Auteur : Lady Zalia
Type : Angst/Aventure. Voldemort toujours aussi retors. Harry en proie à ses émotions.
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T. Histoire prévue en deux parties/fanfictions. Si vous saviez comme j'avais hâte de vous livrer ce chapitre ! J'espère qu'il vous plaira autant que je peux prendre de plaisir à l'écrire. :D
Rappel du chapitre précédent : Voldemort a forcé Harry à utiliser la magie instinctive en l'obligeant à revoir les scènes de meurtre de son existence. Lorsqu'il reprend connaissance, le mage noir est assis sur une chaise juste à côté de son lit.
« - Le seul pour lequel j'aurais été capable de devenir un meurtrier, c'était vous. Je vous hais plus que tout ! […]
- Pourtant, il y a bien une personne que tu hais encore plus que moi, Harry, et cette personne c'est toi-même. »
Chapitre 3
Harry resta un moment figé dans son lit, la dernière phrase de Voldemort résonnant dans son esprit. Le mage noir avait vu clair dans son jeu. La principale raison pour laquelle il avait été incapable de tuer Bellatrix Lestrange ou Peter Pettigrow, c'était avant tout parce qu'il se considérait être le premier responsable des morts de Sirius et Cédric.
- Pourquoi me torturez-vous ainsi ?
- Mon but n'est pas de te faire souffrir, Harry. Je veux simplement t'aider à devenir plus fort. Les sorciers puissants ne mettent pas leurs amis en danger car ils n'ont besoin de personne. C'est ta faiblesse qui les a condamnés. Dans notre monde, seuls les forts dominent, c'est une vérité absolue.
La voix de Voldemort était caressante et Harry frissonna malgré la couette. Il ramena instinctivement ses genoux contre son torse et serra le drap entre ses doigts.
- S'il faut devenir un monstre pour être puissant, alors je préfère rester faible. Les émotions sont ce qui nous rendent humain et donnent de la saveur à la vie. Je refuse de sacrifier cela.
- Quelle hypocrisie. N'as-tu jamais maudit ta faiblesse face à moi ? Lorsque Dumbledore t'a confié la tâche de trouver et détruire mes Horcruxes, cette quête ne t'a-t-elle pas semblé insurmontable ? Cette puissance, je peux t'apprendre à la maîtriser si tu la mets à mon service ! Mon règne n'a pas pour but de détruire la nation sorcière mais au contraire de la renforcer en la protégeant de l'influence néfaste des moldus...
- En soumettant les moldus et les sorciers nés-moldus ! C'est absurde et cruel ! J'ai vu les résultats de votre politique au ministère. Les nés-moldus se font priver de leur baguette sous prétexte qu'ils l'auraient volés à un sorcier ! C'est n'importe quoi ! Alors que les vieilles familles qui entretiennent le sang pur deviennent tarées à cause de la consanguinité. Il suffit de voir Crabbe et Goyle junior, à peine capables de formuler une phrase correcte. J'imagine que leurs pères ne se sont pas empressés de les présenter comme futures recrues…
Harry avait retrouvé sa hargne. Mais Voldemort, le fit taire d'un informulé, l'empêchant de continuer, et comme si cela ne suffisait pas, il posa un doigt sur ses lèvres et s'assit sur le rebord du lit.
- Comme tout nouveau gouvernement, il va nécessiter quelques ajustements. Si tu me rejoins, tu pourrais l'améliorer de l'intérieur... Une fois tes ASPICS obtenus, je poursuivrais ton apprentissage, que tu le veuilles ou non. Mais si tu continues à me défier, je pourrais rendre les choses bien moins plaisantes pour toi. J'ai eu peur d'y être allé trop fort tout à l'heure mais à ce que je constate, il en faut plus pour ébrécher le grand Harry Potter. Je crois que je vais envoyer un hibou à Bellatrix et Severus pour leur demander un souvenir bien particulier.
Le Gryffondor pâlit soudainement, ses lèvres bougeant en silence tandis qu'il tenait le bras de Voldemort entre ses mains pour l'éloigner de sa bouche. Le mage noir lui jeta un regard plein de condescendance et se leva pour quitter la pièce.
- Inutile de te fatiguer. J'ai prévenu Yaxley que nous n'étions finalement plus disponibles aujourd'hui. Je compte sur toi pour faire preuve de bonne volonté demain. Twix t'apportera ton repas dans ta chambre.
Harry entendit la porte être fermée à clé et il se rallongea lourdement sur le lit. Il avait récupéré sa voix mais déjà que Voldemort avait cette insupportable manière de l'infantiliser, il ne comptait pas se mettre à crier comme un enfant capricieux. Il ne put s'empêcher de faire un parallèle avec les Dursley qui l'enfermaient dans sa chambre dès que sa présence les indisposait. Au moins ici il avait une salle de bain et était sûr de manger à sa faim. Il repensa à la potion de sommeil sans rêve. Voldemort était devenu étrangement prévenant en ce qui concernait sa santé et après tant d'années à essayer de le tuer, c'était assez ironique.
Il somnola jusqu'au repas mais après dîner, il fut incapable de retrouver le sommeil. Il avait déjà beaucoup dormi durant la journée et n'était pas vraiment fatigué, mais il était enfermé dans sa chambre et n'avait même pas un livre à lire. Par ailleurs, il lui manquait quelque chose et il dut réfléchir quelques instants avant de réaliser que c'était l'absence de Nagini qui le gênait. Depuis qu'il était ici, elle était toujours venue s'endormir à ses côtés ou l'avait rejoint au cours de la nuit et il s'était habitué à sa présence. Harry suspectait Voldemort d'être parfaitement conscient de ce fait et même de l'avoir sciemment provoqué. Dumbledore disait que Nagini était le seul être à avoir la confiance de Voldemort et au vu de sa dévotion pour lui, l'inverse était aussi vrai. Celle qui avait été jadis une sorcière avait dû être si terriblement seule que lorsqu'elle avait rencontré l'un des derniers fourchelangues existant sur Terre, elle s'était immédiatement attachée à lui. Voldemort savait depuis longtemps que Harry parlait le fourchelang et lorsque Nagini avait découvert sa qualité d'Horcruxe, Voldemort avait misé sur la détresse du jeune homme emprisonné pour manipuler ses émotions vis-à-vis du serpent géant.
Le fait est qu'à ce moment, il était dans un tel état d'agitation que l'étreinte de Nagini lui semblait indispensable pour se détendre. Après presque deux heures à se retourner dans son lit, il décida de se lever pour essayer d'ouvrir la porte mais elle était toujours verrouillée, tel que l'avait promis Voldemort. Il s'assit contre le mur et commença doucement à siffler en fourchelang pour appeler son amie mais seul le silence lui répondit. Pris d'une soudaine inspiration, il se releva, expira longuement et pointa son bras vers la porte.
- Alohomora !
