âme logé à l'intérieur de sa propre tête…
Le jeune homme hocha la tête et scruta un instant le petit guéridon sur lequel Voldemort avait posé l'ancienne baguette de Dumbledore avant de relever les yeux.
- Vous avez parcouru le monde pour la trouver. Qu'a-t-elle de si spécial ?
Le mage noir s'empara de la baguette pour la parcourir de ses doigts.
- La Baguette de Sureau, aussi appelée Baguette de la Destinée ou Bâton de la Mort. Quand Nagini m'a appris ce que tu avais vu, j'ai pensé que tu serais furieux en me voyant profaner sa tombe…
Encore une fois Harry haussa les épaules. Il devait bien admettre qu'au-delà du dégoût que lui avait inspiré le cadavre de Dumbledore, il ne se sentait pas particulièrement outré à l'idée que Voldemort ait brisé la sépulture. Le souvenir des manipulations du vieux directeur était encore trop frais dans son esprit et il avait définitivement perdu cette auréole qu'il avait pu lui attacher par le passé. Par ailleurs, personne, pas même Dumbledore, ne l'avait jamais amené sur la tombe de ses parents, et c'était surtout cette amertume qui l'empêchait de ressentir de la pitié pour lui aujourd'hui.
Voldemort, qui était probablement en train de lire en lui, semblait s'amuser de ses réflexions. Il agita sa baguette pour faire apparaître une chaise à ses côtés.
- Assieds-toi. On dit que cette baguette aurait été fabriquée par la Mort elle-même et offert à Antioche Peverell, l'aîné de trois frères sorciers qui vivaient au 13ème siècle. Elle est connue comme une baguette particulièrement puissante, surpassant toutes les autres. Je l'ai surtout cherché pour t'affronter en combat singulier et m'assurer que le contre-temps de la dernière fois, le Priori Incantatum, ne se reproduise pas. Mais à présent que je l'ai entre les mains, je me sens véritablement victorieux. Ne reste plus qu'à faire taire les dernières poches de résistance, mais je suis certain qu'ils seront attentifs à ton discours, et alors l'Angleterre sera toute entière à moi. J'ai ordonné à mes Mangemorts de se réunir demain soir. Tu m'y accompagneras…
- Vous comptez m'y brandir comme un vulgaire trophée !
Un sortilège frappa Harry qui se crispa immédiatement sur sa chaise. La douleur n'était pas aussi intense qu'un Doloris mais elle avait irradié tout son corps en un instant, tétanisant ses muscles. Voldemort se leva, forçant Harry à redresser la tête.
- Tais-toi ! Puisque nous en sommes à rappeler les règles, sois attentif. Déjà, tu ne m'interromps plus jamais. Ensuite demain, tu ne parleras que lorsque je t'en aurais donné l'autorisation et si tu as une question à me poser, tu le fais en fourchelang. Tu resteras en tout temps à mes côtés à moins que je ne t'ordonne de m'attendre quelque part mais aucun Mangemort n'aura l'autorisation de poser le moindre doigt sur toi et si tu m'obéis il ne t'arrivera rien de fâcheux. Je n'ai aucunement l'intention de t'humilier malgré notre passé commun mais n'oublie pas ta promesse. Je pourrais tout aussi bien t'enfermer dans une cage et massacrer tous les membres de l'Ordre jusqu'au dernier. Me suis-je bien fait comprendre ?
La voix de Voldemort était glacée et Harry le trouva terrifiant. Il irradiait littéralement de puissance, mais contrairement à leurs précédents affrontements, il était parfaitement maître de ses émotions. Découvrir que Harry était l'un de ses Horcruxes avait totalement changé la donne car si auparavant Voldemort le craignait, ce n'était absolument plus le cas.
- Parfaitement.
Sa voix était presque inaudible mais le mage noir ne lui fit pas répéter.
- Bien. Va manger.
Harry enfonça les mains dans ses poches et s'apprêtait à tourner les talons lorsqu'il sentit le parchemin plié sur lequel il avait écrit la prophétie la veille. Il était énervé parce que Voldemort le traitait comme un gamin mais il avait encore quelques questions à poser à son ancien ennemi et un geste de sa part ne pouvait que lui être favorable. Il sortit donc la feuille et la tendit au mage noir.
- Voldemort… Voici la prophétie complète… tout du moins telle que Dumbledore me l'a répété. Même si ça n'a plus beaucoup d'importance, je me suis dit que vous aimeriez la connaître…
L'homme parut un instant étonné avant de recomposer un visage impassible.
- Et tu as décidé de me la donner sans même que je ne te la réclame ?
- Et bien, elle vous concerne aussi... Et puis, ni vous ni moi ne pouvons plus nous entre-tuer désormais.
Voldemort parcouru rapidement le parchemin et hocha la tête.
- Je vois. Si j'avais eu connaissance de la prophétie complète, je me serais sans doute montré plus prudent à cette époque. « Aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit » … Autrement dit aucun d'entre nous ne peut mourir tant que l'autre est en vie. Serait-il possible que je t'aie donné la même immortalité qu'à moi ? Après tout, la magie noire qui imprègne les Horcruxes les rends particulièrement difficiles à détruire, comme tu as dû t'apercevoir.
Harry fut horrifié à cette idée tandis que Voldemort souriait.
- Non… Je ne veux pas être immortel moi !
- Cela arrangerait mes plans en vérité. Ta mort entraînerait la destruction immédiate du morceau d'âme que tu portes. Et comme je te l'ai dit, aucun de mes Horcruxes n'est sacrifiable. J'ai consacré du temps et des efforts à en créer plus que quiconque et la destruction de deux d'entre eux m'est déjà bien assez préjudiciable. Enfin, je ne compte pas essayer de vérifier cette théorie, tu devras supporter cette incertitude. Je te remercie pour la prophétie. Tu peux disposer.
