Auteur : Lady Zalia

Type : Aventure + retour du tag "Angst".

Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T.

Rappel du chapitre 9 : Ron reproche à Harry sa docilité vis-à-vis de Voldemort. Furieux de s'être fait ainsi critiqué par son meilleur ami, Harry se moque d'Alecto Carrow en cours d'Étude des Moldus et celle-ci lui jette un Doloris. Nagini prévient Voldemort qui leur ordonne de le rejoindre au manoir Malefoy.

J'avais vraiment hâte de vous livrer ce chapitre 11. J'espère qu'il vous plaira autant que j'ai pris de plaisir à l'écrire.

Reload du vendredi soir suite aux erreurs signalées.


Chapitre 11

Harry ressentait encore nettement les effets du Doloris lorsqu'il sortit de la cheminée dans le grand hall du Manoir Malefoy, cependant il s'inclina immédiatement en constatant la présence de Voldemort dans la pièce. Le mage noir ne requerrait ce protocole qu'en présence d'autres Mangemorts et il ne s'en offusquait plus. Nagini en profita pour se hisser hors du sac et onduler jusqu'à son maître. Voldemort lui caressa le sommet du crâne, mais elle ne semblait pas avoir décoléré, en témoin des mouvements rageux de sa queue.

- Maître ! La Mangemort a attaqué mon petit frère ! Elle vous a désobéi !

- Calme toi, Nagini. Je te promets qu'elle sera punie pour cela. Mais j'aimerais d'abord savoir ce que ton petit frère a fait pour provoquer sa colère.

Drago, Severus et Alecto les avaient rejoints et s'étaient inclinés aux côtés de Harry. Voldemort parcouru l'assemblée de son regard carmin.

- Harry ! Lève-toi, viens ici…

Le Gryffondor se redressa lentement et s'avança jusqu'au mage noir. Dès qu'il fut à portée, Voldemort referma ses bras autour de lui et lui empoigna le menton pour le forcer à lever la tête. Étrangement, malgré la domination inhérente à cette position, Harry se sentit apaisé par sa proximité avec le mage noir. Voldemort avait posé son autre main sur son front, son pouce contre sa cicatrice et il le laissa parcourir ses souvenirs sans opposer la moindre résistance. Après quelques minutes, il libéra Harry de son emprise mentale sans lâcher son menton pour autant.

- Tu t'es montré insolent avec mon Mangemort, Harry, tu sais que je ne cautionne pas ce genre de comportement… En revanche tu t'es bien comporté avec tes anciens camarades… Et je ne peux rester aveugle à la fidélité que tu témoignes à Nagini… et à moi.

Harry baissa les yeux mais ne chercha pas à s'extraire de l'emprise du mage noir.

- Je vous prie de m'excuser pour l'incorrection dont j'ai fait preuve face à mon professeur. J'étais… troublé par ma conversation avec mes amis.

Voldemort hocha la tête et se tourna vers les trois silhouettes encore agenouillées.

- Quant à toi Alecto, je suis une nouvelle fois déçu par ta stupidité. Je vous avais expressément interdit de châtier Harry Potter et tu me désobéis sous les yeux de Nagini et Drago ! Ne pas savoir maîtriser sa colère est une chose, ne pas réfléchir et obéir aux ordres les plus élémentaires en est une autre.

- Maître, je vous prie de m'excuser. Potter incite les autres élèves à braver mon autorité. Il…

Voldemort jeta un Incarcerem informulé sur Alecto et le maléfice lui arracha un gémissement alors qu'elle se trouvait lamentablement ligotée au pied du mage noir. Il sortit ensuite la baguette en bois de houx et plume de phénix de sa robe et la tendit à Harry.

- Prends ta baguette. Tu sais ce que j'attends de toi, n'est-ce pas ?

Harry prit sa baguette d'une main tremblante mais ne releva pas les yeux.

- S'il vous plaît… Ne me demandez pas ça…

- Elle t'a torturé. Tu te souviens de la douleur qu'elle t'a infligée… Tu dois la faire payer, la punir ! Jette le Doloris, venge-toi !

Voldemort s'était mis à parler fourchelang, provoquant des frissons chez Harry. Il avait aussi levé sa propre baguette pour la pointer sur la gorge du Gryffondor, lui épargnant l'effort de proférer la moindre menace de vive voix. Harry ne pouvait s'extraire de son emprise et à ses pieds, Nagini avait aussi levé son regard vers lui. Comme si elle avait lu les pensées de son maître, elle siffla à son tour.

- Si tu ne le punis pas, petit frère, je la mangerais, membre par membre ! Il faut la faire souffrir pour ce qu'elle a osé te faire !

Harry écarquilla les yeux et Voldemort sourit largement.

- Quelle bonne idée. Tu veux la voir morte, Harry ?

- Non...

- Alors tu sais ce qu'il te reste à faire…

Alecto, Severus et Drago avaient suivi cet échange sans pouvoir comprendre les paroles de leur maître, cependant la volonté de Voldemort était assez limpide. Le mage noir avait déjà ordonné à Drago de jeter le Doloris pour punir certains Mangemorts, il n'était donc guère étonné de le voir faire pareil avec Harry. Quant à Severus, ce qu'il redoutait arriva : Harry avait fini par tendre sa baguette devant lui avant de brusquement ouvrir les yeux, un air farouche dans le regard.

- Endoloris !

Il avait presque hurlé le maléfice et Alecto s'était mise à crier à son tour, toujours entravée par l'Incarcerem de Voldemort, son corps convulsant sur le sol sous les yeux des quatre autres sorciers. Le sortilège ne dura que peu de temps mais Voldemort semblait assez satisfait de son élève car son visage se fendit à nouveau d'un sourire sadique.

- Bien ! Recommence. Pense à la souffrance que tu as ressenti par sa faute. Tu dois lui donner une leçon sinon elle recommencera… Ou peut-être se vengera-t-elle sur tes précieux amis…

Harry avait recroquevillé ses bras autour de son visage, comme s'il risquait de recevoir un coup.

- S'il vous plaît. Ne m'obligez pas à recommencer…

- Tu dois apprendre. Drago, sors donc ce coli que t'a remis Miss Granger. Si Harry ne veut pas obéir, il ne mérite pas ses cadeaux… Alors ? Tu as le choix.

Drago s'était levé et avait sorti de son sac les présents destinés à Harry. Mais le Gryffondor secoua la tête.

- Je… Non… Je ne suis pas comme ça…

Il ne voulait certainement pas se mettre à pleurer devant Voldemort et ses Mangemorts et il serra les dents, les poings fermés. Voldemort soupira et lui arracha sa baguette des mains.

- Drago, jette-moi tout ça au feu. Regarde bien, Harry. Endoloris !

Le maléfice avait atteint Alecto Carrow qui se mit à nouveau à hurler de douleur, mais cette fois on pouvait entendre dans sa voix l'intensité de sa souffrance. Harry, Severus et Drago en eurent la chair de poule. Voldemort ne faisait preuve d'aucune pitié et ils pouvaient aisément imaginer les os se fendre et les muscles se déchirer sous l'effet du sortilège Impardonnable.

De son côté, Drago s'était exécuté et avait jeté tout le colis au feu sous le regard atone de Harry. Si les quelques cadeaux lui étaient un peu égal, il était mortifié de n'avoir même pas pu lire les lettres. Il garda le silence cependant. Le mage noir était en pleine crise de sadisme et il n'était pas suicidaire au point de le provoquer en élevant la voix face à lui. Alecto finit par perdre conscience et Voldemort leva enfin sa baguette.