Il connaissait le fonctionnement basique d'une serrure et n'eut aucun mal à imaginer le mouvement de la pièce de métal. Pourtant, lorsqu'il entendit le cliquetis caractéristique de la porte, il écarquilla les yeux. Il avait réussi ! Il était parvenu à faire de la magie sans baguette ! Il ouvrit doucement la porte pour ne pas faire de bruit et passa la tête pour regarder à droite et à gauche. Il avait prononcé la formule sans vraiment réfléchir à ce qu'il voulait faire. Voldemort allait probablement lui faire payer sa désobéissance, mais quitte à se prendre un maléfice, autant que ça soit pour une bonne raison. Il ne savait pas exactement quelle heure il était et de toute façon il ne pourrait aller bien loin, mais il avait envie de prendre l'air. Comme à Poudlard, lorsqu'il enfilait sa cape d'invisibilité pour s'installer en haut de la tour d'astronomie. Voldemort ne dormait probablement pas, il devait donc être particulièrement silencieux pour atteindre son but. Il se rhabilla, enfila une cape mais garda ses bottes à la main. La maison était plongée dans le silence et l'obscurité mais il atteint rapidement son but et parvint jusqu'à la porte d'entrée sans faire craquer une seule latte de bois. La porte n'était pas fermée et heureusement car il n'était pas certain de pouvoir réitérer son exploit. Dehors, tout était paisible. La fraîcheur de la nuit avait verglacé l'herbe et il fit quelques pas jusqu'à un arbre qu'il avait repéré lors de sa visite avec Nagini. Les branches descendaient assez bas pour qu'il puisse s'y accrocher mais semblaient suffisamment robustes pour supporter son poids. Il se hissa souplement sur la première à sa portée et escalada les suivantes pour atteindre la cime de l'arbre. Puisque le jardin était dépourvu de feuille en cette saison, il avait une belle vue sur toute une partie du terrain. Il s'assit les jambes dans le vide, le dos calé contre le tronc, et ferma les yeux pour mieux profiter de l'air frais de la nuit. L'impression était si apaisante qu'il aurait presque pu s'imaginer de retour à Poudlard, libre et sans autre préoccupation que celle de passer ses examens… Il se mit à réfléchir à sa situation. Durant la journée il avait ressenti une culpabilité écrasante à l'idée d'avoir scellé le destin de la nation sorcière toute entière en s'étant fait capturer. Mais à présent qu'il y repensait sereinement, tout était de la faute de Dumbledore. Lui-même n'était pas parvenu qu'à trouver deux Horcruxes et à en détruire un en le payant de sa vie, alors qu'il était directeur de Poudlard. Comment aurait-il pu faire mieux avec ses connaissances limitées et en étant poursuivi par tous les Mangemorts, Rafleurs et même la plupart des Aurors d'Angleterre ?! Si aujourd'hui Voldemort lui offrait les moyens de protéger au moins les personnes qui lui étaient chères, il serait bien bête de le refuser. Au moment où il pensait cela, une violente bourrasque le projeta en l'air et il n'eut pas le temps de se rattraper à une branche qu'il chutait vers le sol. Il rouvrit les yeux, la tête à quelques centimètres de l'herbe, maintenu en l'air par la magie de Voldemort.
- On peut savoir ce que tu fabriquais dehors à cette heure ?
Le sorcier le relâcha tout d'un coup et Harry s'étala de tout son long dans l'herbe. Il se massa le crâne et se redressa avant de répondre.
- J'avais besoin de prendre l'air. Vous n'aviez pas besoin de venir, je ne pouvais pas aller bien loin.
- Avec toi, on ne sait jamais. Et je t'avais enfermé dans ta chambre aux dernières nouvelles.
Harry haussa les épaules, baissant la tête pour masquer son large sourire.
- Vous ne m'avez pas dit que je n'avais pas le droit de sortir. Et je suis un sorcier !
- Tu y es parvenu ? Félicitations. Je ne pensais pas que tu réussirais aussi tôt. Néanmoins il n'est pas l'heure pour ça. Rentrons.
Harry releva la tête pour lire le visage de Voldemort mais il faisait trop sombre pour distinguer son expression. Il ne semblait finalement pas en colère pour sa promenade nocturne.
- Est-ce Nagini peut venir dormir avec moi ?
Il avait dit cela avec une petite voix, incertain de la réaction du mage noir et celui-ci attendit quelques secondes avant de répondre.
- Tu lui demanderas toi-même, elle fait ce qu'elle veut.
Nagini les attendait dans l'entrée et Harry passa immédiatement sa main pour caresser les écailles lisses de son crâne. Il réitéra sa demande, en fourchelang cette fois, et Nagini tourna sa tête vers son maître pour sonder sa réaction, mais celui-ci continuait de sourire.
- Tu peux rester auprès du garçon si tu le souhaites. Ainsi tu pourras t'assurer qu'il ne retourne pas vadrouiller dans le jardin pendant la nuit.
Harry retourna dans sa chambre en compagnie du serpent géant. Il enfila rapidement son pyjama et lorsqu'il se glissa dans son lit, elle s'était déjà hissée sur sa couette. Il s'installa confortablement, Nagini contre lui et passa un bras par-dessus le corps du reptile.
- Merci d'avoir accepté de venir auprès de moi. Je me sens apaisé quand tu es près de moi.
- Toi et moi renfermons tous deux un morceau d'âme du maître. Nous sommes une famille, comme un tout. Ta magie le sent. Dors maintenant, petit frère, je veille sur toi.
Harry ferma les yeux, mais il ne pouvait s'empêcher de repenser aux paroles de Nagini. Il avait toujours rêvé d'avoir une famille et si les Weasley avaient été pour lui une véritable famille d'adoption, il s'était toujours senti comme une pièce rapportée. Nagini était devenue en un temps record une sorte d'étrange grande sœur, à la fois complice, protectrice mais aussi moralisatrice. La découverte de leur nature commune d'Horcruxe avait établi un lien intime et invisible, comblant le trou béant qu'il avait toujours ressenti dans son cœur. Il s'endormit rapidement, le sourire aux lèvres, bercé par la présence à ses côtés.
***/+/***
Le lendemain matin, il se réveilla sur de nouvelles résolutions : Voldemort était invulnérable et avait pris le pouvoir en Angleterre mais il était bien décidé à tout faire pour protéger ses amis, de préférence sans bafouer ses convictions profondes. Il n'avait pas trente-six solutions : il devait faire bonne figure auprès Voldemort et suivre ses directives pour gagner plus de liberté et pouvoir agir de l'intérieur. Cela prendrait du temps mais c'était le meilleur moyen. Ne sachant pas l'heure qu'il était, il fit sa toilette, se rasa et s'habilla des habituels vêtements noirs qui se trouvaient dans son placard. Sachant qu'ils se rendraient au manoir Malefoy, il enfila un justaucorps à manches longues ainsi qu'un pantalon de coton avant de mettre sa robe sorcière. La tenue lui faisait penser à un sherwani, cette tunique que portaient les hommes en Inde. Elle était droite et cintrée et lui arrivait au niveau des genoux. Même s'il avait toujours préféré porter des jeans, il appréciait la sobriété du vêtement, malgré cette couleur noire unie un peu trop austère à son goût. Il essaya vaguement de discipliner ses cheveux en les orientant en arrière. Ils commençaient à être un peu longs et avec leur propension à partir dans tous les sens, sa chevelure commençait à ressembler à celle qu'avait son parrain…
Au rez-de-chaussée, la salle à manger était déserte mais à peine fut-il entré que l'elfe de maison apparut dans un bruit de claquement.
- Qu'est-ce que monsieur désire manger ?
- Euh, tout d'abord, quelle heure est-il ?
- Onze heure treize exactement.
