Auteur : Lady Zalia

Type : Angst… Presque du Hurt sans le Comfort pour ce chapitre. Mais je respecte le rating, pas d'inquiétude. XD

Disclaimers: Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T.

Rappel du chapitre précédent : Début de semaine éprouvant pour Harry qui se prend une gifle de Ginny, puis se fait torturer par Voldemort. Après un mardi à lutter contre la douleur, Voldemort décide de le soigner et le laisser se reposer. Mais sa sieste est troublée par un vieux cauchemar.


Chapitre 5

Une série de secousses lui fit reprendre contact avec la réalité.

- Harry. Réveille-toi. Ce n'était qu'un cauchemar.

Il ouvrit les yeux sur un environnement pas beaucoup plus réjouissant, à savoir le visage de Voldemort penché sur lui. Il se souvenait de cet événement à présent. Il devait avoir quatre ou cinq ans tout au plus. Il en avait été tellement traumatisé qu'il avait occulté cet incident de sa mémoire et les Dursley ne l'avaient plus jamais laissé seul sans surveillance. Il regarda autour de lui. Il était toujours dans la bibliothèque, habillé de son uniforme scolaire. À en juger par la lumière qui filtrait encore à travers les rideaux, il ne devait pas avoir dormi bien longtemps. Il retourna la tête vers Voldemort et ne put s'empêcher d'ironiser.

- Et dire qu'à l'époque où je vivais chez mon oncle et ma tante, c'était vous qui hantiez mes cauchemars…

Voldemort sourit.

- Entre nous, je trouve que tu as gagné au change. D'autant que moi j'ai beaucoup de respect pour les serpents.

Harry perdit tout sourire.

- Vous… Vous avez utilisé la legilimancie pour regarder mon rêve ! Vous n'aviez pas le droit !

- Tu parlais fourchelang, j'étais curieux. Je me demandais si tu rêvais de moi ou de Nagini. Je ne comprends pas que tu puisses encore défendre les moldus après ce que j'ai vu.

- Ils ne sont pas tous comme ça.

- Les moldus sont égoïstes et cupides. Ils ne sont capables de faire des efforts que lorsque ça leur apporte quelque chose. Dis-moi, Harry. Je ne connais pas toute ton enfance, mais du peu que j'en sais, je peux tout de même m'étonner qu'aucun moldu ne soit jamais venu à ton aide. Aucun professeur ne s'est-il donc jamais étonné de te voir habillé ainsi ? Personne ne s'est jamais indigné en s'apercevant que tu étais battu par ton oncle et ton cousin ? Tu as vécu cloîtré dans un vulgaire placard durant dix ans. Où étaient donc ces moldus prêts à te tendre la main ?

Harry baissa la tête, incapable de répondre. Mais Voldemort ne comptait pas abandonner. Encore une fois il releva son visage, et Harry prit conscience de sa proximité. Il pouvait sentir son souffle sur sa peau.

- Réponds. Donne-moi un exemple, juste un. Et le cas contraire, je veux juste t'entendre dire que j'ai raison.

Le Gryffondor détourna le regard et soupira longuement.

- Personne… Aucun moldu n'est jamais venu à mon aide. Vous avez raison. Sur ce point. Mais justement, je ne veux pas être comme eux. Ce que j'ai vécu, je ne le souhaite à personne. Ce n'est pas parce que j'ai été persécuté que je compte le faire subir aux autres.

Voldemort le relâcha et se releva.

- Et c'est tout à ton honneur. À présent, dis-moi comment te sens-tu ?

Harry s'étira brièvement. Maintenant qu'il en prenait conscience, il se sentait en pleine forme.

- Beaucoup mieux. Je ne sens plus rien.

- Bien ! Garde cette leçon dans un coin de ta tête. Tu as encore une bonne heure devant toi, tu peux donc commencer tes devoirs. Installe-toi ici.

Harry prit place et sortit ses affaires de cours. Slughorn donnait rarement des devoirs écrits mais le professeur McGonagall en avait donné un et il allait sans doute requérir plusieurs heures de travail. Il sortit un parchemin vierge, sa plume, son encre, et le manuel de cours en pensant à Hermione. La jeune fille était la meilleure élève de sa génération et pour autant elle ne relâchait jamais ses efforts, lisant un nombre incalculable de livres pour parfaire sa culture. Si Voldemort voulait le voir parmi les premiers de la classe, il allait avoir un sacré travail à faire.

Il parcouru les chapitres de son manuel jusqu'à trouver la page concernée. Le devoir avait pour sujet « Les métamorphoses de la pierre, avantages, inconvénients et lois de transformations. » Le sujet était assez pointu et nécessitait des exemples précis. Harry ne s'était jamais intéressé à la géologie ni de près ni de loin et sentait déjà poindre un P, voir un A dans le meilleur des cas.

Il lut cependant le chapitre en entier avant de rédiger une introduction, tel que le lui avait appris Hermione. Mais alors qu'il commençait déjà à se déconcentrer, la voix de Voldemort retentit juste derrière lui, le faisant sursauter.

- Sur quoi porte ton devoir ?

- Les métamorphoses de la pierre. On a deux semaines pour le faire.

Voldemort fit voler un livre jusqu'à Harry et celui-ci l'attrapa au vol.

- Tiens, utilise ce livre. C'est l'histoire d'un sorcier qui s'est spécialisé dans ce type de métamorphose. Particulièrement utile en combat.

- Merci. Vous avez lu tous ces livres ?

- Et bien, 80% d'entre eux, oui. Ma pseudo-mort m'a quelque peu ralenti dans ma collection mais à présent que je contrôle le pays, j'ai enfin le temps de me consacrer à mon loisir favori. Je possède ici des livres uniques au monde sur tout ce qui a trait à la magie, sans discrimination. Mais il faut reconnaître que le plus intéressant demeure l'étude des arts sombres. Tous les grands sorciers l'ont utilisé, même ton cher Dumbledore était loin de la négliger.

- J'ai cessé d'ériger le professeur Dumbledore comme un modèle depuis quelques temps, vous savez. Mais en ce moment, je suis surtout en colère contre lui. J'ai vu son portrait dans le bureau de Rogue, d'ailleurs. Je me demande de quoi ils peuvent bien parler…

Voldemort ricana.

- Oui, chaque directeur voit son portrait apparaître à sa mort. C'est ironique, n'est-ce pas ? A-t-il essayé de te parler ?