- Drago, tu vas conduire cette idiote dans l'une de vos geôles et elle y restera tant que je n'aurais pas décidé de son utilité. Severus tu peux supprimer cette matière stupide qu'était l'Étude des Moldus, il n'y a donc aucune nécessité de chercher un nouvel enseignant. Quant à toi, Harry, tu ne retourneras pas à Poudlard tant que je n'aurais pas la certitude que tu sauras respecter tous tes enseignants. C'est la dernière fois que je suis dérangé par ta faute. À présent, nous rentrons.

Harry baissa les yeux, se retenant à grand peine de soupirer. En vérité, il avait carrément envie de hurler de rage. Voldemort l'avait forcé à jeter un Doloris et avait brûlé tous ses présents mais Alecto lui avait douloureusement rappelé les effets du sortilège Impardonnable et il n'était crédule au point de croire aveuglément en la promesse de Voldemort de ne plus l'utiliser. Il suivit donc docilement le mage noir et ne fit pas un geste lorsqu'il le plaqua contre son torse pour transplaner. Dès qu'ils apparurent dans le jardin cependant, il fit un mouvement pour se défaire de l'emprise de Voldemort, mais celui-ci le maintenait toujours fermement contre lui.

- Est-ce que je pourrais rester un peu dans le jardin ?

- Certainement pas. Je sais que tu comptais te défouler mais je t'ai laissé l'occasion de faire parler ta colère et tu ne l'as pas saisie. Maintenant tu vas à la bibliothèque pour étudier.

Voldemort le connaissait désormais mieux que quiconque, à son grand dam. Harry serra les dents et essaya à nouveau de se dégager de l'étreinte du mage noir, mais ce dernier n'apprécia pas sa tentative de rébellion et le poussa violemment vers la façade, le plaquant contre le mur le plus proche. Harry haleta sous le choc et ferma les yeux pour esquiver le regard carmin.

- Laissez-moi tranquille ! Vous m'avez forcé à jeter un Impardonnable, vous avez détruit tous les cadeaux et courriers de mes amis, ça ne vous suffit pas ?!

Voldemort le relâcha un instant et se recula, juste assez pour lui envoyer un Maléfice qui le fit hurler de douleur et tomber au sol. Ce n'était pas un Doloris, mais il eut l'impression que toutes ses terminaisons nerveuses avaient été foudroyées. Nagini s'était immobilisée à un mètre de lui et lui jetait un regard sévère. Voldemort reprit la parole, tout sourire disparu.

- N'essaye pas de te rebeller contre moi, Potter ! Où je pourrais revenir sur ma décision et t'infliger un Doloris pour te rafraîchir la mémoire !

- Non… s'il vous plaît… Vous m'avez laissé le choix !

Harry trouva sa voix pathétique et il se haït pour cela. Il resta prostré, recroquevillé dans l'herbe, les dents serrés, rageant contre sa propre faiblesse qui l'empêchait de se dresser face au mage noir. Mais une main impérieuse vint l'attraper par le col de son uniforme pour le soulever et l'amener à l'intérieur de la maison. Une fois dans l'entrée, Voldemort le força à se redresser et à le regarder dans les yeux.

- C'est vrai. Et tu as tout de même jeté un premier Doloris lorsque je te l'ai ordonné. Je pourrais peut-être me montrer exceptionnellement indulgent, puisque c'est toi… Allons… Calme toi à présent. Je ne te ferais aucun mal si tu m'obéis, Harry, tu le sais, n'est-ce pas ? Ne me suis-je pas montré bon avec toi ces derniers temps ?

Harry savait bien pourquoi il s'était mis à parler fourchelang. En plus de s'assurer d'avoir Nagini comme témoin, il savait l'effet que cela induisait en lui. Voldemort n'utilisait jamais la langue des serpents pour le menacer mais uniquement pour instiller ses paroles insidieuses, comme pour le conditionner. Et Harry devait bien reconnaître que ça marchait. Il hocha lentement la tête une fois que le mage noir l'eut remis sur ses pieds. En vérité il se sentait épuisé et c'était pour ça qu'il était autant sur les nerfs. Cela faisait longtemps que Voldemort n'avait plus élevé la voix contre lui et devoir le réaffronter était terrifiant.

- Pardon… Je me sens si fatigué…

- C'est l'une des conséquences du Doloris car il n'est pourtant pas tard. Allons à la bibliothèque, si tu te plonges dans le travail, d'ici une heure tu te sentiras mieux.

Il suivit donc le mage noir jusqu'à la bibliothèque où il s'installa à sa place habituelle et sortit ses affaires de cours. Normalement il aurait dû avoir Astronomie après le cours d'Alecto Carrow mais il ne savait pas vraiment quoi étudier. En revanche, il n'avait toujours pas terminé son devoir de Potion et le professeur Babbling leur avait donné un texte à traduire pour le vendredi. Ne sachant pas quand Voldemort l'autoriserait à retourner en cours, il décida de se lancer dans la traduction. Il commença par identifier toutes les runes qu'il connaissait par cœur, puis nota plusieurs propositions de traduction pour celles qu'il ne connaissait pas en s'aidant du sens global de la phrase. Ensuite, il vérifiait les différents sens possibles à l'aide de son dictionnaire. La sensation familière d'être « chez soi » le détendit peu à peu. Il retira ses chaussures et descendit de la chaise pour s'asseoir en tailleur sur le tapis, ses livres et parchemins étalés devant lui. Nagini ne tarda pas à le rejoindre.

- Est-ce que tu as encore mal, petit-frère ?

Il étira sommairement ses bras et sa nuque avant de caresser la tête de Nagini à ses côtés.

- Ça va, c'est supportable, merci.

- Pourquoi insistes-tu autant pour aller là-bas ? Il ne t'arrive que de mauvaises choses. Et pour toi je dois rester toute la journée dans ce sac.

Harry voulut répondre qu'il voulait revoir ses amis, mais le souvenir de sa dernière discussion avec Ron et Hermione l'en empêcha. Il devait bien reconnaître que leurs conversations n'étaient plus aussi cordiales depuis qu'il les avait retrouvés au début de la semaine. Hermione faisait preuve de tempérance comme toujours, mais il voyait bien dans son regard qu'elle émettait des doutes sur son allégeance… Quant à Ron, il n'avait jamais eu sa langue dans sa poche et il lui avait dit sans ambages ce qu'il pensait de son amitié avec Nagini. Il prit le temps d'y penser sérieusement. Pourquoi retourner à Poudlard… ? Il perdait beaucoup de temps à suivre des cours sans pouvoir s'exercer puisqu'il n'avait pas de baguette et sa présence compliquait foncièrement la vie de Nagini et Drago. Par ailleurs Voldemort avait promis à plusieurs reprises de le préparer pour ses ASPIC et il n'avait aucun doute qu'il en était capable. Cependant il avait l'impression que s'il cédait cette dernière chose à Voldemort, il n'aurait plus rien ni personne pour le confronter aux changements que le mage noir induisait en lui. Voldemort aurait alors le champ libre pour lui faire peu à peu perdre toute notion morale et cette idée lui faisait peur car il était conscient qu'il allait probablement finir par y parvenir…

Voldemort lisait à quelques mètres de lui mais Harry était persuadé qu'il prêtait une oreille attentive à leur conversation et qu'il attendait avec impatience d'entendre sa réponse. Cependant Harry était bien incapable de prendre une décision. Il s'en voulait d'imposer cela à Nagini et nul doute que Voldemort comptait aussi sur sa culpabilité pour le détourner de Poudlard. Il baissa le regard et fit mine de relire sa traduction pour éluder la question mais c'était sans compter la pugnacité de Nagini. Elle se glissa jusqu'à recouvrir entièrement ses livres et Harry dut ramasser en urgence son flacon d'encre pour ne pas qu'il se retrouve renversé sur le tapis. Il fit léviter son matériel scolaire jusqu'à la table la plus proche alors que le gigantesque serpent s'enroulait autour de lui pour l'immobiliser progressivement. Mais contrairement à lors de sa capture chez Bathilda Tourdesac, il ne fit pas un mouvement pour s'en défaire, se contentant de sourire doucement.