Sachant que Voldemort ne déjeunait jamais (il ne l'avait d'ailleurs jamais vu consommer autre chose que son thé/café du matin), Harry réclama plusieurs sandwichs salés accompagné d'un grand mug de thé. Il voulait se caler l'estomac suffisamment pour ne pas avoir faim jusqu'à l'heure du dîner et l'elfe semblait enchanté d'avoir enfin quelqu'un pour qui cuisiner. Après son repas, il rejoignit le jardin pour se promener, Nagini sur ses épaules. Il avançait péniblement à cause du poids du reptile, et espéra que Voldemort lui proposerait une solution plus pratique pour Poudlard. Il ne savait pas bien à quelle heure le mage noir avait prévu de rejoindre le manoir Malefoy mais il avait envie de se dégourdir les jambes avant probablement des heures de discussion sur ce qu'il devrait dire ou pas lors de son allocution. Il redoutait d'avance cette confrontation avec la presse. Une dizaine de minutes plus tard, Voldemort apparu dans le jardin et se dirigea directement vers eux.
- Bien, puisque vous êtes ici, allons-y.
Comme la veille, Nagini vint s'enrouler autour de son torse de son maître et Harry s'attendait à ressentir la même poigne de fer autour de son cou, mais cette fois le mage noir l'attira contre lui en passant son bras autour de sa taille. Voldemort était plus grand que lui de plusieurs centimètres et Harry avait sa tête tout contre sa clavicule, maintenu de force dans une proximité qui le rendait mal à l'aise. Heureusement, cela ne dura quelques secondes et il le relâcha dès que le sol se fut matérialisé sous leurs pieds.
- Merci de ne pas m'avoir enserré la gorge comme hier.
Voldemort hocha la tête sans même le regarder, le conduisant à travers le manoir Malefoy. Ils arrivèrent finalement dans un petit salon.
- Attendez-moi ici.
Harry s'assit sur un fauteuil et Nagini vint s'enrouler autour de ses jambes, la tête posée sur ses genoux. Il avait commencé machinalement à lui frotter le dessus du museau, perdu dans ses pensées, lorsque Peter Pettigrow entra dans la pièce. L'animagus leur jeta un regard terrifié et Harry se leva immédiatement, Nagini à ses côtés.
- Potter ! Vous êtes ici… Le maître…
Il regarda à droite et à gauche comme si Voldemort était caché quelque part et Harry décida de jouer un peu avec la couardise du Mangemort.
- Nagini. Regarde, le sale rat dont nous parlions l'autre jour ! Je suis sûr qu'il a même peur de son ombre.
Nagini tourna sa gueule vers Pettigrow et celui-ci sortit sa baguette de son manteau, persuadé que Harry exhortait le serpent à l'attaquer.
- Potter ! Vous… le maître vous a enseigné le fourchelang ! Que faites-vous ?!
Harry continua à sourire alors que Nagini se redressait sur toute sa hauteur, la rendant particulièrement impressionnante alors qu'elle dardait sa langue fourchue vers l'animagus.
- Il pointe sa baguette sur toi ! J'espère que le maître va m'autoriser à le dévorer. Reste derrière moi.
- Quel idiot. Il pense que Voldemort m'a enseigné le fourchelang. Tu le terrifies tu sais, je ne pense pas qu'il oserait vraiment m'attaquer.
Nagini appela Voldemort et Harry perdit son sourire. Le mage noir n'allait sans doute pas apprécier de se faire déranger. Il eut à peine le temps de cligner des yeux qu'un sortilège projeta Pettigrow contre le mur le plus proche.
- Dis-moi, Queudver, as-tu déjà oublié lorsque j'ai dit hier qu'Harry Potter était intouchable ? Tu oses enfreindre mes ordres ! Endoloris !
Pettigrow tressauta sur le sol en couinant sous l'effet de la douleur et Harry détourna le regard, pris de pitié pour celui qui avait pourtant commis les pires bassesses.
- Maître, je vous en supplie… J'ai agi par instinct. Pitié…
- C'est la dernière fois que tu me désobéis, Queudver. Une autre erreur et c'est ta vie que je prendrais. Endoloris !
L'animagus reçut une nouvelle vague de douleur qui lui arracha un hurlement strident et Voldemort se tourna vers Harry.
- Dis-moi, Harry, aimerais-tu que je le tue pour toi ? Admets-le, l'idée est tentante, n'est-ce pas ? Moi j'aimerais tellement te voir tuer, Harry Potter… Je ne ressens désormais plus la moindre émotion en ôtant une vie, mais tu n'imagines pas combien je rêve de te voir le faire.
Harry détourna le regard, incapable cependant de répondre honnêtement à la question de Voldemort. S'il avait bien souhaité la mort de Pettigrow, notamment après la mort de Cédric, il n'était pas prêt à lancer le sort fatidique pour autant. Il remarqua alors la présence de Lucius Malefoy et Corban Yaxley qui le fixaient avec un air calculateur. Les deux mangemorts souriaient, totalement insensibles à la souffrance de Pettigrow et Voldemort passa une main autoritaire dans son dos pour l'inciter à les suivre. Il le mena dans ce qui devait être le bureau de Lucius Malefoy et Harry put découvrir une pièce somptueuse aux murs surchargées de livres et d'objets magiques, meublée d'un large bureau en bois sculpté et d'un fauteuil cuir. Deux chaises en bois sombres avaient été rajoutées et Voldemort alla s'installer à la place du chef de maison, sous le regard désabusé de Lucius Malefoy tandis que Nagini en profitait pour rejoindre les épaules de son maître. Plusieurs parchemins attendaient déjà sur le bureau et Harry fut invité à s'asseoir sur l'une des chaises tandis que Yaxley prenait place face à lui et Malefoy restait debout derrière lui. Yaxley prit la parole de sa voix mielleuse, rappelant à Harry son comportement lors du procès de Miss Cattermole. Rien ne devait lui faire plus plaisir que d'obéir aux ordres de son maître depuis son retour au pouvoir...
- Monsieur Potter. Nous avons listé ce que nous attendions de vous. Votre discours doit non seulement convaincre l'opinion publique mais aussi surtout l'Ordre du Phénix. Il aura lieu dans le hall du Ministère, ce samedi à 14 heures. N'oubliez pas que la sécurité de vos amis dépend de votre crédibilité.
- Je ne risque pas de l'oublier, monsieur Yaxley, j'ai pu voir personnellement ce que le ministère réservait à ses opposants... Je veux vraiment convaincre mes amis pour qu'ils ne prennent aucun risque et restent en sécurité. Ceux qui me connaissent savent que je n'aurais jamais pris cette décision de moi-même tant je déteste tout ça, donc je dois être parfaitement clair. Je ne veux surtout pas qu'ils tentent quoi que ce soit en pensant que je suis retenu contre mon gré ou sous Imperium. Et c'est pour cela que je dois écrire mon discours moi-même.
Il se saisit d'une plume et d'un parchemin vierge et commença à rédiger ce qu'il avait imaginé quelques heures auparavant. Nul doute que ses alliés comme ses détracteurs allaient écouter son discours très attentivement. Ron et Hermione le connaissaient mieux que personne et l'esprit affûté de son amie allait chercher le moindre sens caché à ses phrases. Les Weasley, Lupin, Tonks et Shacklebolt… Nombreux devaient actuellement savoir qu'il avait été capturé et guetter la moindre information du camp adverse. Il allait devoir se montrer prudent pour éviter toute mauvaise interprétation, quitte à préciser certaines choses une fois de retour à Poudlard. Derrière le bureau, Voldemort l'observait avec attention, comme s'il cherchait à pénétrer ses pensées, mais Harry préféra en faire abstraction pour se concentrer sur sa tâche. Finalement, après plus d'une vingtaine de minutes à écrire, il fit glisser le parchemin vers Voldemort qui le lut avec attention.