- Non, il est juste intervenu parce que Rogue n'arrêtait pas de me descendre. Ce mec me déteste vraiment.

- Tu lui rends bien, je crois. Il continue parce que tu réagis. Il sait que ses paroles t'impactent. Tu ne devrais vraiment pas lui accorder autant d'attention. Il se lassera si tu l'ignores.

Harry se mit à marmonner.

- Moi je dois le respecter.

- Je te l'ai dit, Harry. Ce sera à toi de gagner le respect de mes Mangemorts. Plus tu seras puissant et plus tu seras respecté. C'est ainsi que fonctionne le monde.

Harry travailla encore un peu après le dîner, sous la surveillance de Voldemort. Avoir pris des notes aussi précises durant le cours l'aida beaucoup, de même que les paragraphes du livre que le professeur McGonagall lui avait prêté. Il était de bien meilleure humeur et lorsqu'il se coucha, Nagini vint le rejoindre dans sa chambre pour passer la nuit à ses côtés.

***/+/***

Le mercredi matin, Harry se réveilla frais et dispo pour retourner à Poudlard. Il commençait à neuf heures par deux heures d'Étude des Runes, puis avait une large pause repas avant d'enchaîner avec deux heures de Potion puis une heure d'Étude des moldus et enfin deux heures d'Astronomie. La journée terminait à vingt-deux heures mais il avait plusieurs créneaux de libres pour travailler à la bibliothèque ou dans son cas, prendre contact avec l'armée de Dumbledore et les convaincre d'arrêter leurs actes de résistance ou tout du moins de se faire le plus discret possible. Voldemort transplana au manoir Malefoy à la même heure que d'habitude, déposant simplement Harry avant de disparaître. Ce fut Drago qui l'accueillit, et lorsqu'il s'aperçu qu'il était seul, il ne cacha pas sa lassitude.

- J'imagine que ça aurait été trop demandé de dormir une heure de plus… Bien, allons-y, Potter. Le professeur Rogue doit nous attendre.

- Dis, est-ce qu'on ne pourrait pas s'appeler par nos prénoms ? Maintenant qu'on se fréquente quotidiennement… Ça serait quand même plus simple. J'en ai un peu marre d'entendre des « Potter » à tout bout de champ. Je ne suis pas mon père.

Drago se retourna brusquement, comme s'il venait de préférer une énormité.

- Je n'appelle personne par son prénom, je ne vois pas pourquoi je commencerais avec toi.

- Les Serpentards t'appellent par ton prénom pourtant. Est-ce que tu m'autoriserais à le faire ?

Il leva les yeux au ciel.

- Fais ce que tu veux.

Ils utilisèrent la cheminée pour rejoindre Poudlard et Harry décida de suivre les conseils de Voldemort. Il offrit un large sourire à Rogue et le salua d'un signe de tête.

- Bonjour, professeur Rogue.

L'ancien professeur de Potion paru un instant décontenancé par l'apparente bonne humeur de Harry avant de reprendre son expression habituelle.

- Messieurs. Vous connaissez le chemin jusqu'à la Grande Salle, je pense. Dégagez de mon bureau.

Les deux étudiants ne se firent pas prier et rejoignirent les autres élèves en train de déjeuner. Harry avait déjà pris son petit déjeuner mais il décida de se faire plaisir et de prendre une généreuse part de tarte à la mélasse, sous l'œil ahuri de Pansy.

- Et bien, Potter, les Malefoy ne te nourrissent pas ou quoi ?

- Je ne vis pas chez eux en vérité. Mais rassure-toi, il me nourrit. C'est juste que j'adore la tarte à la mélasse d'ici.

Sa réponse provoqua une expression d'effarement chez Pansy et Théodore et un grognement énervé de Drago.

- Potter ! Ferme là ! Tu es sensé t'en tenir à la version officielle, bon sang !

Harry rigola doucement.

- Ah ah, pardon… si vous aviez vu vos têtes. Lundi, tu leur as bien dit pour Nagini, c'est qu'on peut leur faire confiance, non ? Et puis je l'ai dit à voix basse, ce n'est pas comme si je l'avais crié sur tous les toits.

La jeune femme face à lui sembla sortir de sa stupeur.

- Mais… Tu vis avec le Seigneur des Ténèbres… chez lui ?

- Il n'y a rien à dire. J'ai ma chambre et un elfe m'apporte à manger. Tu te doutes bien qu'il ne me laisse pas me balader dans la maison. Mais je préfère ça à une cellule de prison.

Cette fois, ce fut Théodore qui prit la parole.

- En tout cas, tu as une meilleure tronche qu'hier. On aurait dit un zombie.

Harry perdit son sourire.

- Lundi soir… disons que je lui ai donné une raison de me punir. Ça va mieux aujourd'hui. Au fait, Drago, je dois assister à mon premier cours d'Étude des Runes. Est-ce qu'il a quelque chose à savoir sur le professeur ?

- Ah oui, c'est vrai que tu n'en as jamais fait avant. La matière est enseignée par le professeur Babbling. Elle est un peu comme McGonagall, en moins stricte. Elle considère que ceux qui poursuivent l'Étude des Runes après la 6e année sont des élus car le cours est en petit comité. Je ne sais pas ce que Rogue a pu lui raconter pour expliquer ton arrivée dans son cours alors que tu n'en as jamais fait.

Pansy avait cours de divination et Théodore arithmancie, ils se séparèrent donc et Harry et Drago allèrent travailler à la bibliothèque. Harry profita de l'heure et que Drago soit concentré sur son propre travail pour écrire un courrier aux Weasley :

Bonjour à tous.

