Auteur : Lady Zalia

Type : Aventure, Angst

Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T.

16 reviews pour le chapitre 13 ! WOUAAAAAAH ! C'est la première fois que j'ai autant de reviews sur un chapitre, merci ! :D Vous n'imaginez pas combien vous m'avez permis de garder la tête hors de l'eau ces deux dernières semaines. Je vous laisse à la lecture, j'espère que ce chapitre vous plaira.

Rappel du chapitre 13 : Voldemort enseigne à Harry comment lancer un Feudeymon et alors que Harry a des scrupules à utiliser un tel sort de magie noire, Voldemort le manipule pour l'obliger à en prendre le contrôle.


Chapitre 14

À leur retour à la maison, Voldemort porta Harry jusqu'à sa chambre et le déposa sur son lit.

- Tu as dépensé une grande quantité de magie mais tu as bien travaillé. Tu vas dormir quelques heures et tu pourras paresser ce soir. Nous ne reprendrons l'entraînement que demain.

Harry ne répondit pas. Il était encore trop énervé par la dernière duperie de Voldemort, et avait été terrifié à l'idée que son Feudeymon ne décime le village moldu. La violence de ses émotions s'était ajoutée à sa fatigue magique et il était épuisé, ne restant éveillé que grâce à la potion de Voldemort. Il retira sa cape, chaussures, chaussettes, lunettes et robe sorcière avant de se glisser sous sa couette, sachant pertinemment que Voldemort allait lui donner une Potion de Sommeil Sans Rêve. Effectivement, quelques instants plus tard, le mage noir revenait avec une petite fiole violette qu'il avala d'une traite, sans un regard vers son bourreau.

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Lorsqu'il se réveilla, plusieurs heures plus tard, il faisait nuit et comme d'habitude, tout était silencieux dans la demeure. Bien qu'il soit toujours furieux après Voldemort et qu'il maudisse sa situation, Harry ne pouvait s'empêcher d'apprécier cette quiétude ambiante qui l'apaisait. Il parcouru du regard la chambre qu'il s'était peu à peu appropriée. Depuis que son bureau était occupé par le vivarium, la majorité de ses affaires avaient élu domicile sur la petite table au centre de la pièce. Il y avait plusieurs carnets, certains servant pour les cours et d'autres pour le dessin, des plumes et des portemines dépassant d'une trousse en cuir, quelques flacons d'encre ainsi que plusieurs morceaux de gomme qui traînaient çà et là. Harry avait déjà fait quelques tâches d'encre sur le bois et les pieds arrière de la chaise étaient légèrement abimés à force de se balancer, chose que Harry se gardait bien de faire dans la bibliothèque. Lors d'un moment d'ennui, il avait utilisé l'extrémité de son portemine pour graver machinalement une forme géométrique sur un côté de la table et il la suivit du bout des doigts avec un sourire enfantin. Sur sa droite, son armoire entrouverte laissait voir des piles de vêtements sombres plus ou moins pliés et ceux qu'il avait retirés quelques heures plus tôt traînaient encore par terre. Finalement, ce qui manquait le plus à sa chambre, c'était de la décoration et il avait justement une idée en tête.

Il se saisit d'une nouvelle page de son carnet de dessin et commença à dessiner de tête l'emblème de Gryffondor. S'il pouvait en plus énerver Voldemort, ça serait ça de gagné. Une fois son esquisse terminée, il coupa l'extrémité de ses cheveux à l'aide de son rasoir pour se faire un pinceau et déchira des morceaux de gant de toilette pour faire des brossages. Une chance que ses murs étaient blancs ! La fresque qu'il avait prévu faisait presque sa taille en hauteur et il passa une bonne partie de la nuit à la peindre, sans se préoccuper de quoi que ce soit d'autre. Il avait esquivé l'heure du repas mais de toute façon il n'avait vraiment aucune envie de sortir de sa chambre et ainsi risquer de croiser le propriétaire de la maison.

Lorsque le jour se leva, il venait de mettre la touche finale à son œuvre et il se recula de quelques pas pour l'admirer. Il s'était mis de l'encre sur les mains et le visage mais il était plutôt satisfait du résultat. L'étendard de Gryffondor décorait désormais une belle portion du mur, juste à côté de la porte qui menait à la salle de bain, et peindre lui avait permis de se vider la tête efficacement après la journée stressante qu'il avait passée. Épuisé par sa nuit blanche, il se laissa tomber sur son lit et s'endormit en quelques secondes. Contrairement à la veille, il avait le sourire aux lèvres.

Ce fut ainsi que Voldemort le trouva, quelques heures plus tard, dormant tout habillé comme un bienheureux, les joues et les lèvres encore tachées d'encre. Le mage noir leva un sourcil en voyant la grande fresque sur le mur et esquissa un sourire en invoquant un sceau d'eau qu'il déversa sur le Survivant, ce qui le réveilla en sursaut. Harry cracha et s'ébroua comme un chat mouillé, son regard se portant immédiatement sur le coupable de son état.

- Mais ça va pas ! Pourquoi vous m'avez réveillé comme ça !

- Il ne me semble pas t'avoir donné de vacances. D'ailleurs, tu peux m'expliquer ça… ?

Il montra de la main le mur où apparaissait l'étendard de Gryffondor et Harry se mordit la lèvre.

- Est-ce qu'on peut le laisser comme ça ? Vous aviez dit que je pouvais considérer cette pièce comme ma chambre, non ?

Voldemort leva brièvement les yeux au ciel.

- Va te laver, te changer et rejoins-moi dans la bibliothèque. Tu as trente minutes, pas une de plus. Peut-être que je pourrais tolérer cette aberration au sein de ma demeure si tu te montres à la hauteur des exercices que j'ai prévu pour toi aujourd'hui.

- Vous allez encore me faire travailler des sortilèges de magie noire ?

- Et bien non, je n'oublie pas que tu doives passer tes ASPIC dans un peu plus d'un mois et si je veux pouvoir exiger de toi des résultats à la mesure de mes ambitions, il faut bien que je me préoccupe du programme officiel. Sans compter que la magie noire est astreignante pour le corps et l'esprit, je préfère ne te la faire pratiquer que ponctuellement. J'ai moi-même repoussé mon corps dans ses derniers retranchements et je voudrais éviter qu'il en soit de même pour toi.

- Vous admettez donc faire parfois des erreurs !

- S'il m'est arrivé de faire des erreurs, devenir le plus puissant n'en fait pas partie. Quoi qu'il en soit, toi, tu n'as pas besoin d'aller aussi loin, être mon second suffira amplement. Allons, dépêche-toi.

Harry disparu dans la salle de bain sans tarder, malgré tout rassuré que Voldemort tienne à le préserver des conséquences de la magie noire. Il prit une rapide douche, enfila une tenue propre et se hâta de rejoindre la cuisine pour réclamer un verre de jus de fruit et quelques morceaux de brioche à Twix. Comme la plupart des elfes de maison que Harry avait rencontrés, Twix faisait tout ce qu'il pouvait pour satisfaire Harry, quand bien même il n'était pas son maître. Harry n'avait pas le temps de prendre un petit déjeuner et de toute façon il préférait ne pas faire attendre Voldemort mais l'elfe s'était empressé de lui préparer une collation froide qu'il engloutit sans tarder. Une fois dans la bibliothèque, il termina le travail que Voldemort lui avait donné la veille, puis ce dernier lui donna un épais grimoire à lire sur les différents enchantements, ce qu'il fit sans rechigner. Peindre toute la nuit n'avait pas totalement supprimé la rancœur qu'il ressentait mais il savait qu'étudier était dans son intérêt et Voldemort n'avait pas immédiatement effacé son dessin, il avait donc une bonne raison de rester dans ses faveurs. En lui faisant étudier en premier la théorie, Voldemort mettait sa patience à l'épreuve mais Harry comptait bien lui prouver qu'il était capable de se montrer studieux.