- Et bien je constate que tu prends ce discours au sérieux. Est-ce que des membres de l'Ordre t'on aidé dans ta fuite?
Harry dut se concentrer un instant pour répondre en fourchelang.
- Non. Dumbledore ne voulait pas que l'Ordre intervienne. Je me suis donc enfui de chez les Weasley sans rien dire à personne la nuit du 1e août, lorsque vous avez pris le pouvoir et que vos Mangemorts ont visité toutes les maisons reliées à l'Ordre...
Il leva la main pour l'interrompre.
- Je vois. Si on te demande, tu diras que tu es hébergé chez Lucius et Drago corroborera cela à Poudlard. D'ailleurs Lucius, ton épouse ira lui acheter des fournitures. Nous allons servir une belle histoire pour nourrir l'opinion publique et par là-même faire douter les quelques voix dissidentes qui persistent à nous nuire. Les rares membres de l'Ordre au courant de la capture de Potter ne s'attendent certainement pas à le voir en pleine forme et de retour à Poudlard.
Lucius hocha la tête et Yaxley prit la parole.
- C'est un plan parfait monseigneur. Quelle ingénieuse idée d'avoir gardé Potter en vie !
Harry se mordit la lèvre pour ne pas rire face à la flagornerie des deux Mangemorts et Voldemort dû le lire dans son regard car il s'empressa de le provoquer.
- D'autant que Potter se montre étonnamment perspicace. Après tout ce que m'avait raconté Severus à son sujet, je m'attendais à faire face à un inepte abruti. Mais c'est tant mieux, cela ne fait que renforcer ma volonté de l'avoir à mon service.
En disant cela, le mage noir s'était levé et avait soulevé le menton de Harry pour plonger son regard dans le sien. Comme la dernière fois, le Gryffondor se trouva incapable de s'extraire de sa contemplation, comme s'il était pétrifié par un maléfice. Voldemort avait des yeux hypnotiques et il avait presque envie de s'approcher pour les observer de plus près. S'il avait retrouvé son apparence humaine et son sourire magnétique, il avait conservé ces pupilles rouges et verticales, preuve de son affinité pour la magie noire. Il libéra Harry de son emprise avec une expression moqueuse.
- Lucius ! Conduit Potter auprès de Bellatrix et dis-lui de veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. Je ne tiens pas à ce que l'incident de tout à l'heure se reproduise.
Harry se leva, rapidement rejoint par Nagini, et suivit Lucius Malefoy jusqu'à un petit salon où Bellatrix Lestrange prenait le thé avec Narcissa Malefoy. Bellatrix se leva immédiatement avec un large sourire tandis que Narcissa ne masquait pas son dégoût de se retrouver à proximité du familier de Voldemort.
- Bellatrix ! Notre seigneur a demandé de garder Potter avec toi et de veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. N'oublie pas qu'il est notre invité, Pettigrow s'est pris quelques Doloris tout à l'heure pour avoir pointé sa baguette sur Potter.
- Bien sûr ! Le gentil petit Potter est devenu le précieux jouet du maître ! Asseyez-vous, Potter ! Tu peux disposer, Lucius. Le maître sait qu'il peut avoir confiance en moi pour qu'il n'arrive rien à notre invité.
Harry s'assit dans le fauteuil le plus proche avec un soupir et parcouru la pièce du regard. Il lui semblait que le nombre de salons qui composait le manoir Malefoy était infini. Nagini s'était de nouveau enroulée autour de son torse mais il ne lui accorda qu'une attention minime, préférant se plonger dans ses pensées. Voldemort jouait déjà bien assez avec ses émotions et il ne voulait surtout pas se laisser provoquer par Bellatrix et ses bouffonneries. Il ne s'attendait cependant pas à ce que madame Malefoy s'adresse directement à lui et il tourna immédiatement la tête en entendant sa voix.
- Désireriez-vous une tasse de thé, monsieur Potter ?
- Oh ! Euh, oui s'il vous plaît. Merci.
Elle claqua des doigts et un elfe lui apporta bientôt une tasse avant de disparaître. Narcissa la remplit et la poussa vers Harry qui s'empressa de la récupérer. Le thé était délicieux et lui apporta une chaleur apaisante.
- Monsieur Potter, je n'irais pas par quatre chemins. Le Seigneur des Ténèbres souhaite confier à Drago la tâche de vous surveiller une fois de retour à Poudlard. Je sais que vous n'avez jamais été en bons terme mais… s'il vous plaît, ne faites rien qui puisse nuire à mon fils. C'est en tant que mère que je vous demande cela. Le Seigneur des Ténèbres ne lui pardonnerait pas si…
- Cissy ! Tu t'humilies…
Harry haussa la voix pour couvrir celle de Bellatrix et par là même lui couper la parole.
- Rassurez-vous, madame Malefoy. Je ne compte pas m'enfuir ni faillir à ma parole auprès de Voldemort. Je suis parfaitement conscient qu'il s'en prendra directement à mes amis si je désobéis.
Narcissa et Bellatrix avaient frémit en entendant le nom de Voldemort et Bellatrix s'était levée, le poing serré.
- Tu oses prononcer le nom du Seigneur des Ténèbres !
Harry haussa les épaules et Nagini se redressa, fixant Bellatrix de ses yeux jaunes. Bellatrix se rassit immédiatement et Harry lui jeta un sourire moqueur.
- Il ne me l'a pas interdit et croyez-bien que je suis très attentif à ses paroles. J'ai bien plus à craindre qu'un simple Doloris si je ne respecte pas ses règles.
Si Bellatrix semblait furieuse, Narcissa paraissait rassurée par les paroles de Harry. Il reporta la tasse à sa bouche pour boire une nouvelle gorgée de thé, tout en caressant Nagini pour la remercier de son autre main. Le serpent était définitivement son meilleur atout face aux Mangemorts. Il se demanda si Bellatrix aurait été jusqu'à désobéir à son maître, s'il était parvenu à la provoquer suffisamment…
Le reste du thé se passa dans un silence pesant, seulement entrecoupé par le tintement des tasses sur leurs soucoupes. Il s'ennuyait ferme et avait hâte de pouvoir retourner à sa lecture, de sorte que lorsque Voldemort entra dans la pièce, il se leva immédiatement. Celui-ci ne sembla pas prêter attention aux deux autres personnes qui s'étaient aussi levées à son arrivée et fit signe à Harry de s'approcher.
- Harry, Nagini, nous rentrons à la maison.
