Auteur : Lady Zalia
Type : Angst / Aventure. Rien de trop violent, mais un sale début de semaine en perspective pour notre cher Harry.
Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T. À partir de ce chapitre, Drago prend une place plus importante dans le récit.
Rappel du chapitre précédent : Harry va réintégrer Poudlard sous la surveillance constante de Nagini et Drago Malefoy.
Chapitre 4
Lorsque Harry se réveilla le lendemain matin, il se sentait d'excellente humeur. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas dû se réveiller aussi tôt mais son enthousiasme lui donnait une énergie à toute épreuve. Il prit une douche rapide, se rasa et enfila l'uniforme qui avait été préparé à son attention. C'est alors qu'il remarqua un premier détail qui modéra sa joie : en lieu et place des habituelles couleurs de Gryffondor, il n'y avait désormais plus que du noir. Sa cravate était unie tout comme le revers de sa capuche et de ses manches et l'écusson sur sa robe de sorcier ne portait que l'emblème de Poudlard. Heureusement que sa chemise était blanche. Il avait l'impression de porter la tenue des premières années avant la Cérémonie de Répartition. Lorsqu'il apparut dans la salle à manger, son sac de cours sur l'épaule, Voldemort eut un drôle de sourire en le voyant.
- Bonjour, Harry. Moi qui pensais devoir envoyer Nagini pour te réveiller…
- Bonjour. Pas besoin merci. Pourquoi mon uniforme n'est pas celui de Gryffondor ?
- Etant donné que Drago Malefoy doit assurer ta protection, tu suivras tous tes cours avec les Serpentards. Mais si tu préfères, je peux transformer ton uniforme pour arborer le vert et argent. Je suis certain que cela t'irait parfaitement.
Harry écarquilla les yeux. Il aurait dû s'y attendre, ce n'était qu'une nouvelle vexation sur la liste… Il inspira profondément et s'assit à sa place habituelle.
- Je vois. J'imagine que j'aurais dû m'en douter.
Il réclama un grand mug de thé et un verre de jus de citrouille épicé à l'elfe, ainsi qu'une pleine assiette de tartines beurrées accompagnées de bacon. Il avait le sentiment qu'il allait avoir besoin de toute son énergie et son self contrôle pour survivre à cette journée. Il préféra ignorer son colocataire pour se concentrer sur son déjeuner et trente minutes plus tard, il était prêt, écharpe et cape sur le dos. Voldemort le rejoignit dans l'entrée et lui tendit un sac en bandoulière sobre. Harry passa la sangle autour de son torse et quelques secondes après, la tête de Nagini sortit du sac. Harry ne put s'empêcher de sourire sincèrement en voyant son amie tout contre lui. Les enchantements apposés par Voldemort sur le sac permettaient à Nagini d'être protégée des chocs et du bruit et à Harry de la transporter sans difficulté tout au long de la journée. Il flatta doucement la tête du serpent tout en suivant Voldemort jusqu'à l'extérieur de la maison. Ils transplanèrent et ne tardèrent pas à apparaître devant le manoir Malefoy où ils furent accueillis par Lucius en personne qui les guida jusqu'à la grande cheminée du hall d'entrée.
- Maître. Potter. Drago est retourné à Poudlard dimanche soir. Il se tient prêt à assurer sa mission dès l'arrivée de Potter dans les murs.
- Bien. Vas-y, Harry. Et permets-moi de te rappeler les règles : Enfuis-toi et je me rendrais personnellement chez chacun de tes amis pour les tuer. Les cartes sont entre tes mains...
Harry hocha la tête, le regard sinistre, jeta une poignée de poudre dans l'âtre et prononça distinctement sa destination.
- Poudlard !
Lorsque le paysage autour de lui cessa de tourner, il était dans le bureau du directeur de Poudlard. Il ne put réprimer une grimace en voyant Severus Rogue juste devant la cheminée, vêtu de ses éternelles robes noires. Apparemment, sa nouvelle fonction ne l'avait pas amené à soigner son apparence pour autant.
- Potter. Je n'aurais jamais cru vous voir ponctuel. Un miracle de plus pour le Seigneur des Ténèbres. Suivez-moi.
Harry ne desserra pas les dents jusqu'à la Grande Salle où le spectacle surréaliste qui s'y déroulait lui arracha une exclamation de stupeur.
- Quoi ? Mais…
Face à lui, les quatre tables étaient alignées comme à leur habitude, peuplées de tous âges, bien que les Serpentards semblaient être plus nombreux que les autres maisons. Mais ce qui était terrifiant, c'était le silence morbide qui accueillit leur entrée. Il avait l'habitude de se faire remarquer, mais cette fois, il sentit son cœur se serrer. Aucun visage souriant, aucun signe amical. Plusieurs élèves arboraient d'impressionnantes cicatrices ou contusions au visage, d'autres baissaient les yeux sur son passage. Rogue le mena jusqu'à l'estrade professorale où il reçut tout de même un hochement de tête encourageant de plusieurs professeurs. Le Mangemort se positionna devant le grand pupitre et il n'eut besoin d'aucun Sonorus pour se faire entendre.
- Élèves de Poudlard ! Comme vous pouvez le constater, monsieur Potter a enfin retrouvé le chemin de l'école. Votre soi-disant héros s'est fait attraper par les Aurors mais comme bien entendu il bénéficie d'un traitement de faveur dû à sa célébrité, le ministère s'est contenté de lui confisquer sa baguette plutôt que de l'envoyer à Azkaban. Monsieur Lucius Malefoy ayant été nommé tuteur de Harry Potter jusqu'à ce qu'il obtienne un travail honnête, il restera sous la surveillance de Drago Malefoy parmi les Serpentards de 7e année. C'est tout ce que vous avez besoin de savoir, vous pouvez continuer à manger.
Rogue poussa Harry en direction de la table des Serpentards où Drago s'était levé pour lui permettre de le repérer. Il s'assit mécaniquement à la place libre à côté de Drago, mais releva la tête en sentant un violent coup de pied lui être administré sous la table. Il n'eut même pas le temps de répliquer que Drago pointait sa baguette sur Goyle qui lui faisait face.
- Arrête ça tout de suite, sombre idiot ! Ça vaut aussi pour toutes les personnes à cette table. Crabbe, Goyle, vos pères auraient dû vous en parler. Potter est désormais intouchable. Le premier qui l'embête aura affaire à moi, c'est clair !
Plusieurs hochements de tête ponctuèrent son intervention et Harry admira l'autorité que Drago pouvait avoir sur ses camarades. Il parcouru la Grande Salle du regard et s'aperçu que la plupart des élèves l'observaient plus ou moins discrètement. Manifestement son nom était sur toutes les lèvres. Son protecteur reprit la parole.
- Potter ! Le premier cours de la journée est Potion. Quoi qu'il arrive, tu restes à côté de moi.
- Je sais, Malefoy, je ne suis pas devenu débile !
- Avec toi, on ne sait jamais.
Pansy Parkinson prit la parole, empêchant Harry de surenchérir.