Dès l'après-midi cependant, il avait amené Harry dans le jardin et lui avait rendu sa baguette pour l'entraîner, et ce sans l'inciter à lancer le moindre sort de magie noire. L'exercice du jour concernait les illusions, qui étaient parmi les enchantements requis aux ASPIC et Harry n'en avait jamais saisi la portée jusqu'à ce jour.

- Voilà un détail que Dumbledore ne t'a probablement pas raconté tant je trouve cela lamentable de sa part. Tu dois savoir qu'il était durant cette période professeur de Métamorphose à Poudlard et il faisait partie des enseignants chargés de venir présenter Poudlard aux sorciers ayant grandi en milieu moldu. À l'époque, j'utilisais déjà ma magie plus ou moins consciemment pour asseoir mon autorité sur les autres enfants de l'orphelinat et j'imagine qu'il a dû utiliser la Legilimancie ou peut-être que la responsable lui avait fait part de ses doutes sur moi, quoi qu'il en soit il a deviné que j'avais confisqué les affaires de certaines personnes et il a voulu m'impressionner en faisant apparaître l'illusion que mon armoire était en feu pour m'obliger à rendre tout ce que j'avais pris. Je pouvais voir les flammes lécher le plafond et entendre le bois craquer sous la chaleur mais bien entendu ce feu n'avait rien de réel.

- J'imagine que ça a dû vous impressionner.

- J'étais un enfant de onze ans qui n'avait jamais rencontré de sorcier et le premier qui se présentait à moi était Dumbledore avec son insupportable paternalisme et ses tours de passe-passe. Je l'ai immédiatement détesté et je lui ai décrété que j'irais sans lui au Chemin de Traverse pour acheter mes affaires. J'imagine que ce seul fait l'a déjà amené à se méfier de moi.

Harry se retint de sourire en écoutant son histoire. Soixante ans avaient beau avoir passé, il était évident que cet épisode avait profondément marqué l'esprit de Voldemort.

- Pour ma part, Dumbledore a mis un certain temps avant de se présenter à moi. Il avait envoyé Hagrid pour venir me chercher chez les Dursley car ils refusaient que j'aille à Poudlard et je n'ai rencontré Dumbledore pour la première fois que peu après noël, alors que j'avais déjà pris l'habitude de me promener dans les couloirs de Poudlard pendant la nuit. Il avait entreposé le Miroir du Riséd dans une salle de classe désaffectée et c'était comme s'il l'avait placé là exprès pour qu'il puisse m'en expliquer le fonctionnement. On aurait dit qu'il savait déjà que j'allais vouloir protéger la Pierre philosophale.

- Quel foutu manipulateur. Quoi qu'il en soit, et le Miroir du Riséd en est un bon exemple, la plupart des illusions ne sollicitent que la vue. Les bons sorciers qui en font l'effort peuvent être capables de créer une illusion à la fois visuelle et sonore mais seuls les plus puissants pourront la rendre tangible.

- Si c'est tangible, en quoi est-ce une illusion ?

- Je te donne un exemple. Je pourrais faire apparaître un Détraqueur devant nous. Tu pourrais le voir, l'entendre et même le toucher mais il n'aurait ni les pouvoirs ni les effets qu'un Détraqueur génère par sa seule présence.

Harry recula d'un pas.

- Je préférerais éviter d'utiliser cet exemple, si vous voulez bien…

Voldemort leva brièvement les yeux au ciel.

- Il serait temps que tu surmontes ta crainte.

- J'ai appris à lancer un Patronus corporel dès ma troisième année. Vaincre ma peur des Détraqueurs ne supprimera pas pour autant l'effet qu'ils ont sur moi. Enfin, personne jusqu'à vous ne m'avait dit que l'Occlumancie pouvait m'en protéger, cela m'aurait sans doute davantage motivé pour m'y entraîner.

Voldemort esquissa un sourire et d'un geste, fit apparaître un Détraqueur juste devant eux. L'illusion produisait le râle caractéristique de ces créatures et Harry recula d'un pas, se rapprochant inconsciemment de Voldemort. Lorsque le Détraqueur leva le bras et le tendit vers lui, il serra sa poigne autour de sa baguette et inspira brièvement pour maîtriser l'angoisse qui le saisissait aux tripes. Il constata cependant que les cris de sa mère ne résonnaient pas à ses oreilles et que la température était restée aussi douce que précédemment, il se calma donc rapidement et pour le prouver, il s'avança de quelques pas. Vue de près, la créature était vraiment répugnante. Ses mains ressemblaient à celles des Inferi, des mains de cadavre exsangue, à la peau putréfiée et aux doigts crispés en forme de serre. Voldemort révoqua la créature d'un simple geste.

- Bien. Tu vas t'entraîner. Tu connais la formule, il me semble. Nous allons commencer par des objets simples, puis tu devras les faire bouger. Tiens, imagine une horloge. Visualise sa forme le plus précisément possible et invoque-la. Ensuite tu ajouteras le mouvement du balancier, puis le bruit qu'elles produisent habituellement. À la fin de la journée, je veux que tu sois capable de créer une illusion multisensorielle impossible à différencier de la réalité.

Harry s'entraîna tout l'après-midi. Bien entendu il n'avait pas été capable de réussir du premier coup et ses essais avaient parfois provoqué des aberrations qui l'avaient fait beaucoup rire. Voldemort était partit vaquer à ses occupations et Harry prit conscience que le mage noir lui permettait pour la première fois d'être seul avec sa baguette magique. Techniquement, à moins d'une barrière anti-transplanage dont il ignorait l'existence, rien ne l'empêchait de disparaître. Pourtant, il devait bien se rendre compte qu'il n'en avait pas très envie. Le simple souvenir des longues journées à fuir, à se cacher des Mangemorts et des Rafleurs, du froid et de la faim lui donnait envie de se réfugier entre les anneaux rassurants de Nagini. Cette constatation et le sentiment d'être ici à sa place le firent pratiquer avec une volonté renouvelée et il s'efforça de donner à son illusion toutes les dimensions réclamées par Voldemort. Au bout d'un peu moins de trois heures, il était capable de créer une horloge parfaitement réaliste dont les aiguilles trottaient et le pendule se balançait avec le cliquetis caractéristique. Mais plutôt que de prévenir Voldemort de sa réussite, il décida de corser l'exercice. Il voulait impressionner le mage noir et dans sa détermination, il opta pour une créature qu'il avait longuement étudié à travers son livre sur les créatures magiques : un Sombral. Il ferma les yeux et inspira longuement avant de lancer son sort. Il pouvait voir dans son esprit les moindres détails de l'illusion à laquelle il voulait donner naissance et lorsqu'il prononça la formule, il sentit sa magie répondre avec enthousiasme à son appel. Il ouvrit les yeux et poussa une exclamation de joie en découvrant la sinistre créature qui se trouvait devant ses yeux. Le Sombral s'ébroua et gratta le sol de son sabot noir mais ce mouvement ne laissa aucune empreinte. Pourtant, lorsque Harry leva la main pour le caresser, il put sentir le crâne lisse du Sombral sous ses doigts ainsi que le léger souffle qui émanait des naseaux de la créature. Et dire que c'était sa magie qui avait créé cette illusion de toute pièce ! Il voulut appeler Voldemort pour lui montrer mais il s'aperçut qu'il venait justement vers lui et il l'accueillit avec un grand sourire.

- Regardez, j'ai réussi ! Qu'est-ce que vous en pensez ?

