Auteur : Lady Zalia

Type : Action, aventure et epicness. (L'auteur craque 😊) Ça va péter dans tous les sens !

Disclaimers : Univers appartenant à J.K. Rowling. Rating T.

Je vous conseille d'écouter une petite compilation Epic Ambiant pour accompagner la lecture (Epic Score, Antti Martikainen, Rok Nardin, Two Steps from Hell, ce genre de choses…) ou alors de la musique classique… ;)

Merci à Dia et elia pour leurs reviews, leurs compliments et leurs encouragements qui me font vraiment plaisir. 💙

CECI est le dernier chapitre de l'histoire (et il arrive en avance) : TADAM !

Rappel du chapitre 16 : Ron s'est arrangé pour faire renvoyer Harry en plein milieu de l'examen d'Astronomie. Mais lorsqu'il sort de la salle, il reçoit un Stupefix et perd connaissance…


Chapitre 17

Lorsqu'il reprit conscience, Harry comprit qu'il n'était pas dans son corps et qu'il devait toujours être stupéfixé, quelque part. Ses émotions se mélangeaient avec celles de Voldemort et le mage noir était dans une fureur telle que même lui, qui avait pourtant déjà été témoin de ses rages, en fut effrayé. Il sentit aussi une pointe… d'inquiétude… qui finalement était bien légitime : Ses deux Horcruxes vivants, les plus vulnérables mais aussi les seuls êtres au monde avec lesquels il avait un semblant d'attachement sentimental, étaient aux mains de l'ennemi. Et les coupables se trouvaient devant ses yeux. Harry reconnu Kingsley Shacklebolt, Remus Lupin et sa femme Nymphadora Tonks, les professeurs McGonagall et Flitwick, Bill, Charlie, Arthur et Molly Weasley. Ils luttaient tous contre Voldemort et bientôt plusieurs Mangemorts se joignirent à la bataille. Harry reconnut les bâtiments de Pré-au-Lard à travers l'air saturé de magie. Des sorts fusaient de tous les côtés et Voldemort semblait avoir oublié toute notion de prudence. Si l'arrivée de ses alliés avait rééquilibré les forces en présence, il restait seul contre les quatre membres les plus doués de l'Ordre : Bill, Kingsley, Remus et le professeur McGonagall. Harry était prisonnier de son corps et il ne pouvait voir comment les autres s'en sortaient mais il prit confusément conscience qu'il ne savait pas pour qui il espérait la victoire. D'un côté le camp du bien, les Weasley qui avaient été si bons avec lui, Remus Lupin et Tonks qui avaient pris tant de risques pour continuer la lutte, tous les membres de l'Ordre qui se battaient pour protéger les innocents… de l'autre côté Voldemort, qui lui avait offert un foyer, de l'attention, des liens plus puissants qu'avec n'importe quelle famille, des connaissances… Il savait pertinemment que Voldemort était mauvais, qu'il faisait le mal autour de lui. Mais il ne pouvait plus se résoudre à souhaiter sa mort. Car la fin de Voldemort signifierait celle de Nagini… celle de Zassy aussi car son familier finirait par mourir de faim, enfermé dans son vivarium. Drago serait jugé et sans doute condamné au Baiser du Détraqueur… Quant à lui… Quel sort lui réservait donc l'Ordre du Phénix ? Serait-il considéré comme un traître ? Allaient-ils l'envoyer à Azkaban pour le restant de ses jours ? Il sentit son cœur se glacer à cette idée. Sa vie avait radicalement changé mais il était terrifié à l'idée de la perdre. Il voulait que le mage noir gagne le combat. Il le souhaitait de toutes ses forces…
Malheureusement Voldemort semblait être en bien mauvaise posture. S'il était parvenu à blesser Lupin et Bill Weasley, Shacklebolt semblait être intouchable. L'Auror paraissait être animé d'une rage de vaincre aussi puissante que celle du mage noir et quoi que fasse Voldemort, aucun sort ne l'atteignait. C'était comme si la baguette de Sureau refusait de fonctionner correctement et Harry sentit l'incompréhension puis la panique de Voldemort lorsqu'un sort évita son adversaire de manière flagrante. Que se passait-il ? Il n'eut cependant pas l'occasion de réfléchir davantage à ce mystère car cette minuscule seconde de stupeur se révéla fatale pour Voldemort. Kinglsey venait de lancer un Avada Kedavra et Harry sentit son esprit être violemment arrachée du corps du mage noir en même temps que l'âme de Voldemort se dispersait dans la nature. Il prit confusément conscience qu'il regagnait sa propre enveloppe, puis ce fut le trou noir.

***/+/***

Lorsqu'il revint à lui, la douleur était telle qu'il hurla jusqu'à ce que le souffle lui manque. C'était comme si on l'avait écartelé. Voldemort avait à nouveau perdu son corps et les émotions se mélangeaient en lui en un maelstrom. Il mit plusieurs minutes à se calmer alors que les sensations refluaient peu à peu. Cette douleur n'était pas la sienne, son propre corps était intact. Pourtant il les avait ressenties avec un réalisme terrifiant. Il ne pouvait s'empêcher de trembler et lorsqu'il prit pleinement conscience de sa situation, il eut envie de se mettre à pleurer. Il était assis sur un fauteuil, ses bras enchaînés aux accoudoirs et un sortilège l'empêchait de voir quoi que ce soit. Il pouvait cependant entendre plusieurs voix autour de lui et il eut l'impression de recevoir un coup de poignard en reconnaissant la première d'entre elles.

- … Il semble aller mieux. Harry, est-ce que tu nous entends ?

C'était Hermione qui parlait et il sentit la bile lui monter à la gorge. Qu'avait-il donc fait qui méritât qu'on le punisse ? Il essaya de parler mais sa voix était éraillée.

- O.. Oui. Hermione ! Pourquoi… suis-je attaché… ?

Une seconde voix répondit et il reconnut cette fois la voix de Kingsley Shacklebolt.

- Nous préférons être prudent. Tu as eu un comportement étrange ces derniers temps. Sans compter que tu étais entre les mains de Voldemort depuis plusieurs mois et que tu ne nous as pas semblé très désireux de t'enfuir.

- Il faut nous comprendre, Harry. Tu as changé. On ne peut pas savoir ce qu'il t'a fait. Mais il semble évident qu'il t'accorde une certaine confiance. Le professeur McGonagall nous a aussi dit que tu avais eu des résultats stupéfiants à tes ASPIC et que tu étais capable de faire de la magie sans baguette…

- Tu ne l'as pas rejoint, n'est-ce pas Harry ? Ne me dis pas que tu es devenu un de ses fidèles. James et Lilly se retourneraient dans leur tombe…

Cette fois c'était Lupin qui avait parlé et Harry libéra la colère qui l'avait envahi.

- Je ne suis pas un Mangemort, vous n'avez qu'à vérifier mon bras ! Evidemment que j'ai changé ! Ça fait 6 mois que je vis à ses côtés ! Qu'est-ce que vous croyez ?! Personne n'a essayé de me sauver, personne n'est venu à mon aide ! Et aujourd'hui vous me considérez comme un criminel parce que j'ai arrêté de lutter ? Parce que je me suis soumis ? Vous n'avez aucune idée de ce que c'est…

- Justement. Il est normal que tu sois perturbé. Mais nous ne pouvons prendre aucun risque. Hermione nous a dit que tu partageais un lien avec Voldemort. Peux-tu nous en dire davantage ?

Shacklebolt l'avait interrompu et Harry serra les dents pour s'empêcher de hurler sur l'Auror.

- Perturbé oui sans doute… Après tout, ce sont les termes employés par la Gazette du Sorcier, si je ne m'abuse. Vous m'avez toujours pris pour un garçon instable qu'on pouvait manipuler comme on voulait, pas vrai Kingsley ? C'est vous qui avez tué Voldemort, je le sais. J'ai ressenti sa douleur quand il a perdu son corps. Mais il n'est pas mort. Il reviendra…

- Tu parles comme l'un de ses fidèles, pourtant tu continues à dire son nom.

- Il ne me l'a jamais interdit. Encore une fois, je ne suis pas un Mangemort. Je suis son prisonnier personnel, son pantin préféré ou je ne sais quoi. Vous savez comment il m'appelle devant eux ? La peluche de Nagini. Depuis ce jour de décembre, j'ai toujours été en présence de l'un ou de l'autre. Il considère que je lui appartiens corps et âme et décide de chaque seconde de mon existence. Je ne pense pas que vous puissiez imaginer à quoi ressemble ma vie là-bas.

- Un Mangemort que nous avons capturé nous a révélé qu'il leur avait interdit de te toucher. Et qu'il te faisait tenir à sa droite lors de ses réunions. Un honneur qu'il ne réservait qu'à son préféré à ce qu'il paraît. Il t'aurait aussi ordonné de torturer l'un d'entre eux à sa place récemment…

C'était plus une affirmation qu'une question. Ils avaient dû interroger l'un des Mangemorts qui avait été présent lors de la dernière réunion. C'était Kingsley qui menait son interrogatoire mais Harry pouvait sentir que Rémus et Hermione étaient toujours présents.