Harry prit soudain conscience que le mage noir était le premier à lui avoir offert une chambre à lui. Chez les Dursley, il avait occupé la seconde chambre de Dudley par crainte qu'on sache qu'il ne dormait dans le placard sous l'escalier, mais il ne s'y était jamais senti chez lui. De toute façon les Dursley n'avaient jamais perdu une occasion pour lui rappeler qu'ils ne l'hébergeaient que parce qu'ils y étaient obligés. Il rejoignit rapidement Voldemort, Nagini sur les talons et celui-ci le guida jusqu'à la sortie. Comme à l'aller, il passa un bras dans le dos de Harry pour le maintenir tout contre lui et ils transplanèrent jusqu'à leur demeure. Harry ne cacha pas son sourire en voyant le manoir isolé apparaître devant eux. La nuit était déjà tombée et accentuait l'impression de sérénité qui émanait du domaine entouré par les bois. Harry n'aurait jamais cru qu'il puisse se sentir autant en paix en compagnie de son plus mortel ennemi, mais comparé à ces derniers mois de fuite perpétuelle, les simples mots « rentrer à la maison » étaient pour lui synonyme d'un intense soulagement. Voldemort ne manqua pas de s'en étonner. Alors qu'ils venaient de passer la porte d'entrée, il le retint par le bras.
- Pourquoi souris-tu ? Qu'est-ce que tu manigances ?
- Quoi ? Je ne manigance rien, comme vous dites. Juste une pensée qui m'a fait sourire. Mais vous allez me trouver ridicule…
- Dis-le tout de même.
Harry soupira.
- Et bien, je me suis aperçu que vous avez été le premier à me donner une chambre. J'imagine que c'est assez pathétique de s'émerveiller d'avoir une chambre à soi à 17 ans.
Voldemort resta interdit une seconde avant de recomposer un visage sourire moqueur.
- Effectivement je ne m'attendais pas à ça. Mais c'est une bonne chose que tu trouves des aspects positifs à ta situation. L'avantage c'est qu'avec la misérable vie que t'ont fait mener tes moldus, tu n'es pas très difficile à satisfaire.
- Je n'aurais pas eu à supporter une famille pareille si vous n'aviez pas tué mes parents… Mais eux n'avaient aucune raison d'être aussi cruels avec moi. La seule fois où Dumbledore est intervenu, c'est quand ils ont voulu me mettre dehors... Au moins vous, depuis que vous avez découvert que je suis un Horcruxe, vous tenez parole…
- Prophétie ou non, j'aurais tôt fait de tuer James Potter. C'était un insupportable empêcheur de tourner en rond. Quant à toi, je voulais te tuer pour la menace que tu représentais. Mais découvrir que tu es l'un de mes Horcruxes a changé la donne. Je te l'ai dit, je prends soin de mes affaires. Et je compte bien te voir œuvrer à mes côtés.
***/+/***
Plusieurs jours passèrent jusqu'au samedi fatidique. Harry avait continué à s'entraîner à la magie sans baguette sous l'œil exigeant de Voldemort et il était désormais capable d'attirer à lui les petits objets sur quelques mètres de distance. Mais ses sorts restaient lents et requerraient toute sa concentration, bien loin de ce à quoi Voldemort était capable.
Harry n'avait pas vu le temps passer et s'était surpris à trouver ce quotidien agréable, même s'il s'en sentait toujours un peu coupable. Ron et Hermione lui manquaient mais les savoir en sécurité l'aidait grandement à supporter cette distance. Il les avait mis si souvent en danger qu'il ne pouvait aussi s'empêcher de penser qu'ils étaient mieux sans lui, d'autant que Nagini ne l'avait presque jamais quitté, comblant efficacement son besoin d'affection.
Le samedi matin, il se trouva incapable d'avaler quoi que ça soit tant il avait l'estomac noué par le stress. Il allait être séparé de Nagini tout le temps de sa présence au Ministère et cela ne l'aidait pas à se calmer. Voldemort ne manqua pas d'ironiser sur la situation.
- Tu m'as affronté plusieurs fois sans faillir, décapité un Basilic, volé l'œuf d'un dragon et tu es effrayé par une bande de journalistes !
- Je préfèrerais encore devoir repasser l'épreuve du Magyar à pointes. Et je sais que la vie de mes amis dépend de ce discours donc oui je ne peux pas m'empêcher de stresser.
- Le texte que tu avais rédigé me semblait très convaincant. À moins que tu n'aies décidé de profiter de cette tribune pour révéler tous mes secrets…
- Arrêtez-ça. Je n'ai pas changé d'avis, je ne suis pas inconscient au point de tout foutre en l'air. Je ferais ce que j'ai à faire.
Voldemort les fit transplaner une heure avant le discours jusqu'à la demeure de Corban Yaxley. Harry portait des vêtements spécialement achetés par Narcissa Malefoy sur ordre de Voldemort et il avait l'impression de se préparer pour une pièce de théâtre tant rien de tout cela ne lui semblait naturel. La robe sorcière qu'il portait était amidonnée et brodée de fils d'argent et de petites pierres vertes. Elle était noire et descendait jusqu'à ses chevilles, lui donnant une allure de parfait descendant de Serpentard. Il avait attaché ses cheveux en arrière pour éviter de les avoir dans les yeux et mettre en valeur la cicatrice sur son front mais cette apparence était tellement éloignée de celle qu'il arborait à Poudlard qu'il se demanda si ses amis n'allaient pas douter de son identité. Désormais il était trop tard pour se changer. Voldemort se désillusionna et Yaxley les fit rejoindre le Ministère par le réseau des cheminées. L'estrade apprêtée pour Harry n'était désormais qu'à quelques mètres et il sentit son angoisse monter. Il était encadré par Pius Thicknesse et Corban Yaxley mais ils avaient rapidement été rejoints par Lucius Malefoy et Dolores Ombrage. Cette dernière l'avait gratifié de son sourire le plus horripilant, lui donnant une furieuse envie de lui jeter un sort. Dans la foule il reconnu quelques visages, dont Percy et Arthur Weasley, ainsi qu'Albert Runcorn, le sorcier dont il avait pris l'apparence lors de leur infiltration. Il prit une profonde inspiration et réajusta ses lunettes sur son nez. Il savait ce qu'il devait dire.
- Bonjour à tous. Tout d'abord je voudrais remercier le Ministère, qui me permet de m'expliquer publiquement sur mes actions de ces six derniers mois. J'ai inquiété de nombreuses personnes par ma conduite irresponsable et je m'en excuse. Depuis mon entrée à Poudlard, le professeur Dumbledore avait été comme un père de substitution pour moi et son décès m'a profondément choqué. Il m'avait abreuvé de ses exploits et si souvent raconté ses aventures que je me suis inventé une mission. Tous mes amis savent combien j'ai toujours détesté ces surnoms d'Élu ou de Survivant, d'autant qu'à mes yeux je ne les mérite en rien, et en inventant cette histoire, je voulais quelque part mériter ce pouvoir que les gens me prêtent. Je ne veux surtout pas justifier mon comportement, je suis entièrement responsable des mauvaises actions que j'ai pu commettre. J'ai fugué le lendemain de mes dix-sept ans, sans prévenir qui que ce soit, je me suis mis en danger et j'ai mis en danger ma meilleure amie qui a cru à mon histoire. J'ai honte de ma conduite et j'ai de la chance que des Aurors soient finalement parvenus à me retrouver. Je dois aussi remercier monsieur Malefoy qui a généreusement accepté de m'héberger jusqu'à la fin de mes études. Je vais retourner à Poudlard et essayer de rattraper mon retard pour passer mes ASPICS à la fin de l'année. Merci de m'avoir écouté.