- Et bien tu sembles avoir maîtrisé cette magie. Les illusions sont tout juste bonnes à impressionner les esprits faibles ou à berner quelques secondes un adversaire, mais elles peuvent être utiles parfois. Quoi qu'il en soit, on ne t'en demandera pas plus aux ASPIC d'enchantement. Tu t'es montré sérieux et si tu continues ainsi, trois semaines seront suffisantes pour revoir tout le programme. Et nous pourrons consacrer le temps restant à te perfectionner pour impressionner le jury.

Harry fit la grimace. Manifestement, Voldemort comptait le faire travailler sans relâche jusqu'aux ASPIC.

- Vous attendez que j'obtienne quels résultats aux ASPIC, au juste ?

- Ça me semble évident, j'attends de toi un Optimal dans toutes les matières. Je tolérerais peut-être un Effort Exceptionnel en Étude des Runes, puisque tu as débuté cette année, mais rien de moins. Tu te dois d'être exemplaire, Shesha. Je veux que tous mes Mangemorts voient en toi une recrue de choix.

Harry fit la moue. Lors de ses BUSE, il n'avait obtenu qu'un seul Optimal en Défense contre les forces du mal, matière qui n'existait même plus. Pour le reste, il avait eu cinq Efforts Exceptionnels et un Acceptable alors que Voldemort exigeait de lui pas moins de sept Optimal et un Effort Exceptionnel. Nul doute qu'il saurait lui faire payer chèrement s'il échouait. Mais en était-il seulement capable ?

***/+/***

Harry ne se serait pas cru capable d'ingurgiter autant d'informations en si peu de temps, mais les jours passaient et il commençait pour la première fois à se croire doué pour autre chose que jouer au Quidditch ou contrarier les plans de Voldemort. Il devait bien reconnaître que le mage noir était un excellent pédagogue et qu'il était plus aisé de travailler une journée entière sur une notion plutôt que par créneaux de deux heures comme à Poudlard. Ces derniers jours, il avait aussi l'impression d'avoir lu plus de livres qu'il n'en avait lu dans toute une année et pourtant Voldemort ne négligeait jamais la pratique, le faisant s'entraîner inlassablement jusqu'à ce qu'il maîtrise parfaitement le sort qu'il voulait lui faire enseigner. Il lui avait aussi fait pratiquer les potions, la botanique et l'astronomie, lui donnait régulièrement des textes en rune à traduire ou vice-versa et lui avait transmis plusieurs moyens mnémotechniques pour se souvenir de tous les événements importants de l'histoire de la magie. Il n'avait pas reparlé de sa tentative de rébellion avortée du jour où il lui avait enseigné le Feudeymon et Harry en avait été plutôt soulagé. Si le mage noir se montrait généralement cordial, Harry n'oubliait pas à quel point il pouvait se montrer violent et cela l'incitait à se montrer plus studieux qu'il ne l'avait jamais été. Il se gardait bien de se plaindre, quand bien même Voldemort l'obligeait à travailler jusqu'à tard le soir. Parallèlement, il n'avait pas effacé la fresque de Gryffondor dans la chambre de Harry et il restait attentif à l'évolution de l'œuf, c'était donc un étrange statut quo qui s'était instauré entre eux.

Ce jour-là, Harry était seul en train de rédiger un devoir dans la bibliothèque lorsque Voldemort vint le rejoindre. Le Gryffondor releva brièvement la tête pour le sonder du regard, mais voyant que son mentor ne faisait rien d'autre que l'observer, il se repencha sur son travail. Voldemort s'approcha pour lire par-dessus son épaule et Harry essaya tant bien que mal de faire abstraction de sa présence pour rester concentré. Il avait noté toutes les informations sur ses feuilles de brouillon et avait déjà rédigé la majeure partie de son travail. Il ne lui restait désormais plus que la conclusion à mettre en forme, mais Voldemort le stoppa en lui retirant sa plume des mains.

- Tu peux t'arrêter là. Ton œuf est en train d'éclore.

Harry se redressa d'une manière si brusque que sa nuque craqua. Il recula sa chaise tout aussi vivement et bondit sur ses pieds pour rejoindre sa chambre en courant, un large sourire aux lèvres. Voldemort le suivit tranquillement.

- Oh j'ai tellement hâte de le voir !

- Calme toi. Tu peux ouvrir la porte du vivarium mais reste silencieux et ne fais pas de geste brusque. Il va mettre plusieurs minutes pour briser sa coquille mais il pourra sentir et reconnaître ta magie dès les premiers instants.

Harry se mordit la lèvre, réprimant son impatience pour ouvrir doucement le vivarium. La coquille de l'œuf semblait être devenue molle et il pouvait la voir se fendre doucement autour de l'incision faite par le serpent. Il put bientôt voir l'une des têtes émerger, puis toute la coquille se déchira en deux morceaux pour laisser passer la créature tricéphale et Harry laissa échapper une légère exclamation. Le Runespoor faisait une vingtaine de centimètres de long pour quelques centimètres de large. Il avait le ventre beige, les motifs de son dos étaient dans différentes teintes d'orange et chacune de ses têtes avait les yeux rouge orangé.

- Un albinos ! Il est magnifique !

- Décidément, tu ne peux jamais faire comme tout le monde. Dans la nature, les serpents albinos meurent prématurément, car ils sont trop visibles à la fois pour leurs prédateurs et leurs proies. C'est une chance pour lui d'être né sous ta protection. Donne-lui un morceau de poulet.

Le bébé Runespoor sifflait déjà de faim et Harry fit voler le bout de viande jusqu'à lui. La tête de gauche et celle de droite se déchirèrent immédiatement la nourriture et l'engloutirent en un instant tandis que la tête du milieu était restée immobile.

- Il n'en a fait qu'une bouchée. Est-ce que ça lui suffit ?

- Tu n'as qu'à lui demander. Twix te fournira de la viande crue supplémentaire si nécessaire, je lui ai ordonné d'en mettre de côté. Si tu me cherches, je serais dans mon bureau. Je sais que tu as lu attentivement tous les livres que je t'avais fourni, je pense que tu devrais te débrouiller.

Harry offrit un magnifique sourire à Voldemort avant de se retourner vers son familier. Il se sentait si ému… Pour peu il aurait serré le mage noir dans ses bras.

- Merci ! Est-ce que tu as encore faim ?

- Manger ! Encore !

- Donne, viande, encore !

Il fit voler un second morceau de poulet et cette fois, la tête du milieu en préleva un morceau. Après un troisième bout, le Runespoor s'apaisa enfin et Harry tendit sa main à plat dans le vivarium.

- Viens, approche.

- Le nourrisseur appelle.

- Le nourrisseur est grand. Mais son odeur est rassurante.

- Je préfère rester caché. Au chaud.

Le petit serpent sembla hésiter quelques secondes avant de finalement s'approcher et grimper sur la main de Harry qui le souleva doucement pour l'amener à sa hauteur.

- Je suis Sesha. Puisque tu es un mâle, tu seras Zassy. Je prendrais soin de toi.

- Sesha nourrit et protège.

- Le territoire est vaste. Est-ce qu'il y a du danger ici ?

- Zassy a froid. Il faut retourner au nid.

Comme il l'avait lu, les trois têtes avaient chacune leur tempérament. Celle de gauche était plutôt volontaire, elle parlait toujours en premier et décidait des actions et mouvements à accomplir, celle du milieu rêvait et tempérait les deux autres tandis que celle de droite était plus craintive et œuvrait à la survie de la créature.

- Je te ferai visiter notre territoire plus tard, mais tu y seras partout en sécurité. Je vais te remettre dans ton nid pour te laisser te reposer. La prochaine fois je te présenterais les autres membres de la famille. Je viendrais te voir plus tard pour savoir si tu as besoin de quelque chose.