- Pauvre Drago, obligé de faire la nounou de Potter ! Ton père recueille les chiens abandonnés maintenant ?
La jeune fille reçut deux regards noirs.
- Tu crois vraiment que mon père a eu le choix, pauvre cruche ! Le Seigneur des Ténèbres a estimé que Potter avait plus de valeur vivant que mort donc désormais il est avec nous, que cela vous plaise ou non.
Drago se leva de table et Harry lui emboîta le pas. À cause du faible volume sonore, l'atmosphère dans la Grande Salle était pesante et il était content de s'en échapper. Les deux garçons cheminèrent silencieusement jusqu'aux cachots où avait lieu le cours assuré par Slughorn. Ils étaient les premiers arrivés devant la salle et Drago reprit la parole.
- Écoute moi bien, Potter. Si on ne veut pas récolter des Doloris chaque soir, il va falloir se serrer les coudes. On est dans la même galère et ce pour les six mois à venir. J'imagine que le serpent est avec toi ?
Harry hocha la tête et pointa la sacoche du doigt.
- Elle ne me quitte quasiment jamais. Elle a pour consigne de rester discrète donc elle ne sortira pas à moins d'avoir une bonne raison de le faire. Cela dit, est-ce que ce midi on ne pourrait pas déjeuner dehors pour qu'elle puisse prendre l'air ?
- Déjeuner dehors ! Non mais tu as vu le froid qu'il fait ! Non, on déjeunera à table, mais on a un peu de temps avant le cours de Métamorphose, on pourra faire un tour dans le parc si tu y tiens tellement.
Un bruit de pas accompagné d'une respiration sifflante annonça l'arrivée du professeur Slughorn, les faisant se retourner. Le regard du vieil homme s'illumina en reconnaissant Harry.
- Harry Potter ! Nous sommes tous tellement soulagés de vous voir de retour entre nos murs, en vie et surtout en bonne santé ! Vous allez devoir redoubler d'effort pour rattraper tout ce que nous avons fait depuis le début de l'année, mais doué comme vous êtes, je suis persuadé que vous allez y arriver. Est-ce que votre ami Ron Weasley nous rejoindra bientôt ? Je suis profondément navré que mademoiselle Granger ne puisse plus être parmi nous… Les nouvelles règles…
- Ron a contracté une forme tenace d'éclabouille. Son père m'a dit qu'il se rétablissait lentement. Quant à Hermione, il y a une possibilité qu'elle puisse revenir. Comme c'était la meilleure élève du collège, peut-être feront-ils une exception… Ce sera à elle d'accepter ou non.
- Ce serait merveilleux. Elle le mérite, plus que tout autre… Mais je ne voudrais pas qu'il lui arrive du mal. Les choses ici… ont changé. Vous vous en apercevrez par vous-même.
Slughorn avait jeté un regard effrayé en direction de Drago, comme s'il craignait qu'il puisse raconter quelque chose de compromettant à son sujet. Il ouvrit grand la porte de sa salle pour leur permettre d'entrer mais resta dans le couloir pour accueillir les élèves. Harry et Drago allèrent s'installer au premier rang et commencèrent à sortir leurs affaires. Drago se mit à marmonner.
- Cette année, la plupart des professeurs me regardent comme si j'étais un dangereux psychopathe. J'imagine que c'est justifié, mais j'ai vraiment hâte de passer mes ASPICS pour pouvoir changer d'air.
Harry leva les yeux sur le garçon pâle supposé assurer sa protection. Drago Malefoy était quelqu'un d'intelligent qui avait eu la malchance d'être le fils d'un Mangemort en disgrâce. Il savait qu'il n'était ni un meurtrier, ni un bourreau.
- Tu sais, j'étais aux côtés de Dumbledore à ce moment-là. Il avait eu le temps de me stupéfixer sous ma cape d'invisibilité avant que tu n'entres dans la tour. Je sais que tu ne voulais pas le tuer. Pour moi, ça fait de toi quelqu'un de bien.
Le Serpentard plongea son regard vers lui. Il ne souriait pas.
- Je crains malheureusement que la bonté ne soit pas une compétence très utile à notre époque. Quelle ironie, le camp du bien me voit comme un horrible Mangemort et celui du mal comme quelqu'un qui n'a pas le cran d'aller jusqu'au bout.
Harry lui tendit la main.
- Bienvenue au club des élèves de Poudlard avec un karma pourri ! Écoute, je n'ai plus aucune raison de t'en vouloir, comme tu dis on est dans la même galère maintenant. Je ferais mon possible pour nous éviter les ennuis.
Drago hésita un instant avant de lui serrer. La poignée de main ne dura qu'un instant, c'était purement symbolique, et ni l'un ni l'autre n'avait envie de rendre publique cette amitié naissante. D'ailleurs, dès que les autres élèves commencèrent à arriver, ils s'écartèrent comme si de rien n'était, chacun penché sur son livre de Potion. Harry commençait déjà à regretter le manuel du Prince de Sang-Mélé. Il se demanda si Drago accepterait de le suivre dans la salle aux objets cachés pour l'y récupérer. Voldemort voulait qu'il ait de bons résultats en classe, mais il n'avait rien précisé sur la méthode. Durant le cours, il se montra plus attentif qu'il ne l'avait jamais été. De toute façon il n'avait personne avec qui discuter donc autant se montrer sérieux. Il vérifia minutieusement la liste des ingrédients et les étapes à suivre, prit son temps pour les découpes et compta soigneusement les tours sans se tromper de sens. À la fin des deux heures, sa potion n'était pas exceptionnelle mais elle était réussie et Slughorn le félicita. Au moins dans ce cours, Harry pouvait se passer de baguette magique. Le reste de la journée allait sans doute être beaucoup moins intéressant puisqu'il allait devoir se contenter de la théorie.
Le cours suivant était l'Étude des moldus, enseigné par Alecto Carrow, qu'il avait pu rencontrer lors de la dernière réunion de Mangemorts. Il se doutait que l'enseignement serait absurde mais Voldemort avait été parfaitement clair. S'il manquait de respect à l'un de ses Mangemorts, Rogue se ferait un plaisir de le dénoncer. Comme au cours précédent, il suivit Drago jusqu'au premier rang et s'assit à ses côtés. Contrairement au cours de Potion, qui était réservé aux élèves ayant obtenu leur BUSE dans cette matière, l'Étude des moldus était désormais obligatoire. Il croisa le regard de Neville et Seamus, Lavande et Parvati. Apparemment les Gryffondors étaient rassemblés avec les Serpentards, mais amputés de tous les élèves d'ascendance moldue, il ne restait plus grand monde chez les rouges et or. Harry aurait aimé pouvoir discuter avec ses anciens camarades de dortoir, mais à peine était-il entré dans la salle que le regard de la Mangemort s'était fixé sur lui, le mettant au défi de la provoquer de quelque manière que ce soit. Il ouvrit son carnet de note, prêt à recopier tout ce que l'horrible femme allait dire. Il ne devait pas réfléchir, ne prendre la parole sous aucun prétexte…
- Ah ! Je rencontre enfin le fameux Harry Potter ! Il paraît que tu as été élevé par des moldus, Potter, tu vas donc pouvoir participer !