- Les Mangemorts peuvent bien raconter n'importe quoi, la plupart d'entre eux préféreraient me voir mort, c'est certain. Si je suis bien à sa droite, c'est à ses pieds, sur le coussin de Nagini que je dois m'asseoir. Comme un vulgaire familier. Mais oui, il m'a récemment ordonné de torturer un Mangemort, Walden Macnair précisément. Je n'ai pas grand-chose à dire là-dessus.

- Tu serais donc prêt à obéir à n'importe lequel de ses ordres ?

- Bien sûr que non ! Mais je n'avais aucune envie de me prendre un Doloris à la place de Macnair. C'est un Mangemort, ce n'est pas comme si c'était un innocent.

- Et qu'en est-il de Nikodem Wilde ? Nous avons retrouvé des traces de ta magie sur place. As-tu participé à son assassinat ?

- C'est Voldemort qui l'a tué, mais j'étais avec lui. Il m'a utilisé comme leurre et j'ai jeté un Expelliarmus sur cet homme. Voldemort m'avait aussi menacé de tuer les moldus si je ne m'en occupais pas, je leur ai donc jeté un Imperium pour les obliger à rester dans leur chambre.

- Que cherchait-il ?

Harry eut un temps d'hésitation avant de répondre. Les mots sortaient malgré lui de sa bouche et il eut un frisson en en devinant la raison.

- Un… artefact magique. Vous m'avez fait boire du Veritaserum, n'est-ce pas ?

- Oui, juste avant ton réveil. À quoi sert cet artefact ?

- À mesurer la puissance magique d'un individu.

Lors du court silence qui suivit sa déclaration, il put entendre le bruit d'une plume grattant une feuille de parchemin. Sans doute Hermione était-elle en train de prendre des notes.

- Où se trouve la demeure de Voldemort ? Le Mangemort interrogé nous a dit que tu étais le seul à y avoir été emmené.

- Je l'ignore. C'est toujours lui qui me fait transplaner. Je ne suis jamais libre de mes mouvements.

- Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir profité de ces derniers jours à Poudlard pour t'enfuir ?

- Avec Drago Malefoy et Nagini toujours avec moi ? Quand bien même j'aurais dépassé les grilles, il m'aurait retrouvé en quelques minutes et me l'aurait fait chèrement payer. Où sont-ils, d'ailleurs ?

- Drago Malefoy a été arrêté juste après vous, ainsi que Severus Rogue lorsqu'il a essayé d'intervenir. Et nous avons tué Nagini.

Une brève frayeur l'avait saisi avant de se rendre à l'évidence. Il pouvait toujours sentir la présence de Nagini. Elle était proche de lui, sans doute enfermée dans le sac.

- Vous mentez pour Nagini.

- Intéressant. Comment peux-tu le savoir ?

Il marqua une pause. Il devait impérativement éviter de parler des Horcruxes… Même si Hermione en connaissait l'existence, elle était loin d'imaginer que Nagini et lui-même en faisaient partie. Il ne pouvait combattre l'influence du Veritaserum mais il pouvait toujours dévier la conversation tant qu'il ne mentait pas.

- Je suis lié à elle. C'est comme cela que j'avais su que M. Weasley avait été attaqué au Ministère, il y a quelques années. Maintenant que va-t-il se passer ?

- Nous avons beaucoup de choses à faire, un Ministère à renverser, des Mangemorts à juger. Il ne nous reste plus qu'à espérer qu'il nous laissera quelques années de répit comme la dernière fois. Et qui sait, avec un peu de chance, nous parviendrons peut-être même à l'empêcher de ressusciter une bonne fois pour toute…

- Et moi, je suis quoi dans cette histoire ?

- Nous ne pouvons te laisser libre, Harry. Tant que nous ne savons pas jusqu'où s'étend son influence sur toi, tu resteras prisonnier. C'est aussi pour ta protection. Dumbledore m'avait expliqué cette histoire de sang. C'est le tien qu'il a utilisé la première fois…

- Le sang de son ennemi, oui. Sauf que cette fois, je n'ai rien à voir dans sa défaite. Donc s'il doit refaire le même rituel, ce sera le vôtre qui sera utilisé, Kingsley.

- Je vois. Nous devons nous absenter un moment. Rémus, allez-donc chercher Charles. Je ne préfère pas le laisser seul.

Harry entendit plusieurs personnes se déplacer dans la pièce et une main féminine se posa sur son bras.

- Je suis tellement désolé, Harry. J'aurais voulu te sauver plus tôt. J'espère que tu comprends… Ou que tu comprendras. Je ferais en sorte que tu ais un peu de confort, mais nous ne pouvons pas te détacher. Le professeur McGonagall nous a répété ce que les membres du jury lui avaient dit. Tu es devenu tellement puissant que c'en est effrayant…

- Effrayant parce que je suis devenu meilleur que toi ? C'est ça, Hermione ? Il m'a appris tellement de choses. Tu n'imagines pas l'étendue de ses connaissances…

Il se mordit la langue et serra les poings. Le Veritaserum faisait toujours effet et s'il continuait ainsi, la perspicace Gryffondor n'aurait bientôt plus aucun doute sur le sens de sa loyauté. Il devait au contraire gagner leur confiance pour se libérer et s'évader en compagnie de Nagini. Il l'entendit soupirer avant de quitter la pièce à son tour, lui permettant enfin d'explorer la pièce à l'aide de sa magie. S'il ne pouvait ni bouger ni voir quoi que ce soit, il gardait néanmoins quelques atouts dans sa manche. Il pouvait ainsi cartographier la pièce par « tâtonnements » et trouva rapidement ses lunettes, posées sur la table, ainsi que Nagini, enfermée dans une minuscule prison magique. Tout comme lui, elle avait dû être surprise par la rapidité de l'attaque et empêchée de sortir du sac par un quelconque sortilège. Il tapa du pied par terre. La situation était assez catastrophique, il n'avait pas imaginé que les choses iraient aussi loin. Rogue et Drago devaient être enfermés ailleurs et de toute façon il ne pouvait compter que sur lui-même pour se sortir de là. S'il pouvait accéder à Nagini ne serait-ce qu'une seconde, elle pourrait activer le Portoloin pour les téléporter jusqu'à la demeure de Voldemort. Au moins là-bas ils seraient en sécurité. Il testa la solidité des liens qui le retenaient à la chaise. À l'aide de sa magie, il pourrait sans doute les relâcher suffisamment pour dégager ses bras, mais il valait mieux attendre d'être seul pour le faire et il savait qu'un membre de l'Ordre allait revenir d'une seconde à l'autre. Par ailleurs, sans baguette, il ne voyait pas comment il pourrait dissiper le sortilège qui le rendait aveugle ou ceux qui maintenaient Nagini enfermée dans son sac.

- Nagini… est-ce que tu m'entends ?

- Petit-frère. Je ne peux pas sortir ! Le Maître a été vaincu ! Je veux les tuer, les dévorer… Les ennemis du maître !

- Je vais essayer de nous libérer.

Il interrompit son sifflement en entendant des pas approcher et la porte s'ouvrir. Un homme entra et tira une chaise pour s'y asseoir.

- Harry Potter… et le monstre de Vous-Savez-Qui…

- Je ne crois pas reconnaître votre voix. Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ?

- Je suis Charles Montgomery. J'ai rejoint l'Ordre après que Vous-Savez-Qui ait envoyé Fenrir Greyback tuer mon petit garçon parce que nous avions refusé de lui obéir. Lorsqu'on m'a annoncé que vous vous trouviez ici, je n'ai pas pu le croire. Vous étiez le symbole de la lutte, nous comptions sur vous, monsieur Potter…

- Oui, beaucoup de gens comptaient sur moi. Pourtant je n'ai que 17 ans, vous savez. Je ne suis pas un surhomme, si j'ai survécu au sortilège de mort, c'est uniquement grâce au sacrifice de ma mère. Mais à cause de ça, tout le monde a décrété que je devais vaincre Voldemort. Désolé de vous le dire mais j'ai essayé et j'ai échoué, Voldemort est immortel et je ne peux rien faire contre ça. Maintenant vous pouvez bien déverser votre haine sur moi si ça peut vous soulager, je ne suis plus à ça prêt.

Harry l'avait interrompu, brutalement, alors que la colère l'envahissait. Mais l'homme ne sembla pas impressionné.

- Je ne vous veux aucun mal, monsieur Potter. Mais Vous-Savez-Qui a détruit ma famille, ma femme est anéantie depuis la mort de notre fils, mes filles sont constamment terrifiées. Il nous a pris ce à quoi nous tenions le plus au monde… Donc je dois faire pareil. Me venger, au moins pour que notre petit David puisse trouver la paix. Le serpent doit mourir.

- Quoi ! Non ! Laissez-la tranquille !

- Taisez-vous, Potter ! Et toi, à nous deux, sale monstre…

L'homme ignora ses supplications et jeta un sortilège sur la prison magique qui entourait le sac et celle-ci s'agrandit. Harry pouvait sentir tout ce qu'il se passait grâce à sa magie et lorsque l'homme dissipa le sceau qui maintenait le sac fermé, il comprit qu'il voulait inciter Nagini à se montrer. En effet, le sac enchanté ne pouvait être détruit si facilement et tant qu'elle resterait à l'intérieur, elle était immunisée contre tout sortilège de découpe ou d'écrasement. L'homme devait savoir qu'elle avait une certaine résistance à la magie et avoir prémédité son geste car il sortit soudain une épée d'un sac et Harry sentit l'effroi lui geler les entrailles.