Il redéposa doucement son nouveau compagnon au milieu du vivarium et le serpent regarda autour de lui avant de se glisser dans le nid végétal que Voldemort lui avait confectionné. Son familier venait tout juste de naître et Harry y tenait déjà comme à la prunelle de ses yeux. Il referma la vitre, ramena le reste de poulet à Twix et retourna dans la bibliothèque avec une bonne humeur renouvelée. Il savait que son serpent aurait besoin de beaucoup de sommeil durant la première période de sa vie mais il espérait qu'il allait s'habituer rapidement à venir contre lui. Il avait hâte de pouvoir l'emmener partout. Il aurait aimé pouvoir en parler avec ses amis mais Ron et Hermione seraient sans doute perplexes, voire dégoûtés par son affection pour un Runespoor tant l'apparence du serpent à trois têtes pouvait paraître intimidante. Il songea avec amusement à Drago Malefoy et à la tête qu'il ferait en apprenant qu'il pensait à lui comme un ami. Le Serpentard était le plus à même de comprendre son quotidien et il restait sincère en toute situation, ce que Harry appréciait grandement. Il avait presque hâte à la période des ASPIC, pour pouvoir discuter avec lui sans craindre que Voldemort ne le réprimande.

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Le lendemain, Harry pu promener un peu son nouveau familier dans la maison. Il le présenta d'abord à Nagini.

- Voici Nagini, c'est ma grande sœur.

Nagini s'approcha lentement du Runespoor et se pencha pour le regarder de plus près.

- Bonjour, tout petit. Comment l'as-tu appelé, Sesha ?

- Zassy. Il est né seulement hier. Voldemort m'a dit qu'il allait rapidement grandir.

Harry avait glissé son serpent dans le col de sa robe pour qu'il profite de sa chaleur corporelle et la tête de gauche s'étira pour se rapprocher de Nagini.

- Nagini est dans la meute. Sesha est le chef de la meute ?

- Non. Le chef de la meute c'est Voldemort. On doit tous lui obéir. Je vais te présenter à lui.

Voldemort travaillait dans son bureau et Harry aurait espéré pouvoir entrevoir ce qu'il y faisait mais à peine avait-il frappé à la porte que le mage noir en sortit comme un diable hors de sa boîte.

- Que veux-tu ?

- Je voulais vous présenter mon familier. Je l'ai appelé Zassy.

Voldemort se saisit du serpent et le tint un instant devant son visage mais ce geste effraya le petit Runespoor qui se débattit entre ses doigts.

- Du calme, Zassy. Je ne te ferais aucun mal si tu m'obéis. Il semble parfaitement formé et à l'air en pleine forme. Tiens, tends ta main. Zassy, mord Sesha. Injecte-lui ton venin.

- Pourquoi attaquer Sesha ?

- Sesha nourrit, Sesha n'est pas un ennemi !

- Pourquoi vous voulez qu'il me morde ?

- Tu dois habituer ton organisme au venin de ton familier. Le venin des serpents est une substance très puissante, une fois vacciné contre ses effets, tu gagneras une résistance à la plupart des venins, comme je l'ai moi-même fait avec Nagini. Profite qu'il soit nouveau-né, le venin des Runespoor juvéniles est moins puissant. Tu devrais simplement souffrir de courbatures aujourd'hui. Ne discute pas mes ordres, Zassy, fais-le.

- Ne t'inquiète pas. Tu peux le faire. Voldemort sait ce qui est bien pour nous.

Il tendit un doigt au petit serpent et la tête de droite y planta ses crocs. Le premier réflexe de Harry fut d'arracher sa main mais Voldemort s'était saisi de son poignet pour le forcer à rester immobile jusqu'à ce que son Runespoor relâche la pression de lui-même. La douleur était plutôt modérée, cependant il ressentit nettement le venin infiltrer son sang lorsqu'une désagréable chaleur se propagea depuis la blessure. Un battement de cœur plus tard, sa tête se fit lourde et sa vision se troubla. Sans doute était-il soudainement devenu livide car Voldemort le rattrapa juste à temps et déposa son Runespoor sur son épaule avant de le prendre dans ses bras.

- Et bien il semblerait que j'aie mésestimé la virulence de son venin. Ou peut-être est-ce toi qui y est excessivement sensible. Quoi qu'il en soit, je crains que tu ne doives te reposer au moins pour quelques heures.

Harry avait l'impression que Voldemort aimait bien trop le voir vulnérable entre ses bras mais quelque part, il appréciait aussi de sentir le mage noir si précautionneux à son encontre.

- Sss… Cééé… C'est un peu plus que des courbatures ! Génial, moi qui cherchais une bonne raison pour ne pas travailler….

Il avait essayé de parler normalement avant de passer au fourchelang, plus facile à prononcer pour sa mâchoire engourdie. Il avait beau être étourdi par le venin, il se sentait malgré tout d'humeur joyeuse, comme si son corps était simplement sous les effets d'un anesthésiant. Il redevint cependant sérieux en voyant son Runespoor le fixer depuis l'épaule de Voldemort.

- Sesha est blessé.

- Zassy a fait du mal à Sesha.

- Ne t'inquiètes pas, Zassy. Ce n'est pas grave, je serais bientôt rétabli.

Voldemort le déposa sur son lit et resta un moment penché au-dessus de lui, comme s'il était un sujet d'étude. Harry essaya d'atteindre son familier sur l'épaule de Voldemort pour le ramener contre lui mais il était tout bonnement incapable de bouger. Voldemort leva l'un de ses bras et lui fit plier les doigts comme un pantin articulé.

- Les Runespoor n'ont pas une mâchoire très puissante mais leur venin paralyse ses victimes en un instant et celui d'un adulte va même jusqu'à provoquer l'arrêt cardiaque de sa proie. Il deviendra un familier redoutable.

- Je n'ai pas envie d'en faire une arme.

- Il faudra bien, si tu veux pouvoir l'emmener avec toi, il faut qu'il soit à même de se défendre. Pour les animaux, il n'y a que la meute, les proies et les prédateurs. Essayer de lui enseigner des notions de Bien et de Mal ne fera que le faire souffrir inutilement.

Harry aurait aimé détourner la tête comme à son habitude, mais il ne pouvait plus bouger et il dû soutenir le regard carmin de Voldemort jusqu'à ce que celui-ci s'écarte de son lit. Le mage noir remit le Runespoor dans son vivarium avant de revenir vers son Horcruxe vivant.

- Je vais rester paralysé combien de temps, vous pensez ?

- Nous verrons bien. Rejoins-moi quand tu le pourras. En attendant, une petite sieste ne devrait pas te faire de mal. Je reviendrais plus tard si jamais tu ne retrouves pas ta mobilité d'ici ce soir.

Et avec une prévenance étonnante, Voldemort rabattit la couette sur lui avant de quitter la pièce.

Quelques heures plus tard, il se réveillait à nouveau et s'étira dans son lit avec bonheur. Il avait l'impression d'avoir fait une grasse matinée, chose à laquelle il avait rarement droit. Il se leva, fit quelques mouvements et hocha la tête en constatant que sa mobilité était pleinement revenue. Finalement, la paralysie n'avait pas duré plus de deux heures et il avait gagné une journée de vacances en prime !

Il se précipita pour ouvrir le vivarium de son Runespoor.

- Zassy ! Tu vois, je vais bien. J'espère que tu ne t'es pas trop inquiété.

- Le chef de la meute est effrayant.

- C'est vrai. Mais tu dois l'appeler Maître et il faut toujours lui obéir sinon il pourrait te faire du mal. Il est très puissant et connaît beaucoup de choses. On peut lui faire confiance, il protégera ma vie à n'importe quel prix.