Harry se mordit l'intérieur de la joue pour s'empêcher de répondre. Il allait devoir se montrer plus intelligent qu'elle. Durant tout le cours, il se contenta de hocher la tête, répondant par monosyllabes lorsqu'elle l'interpelait directement. Il nota scrupuleusement chacun de ses propos mais lorsque la fin des cours arriva, il aurait été incapable d'expliquer ce sur quoi il portait. Le discours d'Alecto était vulgaire, décousu et répétitif. La Mangemort semblait incapable de la moindre argumentation et lorsque Seamus la contredit, sa seule réaction fut de lui envoyer un maléfice au visage, l'obligeant à quitter le cours le nez en sang, soutenu par Neville. Le plus dur pour Harry, était de voir ses camarades souffrir sans pouvoir réagir. Il était pieds et poings liés par son marché avec Voldemort et les Gryffondors devaient sans doute s'étonner de son manque de réaction. Lui qui avait toujours crié haut et fort pour dénoncer les injustices sous Ombrage se retrouvait désormais à détourner le regard.
Durant la pause méridienne, il picora dans son assiette, le moral à zéro jusqu'à ce qu'un discret sifflement le sorte de ses pensées.
- Ça sent la viande… Est-ce que je pourrais aller chasser bientôt ? J'ai faim.
Harry avisa le plat de rosbeef saignant dont les tranches baignaient dans leur jus.
- Je te donnerais un peu de viande tout à l'heure pour patienter. Malheureusement la journée est encore longue. Malefoy ? Y a moyen que tu métamorphoses une serviette en boite pour y mettre un peu de viande ?
Son camarade, qui avait tourné la tête dès qu'il avait entendu le sifflement de Nagini, fronça les sourcils.
- Hein ? Une boîte ? Euh, je ne vois pas. Prend carrément une petite assiette, je jetterais un sort de stase dessus et on la renverra aux cuisines après.
Harry soupira, commençant à remplir son assiette de plusieurs morceaux de viande en pensant au multiples tupperwares de sa tante Petunia. Il avait hâte de pouvoir prendre l'air. Lui qui avait été si impatient de retrouver Poudlard avait désormais un goût amer dans la bouche. Il n'avait pas encore pu parler avec Neville et Seamus mais il ne pouvait s'empêcher de craindre leur réaction, notamment face à la présence de Drago à ses côtés.
Après le repas, Drago l'accompagna comme promis dans le parc, et Harry l'emmena jusqu'à l'orée de la Forêt Interdite avant de s'assoir à même le sol. Sous l'œil nerveux du Serpentard, il déposa précautionneusement le sac à ses côtés pour permettre au serpent géant d'en sortir plus confortablement. Il cala l'assiette entre les racines de l'arbre et Nagini commença à manger, mais elle s'interrompit brusquement quelques minutes plus tard en relevant la tête.
- Deux personnes approchent.
Harry n'eut pas le temps de prévenir Drago que Pansy Parkinson et Theodore Nott apparaissaient au détour d'un arbre.
- Ah ! Potter et Drago sont ici ! Tu as vu Théo, j'avais raison, je savais que Potter avait fait quelque chose de louche pendant le repas.
Harry haussa les sourcils.
- Ce serpent est mon familier. Je suis autorisé à le garder près de moi.
La jeune fille allait s'approcher, mais Théodore l'arrêta d'un geste.
- C'est le serpent du Seigneur des Ténèbres, n'est-ce pas ?
Drago hocha la tête. Manifestement il avait suffisamment confiance en ses camarades Serpentards pour leur révéler la réalité. Harry fronça les sourcils.
- C'est vrai, bien que je ne sois pas sensé le dévoiler à n'importe qui. Comment l'as-tu deviné ?
- Je la ramène moins que Drago, mais mon père est aussi Mangemort. Il n'a pas manqué de se vanter que le Seigneur des Ténèbres avait enfin capturé Harry Potter. Je m'attendais à apprendre ta mort sous peu, je suis étonné de voir qu'il a changé d'avis.
Harry hocha la tête et soupira, passant sa main sur la tête de Nagini pour l'apaiser.
- Effectivement… Maintenant que tu le dis, c'est vrai que je l'ai déjà entendu s'adresser à un « Nott ». J'aurais dû faire le rapprochement. Nagini, il n'y a aucun risque. Le père de ce garçon est aussi un Mangemort.
Pansy s'était caché derrière Théo lorsque Harry avait parlé fourchelang, mais elle constata bien vite que le serpent avait simplement continué son repas.
- Ce serpent est vraiment énorme… Je peux le toucher ?
Trois voix retentirent simultanément.
- Non mais ça ne va pas la tête ?!
Drago se tapa le front du plat de la main et Théodore regarda Pansy comme s'il prenait soudainement conscience de sa stupidité. Harry n'avait de toute façon aucune envie que qui que ce soit approche Nagini.
- Même si elle me comprend quand je parle fourchelang, elle n'obéit qu'à Voldemort. Elle n'attaquera personne à moins d'avoir une bonne raison de le faire mais il vaut mieux être prudent, elle pourrait te confondre avec de la nourriture…
- Mais elle ne mange quand même pas…
Drago décida de se montrer radical.
- Tu ne vois sans doute pas qui c'est, mais Miss Burbage, l'ancien professeur d'Étude des Moldus a fini dans son estomac. Et ce n'est certainement pas quelque chose que je veux revoir. Donc tu ne t'en approches pas car si elle t'attaque, personne ne fera rien pour te sauver.
La jeune fille glapit et recula de quelques pas, mais lorsqu'elle s'aperçut que plus personne ne parlait, elle décida de les abandonner et retourner au château. Pendant ce temps, Harry s'était simplement adossé contre l'arbre, ignorant le regard de Drago et Théodore. Dans un sens, c'était assez amusant de voir les deux Serpentards, debout près de lui, baguette à la main, comme deux gardes royaux. Nagini eut tôt fini de manger les quelques morceaux de viande que Harry avait récupéré. Elle glissa vers le Gryffondor qui avait fermé les yeux, sous le regard peu rassuré de Théodore Nott.
- Euh, Potter… Le serpent… il ne risque pas d'essayer de te manger, n'est-ce pas ?
Harry ouvrit un œil pour se retrouver nez à nez avec Nagini qui avait désormais sa gueule au niveau de son visage. Il ne put s'empêcher de sourire et leva la main pour caresser la tête du reptile.