Je me doute que vous devez avoir beaucoup de questions à me poser mais étant constamment surveillé, il me sera difficile de vous répondre. Je tiens déjà à vous rassurer, je suis en bonne santé et je ne suis pas soumis à l'Imperium mais je suis privé de baguette et Nagini m'accompagne partout, donc ne tentez surtout rien pour me libérer. Je profite que D. Malefoy soit présentement occupé à travailler pour vous écrire en toute liberté. Je vis aux côtés de Voldemort depuis près d'un mois. S'il m'a autorisé à regagner Poudlard, c'est pour semer le doute parmi l'Ordre et D. Malefoy a pour ordre de ne jamais s'éloigner de moi. Je ne sais pas ce que Ginny a pu vous raconter de notre brève altercation de lundi, mais sachez que j'ai payé ces quelques minutes hors de sa vue à coups de Doloris... Ron, si tu reviens à Poudlard, il faudra que tu comprennes que je suis enchaîné à Malefoy et obligé de fréquenter les Serpentards. Tu me manques terriblement mais je suis soulagé que tu sois en sécurité. M. et Mme Weasley, tout ce que je vous avais dit est vrai, mais désormais il n'y a plus le moindre espoir de réussite. Voldemort est immortel, c'est un fait. En me capturant, il a étouffé à jamais le plan de Dumbledore, mais plutôt que de me tuer, il a décidé de me garder à ses côtés. J'ai donc conclu un marché : Mon obéissance contre votre sécurité. C'est malheureusement le maximum que je puisse faire, donc ne prenez plus de risque, faites-vous discret, hors des radars de ses espions car il compte vous maintenir sous surveillance. Prévenez aussi Hermione. Aucun mal ne lui sera fait tant que je resterais à ses côtés. Le mieux est peut-être de quitter le pays… Prenez soin de vous. Harry.

Il ne pouvait pas prendre le risque que Drago lise cette lettre, il en écrivit donc une seconde, plus courte :

Chers M. et Mme Weasley.

Je vous écris comme promis pour vous rassurer. Je vais bien et je le répète, je ne suis pas sous Imperium. Pour être honnête, la famille Malefoy me traite très correctement. Retourner à Poudlard me permet de retrouver un quotidien normal, bien que je sois toujours privé de baguette et sous étroite surveillance. On m'a promis que je pourrais la récupérer si je ne causais pas de problème. J'espère que Ron sera bientôt rétabli car même si nous ne pourrons être en cours ensemble, nous aurons bien des occasions de discuter. Transmettez mes amitiés à toute la famille. Bien affectueusement. Harry.

Il plia soigneusement la première lettre, la glissa discrètement dans sa manche et laissa la seconde bien en évidence sur la table.

- Drago ? Est-ce qu'on pourra aller à la volière ? Je voudrais envoyer une lettre à la famille Weasley.

Drago regarda sa montre.

- Nous irons après le cours de Runes. Il ne m'a donné aucune directive à ce propos mais je préfèrerais voir ta lettre avant.

Harry soupira bruyamment, mais en réalité c'était exactement la réaction à quoi il s'attendait. Il fit glisser la seconde lettre vers Drago et celui-ci la glissa dans sa sacoche.

- Tu m'excuseras si je jette quelques sorts dessus avant… pour m'assurer que tu ne caches rien.

- Quelle information pourrais-je transmettre ! J'ignore où est située sa demeure et j'ai accepté toutes ses conditions. Encore une fois, m'enfuir ne fera que condamner mes amis, je n'ai aucune raison de tenter quoi que ce soit !

- N'insiste pas, c'est comme ça et pas autrement. Allons-y avant d'être en retard.

Le cours d'étude des runes fut assez agréable et Harry se dit qu'effectivement il avait perdu son temps en cours de Divination. Il n'y avait pas besoin de baguette mais d'user de ses capacités d'observation et de mémorisation. Le professeur Babbling était enchantée d'avoir « le Survivant » dans son cours et se montra très cordiale avec lui. Elle le félicita chaudement lorsqu'il parvint à reconnaître une rune que Voldemort lui avait enseigné et lui donna un devoir de troisième année tandis que le reste de la classe se trouvait assommé par une traduction ardue d'un texte datant du bas Moyen-Age.

Après le cours, Drago accompagna Harry jusqu'à la volière. Il n'avait rien trouvé à redire sur le courrier que Harry lui avait présenté et le Gryffondor n'eut aucun mal à glisser sa première lettre sous la seconde au moment de l'attacher à la patte du hibou. Ils déjeunèrent rapidement puis allèrent dans le parc pour que Nagini puisse prendre l'air. Il faisait un froid glacial et Drago ne cacha pas sa mauvaise humeur.

- Hors de question de passer toute l'heure dehors. Même les serpents ne s'aventurent pas à la surface quand il fait aussi froid ! En plus, contrairement à toi qui a récolté d'un devoir de débutant, je vais devoir passer des heures sur le travail d'Étude des Runes donc j'aimerais bien aller à la bibliothèque.

- Au moins une demi-heure, pense un peu à Nagini qui se fait trimballer dans mon sac depuis ce matin. Tu n'as qu'à invoquer un petit feu pour te réchauffer. Hermione faisait ça généralement. Et rassure-toi de toute façon je compte bien aller à la bibliothèque aussi. Je suis débutant donc ce devoir, aussi facile soit-il, va probablement me prendre plusieurs heures à moi aussi.

Le Serpentard soupira mais le suivit néanmoins en direction de la Forêt Interdite.

- Tu te dis débutant mais tu connaissais le sens d'une rune que je n'avais jamais vue…

- Voldemort m'a donné des cours, dimanche…

Drago écarquilla les yeux.

- Et ben ! Je ne sais pas comment tu fais, moi j'aurais été incapable de me concentrer…

- Tu as bien réussi à apprendre la legilimancie avec cette tarée de Bellatrix Lestrange !

- Dis-donc, Potter ! Tu parles de ma tante et d'une sorcière extrêmement puissante. Il y a beaucoup à apprendre d'elle. Et d'ailleurs, comment tu le sais ?

Ils étaient arrivés suffisamment loin du château et Harry s'assit sur une grosse racine avant d'ouvrir largement le sac sur ses genoux.

- Je passais beaucoup de temps à t'espionner l'année dernière et j'ai surpris une conversation entre toi et Rogue. Enfin tu peux dire ce que tu veux, je préfère encore sa compagnie à celle de ta chère tante.

Drago observa Harry câliner la tête de Nagini et secoua la tête.

- Je commences à croire que tu as un instinct de survie détraqué, Potter. J'ai beau révérer le Seigneur des Ténèbres, il me terrifie tout de même. Il est tellement puissant. Je me sens misérable et stupide face à lui et pourtant Merlin sait combien j'aspire à ce qu'il me félicite ou reconnaisse mes talents… Enfin, j'imagine que tu ne peux pas comprendre.