Harry comprit que la discussion était close. Il rejoignit la salle à manger où Twix l'attendait, prêt à le servir et Nagini vint l'y rejoindre quelques instants plus tard. Il était presque midi et il engloutit plusieurs sandwichs accompagnés d'un plein mug de thé pour tenir jusqu'au dîner. Il avait bien l'intention de continuer à s'entraîner à la magie sans baguette, mais il n'avait pas vraiment envie de le faire devant Voldemort. D'une parce que s'il parvenait à la maîtriser, cela pourrait toujours être un atout à garder dans sa manche, de deux parce qu'il ne voulait surtout pas se sentir ridicule devant quelqu'un qui l'utilisait déjà parfaitement. Tous ceux qui l'avaient connu dans sa jeunesse affirmaient que Tom Jedusor était un élève extrêmement doué. Nul doute qu'il ne lui avait fallu que peu de temps avant d'y parvenir. Malgré ses espoirs cependant, cela ne faisait même pas une heure qu'il était installé dans la bibliothèque que Voldemort apparu, faisant voler jusqu'à lui le livre que Harry était péniblement parvenu à faire frémir.
- La magie sans baguette ? Il faut se montrer persévérant. Tu ne pourras pas y arriver en un clin d'œil, continue.
Il replaça le livre devant Harry et celui-ci tendit la main tout en prononçant la formule, mais rien ne se passa. Le Gryffondor soupira, son bras retombant lourdement le long de son corps.
- Vous avez mis combien de temps, vous, avant d'y parvenir ?
- Ne te compare pas à moi. Quand nous nous sommes affrontés dans le cimetière de Little Hangleton, à un moment tu as essayé de récupérer ta baguette ainsi. Tu avais une telle détermination dans le regard que j'ai bien cru que tu y parviendrais. La magie sans baguette n'est absolument pas innée chez les sorciers, seuls les plus puissants y parviennent. Mais si tu as eu ce réflexe, c'est parce tu l'as déjà utilisé, n'est-ce pas ? Raconte-moi.
Harry avait relevé la tête pour regarder Voldemort et désormais il ne parvenait plus à détourner les yeux. L'homme avait ce quelque chose de magnétique, l'incitant à se confier comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
- C'est arrivé plusieurs fois pendant mon enfance. Mon oncle et ma tante n'étaient pas exactement la famille rêvée et j'ai fait plusieurs fois de la magie sans même m'en rendre compte. Un jour à l'école primaire, j'ai transplané sur le toit de mon école pour échapper à mon cousin qui me poursuivait. À mes onze ans j'ai libéré un boa constrictor au zoo et j'ai enfermé mon cousin dans le vivarium. Et à mes treize ans j'ai fait gonfler ma tante parce qu'elle insultait la mémoire de mes parents. Ça n'a rien de très exceptionnel. La plupart des jeunes sorciers sont capables de magie instinctive.
- La magie instinctive relève justement quelque chose d'inconscient. Les enfants élevés parmi les sorciers en font rarement au-delà de cinq ans et dans les familles moldues, c'est encore plus rare. Mais toi tu es parvenu à en faire même après ta première année, alors que tu avais parfaitement conscience que tu étais un sorcier. Même compte tenu de tes conditions d'existence, cela prouve bien combien tu es puissant. Recommence.
- Facile à dire pour vous. L'année dernière, Dumbledore m'a fait regarder de nombreux souvenirs vous concernant. Tous ceux que vous ont connu étudiant se souviennent de quelqu'un doué dans toutes les matières et qui réussissait tout du premier coup.
Voldemort s'approcha et s'assit sur un fauteuil à proximité, un fin sourire sur son visage. Il dégageait de sa posture un mélange d'assurance et de nonchalance. Cela, ajouté à son apparence originelle retrouvée, rendait difficile pour Harry la superposition avec l'être monstrueux de ses souvenirs. Il avait beau savoir exactement qui était l'homme devant lui, cela n'en était pas moins déroutant.
- Hum oui, Dumbledore était le seul à se méfier de moi. Et malgré ça, il n'a pas pu m'empêcher d'ouvrir la Chambre des Secrets ni même de créer mon premier Horcruxe alors que je n'étais même pas majeur. Mais la puissance et le talent ne font pas tout, Harry. Puisque nous sommes entre nous, imagine-toi donc quelle a été ma réaction à mon entrée à Poudlard. Je venais d'un orphelinat moldu où tous courbaient l'échine face à ma magie et je découvrais la maison Serpentard, où la plupart de mes camarades étaient de riches descendants de Sangs-purs. Il me fallait bien plus que de simples tours pour les impressionner. Je devais être le meilleur, à la fois admiré et craint. Alors j'ai travaillé, tout simplement. J'ai lu quantité de livres, je me suis exercé inlassablement. À l'avenir, je compte sur toi pour en faire autant. D'ici quelques semaines tu retourneras à Poudlard pour y suivre les cours, mais tu rentreras ici chaque soir. Nous verrons ça plus précisément avec Severus demain.
- Vous allez me rendre ma baguette ?
- Pas pour l'instant. Tu travailleras sur la théorie, tu recopieras attentivement tout ce que tes professeurs expliqueront. Et si tu te montres sérieux, je pourrais peut-être envisager de te récompenser.
- Je ne comprends pas, qu'est-ce que ça peut bien vous faire que je travaille bien à l'école ou que je maîtrise la magie sans baguette ?