- Non, Nagini ! Ne sort pas ! Il va te faire du mal !

Nagini n'était pas du genre à craindre un adversaire et sa fureur était sans doute équivalente à celle de l'homme. Elle sortit du sac à une vitesse surprenante et fonça de toutes ses forces sur la cage magique. Charles Montgomery en revanche, n'avait pas apprécié d'entendre Harry parler en fourchelang, et il sembla perdre un peu plus l'esprit.

- Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Vous parlez la langue des serpents, vous êtes un monstre, comme Vous-Savez-Qui !

- Allez-vous faire foutre !

- Silence !

Manifestement le Veritaserum avait cessé de faire effet, mais la réponse de Harry enragea l'homme un peu plus et il lui donna un coup d'épée en travers du torse. Il avait posé sa baguette sur la table pour tenir l'arme à deux mains mais la douleur fut si intense que Harry ne put plus penser à quoi que ce soit d'autre pendant un moment. Il hurla et quelques secondes après, le cri de Nagini fit écho au sien. L'homme avait passé l'épée entre les barreaux de la prison pour toucher Nagini et il lui avait fait une profonde entaille au niveau de son museau. La Maledicus ne pouvait rien faire, la prison était trop petite pour lui permettre d'éviter les coups de lame ! Cette fois, il n'était plus question d'attendre. Il pouvait sentir son propre sang s'épancher sur ses vêtements et la brûlure de sa plaie mais ses jours n'étaient pas en danger dans l'immédiat. En un clin d'œil, il avait libéré ses bras, attiré la baguette de l'homme dans sa main et dissipé le sort qui occultait sa vue. Puis, sans hésiter une seule seconde, il jeta le sort fatal.

- Avada Kedavra !

Le maléfice impardonnable quitta sa baguette et heurta sa victime qui tomba sur le sol, son épée à ses côtés. Charles Montgomery était mort et Harry sentit une aura morbide envahir la pièce. Il n'avait cependant pas le temps de penser… Ou plutôt il ne pouvait se permettre de penser à son acte. Il attrapa ses lunettes, dissipa immédiatement la prison magique qui retenait encore Nagini et arracha les boutons de son col pour dévoiler le Portoloin. Nagini l'avait immédiatement rejoint et il l'entoura de ses bras alors qu'elle posait son museau sur le pendentif. L'instant d'après il s'écroula et sentit avec soulagement l'herbe sous ses genoux. Ils étaient de retour à la maison… en sécurité.

Il resta un moment allongé dans l'herbe, paralysé par la douleur et la portée de son geste. Il avait tué un homme, l'acte le plus vil et irrémédiable qui soit. Et pourtant il ne regrettait pas son geste. Il avait sauvé Nagini, sa sœur, celle qui était devenue sans doute la personne la plus précieuse à ses yeux, et pour cela il allait définitivement être considéré comme un ennemi de la nation. Harry Potter, la nouvelle cible à abattre.

- Et bien Sesha, tu comptes rester comme ça dans l'herbe encore longtemps ?

Il sursauta et essaya de se redresser mais la brusquerie de son mouvement lui arracha un gémissement de douleur. Voldemort se tenait à quelques mètres de lui, aussi tangible que lorsqu'il l'avait quitté quelques jours plus tôt. En revanche, il avait retrouvé un faciès reptilien et blanchâtre, et toute sa peau était craquelée, comme un masque de plâtre que l'on aurait brisé.

- Vous êtes en vie !

Sa voix était éraillée et Voldemort se pencha sur lui pour l'aider à se relever.

- Je pensais que tu étais le mieux placé pour le savoir, je suis immortel.

- Oui, mais je vous ai vu recevoir le sort de mort. Je pensais que ça serait comme la dernière fois. C'est ce que tout le monde va penser...

- Ce n'est pas plus mal. Je sais apprendre de mes erreurs, j'ai pris des précautions. J'ai dû absorber l'un de mes Horcruxes pour récupérer ce corps et je n'ai même pas un quart de mes pouvoirs. Mais c'est tout de même mieux qu'errer lamentablement à l'état d'esprit. Qui aurait pris soin de toi sinon ? On dirait bien que l'Ordre t'a quelque peu malmené.

Voldemort l'avait soulevé entre ses bras et il le portait désormais comme une mariée, montant les marches pour le conduire jusqu'à sa chambre, Nagini sur les talons. Lorsqu'il le déposa dans son lit, Harry tendit les bras vers la Maledictus pour l'inciter à le rejoindre.

- Ils ont aussi capturé Rogue et Drago. Ils m'ont fait boire du Veritaserum et m'ont posé plusieurs questions, mais je n'ai rien dit sur les Horcruxes. Et puis ils m'ont laissé sous la garde d'un homme qui voulait tuer Nagini et il s'en est pris à moi quand j'ai essayé de l'en empêcher. Il s'appelait Charles Montgomery.

- S'appelait ?

- Je… Je ne veux pas en parler.

Dès qu'il y repensait, il sentait la nausée l'envahir. Il ferma brièvement les yeux et le rire de Voldemort résonna au-dessus de lui.

- Quelle chance, Nagini ! Sesha a tué pour toi ! J'aurais aimé voir ça…

Un gémissement lui répondit et Harry rouvrit les yeux brusquement.

- Nagini aussi est blessée… !

- Ne t'inquiètes pas, c'est une blessure superficielle pour elle, même si l'emplacement reste douloureux. Un peu de Dictame et il n'y paraîtra plus rien. Par contre, pour toi, c'est plus sérieux. Reste immobile le temps que j'aille chercher la potion.

À son retour, Voldemort fit couler 3 gouttes de l'essence régénératrice le long de l'entaille qui déchirait le museau de Nagini, et quelques secondes après, ses écailles furent à nouveau intactes.

- Merci Maître ! Sesha a tué pour me protéger, Sesha est resté fidèle au Maître !

- Oui ! Je suis très fier de lui.

Voldemort souriait largement lorsqu'il aida Harry à retirer son uniforme, au contraire de Harry qui ne put s'empêcher de gémir à plusieurs reprises. La blessure s'étendait en diagonale de son torse et allait de son épaule jusqu'à son aine. Il ne pouvait faire le moindre geste sans s'occasionner une vive douleur. Malgré tout, Voldemort était attentionné et il recouvrit le bas de son corps d'un drap avant de commencer à lui prodiguer des soins. La perte de sa magie l'obligeait à utiliser la manière moldue mais il avait passé suffisamment de temps en tant que tel pour savoir comment faire et il désinfecta patiemment la plaie avant d'y verser le Dictame.

- Est-ce que ça va suffire ?

- La plaie est longue mais n'a pas perforé l'abdomen heureusement. Tu vas te reposer ce soir et demain matin tu devrais être rétabli. Pour l'instant, il vaudrait mieux que tu restes allongé et que tu évites de manger.

- Merci. De toute façon, je n'ai vraiment pas faim. Quelle heure est-il ?

- Presque 18 heures. Je te laisse, je repasserais te voir plus tard.

- Je…

Il avait retenu la robe de Voldemort entre son pouce et son index, comme par réflexe. Ces dernières heures avaient été particulièrement éprouvantes et la compagnie de Nagini ne suffisait plus. Il avait besoin que le mage noir reste à ses côtés et Voldemort n'eut pas besoin de mot pour comprendre son souhait. Il poussa l'un des oreillers et s'assit directement sur le rebord du lit, permettant à Harry de le regarder sans avoir à se tordre le cou.

- Je croyais que tu ne voulais pas en parler.

- Je ne veux pas que vous vous moquiez de moi. Vous, vous n'avez jamais eu ni scrupule ni le moindre remord…

- C'est vrai. Les remords et les scrupules ne servent qu'à te faire hésiter ou à souffrir inutilement. Et toi, est-ce que tu as des remords ?

- Je… Je ne sais pas. Si c'était à refaire, je le referais.

- Tu l'as fait pour sauver ta vie et celle de Nagini. On est encore bien loin d'un meurtre de sang-froid. Si ça peut te rassurer, je ne le compte pas.

- Quoi ?

- Et bien, je t'avais dit que tu finirais par oublier ton premier meurtre et que lorsque ça sera le cas je me ferais un plaisir de te le rappeler. Mais comme celui-là ne compte pas, je prendrai le prochain.

La réponse de Voldemort était si absurde et décalée que Harry éclata de rire sans pouvoir s'en empêcher. Après être passé par la terreur et la colère, le soulagement que lui procurait Voldemort était totalement libérateur. Il passa ses mains sur son visage.

- Ah ah… je crois que je suis en train de devenir fou… Pourquoi je me sens si bien avec vous ?

- C'est naturel, j'ai tout fait pour. C'est ce que je voulais après tout, obtenir ta confiance et ta sympathie pour t'attacher à moi de manière émotionnelle.

Encore une fois, le mage noir était d'une sincérité désarmante. Harry secoua la tête.