- Sesha est gentil avec Zassy.

- Zassy obéit à Sesha. Sesha nourrit et protège. Zassy obéit aussi au maître.

Harry flatta doucement les trois têtes tour à tour. Son familier n'avait beau avoir que deux jours d'existence, il ressentait déjà une grande affection pour le petit serpent ainsi que, il devait bien le reconnaître, de la gratitude pour Voldemort.

***/+/***

Quelques semaines plus tard, Harry se tenait à la droite de Voldemort, assis sur le coussin en compagnie de Zassy et Nagini, alors que tous les Mangemorts du premier cercle étaient agenouillés devant eux. Voldemort les avait réunis dans sa seconde demeure et c'était au tour de Walden Macnair de faire son rapport. Harry avait pris l'habitude d'emporter un livre lorsque Voldemort requerrait sa présence au milieu des Mangemorts, mais cette fois, il releva la tête pour écouter la conversation.

- Et bien Walden, qu'en est-il de la mission que je t'avais confiée ? Je me suis montré patient, il me semble.

Macnair s'était avancé, mais suite à la question de Voldemort, il se jeta littéralement au pied de l'estrade.

- Je… Je suis navré, Monseigneur. Malgré tous mes efforts, il reste introuvable.

- Tu es donc en train de m'expliquer qu'un demi-géant incapable de jeter un sort est plus malin que toi, Walden ? Je ne suis pas certain de te garder après un tel échec ! Le premier cercle n'a certainement pas besoin d'incapable pareil ! ENDOLORIS !

Macnair hurla pendant près d'une minute avant de reprendre son souffle. Manifestement, il ne voulait pas s'avouer vaincu pour autant.

- Je… Je vous prie de m'excuser… Monseigneur… Il… il doit sans doute bénéficier de soutiens… de la part de l'Ordre du Phénix !

- Toutes les maisons de l'Ordre à notre connaissance ont déjà été fouillées et il ne peut pas se cacher parmi les moldus ni utiliser de Polynectar. Il faut croire que finalement, seuls les animaux sont des proies à ta portée, Walden. Et encore, j'ai ouï dire que même un hippogriffe était parvenu à t'échapper !

Harry pouffa discrètement de rire, une main devant sa bouche pour masquer son sourire. Il ignorait comme Voldemort avait pu apprendre une telle chose, mais il trouvait la situation terriblement comique. Il espérait avoir été discret, mais c'était sans compter l'ouïe fine de Voldemort qui se tourna immédiatement vers lui.

- On dirait que ça t'amuse, Potter ! Lève-toi et inflige donc un Doloris à ce pathétique individu. Et tu as intérêt d'être convainquant si tu ne veux pas que je te punisse toi aussi ! Qui sait, tu risquerais de blesser ton familier si tu devais brusquement t'écrouler sur le sol…

Le message était clair et Harry perdit immédiatement toute envie de rire. Voldemort l'autorisait depuis peu à garder sa baguette tout le long de la journée et il se leva et la sortit de sa manche avant de s'avancer sur l'estrade avec un regard déterminé. Voldemort lui avait fait un cours magistral sur le Doloris il y avait quelques jours de cela et s'il ne l'avait pas obligé à jeter le sort, il avait tout de même veillé à ce qu'il se montre attentif. Il inspira brièvement, repensant à toutes les fois où il avait voulu faire du mal au Mangemort à ses pieds. Il l'avait rencontré pour la première fois lorsqu'il se préparait à décapiter Buck, l'hippogriffe de Hagrid. Mais surtout, il y avait eu la bataille au Département des mystères au cours de laquelle il avait pris Luna Lovegood en otage. L'image de la pure et innocente Luna prisonnière des mains du Mangemort s'imprima dans son esprit et une grimace déforma ses traits.

- Endoloris !

Le Mangemort hurla à nouveau, son corps tressautant sous l'intensité de la douleur. Cette fois, Harry ne se stoppa pas au bout de quelques secondes. La haine l'animait et son cœur tambourinait dans sa poitrine, inondant son cerveau d'adrénaline. Il se sentait fort, il avait le pouvoir de le faire payer pour tout le mal qu'il avait fait. Cet état perdura une bonne quinzaine de secondes avant qu'il ne prenne conscience de son geste, la respiration haletante comme en écho à celle de sa victime. Il recula d'un pas alors que toute l'assemblée des Mangemorts le regardait d'un œil nouveau, avec un mélange de respect et de crainte. Il passa tour à tour sur les visages de Bellatrix, de Severus Rogue et de Drago Malefoy. Aucun d'entre eux ne souriait, et ce fut pour Harry comme s'ils étaient le miroir de son crime. Soudain, Voldemort éclata de rire, brisant le silence qui s'était installé dans la pièce, et Harry se retourna brusquement.

- Bien ! Très bien ! Je vois que tu as su appliquer ma leçon finalement ! C'était une admirable exécution du Doloris, Harry !

Le dit-Harry aurait voulu pouvoir disparaître sous terre. Ses oreilles bourdonnaient, il avait chaud et son rythme cardiaque restait bien trop élevé. Il était en état de choc face à la portée de son geste, mais trop tard, le mal était fait. Il avait un besoin urgent de sortir… quitter cette salle, et il descendit de l'estrade sans se préoccuper des Mangemorts qui de toute façon s'écartèrent sur son passage. Voldemort ne chercha pas à le retenir et il en fut à peine conscient, rejoignant le premier étage pour régurgiter le contenu de son estomac dans les toilettes les plus proches. Il se dégoûtait lui-même et resta ainsi de longues minutes, penché au-dessus de la cuvette jusqu'à sentir la bile lui brûler la gorge. Ce fut ainsi que Drago le trouva, quelques minutes plus tard, assis contre le mur du couloir, caressant machinalement le Runespoor sur son épaule. Ses yeux étaient encore rougis par les larmes et il garda la tête baissée en entendant son camarade s'approcher.

- C'est lui qui t'a demandé de venir me chercher ?

- Non, la réunion est terminée. Je me doutais que je te trouverais dans cet état. Il vaudrait mieux que tu te reprennes avant qu'il ne vienne lui-même te chercher.

Harry haussa les épaules. Sa voix était éraillée et la boule dans sa gorge n'était pas près de disparaître.

- Je pense… En tout cas j'espère que je ne m'habituerais jamais à ça. Parce que quand ça sera le cas, c'est que je serais devenu totalement inhumain.

- On n'est pas là pour parler de Bien ou de Mal mais pour parler de toi. Tu es toujours en vie et tant que tu continueras à le satisfaire, tu le resteras. En plus, je crois que tu ne te rends pas compte combien il est tolérant avec toi. Personne ne se serait permis de se barrer en plein milieu comme tu l'as fait. Mais là, il n'a rien dit. Bellatrix a bien compris qu'elle n'était plus sa favorite.

- Je me passerais bien d'être son préféré. Il joue avec moi comme avec une putain de marionnette.

- Tu ne sais vraiment pas ce que tu dis. Tu serais déjà mort, Potter. Mais non content de ça, il se donne la peine de t'enseigner ses connaissances et te permet même d'avoir ton propre familier, si j'ai bien compris. Tout le monde n'a pas cette chance...

Harry recomposa un maigre sourire et écarta le col de sa robe sorcière pour dévoiler le corps de son Runespoor. Le serpent avait pris plusieurs centimètres depuis sa naissance et Drago ne sembla pas désireux de s'approcher davantage.

- Il s'appelle Zassy. J'imagine effectivement que c'est malvenu de me plaindre auprès de toi. Je sais qu'il t'a déjà obligé à faire ça. Jeter des Doloris…

Son camarade hocha sobrement la tête.