- Je ne comptes pas traîner un boulet inutile. Je veux que tu puisses me suivre sans me ralentir et que tu saches te défendre par toi-même si nécessaire. Mon règne ne fait que débuter et d'ici quelques années, quand tu te seras pleinement rallié à ma cause, tu pourras te tenir fièrement à ma droite.
- Vous ne doutez de rien ! Jamais je ne prendrais du plaisir dans la souffrance d'autrui !
- Avoir confiance en ses actions est la base de tout plan. Nous verrons bien dans l'avenir qui de nous deux aura raison. Maintenant concentre-toi et réessaye. Visualise les effets de ton sort et le mouvement que tu fais habituellement avec ta baguette.
Harry soupira longuement mais s'exécuta. Si Voldemort était décidé à jouer les professeurs, autant en profiter. Il tendit la main vers le livre et prononça la formule. Cette fois le livre fit un bond en avant et il ne put s'empêcher de lâcher une exclamation réjouie : c'était le premier vrai progrès qu'il constatait depuis qu'il avait entrepris d'assimiler la technique la veille.
Exalté par cette première réussite, il s'entraîna toute l'après-midi sous l'œil attentif et étonnamment patient de Voldemort. Manifestement le mage noir ne semblait avoir rien de mieux à faire qu'observer son Horcruxe humain. Harry aurait pensé que sa présence le rendrait nerveux mais finalement ses conseils l'aidaient bien plus qu'il ne l'aurait avoué. Le soir venu, Harry était épuisé magiquement par ses efforts et moralement par ses émotions embrouillées par l'attitude de Voldemort. Il savait par ailleurs que le lendemain il devrait affronter le regard de tous les Mangemorts du premier cercle et cette idée l'angoissait.
Il alla se coucher tôt mais encore une fois il eut des difficultés à s'endormir à cause de toutes les pensées qui affluaient dans son esprit.
***/+/***
Contrairement à la veille, il se réveilla tôt le lendemain. Il déjeuna léger et décida d'aller faire un footing autour de la demeure. Heureusement que le jardin était vaste car il ne pouvait aller bien loin. Voldemort n'était visible nulle part mais de toute façon il n'aurait pas changé ses activités pour autant car il avait un besoin urgent de se défouler. Il aurait aimé avoir un balai pour pouvoir faire quelques acrobaties aériennes. À Poudlard, ça avait toujours été le meilleur moyen pour lui de décompresser. Au moins si Voldemort tenait parole, il allait pouvoir retrouver une routine à peu près saine pendant les six mois à venir. Voldemort lui avait dit qu'il devrait rentrer chaque soir mais allait-il le laisser libre de toute surveillance une fois à Poudlard ? Il savait que Rogue était directeur et deux Mangemorts y étaient professeurs, mais ils auraient sans doute autre chose à faire que de le suivre partout. Il se demanda comment allaient réagir ses camarades en le voyant revenir. Luna, Neville, Seamus mais aussi Ginny, seraient logiquement à Poudlard et ne manqueraient pas de l'interroger sur son retour aussi soudain qu'inattendu. Qu'allait-il pouvoir répondre à leurs questions ? Ron et Hermione l'y rejoindraient-ils suite à son allocution ? Hermione avait-elle retrouvé les Weasley pour les prévenir qu'il avait été capturé ? Ils devaient probablement être pétris d'inquiétude et il ne pouvait rien faire dans l'immédiat pour les rassurer…
Il courut pendant près d'une heure puis fit quelques exercices comme il en avait l'habitude avant un match de Quidditch en guise d'échauffement. Enfin apaisé, il retourna dans sa chambre pour prendre une douche et se changer. Il alla ensuite déjeuner puis retourna dans la bibliothèque avec l'idée de chercher un livre pour se distraire. Il n'avait pas envie de s'entraîner à la magie sans baguette et la vue de Nagini somnolant paisiblement, roulée en boule sur le tapis devant la cheminée, lui donna envie de l'imiter. Il finit par choisir un livre sur les créatures magiques et déposa un cousin pour se caler aux côtés du serpent géant. Nagini vint immédiatement poser sa tête sur ses genoux et il commença à la caresser machinalement tout en lisant. Il ne pourrait jamais l'avouer à ses amis, mais il s'était rapidement pris d'affection pour le familier de Voldemort. Depuis qu'il s'était réveillé ici, elle avait été un repère rassurant et protecteur, même contre son propre maître. Il la savait capable d'actes monstrueux, comme la fois où il avait été témoin de l'attaque de M. Weasley, ou lorsqu'il l'avait vu dévorer ce vieux moldu au début de sa quatrième année. Mais à travers leurs conversations en fourchelang, il avait découvert un être avec des sentiments et une volonté propre qu'il aurait pu sans problème qualifier d'amie.
L'après-midi passa calmement. La lecture était intéressante et l'atmosphère rendue paisible par l'absence de Voldemort. Il se sentait tellement en sécurité qu'il s'assoupit contre Nagini et ce fut ainsi que Voldemort les trouva. Il eut un drôle de rictus en surprenant la scène et utilisa sa baguette pour faire résonner un claquement dans l'air, ce qui réveilla Harry en sursaut.
- Debout ! Il est temps de partir.
Harry réprima une grimace et se leva immédiatement, défroissant sommairement ses vêtements avant de s'avancer vers Voldemort, Nagini sur les talons. Celui-ci le dévisagea de haut en bas avec un regard dédaigneux.
- Au moins tes vêtements sont propres. Je ne voudrais surtout pas qu'on s'imagine que je te traite mal, Harry Potter. Nous allons transplaner. Viens contre moi.