- Je pense que si… Je me souviens de la manière dont monsieur Ollivander parlait de lui. Il disait qu'il avait fait des choses terribles mais prodigieuses. Au départ je ne comprenais pas, mais maintenant je peux reconnaître sa puissance même sans l'apprécier. Il y a deux ans j'ai assisté à un combat entre Voldemort et Dumbledore. C'était époustouflant. Ils se lançaient des sorts sans rien incanter, à une vitesse telle que je peinais à les suivre. J'ai l'impression qu'ils auraient pu détruire le hall du Ministère tout entier s'ils n'avaient pas été interrompus…

Harry était devenu pensif en disait cela et Drago fronça les sourcils.

- Toi aussi… tu l'admires ! Avant, quand tu parlais de lui, ta haine se lisait dans tes yeux. Mais maintenant…

- Quoi ! Non ! C'est n'importe quoi ! Juste… il a gagné tu sais… Personne ne peut plus rien contre lui. Je ne suis pas masochiste au point de continuer à lutter.

Le Serpentard eut un petit sourire et Harry détourna les yeux, mal à l'aise face à une vérité qu'il ne voulait surtout pas reconnaître. Drago continua.

- Qui serais-je pour te juger ? Après tout, il semble te maintenir en bonne santé, il te laisse retourner à Poudlard et a ordonné à tous ses Mangemorts et à son familier de te protéger… Beaucoup ne comprennent pas pourquoi il te traite aussi bien, Potter, et un nombre encore plus grand attend le moindre de tes faux-pas…

- Et toi ?

- Rassure toi, je n'ai aucune intention de te causer des ennuis, je m'en tiens aux ordres du Seigneur des Ténèbres. Personne ne sait ce qu'il a prévu pour toi… Il est diablement intelligent et même si tu deviens Mangemort, il n'oubliera jamais que tu as tenté de le détruire. Je ne voudrais de ta place pour rien au monde…

Harry hocha la tête.

- Merci. Je commence à être habitué à ce que tout le monde en veuille en ma vie mais c'est assez fatiguant. Je suis soulagé de savoir que tu ne chercheras pas à me tendre un piège.

Ils rejoignirent ensuite la bibliothèque pour commencer le devoir d'Étude des Runes puis se rendirent aux cachots pour le cours de Potion. La potion du jour nécessitait la coopération de deux personnes et Harry et Drago se mirent naturellement ensembles. Drago était un très bon potionniste et même s'il avait été favorisé par Rogue les années passées, son niveau réel n'avait rien à envier à celui d'Hermione. Heureusement pour lui d'ailleurs car il ne pouvait guère compter sur leur professeur pour lui dispenser des conseils. Slughorn était tellement tendu par la présence de Drago qu'il ne passa à aucun moment pour vérifier l'avancement de leur potion et leur demanda de laisser leur échantillon sur leur table avant de les éjecter de sa salle. Ils avaient à nouveau une heure libre avant l'heure d'Étude des Moldus et enfin deux heures d'Astronomie après le dîner. Le cours d'Étude des Moldus fut aussi stérile que la fois précédente. Harry aurait aimé s'asseoir aux côtés de Neville ou Seamus mais Drago refusa catégoriquement et de toute façon, tenter de bavarder aurait pu mettre en péril ses deux amis. Au final il n'avait toujours pas eu l'occasion de discuter de l'Armée de Dumbledore avec Neville, il décida donc d'aller le voir juste à la sortie du cours.

- Salut Neville. Il faudrait qu'on trouve un moment pour se parler. Est-ce que ça serait possible demain à onze heures dans la salle des trophées ?

Le jeune homme le regarda suspicieusement avant de porter son regard vers Drago Malefoy.

- Salut Harry. J'aurais pensé que tu serais venu me parler plus tôt. Ginny m'a raconté ce qu'il s'était passé lundi… Je ne sais pas trop quoi en penser. Et lui, il sera là, n'est-ce pas ?

Harry se tourna brièvement vers Drago pour lui faire signe de ne pas intervenir.

- Oui. Il est obligé de me surveiller mais j'ai le droit de vous parler malgré tout. Écoute, quand on m'a dit que je pourrais retourner à Poudlard, je pensais vraiment que ça serait parmi les Gryffondors. J'ai découvert ça lundi matin. Comme tu t'en doutes je n'ai pas mon mot à dire.

- Je ne sais pas grand-chose à vrai dire. J'ai entendu beaucoup d'histoires. Au départ j'ai eu beaucoup de mal à croire que Harry Potter s'était rangé du côté du ministère mais depuis le début de cette semaine je t'ai observé et je peux déjà constater que tu es devenu très proche des Serpentards.

Harry soupira. Les choses ne s'annonçaient pas aussi faciles qu'il l'avait espéré.

- Tu as raison… tu mérites des explications et c'est pour cela que je te propose de se retrouver demain pour en discuter. Dis à Ginny qu'elle peut venir si elle le souhaite. Seamus aussi… J'ai envoyé une lettre aux Weasley pour leur expliquer.

- Bon, je viendrais et je ne serais sans doute pas seul. J'espère que tu pourras nous expliquer ce qu'il se passe. À demain.

Harry et Drago allèrent dîner avant de rejoindre la tour d'astronomie. Contrairement aux années précédentes, le cours de 7e année avait lieu de vingt heures à vingt-deux heures et consistait essentiellement en étude théorique. Harry n'appréciait que très modérément cette matière mais il avait tout de même obtenu un Acceptable lors de sa BUSE d'Astronomie et de toute façon on ne lui pas vraiment demandé son avis sur le choix des matières. La dernière heure de cours lui sembla interminable. Il n'avait jamais autant écrit de toute sa vie et la fatigue de la journée commençait à se faire ressentir. Lorsque la fin du cours arriva, Drago pesta contre les élèves qui circulaient dans les couloirs et usa de son insigne de préfet en chef pour retirer vingt points à des jeunes Poufsouffles qui marchaient un peu trop lentement à son goût. Ils mirent près de dix minutes pour rejoindre le bureau de Rogue et ce dernier exulta en voyant leurs mines fatiguées.

- Et bien Potter ! Vous avez fini de fanfaronner ? Drago, a-t-il commis quoi que ce soit de répréhensible aujourd'hui ?

Harry recomposa immédiatement un sourire empreint d'ironie, sachant pertinemment que Drago n'avait rien à lui reprocher.

- Absolument rien, professeur.

Lorsque Rogue eut entendu la réponse du Serpentard, il lâcha un reniflement méprisant.