- J'en suis bien conscient. Mais si c'était si facile, pourquoi personne ne s'en ai donné la peine avant vous ? Ils m'ont laissé chaque année retourner chez mon oncle et ma tante. J'ai failli mourir plusieurs fois mais personne n'a cherché à m'apprendre quoi que ce soit d'utile pour me battre. Pourquoi aucun adulte ne s'est jamais préoccupé que j'aie de bonnes notes ou que je sois un minimum bien dans ma peau ?

- Ça, je ne peux pas répondre à cette question.

- C'est simple, je n'ai toujours été qu'une arme à leurs yeux. Comme s'ils savaient déjà que j'étais voué à mourir et qu'ils voulaient éviter de s'attacher. Plusieurs d'entre eux me l'ont encore répété. Ils comptaient sur moi pour vous tuer. Sans jamais se demander si j'en étais capable. Finalement, c'est vous qui avez été le plus humain. Quelle ironie.

Voldemort pouffa.

- Ne m'insulte pas. Alors, tu rejoins officiellement mon camp ?

- Et bien ma tête est très probablement mise à prix maintenant alors je n'ai pas trop le choix… Je ne veux toujours pas devenir Mangemort. Mais je vous aiderais à regagner vos pouvoirs, c'est dans mon intérêt. Et de toute façon, je resterais à vos côtés… quoi qu'il arrive.

***/+/***

Lorsqu'il se réveilla le lendemain, le soleil était déjà haut. Il se sentait bien mieux et il prit une douche brûlante avant de s'habiller de vêtements propres. Puis il alla ouvrir le vivarium pour prendre des nouvelles de son familier.

- Bonjour, Zassy. Je suis rentré à la maison.

Le Runespoor émergea rapidement de sa léthargie et vint frotter son museau contre la main de Harry.

- Sesha est rentré. Zassy a été sage.

- Cela faisait longtemps. Zassy est heureux et rassuré de voir Sesha.

- J'ai du travail. Je vais te laisser dormir. Tu viendras avec moi plus tard.

Il flatta encore son serpent pendant quelques minutes avant de se redresser. Il allait sortir de la pièce lorsqu'il avisa la baguette de l'homme qu'il avait tué et que Voldemort avait posé sur sa table de nuit. À défaut d'avoir récupéré la sienne, il la glissa dans sa poche. Finalement, Voldemort était resté avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme et il se dirigea automatiquement vers la bibliothèque pour le trouver. Contrairement à lui, le mage noir semblait être d'une humeur massacrante. Il avait éparpillé plusieurs livres sur la grande table et notait frénétiquement des informations sur un parchemin dans une agitation qui ne lui ressemblait guère. Il l'avait entendu pester à voix haute depuis le couloir, cependant il releva la tête à peine fut-il entré.

- Bon sang… Je vais faire payer à Shacklebolt… Ah, Harry, te voilà ! Comment te sens-tu ?

Il s'était immédiatement dirigé vers lui pour poser les deux mains sur ses épaules et Harry leva les sourcils en le voyant soudain si proche.

- Euh, ça va, merci. Je n'ai plus mal du tout.

- Bien. Tu es toujours décidé à tout faire pour me rendre mes pouvoirs, n'est-ce pas ?

- Oui. Enfin, j'espère que vous avez un rituel qui ne nécessite pas que je me coupe la main… En plus, je crains qu'il soit compliqué de faire venir Kingsley à Little Hangleton sans une armada de membres de l'Ordre…

Voldemort ricana.

- Non rassure toi, je tiens à te garder intact. Et puis j'ai déjà un corps. J'avais déjà fait quelques recherches au cas où… Nous allons utiliser la magie druidique pour récupérer ce qui est mien. La destruction de mon corps a libéré ma magie dans la nature, il suffit donc de la réclamer. Où est ta baguette d'ailleurs ?

- Je ne sais pas, c'est peut-être Kingsley qui l'a, ou alors elle a été mise avec celles de Drago et Rogue. J'ai récupéré la baguette de…

- Oui, je sais. Elle devrait t'obéir puisque tu as vaincu son possesseur. Je pense que c'est pour cela que la baguette de Sureau ne m'obéissait pas. Ce n'est pas moi qui ai vaincu Dumbledore… Mais pourquoi Shacklebolt en particulier… J'ai tué sans problème plusieurs personnes depuis que j'en ai la possession… Pourquoi la baguette a-t-elle considéré qu'il en était le propriétaire légitime ?!

- Vous avez affronté Kingsley Shacklebolt à Pré-au-Lard, n'est-ce pas ? C'est peut-être lui qui nous a Stupéfixé Drago et moi. Et s'il suffisait simplement de Stupéfixer ou désarmer son adversaire pour en gagner la propriété ? C'est Drago qui a désarmé Dumbledore avant que Rogue ne le tue.

Voldemort eut un sourire sadique.

- Cela voudrait dire que depuis le début elle était bridée ! Je n'en étais pas véritablement le maître… Magnifique ! J'ai hâte de la récupérer. Et cette fois, je ne laisserais rien au hasard. Je tuerais Kingsley Shacklebolt de mes mains ! Il a probablement dû la récupérer après notre duel…

- Votre enthousiasme ferait presque peur à voir. Alors, qu'est-ce que je vais devoir faire ?

- Viens, je vais t'expliquer. Le rituel n'est pas si compliqué mais il nécessite un certain temps, de la concentration et une grande énergie magique. Normalement il faut plusieurs personnes pour le réaliser mais moins il y aura d'acteurs et moins il y aura de risque qu'il n'échoue. Je ne fais confiance qu'à toi et tu es bien assez puissant pour réaliser cela tout seul. J'imagine que tu sais ce qu'est un cercle de pierre ?

- Et bien, même les moldus connaissent Stonehenge.

- Oui. Il en existe d'autres, dissimulés aux yeux des moldus. Il y a en a même un à Poudlard, comme tu dois le savoir. Mais celui que je vise est au milieu de la forêt de Bowland. Ce genre de lieux permet de canaliser les énergies de la nature. Les professeurs en parlent à peine à Poudlard, c'est pourtant la base de la magie. On peut transformer ou invoquer des choses, mais on ne peut pas aller contre les lois de la nature. On ne peut pas créer la vie ni la nourriture, on ne peut pas invoquer un animal à partir de rien... Bref, tu connais la loi de Gamp sur la métamorphose élémentaire. Quoi qu'il en soit, ma magie n'a pas disparu, elle est simplement dispersée et il faut la rassembler dans mon nouveau corps. Tu seras d'ailleurs soulagé d'apprendre que ce n'est même pas un rituel de magie noire. Tu vas devoir faire appel aux quatre magies élémentaires : le feu, l'eau, la terre et le vent. Je vais t'enseigner la formule pour chacun d'entre eux et il faudra les maintenir actifs pendant une heure entière. C'est un rituel très ancien que j'ai découvert dans un grimoire si vieux qu'il tombait en poussière au moindre contact. J'avais dû recopier sur place chaque page une par une, car il était tout bonnement intransportable. Mais quelle mine d'information prodigieuse !

Il était retourné vers la table et effectivement, le grimoire qu'il tenait entre les mains semblait presque anachronique avec le reste de la bibliothèque. Le rituel était bien plus long que tout ce que Harry avait pu voir jusqu'à présent et il était présenté comme une manière de guérir des personnes souffrant d'un épuisement de leur magie, telles que les victimes de Détraqueurs. Il nécessitait normalement 4 officiants qui devaient chacun maintenir une « connexion » avec un élément primaire à travers une invocation élémentaire.

- Je ne suis pas très familier avec les rituels, je n'en ai jamais pratiqué. Est-ce qu'il faut réciter quelque chose ?

- Je prendrai le relai une fois que tu auras fait les 4 invocations. Mais avant quoi que ce soit, tu vas aller déjeuner. Si tu te sens suffisamment en forme, nous pourrons faire cela dès cette nuit.

Harry hocha la tête avec un certain soulagement. Il se doutait que Voldemort était très impatient de récupérer ses pouvoirs et de prendre sa revanche, mais apparemment il ne comptait pas le brusquer pour autant. Ce fut donc avec une motivation renouvelée qu'il apprit par cœur les formules et s'entraîna à les prononcer dès son repas ingurgité. Il était assez nerveux à l'idée que tout le rituel repose sur lui mais il fallait attendre la nuit tombée pour le réaliser et en milieu d'après-midi, alors qu'il commençait à tourner en rond, Voldemort leva soudain les yeux vers lui.

- Tu vas aller faire une sieste, Sesha. Je te veux en pleine forme pour cette nuit.

- Quoi ! J'ai plutôt envie de me défouler, au contraire… Cette situation m'énerve… Avoir été privé de ma baguette et traité comme le pire des criminels alors que je n'ai rien fait ! Mais le pire… c'est que la trahison vient de ceux que je considérais comme mes amis...

Voldemort eut un rictus amusé.

- J'apprécie beaucoup de te voir aussi vindicatif contre nos ennemis, n'en doute pas. Mais je t'ai donné un ordre. Crois-moi, tu auras besoin de toute ton énergie. Ne m'oblige pas à utiliser la force.