Si Dumbledore s'était contenté de le tenir par le bras, Voldemort le maintint tout contre lui en enserrant son cou de son bras. Manifestement il ne lui faisait pas assez confiance pour s'accrocher de lui-même. Nagini vint s'enrouler autour du torse de son maître et Voldemort les fit transplaner. Harry ferma les yeux, attendant que la sensation désagréable s'estompe. Lorsqu'il les rouvrit, ils se trouvaient devant un immense manoir entouré d'un parc majestueux. Harry frotta un instant sa nuque endolorie par la poigne du mage noir.
- Vous n'étiez pas obligé de serrer aussi fort, je ne suis pas inconscient au point d'essayer de m'échapper pendant un transplanage !
- Avec toi, je préfère ne pas prendre de risques. Je t'imagine bien capable de braver le danger d'un désartibulement pour t'enfuir. Maintenant, suis-moi en silence et n'oublie pas ce que je t'ai dit la veille.
Un portail en fer forgé en marquait l'entrée et Voldemort l'ouvrit d'un coup de baguette. Ils traversèrent une allée bordée de haies parfaitement taillées et Harry aperçu des massifs de fleurs, plusieurs fontaines et même un couple de paons blancs. Tout ici respirait une richesse ostentatoire. Même si Voldemort ne lui avait rien dit sur le lieu de rendez-vous, il n'avait aucun doute sur l'identité du propriétaire : Les Malefoy étaient connus pour avoir de l'argent à ne plus savoir quoi en faire.
Voldemort marchait d'un pas vif et Harry devait presser le sien pour le suivre. Nagini glissait sur le sol à ses côtés et il fut rassuré de sa présence. Ils passèrent le pas de la porte et furent accueillis par un elfe plié en deux qui ne dit pas un mot mais se mit à trembler violemment à la vue de Nagini. Voldemort l'ignora et traversa le hall d'entrée pour se diriger vers un large escalier de pierres. Ils gravirent quelques marches et Harry sentit son rythme cardiaque s'accélérer en constatant que l'escalier donnait directement sur un salon déjà occupé par une vingtaine de personnes. Tous les Mangemorts attendaient sagement leur maître, assis en silence autour d'une longue table. Cependant, lorsque les premiers d'entre eux aperçurent Harry derrière Voldemort, la pièce bruissa de plusieurs chuchotements fébriles. Voldemort prit place en bout de table, sur une chaise spécialement préparée à son attention et Harry se tint un instant désœuvré. Il se demanda si Voldemort comptait le laisser debout tout le long, cependant celui-ci tourna la tête vers lui avec un sourire et invoqua un simple tabouret. Harry s'assit et Nagini vint immédiatement se hisser sur ses genoux, glissant contre lui jusqu'à entourer son corps massif de ses anneaux. Voldemort prit la parole :
- Mangemorts ! J'imagine que vous avez tous reconnu l'identité de notre invité de ce soir... Harry Potter ! Et c'est à Nagini que je dois sa capture. Elle a réussi là où vous avez tous lamentablement échoué, années après années… Le garçon est enfin à moi et je vais faire de lui un élément clé pour asseoir définitivement ma domination sur l'Angleterre.
Harry avait profité du discours de Voldemort pour observer les occupants des autres chaises. Face à lui se trouvait Bellatrix Lestrange, puis Narcissa Malefoy, Drago et son père, Lucius Malefoy. Il ne connaissait pas l'identité de toutes les personnes présentes mais il reconnaissait ensuite Rabastan et Rodolphus Lestrange qui avaient participé à la Bataille du Département des mystères, Corban Yaxley qu'il avait rencontré lors de leur infiltration du ministère de la Magie, Thorfinn Rowle et Anthony Dolohov qui les avaient attaqués dans le café de Tottenham Court Road, Walden Macnair le bourreau chargé de tuer Buck l'hippogriffe, ainsi que Peter Pettigrow le traître… Il les voyait tous sans masque et il affronta leurs regards, tour à tour fuyants, jubilants, méprisants ou haineux. Mais le plus intense était sans nul doute Severus Rogue qui se trouvait directement à sa gauche. Ses yeux noirs semblaient plus vindicatifs que jamais, comme si la simple présence de Harry en ces lieux était pour lui une insulte personnelle. Ils ne purent cependant continuer leur bataille de retard car Voldemort requérait toute leur attention.
- Vous m'avez bien entendu. Si auparavant je souhaitais sa mort, j'ai trouvé une bien meilleure utilité à sa personne. Nous avons donc fait un marché. Il accepte de rester sagement à mes côtés et de m'obéir en échange de l'assurance que ses amis sont en sécurité.
Quelques éclats de rire retentirent mais Voldemort ne semblait pas avoir prévu de revenir sur sa parole. Il leva quatre doigts, faisant taire son assistance.
- Quatre familles. J'ai donné ma parole à Harry Potter qu'ils ne seraient pas persécutés à la condition qu'ils se tiennent tranquilles : Weasley, Londubat, Lovegood et son amie sang-de-bourbe Hermione Granger.
Harry fut impressionné que Voldemort ait retenu les noms de ses amis, quant aux Mangemorts, ils semblaient plutôt mécontents. Ce fut finalement Yaxley qui prit la parole en premier.
- Maître… Puis-je parler ouvertement devant Potter ?
Voldemort hocha la tête et le Mangemort continua.
- La famille Weasley est suspectée de faire partie de l'Ordre du Phénix et ses membres sont tous surveillés. Devons-nous mettre fin à cette surveillance ?
- Absolument pas. Harry va donner une conférence de presse pour affirmer qu'il s'est rangé du côté du ministère et s'excuser humblement pour tous les ennuis qu'il a créé. Si les Weasley refusent de rentrer dans le rang, ils seront emprisonnés sans sommation.
Ce fut ensuite au tour d'un gros Mangemort brun de prendre la parole.