- Non, ne t'inquiètes pas. Elle est très intelligente, il lui a dit de me protéger donc elle n'ira jamais lui désobéir. Et pour être honnête, on s'entend plutôt bien…
Nagini commença à entourer Harry de ses anneaux et Théo fit la grimace. De son point de vue, on aurait dit qu'elle voulait l'étouffer. Mais le Gryffondor ne fit pas un geste pour s'en dégager et lorsque Drago signala l'heure du départ, elle rentra sagement dans le sac enchanté sans même que Harry n'eut besoin de le lui demander. Le trio rejoignit le château pour le cours de métamorphose avec le professeur McGonagall. D'après Drago, elle était restée égale à elle-même malgré la présence des Mangemorts, faisant son possible pour protéger les élèves tout en offrant un enseignement de qualité. Elle sourit à Harry en le reconnaissant parmi les Serpentards.
- Ah, monsieur Potter. Bon retour parmi nous. Cela me chagrine de ne plus vous voir porter mes couleurs, je dois l'admettre. Et vous voilà sans baguette magique… cela ne va pas vous aider à rattraper votre retard. Peut-être pourrions-nous demander à qui de droit l'autorisation d'utiliser une baguette sous ma surveillance… ?
- Bonjour, Professeur McGonagall. Je suis heureux d'être de retour à Poudlard, malgré ce que cela implique. Je doute que nous obtenions gain de cause mais je pourrais toujours demander...
Il rejoignit la place aux côtés de Drago Malefoy et commença à sortir son carnet de note, alors que ses camarades se préparaient déjà utiliser leur baguette. Il s'agissait ce jour-là de métamorphoser une grosse pierre en fauteuil et tous les pupitres avaient été repoussés sur les côtés pour laisser plus de place. Harry nota précisément toute l'explication préliminaire, mais lorsqu'il fallut se lancer dans la pratique, il se retrouva bien évidemment désœuvré. Pour éviter qu'il ne s'ennuie, le professeur McGonagall lui prêta un livre sur les métamorphoses de la pierre et il en recopia plusieurs passages. À la fin du cours, il s'apprêtait à partir lorsque le professeur McGonagall l'interpela.
- Monsieur Potter, j'aimerais vous parler… seul à seul.
Harry tourna la tête, mais Drago avait déjà réagi.
- Désolé professeur, j'ai pour ordre de ne jamais laisser Potter seul. Vous comprendrez que je ne peux lui désobéir. Si vous avez quelque chose à dire, ça sera en ma présence.
La vieille professeure de métamorphose pinça les lèvres. Drago avait beau être son élève, elle n'ignorait pas sa qualité de Mangemort.
- Je vois. Monsieur Potter, je voulais simplement vous souhaiter bon courage, et vous rappeler que nous sommes de tout cœur avec vous.
Harry secoua tristement la tête, incapable de regarder son professeur dans les yeux. Il aurait aimé pouvoir lui parler de la quête que Dumbledore lui avait donnée, lui révéler qu'elle était désormais impossible à réaliser. Mais Voldemort avait été extrêmement clair à ce sujet, il ne devait le dire à personne.
- Merci, professeur, c'est gentil… mais ne vous inquiétez pas pour moi. Désormais, je vais me contenter d'étudier et faire mon possible pour obtenir mes ASPICS. Comme n'importe quel étudiant.
Il tourna les talons et quitta la pièce. Il n'était que 17 heures et ils avaient encore une heure et demi avant de devoir rentrer au manoir Malefoy. Ils avaient dans l'idée de se rendre à la bibliothèque mais Drago décida de passer par les toilettes sur le trajet.
- J'en ai pour quelques minutes, Potter. Tu m'attends ici et tu n'as pas intérêt à bouger !
- Ne t'inquiètes pas, je sais…
Harry s'adossa au mur, les bras croisés. La plupart des classes étaient en étude ou ne terminaient qu'à 18 heures, il y avait donc peu d'élèves dans les couloirs. Perdu dans ses pensées, il ne vit qu'au dernier moment Ginny Weasley lorsqu'elle vint se positionner devant lui.
- Harry… C'est bien toi ! Tu es sous Imperium, n'est-ce pas ? Suis-moi ! Nous allons te délivrer, rompre le maléfice.
Harry attrapa la main qui se dirigeait vers sa joue.
- Ginny… Non… C'est bien moi, je ne suis sous l'effet d'aucun maléfice. Je t'assure. J'ai fait ce discours en pleine possession de mes moyens. J'ai même discuté avec votre père. Il ne t'a pas raconté ?
La jeune fille baissa les yeux.
- Il nous a dit que tu semblais toi-même, mais qu'il n'avait aucun moyen de s'en assurer. Moi je n'y crois pas. Le Harry que je connais n'aurait jamais accepté de vivre avec ces sales serpents de Malefoy ! Tu as rompu avec moi sous prétexte que tu avais une mission, Harry ! Tu disais que c'était trop dangereux, que tu ne voulais pas me faire de la peine. Mais je t'ai attendu ! Tout ça pour que tu nous annonces que tu t'étais rangé du côté du Ministère et que tu ne reviendrais pas à la maison !
Harry avait essayé de la faire taire, l'incitant comme il pouvait à baisser la voix, mais Ginny semblait furieuse.
- Ginny, s'il te plait… c'est plus compliqué que ça… Je n'ai pas le choix. Écoute-moi, s'il te plait !
- Non, je ne me tairais pas ! TU vas écouter ce que j'ai à te dire. Tu sais quoi ? J'avais foi en toi. On était plusieurs à croire que tu allais tout régler. Et Ron, tu y as pensé… !?
Harry regarda à droite et à gauche. Leur dispute avait attiré l'attention de plusieurs élèves et Harry devait à tout prix éviter que Ginny ne révèle des informations compromettantes en présence de n'importe qui. Il l'attrapa par le bras et l'emmena avec lui jusque dans une petite cour qu'il s'avait déserte à cette heure.
- Ginny, tais-toi. Tu ne peux pas dire n'importe quoi dans les couloirs… J'ai essayé mais j'ai échoué. C'est comme ça.
Harry ressentit un bref instant de peur alors qu'une violente gifle s'abattait sur sa joue. Il porta ses doigts à sa peau endolorie, quelque peu sonné par la brusquerie de l'attaque.
- Tu ne peux pas dire ça ! Tout le monde comptait sur toi ! Tu ne peux pas nous abandonner ! Tu…
Ginny s'était interrompu, les yeux exorbités, et Harry ne tarda pas à en comprendre la raison. Nagini était sorti de son sac et sifflait en direction de Ginny avec un air menaçant. La jeune fille avait pour sa part pris sa baguette et la pointait vers le serpent, une expression féroce dans le regard.
- Cette fille te veut du mal ! Où est le garçon Mangemort ?
- C'est son serpent, n'est-ce pas ? C'est celui qui a attaqué mon père !?
Harry passa ses bras autour du corps de Nagini pour l'empêcher d'aller plus loin. Mais il était bien conscient que le serpent le surpassait largement en force, et que si elle souhaitait réellement attaquer Ginny, il ne pourrait rien faire pour l'en empêcher.
- Ginny, va-t'en ! Je ne veux pas qu'elle te fasse du mal. S'il te plait, éloigne-toi !
- Non ! C'est l'occasion de venger papa !