- Quand bien même je me coucherais, ce n'est pas pour autant que je vais réussir à m'endormir…

Harry avait accompagné sa réplique d'un regard clairement moqueur, comme s'il voulait dire « De toute façon vous n'avez plus de pouvoir, qu'est-ce que vous allez faire ?! » et Voldemort posa soudain son livre pour se lever de son siège.

- Nagini, attrape Sesha et immobilise-le pour moi.

- Quoi ! Non ! C'est bon, Nagini ! Je me rends !

Il eut à peine le temps de se lever de sa chaise et faire quelques pas que l'imposant serpent était sur lui, s'enroulant autour de son corps comme si elle voulait la dévorer. Harry ne chercha pas à résister et resta immobile entre les anneaux de Nagini avec un soupir de dépit. Voldemort avait quitté la pièce et lorsqu'il revint, il tenait une fiole violette entre les mains. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, il attrapa son menton et Harry se laissa faire avec docilité, avalant la potion qu'on lui versait dans la bouche.

- N'oublie jamais que, quelle que soit la situation, quand je te donne un ordre, j'attends à ce que tu y obéisses, Sesha, que tu sois Mangemort ou non.

Harry papillonnait déjà des yeux sous les effets de la potion, il lutta cependant encore un peu pour pouvoir répondre.

- Je sais… Mais c'est plus fort que moi. Si j'étais comme tous vos larbins, vous vous ennuieriez…

Avec un sourire espiègle, il dodelina encore une fois de la tête avant de sombrer dans un sommeil magique.

***/+/***

Voldemort le réveilla en début de nuit, et après un rapide sandwich, ils se préparèrent à transplaner. N'ayant jamais mis les pieds dans la forêt de Bowland et Voldemort ne pouvant plus transplaner, Harry se demanda comment ils allaient s'y rendre, mais comme toujours, le mage noir avait une solution.

- Je m'y suis déjà rendu par le passé. Je vais t'envoyer des images à travers notre lien pour te permettre de transplaner. Comme lorsque tu vois à travers moi, ferme les yeux et concentre-toi sur mes souvenirs.

Harry s'exécuta et essaya de se connecter aux émotions du mage noir, pas vraiment convaincu, mais décidé à essayer. Bientôt, la première image lui parvint et il faillit rouvrir les yeux par réflexe. Voldemort avait cependant prévu son geste et s'était placé juste derrière lui, la main sur ses yeux.

- OK. Je vois. Je vais pouvoir nous faire transplaner.

La forêt de Bowland était une région typique de l'Angleterre sauvage, peuplée de hauts conifères et de tourbières dissimulées par la brume. Un pan entier de la région avait été équipé de sortilèges Repousse-Moldu car la forêt était le refuge de plusieurs créatures fantastiques, notamment des Pitiponks, des Strangulots, mais aussi des Jackalopes et des Wyvernes. Les ténèbres étaient épaisses à l'ombre des arbres et Harry invoqua une série de sphères lumineuses pour voir où ils mettaient les pieds. Voldemort, lui, ne semblait avoir aucune difficulté pour se repérer et il ouvrit la marche.

- Tu as vraiment une manière désastreuse de transplaner, il faudra améliorer ça. Allez viens, suis-moi.

Ils marchèrent pendant plusieurs minutes avant de déboucher sur une clairière large d'une vingtaine de mètres occupée par 8 menhirs. Voldemort posa son sac sur le sol, et son contenu produisit un cliquetis qui parut assourdissant tant l'atmosphère était silencieuse. Harry eut un sourire contrit alors que le mage noir posait un regard désabusé sur lui. Il s'était trouvé incapable de réaliser un sortilège d'extension indétectable, au grand dam de Voldemort qui avait décrété que s'il avait une puissance magique remarquable, il était loin d'être un génie. Harry jeta un sortilège de Pointe au Nord et commença à placer les instruments tels que Voldemort lui avait indiqué : un gros cristal de roche au Nord, une coupe ouvragée qu'il remplit d'eau à l'Ouest, un athamé planté dans le sol au Sud et une coupelle contenant une résine d'encens à l'Est. Puis il se plaça au milieu du cercle de pierre en compagnie de Voldemort et commença le rituel. Malgré ses efforts, c'était cependant loin d'être simple. Les formules en latin étaient difficiles à prononcer, et même s'il les avait apprises par cœur, les sorts en eux-mêmes nécessitaient une certaine concentration. Il arriva à invoquer l'esprit du feu et celui de l'eau, mais ils apparaissaient sous formes floues et devenaient instables dès qu'il essayait d'invoquer l'esprit du vent ou disparaissaient purement lorsqu'il invoquait celui de la terre. Quel que soit l'ordre d'invocation ou sa rapidité d'exécution, il échouait invariablement alors qu'il était censé maintenir les 4 invocations en même temps pendant une heure entière ! De dépit et de rage, il donna un coup de pied dans l'herbe, faisait sauter une motte de terre à un mètre devant lui.

- Bon sang, j'y arrive pas ! C'est cette baguette, c'est comme s'il y avait des interférences…

Il serra le poing et se retint de jeter la baguette au loin, alors que Voldemort croisait les bras.

- Calme toi. Même si elle te reconnaît comme son propriétaire légitime, cette baguette sera toujours moins efficace que la tienne et cette magie est exigeante. Viens… Je vais te prêter la mienne et tu vas essayer.

- Heureusement que vous ne l'aviez pas sur vous à ce moment-là. C'est vrai que votre baguette est la jumelle de la mienne… Espérons que cela soit plus efficace.

- Non seulement ça, mais tu es est l'un de mes Horcruxes. Concentre-toi, laisse ta magie se connecter à cette baguette.

Voldemort lui mit la baguette en main et Harry sentit une énergie familière l'envahir. Comme Voldemort l'avait prédit, la baguette reconnaissait en lui la magie de son propriétaire. Il s'apaisa peu à peu à son contact, sa frustration laissant place à une motivation renouvelée… Il devait réessayer, recommencer. Une fois son énergie retrouvée, Voldemort serait à nouveau à même de le protéger de tous ceux qui lui voulaient du mal et il était prêt à se battre pour cela. Voldemort était resté tout contre lui, mais loin de s'en sentir gêné, il se laissa bercer par l'assurance qui émanait du mage noir malgré la perte de ses pouvoirs. Il n'avait pas attendu pour trouver une solution et Harry admira à nouveau l'étendue de ses connaissances. Voldemort n'était pas seulement doué, il avait aussi longuement étudié toutes les formes de magies pour se donner les moyens de parvenir à son but. Il méritait son admiration. Après une longue inspiration, il leva le bras, la baguette de Voldemort tendue devant lui.

- Veni ad me, salamandra ignis.

Une créature de flamme apparut devant lui en un mouvement gracieux. Il inclina la tête pour la saluer et se tourna vers l'Ouest.

… Aquae nympha, responde mihi.

Une multitude de gouttes d'eau se rassemblèrent alors en un seul point, formant une créature aquatique d'une cinquantaine de centimètres. Harry la salua elle aussi avant de se tourner vers le Nord.

… Custos, ut vocant vos in terris.

Cette fois, ce fut une petite créature de terre qui s'extirpa du sol. Après le salut d'usage, il dirigea enfin sa baguette vers l'Est pour la dernière invocation.

… Aeris Sylphus, Voco te.

Une créature presque diaphane se matérialisa à partir des volutes d'encens, et son apparition lui arracha un sourire victorieux. Il s'inclina une dernière fois et se permit un soupir de soulagement. Il était parvenu à rassembler les 4 créatures élémentaires et elles allaient désormais pouvoir assister au rituel de Voldemort. Il pouvait sentir ses 4 invocations puiser dans sa magie pour rester sur ce plan d'existence, mais il était rechargé à bloc. Il déposa la baguette aux côtés de Voldemort et s'éloigna de quelques pas tout en prenant soin de rester dans le cercle. Son rôle était à présent secondaire, il laissa donc son esprit vagabonder jusqu'à ce qu'un bruit de transplanage au loin le fasse sursauter. Il n'avait pu le manquer car Voldemort chuchotait et la forêt était presque totalement silencieuse. Des sorciers approchaient, et Harry doutait que ce soit une coïncidence. Son cœur battait désormais à toute allure. Il ignorait comment ils avaient pu les retrouver mais il devait protéger Voldemort coûte que coûte. Il parcourut mentalement la liste des sorts qu'il connaissait et qui lui permettraient de se défendre contre plusieurs adversaires à la fois… Il devait aussi économiser sa magie pour garder ses invocations actives… Il serra les poings alors que de légers craquements indiquaient que leurs ennemis se rapprochaient... Il n'avait plus le temps d'hésiter. Pris d'une impulsion soudaine, il ramassa la baguette de Voldemort et se concentra un instant sur le sort qu'il voulait incanter.

- Ignis Inferni Esuriit. Feudeymon ! Crée un mur de flamme autour de ce cercle de pierre et protège-nous ! Que tous ceux qui tenteraient d'approcher périssent par tes flammes !