- Neville Londubat est actuellement l'élève de Poudlard qui nous donne le plus de difficulté. C'est le fils des aurors Alice et Frank Londubat, internés à Sainte Mangouste. Il a organisé une résistance étudiante qui se font appeler l'armée de Dumbledore.
Voldemort sourit à nouveau et tourna son regard carmin vers Harry.
- Harry reprendra sa scolarité d'ici deux semaines. Il sait ce qui arrivera à ses précieux camarades s'il ne parvient pas à faire taire ces velléités d'héroïsme.
Le Gryffondor hocha tristement la tête, se retenant de relever les yeux pour fusiller le mage noir du regard. Il devait absolument rester dans les bonnes grâces de son geôlier s'il voulait continuer à protéger ses amis. Il eut une pensée émue pour Neville qui continuait la lutte en son absence et se maudit une nouvelle fois pour s'être mis dans une telle impasse. S'il ne s'était pas bêtement fait capturer en se rendant à Godric's Hollow, ils n'auraient pas perdu l'unique espoir de défaire Voldemort. Désormais, toute résistance était vaine… Harry sortit de ses sombres pensées en entendant Lucius Malefoy prendre la parole.
- Pour ce qui est de la famille Lovegood, la fille de Xenophilius est actuellement emprisonnée ici depuis une semaine. Sa présence dans nos sous-sols avait pour but d'inciter ce dernier à respecter une ligne éditoriale plus respectueuse du nouveau Ministère. Que devons-nous faire, monseigneur ?
Harry ouvrit la bouche en entendant cela mais il vit immédiatement la baguette de Voldemort pointée dans sa direction. Il se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas réagir. Inutile de donner à Voldemort une raison de l'humilier. Celui-ci continua sans le regarder.
- Les Carrows ramèneront cette enfant à Poudlard. Pour ce qui est du Chicaneur, gageons que la leçon aura été comprise. Le cas contraire, vous pourrez arrêter le rédacteur en personne. Ces formalités vues, Corban, je compte sur vous pour organiser la future conférence de Harry Potter en fin de semaine prochaine. Aux yeux du monde, leur sauveur doit paraître avoir pleinement rejoint notre cause, considérez-le donc comme un invité de marque. Severus, Alecto, Amycus, nous verrons les détails de son retour à Poudlard après la réunion. Drago Malefoy ! Tu vas à présent conduire notre invité jusqu'à la bibliothèque et l'y surveiller jusqu'à la fin. Nagini, suit Harry.
- Tout de suite, maître.
Drago se leva de sa chaise aussi vite que s'il avait reçu un sort et sortit sa baguette pour la pointer vers Harry. Nagini avait desserré ses anneaux pour lui permettre de se lever et il rejoignit son ancien camarade. Drago le mena à travers plusieurs couloirs jusqu'à une immense pièce aux murs recouverts d'étagères. La bibliothèque était suffisamment éloignée du salon pour que, même en tendant l'oreille, on ne puisse rien entendre. Manifestement Voldemort ne souhaitait pas qu'il apprenne certains détails de son plan. La mine sombre, Harry soupira et s'assit sur le fauteuil le plus proche. Drago Malefoy avait toujours le bras tendu, mais son air effrayé le rendait peu convaincant. Harry eut pitié de lui. Il savait que Voldemort l'avait obligé à torturer des gens tout comme il l'avait obligé à faire entrer des Mangemorts à Poudlard. Mais il savait aussi qu'il avait refusé de tuer Dumbledore le moment venu et pour cela il avait un minimum d'estime pour lui.
- Je n'ai pas de baguette et Nagini est ici. Je ne peux rien faire, tu sais. Tu peux te détendre.
- Tais-toi, Potter ! Je sais que tu vas essayer de m'embobiner. Tu te fiches de ce qu'il peut m'arriver si tu t'enfuis.
- Non. Voldemort l'a dit, je dois rester à ses côtés sinon il ira tuer tous ceux qui me sont chers. Tu devrais savoir mieux que personne ce qu'on est prêt à faire pour protéger sa famille…
Drago sembla touché en entendant son ancien ennemi auparavant si vindicatif parler comme s'il avait perdu tout espoir. Il s'assit à son tour et baissa le bras, conservant tout de même une distance de sécurité au cas où Harry tenterait quelque chose. Nagini fixa un moment le jeune Malefoy avant de se hisser sur les genoux de Harry.
- Ce jeune serviteur du maître est toujours terrifié, il est faible. Je ne comprends pas pourquoi le maître le garde à son service.
- Je crois que c'est pour punir son père de ses échecs. Mais même si c'est un trouillard, il a été assez intelligent pour parvenir à faire entrer des Mangemorts dans Poudlard l'année dernière. Il serait sans doute plus fiable si Voldemort n'était pas aussi cruel avec sa famille.
- Le maître a toujours une raison.
Harry secoua la tête, sachant qu'il ne parviendrait jamais à faire entendre raison à Nagini. Drago les observait attentivement, manifestement abasourdi par ce dialogue auquel il ne comprenait rien. Harry reprit la parole.
- J'imagine qu'il va te demander de me surveiller une fois à Poudlard. Il ne compte pas me rendre ma baguette si ça peut te rassurer. Il ne prend plus de risque et de toute façon je ne reviendrais pas sur ma part du marché. Il a gagné mais tant qu'ils sont en sécurité, j'aurais quelque chose à quoi me raccrocher…
- Nous verrons ce qu'il dira, mais ne compte pas sur moi pour faire ami-ami avec toi, Potter !