- Tu ne me laisseras pas travailler tant que je ne t'aurais pas répondu, j'imagine…

- Tu sais que je ne veux que ton bien, petit-frère. Reste ici avec moi et le maître, abandonne tes anciens amis, ils ne peuvent pas comprendre, ils ne te méritent pas.

- À t'entendre, je devrais oublier tout ce que je suis et toute ma vie passée…

- C'est ta vie passée qui te fait souffrir.

- Désolé… ça serait trop facile de tout abandonner si tôt. Mon identité… mes valeurs… mes amis… Ils sont importants pour moi. D'ici quelques mois j'aurais terminé mes études et je les verrais plus. Alors je sais bien que je vais finir oublier… mais je veux résister… encore un peu.

Nagini fit un mouvement vif qui le fit tomber par terre et lui coupa le souffle, mais lorsqu'il se redressa, elle était déjà en train de quitter la pièce. Il était toujours stupéfait de voir à quel point elle était rapide malgré sa corpulence. Il soupira et se rassit, sous l'œil moqueur de Voldemort.

- Ne viens pas te plaindre si tu dors seul cette nuit.

- Je sais. Mais au moins je suis honnête avec moi-même. Et puis je ne mériterais pas ma réputation si je baissais les bras face à la première incitation.

Voldemort eut un rictus amusé.

- Ce n'est pas moi que ça gêne, les choses sont beaucoup plus amusantes si tu résistes. Et c'est aussi cette détermination qui fait ta valeur. Continue donc, puisque cela te donne bonne conscience, cela n'en sera que plus satisfaisant lorsque je t'aurais mené exactement où je veux. Comme tu l'as dit toi-même, tu vas finir par perdre. C'est inéluctable.

Harry frissonna, se releva et retourna s'asseoir sur sa chaise, mais au bout de quelques minutes, il se rendit compte qu'il se sentait incapable de réfléchir. Ses pensées revenaient invariablement aux propos de Nagini et de Voldemort. Sa résistance était-elle vaine ? C'était la première fois que sa "sœur", le mettait véritablement en cause pour l'une de ses décisions et il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Finalement, ce qui le retenait encore, c'était la crainte du jugement de Ron et Hermione. Il ne voulait pas voir la haine, la déception ou la peur dans leurs yeux.

Voyant qu'il n'arriverait pas à se remettre au travail, il releva la tête vers son sinistre mentor.

- Est-ce que je peux aller dîner ?

- Vas-y mais je compte sur toi pour terminer tes devoirs avant d'aller te coucher. Demain j'ai prévu de t'entraîner au duel.

- Quoi ?!

- Et bien, aurais-tu déjà oublié que tu dois affronter le professeur Shafiq samedi ? Et qui sait, si tu gagnes, peut-être que je pourrais envisager de te récompenser…

Harry quitta la pièce et rejoignit la salle à manger où Twix avait déjà préparé un unique couvert. L'elfe semblait toujours enchanté de cuisiner pour lui et Harry aurait presque eu l'impression d'être de retour au square Grimmaurd s'il avait pu partager son repas avec quelqu'un d'autre que lui-même. Étrangement il préférait même quand il déjeunait en compagnie de Voldemort. Les premiers jours de leur cohabitation, il avait été totalement intimidé par sa présence mais il s'était peu à peu aperçu que le mage noir répondait volontiers à ses questions et se montrait généralement cordial. Si Harry gardait un souvenir ému de la Grande Salle ou des petits déjeuners chez les Weasley, il devait bien reconnaître qu'il appréciait aussi la quiétude qui régnait en tout temps dans la demeure de Voldemort.

Il mangea tranquillement avant de rejoindre la bibliothèque, l'esprit un peu plus serein. Il n'avait pas oublié que Voldemort avait fait détruire tous ses cadeaux, mais pour l'heure, il devait se plonger dans les études. C'était encore la meilleure manière de s'empêcher de se prendre la tête. Il termina sa traduction et continua son devoir de potion jusqu'à tomber de fatigue afin d'être certain de trouver le sommeil une fois seul dans sa chambre. Ainsi il s'endormit sans difficulté malgré sa journée riche en émotions.

***/+/***

À son réveil, il savait que Nagini n'avait pas passé la nuit avec lui mais après le déjeuner, il la trouva endormie, roulée en boule sur son large coussin devant la cheminée du salon. Elle releva brièvement la tête à son arrivée et Harry remarqua que du sang tachait les écailles de son museau jusqu'aux commissures de sa gueule. Ajouté à l'impressionnante proéminence au niveau de son estomac, il en conclut qu'elle avait dû dévorer une proie conséquente.

- Bonjour. Tu boudes toujours ?

Nagini ne prit même pas la peine de répondre et détourna le regard, provoquant un long soupir de dépit de la part de Harry. Il monta cependant à la bibliothèque, rejoignant Voldemort qui y était comme souvent en train de lire.

- Ah, te voilà. Nagini était dans une telle mauvaise humeur qu'elle a semé la panique et dévoré un moldu dans le village d'à côté. J'ai dû aller effacer ses dégâts tôt ce matin à cause de toi.

Harry leva les yeux au ciel. Le faire culpabiliser était bien une manière de faire récurrente pour le mage noir et il commençait à y être habitué.

- Vous essayez toujours de me faire culpabiliser pour tout et n'importe quoi. Honnêtement maintenant ça ne me fait ni chaud ni froid. Et puis je ne vous savais pas aussi soucieux des traces en matière de meurtre de moldu, surtout depuis votre prise de pouvoir.

- Deviendrais-tu déjà si insensible mon cher Harry ? Pour ta gouverne, je n'ai aucune envie que qui que ce soit, partisan ou non, ne puisse deviner l'emplacement de cette demeure. Et pour que cela reste notre petit secret, je suis bien obligé de faire disparaître les éventuelles traces. Mais déjà que Nagini se met au régime pour t'amadouer, je ne vais certainement pas lui reprocher quoi que ce soit.

Harry fit la moue. Pour le coup, lui rappeler tous les sacrifices que faisait Nagini pour ne pas l'effrayer était devenu bien plus efficace que mentionner une victime anonyme. De par sa taille, il se doutait que la Maledictus avait besoin d'une certaine quantité de viande quotidiennement. Or elle restait presque constamment à ses côtés et ne se nourrissait que de petites proies pour ne jamais se retrouver ralentie par sa digestion. Il était finalement assez légitime qu'elle lui reproche son égoïsme à vouloir à tout prix retourner à Poudlard, d'autant plus après avoir été témoin de la douleur morale et parfois physique qu'il y avait récolté. Elle vivait en opposition avec son instinct primaire, et tout ça pour qu'il puisse jouer la comédie devant des gens qu'il n'allait bientôt plus voir… ? En réalité, plus il y pensait et plus il voyait de raisons de ne pas retourner à Poudlard…

Il était parti si loin dans ses pensées qu'il n'avait pas fait attention à Voldemort alors que celui-ci s'était levé et approché et lorsqu'il se reconcentra sur la réalité, le mage noir était juste devant lui. Il croisa son regard et secoua la tête. Alors qu'il s'était promis la veille de ne pas se laisser manipuler, il était en train d'envisager sérieusement de ne plus revoir ses amis… Il devait prendre le temps de la réflexion, loin des propos perfides de Voldemort. Pour l'heure, il n'y avait aucune urgence à se décider. Le mage noir avait bien précisé qu'il le garderait auprès de lui « le temps d'apprendre à respecter ses enseignants » et à ses yeux, cela pourrait prendre une semaine comme plusieurs mois. Pour l'heure, le plus urgent était de donner le change. Il ne voulait pas que Voldemort prenne conscience de combien il était proche de lui faire abandonner Poudlard…

- Euh… Vous m'aviez dit que vous vouliez m'entraîner au duel aujourd'hui, c'est ça ?