Comme la dernière fois, son Feudeymon apparu d'un seul coup, déchirant les ténèbres comme un soleil miniature et Harry sentit l'atmosphère se réchauffer de plusieurs degrés. Si la dernière fois il l'avait trouvé terrifiant, cette fois il lui trouva un air majestueux. La créature lui obéissait parfaitement et le Feudeymon cracha une longue langue de feu tout autour de la clairière, formant une barrière impénétrable. Il entendit vaguement quelques cris de stupeur derrière le crépitement des flammes mais personne ne sembla suffisamment inconscient pour tenter de forcer le passage. Le Feudeymon s'était ensuite posé, immobile, sur l'un des menhirs et attendait sagement ses ordres pendant que Voldemort continuait de murmurer son incantation. Harry se sentit prodigieusement fier de lui. Finalement, au bout d'un temps qui lui sembla interminable, une véritable tempête se matérialisa au-dessus de leurs têtes. Le vent, la pluie se déchainaient, le sol tremblait, la foudre grondait. Une bulle d'énergie pure vint tout d'un coup entourer Voldemort et avant que Harry n'eût pu faire le moindre geste, tout disparut en une onde de choc qui le renversa à terre. Au centre du menhir se trouvait désormais le Seigneur des Ténèbres au sommet de sa puissance, son visage avait retrouvé sa beauté originelle, son nez était réapparu, des cheveux bruns mi-longs avaient recouvert le sommet de son crâne et sa peau auparavant blafarde s'était colorée de la vie. En un instant, la nuit était redevenue aussi paisible qu'auparavant, ils n'avaient cependant guère le loisir de se féliciter de leur succès car la tempête de magie avait purement et simplement évaporé le Feudeymon, libérant le champ à leurs ennemis. Un premier sort fusa au-dessus de leurs têtes et Voldemort attira sa baguette qui s'échappa de la main de Harry pour revenir dans la sienne.

- Mets-toi à couvert et en cas de besoin, transplane n'importe où sans te préoccuper de moi. Une guerre n'est pas faite pour quelqu'un qui hésite à tuer.

Harry était littéralement trempé par la tempête et il sortit la baguette de Montgomery de sa poche avec une grimace.

- Je ne compte pas être un boulet !

Voldemort ne prit pas le temps de répondre, il contre-attaquait déjà, et Harry se sécha d'un sort avant de se désillusionner et de quitter le couvert du menhir. Manifestement, l'Ordre ne s'attendait pas à trouver Voldemort déjà pleinement remis de l'Avada de la veille ! C'était donc lui qu'ils pistaient, restait cependant à comprendre comment ils étaient parvenus à retrouver sa trace. Voldemort avait attiré la mêlée un peu plus loin, il put donc se faufiler tranquillement vers le lieu d'arrivée de leurs poursuivants. C'est ainsi qu'il trouva Hermione, pétrifiée dans l'observation des échanges de sorts qui avaient lieu un peu plus loin. La jeune femme ne l'avait pas entendu arriver et lorsqu'il lui jeta un Expelliarmus informulé, elle poussa un cri et sursauta, cherchant frénétiquement autour d'elle l'origine du sort. Il dissipa le sortilège de Désillusion qui le dissimulait et pointa sa baguette en direction de son ancienne camarade.

- Bonsoir Hermione. Comment m'avez-vous retrouvé ?!

Elle blêmit à vue d'œil et se recula avec un air apeuré.

- Ha ! Harry ! Qu'as-tu fait ! Tu es devenu un meurtrier !

- Charles Montgomery m'a attaqué avec son épée, mais sans doute aurait-il fallu que je me laisse gentiment faire pour prouver mon innocence ! Tu as peut-être pu voir l'épée et le sang sur le sol ! Alors je suis toujours le méchant d'après toi ? Je n'ai fait que me défendre !

- Mais pourquoi l'avoir ressuscité… Tu aurais pu être libre… On aurait eu un peu plus de temps pour chercher une solution…

- Tu ne comprends pas... Je n'ai rien eu besoin de faire ! Lorsque Nagini a activé le Portoloin pour me ramener chez lui, je comptais simplement me cacher jusqu'à ce que les choses se tassent. Mais il était là, bien vivant. Est-ce que tu peux croire ça, Hermione ? Il est réellement immortel. Les Horcruxes sont inaccessibles à présent, il n'y a aucune solution et sans lui je n'ai aucun avenir. Donc oui, si je suis ici, c'est de mon plein gré. Maintenant dis-moi. Comment êtes-vous parvenus à trouver ma trace ? Et où est ma baguette ?

Elle avait un peu retrouvé son tempérament de Gryffondor et elle lui jeta un regard de défi.

- Kingsley t'avait jeté un sortilège de traçage qui s'activerait dès que tu utiliserais la magie. Quant à ta baguette, elle est avec celles de Malefoy et de Rogue. Que va-t-il se passer maintenant, est-ce que tu vas me tuer moi aussi ? À moins que ce ne soit ton maître qui le fasse ?

- Bien sûr que non ! Je vais te laisser partir. Mais avant, tu vas me montrer l'emplacement de la base de l'Ordre…

Tout en parlant, il s'était avancé suffisamment près pour la toucher, et de sa main gauche il avait saisi son menton pour l'immobiliser. Il plongea alors son regard dans ses yeux, ignorant ses suppliques et ses larmes.

- Non… Harry ! Je t'en prie, ne fait pas ça !

- Legilimens.

Sans le moindre scrupule, il s'introduisit dans ses souvenirs et il eut une pensée amère en repensant à toutes les fois où la jeune femme lui avait reproché de ne pas être capable de repousser les visions de Voldemort : Elle était une piètre Occlumens et il n'eut aucun mal à trouver ce qu'il cherchait. Toutes ses pensées étaient parfaitement ordonnées et il n'avait qu'à effleurer un tiroir pour en voir le contenu. Il trouva l'emplacement du quartier général de l'Ordre du Phénix et eut la confirmation que sa baguette s'y trouvait bien. Il n'avait pas besoin de plus.

La jeune femme sanglotait à présent dans ses bras et il la tint un instant contre lui, le temps de lui permettre de retrouver son équilibre.

- Je suis désolé, je suis encore un piètre Legilimens, cela n'a pas dû être très agréable. Mais je ne pouvais te laisser partir avec ces informations. Tiens. Reprends ta baguette et quitte ce pays, Hermione. Va en France ou aux Etats-Unis, va rejoindre tes parents en Australie, qu'importe, mais va-t'en.

- Harry… Tu te rends compte… Tu me demandes de tout abandonner ! À cause de lui… L'ancien Harry…

- L'ancien Harry t'aurait dit de sauver ta vie tant qu'il en est encore temps ! Tu es une sorcière brillante, tu es diplômée, tu pourras refaire ta vie n'importe où ! Quitte ce pays sinistré et oublie-moi.

- Je continuerais à chercher. Et un jour je viendrais te sauver. Tu es toujours quelqu'un de bien, Harry. Je ne peux pas croire que le Harry que je connaissais ait totalement disparu…

Elle s'était suffisamment calmée et Harry lui rendit sa baguette avant de faire volte-face, sa propre baguette au poing.

- Peut-être. Mais qui sait pendant combien de temps ça sera encore le cas. Adieu, Hermione.

Et sans attendre sa réponse, il se précipita dans les bois pour rejoindre la bataille. Voldemort était encore en train de se battre et en l'absence de Mangemorts, il n'y avait que lui pour venir à son aide. Lorsqu'il fut assez proche pour identifier les protagonistes, il s'aperçu que le mage noir était en plein combat contre Remus Lupin, Bill Weasley, Dedalus Diggle et Kingsley Shacklebolt. Les quatre hommes luttaient habilement mais Voldemort semblait exalté par sa "renaissance" et paraissait plus intouchable que jamais. Les nuages s'étaient levés et la lune éclairait la scène comme sur un théâtre. Voldemort jouait avec ses adversaires, ne leur laissant que peu l'occasion d'attaquer et Harry admira un moment l'élégance dont il pouvait faire preuve. Soudain, un maléfice plus vicieux que les autres fila droit vers Diggle qui ne put rien faire pour l'éviter et alla s'écraser contre en arbre en un craquement sinistre. Mais ce ne fut pas tout et Harry écarquilla les yeux alors que l'arbre prenait vie pour recouvrir le sorcier de son écorce, comme pour l'étouffer. Lupin se précipita pour l'aider et Harry se dit que c'était le moment où jamais pour intervenir. Il savait que Voldemort voulait affronter Shacklebolt en combat singulier et d'ailleurs, la mise au tapis de Dedalus Diggle semblait l'avoir enragé. Harry jeta un éclair aux pieds de son ancien professeur qui tourna la tête vers lui, son visage se déformant sous la rage en le reconnaissant.

- Harry !

Harry para un sortilège de ligotage et fit plusieurs bonds en arrière, incitant son adversaire à le suivre. Sans aide, Diggle allait probablement mourir à cause du maléfice de Voldemort, mais il ne pouvait pas sauver tout le monde. Il espérait simplement que Bill ne succombe pas lui-aussi sous les sorts du mage noir… Pour l'heure, il avait un problème plus urgent à régler. Remus Lupin, le dernier des Maraudeurs, avait manifestement pris sa désertion comme une affaire personnelle. Il n'eut aucun mal à l'éloigner du combat, et lorsqu'il fut arrivé à une distance satisfaisante, il s'arrêta soudain de courir pour lui faire face.