- Je vois. Il faut croire que vous n'avez pas encore oublié votre dernière leçon, Potter… mais pour combien de temps, je me le demande. Nous verrons demain…

Il leur fit signe de déguerpir en vitesse, et Harry et Drago traversèrent l'âtre à destination du Manoir Malefoy. Voldemort les y attendait et Harry était tellement fatigué qu'il ne chercha même pas à résister, s'inclinant devant le mage noir aux côtés de Drago. Son gardien raconta succinctement leur journée puis il remit à Voldemort un parchemin et Harry écarquilla les yeux. Il s'avérait être le double du courrier qu'il avait prétendument envoyé aux Weasley ! Heureusement qu'il s'agissait de la seconde lettre car Harry ne s'était même pas aperçu qu'il l'avait reproduit. Voldemort l'a parcouru du regard mais l'instant d'après, alors que rien ne le laissait présager, il foudroya Drago d'un Doloris qui heureusement ne dura que quelques secondes.

- Tu aurais dû me montrer ce courrier avant toute chose, Drago. Harry n'est pas autorisé à contacter qui que ce soit en utilisant les hiboux de l'école.

- Je vous prie de bien vouloir m'excuser, maître. J'ai fait une erreur, cela ne se reproduira plus. Potter a donné rendez-vous à ses amis Gryffondors demain à onze heures. Dois-je prendre des précautions particulières à ce propos ?

Voldemort plissa les yeux. Il ne semblait même pas énervé.

- Non, mais écoute attentivement ce qu'ils diront. Tu devras me le rapporter mot pour mot, est-ce clair ?

- Parfaitement, monseigneur.

Le mage noir attrapa Harry par le col de sa cape pour le relever et l'entraîna à sa suite pour transplaner. Harry se sentait mal pour Drago, heureusement sa lettre ne contenait rien de compromettant... Il se pensait tiré d'affaire, mais c'était sans compter la perspicacité de son ennemi. À peine furent ils arrivés que Voldemort utilisa la Légilimancie pour lui faire revivre sa journée à toute vitesse. Harry sentit avec effroi ses souvenirs être fouillés et il essaya d'orienter le mage noir vers le moment où il écrivait la seconde lettre mais celui-ci était bien trop expérimenté pour se laisser berner et il eut tôt fait de découvrir la vérité. Lorsque Voldemort sortit enfin de son esprit, Harry avait envie de s'enfuir à toute jambe. Il tomba sur les genoux, les yeux fermés, attendant avec fatalité la punition qui ne manquerait pas d'arriver. Mais Voldemort l'obligea à se relever et l'entraîna jusqu'à sa chambre où il fit apparaître une paire de menottes depuis le plafond. Harry comprit alors avec horreur ce qui l'attendait.

- Tu resteras suspendu à ces chaînes toute la nuit, Harry. Que cela t'apprenne ce qu'il en coûte d'essayer de me berner. Je découvre toujours la vérité.

Harry haleta lorsque les menottes se refermèrent sur ses poignets, l'obligeant à rester debout au milieu de la pièce, les bras tendus au-dessus de sa tête, sans aucun support pour se reposer.

- Non… Vous n'allez tout de même pas me laisser ainsi !

- Je te l'ai dit. Je n'utiliserais pas le Doloris, mais compte sur moi pour t'enseigner l'obéissance. Je viendrais te détacher demain.

La porte se referma et Harry poussa un long gémissement. Il était déjà fatigué de sa journée et malgré ça il lui semblait impossible de s'endormir dans cette position. Son lit n'était qu'à quelques mètres, impossible à atteindre, comme fait exprès pour le narguer. Il ferma les yeux et laissa les larmes couler le long de ses joues. Sa vie était un cauchemar. Comme un dieu omniscient et cruel, Voldemort ne laissait rien au hasard. Le moindre pas hors du sentier était sévèrement réprimé : Il avait réussi à envoyer sa lettre mais le payait désormais le prix fort. Il se saisit des chaînes pour soulager un instant ses poignets mais il comprit bien vite qu'il ne pourrait tenir la position bien longtemps. Parviendrait-il à rester éveillé toute la nuit ? Il ferma les yeux, essayant de s'évader mentalement. Il pensa à Ron, Hermione et les Weasley qui devaient être en train de lire sa lettre, imagina leurs mines graves… Sans doute allaient-ils montrer cette lettre à Remus Lupin, peut-être même Kingsley Shacklebolt. Techniquement, il n'avait pas révélé grand-chose. Hermione ayant été témoin de son enlèvement, tout l'ordre devait déjà savoir qu'il était entre les mains de Voldemort. Peut-être même ses camarades avaient-ils décidé de révéler à l'Ordre la nature exacte de leur mission. Mais c'était avant tout le geste que Voldemort avait puni et s'il devait être honnête avec lui-même, il savait qu'il ne supporterait pas une seconde nuit comme celle-ci.

Le temps passa… désespérément lentement. En réalité il n'avait aucune idée de temps qui s'était écoulé mais il espérait que son calvaire prendrait bientôt fin. Il avait succombé au sommeil deux ou trois fois, mais s'était réveillé immédiatement après, lorsque la douleur sur ses poignets s'était faite trop intense.

Finalement Voldemort ne revint le voir qu'au lever du jour. Les faibles rayons du soleil filtraient à peine à travers ses volets, laissant deviner la silhouette du seigneur des ténèbres, seuls son visage et ses mains apparaissant au milieu de sa robe noire. On aurait dit un spectre et Harry se mit violemment à trembler à mesure qu'il se rapprochait, la panique la gagnant comme la première fois qu'il s'était réveillé dans cette pièce.

- Shhhh… Ta punition est terminée, Harry. Tu n'as aucune raison de me craindre. Si tu es sage, je ne te ferais aucun mal…

Il était à bout de force et se laissa tomber dans l'étreinte de son ennemi sans esquisser le moindre geste. La fatigue et l'inertie avaient frigorifié ses membres et il ne sentait plus ses mains, sans doute ankylosées par sa longue torture. Il s'endormit entre les bras de Voldemort, incapable de rester conscient plus longtemps.

***/+/***

- Réveille-toi !

Il ouvrit les yeux et reconnu sans peine la silhouette de Nagini malgré sa myopie. Il tendit le bras pour caresser le serpent mais s'aperçu que sa main tremblait. Il soupira, laissant retomber lourdement son bras le long de son corps.

- Nagini.