Plusieurs voix s'élevèrent dans la foule, mais Pius Thicknesse prit sa suite avec un large sourire, étendant ses bras devant lui comme pour englober les journalistes qui se pressaient devant lui.
- Mesdames et messieurs. Monsieur Potter a tiré des leçons de sa mésaventure et le ministère de la justice a décidé de lui offrir l'opportunité de se racheter. Après tout, il n'y a pas mort d'homme et mon prédécesseur Rufus Scrimgeour a aussi une part de responsabilité dans cette histoire, en apportant autant de crédit aux allégations de Dumbledore comme il l'a fait l'année passée. Vous vous demandez peut-être pourquoi monsieur Potter bénéficie d'un tel traitement de faveur ? Rappelez-vous qu'au-delà du Survivant, il est surtout un orphelin, élevé par de sombres moldus, loin de nos coutumes et de nos lois, et dont les Potter dans leur grande naïveté, avaient fait de Sirius Black le parrain. Qui ne mériterait pas mieux notre indulgence ? C'est pour réparer notre erreur que Lucius Malefoy dans sa grande bonté s'est proposé pour faire de Harry Potter sa pupille malgré qu'il ait atteint la majorité. Désormais le ministère avancera vers l'avenir en s'appliquant à mieux protéger nos jeunes générations. Ça sera tout, je vous remercie !
Une salve nourrie d'applaudissement retentit. Harry avait le feu aux joues, partagé entre l'énervement et la gêne. Il n'avait jamais eu l'intention de remettre son statut d'orphelin sur le tapis pour apitoyer l'opinion publique, mais plus encore, c'était la mention à Sirius Black qui le touchait. Il baissa les yeux pour éviter de fusilier Thicknesse du regard, aidé par la main de Yaxley sur son bras. Il aurait aimé pouvoir s'éclipser, mais il ne put éviter la photo pour la Gazette en compagnie de trois représentants du ministère et de Lucius Malefoy. Comme il s'y attendait, ce fut ensuite Arthur Weasley qui l'interpela.
- Harry. Je peux te parler un instant ?
Il se dégagea de l'emprise de Yaxley pour se rapprocher du père de famille.
- Monsieur Weasley. Je suis heureux de vous voir. Je suis sincèrement désolé. Je vous ai causé beaucoup de soucis.
- Ne t'inquiètes pas, Harry. Je suis vraiment soulagé de te voir en vie. Tout le monde sera très soulagé. Est-ce que tu vas bien ? Tu sais que tu peux revenir à la maison quand tu veux, n'est-ce pas ?
- Merci. Vous transmettrez mes remerciements à madame Weasley aussi. Je vais bien, je vous promets que je suis bien traité. Mais ils m'ont confisqué ma baguette pour le moment et je retourne à Poudlard dès la semaine prochaine. Est-ce que Ron va mieux ? Et les autres ? Est-ce que vous avez retrouvé Hermione ?
- Je vois. Ron guérit peu à peu. On a rarement vu une éclabouille durer aussi longtemps. Nous avons eu des nouvelles de Hermione récemment. Elle va bien. Ne t'inquiète pas pour nous, prend soin de toi. Et surtout si tu as besoin de quoi que ce soit… Ginny est à Poudlard, elle pourra nous contacter.
- Promis. Dites à tout le monde que vais bien et que je suis vraiment désolé. J'emprunterais une chouette à Poudlard pour vous donner de mes nouvelles. Je dois y aller. Merci encore, monsieur Weasley.
Il rejoignit Yaxley qui semblait s'impatienter et le Mangemort resserra sa poigne sur son bras à peine fut-il à portée.
- Allons-y, Potter. Vous avez suffisamment bavardé.
Yaxley avait baissé la voix et l'avait entraîné vers son bureau, suivis de près par Lucius Malefoy.
- Monsieur Weasley aurait trouvé ça inquiétant si j'avais refusé de lui parler. Désormais il pourra confirmer que je suis en bonne santé et que j'ai mon libre arbitre. C'était l'un des buts de ce discours, je vous le rappelle.
Yaxley sortit sa baguette et la pointa vers les côtes de Harry avec un regard mauvais.
- Pas de ça avec moi, Potter ! Gardez cet air condescendant pour vos admiratrices.
Mais Harry ne se laissa pas démonter.
- Et vous, rangez votre baguette si vous ne voulez pas subir la même chose que Pettigrow. Il nous attend dans votre bureau, il me semble…
Yaxley baissa sa baguette et Lucius eut un regard moqueur.
- Attention Corban, Potter devient un vrai serpent au contact de notre seigneur.
- Je prends ça comme un compliment. Il faut bien que je me fonde dans la masse, après tout officiellement vous êtes sensé être mon tuteur, monsieur Malefoy.
Lucius Malefoy hocha la tête. Il semblait avoir repris de l'assurance depuis sa capture et sans doute la satisfaction de Voldemort y était pour quelque chose. Ils étaient arrivés au bureau de Yaxley et les deux Mangemorts parcoururent la pièce du regard, comme s'ils avaient la moindre chance de percer le sortilège de Voldemort. C'est sans grande surprise que Voldemort se matérialisa derrière le bureau de Yaxley, confortablement assis dans le fauteuil du chef du Département de la justice magique.
- Ah messieurs ! Voilà une bonne chose de faite. Tu n'es pas un si mauvais orateur finalement, Harry. Je suis certain qu'une carrière de politicien pourrait te convenir.
Harry fit la grimace, répondant du tac au tac.
- La politique, je déteste ça ! J'espère que ne comptez pas sur moi pour participer à tout ce cirque. Vous avez déjà suffisamment de pions pour cela, il me semble.
Il avait tout de même pris soin de terminer sa phrase en fourchelang, incertain de la réaction de Voldemort face à son refus catégorique. Au-delà de ça, il appréciait de voir le visage des Mangemorts plongé dans la perplexité face à une discussion à laquelle ils ne pouvaient rien comprendre.
Un rictus déforma le visage de Voldemort et sa réponse fit perdre tout sourire à Harry.
- N'aie crainte, Harry Potter. Je te l'ai dit, j'ai prévu de grandes choses pour toi. Tu peux être certain que je saurais mettre tes compétences au service de mon empire. Mais nous verrons cela en temps voulu. Lucius, Harry utilisera ta cheminée pour rejoindre Poudlard lundi matin. Dis à ton fils de se tenir prêt. Severus a déjà été mis au courant. Sur ce, nous prenons congé.
En disant cela il s'était levé et avait entraîné Harry jusqu'à la sortie. Lucius Malefoy et Corban Yaxley s'étaient inclinés sur leur passage et Voldemort les avait désillusionnés juste avant de passer le pas de la porte, plus efficacement que sa propre cape d'invisibilité.
- Reste bien contre moi si tu ne veux pas qu'on te remarque.
Harry resta silencieux jusqu'à ce qu'ils eurent regagné la surface. Si auparavant il aurait trouvé cette proximité insupportable, il n'envisagea même pas de s'éloigner du mage noir. Il s'était rapidement résigné à laisser Voldemort assurer sa sécurité, lui-même étant totalement vulnérable sans sa baguette magique. Une fois sortis du Ministère, ils regagnèrent directement la demeure du mage noir et Harry pu regagner sa chambre pour enfiler des vêtements plus confortables. Il rejoignit ensuite la bibliothèque où Voldemort l'attendait.