Harry haussa les épaules et referma instinctivement ses bras autour de Nagini, rendu mal à l'aise par l'agressivité du Serpentard. Celui-ci écarquilla les yeux en constatant la proximité de Harry avec le monstrueux familier de Voldemort et éloigna sa chaise d'un bon mètre. Ils gardèrent ce silence pesant pendant une quarantaine de minutes, jusqu'à ce que Voldemort les rejoigne accompagné de Severus Rogue, Lucius Malefoy ainsi qu'Amycus et Alecto Carrow. Harry et Drago se levèrent à leur approche.
- Bien. Soyez attentifs messieurs, je ne tolèrerais pas la moindre erreur de votre part. Quant à Harry, il sait parfaitement ce qu'il risque s'il me désobéit. Il retournera donc à Poudlard durant les six mois à venir sous la surveillance de Drago Malefoy. Il n'aura pas de baguette mais devra se montrer aussi studieux que possible. Je compte sur toi, Severus pour m'avertir du moindre manquement de sa part. Comme je vous l'ai expliqué, il s'agit de faire croire à tous que Harry Potter s'est rangé volontairement de notre côté. Considérez-le comme intouchable, je resterais le seul habilité à le châtier. Ça vaut aussi pour tous les élèves qui auraient des velléités contre lui. Drago fera passer le message auprès des Serpentards. Dans un premier temps, Nagini l'accompagnera pour l'arrêter s'il fait quelque chose de stupide ou empêcher quiconque de le libérer. Elle ne s'attaquera à personne à moins qu'elle n'ait une bonne raison de le faire. De son côté, Harry devra prendre contact avec les élèves qui appartiennent à cette « Armée de Dumbledore » et les convaincre de cesser leur activité. Je suis certain qu'il a une idée précise de ceux qui en font partie. Severus, Harry rejoindra ton bureau chaque soir après les cours pour se rendre ici par le réseau de Cheminette. À Poudlard, il ne devra jamais être sans surveillance, je ne veux rien laisser au hasard ou à sa chance insolente qui démonte les probabilités. À présent que Harry Potter est mien, il est hors de question de le laisser s'échapper…
En disant cela, il avait relevé le visage de Harry pour le forcer à le regarder. Harry serra les poings. Il était certain que le mage noir lui ferait payer chèrement s'il répondait à sa provocation en présence de Mangemorts. Heureusement il le lâcha rapidement et Harry vit une expression étrange en croisant le regard de Drago… Quelque chose qui ressemblait à de la pitié. Il devait bien reconnaître que sa situation n'avait rien d'enviable. Aux yeux de Voldemort, il n'était rien moins qu'un pantin entre ses mains. Rogue eut un rictus méprisant.
- Pourrions-nous savoir comment vous êtes parvenus à l'attraper, monseigneur ?
- J'avais posté Nagini à Godric's Hollow. Je me doutais que Harry essayerait de se rendre sur la tombe de ses parents. Je n'ai eu qu'à l'y cueillir, prisonnier de l'étreinte de Nagini.
- Je vois. Moi qui pensais que Potter ne commettrai jamais une faute aussi évidente… Il faut croire que j'avais encore une trop haute opinion de lui.
Cette fois, Harry ne put s'empêcher de fusiller Rogue du regard. S'il avait pu le tuer en cet instant, il l'aurait fait sans hésiter. Mais Voldemort posa sa main sur sa tête, accentuant encore sa détresse.
- Harry, tu veilleras à bien respecter tous tes professeurs et en particuliers mes Mangemorts. Dans le cas contraire, je suis persuadé que Severus se fera une joie de me rapporter la moindre incartade de ta part. C'est bien compris ?
- Oui.
La voix de Harry était éraillée, mais personne ne s'en ému, si ce n'est Drago. Son père en revanche arborait un large sourire.
- Quel prodigieux pédagogue vous faites, maître. Et dire que nous avons tous connu un Potter insolent et rebelle, le voici aussi docile qu'un elfe de maison.
C'était la vexation de trop et Harry sentit sa magie s'agiter dangereusement dans son cœur. Comme face à la tante Marge, des années plus tôt. Il voulait les faire taire, leur faire du mal. La vibration était infime mais Voldemort perçu le changement dans l'aura de son Horcruxe.
- Nagini. Aide-le à reprendre le contrôle.
Le serpent réagit en un instant, faisait sursauter la plupart des Mangemorts présents. Elle s'enroula autour du corps de Harry, resserra ses anneaux pour l'immobiliser et posa son museau contre sa joue. Si l'étreinte de Nagini pouvait paraître violente pour un observateur extérieur, elle permit à Harry de reprendre le contrôle de sa magie et de ses émotions. Il dodelina de la tête, quelque peu sonné par l'affolement récent de son rythme cardiaque et désormais peu attentif à ce qu'il se disait autour de lui. Voldemort continua, comme si de rien n'était.
- Merci, Lucius. Notre héros national est encore jeune et je compte bien effacer les absurdités que lui a inculqué Dumbledore pour en faire un parfait soldat à ma cause. J'ai déjà découvert quelques leviers intéressants… Nous verrons où cela nous mènera. Je pense avoir tout dit pour ce soir. Lucius, nous reviendrons demain soir pour discuter avec Yaxley sur les modalités de la prise de parole de Harry. Severus, je t'avertirais de la date exacte où il retournera à Poudlard. Bonsoir, messieurs. Harry, Nagini, allons-y.
Nagini relâcha son emprise et Voldemort passa sa main derrière la nuque de Harry pour l'inciter à avancer. Le Gryffondor se laissa guider sans résister, épuisé par un maelstrom d'émotions qui saturait son cerveau : colère, honte, désir de se rebeller, désespoir… De retour dans la demeure de Voldemort, il rejoignit sa chambre tel un zombie et se laissa tomber sur son lit sans même se déshabiller.