- Repulso ! Potter ! T'es vraiment stupide, ma parole !
C'était Drago Malefoy qui avait lancé ce sortilège et Harry ne put s'empêcher de ressentir un net soulagement en le voyant arriver. Sans baguette, il était désespérément vulnérable. Ginny se retrouva projetée plusieurs mètres plus loin et elle peina à se relever. Drago pointait toujours sa baguette vers elle et Harry s'interposa.
- Malefoy… Je suis désolé. Ne lui fait pas de mal, s'il te plait !
- T'es vraiment… Putain ! Tu te rends compte ce que je vais subir à cause de tes conneries ! On rentre au manoir, MAINTENANT !
- Ok ! Je te suis. Nagini, reviens dans mon sac. On doit partir.
Nagini jeta un dernier regard à Ginny avant de sagement retourner dans le sac et Harry emboîta le pas de Drago Malefoy, sans un regard en arrière. La jeune Weasley semblait furieuse contre lui et si sa colère était bien légitime, Harry ne pouvait se laisser agresser pour autant. Il commençait déjà à culpabiliser pour la punition que Drago ne manquerait pas de récolter par sa faute et lorsque celui-ci l'eut raconté à Rogue, ce dernier en remit en couche.
- Euh bien Potter, vous n'avez vraiment aucune pitié. Moi qui avais cru à vos remords lorsque vous aviez failli tuer Drago l'année dernière, manifestement toutes vos promesses n'étaient que du vent. Et dire que ces idiots de l'Ordre et bien d'autres croyaient en vous. Vous n'avez toujours été qu'un égoïste et un égocentrique, se repaissant de l'attention d'autrui comme un parasite. On disait de Dumbledore qu'il était particulièrement perspicace et pourtant il n'a jamais cessé de croire en vous. Quelle déception cela doit-être…
- Ça suffit, Severus.
Harry tourna la tête en entendant la voix familière et écarquilla les yeux. Au milieu des autres directeurs se trouvait le tableau d'Albus Dumbledore, accroché au mur. Il regardait les trois personnes avec un regard grave et Harry se sentit transpercé, comme lorsqu'il le fixait de son vivant. Harry préféra l'ignorer.
- Malefoy… Drago… Laisse-moi lui parler… Je lui dirais que ce n'est pas de ta faute.
- Non ! C'est à moi de lui faire mon rapport. Donc tu vas la fermer et avec un peu de chance ça ne durera que quelques minutes. Allons-y, toi d'abord !
Harry et Drago utilisèrent le réseau de cheminette et l'instant d'après ils étaient de retour dans l'entrée du manoir Malefoy. Drago raconta l'incident à son père et Harry se sentit de nouveau transpercé par la culpabilité alors que Lucius Malefoy dardait son regard sur lui.
- Je vous pensais plus miséricordieux, monsieur Potter. Haïssez-vous donc Drago à ce point ?
Harry ferma les yeux. Il en avait la nausée rien que d'y penser. Il n'avait jamais voulu que Drago soit torturé. Les choses lui avaient simplement échappées… Il secoua la tête.
- Je suis désolé. Je ne suis pas comme ça.
- Ce qui est fait doit être assumé. On ne vous a sans doute jamais appris à respecter votre parole ou l'importance d'obéir aux ordres, monsieur Potter. Maintenant, tirez-en la leçon qui s'impose.
Les trois hommes attendirent l'arrivée de Voldemort dans un silence pesant. Harry voulait disparaître plus bas que terre, et cette fois, Nagini ne lui était d'aucun réconfort. Elle l'avait sermonné à son tour, augmentant encore la sensation d'amertume dans sa bouche. Lorsque le mage noir arriva, il n'eut pas besoin d'user de legilimancie pour deviner que tout ne s'était pas déroulé comme prévu.
- Messieurs… J'ai l'impression que je ne vais pas apprécier ce que je vais entendre.
Drago entreprit de faire son rapport, aussi détaillé que possible. Mais lorsqu'arriva le moment où Harry avait échappé à la surveillance de Drago, il eut tout juste le temps de finir sa phrase qu'il reçut un Doloris de plein fouet. Harry avait d'abord été pétrifié par les hurlements du Serpentard, mais après deux longues et terribles minutes, il s'interposa, mu par son instinct.
- Je vous en prie, arrêtez ! C'est uniquement de ma faute, il n'y est pour rien. C'est moi qui ai désobéi !
Voldemort s'avança, un horrible rictus au visage.
- Tu oses t'interposer ! Tu crois pouvoir me dire ce que je dois faire ! ENDOLORIS ! Puisque tu veux tant jouer les martyrs, Potter, tu vas subir sa punition en plus de la tienne ! ENDOLORIS !
Harry hurla, le corps emplit d'une douleur insupportable. C'était comme si ses muscules étaient déchiquetés, ses membres écartelés. La souffrance obnubilait son esprit et à cet instant, il aurait tout donné pour qu'elle s'arrête. Mais Voldemort continuait, insensible à son tourment. Finalement Harry perdit connaissance et le mage noir s'agenouilla devant son Horcruxe humain à présent inanimé.
- Lucius ! Soigne-le. Il restera sous ta responsabilité cette nuit et tu le renverras demain matin à Poudlard avec ton fils. Drago, fais-en sorte que cette erreur ne se reproduise pas. Nagini, ne quitte pas le garçon.
Les deux Mangemorts étaient toujours agenouillés sur le sol, et ils acquiescèrent de concert, ne se relevant qu'une fois Voldemort partit. Lucius souleva doucement le garçon inanimé.
- Drago, va chercher une potion de Wiggenweld et un philtre de paix. Je vais lui créer un lit d'appoint dans ta chambre. Tu le surveilleras cette nuit.
- Oui père.
Le dit-Drago n'avait pas l'air enchanté d'héberger dans sa chambre la source de son malheur accompagné du serpent géant, mais il savait qu'il ne pouvait rien dire. Il s'exécuta donc alors que Lucius se dirigeait vers les étages, suivi par Nagini.
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Lorsque Harry reprit conscience, il était allongé sur un lit dans une pièce presque intégralement plongée dans la pénombre. Tout son corps était douloureux et ses lunettes lui avaient été retirées, l'empêchant de reconnaître l'identité de celui qui le veillait. Une fiole fut pressée contre ses lèvres et il ouvrit la bouche de bonne grâce. Il sentait la présence imposante de Nagini sur le lit et cela suffisait à le rassurer sur sa sécurité. Finalement, l'homme parla, et Harry reconnu la voix de Drago Malefoy.
- Tu fais chier, Potter. Tu te sentais encore obligé de jouer les héros ! J'en ai vu d'autres, tu sais. Demain va être une sale journée pour toi. Mais garde bien en tête que rien ne serait arrivé si tu avais suivi mes ordres. J'espère que ça te servira de leçon.
Harry essaya de parler, mais seul un gémissement incompréhensible sortit de sa bouche.