Voldemort sourit et se saisit de ses poignets.

- Quelle tentative pitoyable pour changer de sujet ! Mais tu as raison, pour l'instant tu n'as pas à t'en préoccuper, tu dois te concentrer. Aujourd'hui je voudrais t'enseigner plusieurs sorts et tu as tout intérêt de les maîtriser parfaitement d'ici la fin de la journée.

Voldemort le fit travailler sans relâche, mais Harry en fut plutôt satisfait. Passé la première heure de théorie dans la bibliothèque, Harry avait pu récupérer sa baguette et ils s'étaient rendus dans le jardin pour avoir plus d'espace. Le mage noir avait invoqué des mannequins à taille humaine et les avait enchantés pour qu'ils esquivent les sorts afin que Harry entraîne aussi sa précision et son endurance.

Au milieu de l'après-midi, Harry était capable de lancer sans effort les trois sortilèges qu'il avait découverts le matin même et Voldemort semblait satisfait.

- Bien ! Tu apprends vite. Maintenant voyons un peu tes réflexes. J'ai déjà remarqué que tu n'en étais pas dénué, mais dans un combat, tu ne peux pas te contenter d'esquiver. Tu dois parer et contre-attaquer. Je te propose un petit exercice. Tu dois tenir contre moi le plus longtemps possible tandis que je me contenterais d'essayer de te désarmer. Compris ?

Harry écarquilla les yeux. La dernière fois qu'il avait affronté Voldemort, ça remontait à leur rencontre au cimetière de Little Hangleton à la fin de sa quatrième année. À l'époque, il s'était contenté d'esquiver les sorts en se cachant derrière des pierres tombales et on ne pouvait pas dire que son combat avait été très glorieux, mais au moins il y avait survécu. Depuis, il avait acquis un certain nombre de réflexes et une meilleure connaissance des duels magiques. Même si les enjeux étaient loin d'être aussi sérieux, il était déterminé à prouver à Voldemort ce qu'il valait. Il se mit en position et salua son adversaire. Lorsqu'il avait vu Voldemort ressusciter, il avait été à la fois furieux et terrifié, de sorte qu'il avait refusé de saluer le mage noir, attisant la fureur de ce dernier. Aujourd'hui ses sentiments étaient si différents qu'il avait l'impression qu'il s'agissait d'une autre vie.

Un sortilège fusa à quelques centimètres de sa tête et Harry sursauta. Le duel avait commencé et Voldemort ne comptait pas le ménager. Il esquiva l'attaque suivante qui visait son torse et para la troisième avant de se mettre à courir. Mais Voldemort s'y attendait et une bourrasque de vent le repoussa au milieu du jardin.

- Tu dois parer ou esquiver mes attaques et non t'enfuir, Harry !

Le mage noir semblait jouer avec lui comme le ferait un chat avec une souris piégée entre ses pâtes. Harry devait alterner boucliers et pirouettes pour tenir le rythme. La lutte était intensive et Harry finit par trébucher et être touché par un Expelliarmus qu'il n'avait pas pu esquiver. Il resta quelques secondes, allongé dans l'herbe, profitant de cette accalmie pour reprendre son souffle. Il avait beau faire sa séance d'exercices physiques chaque samedi, il était en nage et Voldemort se pencha au-dessus de lui avec un sourire.

- 12 minutes ! Ce n'est pas si mal pour une première fois, j'ai tué de nombreux sorciers bien plus vite !

Harry éclata de rire sans pouvoir s'en empêcher et roula sur le côté pour se relever.

- En vrai, je dois plutôt être à 17 ans. Et je crois bien que j'ai battu le record toute catégorie.

Voldemort leva les yeux au ciel mais Harry aurait juré lui avoir arraché un léger sourire qui pour une fois n'avait rien de sadique.

- Ne fais pas trop le malin. Il me semble que tu maîtrises bien le sortilège d'attraction sans baguette désormais. Quand tu perds ta baguette, ta priorité doit être de la récupérer avant que ton adversaire ne s'en empare. Tu dois toujours combattre comme si ta vie était menacée, c'est ainsi que tu t'amélioreras. Recommençons. Essaye aussi de contre-attaquer sans mettre ta défense en péril.

Il relança la baguette vers Harry et celui-ci l'attrapa d'un Accio avant de se relever. Il eut cependant à peine le temps de se mettre en position qu'un nouveau sortilège de désarmement le toucha. Il ne l'avait même pas vu arriver ! Il fut projeté en arrière mais tendis immédiatement le bras et concentra sa magie pour rattraper sa baguette avant qu'elle n'arrive entre les mains du mage noir. Il avait gardé sa souplesse d'Attrapeur et il se réceptionna de manière à récupérer son équilibre alors que sa baguette lui revenait en main. Il lâcha un cri de joie en constatant qu'il avait réussi, mais il ne pouvait se permettre de se congratuler car Voldemort lui avait déjà lancé un second sort qu'il dévia de justesse. Il se releva et invoqua deux boucliers successifs et lorsque Voldemort brisa le premier, il jeta un Expelliarmus à son tour. Cependant il n'avait pas eu le temps de bien viser et son adversaire n'eut même pas un geste à faire pour l'éviter.

Les minutes suivantes furent tout aussi intenses que les précédentes. Harry avait l'impression d'être un équilibriste au milieu d'un champ de mines. Il sautait régulièrement à gauche et à droite pour esquiver les sorts lorsqu'il n'était pas assez rapide pour invoquer un bouclier ou pour contre-attaquer, mais sans parvenir à toucher Voldemort pour autant. Il lutta cette fois pendant une bonne vingtaine de minutes jusqu'à ce qu'une liane sorte d'un seul coup de terre et s'enroule autour de sa cheville pour l'immobiliser.

- Quoi ! C'est pas juste !

- Tu penses vraiment que ton adversaire va se montrer loyal durant un duel ! Stupide Gryffondor !

- Vous aviez dit que vous ne lanceriez que des sortilèges de désarmement !

Deux autres lianes sortirent ensuite simultanément pour s'emparer de ses poignets et Voldemort n'eut plus qu'à s'approcher pour lui arracher la baguette des mains.

- Tu te laisses trop facilement déconcentrer par un imprévu. Quand tu as senti ta cheville être immobilisée, qu'est-ce qui t'empêchait de jeter un sort pour t'en libérer ? Ton idée de lancer plusieurs boucliers successifs n'est pas mauvaise, à condition qu'ils soient suffisamment robustes pour encaisser au moins une attaque et que tu prennes le temps de viser. Et quand tu seras suffisamment à l'aise avec ça, tu pourras essayer de leurrer ton adversaire en le laissant lire de fausses informations.

Harry hocha la tête. Il devait bien convenir que les leçons de Voldemort étaient pertinentes. Le mage noir devait bien être l'un si ce n'est le plus puissant sorcier d'Angleterre et il avait manifestement longuement travaillé pour obtenir ce titre.

Ils s'entraînèrent encore pendant plus d'une heure sans que Harry ne parvienne à le toucher davantage, mais lui-même parvenait à tenir de plus en plus longtemps sans se faire toucher et il s'en sentit plutôt fier.

À la fin de la journée il était épuisé mais satisfait par ses progrès. En revanche, si lui avait besoin d'une bonne douche, Voldemort ne semblait pas avoir fourni le moindre effort et il s'en sentit un peu vexé. Leur différence de niveau était-elle donc si importante ?!