- Tu t'es déjà changé. Dommage, tu étais plutôt élégant dans cette tenue.
Harry haussa les épaules et commença à déballer le colis de fournitures scolaires que Voldemort avait récupéré chez les Malefoy la veille. Il parcouru chaque affaire flambant neuve et fronça les sourcils.
- Il y a une erreur… Je ne suis pas inscrit en Étude des Runes ni en Étude des moldus.
- Étude des moldus est devenu obligatoire, tu devrais t'y retrouver. Quant à l'Étude des Runes, c'est une discipline indispensable, tu te dois de l'apprendre si tu veux pratiquer un jour l'ancienne magie. Je te ferais rattraper ton retard. Quelles matières avais-tu choisi en troisième année ?
- Divination et Soins aux créatures magiques.
Voldemort secoua la tête.
- Ces enseignements n'ont absolument aucun intérêt, tu as vraiment perdu ton temps, surtout quand on voit qui l'a enseigné durant ces dernières années.
En entendant le ton désabusé du mage noir, Harry ne put s'empêcher de sourire.
- J'imagine bien que ça a dû vous énerver quand vous avez appris que Hagrid était devenu professeur. Un joli coup du sort quand on sait que c'est vous qui l'avez fait exclure.
Voldemort le fusilla du regard mais pour une fois il ne semblait pas enclin à lui jeter un sort.
- Tu te crois drôle ? Un coup du sort nommé Albus Dumbledore ! J'imagine que c'est lui qui t'a raconté cette histoire. Ce vieux fou devait déjà être sénile pour nommer professeur un tel idiot ! Et ne prétends pas qu'il a changé depuis ma scolarité, dois-je te rappeler qu'il a révélé à un parfait inconnu l'emplacement et le moyen d'accéder à la Pierre Philosophale contre un œuf de dragon ?
Harry roula des yeux.
- Hagrid est très généreux et fais trop vite confiance aux gens mais il n'est pas idiot comme vous dites et il a des connaissances exceptionnelles en matière de créatures magiques ! Je n'irais pas prétendre que ses cours étaient tous sans danger, mais c'est grâce à lui que j'ai appris à voler sur le dos d'un hippogriffe, par exemple. Et ce n'est pas le professeur Dumbledore qui m'a raconté cette histoire, en vérité c'est vous-même ! Ou plus exactement le souvenir contenu dans l'Horcruxe du journal.
Le regard du mage noir se fit cette fois intéressé.
- Raconte-moi ! Lucius s'est montré plutôt avare en détails, d'autant que j'étais à deux doigts de mettre fin à ses jours. Comment es-tu parvenu à trouver la Chambre ? Il m'a fallu cinq longues années pour en trouver l'emplacement…
Harry prit le temps de s'asseoir dans un fauteuil avant de commencer son récit.
- Il a fallu deux mois à votre souvenir pour emmagasiner suffisamment d'énergie pour prendre le contrôle de Ginny Weasley et rouvrir la Chambre des Secrets. J'ai entendu le Basilic pour la première fois le soir du 31 octobre, mais j'étais bien loin de faire le rapprochement avec le fourchelang et comme bien entendu j'étais le seul à comprendre quelque chose, mes amis ont cru que c'était mon imagination. Une semaine plus tard, deux élèves ont été pétrifiés en regardant le Basilic au travers d'un fantôme. Lucius Malefoy en a profité pour faire pression sur les autres membres du conseil d'administration et est parvenu à démettre Dumbledore de ses fonctions et faire envoyer Hagrid à Azkaban. Parallèlement à l'occasion d'un duel où Drago Malefoy avait invoqué un serpent pour m'attaquer, tout le monde a découvert que je parle le fourchelang et certains ont commencé à me suspecter d'être un descendant de Serpentard et d'avoir ouvert la chambre. Peu après, Ginny Weasley a essayé de se débarrasser du journal et c'est moi qui l'ai découvert. Votre souvenir était très intéressé par moi et dans un premier temps il s'est montré… plutôt charmeur… Il m'a montré comment vous aviez dénoncé Hagrid, sans se douter que c'était mon ami. J'imagine qu'il aurait bien aimé prendre mon contrôle mais il n'en a pas eu le temps car Ginny a eu peur que le journal ne me dévoile ce qu'elle avait fait et elle l'a récupéré. Au début du mois de mai, deux élèves ont été retrouvées pétrifiées, dont mon amie Hermione Granger. Elle est remarquablement intelligente et elle avait deviné qu'il s'agissait d'un Basilic et qu'il circulait dans les tuyaux. Nous avons aussi été mis sur la piste grâce à la colonie d'Acromentules de Hagrid qui vivait dans la Forêt Interdite. Juste après ça, votre souvenir a entraîné Ginny dans la Chambre des Secrets pour la vider de son énergie vitale et retrouver un corps. C'est à ce moment que j'ai compris que Mimi Geignarde, le fantôme des toilettes du deuxième étage était la première victime du Basilic, ou plutôt VOTRE première victime. En fouillant un peu, j'ai trouvé l'entrée de la Chambre, j'ai tué le Basilic avec l'aide de Fumseck, le phénix de Dumbledore et l'épée de Gryffondor, puis j'ai eu l'idée de planter un croc de Basilic dans le journal juste avant que votre souvenir ne me tue.
- Ah oui, cette fille… Je n'ai fichtrement aucun souvenir de son prénom. Lorsqu'elle est revenue en fantôme, j'ai craint un moment qu'elle ne disculpe mon coupable parfait. Heureusement pour moi ça n'a jamais été le cas et Dumbledore a eu beau essayer de l'interroger, elle a toujours catégoriquement refusé de parler de sa mort. J'en aurais tué bien plus s'ils n'avaient parlé de fermer Poudlard…
Harry ouvrit la bouche, choqué par l'inhumanité des propos de Voldemort. Il ne pouvait pas croire que l'homme parlait de son premier meurtre avec une telle légèreté.
- Ce n'était même pas motivé par la colère ou la vengeance. Rien ne justifiait sa mort… Vous avez beau croire que je vais adhérer à votre idéologie, jamais je ne deviendrais comme vous. Vous êtes un monstre !
Il aura aimé pouvoir se lever et partir sur cette phrase mais Voldemort ne lui en laissa pas le temps, l'immobilisant sur son fauteuil sans même à avoir prononcer la moindre formule.
- Tu crois vraiment que je me préoccupe de ce que tu penses de moi, Potter ? Maintenant que j'ai conquis l'Angleterre, c'est ton âme que je vise. Ta résistance ne rendra que les choses plus excitantes, mais l'avantage lorsqu'on est immortel, c'est qu'on a tout son temps. Tu commettras ton premier meurtre et tu oublieras. Mais tu pourras compter sur moi pour te rappeler que tu as du sang sur les mains au bon moment.
Le mage noir quitta la pièce, laissant Harry tenter d'apaiser son rythme cardiaque. Voldemort jouait avec ses émotions, il le savait et pourtant il ne pouvait s'empêcher de craindre qu'il ait raison. Il n'avait que 17 ans et Voldemort comptait bien le garder sous son giron tout le long de son existence. Parviendrait-il à résister, années après années ? L'homme était un manipulateur hors pair, nul doute qu'il allait le pousser au crime au moment où il s'y attendrait le moins et cette pensée était terrifiante. De retour dans sa chambre, il décida de se prendre une douche froide pour se remettre les idées en place. Il était hors de question qu'il succombe. Il fixa son reflet son reflet dans le miroir.