- Je sais que tu ne pourras jamais comprendre, Remus. Et je ne vais pas perdre mon temps à essayer de me justifier. Mais si tu veux me capturer, il va falloir se battre sérieusement contre moi.

- Toi entre tous, COMMENT AS-TU PU LE REJOINDRE ! Tu t'associes au meurtrier de James, ton propre père ! De Lilly, de Sirius et de tant d'autres !

Harry fit sortir deux épaisses racines du sol pour attaquer Remus. Le sorcier parvint à en détruire une mais fut incapable d'éviter l'autre et sa jambe fut bientôt totalement prise dans le bois.

- C'est justement parce qu'il y a déjà eu bien suffisamment de morts que je me tiens devant toi ce soir. Je ne veux pas que tu meures, Remus, tu as une femme et un enfant qui t'attendent. Quitte cette guerre. Tu ne peux rien faire contre lui, personne ne le peut. Kingsley est voué à mourir, mais je ferai tout mon possible pour sauver Bill.

Remus fit sortir une longue gerbe de flamme de sa baguette mais Harry se trouvait trop près pour pouvoir l'éviter complètement. Il avait eu le réflexe de lever son bras gauche pour protéger son visage et grimaça en sentant la morsure du feu magique sur sa chair. Lorsqu'il releva les yeux, Remus avait transplané à quelques mètres et se tenait prêt à combattre. Le véritable duel allait pouvoir commencer.

Harry invoqua une bourrasque de vent et profita de la tornade de feuilles et de terre qui en avait résulté pour invoquer une illusion de lui-même. Il avait cependant oublié les sens surdéveloppés du loup-garou qui n'eut aucun mal à déceler l'original et qui l'attaqua avec hargne. Heureusement pour Harry, passé la première attaque surprise, les sorts de Remus étaient aisés à éviter et il put se concentrer pour mettre au point une stratégie. Son adversaire avait l'avantage de l'expérience et connaissait de nombreux sorts mais il n'était pas très endurant et ses assauts brutaux montraient bien qu'il cherchait à mettre rapidement fin au combat. Remus avait déjà été mis à rude épreuve lors de son combat contre Voldemort et lorsque Harry décida de le noyer sous une pluie de sorts, il ne put bientôt plus masquer sa fatigue. Harry alternait des sorts relativement inoffensifs et d'autres venant de l'arsenal personnel de Voldemort mais désormais il savait ce qu'il faisait et il se gardait bien d'utiliser des sorts qui pouvaient mutiler définitivement son ancien professeur. Après une passade particulièrement intense, Remus fut contraint de déposer un genou au sol car Harry venait littéralement de lui trancher le tendon d'Achille à l'aide d'un sortilège de découpe. N'attendant pas une seconde de plus, le Survivant jeta un Incarcerem sur son adversaire qui s'écroula en hurlant de rage.

- Non ! NON ! CA NE PEUT PAS SE FINIR COMME CA !

- Je suis désolé, Remus. Je vous ai toujours mis en danger. Maugrey, Cedric, Sirius et même mes parents sont morts à cause de moi. En le rejoignant, je m'assure qu'il ne visera plus personne pour m'atteindre.

Harry récupéra la baguette de son adversaire pour l'éloigner de quelques mètres.

- Qu'est-ce que tu fais ?!

- Je te sauve la vie. Hais-moi si tu veux, Remus. Je suis bien conscient que le chemin que j'ai choisi m'oblige à tout abandonner. Mais c'est moins douloureux que celui où je vous vois tous mourir. Adieu et merci pour tout.

Quand il releva la tête, il aperçut Hermione, cachée derrière un arbre. On pouvait compter sur elle pour ne jamais laisser ses compagnons… Elle saurait prendre soin de lui et ramener les blessés à bon port. Il abandonna donc le sorcier pour revenir sur les lieux du combat. L'arbre monstrueux avait malheureusement fini son œuvre et un liquide rougeâtre maculait désormais son tronc. Il ne put réprimer une grimace mais se détourna néanmoins : Il ne pouvait plus rien faire pour Dedalus Diggle, en revanche Bill Weasley était encore vivant, et il allait devoir jouer fin s'il voulait l'extraire du combat sans se prendre un sort perdu. Le combat entre les trois hommes était intense. Bill semblait connaître une grande variété de sorts et cherchait à tout prix à handicaper le mage noir, invoquant des illusions tangibles pour le déconcentrer ou absorber ses attaques, annulant ses maléfices par les contre-sorts appropriés. De son côté Kingsley attaquait avec son savoir-faire d'Auror confirmé, ne craignant pas d'utiliser la magie noire face à son adversaire. Et pourtant, face à ces deux excellents sorciers, Voldemort avait presque l'air à l'aise… Soudain, il sembla que l'air s'était épaissi et que la température avait chuté de quelques degrés. Voldemort l'avait aussi remarqué et il plissa les yeux en direction du briseur de sorts. Apparemment Bill était en train de préparer quelque chose de suffisamment dangereux pour inquiéter le mage noir et Harry se tendit, prêt à intervenir. Il savait que Voldemort n'apprécierait certainement pas de le voir participer à son combat, mais il n'avait pas encore abandonné son idée de départ : il voulait que Bill Weasley rentre sain et sauf chez lui, quitte à se mettre Voldemort à dos pendant quelques jours. Restait aussi le problème de devoir maîtriser un sorcier confirmé et briseur de sorts professionnel. Si Harry avait réussi à vaincre Remus Lupin sans trop de problèmes, ça ne serait sans doute pas le cas de Bill Weasley.

L'occasion vint soudain d'une manière inespérée. Voldemort venait de repousser ses deux adversaires d'une onde de choc et même Harry remercia l'arbre derrière lequel il était caché pour lui avoir servi de couvert. Il avait espéré passer inaperçu, mais le sifflement énervé de Voldemort l'informa que ce n'était pas le cas.

- Dégage d'ici ! Je ne veux pas t'avoir dans les jambes ! Et je t'interdis de te mêler de ce combat !

Harry l'ignora purement et simplement et préféra jeter un Expulso sur Bill Weasley pour l'éloigner un peu plus du combat, avant de se précipiter à sa suite. Bill n'avait cependant pas lâché sa baguette et si le sort de Voldemort l'avait brièvement sonné, il se releva bientôt, prêt à l'affronter. De son côté, Kingsley Shacklebolt l'avait aussi remarqué et lui avait jeté un sortilège qui fut heureusement dévié par Voldemort, augmentant encore la rage du mage noir. Harry lui jeta un regard contrit.

- Oups ! Désolé ! Je vous prends cet adversaire, je vous laisse avec Shacklebolt.

- Potter, quand tout cela sera fini, on va avoir une petite discussion…

Harry n'eut pas l'occasion de répondre car Bill l'attaquait déjà et ses sorts avaient la particularité d'être presque invisibles à l'œil nu, et donc beaucoup plus difficiles à parer ou à esquiver. Il n'était clairement pas assez expérimenté en Legilimancie pour parvenir à lire son esprit et ne pouvait compter que sur des leurres et des boucliers pour se protéger. Heureusement, il avait encore une bonne réserve de magie à disposition et Bill était davantage spécialisé dans la défense que dans l'attaque. Son panel de sorts offensifs était plutôt limité et ceux véritablement dangereux requéraient un temps d'incantation assez long que Harry se gardait bien d'offrir. Il ne pouvait cependant se permettre de continuer son duel indéfiniment. Face à un seul adversaire, Voldemort n'allait pas mettre longtemps avant de défaire Kingsley et si Harry voulait pouvoir sauver Bill, il allait devoir l'évacuer d'une quelconque manière avant que le mage noir ne rejoigne le combat. Et pour cela, il devait prendre des risques et donner son maximum, avec une baguette qui n'était pas la sienne de surcroît. Il décida d'entraîner Bill plus profondément dans la forêt, loin de Voldemort et de Shacklebolt et l'aîné des Weasley le suivit sans hésiter. Une fois à une distance suffisante, il se retourna, prêt à faire ce qu'il savait le mieux : dérouter son adversaire avec une multitude de sorts visant l'environnement plutôt que le sorcier en lui-même. Il fit apparaître un nuage de fumée opaque, puis transforma le sol en marécage et profita de l'inattention du sorcier pour se désillusionner. Voldemort lui avait dit que l'un de ses points forts était sa capacité à lancer plusieurs sorts d'affilée en un court laps de temps et il mit cela à profit pour recouvrir plusieurs arbres d'un sortilège d'illusion dans le but de leur donner son apparence. Bill avait momentanément cessé ses attaques et Harry pensait avoir réussi à le déstabiliser, mais il était en réalité en train d'incanter un sort long et Harry ne le comprit que trop tard. Une multitude de ronces aiguisées sortirent soudain du sol sur plusieurs mètres à la ronde et Harry ne put retenir un cri de douleur lorsque l'une d'elle s'enroula autour de son bras gauche, déjà blessé par son précédent combat.

- Trouvé !