- Tu as encore désobéi au Maître hier !

Il ne répondit pas, détournant le regard pour observer sa chambre. S'il se basait à la luminosité ambiante, il devait être plus de neuf heures… Il se redressa en sursaut. Il avait donné rendez-vous à Neville à onze heures ! Il attrapa tant bien que mal ses lunettes sur la table de nuit et repoussa Nagini pour se lever. Voldemort lui avait simplement retiré ses chaussures et sa cape mais il avait absolument besoin d'une douche et de se changer. Il se prépara au plus vite mais peina durant cinq longues minutes à faire ses lacets tant ses mains tremblaient. Dans le miroir, son reflet arborait des cernes bien visibles Rogue allait probablement s'en donner à cœur joie. Lorsqu'il rejoignit la salle à manger pour avaler un rapide petit déjeuner, Voldemort apparu, un pot entre les mains.

- Montre-moi tes poignets.

Harry retroussa ses manches avec une grimace, dévoilant les impressionnantes traces qui s'étaient imprimées dans sa chair. Les menottes avaient cisaillé sa peau, provoquant de douloureuses plaies en plein sur l'articulation. Voldemort étala une bonne épaisseur de baume sur les poignets meurtris avant de les recouvrir d'une fine bande de gaze.

- Merci.

- Quand comprendras-tu la leçon, Harry ? Cesse de me défier et tu ne souffriras plus.

Le Gryffondor hocha doucement la tête. Il avait l'impression d'être face à un Détraqueur, privé de son énergie et de sa joie de vivre. Il avala un verre de jus de fruit et quelques biscuits préparés par Twix mais il n'avait guère le temps de plus. Voldemort l'attendait déjà dans l'entrée pour transplaner chez les Malefoy.

Lorsqu'ils entrèrent dans le hall d'entrée du manoir, Harry vit son camarade hausser les sourcils. Manifestement son manque de sommeil était assez flagrant. Juste avant de le laisser partir, le lord noir le retint par la main, lui arrachant une grimace de douleur.

- Harry. N'oublie pas la leçon d'hier. Crois bien que je prêterais une attention toute particulière au rapport de Drago…

Harry hocha la tête pour éviter de croiser son regard et se retourna vers l'imposante cheminée reliée au réseau. Il prit une bonne poignée de poudre qu'il jeta immédiatement dans l'âtre et cria presque sa destination avant de traverser le feu magique. Une fois dans le bureau de Rogue, il se rua dehors, obligeant Drago à le suivre au pas de course. Ce ne fut qu'une fois arrivé dans la salle des trophées qu'il consentit à s'arrêter. Ses anciens camarades n'étaient pas encore arrivés et le Serpentard en profita pour reprendre son souffle.

- Non mais tu vas arrêter de courir comme ça ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Harry regarda Drago comme si c'était la première fois qu'il le voyait.

- Je… désolé je n'ai pas beaucoup dormi. Je risque d'être un peu sur les nerfs aujourd'hui. Je n'étais vraiment pas d'humeur à supporter les conneries de Rogue.

- Je vois ça… J'imagine que c'est à cause du courrier d'hier… J'aurais dû me douter qu'il aurait voulu le voir avant.

Harry secoua la tête.

- Non, c'est de ma faute. Il… Je n'ai pas été réglo avec toi, en vérité j'ai envoyé une toute autre lettre aux Weasley. Mais il a utilisé la legilimancie et il a vu la véritable lettre que j'avais envoyé… Tu peux le dire, je suis sacrément con…

Le Serpentard roula des yeux et sortit de son sac un rouleau de parchemin et quelque chose que Harry reconnu comme une plume à Papote.

- J'espère simplement pour toi que tu vas arrêter ce genre d'erreur stupide avant qu'il ne se lasse définitivement. La plume est enchantée pour écrire exactement ce que vous direz alors pense à tourner ta langue dans ta bouche avant de parler…

Neville arriva quelques minutes plus tard. Il était accompagné de Ginny. Les deux Gryffondors s'arrêtèrent à un mètre de Harry, manifestement en proie à un certain malaise. Finalement ce fut Neville qui prit la parole le premier.

- Salut Harry ! Bonjour Malefoy. Est-ce qu'on peut te saluer sans se faire mordre ?

Harry posa le sac qui contenait Nagini sur le sol et s'avança pour serrer ses deux camarades dans ses bras.

- Je suis content de vous voir. Elle n'attaquera personne à moins que quelqu'un ne m'agresse.

Ginny prit le relai.

- Les parents m'ont envoyé un hibou ce matin. Ils ont bien reçu ta lettre, ils m'ont expliqué que tu ne pouvais pas t'éloigner de Malefoy. Je suis désolée pour l'autre jour. Maman dit, l'important c'est que tu ailles bien. Mais là, tu n'as pas l'air très en forme…

- Ne vous inquiétez pas pour moi. Parlez-moi de vous plutôt. Comment ça se passe depuis le début de l'année ?

Neville commença à faire quelques pas. Manifestement il avait attendu longtemps avant de lui raconter tout ce qu'il avait sur le cœur.

- Au cas où tu ne t'en serais pas encore aperçu, ce n'est plus le Poudlard que tu as connu. Rogue et les Carrows font la loi, pour notre plus grand malheur. Ils n'hésitent pas à torturer des élèves qui leur manquent de respect et prennent les familles en otage si on manifeste un peu trop notre opposition au régime. Ils avaient enlevé Luna quand elle a voulu rentrer chez elle pour Noël mais elle est revenue début janvier, à ce qu'il paraît grâce à toi. Alors j'aimerais que tu m'expliques…

- Je… Je me suis rangé. J'ai promis que je ne m'opposerais plus au ministère en échange de la protection de trois familles. Les Weasley, les Londubat et les Lovegood. Je n'ai pas de famille alors j'ai pensé à vous. Mais si vous leur résistez… Ils n'hésiteront pas à… Je veux dire… Vous aurez de sérieux problèmes. Je ne pourrais rien faire de plus.

- Harry… Tu dis que tu t'es rangé… Mais tu as assisté comme nous au cours d'Étude des Moldus ! Tu l'as entendu parler ! Comment peux-tu supporter cette situation ! On ne peut pas rester passif face à ça ! Ils utilisent le Doloris sur les élèves en retenue !

Neville semblait furieux, mais Ginny lui prit doucement le bras pour essayer de le calmer.