***/+/***
À son réveil le lendemain matin, il avait encore l'esprit embrumé mais il avait retrouvé sa sérénité. Nagini avait dû le rejoindre pendant la nuit et sa présence lui inspira un élan de gratitude à son encontre.
- Merci d'être revenue à mes côtés.
- Tu es trop sensible. Le maître sait ce qui est bon pour toi.
Harry ne chercha pas à argumenter et se leva, prit une douche froide pour se remettre les idées en place et enfila des vêtements propres. Il trouva Voldemort assit à table, occupé à lire un épais livre tout en buvant ce qui semblait être du thé. Il resta plongé dans sa lecture mais prit la parole alors que Harry s'asseyait.
- Bonjour, Harry.
- Bonjour.
La voix de Harry était suffisamment éloquente sur son humeur. Voldemort leva les yeux.
- Allons bon, sont-ce encore les mots de Lucius qui t'impactent à ce point ?
- Vous m'avez humilié ! Vous parliez de moi comme si j'étais un objet ou animal trop stupide pour comprendre…
- Ne sois donc pas aussi sensible, je n'ai rien dit de la sorte ! Tu dois apprendre à garder le contrôle de tes émotions et ne pas de laisser aussi aisément manipuler. C'est une faiblesse qui t'a déjà desservi par le passé, dois-je te le rappeler ? En revanche, si c'est dire que tu m'appartiens qui te choque, tu devras bien t'y habituer car c'est un état de fait. Il est hors de question de révéler à quiconque la nature du lien qui t'unit à moi mais je me devais bien d'expliquer pourquoi j'ai soudainement décidé de te protéger au lieu de te tuer. Contrairement à ce que tu penses, j'ai sans doute plus d'estime pour toi que tu ne sembles en avoir pour toi-même.
Harry releva la tête, ne sachant que répondre. Les propos de Voldemort le troublaient plus que de mesure. Il soupira.
- Si vous le dites.
Voldemort fit un hochement de tête dédaigneux. Il avait replongé dans sa lecture et levait régulièrement sa tasse pour absorber une gorgée de thé ou de café. Soudain il referma son livre et se leva de sa chaise.
- Lorsque tu auras terminé de déjeuner, tu me rejoindras dans la bibliothèque. Je voudrais te faire essayer une nouvelle approche pour la magie sans baguette.
Intrigué, Harry se hâta d'ingurgiter son repas. Dans la bibliothèque, Voldemort l'attendait, replongé dans un livre, mais cette fois il le posa dès que Harry arriva à sa hauteur.
- Assis-toi sur le sol. Souviens-tu ce qu'il s'est passé hier après la provocation de Lucius ?
- J'étais vexé et énervé. Je voulais le faire taire… C'est comme si ma magie s'agitait en moi et essayait de sortir. Et puis Nagini s'est enroulé autour de moi, ça m'a aidé à évacuer la pression, à me calmer.
- Nagini n'est pas un serpent ordinaire comme tu t'en doutes. Ses écailles la protègent naturellement contre la magie. Et puisque vous partagez tous deux un fragment de mon âme, ta magie est plus réceptive à sa présence. Maintenant je suis curieux de savoir ce qu'il se serait passé si je t'avais laissé faire. Comment ta magie aurait-elle fait taire Lucius ? Aurais-tu été capable de la contrôler ?
Harry ne répondit pas. Il n'aimait pas cette lueur de convoitise qu'il voyait dans le regard de Voldemort. Et venant de sa part, il s'attendait au pire. Effectivement, la seconde suivante, le mage noir levait sa baguette et lançait un Incarcerem. Harry tomba lourdement sur le sol, ligoté de tout son long, les bras le long du corps et ses jambes attachées entre elles.
- Mais qu'est-ce que vous faites ! Relâchez-moi !
Ignorant les suppliques du garçon face à lui, Voldemort s'assit sur un coussin.
- Si tu veux que mes Mangemorts te respectent, tu dois devenir plus fort. Et je compte justement t'aider à acquérir de la puissance, même s'il faut… disons, te bousculer un peu pour cela… Dis-moi Harry, lequel de mes Mangemots hais-tu le plus ? Contre lequel serais-tu prêt à commettre un meurtre ? Tu as eu l'occasion de te venger de Bellatrix pour la disparition de ton parrain Sirius Black, mais tu ne l'as pas saisi… Alors dis-moi, quelle est la mort qui t'a le plus touché ? Ce garçon dans le cimetière peut-être…
Harry s'était figé, face contre le sol. Il revoyait déjà la scène qui hantait encore ses nuits. Il ignorait ce que Voldemort comptait faire mais il le redoutait déjà. Il releva la tête juste à temps pour apercevoir le mage noir extraire un filament argenté de sa tête et il pensa un instant qu'il allait utiliser une pensive. Mais le filament flotta quelques secondes dans l'air avant de grandir, prenant doucement forme autour d'eux. Harry distingua bientôt les pierres tombales, le chaudron, puis la silhouette de Queudver qui s'avançait maladroitement. Il se revit trois ans plus jeune, désorienté, accompagné de Cédric Diggory, la Coupe de feu projetée à un mètre d'eux. Il entendit la voix du fier Poufsouffle, puis celle de Voldemort ordonner son meurtre.
- Non… non… Arrêtez !