- Et il ne s'est certainement pas occupé de m'expliquer comment faire. Si ça peut te rassurer, je ne m'y suis pas encore habitué, loin de là. Mais je préfère être de ce côté de la baguette. Allons, on ferait mieux de redescendre.

Harry alla se rincer la bouche et quand ils revinrent dans la salle, bon nombre de Mangemorts étaient effectivement partis. Restaient Lucius Malefoy, Severus Rogue, Percival Shafiq et toujours agenouillé sur le sol, Walden Macnair, le regard vide. Voldemort les apostropha dès leur entrée.

- Ah, Drago, tu as ramené mon apprenti. Comme c'est prévenant de ta part. Approche, Harry.

Harry rejoignit Voldemort à contrecœur et soutint son regard alors que le mage noir sondait rapidement ses pensées. Lorsqu'il le relâcha, Nagini s'approcha et vint se hisser contre lui.

- Le maître a dit que tu avais bien travaillé. Bravo, Sesha. Ça me fait très plaisir, d'entendre ça.

Il ferma brièvement les yeux. Il était évident que Voldemort utilisait son affection pour Nagini comme renforcement positif pour l'amener à lui obéir plus volontiers. Et malgré cette prise de conscience, il ne pouvait nier qu'il s'en sentait soulagé. La Maledictus répondrait toujours présent pour écouter ses états d'âme et le réconforter à sa manière. Il était d'ailleurs étonnant que bien que Voldemort ne ressente plus aucune empathie pour qui que ce soit, le mage noir restait totalement lucide sur la meilleure manière de le conditionner. Harry flatta doucement le serpent géant, l'esprit un peu hagard.

- Merci. C'est difficile pour moi. Je n'aime pas faire ça.

- Le maître sait ce qui est bon pour toi. Il veut te rendre plus fort. Ne te morfond pas pour ces valeurs que l'on t'inculquait autrefois et tu ne souffriras plus.

Harry soupira et reporta son attention vers Voldemort qui avait manifestement écouté leur conversation.

- Cette chère Nagini est la sagesse incarnée. Mais parlons à présent de la semaine que tu passeras à Poudlard pour passer tes ASPIC. Tu dormiras dans le dortoir Serpentard et Drago aura pour principale consigne de surveiller tes fréquentations. Severus, Percival, Harry est désormais autorisé à garder sa baguette avec lui et de toute façon il sera accompagné de Nagini. Je compte sur vous pour faire en sorte qu'il ne leur arrive rien. Il se pourrait que l'Ordre du Phénix essaye quelque chose et je serais extrêmement irrité si mon familier et mon apprenti devaient être portés disparus. Tenez-le pour dit. Harry devra aller chaque soir dans la Forêt Interdite pour permettre à Nagini de se nourrir. Je ne m'inquiète pas pour lui mais faites aussi en sorte que les autres enseignants ne l'en empêchent pas.

Rogue poussa un reniflement méprisant.

- Ainsi peut-on considérer que Potter est devenu digne de confiance ? Ne risque-t-il pas de saisir cette opportunité pour s'enfuir ?

- Je ne pense pas, il ne fera rien de stupide en présence de Nagini, et de toute façon son petit familier restera avec moi, il y tient bien trop pour l'abandonner.

Tout en parlant, la main de Voldemort s'était glissée dans le col entrouvert de sa robe pour se saisir du petit Runespoor et Harry sentit son cœur se serrer d'angoisse. Il n'avait absolument pas prévu de revenir sur sa promesse et de toute façon, Voldemort avait de très nombreux moyens de s'en assurer. Zassy s'était habitué aux manières brusques du mage noir mais Harry avait vraiment hâte qu'il devienne plus robuste. Il avait toujours l'impression que Voldemort pourrait le tuer par sa seule poigne. Tous les regards s'étaient fixés sur le serpent entre les mains du mage noir et Harry releva le regard, tâchant de donner à sa voix une assurance qu'il ne possédait pas.

- Je n'ai aucune intention de m'enfuir, familier ou pas. Vous le savez, c'est bien pour cela que vous me laissez ma baguette, non ?

Voldemort redéposa le serpent sur son épaule, qui s'empressa de rejoindre la chaleur rassurante de son col.

- C'est vrai, tu as fait de réels progrès en matière d'obéissance. Reste à présent à prouver que tu es digne d'entrer à mon service. Je crois d'ailleurs que je vais augmenter le niveau d'exigence à l'avenir, cela évitera d'éventuelles déceptions… Drago, je compte aussi sur toi pour avoir de bons résultats. Il pourrait être utile d'avoir un Briseur de sortilège à mon service par exemple… Il me semble que tu pratiques l'arithmancie.

Drago s'avança d'un pas et s'inclina brièvement.

- Je fais de mon mieux, Monseigneur. Effectivement j'étudie cette discipline, mais à vrai dire je m'intéresse plutôt à l'Alchimie. Cette matière n'a malheureusement pu être dispensée à Poudlard ces deux dernières années mais j'ai commencé à lire quelques livres et j'espère pouvoir m'y consacrer à partir de l'année prochaine.

- Ah l'alchimie. Pourquoi pas… Que connais-tu de l'alchimie, Harry ?

Harry réfléchit un instant. Cette matière était proposée en option à Poudlard à partir de la 6e année mais elle était réputée difficile et il n'y avait pas eu assez d'inscrits pour ouvrir une classe, au grand dam de Hermione. Lui-même ne s'y était absolument pas intéressé.

- Hum… Pas grand-chose. Nicolas Flamel était alchimiste, non ? Celui qui a créé la Pierre philosophale.

- Exact. C'est une discipline hasardeuse, je ne m'y suis moi-même consacré que le temps de mes études. L'alchimie est à la frontière entre les potions et la Métamorphose. Elle nécessite un certain goût pour l'expérimentation ainsi qu'une grande rigueur mais aussi beaucoup de temps libre. Je ne m'y oppose pas tant que cela ne va pas à l'encontre de ta mission de Mangemort, Drago. Qu'en penses-tu, Lucius ?

- Je ne suis pas opposé à cette idée. Tant que Drago vous sert convenablement et fait fructifier les affaires de la famille, je ne pourrais qu'être satisfait. J'espère que ma curiosité ne vous paraîtra pas déplacée mais que comptez-vous faire de Potter, après les ASPIC ? Au vu de sa notoriété et de sa popularité, il pourrait sans doute se montrer utile au Ministère. Potter avait annoncé vouloir suivre une carrière d'Auror, cela semblerait logique qu'il poursuive sur cette voie.

Harry fit une grimace et releva la tête pour sonder la réaction de Voldemort, inquiet à l'idée qu'il n'approuve une telle idée. Lui qui détestait les relations publiques et les journalistes ne tiendrait pas bien longtemps si on lui ordonnait de jouer la comédie et il ne s'imaginait vraiment pas devenir une marionnette comme Pius Thicknesse. Heureusement, Voldemort le démentit immédiatement.

- Ce n'est pas dans mes plans. Harry restera avec moi et je continuerai sa formation. Une telle puissance magique se doit d'être à mes côtés et non enfermée dans un bureau.