- Ça ne sert à rien de parler. Tous tes muscles sont tétanisés. La seule chose à faire c'est dormir. J'ai récupéré une potion de Sommeil sans rêves. Ouvre la bouche, je vais t'aider à la boire.
Harry sentit la main de Drago surélever sa tête pour lui permettre de boire le gobelet qui contenait la potion. Il se sentit aussitôt somnolent et moins d'une seconde plus tard, il plongea dans un profond sommeil. Drago prit une douche et s'habilla rapidement pour la nuit avant de rejoindre son propre lit. Il espérait que les six mois à venir n'allaient pas être aussi mouvementés…
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Le lendemain matin, Harry ouvrit péniblement les yeux sous les injonctions de Drago Malefoy. Le garçon l'appelait tout en s'habillant et Harry lui répondit par un gémissement.
- Potter ! Tu dois te lever. On te donnera une potion pour la douleur, mais nous ne pouvons pas manquer les cours ou ça sera pire.
- Malefoy… J'ai l'impression que mon corps pèse cent kilos… J'ai la tête qui tourne…
Le Serpentard s'approcha pour l'aider à se redresser, sous l'œil attentif de Nagini.
- Ça ira mieux quand tu auras mangé. Une douche froide te fera aussi du bien, ça soulagera tes muscles. Ne tarde pas. Ton uniforme a été lavé.
Harry fit quelques pas dans la chambre et Nagini passa sous son bras pour le soutenir. Lorsqu'il regarda son reflet dans le miroir, il eut un mouvement de recul tant il faisait peur à voir. Lui qui n'avait jamais été très bronzé était ce jour-là livide, les veines ressortant sur son front et ses yeux rougis et légèrement exorbités. Manifestement, au-delà de l'impact psychologique, subir un Doloris prolongé n'était pas sans conséquence sur l'organisme. Effectivement, la douche froide lui fit le plus grand bien et il put s'habiller sans aide, malgré les grimaces que chacun de ses mouvements lui provoquaient. Ils rejoignirent la salle à manger ou Lucius et Narcissa Malefoy étaient déjà attablés en silence et Harry vida d'un trait la potion anti-douleur qui avait été préparée à son intention. Une fois soulagé, il prit enfin conscience du surréalisme de sa situation. Chacun déjeunait sans un regard pour l'autre. Lucius Malefoy lisait la Gazette et Narcissa semblait perdue dans ses pensées. Seul Drago jetait de temps à autres un regard vers lui.
- Potter, ne traîne pas, nous devons retourner à Poudlard d'ici quelques minutes.
Harry hocha la tête et termina son petit déjeuner. Le thé était excellent et les œufs au bacon évoquaient des produits de grande qualité. Pour autant, il n'avait aucune envie de faire éterniser ce moment.
- Monsieur et Madame Malefoy, merci pour les soins et le repas.
Il n'était pas vraiment au fait des coutumes sorcières et encore moins celles en vogue dans les grandes familles de sang pur, mais il lui semblait qu'un peu de politesse ne pouvait pas lui faire de mal. Drago lui tendit ses affaires de cours, puis le sac qui lui permettrait de transporter Nagini, et Harry se baissa pour permettre au serpent géant de s'y glisser. Ils empruntèrent la cheminée sans tarder et furent accueillis par Rogue.
- Ah vous voilà. Je vous attendais plus tôt. La paresse de Potter aurait-elle déjà déteint sur vous, Drago ?
Drago répondit immédiatement et de toute façon, Harry était bien trop épuisé moralement pour répliquer.
- Désolé, professeur. Potter est resté avec nous cette nuit, j'en ai donc profité pour dormir un peu plus longtemps.
Rogue ne répondit pas, mais le regard qu'il lança à Harry en dit long. Il savait ce qu'il avait subi. Drago entraîna Harry à sa suite vers le premier cours de la journée, à savoir deux heures d'Histoire de la magie. Binns ne semblait aucunement se préoccuper de la nouvelle direction de Poudlard et n'avait absolument rien changé à son cours. Harry en aurait bien profité pour se laisser aller aux bras de Morphée mais il se souvenait parfaitement des directives de Voldemort et ne voulait surtout pas lui redonner une raison de le punir. Le cours lui sembla interminable, heureusement que les deux heures suivantes étaient consacrées à la botanique. Le professeur Chourave ne fit aucun commentaire sur son retour à Poudlard ni sur son apparence et le cours se déroula agréablement. Harry travailla toute la matinée en silence, comme l'élève modèle qu'il était censé être. Il s'était mis en binôme avec Drago et devaient retirer les parasites qui s'agglutinaient sous les feuilles d'un plant de dictame, le tout sans abimer la plante. L'activité nécessité une certaine concentration mais était plutôt apaisante. Au moment de la pause repas cependant, il était épuisé et aurait donné cher pour pouvoir se reposer une heure comme la veille. Le moindre mouvement lui demandait un effort supplémentaire et si la douleur n'était plus aussi intense, ses muscles restaient raides comme s'il était un vieillard de 120 ans. Drago semblait bien connaître ces symptômes car il déposa une fiole de potion anti-douleur sur sa table pendant le repas et Harry lui jeta un regard reconnaissant.
- Merci. On dirait que tu as l'habitude.
Drago détourna le regard.
- On ne s'habitue pas, mais on apprend à ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Harry mangea peu, perdu dans ses pensées. Il devait bien se l'admettre, il était terrorisé à l'idée de se faire à nouveau torturer par Voldemort. Quand il avait reçu un Doloris pour la première fois, dans le cimetière de Little Hangleton, cela avait été bref et il était pris dans l'adrénaline du moment, la douleur canalisée par sa colère face à la mort de Cédric. Et la dernière fois, Nagini avait rapidement mis fin à son tourment. Mais la veille, il s'était pris de plein fouet le maléfice, sans avoir rien à quoi se raccrocher et Voldemort avait prolongé son sort jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Il n'avait jamais rien senti d'aussi douloureux et comprenait aisément comment les parents de Neville avaient pu en perdre l'esprit…
La voix de Drago résonna juste à côté de son oreille, le faisant sursauter.
- Potter ! Nous avons deux heures de Sortilèges juste après le repas. On rentrera au manoir dès la fin des cours, j'aurais l'esprit plus tranquille. On devrait bien trouver ce qu'il faut dans ma bibliothèque pour faire nos devoirs.
Le Gryffondor hocha la tête, l'air absent et Drago le regarda, légèrement atterré par son manque de réaction : Son ancien rival était devenu un véritable mort-vivant. Harry était tout de même conscient, et il suivit le groupe de Serpentards de 7e année jusqu'à la classe du professeur Flitwick, encadré par Drago Malefoy et Théodore Nott. Le garçon avait décidé d'accompagner Drago dans sa mission et ce dernier ne s'en plaignait pas. Crabbe et Goyle avaient été nettement refroidis par l'intervention de Drago de la veille et avaient décidé de prendre leur distance, préférant occuper leur temps en houspillant les élèves des autres maisons. Comme le professeur McGonagall, le professeur Flitwick ne cacha pas son émotion à revoir Harry.