- Neville… Je pense qu'il sait… Mais il ne peut rien faire. Et nous non plus. Nos petites actions ont beau les énerver, ils ne quitteront pas Poudlard pour autant…

- Non, Ginny ! Ça aide les élèves quand on leur tient tête, ça donne de l'espoir ! Je refuse d'abandonner. Harry ! Comment as-tu pu céder à la solution de facilité ? Tu ne peux pas te soumettre ainsi, pas toi !

- Tu parles de facilité ? Sais-tu seulement ce que j'ai vécu depuis qu'ils ont pris le pouvoir ? J'ai dû m'enfuir la nuit du 1e août ! Avec Hermione nous devions camper dans la nature, changer de localisation tous les deux jours, manger ce qui traînait dans les potagers moldus ! Cela faisait des mois que je n'avais pas pu avoir une nuit complète de sommeil ! Lorsqu'il m'a capturé, il m'a clairement fait comprendre qu'il ne pouvait être vaincu. J'aurais dû supporter des Doloris jusqu'à ce que je perde l'esprit peut-être ?

Neville pâlit un peu en l'entendant parler ainsi. Il hésita une seconde avant de relever les yeux avec un air déterminé que Harry ne lui avait jamais vu.

- Suis-moi, il faut que je te fasse voir quelque chose !

Il essaya d'attraper Harry par le poignet mais l'étreinte lui arracha un gémissement de douleur et Drago intervint pour les séparer, baguette à la main.

- Lâche-le Londubat !

- Harry ! Tu saignes… Qu'est-ce qu'il t'a fait ?!

C'était Ginny qui avait crié, mais Harry s'était reculé et avait ramassé le sac de Nagini de son autre main.

- Rien. Je me suis blessé en cours de Potion, ce n'est rien de grave. Je suis désolé… Il faut qu'on y aille…

Drago ramassa sa plume et suivit Harry qui s'éloignait déjà de la salle à toute allure. Finalement ils arrivèrent près de la Grande Salle et Drago l'arrêta.

- Stop, tu peux t'arrêter, ils n'ont pas essayé de te suivre. Il est l'heure de manger, autant aller déjeuner car à treize heures nous avons Métamorphose. Ça va aller ?

Il avait désigné le poignet de Harry et le Gryffondor vit que son sang avait tâché la manche de sa chemise. Ce n'était pas très douloureux mais il sentait comme des décharges électriques lui traverser la main. Il haussa les épaules.

- Je ferais avec…

Il n'avait pas fini sa phrase que Nagini sortit la tête du sac et vint se hisser sur son épaule. Ils eurent tout juste le temps de se glisser dans une salle vide avant que le flot des élèves ne parvienne jusqu'à eux.

- Je sens l'odeur de ton sang. Tu es blessé.

- C'est à cause de la punition. Une blessure s'est réouverte. Ce n'est pas très grave.

- Tu es stupide. Pourquoi continues-tu à le défier ? Montre-moi…

Harry retroussa sa manche et retira le bandage, dévoilant son poignet blessé à Nagini qui l'observa un instant avant de glisser sa langue le long de l'entaille pour en essuyer le sang. Drago avait lui aussi le regard fixé sur la blessure.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait au juste ?

- J'ai passé la nuit, suspendu par les poignets.

- Je vois. Et le serpent, qu'est-ce qu'il raconte ?

- Oh, un peu comme toi. Elle dit que je suis stupide et que je devrais arrêter de lui désobéir.

- Et bien tu devrais probablement écouter ses conseils…

Une fois la plaie nettoyée, ils rejoignirent la Grande Salle pour prendre leur repas. Pansy et Théodore leur avaient réservé une place à la table des Serpentards et ils commencèrent à manger mais Harry ne put masquer bien longtemps les tremblements qui agitaient sa main gauche. Il soupira longuement, plantant rageusement sa fourchette dans son assiette. Théodore Nott haussa les sourcils.

- T'as encore une sale tronche, Potter. J'imagine que tu t'es encore pris une correction ? Déjà deux fois en quatre jours, je vais commencer à croire que tu aimes ça !

Celui-ci roula les yeux.

- Tsss… Faut croire…

Il fut interrompu par Drago Malefoy.

- Potter ! Dépêche-toi de manger. J'en ai marre de t'entendre soupirer toutes les trente secondes. On va aller voir Pomfresh pour qu'elle te refasse un vrai pansement. Ça évitera aussi que McGonagall te pose des questions.

Quelques minutes plus tard, ils étaient devant la porte de l'infirmerie, et Harry put constater un changement non négligeable par rapport aux années passées : un sorcier inconnu à l'air revêche montait la garde devant la porte.

- C'est qui lui ?

- Quelqu'un qui a pour seule fonction d'empêcher n'importe qui d'accéder à l'infirmerie. Ne t'en préoccupes pas.

Drago releva sa manche pour dévoiler la marque des ténèbres et l'homme se leva pour les laisser passer. Dans l'infirmerie, Mme Pomfresh était toujours présente, fidèle au poste, et elle ne cacha pas son mépris pour Drago.

- Monsieur Malefoy. Qui… Oh, monsieur Potter ! Que vous arrive-t-il ? Ces monstres vous ont-ils malmené ? Asseyez-vous ici que je vous ausculte…

- Ne posez pas de question. Soignez-le, c'est tout.

Harry sourit à l'infirmière et s'assit sur le lit qu'elle lui avait indiqué. Drago s'était considérablement endurci depuis l'année passée, et sans doute le comportement des professeurs à son encontre n'y était pas étranger. Étiqueté comme Mangemort, il ne pouvait afficher aucune faiblesse s'il ne voulait pas se voir réprimander par son propre camp.

- Bonjour madame Pomfresh. Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas trop grave. J'ai eu de la pommade ce matin mais un élève m'a attrapé par le poignet et ça a rouvert la plaie.

L'infirmière exigea de voir son autre poignet et étala une épaisse couche de baume sur chaque blessure avant de refaire ses pansements. Mais lorsqu'elle se saisit de sa baguette magique et la pointa vers Harry, Drago leva sa baguette vers elle.

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Je m'apprêtais à lancer un sort de diagnostic ! Ce garçon me semble anormalement pâle, je crains que sa tension soit faible, il a sans doute besoin d'une potion énergisante !

- Aucun sort. J'ai des ordres. Ça ira très bien comme ça.