Le soulagement de Harry dû se faire un peu trop flagrant car Rogue leva un sourcil et Drago le regarda avec un air perplexe. Même aux yeux des Mangemorts, il devait paraître totalement aliéné pour préférer rester en compagnie de Voldemort plutôt que de travailler au Ministère mais Harry s'en fichait. Il avait pris conscience combien cette vie dont il rêvait auparavant auprès de Ginny lui semblait fade à côté des aventures que lui promettait Voldemort. Au cours de ces quelques mois aux côtés du mage noir, il s'était sentit plus vivant qu'il ne l'avait été depuis des années. Il l'avait sorti de cette angoisse perpétuelle en lui offrant pour la première fois l'impression d'être réellement en sécurité, il lui avait appris à dompter sa magie et ne cessait d'affirmer combien il était puissant tout en l'incitant à se dépasser. C'était libérateur, excitant, dangereux… Comme marcher sur une corde raide au-dessus d'un précipice. Exactement comme lorsqu'il avait dû dompter son Feudeymon…

- Si on me laissait choisir, je préférerais mille fois plus vous accompagner plutôt que cantonné à je-ne-sais quelle tâche au ministère. Au moins avec vous je n'ai pas besoin d'être hypocrite ni de faire de faux semblants.

Voldemort sourit.

- Tu m'en vois ravi, Harry. Mais assume donc tes paroles, répète ce que tu viens de me dire pour que tout le monde puisse comprendre.

Harry fit une légère moue. Il aurait préféré éviter de reconnaître haut et fort une telle chose, mais il savait que Voldemort ne lui laisserait pas le choix.

- J'ai dit que si je préférais largement rester auprès de Voldemort que travailler au Ministère.

Il baissa la tête pour ne pas avoir à lire les réactions des Mangemorts face à lui, mais Voldemort passa une main dans ses cheveux pour repousser les mèches qui recouvraient ses yeux et le forcer à relever la tête. Harry détourna le regard, préférant croiser celui de son mentor plutôt que celui des quatre hommes en contrebas.

- Je te l'ai dit, Harry. Tu m'appartiens. Ne ressens aucune honte à vouloir rester près de moi car telle est ta place.

Harry se sentit rougir et Voldemort ricanna. Il avait l'habitude de l'entendre tenir de tels propos mais pas devant des Mangemorts, ou sinon en fourchelang. L'entendre dire à voix haute qu'il lui appartenait était assez gênant. Rogue prit la parole, lui évitant d'avoir à répondre.

- Maître, pourriez-vous me dire à partir de quand exactement Potter sera-t-il sous notre responsabilité ?

- Harry rejoindra Poudlard par le réseau de Cheminée le soir de la veille des épreuves. Il restera à Poudlard jusqu'à la fin de la semaine, soit du dimanche soir au vendredi soir. Nagini pourra activer le Portoloin pour le ramener à la maison mais sauf urgence, Harry viendra te prévenir qu'il quitte les lieux. S'il n'y a pas d'autre question, Severus, Percival, Drago, vous pouvez disposer. Lucius, reste avec moi un instant.

Les trois Mangemorts nommés s'inclinèrent avant de quitter la pièce, les laissant seuls avec Lucius Malefoy et Walden Macnair. L'ancien bourreau n'avait pas bougé et Harry repensa à ce que Voldemort lui avait dit au Burkina Faso. Il était le dieu des Mangemorts et Macnair ne bougerait pas un doigt pour se défendre si Voldemort décidait de le tuer. Il reporta son regard sur Lucius qui se tenait droit, appuyé sur sa canne, ses vêtements témoignant de son opulence. Il savait qu'il avait regagné les faveurs de Voldemort et semblait plein d'assurance.

- Monseigneur ?

- Tu commences à avoir un certain nombre d'invités dans tes sous-sols, il me semble. Qu'en est-il exactement ?

- Il y a Gripsec, un gobelin de Gringotts contestataire capturé par des Rafleurs, Garrick Ollivander et bien sûr Alecto Carrow. Nous avions aussi un élève de Poudlard qui a été renvoyé au Ministère pour enregistrement. La plupart des Sangs-de-Bourbe devraient avoir été répertoriés et privés de leur baguette à présent.

Harry fit la grimace et rejoignit Nagini. La Maledictus était retournée sur son coussin et il appuya sa tête contre ses écailles, essayant en vain d'ignorer les propos des deux hommes. La discussion prenait un tournant désagréable, ravivant sa culpabilité à se montrer aussi docile avec Voldemort. Celui-ci répondit à son Mangemort, bien loin de se préoccuper des états d'âme de son Horcruxe humain.

- Bien, tout se passe comme je le souhaite. Tue le gobelin. Puisqu'il refuse de nous obéir, il ne nous est d'aucune utilité. En revanche, veille à ce que Ollivander reste en bonne santé. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le meilleur fabricant de baguettes d'Europe. Tu vas enfermer Walden quelque temps, il pourrait peut-être se montrer encore utile. Quant à Alecto, je t'ordonnerai bientôt de me l'amener. J'imagine que certains postes jadis occupés par des Sangs-de-Bourbe doivent être vacants. Il nous faudra d'ailleurs bientôt du sang neuf. À ce propos, à qui comptes-tu marier Drago ?

- Les familles toujours pures qui nous soutiennent ne sont plus si nombreuses et Drago a émis son véto pour certaines d'entre elles. Nous avons donc choisi la famille Greengrass. Ils ont une fille de son âge, ce qui permettra d'organiser les fiançailles dès l'année prochaine et d'espérer un héritier rapidement. Puisqu'on en parle, comptez-vous faire quelque chose de Potter ?

Harry écarquilla les yeux et releva soudain la tête.

- Quoi ?! Oubliez-moi avec vos plans ! Il est hors de question que je me marie avec qui que ce soit !

Voldemort se mit à ricaner, ne reprenant même pas le jeune homme pour sa "vulgarité".

- Pas même avec la fille de ces traîtres à leur sang de Weasley ?

- Non. Vous l'avez dit vous-même, je ne serais jamais libre et je ne veux pas la mêler à ça. Elle mérite mieux et de toute façon nous nous sommes séparés en juillet dernier.

- Je vois… Comme toujours, Harry Potter préfère se sacrifier. Très chevaleresque de ta part.

Voldemort avait l'air tellement méprisant en disant ça que Harry se sentit obligé de se justifier.

- Croyez ce que vous voulez. Mais je n'ai que 17 ans. Je n'ai jamais, ne serait-ce que songé à épouser qui que ce soit. Se marier aussi jeune doit bien être un truc de gens obsédé par la pureté du sang. Et si vous envisagez de me coller avec Pansy Parkinson ou Millicent Bulstrode, je préfère encore une vie entière de célibat.

- Et bien tu devrais être satisfait, Potter, je n'ai pour le moment aucunement l'intention de te marier. Je crois que Nagini m'en voudrait vraiment, si je la privais de sa peluche attitrée.

Cette fois, Harry baissa les yeux pour masquer son sourire. Pour n'importe qui, la phrase devait sans doute paraître empreinte de sadisme, d'autant plus pour des Mangemorts qui ne voyaient Nagini que comme un monstrueux serpent mangeur d'homme. Mais pour Harry qui connaissait les véritables sentiments de la Maledictus à son encontre, elle était plutôt rassurante. Au moins Voldemort semblait vouloir le garder chez lui pendant encore un moment, et cela l'arrangeait totalement.

***/+/***

Les jours suivants, Harry continua à réviser pour les ASPIC, mais il devait bien reconnaître que malgré toutes ses craintes et ses doutes, il était totalement prêt. Grâce à Voldemort et ses entraînements intensifs, il maîtrisait parfaitement les sorts pour les épreuves d'Enchantement, de Métamorphose et de Duel. Il connaissait par cœur bon nombre de potions dont certaines étaient même enseignées en étude supérieure et s'était découvert une passion pour les runes, notamment depuis qu'il s'était aperçu que certains livres particulièrement intéressants étaient écrits en runique. Il restait toujours un peu nonchalant en Astronomie et Histoire de la Magie, en revanche le degré d'exigence requis par Voldemort dans l'élaboration de potions l'avait amené à être extrêmement pointu dans ses connaissances botaniques.