- Oh, monsieur Potter ! Je tellement heureux de vous revoir. Nous étions tous très inquiets en apprenant votre disparition. Vous êtes en sécurité, n'est-ce pas ? Promettez-moi que vous ne commettrez plus d'imprudence. Préservez votre vie. La mort de vos parents avait déjà été un déchirement pour moi à l'époque. Je ne veux pas que l'histoire se répète.
Harry hocha la tête.
- Rassurez-vous, professeur, je n'ai aucune envie de mourir. Je ferais mon possible pour rester prudent.
Comme dans le cours du professeur McGonagall, il recopia attentivement la théorie avant de se mettre dans un coin de la salle tandis que ses camarades s'exerçaient. La leçon du jour portait sur l'enchantement de petites figurines de paille. Chaque élève avait une sorte de poupée grossière sur sa table et devait l'animer et la contrôler pendant une dizaine de minutes. Le professeur passait entre les tables et vérifiait la progression de chacun. Harry s'ennuyait ferme, il décida donc d'illustrer son carnet par un croquis. La plume et l'encre n'étaient pas idéales pour cela, mais il avait un certain talent et cette activité l'occupa pendant une trentaine de minutes. Au cours de la dernière heure, il essaya de s'exercer à la magie sans baguette, mais il abandonna bien vite. Son niveau de fatigue était tel qu'il ne parvenait même pas à provoquer le moindre sursaut à son carnet de note et c'était plus frustrant qu'autre chose. Lorsqu'enfin le cours se termina, il avait hâte de quitter Poudlard, mais surtout de retrouver sa chambre. Il avait des devoirs à faire mais il espérait que personne n'exigerait de lui qu'il les fasse le soir-même. Drago le traîna presque à travers les couloirs pour lui faire presser le pas, donnant aux autres élèves l'image d'un condamné qu'on menait vers l'échafaud. Il avait l'air tellement pathétique que même Rogue ne chercha pas à le provoquer et tous deux regagnèrent le Manoir Malefoy. Harry emprunta la cheminée, suivi de Drago, et à peine eurent-ils émergé de l'âtre qu'ils furent accostés par un elfe de maison.
- Maître Drago, votre père vous fait mander dans son bureau. Il vous y attend avec le seigneur des Ténèbres.
- Il est déjà là. Mais aujourd'hui, il n'aura rien à nous reprocher. Allons-y.
Harry suivit Drago sans même prononcer une parole. La fatigue mettait ses nerfs à rude épreuve et il préférait suivre les ordres sans réfléchir plutôt que de hurler de rage s'il pensait trop à sa situation. Dans le bureau de Lucius Malefoy, Voldemort était confortablement installé, comme la dernière fois dans le fauteuil du maître de maison. Drago s'inclina immédiatement et Harry resta en arrière, le regard pointé vers le sol.
- Drago, Harry, je vous attendais. Incline-toi donc, Harry, il n'y a pas de raison que tu ne manifestes pas le respect qui m'est dû.
Harry avait toujours refusé de s'incliner devant Voldemort, même sous Imperium, et son combat intérieur dut se lire sur son visage. Cependant cette fois il suffit d'un geste au seigneur des Ténèbres pour briser la volonté du garçon. Un simple frémissement de baguette et Harry se jetait à terre, les pupilles dilatées par la terreur, son cœur prêt à bondir hors de sa poitrine. Voldemort esquissa un sourire sinistre.
- Bien, je vois que ma leçon d'hier a porté ses fruits. Drago, j'imagine que notre invité s'est montré irréprochable aujourd'hui, je me trompe ?
- Absolument pas, mon seigneur. Harry Potter a travaillé sérieusement tout au long de la journée, il n'a parlé à personne et m'a suivi sans jamais essayer de s'éloigner.
Voldemort reporta son regard sur le jeune homme qui était resté prostré sur le sol.
- Lucius, nous allons prendre congé. Je déposerais Harry demain à l'heure habituelle.
Harry se releva péniblement pour suivre son bourreau, la mort dans l'âme. Il ne pouvait désormais s'empêcher de redouter le moindre geste de l'homme qui dirigeait sa vie. Nagini s'était fait très discrète depuis sa punition, lui faisait bien comprendre qu'il était le fautif à ses yeux et cela n'arrangeait en rien son moral. Une fois dehors, Voldemort le serra contre lui avec cette même proximité qui l'avait gêné deux jours plus tôt, comme s'il craignait de le briser au cours du transplanage. Lorsqu'ils furent arrivés, Harry voulu s'extraire de cette emprise, mais le mage noir resserra sa poigne sur son épaule pour l'immobiliser.
- Suis-moi. Nous devons parler.
Voldemort le mena jusque dans la bibliothèque où il le fit asseoir dans un fauteuil avant de lui-même prendre place face à lui.
- Hier je t'ai puni pour ta désobéissance comme je l'aurais fait avec n'importe lequel de mes Mangemorts. C'est ce que j'ai toujours fait et puis j'ai réfléchi. Tu n'es pas un Mangemort, tu ne portes pas la marque des ténèbres et tu ne m'as pas juré fidélité comme eux le font mais surtout tu renferme l'un de mes précieux Horcruxes. Par ailleurs, j'ai toujours admiré l'impétuosité de ton caractère et si j'exige ton obéissance et ton respect, je n'ai aucune envie de te briser. Toi et Nagini allez accompagner mon immortalité et je ne veux pas charrier une coquille vide à mes côtés. Bien que je ne tolèrerais pas pour autant la moindre insubordination de ta part, j'éviterais à l'avenir d'utiliser le Doloris sur toi.
Harry fronça les sourcils. Voldemort était-il en train de dire qu'il regrettait de l'avoir torturé ? Il inspira et soupira longuement. Il se sentait tellement fatigué…
- Hier j'ai voulu mourir pour que ça s'arrête alors que jamais je n'avais eu de telles pensées par le passé, même dans les heures les plus sombres. Lorsque vous m'avez convaincu de rester à vos côtés, vous m'avez promis que vous me protégerez et que contrairement à Dumbledore vous comptiez m'offrir un avenir. Mais aujourd'hui, je me suis senti constamment épuisé et j'ai dû supporter ces douleurs qui me transperçaient au moindre de mes mouvements... Je me suis demandé si j'allais vivre toute mon existence dans cette peur que vous me torturiez à nouveau et j'ai pensé que tout était préférable à une telle vie.
Le mage noir se leva et se rapprocha de lui. S'il envahissait son espace vital, Harry le trouva néanmoins impressionnant de charisme. Il eut le réflexe de baisser les yeux mais Voldemort lui releva le menton d'autorité.
- Ne t'avise jamais de songer à te donner la mort, Harry Potter. Je ne suis aucunement revenu sur mes paroles. Tu as la protection de Nagini et de mes Mangemorts et tu as pu reprendre ta scolarité dans des conditions idéales. Cela dit, je regrette de t'avoir malmené à ce point hier et pour preuve, je t'ai concocté une potion de mon invention. Tiens… bois.