Après sa douche il se mit à la recherche de Nagini. Il aurait aimé pouvoir se blottir contre elle pour faire une sieste sur son large coussin devant la cheminée, mais il doutait qu'elle l'accueille favorablement au vu de sa réaction du matin. Il la trouva d'ailleurs au même endroit. Apparemment, devoir digérer un homme entier la plongeait dans la somnolence durant les heures qui suivaient. Les pieds nus et les cheveux encore humides de sa douche, il avait revêtu un simple pantalon de lin et un t-shirt. Il s'approcha timidement du serpent géant et s'assit en tailleur sur le tapis, à environ un mètre d'elle, sans prendre la parole. Comme il s'en doutait, elle finit par lever la tête et la tourner vers lui, le regard interrogatif. Il se pencha un peu plus vers elle et baissa les yeux.

- Je voudrais te demander pardon pour m'être montré aussi égoïste. Je sais que tu ne veux que mon bien et j'avais oublié tous les efforts que tu dois faire pour pouvoir m'accompagner. Je tiens beaucoup à toi, tu sais. C'est encore nouveau pour moi d'avoir une grande sœur pour prendre soin de moi. Toute ma vie j'étais seul face à mes choix, sans personne pour me guider.

- Tu n'as pas confiance en moi ?

- Si.

Il avait répondu sans hésiter, même s'il savait que Nagini serait toujours fidèle à Voldemort avant de l'être à lui. Cependant il n'imaginait pas la Maledictus le manipuler sciemment. Nagini était honnête et son affection pour lui était totalement sincère, de cela il n'avait aucun doute.

- Alors n'y retourne plus. Reste ici, avec le maître. Il t'apprendra et tu deviendras un sorcier puissant.

Harry détourna les yeux. Il savait que Nagini n'abandonnerait pas. Quelque part, retourner à Poudlard ne lui avait apporté que des déceptions et de la douleur. Ni Ron, ni Hermione, ni Neville ou même Ginny, aucun des Gryffondors qu'il avait pu revoir ne lui avait permis de se sentir vivant comme il pouvait l'être aux côtés de Voldemort. Poudlard n'était plus comme avant et la vérité sur les manipulations de Dumbledore en avait même entaché ses souvenirs. Et pourtant il savait que ce qu'il s'apprêtait à faire était mauvais. S'il prenait cette décision irrévocable, il allait accélérer sa chute. Il craignait que tout ce qui faisait de lui quelqu'un de bon, ne se dilue au contact du mage noir. Il allait s'habituer peu à peu à la violence et à la mort, n'aurait plus d'autres repères que Nagini, Voldemort et ses Mangemorts... Et pourtant il ressentait aussi une certaine forme d'espoir. Il releva la tête pour croiser le regard de la Maledictus, les émotions de son enfance en tant qu'orphelin revenant avec violence.

- Tu ne m'abandonneras jamais ?

- Bien sûr que non. Tu es mon petit frère. Personne ne pourra nous séparer. De quoi as-tu peur ?

- J'ai été si seul pendant des années… En faisant ce choix je vais perdre tous ceux que je considérais comme mes amis alors… j'ai peur de faire la plus grosse erreur de ma vie.

Nagini descendit de son coussin pour se rapprocher de lui et frotta doucement son museau contre sa joue.

- Tu as connu la solitude, comme nous. Tu as été maltraité, incompris, et tu as vu la peur dans les yeux des êtres plus faibles que toi. Personne ne peut mieux se mettre à ta place que le maître. Et puisque tu possèdes une partie de son âme, il te gardera à ses côtés pour toujours. Tu as trouvé ta vraie famille, petit frère, nous ne laisserons même pas la mort te séparer de nous. Désormais tu ne seras plus jamais seul.

Harry resta un moment silencieux. Il ne pouvait oublier le regard des élèves de Poudlard quand ils l'avaient accusé d'être l'héritier de Serpentard, juste après sa nomination par la Coupe de Feu ou pire lors de sa 5e année où on l'avait soupçonné d'avoir provoqué la mort de Cédric Diggory : un regard empli de crainte voir même de haine. Bien sûr, s'il avait pu, il aurait tout donné pour pouvoir changer les choses, vivre aux côtés de Ginny, voir Ron et Hermione se mettre en couple, déjeuner chez les Weasley chaque weekend... Mais cette vie lui était inaccessible. Alors peut-être devait-il faire comme Drago le lui avait conseillé, fermer les yeux sur son passé et les abandonner, arracher le pansement d'un seul coup et arrêter de lutter contre la marée qui l'emportait loin de la côte.

- D'accord. Je ne retournerai pas à Poudlard. Je resterai ici.

- Bien, petit frère. Je suis fière de toi.

Harry bailla et Nagini retourna sur son coussin, lui faisant signe de venir à ses côtés. Il ne se fit pas prier. Le feu proche lui procurait une agréable chaleur et il replia ses jambes en position fœtale tandis que Nagini s'enroulait autour de lui, comme pour le protéger. Il se sentit tellement bien qu'il s'endormit rapidement, épuisé par son entraînement éreintant. Ce fut ainsi que Voldemort les trouva, à l'heure du dîner. Le mage noir laissa un instant son regard vagabonder sur le Gryffondor endormi. Lorsqu'il l'avait capturé, le garçon était maigre et en le soignant, il avait vu les très nombreuses cicatrices qui jalonnaient son corps. S'il était à l'origine de certaines d'entre elles, il trouvait tout de même que Dumbledore n'avait pas fait grand-chose pour préserver son champion. Au moins, maintenant qu'il était sous son autorité, lui s'était efforcé de le protéger, le soignant avec les meilleures potions et lui fournissant tout ce dont il avait besoin. Désormais son corps avait repris des formes harmonieuses et même si Voldemort n'en était pas certain, il semblait apprécier sa vie à ses côtés. Le visage du mage noir s'étira en un sourire satisfait et il chuchota en fourchelang à l'attention de Nagini.

- Tu lui as déjà pardonné ?

Nagini releva la tête pour regarder son maître.

- Il s'est excusé. Il m'a dit qu'il acceptait de ne plus retourner là-bas.

- Bien. La corde qui le rattache à la Lumière se fait de plus en plus fragile. Je m'amuse beaucoup avec lui, Nagini. Sa présence m'apporte bien plus que je ne l'aurais imaginé.

- Vous ne lui ferez plus de mal, n'est-ce pas ?

- Je n'ai aucune raison de le faire et je n'oublie pas qu'il possède un morceau de mon âme. D'autant que dernièrement, il m'obéit généralement sans discuter et a confiance en mes paroles. Je ne veux pas gâcher tous les efforts que j'ai fait pour obtenir cela. Réveille-le, il doit dîner et dis-lui de me rejoindre à la bibliothèque après cela.

Lorsque Harry rejoignit le mage noir, une fois son repas terminé, Nagini était avec son maître dans la bibliothèque.

- Ah, Harry. Nagini m'a dit que tu avais fait un choix.

Il hocha la tête.

- Oui. Si vous voulez bien que je reste ici plutôt que de retourner à Poudlard… Car après tout, c'est vous qui avez voulu que j'y aille en premier lieu.

- C'est vrai, je voulais que les gens puissent voir que tu étais en bonne santé et en pleine possession de tes moyens. Et puis tu as rempli ta mission, depuis que tu as immolé Amycus, Severus m'affirme que les agissements de cette Armée de Dumbledore se sont sensiblement atténués. Il semblerait qu'ils n'aient plus vraiment de raison de lutter finalement et c'est exactement ce que je veux. La société doit comprendre que mon nouveau gouvernement est pour le mieux des sorciers. Mais il me semble que pour toi aussi ces quelques jours ont été révélateurs, n'est-ce pas ?