Il sursauta en entendant la voix de Bill résonner tout près de lui. Il devait bien reconnaître que le briseur de sorts était un adversaire redoutable. Il eut le réflexe de transplaner quelques mètres plus loin, mais même s'il était toujours invisible, son sort avait fait du bruit. Il serra les dents : il ne pouvait pas se permettre de perdre sans quoi Bill se retrouverait seul face à Voldemort et il aurait tout perdu. Il décida d'adopter une autre tactique. Il se mit à zigzaguer entre les arbres et profita des quelques secondes de répit offertes par sa fuite pour faire léviter toutes les pierres des environs à environ deux mètres du sol. Cette fois, lorsque Bill voulut réattaquer pour l'immobiliser, il se projeta vers la pierre la plus proche pour se hisser en équilibre dessus, se postant hors de portée des ronces enchantées. Une fois en sécurité, il décida d'attaquer en projetant vers son adversaire toutes les autres pierres à proximité. Ce n'était pas très élégant mais cela l'obligerait à invoquer plusieurs boucliers successifs et avec un peu de chance, l'une d'elles parviendrait à le toucher. Il utilisa ensuite plusieurs sortilèges d'illusions pour transformer les pierres en feuilles ou les faire apparaître plus petites ou plus grosses qu'elles n'étaient en réalité afin de dérouter le briseur de sorts. Il louait sa bonne forme physique car la multitude de sorts qu'il venait de lancer était comme un sprint et il commençait à haleter face à l'intensité de l'exercice. Cependant son adversaire était dans le même état que lui et l'un de ses projectiles heurta avec violence le crâne de Bill qui tomba en arrière, à moitié assommé. Harry n'hésita pas et jeta un Expelliarmus pour le désarmer avant de descendre de son perchoir et se précipiter vers sa victime. Il ne restait plus qu'à le ligoter et à le transporter près de Hermione avant que Voldemort ne revienne… Harry n'eut cependant même pas le temps d'arriver jusqu'à lui qu'il sentit la présence de Voldemort dans son dos. Il avait été trop pris par son propre duel pour remarquer le silence environnant, preuve manifeste qu'ils étaient désormais les seuls à se battre. Il fit immédiatement volte-face, les deux baguettes dans son dos.

- Rappelle-moi ce que je t'ai dit pas plus tard que cet après-midi sur les ordres que je te donne ?

- Que je devais vous obéir quoi qu'il arrive, même si je n'étais pas Mangemort.

- Ta mémoire ne te fait pas encore défaut donc. Je t'avais ordonné de te mettre à couvert et de ne pas te mêler de ce combat !

Harry fit la moue et baissa les yeux. Bill était juste derrière lui, conscient mais totalement vulnérable. Même s'il lui rendait sa baguette, serait-il capable de transplaner immédiatement ? Il s'éclaircit la gorge.

- Je sais où se trouve ma baguette et où sont retenus Rogue et Drago…

- Tu crois que je ne sais pas ce que tu essayes de faire ? Tu veux encore sauver ces gens malgré ce qu'ils t'ont fait ?! Ils n'abandonneront jamais la lutte et continueront de se dresser en travers de notre chemin, inlassablement, jusqu'à ce que je mette fin à leur misérable vie, d'une manière ou d'une autre.

En désespoir de cause, Harry jeta la baguette en arrière, mais Voldemort l'attrapa à l'aide de sa magie et la brisa sans la moindre hésitation.

- Non ! S'il vous plaît ! Vous avez brisé sa baguette, il ne peut plus se battre, laissez-le en vie !

- Que serais-tu prêt à faire pour que je l'épargne ? Serais-tu capable de me prêter enfin allégeance et devenir l'un de mes Mangemorts ?

- Je…

- Tu peux garder ta salive, je ne voudrais même pas d'une telle promesse ! Te rends-tu compte de jusqu'où tu serais capable d'aller pour un homme qui cherchera sans doute à te tuer ou à t'arrêter la prochaine fois qu'il te rencontrera ?

- Cette vie-là vaut la peine d'être sauvée.

- Je vois. J'imagine que tu mérites bien une récompense pour le rituel de ce soir… J'espère que tu ne le regretteras pas...

Harry entrouvrit la bouche, incertain de la réaction à avoir. Voldemort était-il en train d'accepter de l'épargner ? Il s'approcha prudemment, prêt à invoquer un bouclier pour protéger Bill d'un éventuel sort. Mais Voldemort s'était déjà détourné, se dirigeant vers le cercle de pierre pour récupérer leurs affaires. Il jeta un dernier regard à Bill Weasley, toujours assis sur le sol.

- Remus et Hermione ne doivent pas être loin. Adieu… et merci pour tout.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et rejoignit Voldemort en courant. Le mage noir l'attendait au milieu du cercle de pierre, promenant son regard carmin tout autour de lui.

- Un Feudeymon défensif, hein… Tu es vraiment quelqu'un d'à part, Sesha.

Harry comprit au retour de son surnom que Voldemort n'était plus fâché contre lui.

- Merci. Alors, avez-vous récupéré la baguette de Sureau ?

Voldemort leva le bras, baguette de Sureau en main et il désigna du menton une silhouette inanimée qui gisait sur le sol quelques mètres plus loin. Harry comprit qu'il s'agissait du cadavre de Kingsley Shacklebolt. La fin de l'Auror marquait la fin d'un avenir qui ne pourrait jamais se réaliser. Il n'y avait désormais plus personne pour mettre fin au règne de Voldemort, et Harry s'en trouva étrangement soulagé. Mais comme s'il avait lu ses pensées, Voldemort s'empressa de le contredire.

- Il y aura toujours des gens pour résister. C'est pour cela que j'ai besoin d'un Mangemort tel que toi. Même si tu es incroyablement borné, irrévérencieux et imprudent. Tu es encore blessé…

Il leva le bras gauche de Harry et observa la peau brûlée et sanguinolente, arrachant une grimace à son Horcruxe humain. D'un sort, il apaisa la douleur et d'un second mouvement de baguette, il fit apparaître plusieurs bandages qui vinrent entourer son bras et sa main.

- Merci. Il faudrait que vous m'appreniez aussi à faire ça.

- Le mérites-tu seulement ? C'est beaucoup trop satisfaisant de te voir venir vers moi avec un air de chiot battu pour réclamer mon assistance. Allez viens, il est temps de rentrer à la maison.

Harry sourit et se rapprocha un peu plus de Voldemort qui referma ses bras autour de lui. La seconde d'après, ils avaient disparu.


FIN... DE LA PREMIÈRE PARTIE

AH ! C'est toujours satisfaisant de terminer une fanfiction, même si celle-ci est moins longue que "Vampire quand tu nous tiens". 😉 J'ai écrit ce dernier chapitre en un temps record, j'étais vraiment inspirée et pour autant je me suis creusé la tête pour essayer de donner la dimension épique que je voulais pour les scènes de combat.

Pour le rituel de Voldemort, je me suis inspiré d'un rituel de la Wicca. Ce n'est pas du tout canon mais j'ai essayé de le raccrocher le plus possible à l'univers (il y a bien un cercle de pierre à Poudlard) tout en imaginant quelque chose que Harry serait capable de faire avec son état d'esprit actuel. Voldemort a perdu ses pouvoirs donc pourquoi pas un rituel de "sorcier humain"... Je suis assez satisfaite du résultat.

Concernant la seconde partie de cette fanfiction : Comment annoncé précédemment, elle s'intitulera "Dans la gueule du serpent", sera Rating M et sera centrée sur une relation slash/homo/yaoi entre Harry et Voldemort avec un registre plutôt """Romance""" (avec beaucoup de guillemets… Parce que Voldy est clairement un pervers narcissique), Humour (Un Harry Serpentard… la suite) et Aventure (avec Drago, Zassy et parfois Théo). J'espère ne pas avoir trop frustré les gens qui ne voudront pas lire la suite. Vous êtes libres d'en imaginer une autre si c'est votre cas.

Je peux tout de même vous rassurer, Drago et Severus seront sauvés, Hermione et Ron referont des leurs et Harry sera aussi badass que possible. J'espère vous donner l'eau à la bouche. ^^

Cependant, il faudra attendre… la fin du mois de mars pour en lire le premier chapitre. Désolé.

J'ai l'intention d'écrire deux chapitres pour ma fanfiction "Éternelle Enfant" que je néglige beaucoup trop. Selon mon rythme d'écriture, cela peut se faire plus ou moins rapidement.

Un dernier mot : REVIEW PLEAAAAASE ! Vos commentaires sont pour moi une source de joie de vivre et de fierté extraordinaire. J'en suis totalement accro. Dites-moi ce que vous en avez pensé, si vous avez aimé, si vous n'êtes pas d'accord avec moi sur certains points… Et même si vous avez des critiques à émettre, je répondrais, je ne me prétends pas écrivain, j'accepte aussi les remarques constructives ! D'après les statistiques de lecture ffnet, il y a environ 250 personnes qui lisent l'histoire depuis le début. Sachant que j'ai eu en moyenne 6,5 review par chapitre… Un grand MERCI à des lecteurs comme Yume resonnance, OkeanH, Tekilou, tenshi-no-yoru, Petite-Licorne-Arc-en-Ciel, Karasu Soren, Lyra D lupa Scamander, Lilium. a, clems17, carolefantoni38 et quelques autres encore, qui m'ont suivi depuis le tout premier chapitre, m'ont écrit de nombreuses review, m'ont rassuré et motivé. ^^ Rendez-vous en mars pour la suite !