Harry cligna des yeux et pris soudainement conscience que Voldemort lui tendait une fiole de potion d'une jolie couleur lilas. Il la saisit d'une main tremblante et la déboucha tout en jetant un regard soupçonneux vers le mage noir.
- Vous n'allez pas essayer de me contrôler ou de manipuler mes pensées, n'est-ce pas ?
- Non. Cela soulagera simplement tous les désagréments que tu peux ressentir suite au Doloris. J'aimerais gagner ta confiance, Harry. Devenir pour toi un mentor…
Le Gryffondor dodelina de la tête et Voldemort passa derrière le fauteuil pour l'aider à absorber la potion. Il sentit une douce chaleur l'envahir et son environnement clignota devant ses yeux. Voldemort lui retira délicatement ses lunettes avant de l'inciter à s'allonger. Le mage noir avait dû métamorphoser le fauteuil en méridienne car il sentit bientôt un coussin sous sa tête. La douleur refluait enfin, il se sentait si apaisé qu'il n'eut même pas un sursaut lorsque Voldemort vint poser sa main sur son front.
- Reposes-toi une heure le temps que la potion fasse effet. Je te réveillerais pour que tu puisses faire tes devoirs.
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Harry sortit précautionneusement de son placard. Dans la maison, au 4, Privet Drive, tout était silencieux. La journée semblait déjà bien entamée, et pourtant nulle trace de son oncle Vernon, de son cousin Dudley ni de la tante Pétunia. Plus étonnant encore, cette dernière ne l'avait même pas réveillé pour préparer le petit déjeuner. Était-il possible qu'ils soient partis quelque part sans lui ? Le jeune garçon sourit à cette idée. Il ne savait pas quand sa famille rentrerait, mais il comptait bien profiter de leur absence. Il se faufila dans la cuisine et ouvrit le frigo avec appétit. Il en sortit quelques tranches de rosbeef, du beurre, une tomate et du fromage. Les ingrédients parfaits pour un bon sandwich. Il découpa et assembla rapidement ses ingrédients avant d'emballer le tout dans un papier absorbant. Il devait prendre bien soin à ne laisser aucune miette sur le plan de travail étincelant sans quoi sa tante le punirait à nouveau. Pour éviter tout risque, il décida d'aller déjeuner dehors. Le ciel était totalement dégagé et le soleil brillait fort. La journée promettait d'être très chaude. Il se hissa sur la pointe des pieds et déverrouilla la porte qui permettait d'accéder au jardin. L'énorme massif d'hortensias était impeccablement taillé mais son oncle lui ordonnerait probablement de tondre la pelouse d'ici peu. Il se laissa tomber dans l'herbe, savourant le silence environnant. Habituellement, les Dursley le laissaient chez Miss Figg, la voisine, et c'était la première fois qu'il bénéficiait d'une grasse matinée ou même d'une matinée tranquille sans qu'il ne soit enfermé dans son placard. Il avait appris assez tôt comment le déverrouiller de l'intérieur, mais qu'ils aient laissé toute la maison à sa disposition, cela semblait trop beau pour être vrai. Un sifflement sur sa droite le fit sursauter, et il se redressa maladroitement. Une vipère péliade se tenait à un mètre de lui, son corps dressé pour attaquer. Manifestement il l'avait dérangé pendant qu'elle prenait le soleil.
- Menace ! Intru !
Harry se recula prudemment.
- Pardon, je ne voulais pas vous effrayer. Je ne vous ferais aucun mal.
Le reptile pencha la tête sur le côté. Apparemment il ne s'attendait pas à ce que l'humain lui réponde.
- Quelle bête es-tu ? Les grands bipèdes hurlent et martèlent quand ils me voient.
- Je suis un humain moi aussi. Je m'appelle Harry. Est-ce que les serpents ont des noms ?
L'animal garda un instant le silence.
- Un nom ? J'ignore ce que c'est. Mon terrier est proche. Tu te trouves sur mon territoire, petit d'humain.
- Je vis ici moi aussi, même si ce ne sont pas mes parents. Dans cette maison. Est-ce que tu vas me mordre ?
- Non. Tu es trop gros pour une proie. Si tu ne m'attaques pas et ne prends pas mes proies, je peux tolérer ta présence ici.
Harry se rallongea dans l'herbe. La vipère était couleur kaki avec des taches brunes plus foncées le long du dos et sur les côtés du corps. Elle restait immobile sur les dalles chaudes du chemin. Harry arracha quelques miettes de son pain et les lança vers le massif d'hortensias qui, il le savait, abritait une petite colonie de rats mulots.
- Comme ça les proies viendront prendre de la nourriture à cet endroit. Je ne te ferais aucun mal. Je vais juste me reposer ici, au soleil.
Il avait fermé les paupières depuis une vingtaine de minutes lorsque le hurlement strident de sa tante Pétunia le réveilla en sursaut.
- Vernon ! Une vipère ! Dans le jardin, vite, tue-là ! Elle risque de blesser notre Dudlynouchet chéri !
Il n'eut même pas le temps de crier au serpent de fuir que l'animal était sectionné en deux à cours de hache sous ses yeux.
- Non ! Elle n'avait rien fait ! Pourquoi tu l'as tué !
Son oncle lâcha la hache pour le saisir par les cheveux, et il le souleva à près d'un mètre du sol.
- C'est toi ! Tu l'as attiré chez nous pour faire du mal à Duddy ! Monstre ingrat ! Tu mordrais la main qui te nourrit ! Tu vas rester enfermé dans ton placard un bon bout de temps, mon garçon, c'est moi qui te le dis !
Le garçon hoquetait, choqué par la mort de l'animal autant que par la violence de son oncle.
- Non, je n'ai rien fait ! Lâche-moi ! Laisse-moi tranquille !
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Une série de secousses lui fit reprendre contact avec la réalité.
- Harry. Réveille-toi. Ce n'était qu'un cauchemar.
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Fin du 4e chapitre.
Et voilà. Rendez-vous vendredi 02 octobre pour le prochain chapitre après quoi je prendrais à nouveau un rythme d'un chapitre toutes les deux semaines. ^^ J'ai retrouvé l'inspiration et ça file à toute allure ! C'en est même frustrant de devoir aller au travail alors que j'ai tant de choses en tête ! ;) Merci à tous les nouveaux follows et surtout aux revieweurs qui illuminent mon quotidien. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Ce chapitre n'a pas laissé grande place à Neville ni à Ginny mais Harry doit jongler avec les directives de Voldemort, la présence de Nagini et de Drago... Je ne voulais pas faire passer Ginny pour une hystérique, et sachant combien elle est impliquée dans l'Armée de Dumbledore, je trouve normal qu'elle soit aussi choquée par l'annonce de Harry. Celui-ci perd de plus en plus de terrain face à l'influence de Voldemort, mais pour l'instant il ne peut pas faire grand chose. Rassurez-vous, le prochain chapitre redonnera voix à notre Gryffondor préféré. :D