- Hum… Drago m'a fait prendre conscience de quelque chose… De toute façon mes amis ne pourront jamais accepter mes choix présents. Je veux toujours les protéger. Mais il vaudrait sans doute mieux pour tout le monde que je ne les voie plus. Ça fera moins mal…

- Je vois. Je continuerais ton apprentissage, ne t'inquiètes pas. Il faudra tout de même que tu retournes à Poudlard durant une semaine au mois de juin pour passer tes ASPIC cela dit, tu n'y couperas pas. Mais si tu continues à te montrer aussi attentif à mes enseignements, ce ne sera qu'une formalité pour toi, j'en suis persuadé.

***/+/***

Le lendemain, Voldemort consacra à nouveau toute la journée à entraîner Harry au duel en vue de son affrontement avec le professeur Shafiq.

Le samedi matin, Harry s'attendait à ce qu'ils se rendent au manoir Malefoy, mais Voldemort les fit transplaner dans une demeure qu'il n'avait jamais visitée et il lui en expliqua rapidement la raison.

- Voici notre nouvelle… disons, base avancée. Je n'ai aucunement l'intention de m'installer au ministère, Corban et son pantin remplissent très bien ce rôle. Cependant j'avais besoin d'un endroit pour organiser les choses et rencontrer mes sympathisants.

La demeure était de taille modeste, comparé à chez les Malefoy, mais les salles pouvaient tout de même accueillir beaucoup de monde. Le cœur du manoir était une grande pièce vide, uniquement meublée d'une sorte de trône à droite duquel se trouvait l'un des larges coussins que Nagini affectionnait, le tout surélevé par une estrade. Il y avait aussi une salle à manger qui ferait sans doute office de salle de réunion, un laboratoire de potion vide de tout ingrédient, un bureau, une cuisine et à l'étage quatre chambres et deux salles de bain. Voldemort lui présenta aussi Gyps, l'elfe de maison chargé de l'entretien et qui pourrait lui faire à manger s'il en avait besoin. Une fois la visite terminée, Voldemort l'entraîna à nouveau jusqu'à la « salle du trône » et alla directement s'installer dessus avec un air particulièrement arrogant. Nagini s'était déjà glissé sur le coussin et Harry comprit en un instant où serait sa place.

- Je vais vraiment devoir rester assis à vos pieds toute la journée ?

- Allons, tu seras avec Nagini, et tu sais combien je l'estime. Mais si tu veux une chaise à mes côtés, Harry, passe donc tes ASPIC et jure moi fidélité. Je n'attends que cela.

Harry secoua la tête avec un soupir mais rejoignit néanmoins la Maledictus. Heureusement qu'il avait pris un livre dans sa sacoche pour s'occuper au cas où.

Les visiteurs ne tardèrent pas à arriver et Harry vit défiler plusieurs Mangemorts venus faire leur rapport, des gens du Ministère ou de parfaits inconnus. Il ne prêtait pas vraiment attention aux conversations jusqu'à ce que Lucius et Drago Malefoy arrivent, suivis par Severus Rogue et le professeur Shafiq. Les quatre hommes s'approchèrent de l'estrade et s'inclinèrent, puis les trois Mangemorts s'écartèrent pour laisser le nouveau venu se présenter. Le professeur jeta un bref coup d'œil vers lui et Nagini avant de reporter son regard sur le mage noir.

- Monseigneur, je vous rencontre enfin.

- Monsieur Percival Shafiq. J'ai entendu beaucoup de bien de vous. Severus m'a dit que vous assuriez votre mission convenablement et que vous étiez sensible à nos idéaux.

- Il est vrai, monseigneur. J'ai beaucoup voyagé et je me trouvais à l'étranger lors de votre précédent règne mais j'ai suivi votre évolution avec beaucoup d'attention. C'est un honneur de me retrouver face à vous aujourd'hui. D'autant qu'il ne semble y avoir désormais plus personne pour se dresser contre vous…

Il avait à nouveau tourné son regard vers Harry et le Gryffondor leva les sourcils. Il ne savait trop quelle image son professeur pouvait avoir de lui car il était certes aux pieds de Voldemort, mais il était assis sur un confortable coussin en compagnie de Nagini qu'il pouvait câliner à l'envie. Le mage noir signifiait à tout le monde qu'il lui était soumis, mais aussi qu'il était son protégé, et cette place, nombreux Mangemorts la lui enviaient. Voldemort eut un rictus méprisant vis-à-vis de l'homme devant lui.

- Oui, c'est amusant d'ailleurs le nombre de sorciers qui se présentent devant moi à présent que l'Angleterre est en mon pouvoir. Et généralement ce sont ceux-là même qui désertent dès que le vent se met à tourner. Mais avant même de juger de votre sincérité pour ma cause, comprenez que je ne recrute pas n'importe qui parmi les Mangemorts du premier cercle. Ceux qui portent ma marque se doivent d'être particulièrement talentueux, cela va sans dire. Harry m'a dit que vous auriez souhaité l'affronter. Voyons donc ce que vous valez en duel, je compte sur vous pour faire durer les choses, et bien entendu aucun sortilège impardonnable. Harry, lève-toi et ne me déçois pas.

Harry inspira longuement pour canaliser sa nervosité. Il se leva, retira sa cape et attrapa la baguette que Voldemort lui tendait. Drago, Lucius Malefoy, et Severus Rogue s'étaient placés contre le mur de la salle et Nagini s'était aussi redressé pour mieux voir le combat.

- Ne le laisse pas te blesser, petit frère. Montre-moi les progrès que tu as accomplis et rends honneur à notre maître !

Harry sourit en entendant les encouragements de Nagini et lorsqu'il se tourna vers son adversaire, tout stress l'avait quitté. Le professeur Shafiq l'observait attentivement, sans doute rendu perplexe par son attitude taciturne et ce sourire étrange alors que le Seigneur des Ténèbres lui-même venait de lui ordonner de « ne pas le décevoir ». Les deux hommes se mirent en position et se saluèrent avant de se retourner et de faire les pas réglementaires. La salle était suffisamment grande pour s'affronter librement et Voldemort avait déployé un champ de force pour enfermer les duellistes dans une zone limitée et protéger les spectateurs.

À peine Harry s'était-il retourné que le professeur l'avait attaqué d'un maléfice informulé, mais il s'y attendait et après avoir affronté Voldemort et son style particulièrement agressif, il le para sans difficulté. Le mage noir avait demandé de faire durer le combat pour analyser les capacités du prétendant et Harry comptait bien le satisfaire. L'adrénaline coulait à présent dans ses veines et il continua ainsi, s'amusant à esquiver ou à bloquer chacun des sorts qui lui étaient envoyés sans même tenter d'attaquer. Il savait que Rogue observait lui aussi attentivement le combat et il voulait lui prouver ce dont il était capable. Si le Gryffondor arborait toujours son large sourire, Percival Shafiq en revanche, lui, avait perdu le sien. Il était venu faire preuve de ses capacités face au plus grand mage noir d'Angleterre et se retrouvait mis en échec par un garçon tout juste majeur qu'il ne parvenait même pas à toucher ! Il était hors de question de se laisser humilier ainsi et il accéléra le rythme, utilisant des sorts plus vicieux à mesure que le combat durait. Harry commença alors à contre-attaquer, mais il n'était pas très précis dans ses sorts et le professeur Shafiq eut le sentiment que le Survivant jouait avec lui. Aux yeux des spectateurs extérieurs, on aurait dit que Harry Potter dansait, les sorts du professeur arrivant presque systématiquement à quelques centimètres quand ils n'étaient pas bloqués ou parés. Et Harry ne pouvait se permettre de le regarder, mais Voldemort était on ne peut plus satisfait par ce qu'il voyait…

Soudain le professeur se mit à rugir et une énorme langue de flamme se dirigea vers Harry qui n'eut d'autre choix que d'invoquer plusieurs boucliers successifs pour absorber l'attaque. Heureusement, le Gryffondor était loin d'être dépourvu de puissance magique, cependant il comprit qu'il ne devait pas faire durer le combat plus longtemps. Il prit soin de fermer son esprit pour empêcher son adversaire de lire en lui et commença à attaquer plus sérieusement. Le professeur Shafiq était loin d'être un débutant en matière de duel et sa défense était solide mais Harry avait bien en tête les leçons de la veille et notamment les conseils de Voldemort sur comment feinter son adversaire. Il centralisait ses attaques sur le torse ou la tête de son ennemi pour le mettre en confiance et l'habituer à concentrer sa défense sur le haut de son corps puis, d'un seul coup, il jeta un sort sur sa jambe.