Harry voulu se boucher les oreilles mais les liens tinrent bon et il ne put ignorer les bruits, bien plus précis que dans ses souvenirs : le vent, le frottement d'une cape, le bruit des pas de Queudver… Voldemort le fit se redresser et il put voir plus distinctement encore le sort être lancé et la vie quitter les yeux de son camarade. Les larmes coulaient déjà sur ses joues, mais Voldemort ne comptait pas s'arrêter là. La scène se rembobina, puis recommença. Harry comprit alors le but de la manœuvre : Il allait revoir encore et encore l'un des pires instants de son existence. Il essaya de lutter pour se défaire de la poigne qui le maintenait à genoux mais après avoir assisté à une deuxième mise à mort, il abandonna et il cessa toute résistance.
- Il n'avait pas le moindre espoir. Queudver a beau être un médiocre sorcier, il s'est montré utile au-delà de toute espérance, je dois le reconnaître. Mais je vois que tu te lasses déjà. Peut-être devrions-nous regarder autre chose… Pourquoi pas… ce jour où j'ai fait de toi mon Horcruxe…
Voldemort fit un vague mouvement de baguette pour disperser l'illusion, puis il ressortit un filament de sa mémoire et ce fut la silhouette de sa mère, Lily Potter, qui apparut sous ses yeux. Il n'avait bien entendu aucun souvenir de cet épisode mais il connaissait ces cris par cœur… ceux qu'il entendait lorsque les Détraqueurs s'approchaient de lui.
- Je vous en prie… Je ne veux pas voir ça… ARRÊTEZ ÇA !
Il avait progressivement élevé la voix pour essayer de couvrir les implorations de sa mère, en vain. Cependant, lorsque le souvenir de Voldemort lança son sort, quelque chose se brisa en lui et il se mit à hurler en même temps qu'une brusque vague d'énergie magique repoussait Voldemort. Le mage noir lâcha une exclamation de joie et invoqua un bouclier autour de lui alors que les vitres de la pièce explosaient et que de violentes bourrasques de vent projetaient livres et petit mobilier à travers la pièce.
- Ce sont ces émotions inutiles qui te font souffrir, Harry. Libère-toi en, reprends le contrôle de ta magie si tu veux m'attaquer !
Mais Harry restait sourd aux incitations du mage noir, sa magie s'échappant hors de son corps de manière erratique. Il était parvenu à détruire les liens qui le retenaient et à disperser les illusions mais il ne s'était pas redressé pour autant et restait prostré, agenouillé sur le sol, les bras repliés autour de sa tête. Bientôt, la mini tempête qui s'était déclenchée dans la bibliothèque se dissipa et Voldemort pu s'approcher de son prisonnier. Il se pencha pour découvrir un Harry apathique, le regard vide, les yeux encore rougis par ses larmes. Il n'opposa aucune résistance lorsque Voldemort lui écarta les bras, pas plus lorsqu'il l'allongea sur le dos.
- Je vois… Cette expérience n'est pas totalement un échec, j'imagine…
Il se redressa et souleva le corps du garçon de sa baguette, le faisait léviter jusqu'à sa chambre où il l'allongea sur son lit.
- Harry Potter, tu es toujours autant une énigme. Comment peut-on être à la fois si fort et si faible ? Tu as été capable de combattre mon Imperium dans le cimetière ce soir-là. Et tu te laisses blesser par un simple souvenir…
Il n'obtint aucune réponse. Harry avait toujours les yeux ouverts mais son regard était fixe et vide. Voldemort soupira et claqua des doigts, faisant apparaître son elfe de maison.
- Surveille le garçon, je reviens.
Il quitta la pièce pour revenir quelques instants plus tard, une potion violette entre les mains. Il souleva délicatement la nuque de Harry afin de verser trois lampées de potion de sommeil sans rêve dans sa bouche. Quelques secondes plus tard, les paupières se fermèrent d'elles-mêmes et le corps du Gryffondor se détendit enfin.
***/+/***
Lorsque Harry se réveilla, Voldemort était toujours à ses côtés et il se crispa immédiatement à sa vue.
- Vous êtes resté tout ce temps à me veiller ? Quelle délicate attention !
- À vrai dire, je savais combien de temps durerait la potion, donc je suis revenu au bon moment. Je voulais surtout m'assurer que je n'aurais pas à te jeter un sortilège d'amnésie mais je constate à ton mordant retrouvé que ton esprit est intact.
- Vous savez, vous m'avez demandé quel Mangemort je haïssais le plus et contre lequel j'aurais été capable de commettre un meurtre. Je les déteste tous autant qu'ils sont, peut-être davantage Rogue, Lestrange ou Pettigrow… Mais le seul pour lequel j'aurais été capable de devenir un meurtrier, c'était vous. Je vous hais plus que tout.
- Tu dis ça, pourtant ta magie ne m'a pas attaqué tout à l'heure. Est-ce parce que tu me crains trop pour cela ?
- Non. Lorsque nous avons appris à nous défendre contre les Épouvantards à Poudlard, le professeur de l'époque m'a empêché d'en affronter un, car il était persuadé que ça serait vous qui allait apparaître. Mais en réalité, ma plus grande crainte a toujours été les Détraqueurs. Lorsqu'ils s'approchent de moi, j'entends les derniers instants de ma mère et ses hurlements lorsque vous avez mis fin à sa vie. Alors non, Voldemort, désolé de vous décevoir mais vous ne m'avez jamais été ma plus grande peur.
- Je vois. C'est donc que ta haine contre moi n'est pas aussi intense que le prétends alors… Ou pour être exact, il y a bien une personne que tu hais encore plus que moi, et cette personne c'est toi-même.
***/+/***
Fin du 2e chapitre. J'avais vraiment hâte de le publier ! Quand je lis vos reviews je suis comme une gamine qui découvre ses cadeaux de noël. J'espère que vous prenez autant de plaisir à me lire que j'en prends à l'écrire ! Rendez-vous vendredi 18 septembre pour le chapitre 3 !