- Jamais. Ça n'arrivera jamais !
Nagini ne se montra pas ce soir-là, mais de toute façon il était bien trop torturé pour trouver le sommeil. Il passa de longues heures à fixer le plafond de sa chambre et au lever du jour, il arborait la mine pâle et les yeux rougis des gens victimes d'insomnie. Il aurait aimé pouvoir oublier un peu sa situation surréaliste, malheureusement pour lui, Voldemort était toujours prêt à remuer le couteau dans la plaie. Lorsqu'il arriva dans la salle à manger, le mage noir leva sa tasse pour le saluer.
- Bonjour, Harry. Tu as l'air épuisé, n'oublie pas de te coucher tôt ce soir, demain tu retournes à Poudlard. Il est hors de question que tu arrives en retard à tes cours. Je te conduirais chez Lucius à sept heures précises.
Il fusilla le mage noir du regard, ce qui ne devait pas être très impressionnant avec sa tête de déterré, et tenta d'insuffler toute sa haine dans sa réponse.
- 'jour.
Il était très tenté à l'idée d'insulter son hôte et de lui déverser sa haine au visage. Mais c'était se risquer à recevoir un Doloris et vu la baguette de Sureaux posée bien en évidence devant lui, il se doutait que Voldemort n'attendait que ça. Il ferma les yeux et inspira profondément, bien décidé à ne pas tomber dans ses pièges. Il se contenta d'une tasse de lait chaud au miel qu'il but rapidement et se leva de table, bien décidé à aller se promener dans le jardin malgré le froid ambiant. Mais c'était sans compter sur celui qui régissait désormais sa vie.
- Stop ! Suis-moi dans la bibliothèque. Je te rappelle que tu as trois années d'Étude des Runes à rattraper. Une journée entière ne sera pas de trop. Si tu travailles sérieusement, je t'autoriserais peut-être à prendre une collation à midi…
L'accablement que ressentait Harry en cet instant dut se lire dans ses yeux car Voldemort ne put cacher sa satisfaction.
- Allons, inutile de faire cette tête. Tu finiras par y prendre goût… ou peut-être faut-il que je trouve quelque chose pour te motiver ?
- Non merci, ça ira… Connaissant votre penchant pour le sadisme, je préfère ne pas prendre le risque. Je ferais des efforts.
- Bien ! Je savais que saurais te montrer raisonnable.
Voldemort passa une main derrière le dos de Harry pour conduire jusqu'à la bibliothèque et le Gryffondor ne put s'empêcher de frissonner à son contact. Ces derniers jours, il s'était inconsciemment habitué à la présence de Voldemort et il avait failli oublier à quel point il était dangereux…
Etonnement, la journée se passa sans incident. Voldemort se montrait réellement de bon conseil en matière d'apprentissage et les runes étaient comme un langage codé. Il n'avait jamais été particulièrement friand d'énigmes comme Hermione pouvait l'être, mais il avait de bonnes capacités d'observation et une fois la première série de rune mémorisée, il parvenait rapidement à les retrouver dans un texte. Voldemort créait des exercices adaptés, augmentant progressivement la difficulté au fur et à mesure de la journée. Il fut autorisé à prendre une pause pour déjeuner à midi mais il prit juste le temps d'avaler un sandwich et un verre de jus de citrouille avant de retourner dans la bibliothèque, tant il était impatient de progresser. Il avait hâte que Hermione retourne à Poudlard pour pouvoir lui montrer ses progrès. Finalement, Voldemort le stoppa aux alentours de 18 heures.
- Arrêtons-nous là, tu es trop fatigué pour enregistrer correctement les informations, ça ne serait pas constructif de continuer.
Harry hocha la tête.
- Merci. Vous plutôt bon comme professeur.
S'il n'avait pas oublié ses griefs du matin, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine gratitude pour le mage noir qui avait consacré l'intégralité de sa journée à lui enseigner la lecture de runes.
- Tu t'es montré sérieux. Maintenant, parlons un peu de ton quotidien à Poudlard. Severus m'a envoyé une copie de ton futur emploi du temps. Demain tu as Potion et étude des Moldus le matin puis Métamorphose l'après-midi. Tu as un peu de temps libre pour travailler à la bibliothèque ou remplir ta mission auprès de ces élèves dissidents qui forment l'armée de Dumbledore. Comme je l'ai ordonné à Drago, je veux qu'il t'accompagne partout. Si j'apprends que tu lui as faussé compagnie sciemment, je te garantis que tu le sentiras passer tout autant que lui. Je veux que tu sois de retour au manoir Malefoy à dix-huit heures trente au plus tard. Drago t'y accompagnera pour me faire son rapport. Tu utiliseras la cheminée du bureau de Rogue pour te rendre à Poudlard chaque matin et chaque soir. Je vais créer un sac enchanté pour que tu puisses emmener Nagini plus facilement. Elle est là avant tout pour te défendre mais elle n'hésitera pas à t'arrêter si elle estime que tu tentes quelque chose de stupide. Severus aura sans doute mis les enseignants au courant, mais si on te demande, tu n'auras qu'à dire que c'est ton familier. Des questions ?
Harry prit soudain conscience que Voldemort laissait Nagini s'éloigner de lui dans le seul but de lui permettre de poursuivre son instruction. Certes, Nagini était naturellement protégée contre les sortilèges et rares étaient les personnes assez folles pour essayer de l'attaquer. Pourtant, il se sentit touché par ce choix bien loin de l'égoïsme de ces décisions habituelles. Bien entendu, la présence de Nagini était surtout motivée par la crainte de voir Harry s'enfuir, mais au moins il ne serait pas tributaire de la seule présence de Drago pour assurer sa protection. Et puisque Voldemort ne comptait pas lui rendre sa baguette de sitôt, il en était plutôt rassuré. Il secoua la tête pour répondre à Voldemort.
- Tout est clair.
- Bien, j'ai à faire. Je te laisse préparer tes affaires et organiser ton temps comme tu l'entends pour ce soir. J'enverrais Nagini te réveiller demain matin.
Harry regagna sa chambre. Il se sentait aussi impatient qu'à chaque rentrée. Même s'il devrait rentrer auprès de Voldemort chaque soir, retourner à Poudlard allait lui permettre de retrouver un quotidien stable et rassurant. Ce fut donc avec un large sourire qu'il prépara son sac. Il allait retrouver Neville, Luna ainsi que Ginny. Il ne manquerait plus que Ron et Hermione pour que tout redevienne comme avant… ou presque.
***/+/***
Fin du 3e chapitre. Harry nourrit beaucoup d'espoirs pour Poudlard, mais il va découvrir ce que la prise de pouvoir aura eu comme conséquences pour les élèves. J'ai pris un peu d'avance sur le chapitre 4 mais je bloque sur le suivant depuis plusieurs jours. Je pense cependant être capable de le terminer d'ici deux semaines donc je propose de vous retrouver vendredi 25 septembre pour le chapitre 4 ! N'hésitez pas à m'envoyer des review, ce sont comme des perles de bonheur dans le quotidien d'un écrivain de fanfic (et le meilleur carburant qui soit ^^). Yume resonnance j'ai répondu à ta review, je suis très curieuse de connaître tes impressions sur ce chapitre. ;)