- Terrent Aurae !

Il avait encore besoin de formuler ce sort car il ne l'avait appris que très récemment et son lancement était complexe. Voldemort le lui avait enseigné l'avant-veille en précisant qu'il n'était pas à la portée de tout le monde et il s'était fait une fierté de s'entraîner sur les mannequins jusqu'à le maîtriser. Et il avait jeté un Expelliarmus juste après son premier sort par précaution, car il s'attendait à ce que son adversaire soit simplement projeté au sol. Quel ne fut donc pas son effroi lorsque celui-ci poussa un hurlement témoignant d'une intense douleur alors qu'une gerbe de sang jaillissait de sa jambe droite désormais tranchée net.

Harry tomba en arrière, choqué par cette vision terrifiante et la réalité de son acte. Il se tourna vers Voldemort qui arborait un sourire sadique.

- Vous… Vous m'aviez dit que ce sort servait à déséquilibrer un adversaire !

Le mage noir se leva souplement et s'approcha de lui, insensible aux cris du professeur Shafiq.

- Et bien je ne t'ai pas menti, il est très manifestement déséquilibré. Tu l'as parfaitement réalisé et tu as remporté ton duel, je te félicite.

- Potter ! Ma baguette ! Rendez-moi ma baguette !

Harry ignora cependant les supplications de sa victime, l'effroi ayant été remplacé par sa colère pour Voldemort.

- Vous… !

- Silence, Potter ! Ne m'oblige pas à te réenseigner le respect. Donne-moi ces baguettes et retourne à ta place.

Harry s'était tu immédiatement et avait ouvert sa paume, libérant les deux baguettes qui volèrent jusqu'à Voldemort. Il se releva et regagna le coussin où l'attendait Nagini tandis que le mage noir se penchait sur l'homme qui commençait à baigner dans son sang.

- Et bien, professeur, il semblerait que vous ayez perdu face à mon apprenti. Mais rassurez-vous, je ne m'attendais aucunement à ce que vous le vainquiez. En revanche j'aimerais savoir, jusqu'où êtes-vous prêt à aller pour me rejoindre ?

- S'il vous plait… ma baguette… Je veux toujours vous servir. Je suis prêt à aller jusqu'au bout pour cela. Je vous en prie, faites cesser cette douleur…

L'homme était livide et tenait fermement sa jambe pour empêcher l'hémorragie. Rogue s'était approché au cas où son maître requerrait son aide mais Voldemort ne semblait pas pressé.

- Bien. J'aime voir des hommes déterminés. Car si le pays m'est acquis, il y aura toujours de la résistance pour nous mettre des bâtons dans les roues et ce ne sont pas des adversaires à prendre à la légère. Vous prendrez donc ma marque, puis seulement vous pourrez recevoir des soins. J'imagine que vous voulez prêter serment immédiatement ?

- Oui ! Oui ! Je veux vous jurer allégeance maintenant ! Je vous en prie, permettez-moi de mettre tout mon pouvoir au service de votre cause !

Le futur Mangemort semblait désespéré. Voldemort souriait toujours largement alors qu'il revenait vers son trône et Harry baissa immédiatement les yeux, peu désireux de croiser son regard. Rogue et Lucius Malefoy avaient chacun saisi un bras du professeur de Duel pour l'amener jusqu'au bas de l'estrade où il s'agenouilla tant bien que mal. Rogue lui avait fait un rapide garrot pour endiguer l'épanchement et Lucius l'avait aidé à relever sa manche jusqu'à dévoiler entièrement son avant-bras gauche. Mais Voldemort comptait bien le faire patienter encore un peu dans sa douleur.

- Messieurs, nous ne pouvons tout de même pas introniser un nouveau Mangemort sans les membres du premier cercle ! Lucius, approche, tends-moi ton bras.

Voldemort enfonça légèrement sa baguette dans l'avant-bras de son fidèle et la marque prit vie, le serpent tatoué glissant sur lui-même et noircissant à vue d'œil. La dernière fois que Harry avait assisté à ce phénomène, la douleur à son front avait été tellement intense qu'il avait dû fermer les yeux, mais à présent qu'il ne ressentait plus rien, il put l'observer en détail. Voldemort avait bien remarqué son intérêt et il se tourna vers lui.

- Quand tu me jureras allégeance, Harry, je créerais une nouvelle marque juste pour toi. Quelque chose de plus travaillé, digne de rang. Elle sera magnifique.

Harry détourna immédiatement le regard. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir flatté par les promesses de Voldemort mais il était encore choqué de ce qu'il avait infligé au professeur Shafiq et il était furieux de s'être laissé berner aussi facilement. Il aurait dû se douter que le mage noir allait lui enseigner des sortilèges autrement plus dangereux qu'un simple sortilège de croc-jambe. Nagini s'enroula autour de son torse et vint frotter sa tête contre sa joue.

- Tu as bien combattu, petit frère ! Tu as été admirable, je suis tellement fière de toi !

Il referma ses bras autour du corps massif du serpent géant alors que les Mangemorts du premier cercle apparaissaient peu à peu. Bellatrix était arrivé la première et elle s'était empressée de venir s'agenouiller devant Voldemort.

- Mon maître !

Comme d'habitude elle ne masquait pas sa totale dévotion envers le mage noir qui se contenta d'un hochement de tête en réponse. Bientôt, toute l'assemblée fut réunie dans la salle et Harry prit pleinement conscience de la place privilégiée qu'il avait déjà. Il était confortablement installé avec Nagini aux côtés de Voldemort tandis que tous les Mangemorts se tenaient agenouillés à même le sol, au pied de l'estrade. D'ailleurs, certains d'entre eux lui avaient jeté un regard assassin, Severus Rogue en tête. Le directeur de Poudlard ne l'avait presque pas lâché des yeux depuis son duel avec le professeur Shafiq et la haine qu'il ressentait à son égard semblait avoir encore gagné en intensité. Harry s'était appliqué à l'ignorer pour observer les différents arrivants. Puis ce fut le début de la « cérémonie ». Le professeur Shafiq fut plus ou moins traîné au milieu de l'assemblée mais il semblait toujours aussi déterminé. Voldemort reprit la parole.

- Mangemorts ! Voici Percival Shafiq, un sorcier qui souhaite rejoindre notre auguste conclave ! Il a fait preuve d'une certaine pugnacité malgré sa situation, qui me laisse penser qu'il mérite l'honneur que je vais lui faire ce soir. Monsieur Shafiq, prononcez donc vos vœux, que tout le monde les entende.

- Moi, Percival Shafiq, jure solennellement fidélité au Seigneur des Ténèbres et promet de le servir jusqu'à ma mort. Désormais je consacrerais tout mon pouvoir pour réaliser de mon mieux les ordres qui me seront donnés.

- Bien ! Ainsi soit-il. Tends ton bras, Mangemort.

Voldemort se saisit de son bras et traça la Marque des Ténèbres, ce tatouage magique qui les reliait à lui de manière indéfectible. Le professeur serra les dents, manifestement l'opération était loin d'être sans douleur, pourtant il ne dit pas un mot alors que Voldemort terminait son œuvre. Puis il le relâcha et lui jeta sa baguette négligemment alors que le nouveau Mangemort semblait être au bord de l'évanouissement.