Avec le temps, Zassy se développait bien et mangeait désormais des souris entières et vivantes que Harry capturait en attendant que le Runespoor soit suffisamment grand pour suivre Nagini sans se faire écraser par l'imposante Maledictus. De son côté, Voldemort avait décidé de reprendre l'enseignement de la magie noire à Harry, et ce de manière plus ou moins subtile. Ce jour-là, ils étaient tous deux dans le laboratoire de Potion au sous-sol et Harry était en train d'éviscérer consciencieusement une chauve-souris vampire sous l'œil exigeant de son mentor.

- Est-ce que vous allez me dire pour quelle potion je dois faire ça ou est-ce que je dois le deviner par moi-même ? Parce que vraiment, je ne me souviens pas avoir jamais utilisé cet ingrédient à Poudlard…

- Les chauves-souris vampire géantes d'Amérique du Sud sont assez rares, ce qui en fait un ingrédient coûteux et de toute façon je doute que tu aies pu entendre parler de cette potion. Ce n'est pas le genre de celles que l'on enseigne aux étudiants.

- C'est de la magie noire ?

- Concentre-toi sur ce que tu fais. Passe bien ton scalpel le long de la paroi. Il faut totalement détacher l'organe sans quoi tu risquerais d'en déchirer la membrane en voulant le retirer.

Harry fit apparaître une quatrième boule lumineuse au-dessus de sa tête pour y voir plus clair et se repencha sur son travail. Finalement, au bout de quelques minutes, il reprit la parole.

- Vous n'avez pas répondu à ma question.

- Qu'en sais-je si le Ministère considère cela comme de la Magie noire ? Je ne me suis jamais préoccupé de ce genre de détail.

Harry leva brièvement les sourcils, pas le moins du monde convaincu. Voldemort avait un air malicieux au visage et le Gryffondor ne put s'empêcher de sourire.

- Ça, je veux bien le croire. Et donc, à quoi va servir cette potion ?

- Tu le découvriras si elle est réussie. Tu la testeras sur l'Inferius. Comme tu l'as bien deviné, le cœur de chauve-souris en est l'élément central. Tu devras le mettre tout entier dans la potion puis la porter à ébullition en tournant jusqu'à ce que le mélange devienne d'un noir d'encre.

- Dites, les Inferi… Ce sont forcément des cadavres humains ?

- Et bien les corps humains sont capables de faire bien plus de choses. Il faut qu'il puisse comprendre tes ordres. Et je ne vois vraiment pas l'intérêt de tester sur un serpent.

- Et il y a un délai après la mort ? Ou vous pouvez choisir n'importe quel cadavre ?

- Non, il faut un corps intact et non nécrosé, idéalement celui d'une personne qui vient juste de perdre la vie. Et plusieurs sortilèges différents sont nécessaires, c'est une entreprise assez complexe. Il n'y a pas de livre qui l'explique en anglais, le plus simple est que je te fasse une démonstration…

Harry secoua la tête, continuant à touiller sa potion alors que Voldemort s'approchait de lui avec un sourire. Malgré la proximité du mage noir, il se sentait d'humeur narquoise.

- Non merci, je préfère la théorie. Je me disais juste que peut-être, si l'un des aspects du sortilège incluait le contrôle mental, on pourrait tout aussi bien faire des Inferi avec des créatures plus dangereuses que des humains. Ou capable de voler par exemple… Je vous aurais bien proposé de tester sur le Basilic, malheureusement il ne doit plus être qu'un tas d'os maintenant !

- C'est une idée intéressante ! Mais ce qui est malheureux, c'est surtout que ta proposition ne soit que du vent. Je sais pertinemment que tu es encore incapable de mener à bien ce rituel. Tu fanfaronnes mais tu n'as pas le cran pour te plonger vraiment dans la magie noire. Cela dit, j'apprécie ta curiosité. J'ai vraiment hâte de mener toutes ces expériences avec toi, Sesha

Le Gryffondor frissonna, mais après quelques nouvelles minutes de silence, sa curiosité fut plus forte.

- Je me demandais... Vous avez mis combien d'Inferi dans la caverne pour protéger l'Horcruxe ?

- Cent. Et tu n'as pas intérêt de rater cette potion ou je t'enferme là-bas pour que tu puisses le vérifier toi-même.

Harry pouffa de rire et souleva une louche de potion pour en déterminer plus précisément la couleur.

- Je crois que Dumbledore a dû en détruire quelques-uns avec son sort. Ça a dû être une entreprise laborieuse d'en créer autant. Tout ça pour qu'un elfe de maison puisse simplement transplaner à l'intérieur avec son maître.

- Oui, je n'oublie pas que ces créatures sont presque aussi détestables que les gobelins. Ajoute 13 feuilles de prêle séchées. Éteint le feu, laisse infuser et refroidir tranquillement. Pendant ce temps, incise ces adonides sur toute leur longueur. Les feuilles, la tige et les racines. Tu les ajouteras quand la potion sera devenue indigo.

Le Gryffondor suivit les ordres avec application, pensant qu'il était sans doute la seule personne au monde à pouvoir taquiner Voldemort sans perdre la vie dans la seconde. Cela dit, le mage noir était exceptionnellement patient ce matin-là et Harry finit par en deviner la raison : il le ménageait car il savait pertinemment qu'il n'allait pas apprécier le reste des activités de la journée. Une fois la potion terminée, ils conduisirent l'Inferius dans le jardin et Harry compris qu'elle était loin d'être anodine lorsque Voldemort ligota la créature d'un Incarcerem et lui ordonna de s'éloigner avant de lui faire boire la potion. Quelques secondes plus tard, l'Inferius se tordait sur le sol comme en proie à une douleur intense.

- Je croyais que les Inferi étaient insensibles à la douleur ?

- C'est le cas. Il n'a pas mal à proprement parler. C'est plutôt… une soif inextinguible. Cette potion inflige tous les symptômes de la frénésie vampirique à sa victime, mais sans ses avantages, évidemment. Et elle semble parfaitement bien réussie.

Harry soupira. Pour une fois, il aurait vraiment préféré rater sa potion...


Fin du chapitre 14.

Il ne s'est pas passé énormément de choses durant ce chapitre et si nous retrouvons Drago quelques instants, le retour à Poudlard n'aura finalement lieu qu'au chapitre 15.

Comme je l'ai dit en réponses aux reviews, il devrait y avoir encore un ou deux chapitres à cette histoire... enfin je crois. ^^" Je ferais peut-être un petit chapitre ou bout pour parler de Rogue et de ses craintes vis à vis de Harry qui se confirment de jour en jour. Notre Survivant s'enfonce de plus en plus dans la magie noire, et comme prévu ses repères moraux commencent doucement à disparaître. Drago ne fait rien pour l'inciter à revenir du côté du bien, mais est-ce vraiment une mauvaise chose ? :D

Concernant mon IRL... Je n'aime pas embêter les gens avec ma vie mais je préfère être transparente avec vous pour expliquer les délais entre les chapitres.
Je pense publier le chapitre 15 le vendredi 22 janvier.
Actuellement j'ai beaucoup de boulot, je suis assez fatiguée, et comme j'ai pû le mentionner dans mes messages privés à certains d'entre vous, la période de noël a été assez difficile pour moi moralement, le plus dur à gérer étant le décès de mon grand-père ce 28 décembre. Donc voilà niveau humeur, j'ai connu mieux. Cela dit, j'aime beaucoup travailler sur cette fanfiction qui me permet de m'échapper de la réalité donc aucun souci, je ne risque pas de l'abandonner. Et pour les lecteurs de slash... j'ai déjà quelques passages de la suite en tête. ;)