Harry fit une moue contrite alors que madame Pomfresh foudroyait Drago du regard.

- Désolé… Honnêtement, ce n'est pas bien grave. Il ne reste que quatre heures de cours, je tiendrais sans souci et je dormirai mieux ce soir.

Il remit ses sacs sur les épaules et quitta la pièce en compagnie de Drago, tout remerciant discrètement Nagini pour ne pas être intervenue. La pauvre infirmière avait déjà bien à supporter avec l'agressivité de Drago… Ils se hâtèrent de rejoindre le cours de Métamorphose et passèrent le pas de la salle de classe juste à temps sous le regard sévère du professeur McGonagall. Le cours était la suite de celui de lundi et Harry en profita pour avancer sur son devoir tandis que ses camarades s'escrimaient à réaliser correctement leur transformation.

Le dernier cours de la journée était le cours d'Art de la magie noire, enseigné par le Mangemort Amycus Carrow. Harry ne s'était pas vraiment préoccupé de ce à quoi un tel cours pouvait ressembler mais dès le début, il sut qu'il lui faudrait puiser dans ses réserves de self-contrôle. Carrow frère était un homme massif et bourru, aussi vulgaire que sa sœur et à l'antithèse de ce qu'un professeur devait être. Il n'avait aucune patience, même pour les Serpentards dont la plupart se montraient pourtant particulièrement attentifs à son cours. Crabbe et Goyle semblaient très satisfaits et Harry ne tarda pas à en comprendre la raison lorsque le « professeur » l'interpela :

- Potter ! Quel dommage que tu sois privé de baguette ! J'aurais aimé t'obliger à pratiquer, comme tous tes amis Gryffondors que j'ai brisés… Je suis certain que tu aurais été doué… En attendant regarde bien, viens au premier rang ! J'voudrais pas que tu rates une miette du spectacle !

Drago le mena jusqu'au premier rang et Harry comprit que même son gardien n'en menait pas large. Lui non plus ne semblait pas particulièrement à son aise et cela lui fit craindre le pire. Devant le tableau se tenaient trois élèves attachés et bâillonnés. Harry ne les connaissait pas mais ils semblaient bien plus jeunes que lui, peut-être des troisièmes années tout au plus. Les malheureux étaient déjà en larmes et semblaient en proie à une terreur sans nom. Harry resta un moment figé jusqu'à ce que Drago l'incite à s'asseoir.

- Non… Il ne va tout de même pas… Drago !

Mais son camarade n'eut pas le temps de répondre que déjà Amycus était de retour sur lui, vociférant tout en postillonnant copieusement.

- Assis, Potter ! On n'a pas le droit de te faire de mal, mais oublie pas que j'ferais un rapport chaque fois qu'tu moufteras… Alors sois un bon petit clébard ! Assis, j'ai dit !

Harry était tellement furieux qu'il aurait préféré supporter un Doloris plutôt que de s'asseoir. Mais Drago et Théodore l'obligèrent à prendre place sur la chaise et à peine avait-il posé ses fesses qu'une lourde chaîne vint l'y enchaîner.

- Non, arrêtez ! Lâchez-moi ! Je me fous de ce qui m'arrivera mais arrêtez-ça !

Sourd aux récriminations de Harry, Amycus poussa le malheureux élève sur le devant de l'estrade avec un sourire sadique.

- Bien ! Puisque Potter a été absent depuis le début de l'année, il est nécessaire de revoir les bases : le Doloris ! Je fais une démonstration, observez bien ! Endoloris !

La victime hurla, et ses hurlements se mélangèrent à ceux de Harry. Mais le Mangemort continuait en rigolant et Harry sentit une violente chaleur l'envahir… Comme avec la tante Marge, comme chez les Malefoy. Son cœur se mit à battre à toute allure et sa magie s'agita en lui tel un Feudeymon, consumant tout sur son passage.

- Arrêtez ! ARRÊTEZ !

Tout d'un coup, tout se passa très vite. Amycus prit soudainement feu et son rire se transforma en hurlement de douleur. Les chaînes autour de Harry avaient disparu et Drago et Théodore avaient été projetés à un mètre de lui mais le Gryffondor s'était écroulé sur le sol, prostré, incapable de maîtriser le flux magique qui s'échappait de son corps. C'est alors que Nagini sortit du sac, provoquant de nouveaux hurlements dans la salle. Avant que quiconque n'ait pu faire le moindre geste, elle s'enroula autour du corps de Harry et plongea ses crocs dans sa carotide. L'instant d'après, Harry perdait connaissance et le feu autour d'Amycus disparaissait, laissant constater les dégâts. Le Mangemort était carbonisé, vivant mais inconscient, victime de brûlures extrêmes sur l'intégralité de son corps. Drago décida de prendre les choses en main.

- Nott, tu vas immédiatement chercher Rogue ! Parkinson, tu ramasses le gamin et tu le transportes à l'infirmerie. Préviens aussi Pomfresh de la situation. Les autres, le cours est terminé, vous allez en étude immédiatement, c'est un ordre de votre préfet en chef. Les collés, vous êtes libres. N'oubliez pas que vous avez eu de la chance.

Il détacha les élèves qui avaient été prévus comme cobayes et ils quittèrent la salle sans demander leur reste tandis que le reste des Serpentards s'exécutait. Drago soupira : Décidément, être le gardien d'Harry Potter n'était pas de tout repos…


***/+/***

Fin du 5e chapitre. TADAM ! Et un Mangemort en moins, ça c'est de l'action ! :D Harry a laissé parler ses émotions et n'a pas fait dans la dentelle. Comment Voldemort réagira-t-il en apprenant cela ? Vous le saurez au prochain chapitre ! ^^ Finalement je publierais le chapitre 6 vendredi 9 octobre, soit dans une semaine.

Je deviens complètement accro à cette fanfiction. Je me précipite pour écrire la suite dès que j'ai un moment de libre, du coup j'avance plus vite que prévu. J'aimerais tellement pouvoir discuter avec vous de vive voix pour savoir tout ce qu'il ce que vous en pensez ! Si peu de review comparé au nombre de lecteurs, c'est tellement frustrant ! En tout cas merci encore pour votre fidélité et surtout MERCIII à ceux qui prennent le temps de m'écrire ! J'accepte les reviews anonymes donc faites vous plaisir, un petit mot pour me donner votre impression et vous rendrez votre auteur super heureuse !