- Merci, maître. Puis-je me retirer à présent ?

- Attends. Je ne veux pas d'infirme dans mes rangs. Montre-moi ta jambe, Percival.

Et comme pour la main de Peter Pettigrow, il fit quelques mouvements de baguette et remplaça la partie de jambe amputée par une prothèse argentée, sous les yeux ébahis de Shafiq qui haleta.

- Oh merci, maître ! C'est prodigieux ! Je ne ressens plus aucune douleur ! Soyez assuré de ma loyauté, maître ! Je n'oublierais jamais !

Voldemort eut un rictus moqueur.

- Je n'en doute pas. Alors dites-moi, professeur… qu'avez-vous pensé de votre petit combat ? Harry Potter n'est pas encore prêt à devenir Mangemort mais j'ai décidé de le prendre sous mon aile pour parfaire son éducation et il se montre à la hauteur de mes espérances…

Le mage noir s'était retourné pour plonger son regard dans celui de Harry alors qu'un murmure parcourait l'assemblée. Le professeur Shafiq en avait profité pour attirer à lui le morceau de jambe qui lui avait été arraché pour y récupérer sa chaussure avant de faire disparaître le membre désormais inutile. Mais lorsqu'il répondit à Voldemort, c'était vers Harry que son regard était tourné, et il était plein de haine.

- Et bien je ne pensais pas rencontrer un adversaire d'un tel niveau, je l'avoue. D'autant que M. Potter m'a volontairement trompé sur ses connaissances en matière de maléfices. J'étais loin de m'attendre à recevoir des sorts de magie noire.

- Ne lui en veuillez pas, Harry a reçu l'interdiction de parler à qui que ce soit de ce que je lui enseigne. D'ailleurs il ne retournera à Poudlard que pour passer ses ASPIC, Severus. Suite au dernier incident, j'ai décidé de le garder à mes côtés. Mangemorts, certains d'entre vous auront peut-être remarqué l'absence d'Alecto Carrow… Il se trouve que cette idiote a sciemment désobéi à mes ordres en jetant un Doloris sur Harry. Elle croupit pour l'instant dans les geôles de Lucius en attendant que je me sois décidé sur son sort. Tenez-le-vous pour dit.

Harry baissa les yeux. Outre le regard plein de ressentiment du nouveau Mangemort, nombreux étaient ceux à désirer sa souffrance sinon sa mort. Aux yeux des Mangemorts du premier cercle, Harry était déjà coupable d'avoir provoqué la déchéance de plusieurs d'entre eux et d'utiliser son statut d'intouchable pour amener Voldemort à les punir. Par ailleurs, même si seuls Rogue et les Malefoy avaient pu assister au duel, la vision d'un homme à la jambe tranchée avait provoqué un certain nombre d'étonnements parmi les sorciers pourtant rompus aux arts sombres. En réalité, tout se déroulait exactement comme Voldemort le voulait et Harry soupira brièvement face à l'ampleur des manipulations du mage noir. Il espérait qu'il pourrait au moins continuer de discuter avec Draco Malefoy sans arrière-pensée. Il commençait à apprécier la franchise et l'intelligence de son camarade. Il le chercha des yeux et le trouva rapidement, adossé contre un mur, observant l'assemblée d'un œil détaché. Drago Malefoy avait été forcé de mûrir bien malgré lui depuis qu'il était devenu Mangemort, mais finalement ça lui avait réussi. Il faisait désormais partie de ceux qui observaient avant de juger et se gardait bien de propager les rumeurs. Sous prétexte d'aller se rafraîchir un peu après son duel, Harry quitta la pièce pour rejoindre la cuisine, Nagini sur les talons. En réalité, il avait vraiment soif, mais il voulait surtout s'éloigner quelques instants de l'ambiance pesante qui régnait dans la pièce. Il prit donc tout son temps pour boire une tasse de thé accompagné d'un petit sandwich avant de revenir. Drago était toujours au même endroit et Harry se dirigea directement vers lui.

- Salut !

- Potter. Bravo pour ton duel face à Shafiq. Lui qui était si sûr de te donner une leçon... Je dois m'estimer heureux que tu ne m'aies jamais lancé ce sort-là, j'imagine…

- Merci. Je ne pensais pas que ça serait… et bien aussi violent. Vraiment. Tu dois me trouver stupide…

- Tu ES stupide ! Comment peux-tu lancer un sort sans savoir exactement son effet ?!

- Ce n'est pas la première fois en fait… Je n'ai jamais eu l'occasion de te demander pardon d'ailleurs. Le Sectusempra, l'année dernière… Je ne l'aurais jamais lancé si j'avais su ce qu'il faisait. Je te jure, je ne voulais pas te tuer.

Drago secoua la tête.

- Rassurant... T'es vraiment le roi des empaffé, Potter…

Harry sourit.

- Merci… de continuer à agir normalement avec moi. Tout le monde me regarde comme si j'étais devenu en psychopathe en puissance...

- Entre ses mains, crois-moi, c'est ce que tu es, Potter. Mais bon, ce n'est pas comme si chacun de nous avait le choix… Quoi qu'il en soit, tu fais bien de ne pas vouloir revenir à Poudlard. Shafiq aurait sans doute cherché un moyen de se venger…

- Comment sais-tu que c'est moi qui le souhaite et pas lui ?

- Notre seigneur ne l'aurait pas présenté ainsi et tu aurais sans doute soupiré ou fait la tronche. Mais là, cette décision à l'air de te rassurer, j'imagine donc que c'est toi qui as fini par le demander. Pour une fois tu as fait fonctionner ta cervelle…

- Ouai. J'ai repensé à ce que tu m'avais dit à propos de Ron et Hermione. Ça vaut mieux pour tout le monde que je me tienne loin d'eux désormais… Et puis ça te fera des vacances. Tu transmettras mon bonjour à Nott et à Parkinson, je commençais presque à la supporter.

Sa remarque arracha un sourire au Serpentard.

- Ne va pas trop vite à la regretter, j'ai entendu dire que son père cherchait à la marier au fils de Travers qui a trois ans de plus que nous. Et il est prévu qu'il rejoigne le Premier Cercle cet été…

Harry pouffa brièvement de rire. Oui, Drago Malefoy était sans doute le Mangemort qu'il appréciait le plus. Et quelque part il était content de pouvoir partager quelque chose avec quelqu'un.


Fin du chapitre 11 !

Même si j'ai mis plusieurs jours pour l'écrire, je suis contente de la manière dont ce chapitre se termine. Vous vous souvenez de cette fois où j'avais dit que parfois ma fanfiction prend des libertés ? Quand j'ai débuté ce chapitre, je n'avais pas du tout prévu que Harry déciderait d'abandonner Poudlard. Et puis finalement il a cédé à la pression de Nagini et Voldemort. Le pauvre se fait manipuler en beauté, pourtant il reste fort, comme le prouve sa victoire face à Shafiq. Il y retournera tout de même fin juin, pour passer ses ASPIC, et pendant toute une semaine ! Il pourra s'en passer des choses, loin de Voldemort… 😉 Mais en attendant, direction chapitre 12 où Voldemort fera tout pour asseoir encore un peu plus sa domination mentale sur le Survivant. Par contre malheureusement nous arrivons à cette période de l'année où je dois corriger beaucoup de copies et remplir des bulletins sans compter des journées de boulot interminables. Comptez donc deux semaines pour le chapitre 12, rdv le vendredi 4 décembre (et j'espère bien m'y tenir…).

N'hésitez pas à me faire part de vos impressions ! Gros bisous ! (PS : Je n'ai pas encore eu le temps de répondre aux review du chapitre précédent, mais merci à tous et toutes, je vous adore !